{"id":76878,"date":"2016-11-02T09:30:17","date_gmt":"2016-11-02T09:30:17","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/11\/02\/glossairedde-la-tragedie-bouffe\/"},"modified":"2016-11-02T09:30:17","modified_gmt":"2016-11-02T09:30:17","slug":"glossairedde-la-tragedie-bouffe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/11\/02\/glossairedde-la-tragedie-bouffe\/","title":{"rendered":"<em>Glossaire.dde\u00a0<\/em>: La trag\u00e9die-bouffe"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\"><em>Glossaire.dde <\/em>: La trag\u00e9die-bouffe<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>02 novembre 2016 &ndash; Il s&rsquo;agit ici de faire la pr\u00e9sentation et l&rsquo;analyse d&rsquo;une expression avec deux aspects inhabituels pour la rubrique. Il y a d&rsquo;une part un aspect incontestable de paradoxe presque provocateur, en rassemblant deux termes qui sembleraient \u00e0 premi\u00e8re vue inconciliables ; d&rsquo;autre part, un aspect caricatural du fait d&rsquo;un des termes employ\u00e9s, qui semblerait bannir cette expression de la pr\u00e9tention d&rsquo;\u00eatre un \u00ab\u00a0concept\u00a0\u00bb intellectuel au sens le plus large (le plus \u00ab\u00a0s\u00e9rieux\u00a0\u00bb), et donc devrait lui interdire de figurer dans cette rubrique <em>Glossaire.dde<\/em> que nous pr\u00e9sentons souvent comme notre \u00ab\u00a0arsenal dialectique et conceptuel\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Le cas sp\u00e9cifique et tr\u00e8s caract\u00e9ristique ici est que nous nous sommes aper\u00e7us que <strong>l&rsquo;expression elle-m\u00eame s&rsquo;est constitu\u00e9e en concept<\/strong>, <strong>quasiment d&rsquo;elle-m\u00eame<\/strong>. Au d\u00e9part expression simplement descriptive sinon caricaturale, plut\u00f4t \u00ab\u00a0jeu de mots\u00a0\u00bb comme proc\u00e9d\u00e9 d&rsquo;un travail d&rsquo;\u00e9criture de combat sinon pol\u00e9mique (mais dans le bon sens du mot), voulant exprimer et d\u00e9crire la d\u00e9rision et le ridicule d&rsquo;une situation, et donc d\u00e9risoire et ridicule elle m\u00eame \u00e0 l&rsquo;origine par cons\u00e9quent ; l&rsquo;expression s&rsquo;\u00e9tant constitu\u00e9e \u00e9volutive, <strong>devenue d&rsquo;elle-m\u00eame un concept, c&rsquo;est-\u00e0-dire accouchant elle-m\u00eame, comme f\u00e9cond\u00e9e par elle-m\u00eame \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;une expression hermaphrodite, d&rsquo;une signification infiniment plus grande et plus haute que ce qu&rsquo;on croyait y avoir mis au d\u00e9part<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Un \u00e9claircissement s&rsquo;impose ici, bon pour cet article du <em>Glossaire.dde <\/em>mais valable pour toute la rubrique et pour l&rsquo;\u00e9crit en g\u00e9n\u00e9ral, comme pour le langage&#8230; Cette circonstance (\u00ab\u00a0signification infiniment plus grande et plus haute que ce qu&rsquo;on croyait y avoir mis au d\u00e9part\u00a0\u00bb) est \u00e0 prendre absolument au pied de la lettre. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne essentiel de l&rsquo;\u00e9criture (du langage lui-m\u00eame) que nous exp\u00e9rimentons et tenons pour acquis, que nous jugeons dans tous les cas essentiel et constitutif du caract\u00e8re fondamental de l&rsquo;\u00e9crit lorsque et parce qu&rsquo;il est autre que simple information, autre que simple \u00ab\u00a0communication\u00a0\u00bb au sens commun du terme ; lorsque et parce qu&rsquo;il se retrouve dans la conception que nous avons du terme \u00ab\u00a0communication\u00a0\u00bb dans l&rsquo;expression sp\u00e9cifique de la situation de notre