{"id":76765,"date":"2016-09-09T03:14:21","date_gmt":"2016-09-09T03:14:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/09\/09\/re-quiem-pour-un-con\/"},"modified":"2016-09-09T03:14:21","modified_gmt":"2016-09-09T03:14:21","slug":"re-quiem-pour-un-con","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/09\/09\/re-quiem-pour-un-con\/","title":{"rendered":"<em>Re-quiem-pour-un-con<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><em>Re-quiem-pour-un-con<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>9 septembre 2016 &ndash; J&rsquo;avoue, il m&rsquo;a bien eu, ce Gainsbourg&#8230; J&rsquo;ai lu plusieurs textes qui feraient bien l&rsquo;affaire, je dirais m\u00eame qu&rsquo;il y a une foison \u00e0 faire tourner la t\u00eate ; par exemple, lu hier de Peter Beinart ce texte de <em>The Atlantic <\/em>(<a href=\"http:\/\/www.theatlantic.com\/magazine\/archive\/2016\/10\/fear-of-a-female-president\/497564\/\">num\u00e9ro d&rsquo;octobre<\/a>), o&ugrave; l&rsquo;auteur ne comprend pas une minute, pas une seconde voyez-ous, encore moins s&rsquo;il le faut, pourquoi l&rsquo;\u00e9lan populaire ne se fait pas vers Hillary, cet oc\u00e9an de vertus, cette cascades diluviennes de capacit\u00e9s politiques, ce caract\u00e8re de bronze au service d&rsquo;une seule cause,  cette extension solaire du domaine de la loi qu&rsquo;il s&rsquo;agit de respecter, ce sens presque divin de la grandeur de notre destin\u00e9e, bref elle qui a tout ce qu&rsquo; &lsquo;il faut pour faire un \u00ab\u00a0grand\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0un tr\u00e8s-grand hopmme politique\u00a0\u00bb, &ndash; sauf, mazette, &ndash; et tout s&rsquo;\u00e9claire, &ndash;qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas un homme ! Eh oui, tout est l\u00e0, toute l&rsquo;\u00e9quilibre de notre civilisation si sublime repose sur cette indignit\u00e9 populiste globalis\u00e9e venue des veaux qui pr\u00e9tendent voter&#8230; Il est vrai, je l&rsquo;avoue que, lisant ce texte-l\u00e0 comme je lisais tel autre ou tel autre sur le sujet ou tout ce qui est approchant, tant d&rsquo;autres sur le temps pr\u00e9sent de la bagarre USA-2016 qui encha&icirc;nent tant de sottises mensong\u00e8res et hallucin\u00e9es conformes \u00e0 la <em>narrative<\/em>, lisant ce texte r\u00e9duit \u00e0 son premier paragraphe, la messe \u00e9tait dite&#8230; (&laquo; <em>Except for her gender, Hillary Clinton is a highly conventional presidential candidate. She&rsquo;s been in public life for decades. Her rhetoric is carefully calibrated. She tailors her views to reflect the mainstream within her party<\/em>. &raquo;) &#8230; Aussi n&rsquo;ai-je eu finalement, qui m&rsquo;est venu \u00e0 l&rsquo;esprit, ce mot d\u00e9cisif et sardonique, &ndash; et pourtant sans m\u00e9chancet\u00e9 de ma part (certains y distinguerait presque, tr\u00e8s loin cach\u00e9e, comme une tendre ironie devant les b\u00eatises enfantines, car l&rsquo;on comprend finalement le confort infini de la sottise courante, engonc\u00e9e dans ses cousins voluptueux nomm\u00e9s \u00ab\u00a0mensonge\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0conformisme\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0go&ucirc;t du privil\u00e8ge\u00a0\u00bb, etc.), &ndash; ce mot d\u00e9cisif : &laquo; <em>Pauvre con<\/em> &raquo; qui rythme magnifiquement cette chanson, <em>Requiem-pour-un-con<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p> Lisez les paroles <a href=\"http:\/\/www.paroles.net\/serge-gainsbourg\/paroles-requiem-pour-un-c#IYPzIGrY6viBOtGx.99\">de la chanson<\/a> (*) et entendez le mot, claquer comme un \u00e9tendard, comme le couperet d&rsquo;une guillotine, comme le tonnerre de la Fin des Temps, et qui semble alors, tel que je l&rsquo;entend