{"id":76802,"date":"2016-09-26T16:21:19","date_gmt":"2016-09-26T16:21:19","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/09\/26\/moby-dick-mutinerie-a-bord\/"},"modified":"2016-09-26T16:21:19","modified_gmt":"2016-09-26T16:21:19","slug":"moby-dick-mutinerie-a-bord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/09\/26\/moby-dick-mutinerie-a-bord\/","title":{"rendered":"<em>Moby Dick\u00a0<\/em>? Mutinerie \u00e0 bord\u00a0!"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\"><em>Moby Dick <\/em>? Mutinerie \u00e0 bord !<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>26 septembre 2016 &ndash; Le commentaire du <em>Saker-US<\/em> que nous citions dans les <em>Notes d&rsquo;analyse<\/em> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-une-semaine-dhyperdesordre-systeme\">du 24 septembre<\/a> commen\u00e7ait par cette phrase (le soulign\u00e9 en caract\u00e8re gras est de notre fait) : &laquo; <em>Les derniers d\u00e9veloppements en Syrie ne sont pas, je pense, le r\u00e9sultat de quelque plan d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 des USA pour aider leurs alli\u00e9s \u00ab\u00a0terroristes mod\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb au sol mais le sympt\u00f4me de <strong>quelque chose de pire <\/strong>: la compl\u00e8te perte de contr\u00f4le des USA sur la situation en Syrie et, probablement, <strong>partout ailleurs<\/strong><\/em>&#8230; &raquo; Le jugement impliqu\u00e9 par l&rsquo;expression \u00ab\u00a0quelque chose de pire\u00a0\u00bb est tout \u00e0 fait justifi\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, car le d\u00e9sordre o&ugrave; est plong\u00e9e la pseudo-\u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb des USA est n\u00e9cessairement \u00ab\u00a0pire\u00a0\u00bb qu&rsquo;une politique d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e conduite avec ma&icirc;trise, f&ucirc;t-ce une politique d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie ; reste \u00e0 voir si le \u00ab\u00a0pire\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas somme toute pr\u00e9f\u00e9rable dans la mesure o&ugrave; le \u00ab\u00a0pire\u00a0\u00bb de la surpuissance en action maximale, &ndash; ce \u00e0 quoi nous assistons, &ndash; n&rsquo;est pas ce qui nous rapproche le plus de l&rsquo;autodestruction. L&rsquo;expression \u00ab\u00a0partout ailleurs\u00a0\u00bb est \u00e9galement justifi\u00e9e, mais elle le serait encore plus si l&rsquo;on pr\u00e9cisait que <strong>cette perte de contr\u00f4le a lieu aussi bien sinon encore plus \u00e0 Washington<\/strong> que dans le reste des autres situations de crise ext\u00e9rieures o&ugrave; les USA sont engag\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme nous ne cessons de l&rsquo;\u00e9crire, la pseudo-\u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb US est en fait un complet d\u00e9sordre (un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-hyperdesordre-desordre-chaos-1\">hyperd\u00e9sordre<\/a>) o&ugrave; la perte de contr\u00f4le est structurelle, quasiment constitutive de toute l&rsquo;action US. Le plus grave dans cette situation, &ndash; ou disons \u00ab\u00a0le plus important\u00a0\u00bb, pour ne pas dissimuler son aspect \u00e9ventuellement et paradoxalement positif, &ndash; c&rsquo;est que ce d\u00e9sordre et cette perte totale de contr\u00f4le touchent d&rsquo;abord et surtout le gouvernement des USA, <strong>avec la mutinerie du Pentagone qui se fait si compl\u00e8tement \u00e0 ciel ouvert que les guillemets ne sont plus n\u00e9cessaires<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La situation du Pentagon et son actuelle mutinerie ont \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet d&rsquo;une intervention r\u00e9cente du professeur Stephen F. Cohen, l&rsquo;un des rarissimes universitaires et experts aux USA qui ne soit pas hostile \u00e0 Moscou et qui d\u00e9fend au contraire une politique d&rsquo;apaisement et de coop\u00e9ration. Lors d&rsquo;une \u00e9mission-radio, vendredi soir, Cohen a qualifi\u00e9 la \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb du Pentagone, ou plus justement la mutinerie actuelle comme une tentative d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e du Pentagone de saboter toute possibilit\u00e9 de coop\u00e9ration des USA avec la Russie. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une interf\u00e9rence directe dans une dynamique op\u00e9rationnelle en cours refl\u00e9tant ce qui est (\u00e9tait ?) la politique officielle US, donc dans une circonstance dramatique o&ugrave; est en jeu la possible coop\u00e9ration ou le possible affrontement militaire direct entre les USA et la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Cohen cite comme un pr\u00e9c\u00e9dent de cette situtation, l&rsquo;affaire du U-2 abattu au-dessus de l&rsquo;URSS le 1<sup>er<\/sup> mai 1960, l&rsquo;v\u00e9nement sabotant la conf\u00e9rence des \u00ab\u00a0Quatre\u00a0\u00bb \u00e0 Paris et tout espoir de d\u00e9tente entre les USA et l&rsquo;URSS, avec l&rsquo;annulation d&rsquo;une visite d&rsquo;Eisenhower en URSS \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1960. [Voir aussi texte du <em>Journal-dde.crisis<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/su-24-etat-parallele\">26 juillet<\/a> sur les interf\u00e9rences des militaires sur la politique du gouvernement.] Bien entendu, la diff\u00e9rence entre cette r\u00e9f\u00e9rence et la situation actuelle est que l&rsquo;affaire du U-2, qui n&rsquo;\u00e9tait \u00e9videmment nullement contr\u00f4l\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;interception du U-2 par un missile sovi\u00e9tique, s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9e dans les normes du fonctionnement du gouvernement, au prix d&rsquo;une man&oelig;uvre de la CIA rest\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque dissimul\u00e9e et encore aujourd&rsquo;hui objet d&rsquo;interpr\u00e9tations divergentes. <strong>Dans le cas pr\u00e9sent, le plus important est cette affirmation non dissimul\u00e9e, \u00e0 ciel ouvert, en public, etc., de la mutinerie et du refus d&rsquo;ob\u00e9issance presque comme une situation politique qui serait reconnue comme l\u00e9gitime<\/strong>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cohen, cit\u00e9 par <em>Sputnik-News<\/em> avant-hier <a href=\"https:\/\/sputniknews.com\/politics\/20160924\/1045667838\/us-russia-syria-ceasefire-pentagon.html\">24 septembre<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230;<em>Given the fact that US warplanes knew the Deir ez-Zor region very well and that the US Department of Defense (DOD) had openly expressed its skepticism regarding the US-Russian plan on Syria, it is \u00ab\u00a0a little hard to believe\u00a0\u00bb that the attack on the Syrian Arab Army  was an \u00ab\u00a0accident,\u00a0\u00bb Professor Cohen suggested. <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>He quoted the <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2016\/09\/14\/world\/middleeast\/syria-john-kerry.html?_r=0\">New York Times editorial<\/a>, which read that \u00ab\u00a0at the Pentagon, officials would not even agree that if a cessation of violence in Syria held for seven days &mdash; the initial part of the deal &mdash; the Defense Department would put in place its part of the agreement on the eighth day.\u00a0\u00bb The editorial also referred to Carter, \u00ab\u00a0who has deep reservations about the plan for American and Russian forces to jointly target terrorist groups.\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0<em>In other words,\u00a0\u00bb Cohen noted, \u00ab\u00a0Pentagon officials refused to say whether they would obey President Obama.\u00a0\u00bb The US academic stressed that in a Constitutional democracy where the military is clearly subordinated to the civilian leadership that is extraordinary. \u00ab\u00a0We&rsquo;ve come to a point in this craziness, in this New Cold War with Russia where DOD is openly saying it may or may not obey President Obama. If DOD will say that publicly you can imagine the opposition in Washington against the Syrian deal, <\/em>[<em>US Secretary of State John<\/em>]<em> Kerry brokered with Russian Foreign Minister <\/em>[<em>Sergei<\/em>]<em> Lavrov,\u00a0\u00bb Professor Cohen highlighted. <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The professor remarked that the opposition comprises very influential figures from the Pentagon, the US State Department, both Democratic and Republican parties and the US&rsquo; mainstream media. He recalled that such a situation is not new: during the previous 40-year Cold War the US party of war had repeatedly thrown a wrench in the Russo-American d\u00e9tente. Cohen drew historical parallels between the Deir ez-Zor attack and the 1960 U-2 incident, when a US U-2 spy plane was shot down in Soviet airspace. What is remarkable about this historical episode is that it occurred while Soviet leader Nikita Khrushchev and Dwight D. Eisenhower were seeking a d\u00e9tente. The CIA-led incursion ruined the possibility of the US-Soviet rapprochement, the US professor explained<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(On peut aussi observer que les Russes commencent \u00e0 ne plus prendre des pincette et \u00e0 nommer un chat un chat, pour ce qui concerne les relations entre le Pentagone et son Commandant-en-Chef&#8230; <a href=\"https:\/\/sputniknews.com\/politics\/20160926\/1045700703\/lavrov-syria-obama.html\">Voir<\/a> et <a href=\"https:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/201609261027920570-militaires-us-desobeissance-obama-syrie\/\">entendre<\/a> Lavrov, hier sur la cha&icirc;ne russe RTV : &laquo; <em>On m&rsquo;a toujours assur\u00e9 