temps de \u00ab\u00a0syst\u00e8me <strong>de la<\/strong> communication\u00a0\u00bb [non \u00ab\u00a0syst\u00e8me de communication\u00a0\u00bb] ; ce syst\u00e8me, selon cette expression, \u00e9tant d\u00e9fini justement par des caract\u00e8res d&rsquo;autonomie de lui-m\u00eame, renvoyant \u00e0 cette sp\u00e9cificit\u00e9 haute et fondamentale de l&rsquo;\u00e9crit et du langage. Par cons\u00e9quent, il nous para&icirc;t \u00e9vident, imp\u00e9ratif et essentiel qu&rsquo;il faut accepter sans aucune restriction l&rsquo;id\u00e9e du travail d&rsquo;un auteur dans un \u00e9tat d&rsquo;absence de conscience imm\u00e9diate de l&rsquo;enti\u00e8ret\u00e9 des concepts qu&rsquo;il manie, des mots et des phrases eux-m\u00eames, et cela surtout dans l&rsquo;\u00e9crit, dans la mesure o&ugrave; le langage lui-m\u00eame rec\u00e8le ses propres capacit\u00e9s d&rsquo;\u00e9volution autonome et par cons\u00e9quent ses significations cach\u00e9es pour l&rsquo;\u00e9crivain lui-m\u00eame, &ndash; qu&rsquo;il d\u00e9couvre ou ne d\u00e9couvre pas c&rsquo;est selon, \u00e0 mesure qu&rsquo;il \u00e9crit, et surtout <strong>apr\u00e8s qu&rsquo;il ait \u00e9crit<\/strong>, lorsqu&rsquo;il se red\u00e9couvre. Litt\u00e9ralement, il doit se concevoir qu&rsquo;en se relisant selon des circonstances donn\u00e9es (chronologie, temps \u00e9coul\u00e9, \u00e9volution conceptuelle de l&rsquo;auteur, etc.), <strong>un auteur peut et m\u00eame doit d\u00e9couvrir des sens nouveaux, f\u00e9conds, cach\u00e9s et qu&rsquo;il ignorait compl\u00e8tement, dans ses propres \u00e9crits<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La d\u00e9finition que George Steiner donne des \u00ab\u00a0logocrates\u00a0\u00bb, que nous reprenons souvent en raison de sa justesse de description (rappel\u00e9e dans le <em>Journal-dde.crisis<\/em> de PhG <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/ma-verite-de-situation\">le 18 octobre 2015<\/a>), met en \u00e9vidence ce caract\u00e8re de l&rsquo;\u00e9crit, ou du langage ; il le fait d&rsquo;une fa\u00e7on exceptionnelle puisque, de l&rsquo;aveu de Steiner lui-m\u00eame, quasiment \u00e9sot\u00e9rique :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Le point de vue \u00ab\u00a0logocratique\u00a0\u00bb est beaucoup plus rare et presque par d\u00e9finition, \u00e9sot\u00e9rique. Il radicalise le postulat de la source divine, du myst\u00e8re de l&rsquo;<strong>incipit<\/strong>, dans le langage de l&rsquo;homme. Il part de l&rsquo;affirmation selon laquelle le <strong>logos<\/strong> pr\u00e9c\u00e8de l&rsquo;homme, que \u00ab\u00a0l&rsquo;usage\u00a0\u00bb qu&rsquo;il fait de ses pouvoirs numineux est toujours, dans une certaine mesure, une usurpation. Dans cette optique, l&rsquo;homme n&rsquo;est pas le ma&icirc;tre de la parole, mais son serviteur. Il n&rsquo;est pas propri\u00e9taire de la \u00ab\u00a0maison du langage\u00a0\u00bb (<strong>die Behausung der Sprache<\/strong>), mais un h\u00f4te mal \u00e0 l&rsquo;aise, voire un intrus<\/em>&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;expression que nous allons d\u00e9finir ici est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante par rapport \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne logocratique auquel nous nous r\u00e9f\u00e9rons, justement \u00e0 cause de son aspect initial. Le bond est spectaculaire entre ceci : \u00ab\u00a0expression simplement descriptive sinon caricaturale, plut\u00f4t &lsquo;jeu de mots&rsquo; comme proc\u00e9d\u00e9 d&rsquo;un travail d&rsquo;\u00e9criture de combat sinon pol\u00e9mique (mais dans le bon sens du mot),  voulant