{"id":76805,"date":"2016-09-28T18:22:28","date_gmt":"2016-09-28T18:22:28","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/09\/28\/il-a-perdu-donc-il-a-gagne\/"},"modified":"2016-09-28T18:22:28","modified_gmt":"2016-09-28T18:22:28","slug":"il-a-perdu-donc-il-a-gagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/09\/28\/il-a-perdu-donc-il-a-gagne\/","title":{"rendered":"Il a perdu, donc il a gagn\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Il a perdu, donc il a gagn\u00e9<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il fallait tout de m\u00eame se sortir de ce fameux d\u00e9bat en avan\u00e7ant une hypoth\u00e8se sur le \u00ab\u00a0qui-a-perdu-qui-a-gagn\u00e9\u00a0\u00bb, tout en ne sombrant pas dans l&rsquo;un des nombreux pi\u00e8ges de <em>narrative<\/em>, qu&rsquo;on  soit pour l&rsquo;un ou pour l&rsquo;autre. Il fallait tout de m\u00eame sortir quelque chose de cet \u00e9v\u00e9nement colossal qui, en lui-m\u00eame, de par lui-m\u00eame et r\u00e9duit \u00e0 ses effets directs, d\u00e9taill\u00e9 \u00e0 ses seules circonstances, nous rappelait qu&rsquo;une montagne peut toujours nous menacer d&rsquo;accoucher d&rsquo;une souris. Il fallait trouver ce par quoi ces apparences restent tout de m\u00eame trompeuses, puisque par ailleurs l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement a \u00e9t\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/vanite-du-debat-et-puissance-du-bruit-de-fond\">per\u00e7u et restitu\u00e9<\/a> comme \u00ab\u00a0colossal\u00a0\u00bb par la dynamique populaire. C&rsquo;est Scott Adams qui vint nous tirer de ce mauvais pas&#8230; L&rsquo;original et jamais inint\u00e9ressant Scott Adams.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela fait autour de six semaines (premi\u00e8re citation d&rsquo;importance le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/elections-dans-une-pochette-surprise\">17 ao&ucirc;t<\/a>) que le dessinateur de bandes dessin\u00e9es Scott Adams, cr\u00e9ateur du personnage \u00ab\u00a0<em>Dilbert<\/em>\u00a0\u00bb fameux aux USA comme caricature du cadre d&rsquo;entreprise, figure parmi nos r\u00e9f\u00e9rences assez coutumi\u00e8res dans l&rsquo;entreprise de suivre la campagne au plus pr\u00e8s et d&rsquo;un &oelig;il qu&rsquo;on esp\u00e8re bien ouvert et sans peur ni reproche. Scott Adams n&rsquo;est ni pour Clinton, ni pour Trump. Il avoue pourtant, sans s&rsquo;attarder sur les circonstances, dire plus volontiers qu&rsquo;il vote pour Hillary que pour Trump parce que, dans le milieu o&ugrave; il \u00e9volue, c&rsquo;est meilleur pour sa s\u00e9curit\u00e9. Par contre, il est \u00e9vident qu&rsquo;Adams est extr\u00eamement int\u00e9ress\u00e9, voire fascin\u00e9 par ce qu&rsquo;il per\u00e7oit de Donald Trump, surtout le ph\u00e9nom\u00e8ne en soi que repr\u00e9sente cette candidature au nom du parti r\u00e9publicain, du point de vue de la communication, de la capacit\u00e9 de persuasions qu&rsquo;il (Trump) g\u00e9n\u00e8re. (Voir encore <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/grand-persuadeur-etamerican-gorbatchev\">le 20 septembre<\/a>, o&ugrave; nous reprenions d\u00e9j\u00e0 un texte d&rsquo;Adams sur Trump, justement sur ce point de Donald Trump consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab\u00a0Grand Persuadeur\u00a0\u00bb.)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Ainsi, parce qu&rsquo;il n&rsquo;est jamais mieux \u00e0 son aise que dans le paradoxe, et pour nous-m\u00eames en gardant \u00e0 l&rsquo;esprit que cela ne lui a pas mal r\u00e9ussi jusqu&rsquo;ici, Adams pr\u00e9sente-t-il le sch\u00e9ma suivant : <strong>c&rsquo;est Clinton qui a, p\u00e9niblement, gagn\u00e9 le d\u00e9bat (\u00ab\u00a0aux points\u00a0\u00bb) ; mais c&rsquo;est Trump qui, au soir du 26 septembre, a remport\u00e9 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle 2016..