{"id":76806,"date":"2016-09-29T10:06:36","date_gmt":"2016-09-29T10:06:36","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/09\/29\/poe-et-baudelaire-face-a-lerreur-americaine\/"},"modified":"2016-09-29T10:06:36","modified_gmt":"2016-09-29T10:06:36","slug":"poe-et-baudelaire-face-a-lerreur-americaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/09\/29\/poe-et-baudelaire-face-a-lerreur-americaine\/","title":{"rendered":"Poe et Baudelaire face \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;erreur am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Poe et Baudelaire face \u00e0 &laquo; l&rsquo;erreur am\u00e9ricaine &raquo;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Les deux fondateurs de l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme philosophique sont Edgar Poe et Charles Baudelaire ; le premier dans ses contes, le deuxi\u00e8me dans ses pr\u00e9faces. La France et sa petite s&oelig;ur Am\u00e9rique sont les deux pays \u00e0 avoir fourni les plus belles cohortes d&rsquo;antimodernes depuis les r\u00e9volutions. Souvent du reste on retrouve le th\u00e8me commun de la nostalgie dans les grands films am\u00e9ricains (voyez Naissance d&rsquo;une nation, la Splendeur des Amberson, l&rsquo;Impasse de De Palma). Et la rage de Baudelaire contre &laquo; la barbarie \u00e9clair\u00e9e au gaz &raquo; vaut celle d&rsquo;Henry Miller avec son &laquo; cauchemar climatis\u00e9 &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On laisse parler Baudelaire, traducteur et pr\u00e9facier de Poe. Dans un \u00e9lan rebelle et r\u00e9actionnaire, il \u00e9crit :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; De tous les documents que j&rsquo;ai lus en est r\u00e9sult\u00e9e pour moi la conviction que les &Eacute;tats-Unis ne furent pour Poe qu&rsquo;une vaste prison qu&rsquo;il parcourait avec l&rsquo;agitation fi\u00e9vreuse d&rsquo;un \u00eatre fait pour respirer dans un monde plus aromal, &ndash; qu&rsquo;une grande barbarie \u00e9clair\u00e9e au gaz, &ndash; et que sa vie int\u00e9rieure, spirituelle, de po\u00e8te ou m\u00eame d&rsquo;ivrogne, n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un effort perp\u00e9tuel pour \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;influence de cette atmosph\u00e8re antipathique. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;ou ces myriades de litt\u00e9rateurs qui de Cooper \u00e0 James en passant par la g\u00e9n\u00e9ration perdue ou Diane Johnson (romanci\u00e8re et sc\u00e9nariste de Shining, une amie) trouvent refuge en France &#8211; avant que celle-ci ne f&ucirc;t crucifi\u00e9e par Hollande et Sarkozy.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis Baudelaire ajoute sur la tyrannie de la majorit\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Impitoyable dictature que celle de l&rsquo;opinion dans les soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques ; n&rsquo;implorez d&rsquo;elle ni charit\u00e9, ni indulgence, ni \u00e9lasticit\u00e9 quelconque dans l&rsquo;application de ses lois aux cas multiples et complexes de la vie morale. On dirait que de l&rsquo;amour impie de la libert\u00e9 est n\u00e9e une tyrannie nouvelle, la tyrannie des b\u00eates, ou zoocratie&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Baudelaire s&rsquo;irrite dans une autre pr\u00e9face : racisme, brutalit\u00e9, sexualit\u00e9, avortement, tout y passe, avec au passage le n\u00e9cessaire clin d&rsquo;&oelig;il de sympathie pour les noirs et les indiens :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Br&ucirc;ler des n\u00e8gres encha&icirc;n\u00e9s, coupables d&rsquo;avoir senti leur joue noire fourmiller du rouge de l&rsquo;honneur, jouer du revolver dans un parterre de th\u00e9\u00e2tre, \u00e9tablir la polygamie dans les paradis de l&rsquo;Ouest, que les Sauvages (ce terme a l&rsquo;air d&rsquo;une injustice) n&rsquo;avaient pas encore souill\u00e9s de ces honteuses utopies, afficher sur les murs, sans doute pour consacrer le principe de la libert\u00e9 illimit\u00e9e, la gu\u00e9rison <em>des maladies de neuf mois<\/em>, tels sont quelques-uns des traits saillants, quelques-unes des illustrations morales du noble pays de Franklin, l&rsquo;inventeur de la morale de comptoir, le h\u00e9ros d&rsquo;un si\u00e8cle vou\u00e9 \u00e0 la mati\u00e8re. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et notre grand g\u00e9nie de la &laquo; modernit\u00e9 &raquo; po\u00e9tique de rajouter que l&rsquo;am\u00e9ricanomanie gagne du terrain, et ce gr\u00e2ce au clerg\u00e9 catholique (toujours lui&#8230;) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il est bon d&rsquo;appeler sans cesse le regard sur ces merveilles de brutalit\u00e9, en un temps o&ugrave; l&rsquo;am\u00e9ricanomanie est devenue presque une passion de bon ton, \u00e0 ce point qu&rsquo;un archev\u00eaque a pu nous promettre sans rire que la Providence nous appellerait bient\u00f4t \u00e0 jouir de cet id\u00e9al transatlantique! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Venons-en \u00e0 Edgar Poe. C&rsquo;est dans son Colloque entre Monos et Una que notre aristocrate virginien \u00e9lev\u00e9 en Angleterre se d\u00e9cha&icirc;ne :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; H\u00e9las ! nous \u00e9tions descendus dans les pires jours de tous nos mauvais jours. Le <em>grand mouvement<\/em>, &ndash; tel \u00e9tait l&rsquo;argot du temps, &ndash; marchait ; perturbation morbide, morale et physique. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il relie tr\u00e8s justement et scientifiquement le d\u00e9clin du monde \u00e0 la science:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Pr\u00e9matur\u00e9ment amen\u00e9e par des orgies de science, la d\u00e9cr\u00e9pitude du monde approchait. C&rsquo;est ce que ne voyait pas la masse de l&rsquo;humanit\u00e9, ou ce que, vivant goul&ucirc;ment, quoique sans bonheur, elle affectait de ne pas voir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais, pour moi, les annales de la Terre m&rsquo;avaient appris \u00e0 attendre la ruine la plus compl\u00e8te comme prix de la plus haute civilisation. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Poe voit l&rsquo;horreur monter sur la terre (Lovecraft reprendra cette vision). L&rsquo;industrie rime avec maladie physique :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Cependant d&rsquo;innombrables cit\u00e9s s&rsquo;\u00e9lev\u00e8rent, \u00e9normes et fumeuses. Les vertes feuilles se recroquevill\u00e8rent devant la chaude haleine des fourneaux. Le beau visage de la Nature fut d\u00e9form\u00e9 comme par les ravages de quelque d\u00e9go&ucirc;tante maladie. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On peut rappeler qu&rsquo;un grand peintre de l&rsquo;\u00e9cole de Hudson nomm\u00e9 Thomas Cole a r\u00e9alis\u00e9 une suite admirable de tabeaux symboliques nomm\u00e9 <em>the Course of Empire<\/em>. Int\u00e9ressez-vous \u00e0 cette passionnante \u00e9cole de peinture, et \u00e0 l&rsquo;artiste allemand Bierstadt qui r\u00e9alisa les plus g\u00e9niales toiles de paysages am\u00e9ricains. Apr\u00e8s la <em>d\u00e9go&ucirc;tante maladie<\/em> recouvrit tout (Parcs nationaux ! Parcs nationaux !).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans <em>Petite conversation avec une momie<\/em>, Poe r\u00e8gle d&rsquo;autres comptes. Il relativise nos progr\u00e8s m\u00e9dicaux (simple allongement de la dur\u00e9e de vieillesse) et m\u00e9caniques :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Je lui parlai de nos gigantesques forces m\u00e9caniques. Il convint que nous savions faire quelque chose dans ce genre, mais il me demanda comment nous nous y serions pris pour dresser les impostes sur les linteaux du plus petit palais de Carnac. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le comte nomm\u00e9 Allamistak\u00e9o, la momie donc, donne sa vision du progr\u00e8s :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le comte dit simplement que, de son temps, les grands mouvements \u00e9taient choses terriblement communes, et que, quant au progr\u00e8s, il fut \u00e0 une certaine \u00e9poque une vraie calamit\u00e9, mais ne progressa jamais. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;id\u00e9e que le progr\u00e8s ne progressera plus, entre embouteillages et ob\u00e9sit\u00e9, entre baisse du QI et effondrement de la culture, me para&icirc;t tr\u00e8s bonne. On ne fait pas mieux qu&rsquo;au temps de Jules Verne (la lune&#8230;), et on ne r\u00eave m\u00eame plus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur la d\u00e9mocratie US, on se doute que Poe nous r\u00e9serverait une &laquo; cerise &raquo; :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Nous parl\u00e2mes alors de la grande beaut\u00e9 et de l&rsquo;importance de la D\u00e9mocratie, et nous e&ucirc;mes beaucoup de peine \u00e0 bien faire comprendre au comte la nature positive des avantages dont nous jouissions en vivant dans un pays o&ugrave; le suffrage \u00e9tait <em>ad libitum<\/em>, et o&ugrave; il n&rsquo;y avait pas de roi. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il \u00e9voque en riant les treize colonies qui vont se lib\u00e9rer du joug de l&rsquo;Angleterre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La chose n\u00e9anmoins finit ainsi : les treize &Eacute;tats, avec quelque chose comme quinze ou vingt autres, se consolid\u00e8rent dans le plus odieux et le plus insupportable despotisme dont on ait jamais ou\u00ef parler sur la face du globe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je demandai quel \u00e9tait le nom du tyran usurpateur. Autant que le comte pouvait se le rappeler, ce tyran se nommait : <em>La Canaille<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela nous rappelle la juste phrase de Mel Gibson dans <em>le Patriote<\/em>, qui pr\u00e9f\u00e9rait avoir un tyran (le roi d&rsquo;Angleterre, le brave George en plus \u00e0 demi-fou) de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Atlantique que 400 (s\u00e9nat, congr\u00e8s, bureaucratie, en attendant FBI, NSA, CIA et tout \u00e7a) ici tout pr\u00e8s. On se doute que la critique de la d\u00e9mocratie ici a quelque chose de tocquevillien. Et \u00e0 une \u00e9poque o&ugrave; on vous interdit tel maillot de bain et o&ugrave; on vous met en prison (comme r\u00e9cemment en Espagne) pour une simple gifle (la m\u00e8re emprisonn\u00e9e, la gamine se retrouva \u00e0 la rue !), on ne peut que s&rsquo;\u00e9merveiller des performances du pouvoir de la <em>canaille<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Citons cette phrase m\u00e9connue de Tocqueville :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le naturel du pouvoir absolu, dans les si\u00e8cles d\u00e9mocratiques, n&rsquo;est ni cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. Un despotisme de cette esp\u00e8ce, bien qu&rsquo;il ne foule point aux pieds l&rsquo;humanit\u00e9, est directement oppos\u00e9 au g\u00e9nie du commerce et aux instincts de l&rsquo;industrie. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et en effet il devenu impossible de cr\u00e9er des emplois en Europe comme en Am\u00e9rique. On peut juste rayer bureaucratiquement les ch\u00f4meurs pour plastronner devant la presse&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La peur de l&rsquo;am\u00e9ricanisme est donc aussi partag\u00e9e en France qu&rsquo;en Am\u00e9rique au si\u00e8cle de Comte. On citera aussi Renan qui parle quelques d\u00e9cennies plus tard:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le monde marche vers une sorte d&rsquo;am\u00e9ricanisme, qui blesse nos id\u00e9es raffin\u00e9es&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une soci\u00e9t\u00e9 o&ugrave; la distinction personnelle a peu de prix, o&ugrave; le talent et l&rsquo;esprit n&rsquo;ont aucune valeur officielle, o&ugrave; la haute fonction n&rsquo;ennoblit pas, o&ugrave; la politique devient l&#8217;emploi des d\u00e9class\u00e9s et des gens de troisi\u00e8me ordre, o&ugrave; les r\u00e9compenses de la vie vont de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;intrigue, \u00e0 la vulgarit\u00e9, au charlatanisme qui cultive l&rsquo;art de la r\u00e9clame, \u00e0 la rouerie qui serre habilement les contours du Code p\u00e9nal, une telle soci\u00e9t\u00e9, dis-je, ne saurait nous plaire. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et on conclura avec Baudelaire qui voit en po\u00e8te, en visionnaire, le risque que fera peser l&rsquo;am\u00e9ricanisme sur le monde et l&rsquo;Europe :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Les &Eacute;tats-Unis sont un pays gigantesque et enfant, naturellement jaloux du vieux continent. Fier de son d\u00e9veloppement mat\u00e9riel, anormal et presque monstrueux, ce nouveau venu dans l&rsquo;histoire a une foi na\u00efve dans la toute-puissance de l&rsquo;industrie ; il est convaincu, comme quelques malheureux parmi nous, qu&rsquo;elle finira par manger le Diable. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Nicolas Bonnal<\/h4>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Bibliographie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Edgar Poe &ndash; Histoires extraordinaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Edgar Poe- Nouvelles histoires extraordinaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Baudelaire &ndash; Pr\u00e9face de ces deux recueils (ebooksgratuits.com).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Ernest Renan- Souvenirs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Tocqueville &ndash; De la D\u00e9mocratie, II, Deuxi\u00e8me partie, chapitre XIV.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Nicolas Bonnal &ndash; Lettre ouverte \u00e0 la vieille race blanche, ch.IV.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Poe et Baudelaire face \u00e0 &laquo; l&rsquo;erreur am\u00e9ricaine &raquo; Les deux fondateurs de l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme philosophique sont Edgar Poe et Charles Baudelaire ; le premier dans ses contes, le deuxi\u00e8me dans ses pr\u00e9faces. 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