exprimer et d\u00e9crire la d\u00e9rision et le ridicule d&rsquo;une situation, et donc d\u00e9risoire et ridicule elle m\u00eame\u00a0\u00bb ; et cela, qui d\u00e9crit une \u00e9volution fondamentale jusqu&rsquo;\u00e0 faire de cette expression une description d&rsquo;une situation ontologique extraordinaire, caract\u00e9ristique de la Grande Crise d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me (de notre-civilisation). <\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Introduction de la \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Il s&rsquo;agit donc de l&rsquo;expression \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb qui, on le comprend aussit\u00f4t, r\u00e9concilie deux aspects extraordinairement diff\u00e9rents et d&rsquo;un antagonisme complet, caract\u00e9risant notre \u00e9poque. <strong>D&rsquo;une part, il y a une dimension tragique extr\u00eame, nourrissant des pens\u00e9es eschatologiques et catastrophiques<\/strong> qui se nourrissent elles-m\u00eames de visions telles qu'\u00a0\u00bbeffondrement du Syst\u00e8me\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0effondrement de la civilisation\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0fin du cycle de la civilisation\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0crise de la Fin des Temps\u00a0\u00bb ; ou encore, plus caract\u00e9ris\u00e9es mais non moins tragiques, telles que \u00ab\u00a0dislocation dans le chaos\u00a0\u00bb (notamment du Moyen-Orient), \u00ab\u00a0dislocation de l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0dissolution du pouvoir am\u00e9ricaniste\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Troisi\u00e8me Guerre mondiale\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0guerre nucl\u00e9aire\u00a0\u00bb, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Sur le mot \u00ab\u00a0trag\u00e9die\u00a0\u00bb, d&rsquo;origine grecque et aux diverses interpr\u00e9tation : &laquo; <em>Le mot &tau;&rho;&alpha;&gamma;&delta;&alpha; \/ trag\u00f4id&iacute;a est compos\u00e9 de &tau;&rho;&gamma;&omicron;&sigmaf; \/ tr&aacute;gos [\u00ab\u00a0bouc\u00a0\u00bb] et &delta; \/ \u00f4id [\u00ab\u00a0chant\u00a0\u00bb] ; il veut originellement dire \u00ab\u00a0chant du bouc\u00a0\u00bb. Mais les raisons d&rsquo;un tel vocable ne sont pas tr\u00e8s claires<\/em>. [&#8230;] <em>Certains voient dans le \u00ab\u00a0chant du bouc\u00a0\u00bb l&rsquo;expression de la plainte de l&rsquo;animal men\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autel sacrificiel, mis en parall\u00e8le avec la confrontation du h\u00e9ros tragique \u00e0 son destin lors d&rsquo;une lutte qu&rsquo;il sait \u00eatre perdue d&rsquo;avance<\/em>. &raquo; Pour nous, le mot \u00ab\u00a0trag\u00e9die\u00a0\u00bb signifie pleinement le myst\u00e8re du sens de la vie consid\u00e9r\u00e9 du point de vue m\u00e9taphysique et \u00e9ventuellement \u00e9sot\u00e9rique, avec l&rsquo;existence d&rsquo;un destin qui dicte sa loi dans les orientations g\u00e9n\u00e9rales des \u00eatres, et ce destin faisans partie de l&rsquo;ontologie d&rsquo;un \u00eatre.