<\/strong>. L&rsquo;argument est assez simple et, une fois expos\u00e9, affiche une r\u00e9elle logique d&rsquo;effets compens\u00e9s et renvers\u00e9s, et d&rsquo;appr\u00e9ciations paradoxales o&ugrave; l&rsquo;objectivit\u00e9 d&rsquo;une situation se r\u00e9v\u00e8le au travers des nuances de diverses subjectivit\u00e9s&#8230; &laquo; <em>S&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une comp\u00e9tition acad\u00e9mique, Clinton serait d\u00e9clar\u00e9e victorieuse. Je baptiserais cela la victoire en 2D sur un \u00e9chiquier. Mais les \u00e9lecteurs se fichent bien des faits et du style. Ils sont sensibles \u00e0 ce qu&rsquo;ils sentent. Parlons un peu de cela<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Du point de vue de la perception et pour ce qui concerne Clinton, qu&rsquo;a donc \u00ab\u00a0vu\u00a0\u00bb Scott Adams ? Une candidate qui a appris sa le\u00e7on, qui la ma&icirc;trise mais dans un genre qu&rsquo;on trouve vite robotis\u00e9, avec ce sourire ind\u00e9collable, fig\u00e9 sur son visage, pr\u00e9sent d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s g\u00eanante jusqu&rsquo;\u00e0 des moments o&ugrave; il aurait fallu montrer quelque gravit\u00e9 en fonction du chapitre de sa feuille de route qu&rsquo;elle abordait ; <strong>ce qui nous conduit \u00e0 cette cat\u00e9gorie assez rare du \u00ab\u00a0sourire sinistre\u00a0\u00bb<\/strong> (\u00ab\u00a0<em>creepy<\/em>\u00ab\u00a0, dit Adams, et il r\u00e9p\u00e8te deux fois le mot) : &laquo; [U]<em>n sourire qui semblait forc\u00e9, artificiel, et pour tout dire sinistre&#8230; <\/em>&raquo; Adams en vient donc tr\u00e8s rapidement \u00e0 d\u00e9velopper le soup\u00e7on g\u00e9n\u00e9ral qui flotte dans le public depuis la c\u00e9r\u00e9monie du 11 septembre et l'\u00a0\u00bbaccident de sant\u00e9\u00a0\u00bb. Il d\u00e9termine ais\u00e9ment, conduit en cela par sa pose fig\u00e9e, qu&rsquo;Hillary avait &laquo; <em>l&rsquo;allure de quelqu&rsquo;un \u00e0 qui les docteurs ont administr\u00e9 90 minutes de bonne forme apparente, juste pour cet \u00e9v\u00e9nement <\/em>&raquo;. Bref, <strong>quelqu&rsquo;un qui fait peur, qui effraie, par ce qu&rsquo;on peut d\u00e9sormais supposer de son \u00e9tat de sant\u00e9 r\u00e9el et de tous les \u00e9quilibres qui vont avec par rapport \u00e0 ce que la fonction pr\u00e9sidentielle r\u00e9clame<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le soup\u00e7on de la mauvaise sant\u00e9, de la fragilit\u00e9 physique et psychologique, est d\u00e9sormais le plus terrible handicap de Clinton : une victoire \u00ab\u00a0aux points\u00a0\u00bb dans ces conditions prendrait vite des allures de sursis si Clinton poursuit sa campagne au rythme qu&rsquo;elle a eu jusqu&rsquo;ici, tr\u00e8s mesur\u00e9, tr\u00e8s contenu, comme l&rsquo;on fait pour une personne qu&rsquo;on veut m\u00e9nager dans l&rsquo;espoir qu&rsquo;elle saura avoir l&rsquo;apparence de tenir la distance. Tout se passe, dans cette interpr\u00e9tation, comme si Hillary Clinton faisait sa campagne pr\u00e9sidentielle dans une ambulance qu&rsquo;on essaierait de faire passer pour une puissante et surtout souriante limousine pr\u00e9sidentielle&#8230; Si Adams nous restitue la bonne impression et s&rsquo;il est effectivement confort\u00e9 par la campagne de Clinton se poursuivant au rythme \u00e9tabli ces derni\u00e8res semaines, <strong>on voit mal ce qui pourrait modifier la posture d&rsquo;Hillary Clinton, et par cons\u00e9quent la courbe n\u00e9gative dans laquelle elle s&rsquo;est trouv\u00e9e emprisonn\u00e9e depuis cette fameuse semaine du 11 septembre.