que le chef supr\u00eame des arm\u00e9es am\u00e9ricaines Barack Obama soutenait la coop\u00e9ration avec la Russie. Il l&rsquo;a confirm\u00e9 lui-m\u00eame lors de son entrevue avec le pr\u00e9sident Poutine en Chine. Il semblerait que les militaires n&rsquo;ob\u00e9issent pas tout \u00e0 fait \u00e0 leur chef supr\u00eame<\/em>. &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ici, nous allons apporter un rappel important, qui tend \u00e0 montrer que la mutinerie du Pentagone n&rsquo;est pas accidentelle et simplement conjoncturelle, mais qu&rsquo;elle est d\u00e9j\u00e0 quasiment structurelle. Il s&rsquo;agissait de l&rsquo;annonce de la d\u00e9cision du Pentagone d&rsquo;instaurer <em>de facto<\/em> une \u00ab\u00a0zone d&rsquo;exclusion\u00a0\u00bb dans certaines zones syriennes o&ugrave; se trouvaient les \u00ab\u00a0alli\u00e9s\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0terroristes mod\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb (!), cela revenant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une <em>no-fly-zone<\/em>. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement date du 22 ao&ucirc;t, avec une d\u00e9claration du porte-parole du Pentagone, et il interf\u00e9rait compl\u00e8tement dans la politique officielle de l&rsquo;administration Obama. Daniel McAdams, du <em>Ron Paul Institute for Peace<\/em>, avait pr\u00e9sent\u00e9 la chose, le <a href=\"http:\/\/www.ronpaulinstitute.org\/archives\/peace-and-prosperity\/2016\/august\/22\/breaking-did-washington-just-declare-a-no-fly-zone-in-syria\/\">22 ao&ucirc;t 2016<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Pentagon Spokesman Peter Cook was asked numerous times in numerous ways whether this amounts to a US \u00ab\u00a0no fly zone\u00a0\u00bb over parts of Syria. His first response was vague but threatening:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0We will use our air power as needed to protect coalition forces and our partnered operations. &hellip;We advise the Syrian regime to steer clear of <\/em>[<em>certain<\/em>]<em> areas.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The policy shift was so apparent that, one-by-one, the press corps asked for clarification.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Does this mean that the US would shoot down Russian or Syrian planes if they attacked any US-backed partners even if they were engaged against Syrian government forces?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Are those \u00ab\u00a0coalition forces\u00a0\u00bb and \u00ab\u00a0partnered operations\u00a0\u00bb receiving US protection against attack from the air always in receipt of that protection, or only when they are actively engaged in military operations? What are the rules of engagement?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>There was no clear answer from the Pentagon spokesman.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Is this a &lsquo;no-fly&rsquo; zone, then,\u00a0\u00bb asked another reporter. It&rsquo;s not a \u00ab\u00a0no-fly zone\u00a0\u00bb Cook responded.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Another journalist tried to get some clarity:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>How is telling Syria not to fly in certain areas not a &lsquo;no fly&rsquo; zone?\u00a0\u00bbCall it what you will,\u00a0\u00bb Cook eventually said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Another journalist asked, <strong><u>\u00ab\u00a0<\/u>Do you think the Syrian regime has the right to fly over its own territory?\u00a0\u00bb<\/strong><\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Same answer: \u00ab\u00a0We will use our air power as needed to protect coalition forces and our partnered operations.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The anti-Russia rhetoric in Cook&rsquo;s comments was inexplicable as well. According to the Pentagon spokesman, the suffering in parts of Aleppo is not due to its <\/em><em><a href=\"http:\/\/www.zerohedge.com\/news\/2016-07-31\/jihadist-al-nusra-forces-launch-offensive-keep-assad-out-syrias-aleppo\">ongoing occupation by al-Qaeda&rsquo;s Nusra Front<\/a><\/em><em>, but rather by Russian and Syrian government attempts to expel Nusra from the city. Cook&rsquo;s explanation defied logic. Russian actions in Aleppo are&hellip;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0&hellip;only adding fuel to Syria&rsquo;s civil war and [do] nothing to degrade extremist groups, which is Russia&rsquo;s original reason for its military intervention in Syria.\u00a0\u00bbThe sentence only makes sense if one accepts the premise that al-Qaeda in Syria is not an extremist group, as it makes no sense to argue that bombing a certain group does nothing to weaken that group. Unless the Pentagon is suggesting that Russia and Syria are only bombing the civilian population, presumably for fun?