aujourd&rsquo;hui, pas loin d&rsquo;un demi-si\u00e8cle plus tard, s&rsquo;adresser \u00e0 <em>sapiens<\/em>-le-moderne, la bestiole, le zombie-Syst\u00e8me qui croyait pouvoir refaire le monde, et son Dieu, \u00e0 son image parfaitement satisfaite d&rsquo;elle-m\u00eame&#8230; Voici donc ce qu&rsquo;il nous dit, et voici par cons\u00e9quent ce que je per\u00e7ois comme un requiem pour le \u00ab\u00a0dernier homme\u00a0\u00bb de notre temps :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&Eacute;coute les orgues <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Elles jouent pour toi <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Il est terrible cet air l\u00e0 <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>J&rsquo;esp\u00e8re que tu aimes <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>C&rsquo;est assez beau non <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>C&rsquo;est le requiem pour un con<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Je l&rsquo;ai compos\u00e9 sp\u00e9cialement pour toi <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>A ta m\u00e9moire de sc\u00e9l\u00e9rat <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>C&rsquo;est un joli th\u00e8me <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Tu ne trouves pas <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Semblable \u00e0 toi m\u00eame <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Pauvre con<\/em>  [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Je l&rsquo;ai compos\u00e9 sp\u00e9cialement pour toi <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>A ta m\u00e9moire de sc\u00e9l\u00e9rat <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Sur ta figure bl\u00eame <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Aux murs des prisons <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>J&rsquo;inscrirai moi-m\u00eame : \u00ab\u00a0Pauvre con\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors, je remets les choses dans leur contexte avant d&rsquo;en venir au propos pr\u00e9tendument d\u00e9cisif, et d&rsquo;ailleurs le contexte lui-m\u00eame faisant que le propos \u00ab\u00a0pr\u00e9tendument d\u00e9cisif\u00a0\u00bb l&rsquo;est effectivement. J&rsquo;ai revu r\u00e9cemment, la TV aidant, ce film de Georges Lautner, d&rsquo;une production assez classique des ann\u00e9es 1960, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Le_Pacha_(film,_1968)\"><em>Le Pacha<\/em><\/a> de 1968. Je l&rsquo;ai vu plus d&rsquo;une fois, ce film, sans savoir vraiment pourquoi sinon l&rsquo;occasion et peut-\u00eatre plus, cette attirance \u00e9trange dont je vais m&rsquo;expliquer. Bien qu&rsquo;assez indiff\u00e9rent au genre et sans trouver \u00e0 ce film les qualit\u00e9s de l&rsquo;exception, avec notamment ce qu&rsquo;il faut de retape dans cette sorte-l\u00e0, celui-l\u00e0 je l&rsquo;avoue me fascine toujours et encore aujourd&rsquo;hui, alors que j&rsquo;y trouve de quoi nourrir une pens\u00e9e symbolique, lorsque l&rsquo;intuition l&rsquo;\u00e9claire. Plusieurs remarques expliquent cette fascination, de mon fait, outre les habituels dialogues d&rsquo;Audiard qui nous donnent ce qu&rsquo;il faut de d\u00e9rision pour nous rappeler \u00e0 quel niveau l&rsquo;on se trouve et de qui l&rsquo;on parle&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Savourez celle-l\u00e0 du tr\u00e8s-tr\u00e8s-mauvais gar\u00e7on et membre de la bande-\u00e0-Audiard d&rsquo;alors Andr\u00e9 Pousse, <em>Quinquin<\/em> dans le film, tueur absolument compulsif, jouant la d\u00e9termination haineuse, la mine absolument, diaboliquement m\u00e9prisante et minut\u00e9e pour la tuerie document\u00e9e qu&rsquo;il accomplit tout le long du film ; Pousse annon\u00e7ant \u00e0 Dany Carel, celle-l\u00e0 avec l&rsquo;esprit de r\u00e9partie aussi bien fait je vous assure que son corps somptueux, qu&rsquo;ensuite [le gros coup r\u00e9ussi] il s&rsquo;en ira tr\u00e8s loin dans les &icirc;les enchanteresses o&ugrave; les femmes sont belles [et il laisse entendre cela comme on d\u00e9gueule !] ; et elle, mi-ironique, mi-persifleuse et sans doute un instant surprise de croire distinguer chez l&rsquo;autre quelque chose d&rsquo;un sentiment humain, et par cons\u00e9quent c\u00e9dant au quiproquo : &laquo; <em>Quoi, tu me demande de partir avec toi ?<\/em> &raquo; ; et lui : &laquo; <em>Dis pas de connerie, on n&#8217;emm\u00e8ne pas une saucisse quand on va \u00e0 Francfort !<\/em> &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La fascination pour ce film me vient fondamentalement de l'\u00a0\u00bbambiance\u00a0\u00bb o&ugrave; l&rsquo;action \u00e9volue : quelques-uns de ces jours de janvier, piquants, froids et \u00e9ternellement brumeux, solitaires avec partout des traces de neige et quelques flocons incertains, la Place Vend\u00f4me vide ainsi que la Concorde d\u00e9sert\u00e9e comme je me les rappelle certains jours de solitude glac\u00e9e des hivers des ann\u00e9es 1960 ; les routes incertaines et solitaires hors des autoroutes encore si rares, bossel\u00e9es par endroits d&rsquo;un verglas tra&icirc;treux et invisible, avec l&rsquo;action se d\u00e9roulant initialement (au d\u00e9but) et finalement (\u00e0 la fin) dans les m\u00eames plaines sans fin et sans attraits du Nord, vers Amiens et alentour ; l\u00e0 o&ugrave; l&rsquo;uniformit\u00e9 de l&rsquo;univers brumeux et froid est tranch\u00e9e par instant par la silhouette d&rsquo;une automobile circulant sur une route plate et droite qu&rsquo;on ne distingue pas, ou par un de ces spectres surgis du pass\u00e9 st\u00e9rile de l&rsquo;\u00e8re industrielle qui se dresse dans sa vaniteuse pr\u00e9tention r\u00e9duite \u00e0 la n\u00e9antisation ; l&rsquo;une ou l&rsquo;autre de ces usines abandonn\u00e9es o&ugrave; l&rsquo;on faisait de l&rsquo;aguichante betterave du sucre industriel qui assurait les fortunes des bourgeois dans leurs h\u00f4tels particuliers parisiens, du temps d&rsquo;apr\u00e8s-Talleyrand, fant\u00f4mes eux aussi d&rsquo;une \u00e9poque r\u00e9volue et m\u00e9prisable plong\u00e9s dans une \u00e8re mini-glaciaire et \u00e0-moiti\u00e9-sombre&#8230; Dieu, combien notre \u00e9poque est-elle uniform\u00e9ment laide, m\u00eame et surtout dans ses ruines et usines-monuments abandonn\u00e9es ! M\u00eame dans sa nostalgie qui peut \u00eatre un sentiment si haut et si beau ! Cette \u00e9poque rabaisse tout ce qu&rsquo;elle touche, elle transforme les toilettes des duchesses brillantes et froufroutantes en latrines-pisseuses de banlieue&#8230; <strong>La modernit\u00e9 pue au-del\u00e0 de tout<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;humeur g\u00e9n\u00e9rale du film est de cette sorte : une trag\u00e9die, certes, mais toute enti\u00e8re plong\u00e9e dans la bassesse humaine, m\u00e9diocre \u00e0 mesure, d&rsquo;une propret\u00e9 douteuse et habill\u00e9e de ce style sans-style si sp\u00e9cifique des ann\u00e9es-1960, sans espoir autre pour notre propos que l&rsquo;accomplissement de la vengeance inutile et d\u00e9senchant\u00e9e, pour une fid\u00e9lit\u00e9 incertaine au souvenir du temps pass\u00e9, du Commissaire Joss\/Gabin qui veut, dans un dernier effort de sa carri\u00e8re finissante, faire payer \u00e0 la foule truandeuse l&rsquo;assassinat de l&rsquo;inspecteur Gouvion (l&rsquo;incroyable tronche de Robert Dalban), celui \u00ab\u00a0qui voulait avoir l&rsquo;air et qu&rsquo;a pas l&rsquo;air du tout\u00a0\u00bb, qui n&rsquo;a cess\u00e9 de l&rsquo;accompagner de ses sottises