{"id":76777,"date":"2016-09-15T10:14:24","date_gmt":"2016-09-15T10:14:24","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/09\/15\/le-vicomte-de-bonald-et-la-tradition-bafouee\/"},"modified":"2016-09-15T10:14:24","modified_gmt":"2016-09-15T10:14:24","slug":"le-vicomte-de-bonald-et-la-tradition-bafouee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/09\/15\/le-vicomte-de-bonald-et-la-tradition-bafouee\/","title":{"rendered":"Le Vicomte de Bonald et la Tradition bafou\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Le Vicomte de Bonald et la Tradition bafou\u00e9e<\/h2>\n<\/p>\n<p><p><em>L<\/em>e vicomte de Bonald est certainement plus que Maurras le fondateur de la r\u00e9volution conservatrice en France, <strong>le th\u00e9oricien de la restauration intelligente<\/strong>. Point compromis par les exc\u00e8s verbaux du journalisme, il n&rsquo;a pas non plus le fondamentalisme un peu vain de Joseph de Maistre, beaucoup plus \u00e0 la mode. Il lui a manqu\u00e9 sans doute un vulgarisateur reconnu pour d\u00e9plier les recoins de sa vaste et encyclop\u00e9dique pens\u00e9e, et en d\u00e9rouler les fils de la subtile simplicit\u00e9., <em>archive.org<\/em> m&rsquo;a permis de lire ou de relire les dix-sept volumes de ses &oelig;uvres compl\u00e8tes. Je me contente de donner \u00e0 mes lecteurs un avant-go&ucirc;t de son style et de son esprit car ce th\u00e9oricien pr\u00e9sum\u00e9 obscur et peu frondeur est un r\u00e9gal pour les sens et la sensibilit\u00e9. J&rsquo;en laisse juges mes lecteurs en les invitant \u00e0 partager les r\u00e9flexions de ce grand esprit toujours ignor\u00e9 et jamais oubli\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et pour \u00e9crire comme C\u00e9line, je lui trouve un succulent g\u00e9nie libertarien pour le coup moi au vicomte. M\u00e9canisation, bureaucratie, fiscalit\u00e9, sans oublier les beaux esprits. Futur et Fin de ce monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voyez cette premi\u00e8re phrase qui r\u00e9sume en deux lignes de concision efficiente toute l&rsquo;entropie de ce monde dit moderne :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>En France, on a substitu\u00e9 moralit\u00e9 \u00e0 morale, en Allemagne, religiosit\u00e9 \u00e0 religion; partout, honn\u00eatet\u00e9 \u00e0 vertu. C&rsquo;est \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame chose que le cr\u00e9dit substitu\u00e9 \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230; Ceci nous ram\u00e8ne \u00e0 la constitution de l&rsquo;Angleterre, o&ugrave; il n&rsquo;y a pas de corps de noblesse destin\u00e9e \u00e0 servir le pouvoir, mais un patriciat destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exercer. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Que s&rsquo;est-il donc pass\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9, qu&rsquo;on ne puisse plus faire aller qu&rsquo;\u00e0 force de bras une machine d\u00e9mont\u00e9e qui allait autrefois toute seule, sans bruit et sans effort ? &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> Ils deviennent cr\u00e9dules en cessant d&rsquo;\u00eatre croyants, comme ils deviennent esclaves d\u00e8s qu&rsquo;ils cessent d&rsquo;\u00eatre sujets.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Il y a des hommes qui, par leurs sentiments, appartiennent au temps pass\u00e9, et par leurs pens\u00e9es \u00e0 l&rsquo;avenir. Ceux-l\u00e0 trouvent difficilement leur place dans le pr\u00e9sent.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a name=\"suite\"><\/a>&laquo; J&rsquo;aime, dans un Etat, une constitution qui se soutienne toute seule, et qu&rsquo;il ne faille pas toujours d\u00e9fendre et toujours conserver. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> La soci\u00e9t\u00e9 finit, elle n&rsquo;a plus d&rsquo;avenir \u00e0 attendre<\/strong>, parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a plus de pass\u00e9 \u00e0 rappeler, et que l&rsquo;avenir ne doit \u00eatre que la combinaison du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Rome :<strong> quand la d\u00e9mocratie eut pris le dessus, cette soci\u00e9t\u00e9 chercha un chef, comme elles le cherchent toutes, et ne rencontra que des tyrans.<\/strong> <strong>Ce peuple,<\/strong> admirable dans ses premiers temps, fait piti\u00e9 sous ses tribuns, horreur sous ses triumvirs, et, <strong>soumis \u00e0 ses empereurs, n&rsquo;excite plus que m\u00e9pris et d\u00e9go&ucirc;t.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le tutoiement s&rsquo;est retranch\u00e9 dans la famille ; et apr\u00e8s avoir tutoy\u00e9 tout le monde, on ne tutoie plus que ses p\u00e8re et m\u00e8re. <strong>Cet usage met toute la maison \u00e0 l&rsquo;aise : il dispense les parents d&rsquo;autorit\u00e9 et les enfants de respect.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>L&rsquo;Etat qui prend trop sur les hommes et les propri\u00e9t\u00e9s de la famille, est un dissipateur qui d\u00e9vore ses capitaux.