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Whatever the case, this is a trial balloon. <strong>If this de facto \u00ab\u00a0no fly zone\u00a0\u00bb becomes a fact on the ground, it will be expanded beyond <\/strong><\/em><em><a href=\"http:\/\/www.moonofalabama.org\/2016\/08\/hasakah-are-us-troops-advising-kurds-to-attack-the-syrian-army-.html\"><strong>Hasakah<\/strong><\/a><\/em><strong><em> and may be a US last-ditch effort to prevent Syrian government forces, aided by Russia, from taking back Aleppo and thus breaking the back of the foreign-backed insurgency.<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>This is endgame time<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut \u00e0 notre sens faire une diff\u00e9rence entre <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-verite-de-situation-verite\">la \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb<\/a> en Syrie telle qu&rsquo;on pourrait se la figurer, ou plut\u00f4t tenter d&rsquo;en tracer la perspective \u00e0 partir de ces affirmations du Pentagon, &ndash; plus de communication que d&rsquo;application op\u00e9rationnelle, &ndash; qui constituent une illustration, une sorte de \u00ab\u00a0travail pratique\u00a0\u00bb de la mutinerie (bien que la \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb soit pulv\u00e9ris\u00e9e, selon notre analyse, ou justement parce que&#8230;) ; et, d&rsquo;autre part, l&rsquo;implicite mais consid\u00e9rable <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-verite-de-situation-verite\">v\u00e9rit\u00e9-de-situation<\/a> que nous disent ces activit\u00e9s du Pentagone, par rapport aux engagements de l&rsquo;administration Obama, et par cons\u00e9quent par rapport \u00e0 la fa\u00e7on dont l&rsquo;autorit\u00e9 de la hi\u00e9rarchie supr\u00eame est bafou\u00e9e. Ce que dit assez vaguement le porte-parole Cook, le 22 ao&ucirc;t, comme ce qui a suivi de la part du Pentagone, tout cela n&rsquo;a gu\u00e8re eu d&rsquo;effets op\u00e9rationnels ; aucun engagement entre Russes et Am\u00e9ricains n&rsquo;est (officiellement) intervenu dans l&rsquo;intervalle et l&rsquo;attaque-\u00ab\u00a0erreur\u00a0\u00bb de Deir Oz-Zoar est pr\u00e9sent\u00e9e par les militaires US comme un \u00ab\u00a0accident\u00a0\u00bb, un acte sans signification politique, donc une op\u00e9ration sans rapport avec ce qu&rsquo;on pourrait croire de la nouvelle politique-mutinerie du Pentagone, et en aucun cas un acte relevant de l&rsquo;hypoth\u00e9tique quasi-<em>no-fly-zone<\/em> annonc\u00e9e le 22 ao&ucirc;t. Tout cela est effectivement bien insuffisant pour que nous puissions d\u00e9duire quoi que ce soit de la perspective politique et militaire en Syrie, notamment la possibilit\u00e9 d&rsquo;un engagement sensationnel entre des avions de combat US et russes, et dans tous les cas une \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb sp\u00e9cifique effective du Pentagone sur une grande \u00e9chellecstrat\u00e9gique. Par contre, et l\u00e0 est bien le plus important, ces diverses interventions du Pentagone <strong>constituent bien un d\u00e9fi public \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 du pr\u00e9sident Obama, et de ce fait constituant un r\u00e9v\u00e9lateur de plus de la situation de d\u00e9sordre r\u00e9gnant \u00e0 Washington<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Pentagone est un bon exemple, parce que c&rsquo;est le Pentagone bien s&ucirc;r, mais aussi parce qu&rsquo;il se trouve, malgr\u00e9 que ce soit le Pentagone, dans une situation path\u00e9tique quant \u00e0 ses capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles. (Ce qui compte est donc bien la situation d&rsquo;influence et de communication au sein du d\u00e9sordre actuel du pouvoir \u00e0 Washington, et non pas les capacit\u00e9s r\u00e9elles, du Pentagone dans ce cas. <strong>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une bataille \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Syst\u00e8me, et nullement d&rsquo;une comp\u00e9tition de puissances avec des effets ext\u00e9rieurs<\/strong>&#8230;) Le Pentagone a, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 dit, la direction politico-militaire la plus faible qu&rsquo;il ait eue depuis de tr\u00e8s nombreuses ann\u00e9es. Selon notre exp\u00e9rience, qui implique \u00e9videmment une part importante de jugement subjectif, Ashton Carter, nomm\u00e9 comme une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/qui-veut-du-pentagone-silence-de-mort\">sorte d&rsquo;int\u00e9rimaire<\/a> entre le d\u00e9part de Hagel et la fin de l&rsquo;administration Obama apr\u00e8s une longue recherche d&rsquo;autres personnalit\u00e9s, est \u00e0 classer au niveau des plus obscurs parmi les secr\u00e9taires \u00e0 la d\u00e9fense. Le g\u00e9n\u00e9ral Dunford, par rapport \u00e0 ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, le g\u00e9n\u00e9ral Dempsey et l&rsquo;amiral Mullen, appara&icirc;t \u00e9galement comme une personnalit\u00e9 sans relief.