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Adams estime sans nul doute que Trump a \u00e9t\u00e9 moins bon qu&rsquo;il aurait pu \u00eatre. Il (Trump) a pr\u00e9sent\u00e9 son programme d&rsquo;une fa\u00e7on acceptable, sans exc\u00e8s, mais il s&rsquo;est surtout fait remarquer par une certaine absence d&rsquo;agressivit\u00e9, par une retenue inhabituelle. Il a laiss\u00e9 passer des occasions de reprendre tel ou tel th\u00e8me, pour placer Clinton dans une position d\u00e9licate. Ainsi perdit-il ce d\u00e9bat, selon Adams, et gagna-t-il la plus grande chance de remporter l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle ; <strong>parce qu&rsquo;en se conduisant comme il l&rsquo;a fait, il a paru aussi bien contr\u00f4ler son comportement et \u00e9carter ce qui a \u00e9t\u00e9 depuis l&rsquo;origine le point central de l&rsquo;attaque de Clinton contre lui<\/strong> : un temp\u00e9rament explosif, une absence de contr\u00f4le de soi-m\u00eame qui le rendrait inapte \u00e0 assurer la conduite des USA, quelque chose dans sa conduite qui ferait peur aux \u00e9lecteurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Trump r\u00e9alisa exactement cela &#8230; en perdant le d\u00e9bat. Trump fut sur la d\u00e9fensive, il fut timor\u00e9 et retenu sur nombre de points mais il ne parut \u00e0 aucun moment effrayant ou terrifiant. Des experts ont not\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9vita volontairement de lancer ses attaques les plus vives sur les scandales de Bill Clinton. En d&rsquo;autres mots, il montra qu&rsquo;il se contr\u00f4lait. Il se tint dans la dialectique pr\u00e9sidentielle alors qu&rsquo;il \u00e9tait sous pression pour en sortir. Ce faisant, il r\u00e9solut le seul probl\u00e8me essentiel qui se posait \u00e0 lui. Il parut rassurant<\/em> [au public qui le regardait]&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Ainsi Scott Adams juge-t-il que Donald Trump a remport\u00e9 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle lundi soir, en privil\u00e9giant ce qu&rsquo;il (Adams) juge \u00eatre l&rsquo;essentiel, qui est la perception du public\/des \u00e9lecteurs, <strong>avec ce renversement complet accompli, comme un tour de force et un coup de ma&icirc;tre d&rsquo;on ne sait quelle force ext\u00e9rieure : Trump les rassure, Clinton les effraie<\/strong>&#8230; (&laquo; <em>Demain, tout le monde aura oubli\u00e9 ce que chacun d&rsquo;eux a dit. Mais nous nous rappellerons ce qu&rsquo;ils nous ont fait ressentir.<\/em> &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La th\u00e8se est int\u00e9ressante, et elle l&rsquo;est d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle implique comme on l&rsquo;a vu un renversement complet des r\u00f4les et des postures. Le plus remarquable est que ce renversement ne se ferait nullement par des man&oelig;uvres ad\u00e9quates des personnes et des \u00e9quipes impliqu\u00e9es, c&rsquo;est-\u00e0-dire hors de toute conscience de la chose, mais bien plut\u00f4t par des effets impr\u00e9vus et compl\u00e8tement incontr\u00f4lables \u00e0 partir de d\u00e9marches cens\u00e9es donner le contraire. Il y aurait alors d&rsquo;abord le constat fait par Adams que c&rsquo;est parce qu&rsquo;elle aurait \u00e9t\u00e9 bourr\u00e9e de soutiens m\u00e9dicaux divers que Clinton a pu tenir 90 minutes en \u00e9non\u00e7ant de fa\u00e7on coh\u00e9rente son programme, cela \u00e9tant cens\u00e9 renforcer le public dans la confiance dans la candidate, c&rsquo;est-\u00e0-dire le rassurer ; et c&rsquo;est parce que ce soutien artificiel aurait d&rsquo;autant plus mis en \u00e9vidence la possibilit\u00e9\/probabilit\u00e9 d&rsquo;un \u00e9tat de sant\u00e9 extr\u00eamement d\u00e9licat que le public aurait \u00e9t\u00e9 effray\u00e9 par la candidate. <strong>Il s&rsquo;agirait d&rsquo;un effet exactement contraire \u00e0 celui qui \u00e9tait attendu et en ce sens on pourrait observer que Clinton, dans cette circonstance, a ouvert la voie \u00e0 Trump, que c&rsquo;est sa situation qui a pouss\u00e9 le candidat r\u00e9publicain au comportement qu&rsquo;il a eu<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certes, il ne s&rsquo;agit que de supputations, mais dans le d\u00e9sordre g\u00e9n\u00e9ral qui caract\u00e9rise ces \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, ces supputations valent largement, et au-del\u00e0, les remarques pontifiantes des experts acquis au Syst\u00e8me qui manient les lieux communs venus d&rsquo;autres temps comme l&rsquo;USAF manie les bombes en Syrie. Bien entendu, cette sorte de facteur qu&rsquo;Adams veut mettre en \u00e9vidence a toujours exist\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre mais <strong>l&rsquo;int\u00e9r\u00eat ici est que cela soit mis en \u00e9vidence<\/strong> d&rsquo;une telle mani\u00e8re que l&rsquo;on peut appr\u00e9cier combien les combinaisons planifi\u00e9es, fond\u00e9es sur des arguments politiques le plus souvent \u00e9cul\u00e9s et sans int\u00e9r\u00eat r\u00e9el pour le public, se heurtent dans les conditions de cette \u00e9lection \u00e0 des obstacles compl\u00e8tement inattendus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette observation renvoie bien entendu \u00e0 <strong>la pr\u00e9sence de Donald Trump (bien plus qu&rsquo;au personnage, au programme, aux intentions, etc., de Donald Trump) comme facteur fondamental de d\u00e9structuration de l&rsquo;ensemble politique, communicationnel, statistique, etc., qui \u00e9tait en place pour les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles am\u00e9ricanistes<\/strong>. La pr\u00e9sence de Trump, &ndash; toujours sans tenir compte ni du personnage, ni de sa politique, ni de ses intentions, etc., &ndash; est une sorte de trou perc\u00e9 dans l&rsquo;architecture-Syst\u00e8me qui prot\u00e9geait l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. Elle s&rsquo;av\u00e8re constamment r\u00e9v\u00e9latrice des man&oelig;uvres, des faiblesses, des travers de ce processus pourtant essentiel pour le Syst\u00e8me. Elle d\u00e9passe la situation politique et le candidat-Trump lui-m\u00eame, pour nous offrir des perspectives in\u00e9dites dans un paysage anim\u00e9 d&rsquo;un somptueux d\u00e9sordre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On trouve donc ci-apr\u00e8s le texte de Scott Adams, qui figure <a href=\"http:\/\/blog.dilbert.com\/post\/151007796236\/i-score-the-first-debate\">le 27 septembr<\/a>e sur son propre site,  <em>Dilbert.com.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p><em>__________________<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">I Score the First Debate<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Trump and Clinton debated each other for the first time last night. Here&rsquo;s how I score the night.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Clinton won on points. She had more command of the details and the cleaner answers. Trump did a lot of interrupting and he was defensive. If this were a college debate competition, Clinton would be declared the winner. I call that victory on the 2D chess board. But voters don&rsquo;t care about facts and debating style. They care about how they feel. So let&rsquo;s talk about that.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>For starters, Trump and Clinton both seemed \u00ab\u00a0presidential\u00a0\u00bb enough. That mattered more for Trump. We haven&rsquo;t seen him off the teleprompter lately. So Trump passed that test by being sufficiently serious.