et de ses impuissances tout au long de sa vie, &ndash; &laquo; <em>l&#8217;empereur des cons&#8230; Mon pote ! <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a dans le film un moment o&ugrave; Gabin\/Joss vient cueillir un truand qui occupe la moiti\u00e9 de sa vie \u00e0 jouer de la guitare, comme excellent accompagnateur. Le truand est en studio, o&ugrave; Gainsbourg enregistre justement la chanson dont le titre est celui de ce texte ; donc, rencontre \u00e0 la fois de la fiction et de la r\u00e9alit\u00e9, puisque c&rsquo;est effectivement en mars 1968 que sort <em>Requiem pour un con<\/em>, en m\u00eame temps que le film, <em>Le Pacha<\/em>, donc sans nul doute avec une parent\u00e9 et une coordination directes entre les deux, chanson \u00e9crite pour le film, inspir\u00e9e par lui, le film influenc\u00e9 par la chanson en pr\u00e9paration, les deux li\u00e9s par des occurrences myst\u00e9rieuses, etc., choisissez l&rsquo;hypoth\u00e8se&#8230;  J&rsquo;ai vu et revu ce passage, pr\u00e9cis\u00e9ment pour ce texte que j&rsquo;\u00e9cris (8-10 secondes en tout, facile avec enregistrement\/arr\u00eat sur image\/retour, etc.) ; cet instant o&ugrave; ils se croisent ; avec sa gueule \u00e9ternellement stup\u00e9faite et fataliste tout au long du film devant ce qu&rsquo;il voit de son \u00e9poque qui n&rsquo;est plus la sienne (les <em>hippies<\/em>, le rock, les filles au sein nus et \u00e9videmment sublimes, la marie-jeanne et les pinc\u00e9es de LSD, et tout le reste), Gabin devant l&rsquo;\u00e9cran de contr\u00f4le attendant la fin de l&rsquo;enregistrement ; puis p\u00e9n\u00e9trant dans la pi\u00e8ce insonoris\u00e9e pour rejoindre le guitariste exactement au moment o&ugrave; Gainsbourg en sort ; les deux se croisant exactement au tournant du couloir qui forme l&rsquo;entr\u00e9e dans la salle d&rsquo;enregistrement ; d&rsquo;abord face \u00e0 face, sans doute yeux dans les yeux ; puis Gainsbourg fr\u00eale mais sans exc\u00e8s qui s&rsquo;arr\u00eate une \u00e0 deux secondes et s&rsquo;efface un poil pour laisser passer Gabin massif mais sans exc\u00e8s : plut\u00f4t le respect du \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge et \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience qu&rsquo;\u00e0 la carrure et au d\u00e9placement d&rsquo;air &hellip; Dans cet instant Gabin ne regarde plus Gainsbourg et baisse la t\u00eate devant lui tandis que Gainsbourg, effectivement arr\u00eat\u00e9, tourne la t\u00eate pour suivre Gabin du regard&#8230; Ignorant s&rsquo;ils se connaissaient seulement, s&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s pour le film, s&rsquo;ils en sont rest\u00e9s simplement \u00e0 ce croisement, m\u00eame avec l&rsquo;hypoth\u00e8se que c&rsquo;\u00e9tait la vraie s\u00e9ance d&rsquo;enregistrement du <em>Requiem pour un con<\/em> ; pas l&rsquo;ombre d&rsquo;un sourire ni chez l&rsquo;un ni chez l&rsquo;autre, indiff\u00e9rence s\u00e9v\u00e8re-blas\u00e9e chez Gabin, indiff\u00e9rence provocante-intrigu\u00e9e chez Gainsbourg, cela pour les personnages qu&rsquo;ils \u00e9taient et jouaient n\u00e9cessairement&#8230; Pour le vrai, je ne sais, peut-\u00eatre y eut-il quelque chose entre une seconde et l&rsquo;autre, comme entre deux repr\u00e9sentants d\u00e9cal\u00e9s et pareillement forc\u00e9s d&rsquo;une m\u00eame modernit\u00e9 \u00e0 deux diff\u00e9rents moments, et qu&rsquo;ils ne supportaient pas chacun \u00e0 leur fa\u00e7on, <strong>car nul ne supporte la modernit\u00e9 au fond<\/strong>&#8230; Ainsi, j&rsquo;imagine leur dialogue depuis le premier regard face-\u00e0-face :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&mdash; Alors c&rsquo;est vous le vieux dont on nous rebat les oreilles depuis des ann\u00e9es (question oreilles, je