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>D&rsquo;autre part, il y a cette dimension d\u00e9finie par le mot \u00ab\u00a0bouffe\u00a0\u00bb (que nous employons volontairement au masculin) qui vient de l&rsquo;italien <em>buffone<\/em> (plaisanterie dans le sens de la mise en \u00e9vidence du ridicule), qu&rsquo;on associe au mot \u00ab\u00a0bouffon\u00a0\u00bb tr\u00e8s employ\u00e9 dans un sens populaire aujourd&rsquo;hui<\/strong>. \u00ab\u00a0Bouffe\u00a0\u00bb dans le sens que nous privil\u00e9gions fut souvent employ\u00e9 dans la p\u00e9riode de la seconde moiti\u00e9 du XIX\u00e8me si\u00e8cle et du d\u00e9but du XX\u00e8me jusqu&rsquo;\u00e0 1914 pour d\u00e9signer une certaine cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0bouffonne\u00a0\u00bb du spectacle sur sc\u00e8ne (essentiellement avec l&rsquo;expression \u00ab\u00a0op\u00e9ra-bouffe\u00a0\u00bb, mais aussi avec l&rsquo;\u00e9tablissement renomm\u00e9 baptis\u00e9 \u00ab\u00a0Les Bouffes-parisiennes\u00a0\u00bb). Il s&rsquo;agit de caract\u00e9riser un \u00e9tat d&rsquo;esprit tr\u00e8s particulier, restituant une perception bouffonne des \u00e9v\u00e9nements, soit par la caricature, par la farce, par la musique moqueuse, etc., qui d\u00e9place la perception vers une vision des choses grossi\u00e8rement d\u00e9form\u00e9e dans le sens de la d\u00e9rision, de la raillerie et de la parodie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette dimensio, ici d\u00e9crite comme un \u00ab\u00a0style\u00a0\u00bb volontaire de la sc\u00e8ne, est utilis\u00e9e par nous pour la description analogique d&rsquo;un autre aspect, involontaire, voire inconscient, de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit de notre \u00e9poque, et qui est pour cette raison accol\u00e9 au mot \u00ab\u00a0trag\u00e9die\u00a0\u00bb. Elle compl\u00e8te un \u00e9tat de l&rsquo;esprit qui est celui de vivre des \u00e9v\u00e9nements absolument terrible, c&rsquo;est-\u00e0-dire tragiques, et les consid\u00e9rant en ignorant, compl\u00e8tement ou pour partie chez certains esprits, leur aspect sinon leur ontologie m\u00eame terrible et tragique, &ndash; le plus souvent, l\u00e0 encore, ignorance involontaire et inconsciente.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Sur un livret de Jacques Bainville&#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Cette dimension du \u00ab\u00a0bouffe\u00a0\u00bb dans la psychologie pourtant confront\u00e9e \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements tragiques nous a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e par une image dans la description que Jacques Bainville fait (en 1924) de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit de la France devant la mont\u00e9e du p\u00e9ril prussien entre 1866 et 1870, entre Sadowa (victoire de la Prusse sur l&rsquo;Autriche-Hongrie) et Sedan (d\u00e9faite de la France face aux Prussiens). Nous avons cit\u00e9 Bainville dans un passage que nous citons ici, d&rsquo;un texte extrait des <em>Archives-PhG<\/em>, mis en ligne <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-sadowa-a-bismarck-archivesphg-1\">le 5 d\u00e9cembre 2011<\/a>, et nous mettons en \u00e9vidence (en caract\u00e8re gras) cette image (\u00ab\u00a0Sadowa devenait un op\u00e9ra-bouffe\u00a0\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Bainville, notre compagnon pour cette partie pr\u00e9cis\u00e9ment de notre analyse, enrage en d\u00e9crivant l&rsquo;attitude de la France alors que la Prusse compl\u00e8te son banco avec Sadowa. Cette fois, plus personne ne s&rsquo;y trompe, ou presque. Alors qu&rsquo;en 1850, ils \u00e9taient plusieurs \u00e0 rester aveugles devant la marche prussienne en avant, cette fois ils ont, pour la plupart, compris de quoi il retourne. Les Anglais, les princes allemands, se tournent vers la France, et semblent lui dire : dites quelque chose, c&rsquo;est le moment ou jamais ; ils lui disent : dites halte ! Dites que cela suffit. La reine de Hollande, qui est proche de Louis-Napol\u00e9on, lui glisse en un reproche qui r\u00e9sume tout, qui devrait \u00e9veiller l&rsquo;esprit avanc\u00e9 mais qui montre que l&rsquo;esprit est plus convenu qu&rsquo;avanc\u00e9 : \u00ab\u00a0Vous laissez d\u00e9truire les faibles.