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;arm\u00e9e elle-m\u00eame, celle qui est constitu\u00e9e selon les structures actuelles, est \u00e0 peu pr\u00e8s le contraire de ce que la publicit\u00e9 de la communication affectionne d&rsquo;en faire. L&rsquo;arm\u00e9e des USA pr\u00e9sente tous les signes de pathologies bureaucratiques incurables, \u00e0 la fois de lourdeur structurelle, de gaspillage et de corruption, d&rsquo;atomisation entre des services et des branches pl\u00e9thoriques cantonn\u00e9es dans la d\u00e9fense de leurs int\u00e9r\u00eats corporatistes. Cette situation renvoie \u00e9videmment, dans le contexte actuel qui touche \u00e0 une sorte de perfection d&rsquo;impuissance, de paralysie et d&rsquo;inefficacit\u00e9, \u00e0 la m\u00e9diocrit\u00e9 de sa direction qui est compl\u00e8tement le produit, le reflet et le miroir de la situation g\u00e9n\u00e9rale&#8230; On rappellera ici ce que nous \u00e9crivions le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/larmee-mexicaine-du-pentagone\">2 avril 2016<\/a>, \u00e0 ce propos&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>C&rsquo;est un bon signe de l&rsquo;excellente sant\u00e9 de l'\u00a0\u00bbencadrement g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb des forces arm\u00e9es US : le plus d&rsquo;\u00e9toiles possibles, comme un v\u00e9ritable ciel d&rsquo;\u00e9t\u00e9 sans nuage, sur les c\u00f4tes grecques, au milieu du d\u00e9barquement des migrants-r\u00e9fugi\u00e9s. Selon The Daily Beast, qui donne une comptabilit\u00e9 pr\u00e9cise \u00e0 cet \u00e9gard, il y a, dans la \u00ab\u00a0guerre\u00a0\u00bb (d\u00e9nomination officielle) men\u00e9e par les USA contre Daesh, actuellement, pour les 5.000 soldats US de diverses utilit\u00e9s recens\u00e9s, un g\u00e9n\u00e9ral pour tous les 416 soldats : 5.000 \u00ab\u00a0militaires\u00a0\u00bb, dont 21 g\u00e9n\u00e9raux. (L&rsquo;Irak m\u00e8ne la course : pour \u00ab\u00a0aucune force US combattante\u00a0\u00bb en Irak, selon le Pentagone, on trouve 12 g\u00e9n\u00e9raux des forces arm\u00e9es US.) Selon les chiffres officiels, le rapport est m\u00eame plus impressionnant puisque le Pentagone affirme qu&rsquo;il y a seulement 3.870 soldats affect\u00e9s \u00e0 la \u00ab\u00a0guerre\u00a0\u00bb contre Daesh, &ndash; ce qui donne un g\u00e9n\u00e9ral pour 323 soldats. (C&rsquo;est le d\u00e9compte du m\u00eame Daily Beast, qui corrige le chiffre officiel et le porte \u00e0 5.000.)<\/em> [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>L&rsquo;arm\u00e9e US est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;arm\u00e9e la plus lourde, la plus lente, la plus bureaucratis\u00e9e, la plus scl\u00e9ros\u00e9e du monde et, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, de toute l&rsquo;histoire militaire, certainement plus que l&rsquo;arm\u00e9e sovi\u00e9tique avant l&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS. Elle est aussi celle qui poss\u00e8de le budget le plus haut, sinon le plus monstrueux, d\u00e9passant tr\u00e8s largement les deux tiers de toutes les d\u00e9penses militaires du monde avec un budget r\u00e9el proche de $1.200 milliards par an (pr\u00e8s du double du budget \u00ab\u00a0officiel\u00a0\u00bb). Selon le GAO (Goverment Accountability Office) de 2013, le seul poste de l&rsquo;entretien disons \u00ab\u00a0domestique\u00a0\u00bb (nettoyage, entretien des machines distributrices de Coca-Cola, etc.) des postes de commandement g\u00e9n\u00e9raux et des quartiers-g\u00e9n\u00e9raux des forces arm\u00e9es US a doubl\u00e9 entre 2007 et 2012, pour atteindre $1,1milliard par an. En 2001, <\/em><em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-courage-de-rumsfeld-et-un-discours-historique\">la veille du 11 septembre<\/a><\/em><em>, un secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense fameux, Donald Rumsfeld, avait averti que la plus grave menace contre les &Eacute;tats-Unis, plus grave m\u00eame que l&rsquo;URSS durant la Guerre froide, se trouvait \u00eatre \u00ab\u00a0la bureaucratie du Pentagone\u00a0\u00bb. Rumsfeld est parti, la menace est bien entendu plus que jamais en train de prolif\u00e9rer<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Un \u00e9v\u00e9nement sans exemple ni pr\u00e9c\u00e9dent<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il y a donc dans cette situation que nous d\u00e9crivons deux aspects : d&rsquo;une part, le d\u00e9sordre du point de vue US, \u00e0 Washington D.C. et dans les structures US, r\u00e9gnant par cons\u00e9quent \u00e0 Washington bien plus qu&rsquo;ailleurs (sur les th\u00e9\u00e2tres ext\u00e9rieurs) o&ugrave; Washington intervient ; d&rsquo;autre part, le cas du Pentagone qui se trouve dans une situation