{"id":76709,"date":"2016-08-06T15:01:26","date_gmt":"2016-08-06T15:01:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/08\/06\/le-pokemon-et-la-cretinisation-technologique-en-1880\/"},"modified":"2016-08-06T15:01:26","modified_gmt":"2016-08-06T15:01:26","slug":"le-pokemon-et-la-cretinisation-technologique-en-1880","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/08\/06\/le-pokemon-et-la-cretinisation-technologique-en-1880\/","title":{"rendered":"Le Pok\u00e9mon et la cr\u00e9tinisation technologique en 1880"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Le Pok\u00e9mon et la cr\u00e9tinisation technologique en 1880<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;autre jour \u00e0 Madrid, par quarante degr\u00e9s centigrades et sur la plaza del sol, &laquo; des milliers &raquo; (comme on dit) de jeunes professionnels et autres \u00e9tudiants prometteurs se sont r\u00e9unis en tongues, short et T-Shirt pour une r\u00e9union Pok\u00e9mon qui promettait beaucoup. Ils se r\u00e9unissaient donc pour chasser le Pok\u00e9mon devant les m\u00e9dias \u00e9merveill\u00e9s qui en rendaient compte, et qui affirmaient qu&rsquo;enfin les jeux vid\u00e9o ne s\u00e9dentarisent pas (pourquoi leur chercher des poux dans la t\u00eate ? T&rsquo;es facho ?), qu&rsquo;enfin une action japonaise (Nintendo) montait autant qu&rsquo;\u00e0 Wall Street (o&ugrave; elles sont toutes achet\u00e9es, comme Hillary, par les robots de la Fed insatiable), qu&rsquo;enfin surtout soixante-cinq millions de zombies qui, comme dans un roman de Phillip K. Dick, faisaient la m\u00eame chose (la chasse \u00e0 une \u00e9lectro-bestiole donc) au m\u00eame moment, c&rsquo;\u00e9tait, c&rsquo;est fantastique. Quel signe de modernit\u00e9, tralala.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous sommes tomb\u00e9s bien bas mais, comme dit un all\u00e8gre ami franco-alg\u00e9rien, qui n&rsquo;a pourtant pas de permis camion, nous creusons encore ! Car enfin, souvenez-vous que du temps de nos a\u00efeux, pour paraphraser Corneille, nous ne valions gu\u00e8re mieux. Nous avions d\u00e9j\u00e0 une technologie de choix pour nous ahurir, enfants de ce r\u00e8gne de la quantit\u00e9 et de la r\u00e9volte des masses&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La seule et vraie r\u00e9volution politique fran\u00e7aise, c&rsquo;est 1870, et la seule grande r\u00e9volution technologique, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. C&rsquo;est Villiers de l&rsquo;Isle-Adam qui a le mieux per\u00e7u l&rsquo;air du temps, qui est \u00e0 la sottise entretenue, cr\u00e9\u00e9e et chouchout\u00e9e par la benoite technologie. Le recueil des Contes cruels contient bien des perles qui calmeront les grincheux du web : nous \u00e9tions alors cr\u00e9tinis\u00e9s par l&rsquo;av\u00e8nement de la lumi\u00e8re et du reste. C&rsquo;\u00e9tait pour reprendre le bon mot de Philippe B\u00e9chade <strong>l&rsquo;inintelligence artificielle<\/strong> au berceau. Je ferai mon distinguo entre technique et technologie : la premi\u00e8re sert et soutient le corps, la deuxi\u00e8me s&rsquo;attaque \u00e0 l&rsquo;\u00e2me. La premi\u00e8re vous transporte, <strong>la deuxi\u00e8me vous occupe<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La force de Villiers, qui int\u00e9ressera PhG, est de relier le ph\u00e9nom\u00e8ne de la technologie \u00e0 celui du chauvinisme qui nous enverra \u00e0 Verdun et ailleurs. Voyez ces mots qui en annoncent d&rsquo;autres (de maux) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Autour de lui, sous les <strong>puissantes vibrations tomb\u00e9es du beffro<\/strong>i, &minus; dehors, l\u00e0&minus;bas, au&minus;del\u00e0 du mur de ses yeux &minus;, des pi\u00e9tinements de cavalerie, et, par \u00e9clats, des sonneries aux champs, des acclamations m\u00eal\u00e9es aux salves des Invalides, aux cris fiers des commandements, des bruissements d&rsquo;acier, des tonnerres de tambours scandant des d\u00e9fil\u00e9s interminables d&rsquo;infanterie, <strong>toute une rumeur de gloire<\/strong> lui arrivait (1) ! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout cela tr\u00e8s li\u00e9 donc au militaire festif et ludique, comme la guerre allemande du futur, qui enchante le Kaiser ou m\u00eame le bien jeune Thomas Mann. Le m\u00e9gaphone (revoyez le Dictateur de Chaplin pour comprendre) et la f\u00e9e \u00e9lectricit\u00e9 annoncent les massacres qu&rsquo;ils inspirent et encensent :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Son ou\u00efe suraigu\u00eb percevait jusqu&rsquo;\u00e0 des flottements d&rsquo;\u00e9tendards aux lourdes franges fr\u00f4lant des cuirasses. <strong>Dans l&rsquo;entendement du vieux captif de l&rsquo;obscurit\u00e9, mille \u00e9clairs de sensations, pressenties et indistinctes, s&rsquo;\u00e9voquaient ! Une divination l&rsquo;avertissait de ce qui enfi\u00e9vrait les c&oelig;urs et les pens\u00e9es dans la Ville (2). &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>La guerre fra&icirc;che et joyeuse est d&rsquo;abord une guerre \u00e9lectrique, une guerre de conditionnement donc. Macluhan a bien parl\u00e9 de l&rsquo;imprimerie pour la r\u00e9volution puritaine en Angleterre (r\u00e9volution si j&rsquo;ose dire du peuple du Livre et de la livre&#8230;).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s Villiers lance le grand d\u00e9bat auquel personne ne r\u00e9pond jamais : les membres du docte public moderne, les gens donc, sont-ils abrutis par la technologie ou sont-ils ahuris naturellement ? C\u00e9line \u00e9tait clair : pour lui le populo n&rsquo;est pas victime, il est collabo, et il n&rsquo;appr\u00e9cie que le faux et le chiqu\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; Que demande toute la foule moderne ? Elle demande \u00e0 se mettre \u00e0 genoux devant l&rsquo;or et devant la merde !<\/strong>&#8230; Elle a le go&ucirc;t du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n&rsquo;eut jamais dans toutes les pires antiquit\u00e9s&#8230; Du coup, on la gave, elle en cr\u00e8ve&#8230; Et plus nulle, plus insignifiante est l&rsquo;idole choisie au d\u00e9part, plus elle a de chances de triompher dans le c&oelig;ur des foules&#8230; mieux la publicit\u00e9 s&rsquo;accroche \u00e0 sa nullit\u00e9, p\u00e9n\u00e8tre, entra&icirc;ne toute l&rsquo;idol\u00e2trie (3)&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Autrement dit <strong>la technologie r\u00e9v\u00e8le la b\u00eatise humaine, elle ne la fabrique pas ; elle la r\u00e9pand, elle ne la provoque pas. Medium is not message<\/strong>. Quelques milliers de Happy Few chaque jour pour Dedefensa.org, un milliard pour Lady Gaga et son Twitter (sans oublier le million de commentaires par chanson, &#8211; voyez YouTube et vous saurez de combien de zombis vous \u00eates entour\u00e9s), qui aplatit pape, Trump, Clinton, tout &laquo; le flot de purin mondiale &raquo; qu&rsquo;a d\u00e9nonc\u00e9 notre bon Francis Ponge.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Moins agressif, mais aussi misanthrope que C\u00e9line ou L\u00e9autaud, Villiers ajoute :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Car le public raffole, remarquez ceci, de l&rsquo;Extraordinaire ! Mais, comme il ne sait pas tr\u00e8s bien en quoi consiste, en litt\u00e9rature (passez&minus;moi toujours le mot), ce m\u00eame Extraordinaire dont il raffole, il s&rsquo;ensuit, \u00e0 mes yeux, que l&rsquo;appr\u00e9ciation d&rsquo;un portier doit sembler pr\u00e9f\u00e9rable, en bon journalisme, \u00e0 celle du Dante (4). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Villiers \u00e9crit que dans la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle il ne faut pas faire semblant d&rsquo;\u00eatre b\u00eate (c&rsquo;est trop difficile) : il faut l&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Mais le pire, c&rsquo;est que vous laissez pressentir dans l&rsquo;on ne sait quoi de votre phrase que vous cherchez \u00e0 dissimuler votre intelligence pour ne pas effaroucher le lecteur ! Que diable, les gens n&rsquo;aiment pas qu&rsquo;on les humilie (5) ! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et on a bien fait de d\u00e9tr\u00f4ner ces rois qui avaient des go&ucirc;ts \u00e9litistes. Ils pr\u00e9f\u00e9raient Ph\u00e8dre et le roi Lear \u00e0 American pie ou Taxi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Les rois, tout ennuyeux qu&rsquo;ils soient, approuvent et honorent Shakespeare, Moli\u00e8re, Wagner, Hugo, etc. ; <strong>les r\u00e9publiques bannissent Eschyle, proscrivent le Dante, d\u00e9capitent Andr\u00e9 Ch\u00e9nier. En r\u00e9publique, voyez&minus;vous, on a bien autre chose \u00e0 faire que d&rsquo;avoir du g\u00e9nie ! On a tant d&rsquo;affaires sur les bras, vous comprenez<\/strong> (6). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certes on a notre classe moyenne relook\u00e9e en bobo qui adore se presser aux expos. Mais comme elle ne fait pas la diff\u00e9rence entre Turner et Rothko, entre Memling et Dubuffet, elle accomplit le mot de mon ami Paucard sur la cr\u00e9tinisation par la culture (7).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis notre \u00e9crivain maudit (il mourut de faim ou presque, ce descendant de crois\u00e9, apr\u00e8s avoir \u00e9pous\u00e9 sa bonne) \u00e9nonce la loi d&rsquo;airain du syst\u00e8me ploutocratique, d\u00e9mocratique et technologique moderne (loi que d\u00e9non\u00e7aient aussi bien Poe ou Thoreau) : d\u00e9penser beaucoup et fabriquer beaucoup d&rsquo;effets sp\u00e9ciaux pour vendre&#8230; rien du tout ou presque. La camelote&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; On voit d&rsquo;ici ce mouvement, cette vie, <strong>cette animation extraordinaire que les int\u00e9r\u00eats financiers sont seuls capables de donner<\/strong>, aujourd&rsquo;hui, \u00e0 des villes s\u00e9rieuses. <strong>Tout \u00e0 coup, de puissants jets de magn\u00e9sium ou de lumi\u00e8re \u00e9lectrique, grossis cent mille fois, partent du sommet de quelque colline fleurie, enchantement des jeunes m\u00e9nages,<\/strong> &minus; d&rsquo;une colline analogue, par exemple, \u00e0 notre cher Montmartre ; &minus; ces jets lumineux, maintenus par d&rsquo;immenses r\u00e9flecteurs versicolores, envoient, brusquement, au fond du ciel, entre Sirius et Ald\u00e9baran, l&rsquo;Oeil du taureau, sinon m\u00eame au milieu des Eyades, l&rsquo;image gracieuse de ce jeune adolescent qui tient une \u00e9charpe sur laquelle <strong>nous lisons tous les jours, avec un nouveau plaisir, ces belles paroles : On restitue l&rsquo;or de toute emplette qui a cess\u00e9 de ravir (8)<\/strong>! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Eh oui, il faut faire les courses et surtout se faire rembourser si on n&rsquo;est pas content. Notez que Zola \u00e9crit la m\u00eame chose ou presque dans son Bonheur des dames. Sauf qu&rsquo;il adore lui le syst\u00e8me. La femme va au bruit, dit-il&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il professait que la femme est sans force contre la r\u00e9clame, qu&rsquo;elle finit fatalement par aller au bruit (9). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Enfin, bien avant le culte hollywoodien (peu avant en fait, car enfin il a \u00e9crit sur Edison), Villiers d\u00e9crit une tordante machine \u00e0 gloire &ndash; car on veut tous \u00eatre c\u00e9l\u00e8bre comme Andy Warhol, Woody Allen ou les ayatollahs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le rendement de sa machine, c&rsquo;est la GLOIRE ! Elle produit de la gloire comme un rosier des roses ! L&rsquo;appareil de l&rsquo;\u00e9minent physicien fabrique la Gloire. Elle en fournit. Elle en fait na&icirc;tre, d&rsquo;une fa\u00e7on organique et in\u00e9vitable. Elle vous en couvre ! N&rsquo;en voul&ucirc;t&minus;on pas avoir : l&rsquo;on veut s&rsquo;enfuir, et cela vous poursuit (10). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et si un public par trop assoupi ne r\u00e9pond pas assez vite, qu&rsquo;on lui botte le derri\u00e8re, comme aux \u00e9missions dites de divertissement ! Il faut qu&rsquo;il applaudisse le c\u00e9l\u00e8bre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Ici, la Machine se complique insensiblement, et la conception devient de plus en plus profonde ; les tuyaux de gaz \u00e0 lumi\u00e8re sont altern\u00e9s d&rsquo;autres tuyaux, ceux des gaz hilarants et dacryphores. Les balcons sont machin\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur : ils renferment d&rsquo;invisibles poings en m\u00e9tal &minus; destin\u00e9s \u00e0 r\u00e9veiller, au besoin, le Public&minus; et nantis de bouquets et de couronnes (11). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout cela pour dire que finalement le Pok\u00e9mon n&rsquo;est pas si grave !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On laisse Villiers nous amuser une derni\u00e8re fois, et h\u00e9las plus qu&rsquo;un Alphonse Allais :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; T\u00e9moin le d\u00e9licieux Appareil du professeur Schneitzo\u00ebffer (junior), de N\u00fcrnberg (Bayern), <strong>pour l&rsquo;Analyse chimique du dernier soupir.<\/strong> Prix : un double thaler &minus; (7 fr. 95 avec la bo&icirc;te), &minus; un don ! &#8230; &minus; Affranchir. Succursales \u00e0 Paris, \u00e0 Rome et dans toutes les capitales. &minus; Le port en sus. &minus; Eviter les contrefa\u00e7ons. Gr\u00e2ce \u00e0 cet Appareil, les enfants pourront, dor\u00e9navant, regretter leurs parents sans douleur &#8230; C&rsquo;est \u00e0 se demander, en un mot, si l&rsquo;Age d&rsquo;or ne revient pas (12). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Car l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or a la vie dure !<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Nicolas Bonnal<\/h4>\n<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notes<\/p>\n<\/p>\n<p><p>1.) Villiers, Contes cruels, Ed. Garnier, conte Vox populi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>2.) Ibid.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>3.) C\u00e9line, Bagatelles pour un massacre, p.33.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>4.) Villiers, op.cit., Deux augures.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>5.) Ibid.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>6.) Ibid.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>7.) Alain Paucard, la cr\u00e9tinisation par la culture, l&rsquo;Age d&rsquo;Homme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>8.) Villiers, op.cit., l&rsquo;affichage c\u00e9leste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>9.) Zola, Au bonheur des dames, chapitre IX.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>10.) Villiers, op.cit., la machine \u00e0 gloire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>11.) Ibid.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>12.) Villiers, op.cit., L&rsquo;appareil pour l&rsquo;analyse chimique du dernier soupir.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Pok\u00e9mon et la cr\u00e9tinisation technologique en 1880 L&rsquo;autre jour \u00e0 Madrid, par quarante degr\u00e9s centigrades et sur la plaza del sol, &laquo; des milliers &raquo; (comme on dit) de jeunes professionnels et autres \u00e9tudiants prometteurs se sont r\u00e9unis en tongues, short et T-Shirt pour une r\u00e9union Pok\u00e9mon qui promettait beaucoup. 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