\u00a0\u00bb De tous les c\u00f4t\u00e9s, l&rsquo;Europe dit \u00e0 la France : sauvez-nous en vous sauvant, en agissant maintenant. Au lieu de quoi, nous dit Bainville, la France est comme la Grande Duchesse de Gerolstein qui observerait la Prusse en train de devenir l&rsquo;Empire allemand, en train de pr\u00e9parer le coup final, que l&rsquo;Empire frappera demain contre elle-m\u00eame, avant de s&rsquo;autoproclamer dans la Galerie des Glaces. Elle aura vu tout venir, la Grande Duchesse, sans y rien comprendre.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>A Paris, c&rsquo;est le triomphe de La Grande Duchesse de Gerolstein, et cela compte plus que Sadowa et les exhortations des autres Europ\u00e9ens. Bainville \u00e9crit avec une subtile ironie charg\u00e9e de d\u00e9rision, et, tout au fond, d&rsquo;un m\u00e9pris complet : \u00ab\u00a0La France, en 1866, a cri\u00e9 : &lsquo;bon d\u00e9barras&rsquo; \u00e0 ce vieux particularisme allemand ross\u00e9 par la Prusse; nous paierions cher pour le ressusciter aujourd&rsquo;hui <\/em>[N.B. : \u00e9crit en 1924]<em>, et nous saluerions avec plaisir sa renaissance. Mais il avait paru plaisant que ces vestiges d&rsquo;un autre \u00e2ge eussent \u00e9t\u00e9 balay\u00e9s si \u00e9nergiquement par le Prussien, champion des &lsquo;id\u00e9es modernes&rsquo;. Deux hommes d&rsquo;esprit saisiront ce comique, et La Grande Duchesse de Gerolstein eut un grand succ\u00e8s de rire. Le g\u00e9n\u00e9ral Boum, le baron Grog, l&rsquo;\u00e9lecteur de Steis-Stein-Steis, tout ce que Bismarck venait de mettre en d\u00e9route chanta et dansa, pour le grand amusement de Paris et des provinces, sur la sc\u00e8ne des Vari\u00e9t\u00e9s. <strong>Sadowa devenait un op\u00e9ra-bouffe<\/strong>, tandis que d\u00e9j\u00e0 Bismarck avait sign\u00e9 des conventions militaires secr\u00e8tes avec les &Eacute;tats du Sud, battus mais subjugu\u00e9s. La Grande Duchesse de Gerolstein, c&rsquo;\u00e9tait la circulaire de Lavalette mise en musique par Offenbach. Elle eut beaucoup plus de succ\u00e8s que les nouvelles proph\u00e9ties de Thiers&#8230;\u00a0\u00bb (Thiers, in illo tempore sensible \u00e0 la fascination prussienne contre l&rsquo;alliance autrichienne, revenu sur terre en 1866 pour d\u00e9noncer l&rsquo;irr\u00e9sistible marche prussienne. Dans &lsquo;Cette \u00e9trange guerre de 1870&rsquo;, Henri Guillemin ne lui pardonnera pas cette lucidit\u00e9 tardive, qu&rsquo;il jugera \u00e0 la fois tordue, machiav\u00e9lique, calculatrice et racoleuse. Bref, monsieur Thiers est un sale fusilleur r\u00e9actionnaire de droite. Tandis que les irresponsables qui applaudissent l&rsquo;Allemagne bismarckienne triomphant \u00e0 Sadowa n&rsquo;ont, eux, que l&rsquo;encre de leurs colonnes sur les mains. Et ils sont de gauche, on s&rsquo;en serait dout\u00e9.)<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Historique de l&rsquo;expression \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nous employ\u00e2mes pour la premi\u00e8re fois cette expression de \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-turquie-selon-erdogan-ou-la-tragedie-bouffe\">15 octobre 2012<\/a>, \u00e0 propos de la politique \u00e9trang\u00e8re d&rsquo;Erdogan ; puis nous l&rsquo;oubli\u00e2mes, bien que le mot \u00ab\u00a0bouffe\u00a0\u00bb soit plusieurs fois revenu sous notre plume entre octobre 2012 et le moment o&ugrave; nous y rev&icirc;nmes de fa\u00e7on d\u00e9cid\u00e9, pour ne plus abandonner son emploi, \u00e0 