de mutinerie d&rsquo;une ampleur et d&rsquo;un caract\u00e8re jamais vus auparavant alors qu&rsquo;aucune personnalit\u00e9 d&rsquo;autorit\u00e9 ou d&rsquo;influence n&rsquo;\u00e9merge pour donner l&rsquo;explication d&rsquo;une dynamique ou d&rsquo;une capacit\u00e9 de synergie humaines \u00e0 cette situation, alors que l&rsquo;efficacit\u00e9 op\u00e9rationnelle du monstre est \u00e0 tout le moins contestable et m\u00eame inverse \u00e0 ce qu&rsquo;on pourrait en attendre. Bien entendu, les deux aspects se compl\u00e8tent : c&rsquo;est parce qu&rsquo;il y a ceci (le d\u00e9sordre \u00e0 Washington) que cela (la mutinerie du Pentagone) est \u00ab\u00a0techniquement\u00a0\u00bb possible, selon les processus et les dynamiques ; mais c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;il y a ceci (le d\u00e9sordre) que cela (la mutinerie) est politiquement possible, selon les normes en cours \u00e0 Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le d\u00e9sordre n&rsquo;est bien entendu pas la cause de la mutinerie mais il constitue la circonstance g\u00e9n\u00e9rale qui non seulement la permet mais la favorise. En un sens, le d\u00e9sordre permet au Pentagone d&rsquo;en prendre \u00e0 son aise jusqu&rsquo;\u00e0 la mutinerie, et m\u00eame il justifie \u00e0 ses yeux m\u00eames cette libert\u00e9 qu&rsquo;il prend avec les contraintes et les n\u00e9cessit\u00e9s du Syst\u00e8me (du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme) ; plus encore, il agit ainsi, en \u00ab\u00a0prenant cette libert\u00e9\u00a0\u00bb, en estimant qu&rsquo;il agit malgr\u00e9 l&rsquo;apparence de cette transgression au profit du Syst\u00e8me. De cette fa\u00e7on, le d\u00e9sordre de Washington constitue <strong>un \u00e9v\u00e9nement politique compl\u00e8tement fondamental parce qu&rsquo;il met tout sens dessus-dessous entre les diff\u00e9rents acteurs et serviteurs du Syst\u00e8me \u00e0 ce point que l&rsquo;on ne sait plus v\u00e9ritablement dans quel sens il importe d&rsquo;agir<\/strong>. La responsabilit\u00e9 de cette situation paradoxale, o&ugrave; la mutinerie du Pentagone a lieu \u00e0 ciel ouvert sans qu&rsquo;une protestation g\u00e9n\u00e9rale ne se fasse entendre ou sentir, revient et incombe \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 supr\u00eame elle-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire au pr\u00e9sident Obama. Depuis au moins trois ou quatre ans que la Syrie est devenue un bourbier de type \u00ab\u00a0global\u00a0\u00bb, le pr\u00e9sident Obama a eu le temps, et il avait l&rsquo;autorit\u00e9 alors, d&rsquo;entreprendre cette initiative de coop\u00e9ration avec la Russie. <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/jecris-ton-nom-trahison\">En ce temps-l\u00e0<\/a>, avec un Dempsey \u00e0 la t\u00eate du JCS, avec <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-dia-et-le-premier-cercle-de-bho\">une DIA<\/a> conduite par Flynn qui ne cessait de tenter d&rsquo;avertir la Maison-Blanche du danger d&rsquo;alimenter les groupes terroristes, avec un Pentagone qui ne cessait de freiner contre toute intervention, Obama n&rsquo;aurait eu aucune peine \u00e0 affirmer son autorit\u00e9 dans le sens qu&rsquo;on sait, parce que cette autorit\u00e9 aurait pos\u00e9 un acte l\u00e9gitime ; mais, comme l&rsquo;on sait, il \u00e9tait paresseusement enferm\u00e9 dans sa \u00ab\u00a0<em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/lhyperimpuissance-us-en-mode-turbo\">narrative infranchissable<\/a><\/em>\u00ab\u00a0&#8230; Ainsi attendit-il le temps o&ugrave;, devenu pr\u00e9sident-<em>lame duck <\/em>comme on dit et ayant peupl\u00e9 le Pentagone de personnalit\u00e9s falotes, il ne fait absolument plus le poids contre le monstre d\u00e9sormais d\u00e9cha&icirc;n\u00e9 et finalement engag\u00e9 en Syrie qu&rsquo;est devenu le Pentagone. Qui t&rsquo;a fait roi, Pentagone ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans un tel contexte, l&rsquo;affaire r\u00e9v\u00e8le des proportions remarquables et exceptionnelles&#8230; Car un autre point est \u00e0 mettre en \u00e9vidence, qui donne \u00e0 la mutinerie du Pentagone un aspect compl\u00e8tement in\u00e9dit, en la faisant passer du conjoncturel au structurel : le constat, vu plus haut, que le Pentagone \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 publiquement en \u00e9tat de mutinerie le 22 ao&ucirc;t, pas moins que le 26 septembre, alors qu&rsquo;entretemps un accord de cessez-le-feu a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 (le 9 septembre) entre les USA et la Russie (Kerry et Lavrov), avec, du c\u00f4t\u00e9 US, le soutien explicite et affirm\u00e9 du pr\u00e9sident Obama. <strong>Cet \u00e9v\u00e9nement solennel et significatif r\u00e9affirmant l&rsquo;autorit\u00e9 supr\u00eame du pr\u00e9sident (le soutien d&rsquo;Obama) n&rsquo;a en rien modifi\u00e9 l&rsquo;attitude