m&rsquo;y connais) ? D\u00e9j\u00e0 mon p\u00e8re, dans les ann\u00e9es trente&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&mdash; Alors c&rsquo;est toi le jeunot qui fait tourner tous ces br\u00e8les de connards de Parisiens ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&mdash; Dites, comment c&rsquo;\u00e9tait de votre temps, c&rsquo;\u00e9tait mieux ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&mdash; Te fatigue pas.. Note, on pourrait voir les choses comme \u00e7a mais la v\u00e9rit\u00e9, je crois bien, on y \u00e9tait d\u00e9j\u00e0, on sentait venir&#8230; Salut mec.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&mdash; Salut le vieux&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est vrai, je verrais assez bien ce film, la chanson, l&rsquo;humeur, la vanit\u00e9 et la fatalit\u00e9 de tout cela, s&rsquo;adressant \u00e0 <em>sapiens<\/em>, aujourd&rsquo;hui pris dans l&rsquo;enfer gluant et fig\u00e9, ou bien aspir\u00e9 dans le mar\u00e9cage puant et glac\u00e9, emport\u00e9 dans la fatalit\u00e9 du destin de ce monde en d\u00e9composition qu&rsquo;il a cr\u00e9\u00e9 \u00e0 la gloire de son <em>hybris<\/em> et qui se r\u00e9v\u00e8le comme la mesure de son effrayante pr\u00e9tention \u00e0 s&rsquo;instituer \u00e0 la fois &Ecirc;tre Supr\u00eame de l&rsquo;histoire du monde et Grand Architecte de l&rsquo;univers sorti du <em>Khaos<\/em> gr\u00e2ce \u00e0 sa subtile \u00ab\u00a0feuille de route\u00a0\u00bb nomm\u00e9e modernit\u00e9. <strong>Va jouer avec cette poussi\u00e8re, l&rsquo;Apocalypse est l\u00e0<\/strong>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans quel esprit Gainsbourg a-t-il \u00e9crit cette chanson qui garde un ton si actuel, ou plut\u00f4t qui semble l&rsquo;acqu\u00e9rir de fa\u00e7on encore plus appuy\u00e9e, \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e9nements pr\u00e9sents, si l&rsquo;on a l&rsquo;audace de prendre le texte qui semble accoucher de sa musique par obligation de rythme et de sens selon l&rsquo;interpr\u00e9tation symbolique et m\u00e9taphorique qui importe ? Pourquoi suis-je si frapp\u00e9 par cette musique \u00e9trange, cette syncope qui ressemble plus \u00e0 la marche du destin qu&rsquo;aux bo&icirc;tes de nuit parisiennes jouant \u00e0 l&rsquo;exotisme, ces paroles \u00e0 la fois m\u00e9prisantes et tragiques, le tranchant des mots, m\u00eame les plus communs et surtout le plus commun d&rsquo;entre tous&#8230; ? Je me suis aventur\u00e9 alors dans une perception selon laquelle Gainsbourg s&rsquo;adresse \u00e0 <em>sapiens<\/em>, comme je l&rsquo;ai dit, au \u00ab\u00a0dernier homme\u00a0\u00bb enfant\u00e9 par la modernit\u00e9, \u00e0 quelque pr\u00e9sident-poire qu&rsquo;il devine, et m\u00eame, finalement, comme une adresse \u00e0 lui-m\u00eame, de Gainsbourg \u00e0 \u00ab\u00a0<em>Gainsbar<\/em>\u00a0\u00bb comme il disait sur le tard, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9finitivement d\u00e9doubl\u00e9, se regardant longuement agoniser dans tous les vices soigneusement exerc\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Ainsi me suis-je m\u00e9nag\u00e9 une transition pour la fin, pour en venir \u00e0 Gainsbourg compl\u00e8tement et, vraisemblablement, Gainsbourg vis-\u00e0-vis de lui-m\u00eame, lui qui savait si bien \u00eatre double. Donc, pour clore, voici une correspondance par courriel que j&rsquo;eus en 2011 avec un ami d&rsquo;alors (DC, nous en resterons aux initiales) et qui concerne Gainsbourg et un autre film qui lui est consacr\u00e9, et qu&rsquo;il faut lire alors avec \u00e0 l&rsquo;esprit cette d\u00e9marche qu&rsquo;il fit de faire de ce <em>Requiem pour un con<\/em>, dans l&rsquo;esprit o&ugrave; je l&rsquo;ai d\u00e9crit plus haut, ce qui pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une m\u00e9taphore de la sorte&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>PhG :<\/em><\/strong> &laquo; <em>As-tu vu \u00ab\u00a0<\/em><em><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gainsbourg,_vie_h%C3%A9ro%C3%AFque\">Gainsbourg (vie h\u00e9ro\u00efque)<\/a><\/em><em>\u00a0\u00bb ? Il y a un point \u00e9trange dans ce film<\/em>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Je suis un peu un contemporain de Gainsbourg. J&rsquo;ai souvent eu une perception ambivalent et ambigu\u00eb de ce personnage; peu s\u00e9duit par le c\u00f4t\u00e9 provoc, le bouffon des milieux parisiens les plus branch\u00e9s et les plus creux, du show-biz, etc., personnage absolument d\u00e9cadent; et puis, percevant, au travers de telles ou telles d\u00e9clarations, interviews, accrochages, qu&rsquo;il y avait chez lui une r\u00e9elle nostalgie de choses plus hautes qu&rsquo;il aurait pu faire et qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas faites, donc la sensation implicite d&rsquo;avoir rat\u00e9 sa vie, ou plut\u00f4t son destin. (De m\u00eame, cette vision double pour son &oelig;uvre. Il y a tout un r\u00e9pertoire de Gainsbourg qui m&rsquo;exasp\u00e8re, inutile de s&rsquo;y attarder; il y a certaines chansons de lui que je ne peux entendre sans avoir les larmes aux yeux tant, malgr\u00e9 le sujet de l&rsquo;amour qui s&rsquo;y pr\u00eate peu, elles ont une dimension absolument tragique.) Je n&rsquo;avais pas envie de voir le film, craignant une apologie du bouffon qui aurait pu permettre une apologie implicite des \u00e9lites et du show-biz parisiens, une des fl\u00e8ches avanc\u00e9es de la d\u00e9cadence et de la Chute. Je l&rsquo;ai donc regard\u00e9 d&rsquo;un &oelig;il plut\u00f4t ronchonnant. Et pourtant&#8230;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>C&rsquo;est \u00e9crit et tourn\u00e9 par un dessinateur de BD (Johan Star?), qui n&rsquo;en a pas fait une biographie mais plut\u00f4t un conte all\u00e9gorique tout en respectant la v\u00e9racit\u00e9 approximative des \u00e9pisodes abord\u00e9s, les personnages, etc. Point \u00e9trange: d\u00e8s le d\u00e9part, Gainsbourg a un double, une cr\u00e9ature mi montage-mi BD, qui est soi sa conscience, soit bien autre chose, son Diable, peut-\u00eatre. La cr\u00e9ature sort curieusement, au d\u00e9but du film, alors qu&rsquo;on voit le petit Gainsbourg avec son \u00e9toile jaune passer devant une affiche antijuive sur un mur de Paris occup\u00e9, avec des caricatures grossi\u00e8res de juifs, type financier, cigare, nez crochu et tout le toutim&#8230; Et la caricature se d\u00e9tachant de l&rsquo;affiche, pour se transformer et devenir ce personnage, \u00e0 la fois double et Diable de Gainsbourg. Et Gainsbourg le retrouve de temps \u00e0 autre, la cr\u00e9ature intervient (qu&rsquo;il est seul \u00e0 voir, certes), interf\u00e8re dans ses actes, lui donne des conseils, l&rsquo;agace en g\u00e9n\u00e9ral consid\u00e9rablement, comme quelque chose de lourd \u00e0 porter, qui veut l&rsquo;entra&icirc;ner sur une voie qui lui d\u00e9pla&icirc;t&#8230; Jusqu&rsquo;\u00e0 un moment o&ugrave;, Gainsbourg \u00e9tant en train de s&rsquo;interroger sur la fa\u00e7on de percer \u00e0 Paris et de conna&icirc;tre le succ\u00e8s, la cr\u00e9ature double-Diable lui dit (en substance, malheureusement, je n&rsquo;\u00e9tais pas assez attentif, ou trop tard, mais la substance est l\u00e0 j&rsquo;en suis s&ucirc;r): \u00ab\u00a0Pourquoi tu ne te transformerais pas en personnage bouffon, scandaleux et provocateur, avec les m&oelig;urs \u00e0 mesure, affich\u00e9s, qui va pervertir, pourrir et abaisser le milieu o&ugrave; tu vas \u00e9voluer, et tu en deviendras le roi, tu sera le facteur de