intervalles assez rapproch\u00e9s, au point que nous jugeons aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il peut et m\u00eame doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;un <em>Glossaire.dde<\/em>. C&rsquo;est en effet <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/les-comptes-bouffes-des-1001-nuits\">le 15 octobre 2015<\/a>, exactement trois ans apr\u00e8s son premier emploi qu&rsquo;il fut \u00e0 nouveau r\u00e9introduit, cette fois d&rsquo;une fa\u00e7on structur\u00e9e, consciente. C&rsquo;\u00e9tait dans le <em>Journal-dde.crisis<\/em> de Philippe Grasset&#8230; (Utilisation du caract\u00e8re en gras \u00e0 nouveau, pour signaler cet emploi.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Pour ce qui concerne la Syrie, le Moyen-Orient, l&rsquo;intervention russe, je vais vous avouer une chose : je suis un peu&#8230;  Comment dire ? Oui, c&rsquo;est \u00e7a, d\u00e9stabilis\u00e9, et enfin pas qu&rsquo;un peu&#8230; Je ne parviens pas \u00e0 prendre cette affaire si tragique compl\u00e8tement au tragique, et certes je m&rsquo;en veux&#8230; Des gens souffrent et meurent l\u00e0-bas, des destructions terribles ont lieu, des pays sont pill\u00e9s, transform\u00e9s en d\u00e9sordres et chaos sanglants, et nul ne doute de l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 quasiment eschatologique des enjeux comme de la v\u00e9racit\u00e9 d\u00e9chirante des souffrances et des injustices. A c\u00f4t\u00e9 de cela, il y a <strong>un air de \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb<\/strong>, selon une expression qu&rsquo;on a <\/em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-turquie-selon-erdogan-ou-la-tragedie-bouffe\"><em>d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9e<\/em><\/a><em> (sur ce site), d&rsquo;ailleurs pour une situation dans la r\u00e9gion et pour un de ses acteurs les plus d\u00e9routants et les plus exotiques.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Je ne suis pas le seul, pour ce qui concerne <strong>la \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb<\/strong> &#8230; Quand, parlant de ses contacts avec ses \u00ab\u00a0partenaires\u00a0\u00bb am\u00e9ricanistes \u00e0 propos de ces intenses et terribles agitations en Syrie et des positions respectives, un Poutine dit qu&rsquo;il semble que \u00ab\u00a0certains de nos partenaires\u00a0\u00bb ont \u00ab\u00a0de la bouillie [de ma\u00efs ?] en guise de cerveau\u00a0\u00bb ou quelque chose d&rsquo;approchant (&laquo; \u00ab\u00a0It seems to me that some of our partners have mush for brains,\u00a0\u00bb <\/em><a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/en\/articles\/2015\/10\/15\/syri-o15.html\"><em>commented Putin<\/em><\/a><em> &raquo;), tout cela sur un ton amical et un peu ironique me semble-t-il ; quand on lit cela, on est conduit \u00e0 conclure qu&rsquo;il y a effectivement le signe que, par certains c\u00f4t\u00e9s, cette crise si terrible et si profonde n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e de fa\u00e7on tr\u00e8s s\u00e9rieuse par tous les acteurs, surtout ceux qui se prennent tant au s\u00e9rieux. Non, je ne suis pas du tout le seul : le colonel Patrick Lang <\/em><a href=\"http:\/\/turcopolier.typepad.com\/sic_semper_tyrannis\/2015\/10\/a-possible-russian-campaign-plan.html\"><em>\u00e9crit le 11 octobre<\/em><\/a><em> sur son site Sic Semper Tyrannis que le gouvernement US, dans cette affaire, ressemble \u00e0 un \u00ab\u00a0gamin capricieux\u00a0\u00bb, &laquo; The US Government continues to resemble a petulant child who, having dominated the schoolyard, is faced with another child who takes control of a game.  