du Pentagone : le pouvoir supr\u00eame s&rsquo;est affirm\u00e9, le mutin a proclam\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;en tenait aucun compte<\/strong>. (L\u00e0 encore et toujours, nous parlons de la situation des rapports des pouvoirs, et nullement de la situation \u00ab\u00a0sur le terrain\u00a0\u00bb en Syrie. La mutinerie, c&rsquo;est Washington ; la Syrie, c&rsquo;est d&rsquo;une <em>narrative<\/em> \u00e0 l&rsquo;autre pour tenter de dissimuler la d\u00e9b\u00e2cle US&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Cette affirmation structurelle est extr\u00eamement importante, selon notre perception. Elle implique que la mutinerie n&rsquo;est en rien un accident, ni une mati\u00e8re fortuite et marginale, mais bien une position fondamentale, une attitude qui pr\u00e9tendrait red\u00e9finir enti\u00e8rement la position et la dynamique du Pentagone, et <strong>essentiellement son droit de regard sur la politique ext\u00e9rieure des USA, avec l&rsquo;affirmation implicite de pouvoir la refuser, de la modifier selon son point de vue, ses int\u00e9r\u00eats et ses conceptions<\/strong>. Il est \u00e9vident qu&rsquo;une telle situation, m\u00eame \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Syst\u00e8me et m\u00eame si tout le monde est complice, ne pourra \u00eatre accept\u00e9e par l&rsquo;autorit\u00e9s supr\u00eame, au risque, dans le cas contraire, de bouleverser dramatiquement l&rsquo;\u00e9quilibre de l&rsquo;ensemble, du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. Cela ne concerne en rien Obama, qui est en fin de parcours, mais la personne qui lui succ\u00e9dera, qu&rsquo;elle soit de sexe masculin ou de sexe f\u00e9minin, &ndash; effectivement, aussi bien pour Hillary, &ndash; parce que c&rsquo;est une question de fonctionnement structurel et nullement une question de simple option politique. <strong>Autrement dit, il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation potentielle de crise institutionnelle, cadeau d&rsquo;adieu d&rsquo;Obama au syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme et \u00e0 son successeur, &ndash; bref, cette mutinerie est sans exemple ni pr\u00e9c\u00e9dent<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>(Il est temps \u00e0 ce point de noter qu&rsquo;il y a d\u00e9j\u00e0 eu des \u00ab\u00a0mutineries\u00a0\u00bb au Pentagone, mais jamais de semblables. [Comme on a vu plus haut, nous \u00e9cartons de cette analogie d&rsquo;autres exemples d&rsquo;interf\u00e9rences ponctuelles qui ne sont en rien des \u00ab\u00a0mutineries\u00a0\u00bb, comme l&rsquo;affaire du U-2 abattu le 1<sup>er<\/sup> mai 1960 au-dessus de l&rsquo;URSS.] Il y eut des \u00ab\u00a0mutineries\u00a0\u00bb comme \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/une-revolte-des-amiraux\">la r\u00e9volte des amiraux<\/a>\u00a0\u00bb <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Revolt_of_the_Admirals\">en 1949<\/a> ou <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/mark-perry-four-stars\">la crise du JCS<\/a> durant la guerre du Vietnam ; mais elles restaient dissimul\u00e9es et ne d\u00e9fiaient pas ouvertement l&rsquo;autorit\u00e9, et encore moins l&rsquo;autorit\u00e9 supr\u00eame ; elles avaient du sens du point de vue bureaucratique et poursuivaient un but strat\u00e9gique coh\u00e9rent concernant les structures du Pentagone ou sa politique interne. [Lorsqu&rsquo;elle d\u00e9fiait l&rsquo;autorit\u00e9 supr\u00eame publiquement, elle \u00e9tait alors le fait de personnalit\u00e9s pr\u00e9cises et la mutinerie devenait aussit\u00f4t conflit ouvert et crise et se r\u00e9solvait tr\u00e8s vite au profit de l&rsquo;autorit\u00e9 supr\u00eame : le cas de MacArthur contre Truman en 1952.] Il n&rsquo;y a jamais rien eu de semblable \u00e0 ce qui se passe aujourd&rsquo;hui, o&ugrave; le Pentagone veut directement interf\u00e9rer sur la politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale qui est normalement l&rsquo;apanage du d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat dans son application op\u00e9rationnelle, tandis que son sens et son orientation \u00e9manent du pr\u00e9sident lui-m\u00eame.