la d\u00e9cadence et de la d\u00e9composition de ce milieu qui n&rsquo;attend que \u00e7a, tu seras le roi de Paris&#8230;\u00a0\u00bb Et Gainsbourg qui r\u00e9pond : \u00ab\u00a0Apr\u00e8s tout, pourquoi pas&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; &#8230;<em>Ensuite, on a l&rsquo;impression que Gainsbourg tra&icirc;ne cet engagement, ce choix, ce p\u00e9ch\u00e9 originel de sa vie d&rsquo;adulte, dont il serait prisonnier, et l&rsquo;on en vient \u00e0 consid\u00e9rer que ses cigarettes, son alcoolisme, ses aventures diverses, sa provocation finalement \u00e9puisante elle-m\u00eame, sont une forme de suicide pour se lib\u00e9rer, parce qu&rsquo;il prisonnier pour toute sa vie d&rsquo;un pacte faustien<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>DC <\/em><\/strong>: &laquo; <em>Ce que tu \u00e9cris me fait en outre penser \u00e0 l&rsquo;article \u00e9tonnant de Gu\u00e9non \u00ab\u00a0Folie apparente et sagesse cach\u00e9e\u00a0\u00bb, qui, toutes proportions gard\u00e9es, semble se rapporter \u00e0 des cas analogues existant dans certains contextes traditionnels. Il cite ainsi Vladimir Lossky qui rapporte que \u00ab\u00a0l&rsquo;hagiographie orientale conna&icirc;t des voies de sanctification \u00e9tranges ou insolites, comme celle des &lsquo;fous en Christ&rsquo;, commettant des actes extravagants pour cacher leur dons spirituels aux yeux de l&rsquo;entourage sous l&rsquo;apparence hideuse de la folie, ou plut\u00f4t pour se lib\u00e9rer des liens de ce monde dans leur expression la plus intime et la plus g\u00eanante pour l&rsquo;esprit, celle de notre &lsquo;moi social'\u00a0\u00bb. Gu\u00e9non, \u00e9voquant les dangers psychiques inh\u00e9rents \u00e0 de telles m\u00e9thodes, ajoute le cas des &lsquo;maj\u00e2dh&icirc;b&rsquo; qui, en Islam, seraient les \u00e9quivalent des &lsquo;fous en Christ&rsquo;, \u00e0 ceci pr\u00e8s \u00ab\u00a0qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit plus ici de simulation&#8230; La majd&ucirc;b appartient normalement \u00e0 une tar&icirc;kah, et, par cons\u00e9quent, il a suivi une voie initiatique, au moins dans ses premiers stades&#8230; Mais, \u00e0 un certain moment, il s&rsquo;est exerc\u00e9 sur lui, du c\u00f4t\u00e9 spirituel, une &lsquo;attraction&rsquo; (jadhab) qui, faute d&rsquo;une pr\u00e9paration ad\u00e9quate et d&rsquo;une attitude suffisamment &lsquo;active&rsquo;, a provoqu\u00e9 un d\u00e9s\u00e9quilibre et comme une &lsquo;scission&rsquo;, pourrait-on dire, entre les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments de son \u00eatre. La partie sup\u00e9rieure, au lieu d&rsquo;entra&icirc;ner avec elle la partie inf\u00e9rieure et de la faire participer dans la mesure du possible \u00e0 son propre d\u00e9veloppement s&rsquo;en d\u00e9tache au contraire et la laisse pour ainsi dire en arri\u00e8re; et il ne peut r\u00e9sulter de l\u00e0 qu&rsquo;une r\u00e9alisation fragmentaire et plus ou moins d\u00e9sordonn\u00e9e\u00a0\u00bb. <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Ces remarques (qui doivent \u00e9videmment faire \u00e9cho chez toi) se rapportent \u00e9videmment bien plus \u00e0 un Raspoutine ou un Sabbata\u00ef Tsevi (tous deux ayant suivi un v\u00e9ritable cheminement spirituel dont ils ont d\u00e9vi\u00e9) qu&rsquo;\u00e0 un Gainsbourg, mais je pense que le g\u00e9nie relatif de ce dernier (tout de m\u00eame sup\u00e9rieur \u00e0 celle de la moyenne des bouffons du show biz) et la d\u00e9ch\u00e9ance profonde et authentique portent la marque des certaines \u00ab\u00a0aspirations\u00a0\u00bb qui, pour une raison ou une autre, n&rsquo;ont pu \u00eatre satisfaites. Un tel personnage est \u00e9videmment riche d&rsquo;enseignements psychologiques et peut-\u00eatre m\u00eame spirituels. L&rsquo;un des plus profonds adages m\u00e9di\u00e9vaux ne dit-il pas que (seule) la corruption du meilleur engendre le pire (corruptio optima pessima est)?