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Clinton looked (to my eyes) as if she was drugged, tired, sick, or generally unhealthy, even though she was mentally alert and spoke well. But her eyes were telling a different story. She had the look of someone whose doctors had engineered 90 minutes of alertness for her just for the event. If she continues with a light campaign schedule, you should assume my observation is valid, and she wasn&rsquo;t at 100%.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Some will say Clinton outperformed expectations because she didn&rsquo;t cough, collapse, or die right on stage. That would be true if she also looked healthy in general, and her campaign schedule from here on out is full. We&rsquo;ll know more this week, based on her schedule.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Clinton&rsquo;s smile seemed forced, artificial, and frankly creepy. I&rsquo;m already hearing on Twitter that mentioning a woman&rsquo;s smile is sexist. I understand the point. But when someone goes full Joker-face and tests the uncanny valley hypothesis at the same time, that&rsquo;s a bit different from telling a woman to \u00ab\u00a0smile more.\u00a0\u00bb My neighbor Kristina hypothesized that Botox was making her smile look unnatural. Science tells us that when a person&rsquo;s mouth smiles, but their eyes don&rsquo;t match the smile, they look disingenuous if not creepy. Botox on your crow&rsquo;s feet lines around your eyes can give that effect. But whatever the reason, something looked off to me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>To be fair, Trump&rsquo;s physical appearance won&rsquo;t win him any votes either. But his makeup looked better than I have seen it (no orange), his haircut was as good as it gets for him, and he was otherwise his normal self that some voters hate and some like.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>But the most interesting question has to do with what problem both of them were trying to solve with the debate. Clinton tried to look healthy, and as I mentioned, I don&rsquo;t think she completely succeeded. But Trump needed to solve exactly one problem: Look less scary. Trump needed to counter Clinton&rsquo;s successful branding of him as having a bad temperament to the point of being dangerous to the country. Trump accomplished exactly that&hellip;by&hellip;losing the debate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Trump was defensive, and debated poorly at points, but he did not look crazy. And pundits noticed that he intentionally avoided using his strongest attacks regarding Bill Clinton&rsquo;s scandals. In other words, he showed control. He stayed in the presidential zone under pressure. And in so doing, he solved for his only remaining problem. He looked safer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>By tomorrow, no one will remember what either of them said during the debate. But we will remember how they made us feel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Clinton won the debate last night. And while she was doing it, Trump won the election. He had one thing to accomplish &ndash; being less scary &ndash; and he did it.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Scott Adams<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il a perdu, donc il a gagn\u00e9 Il fallait tout de m\u00eame se sortir de ce fameux d\u00e9bat en avan\u00e7ant une hypoth\u00e8se sur le \u00ab\u00a0qui-a-perdu-qui-a-gagn\u00e9\u00a0\u00bb, tout en ne sombrant pas dans l&rsquo;un des nombreux pi\u00e8ges de narrative, qu&rsquo;on soit pour l&rsquo;un ou pour l&rsquo;autre. 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