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais voyons plus large, maintenant&#8230; Ainsi trouve-t-on en effet, tous comptes faits et tous les n&oelig;uds d&rsquo;explication classique d\u00e9nou\u00e9s, une situation qu&rsquo;on peut juger, soit \u00e9trange, soit r\u00e9v\u00e9latrice, d&rsquo;une \u00e9norme entit\u00e9, <strong>d&rsquo;une sorte d&rsquo;\u00e9gr\u00e9gore (lors de son mandat 1997-2001, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Cohen surnomma le Pentagone <em>Moby Dick<\/em>), dirig\u00e9e par des personnalit\u00e9s effac\u00e9es sinon m\u00e9diocres, et prenant une position extr\u00eamement affirm\u00e9e de mutinerie vis-\u00e0-vis du pouvoir supr\u00eame<\/strong>. Qui plus est, cette posture extraordinaire est affirm\u00e9e pour tenter de poursuivre et d&rsquo;aggraver une lutte (en Syrie, contre Assad et la Russie avec l&rsquo;aide de groupes terroristes bien connus) dont le b\u00e9n\u00e9fice strat\u00e9gique est compl\u00e8tement incompr\u00e9hensible du point de vue du Pentagone, dans tous les cas de son point de vue lorsque des personnalit\u00e9s (des \u00ab\u00a0personnes humaines\u00a0\u00bb) marquantes se trouvaient \u00e0 sa t\u00eate. <strong>En effet, le Pentagone s&rsquo;est toujours fermement gard\u00e9 des emportements <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/deluge-biblique-et-affectivisme-postmoderne\">du type de l&rsquo;affectivisme<\/a><\/strong>, qui marquent notamment l&rsquo;activisme de personnalit\u00e9s lib\u00e9rales-activistes (type-R2P) telles St\u00e9phanie Power et Hillary Clinton, qui ont conduit \u00e0 cette position de communication compl\u00e8tement id\u00e9ologis\u00e9e du \u00ab\u00a0<em>Assad Must Go<\/em>\u00ab\u00a0. Dans tous les cas, <em>Moby Dick<\/em> n&rsquo;a certainement pas besoin de cette affirmation d&rsquo;extr\u00e9misme pour maintenir son statut, pour poursuivre des conflits que le pouvoir civil favorise depuis 9\/11, pour d\u00e9velopper ses programmes monstrueux et recevoir son budget gargantuesque, bref pour justifier son existence dans tous ses exc\u00e8s mais dans le cadre constitutionnel du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Le motif de la position de mutinerie du Pentagone appara&icirc;trait-il alors comme le fruit du simple <em>hybris<\/em>, du refus complet de reconnaissance d&rsquo;une puissance pouvant figurer \u00e0 parit\u00e9, etc., comme dans le cas d&rsquo;une possible coop\u00e9ration avec les forces russes ? Au niveau de <em>sapiens<\/em> du type Carter-Dunford, c&rsquo;est possible, selon l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une <em>hybris<\/em> de type bureaucratique, d&rsquo;un type fort grossier, comme on en rencontre beaucoup dans les grands organismes du bloc-BAO ; <strong>mais cela para&icirc;t \u00e9videmment bien insuffisant<\/strong> pour \u00e0 la fois expliquer et justifier une telle mutinerie d&rsquo;une telle puissance, justement parce que ces personnalit\u00e9s sont m\u00e9diocres et ont une influence \u00e0 mesure. <strong>Carter-Dunford sont plut\u00f4t des pantins, comme les autres g\u00e9n\u00e9raux du th\u00e9\u00e2tre, qui sont anim\u00e9s par une force qui les d\u00e9passe et les emporte.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au-del\u00e0, il est manifeste qu&rsquo;on retrouve alors la pouss\u00e9e de surpuissance propre au Syst\u00e8me et aux forces qui l&rsquo;animent, qui n&rsquo;a nul besoin de strat\u00e9gie coh\u00e9rente, ni m\u00eame de la plus petite lumi\u00e8re d&rsquo;intelligence, pour se d\u00e9ployer avec toute son \u00e9nergie possible. Ce qui se passe au Pentagone <strong>aujourd&rsquo;hui renvoie directement \u00e0 la dynamique du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-systeme\">Syst\u00e8me tel que nous l&rsquo;entendons<\/a>, dans toute son ampleur et sa ph\u00e9nom\u00e9nologie m\u00e9tahistorique<\/strong>. Ainsi la crise de la mutinerie du Pentagone sort-elle de son contexte washingtonien et bureaucratique, pour s&rsquo;affirmer comme <strong>un signe exceptionnellement puissant et significatif de la crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me<\/strong>, compl\u00e8tement au niveau m\u00e9tahistorique. C&rsquo;est \u00e9videmment dans cette voie qu&rsquo;il importe de l&rsquo;observer avec attention, de la suivre et, peut-\u00eatre, d&rsquo;en attendre des effets remarquables et extraordinaires.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Moby Dick ? Mutinerie \u00e0 bord ! 26 septembre 2016 &ndash; Le commentaire du Saker-US que nous citions dans les Notes d&rsquo;analyse du 24 septembre commen\u00e7ait par cette phrase (le soulign\u00e9 en caract\u00e8re gras est de notre fait) : &laquo; Les derniers d\u00e9veloppements en Syrie ne sont pas, je pense, le r\u00e9sultat de quelque plan&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[11719,3643,3089,17782,12797,2830,3096,17163,8798,8166,3867,11776,12538],"class_list":["post-76802","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-11719","tag-carter","tag-cohen","tag-dobeissance","tag-dunford","tag-lavrov","tag-mai","tag-no-fly-zone","tag-refus","tag-stephen","tag-syrie","tag-u-2","tag-usa-2016"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76802","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76802"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76802\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76802"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76802"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76802"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}