<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Finalement, <em>Requiem pour un con<\/em> pourrait bien \u00eatre une &oelig;uvre h\u00e9ro\u00efque qui s&rsquo;adresserait \u00e0 notre \u00e9poque, au \u00ab\u00a0dernier homme\u00a0\u00bb, au zombie qui peuple notre terrible univers, \u00e0 l&rsquo;homme trahi par lui-m\u00eame&#8230; Question pos\u00e9e, sans pr\u00e9cipitation, parce que notre \u00e9poque nous y invite sans s&rsquo;en cacher en rien : cettechanson et le film qui l&rsquo;enchasse, qui sortent en mars 1968, ne sont-ils plus significatifs que l&rsquo;\u00e9norme R\u00e9volution-bouffe qui se pr\u00e9pare ? <strong>Pour la signification haute, je pr\u00e9f\u00e8re <em><strong>Re<\/strong>quiem pour un con <\/em>et <em>Le Pacha <\/em>\u00e0 Mai-68.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Note<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>Effectivement de notre <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Requiem_pour_un_con\"><em>Wikip\u00e9dia<\/em><\/a> globalis\u00e9, qui n&rsquo;a sans doute pas d&ucirc; s&rsquo;autocensurer-Syst\u00e8me pour celle-l\u00e0, cette explication compl\u00e9mentaire qui nous renvoie avec cette chanson, autre symbole, \u00e0 la symphonie de Dvorak, dite <em>du Nouveau Monde <\/em>dont on sait le r\u00f4le fondamental jou\u00e9 vis-\u00e0-vis du Syst\u00e8me et dans notre Crise G\u00e9n\u00e9rale : &laquo; <em>La <\/em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/M%C3%A9lodie_(succession_de_hauteurs)\"><em>m\u00e9lodie<\/em><\/a><em> de cette chanson reprend (de mani\u00e8re tr\u00e8s personnelle et un peu orn\u00e9e) un th\u00e8me \u00e9crit par <\/em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Anton%C3%ADn_Dvo%C5%99%C3%A1k\"><em>Antonin Dvorak<\/em><\/a><em> comme premier motif du quatri\u00e8me et dernier mouvement de sa <\/em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Symphonie_n%C2%B0_9_de_Dvo%C5%99%C3%A1k\"><em>Symphonie n&deg; 9 en mi mineur , dite \u00ab\u00a0du Nouveau Monde\u00a0\u00bb<\/em><\/a><em>, B. 178 (op. 95, 1893). Elle est notamment interpr\u00e9t\u00e9e dans le film <\/em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Le_Pacha_(film,_1968)\"><em>Le Pacha<\/em><\/a><em> (1968), de <\/em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Georges_Lautner\"><em>Georges Lautner<\/em><\/a><em>, dans lequel Serge Gainsbourg fait une apparition dans son propre r\u00f4le, en studio d&rsquo;enregistrement.<\/em> &raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Re-quiem-pour-un-con 9 septembre 2016 &ndash; J&rsquo;avoue, il m&rsquo;a bien eu, ce Gainsbourg&#8230; J&rsquo;ai lu plusieurs textes qui feraient bien l&rsquo;affaire, je dirais m\u00eame qu&rsquo;il y a une foison \u00e0 faire tourner la t\u00eate ; par exemple, lu hier de Peter Beinart ce texte de The Atlantic (num\u00e9ro d&rsquo;octobre), o&ugrave; l&rsquo;auteur ne comprend pas une minute,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[25],"tags":[17744,2688,17741,10613,17743,2711,17742],"class_list":["post-76765","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-amiens","tag-gabin","tag-gainsbourg","tag-hiver","tag-lautner","tag-le","tag-pacha"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76765","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76765"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76765\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76765"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76765"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76765"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}