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Je crois qu&rsquo;il ne faudrait pas aujourd&rsquo;hui d&rsquo;imp\u00f4t foncier chez un peuple agricole, mais seulement des imp\u00f4ts indirects. L&rsquo;Etat qui impose la terre, prend sur son capital ; quand il impose les consommations, il vit de son revenu. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Partout o&ugrave; il y a beaucoup de machines pour remplacer les hommes, il y aura beaucoup d&rsquo;hommes qui ne seront que des machines.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>La disposition \u00e0 inventer des machines <\/strong>qui ex\u00e9cutent le plus de travail possible avec le moins de d\u00e9pense d&rsquo;intelligence de la part de l&rsquo;ouvrier,<strong> s&rsquo;est \u00e9tendue aux choses morales.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le juge lui-m\u00eame, au criminel, est une machine qui ouvre un livre, et marque du doigt la m\u00eame peine pour des crimes souvent fort in\u00e9gaux ; et <strong>les bureaux ne sont aussi que des machines d&rsquo;administration<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>L&rsquo;\u00e9cole de Bonaparte a pu former quelques administrateurs, mais elle ne pouvait pas faire des hommes d&rsquo;Etat.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Bonaparte avait \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 d&#8217;employer une <strong>force excessive dans son administration, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y en avait aucune dans sa constitution<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> Les sauvages ne d\u00e9truiront que la r\u00e9colte d&rsquo;une ann\u00e9e, les beaux esprits m&rsquo;enl\u00e8vent la propri\u00e9t\u00e9 m\u00eame du fonds.<\/strong> Les uns insultent mon cadavre, les autres poursuivent ma m\u00e9moire ; <strong>je ne vois de progr\u00e8s que dans les moyens de nuire<\/strong>, et le plus sauvage est celui qui fait le plus de mal. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Toute la science de la politique se r\u00e9duit aujourd&rsquo;hui \u00e0 la statistique : c&rsquo;est le triomphe et le chef-d&rsquo;oeuvre du petit esprit.<\/strong> On sait au juste (et j&rsquo;en ai vu faire la question officielle) combien dans un pays les poules font d&rsquo;oeufs, et l&rsquo;on conna&icirc;t \u00e0 fonds la mati\u00e8re imposable. Ce qu&rsquo;on conna&icirc;t le moins sont les hommes ; et ce qu&rsquo;on a tout \u00e0 fait perdu de vue, sont les principes qui fondent et maintiennent les soci\u00e9t\u00e9s. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> L&rsquo;art de l&rsquo;administration a tu\u00e9 la science du gouvernement.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Les philosophes qui se sont \u00e9lev\u00e9s avec tant d&rsquo;amertume contre ce qu&rsquo;ils ont appel\u00e9 des pr\u00e9jug\u00e9s, auraient d&ucirc; commencer par se d\u00e9faire de la langue<\/strong> elle-m\u00eame dans laquelle ils \u00e9crivaient ; car elle est le premier de nos pr\u00e9jug\u00e9s, et il renferme tous les autres. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> Ce n&rsquo;est pas le peuple occup\u00e9 qui r\u00e9clame la souverainet\u00e9, c&rsquo;est le peuple oisif <\/strong>qui veut faire le peuple occup\u00e9 souverain malgr\u00e9 lui, pour gouverner sous son nom et vivre \u00e0 ses d\u00e9pens. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> Dans le dernier \u00e2ge<\/strong>, o&ugrave; les int\u00e9r\u00eats sont plus compliqu\u00e9s, les passions plus artificieuses et les esprits plus raffin\u00e9s, <strong>le crime est un art et presque une profession, et la fonction de le d\u00e9couvrir et de le juger doit \u00eatre une \u00e9tude.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> Toute passion qui n&rsquo;est pas celle de l&rsquo;argent des honneurs ou des plaisirs, s&rsquo;appelle aujourd&rsquo;hui fanatisme et exag\u00e9ration.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>L&rsquo;exc\u00e8s des imp\u00f4ts transporte chez les peuples chr\u00e9tiens l&rsquo;esclavage tel qu&rsquo;il existait chez les anciens<\/strong> ; car l&rsquo;esclavage n&rsquo;est, \u00e0 le bien prendre, que le travail fait tout entier au profit d&rsquo;un autre. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; Les petits talents comme les petites tailles se haussent pour para&icirc;tre grands<\/strong> ; ils sont taquins et susceptibles, et craignent toujours de n&rsquo;\u00eatre pas aper\u00e7us. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Nicolas Bonnal<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Vicomte de Bonald et la Tradition bafou\u00e9e Le vicomte de Bonald est certainement plus que Maurras le fondateur de la r\u00e9volution conservatrice en France, le th\u00e9oricien de la restauration intelligente. 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