The petulant one then announces that the new kid is cheating and walks away from the scrum. &raquo; (Pour bien comprendre le jugement, notez que le mot p\u00e9tulant est une sorte de \u00ab\u00a0faux-ami\u00a0\u00bb comme les langues des pays-fr\u00e8res savent se m\u00e9nager entre elles, comme on fait un croche-pied. En fran\u00e7ais, la connotation est tr\u00e8s positive, &ndash; vif, plein d&rsquo;ardeur, etc., &ndash; en anglais elle est nettement n\u00e9gative : irritable, irascible, de mauvaise humeur, &ndash; et j&rsquo;ajouterais bien pour mon compte, comme on l&rsquo;a lu, \u00ab\u00a0capricieux\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0boudeur\u00a0\u00bb.)<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Il est bien entendu que nous parlons psychologie&#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit plus haut : \u00ab\u00a0Cette dimension <strong>du \u00ab\u00a0bouffe\u00a0\u00bb dans la psychologie<\/strong> pourtant confront\u00e9e \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements tragiques&#8230;\u00a0\u00bb. C&rsquo;est-\u00e0-dire que le concept de \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb est d&rsquo;abord un concept psychologique, d&rsquo;ailleurs comme un tr\u00e8s grand nombre de concepts que nous \u00e9tudions dans ce <em>Glossaire.dde<\/em>. Mais dans l&rsquo;inspiration de d\u00e9part (Bainville, &laquo; <em>Sadowa devenait un op\u00e9ra-bouffe<\/em>&#8230; &raquo;), m\u00eame si nous sommes sur le territoire de la psychologie il ne s&rsquo;agit pas vraiment de la psychologie elle-m\u00eame ; il y a un spectacle sur sc\u00e8ne qui fait courir les foules parisiennes, qui remplit les boulevards, cette <em>Grande Duchesse de Gerolstein<\/em>, avec, toujours selon Bainville, &laquo; <em>deux hommes d&rsquo;esprits<\/em> &raquo; (les librettistes  Ludovic Hal\u00e9vy et Henri Meilhac, sur la musique d&rsquo;Offenbach) qui saisirent &laquo; <em>le comique<\/em> &raquo; (assez sinistre, certes) de la repr\u00e9sentation que \u00ab\u00a0le monde\u00a0\u00bb parisien se faisait de Sadowa et du reste. <strong>Le \u00ab\u00a0bouffe\u00a0\u00bb \u00e9tait une traduction, une illustration railleuse de la psychologie et de sa perception, il n&rsquo;\u00e9tait pas la psychologie elle-m\u00eame<\/strong>&#8230; Il y avait encore, dans l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;esprit, des restes de civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est-\u00e0-dire, encore, que Sadowa, malgr\u00e9 l&rsquo;interpr\u00e9tation de Hal\u00e9vy-Meilhac comme excellents psychologues de leur temps parisien, restait une bataille avec tout son poids historique fondamental de tournant d\u00e9cisif dans la formation du <em>Reich<\/em> qui faisait d&rsquo;elle une trag\u00e9die. La trag\u00e9die \u00e9tait interpr\u00e9t\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on bouffe mais elle n&rsquo;\u00e9tait pas bouffe, nullement \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, <strong>s&rsquo;il y avait un Sadowa, ce serait une trag\u00e9die mais ce serait \u00e9galement un \u00e9v\u00e9nement bouffe<\/strong> ; comme Alep, tragique bataille qui est d\u00e9form\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on bouffe, notamment par l&rsquo;extraordinaire grossi\u00e8ret\u00e9 du proc\u00e9d\u00e9 de communication, en \u00ab\u00a0crime de guerre\u00a0\u00bb voire en \u00ab\u00a0crime contre l&rsquo;humanit\u00e9\u00a0\u00bb (y ont-ils pens\u00e9 ?) uniquement russo-syrien ; de m\u00eame, Mossoul, trag\u00e9die en soi, est pr\u00e9sent\u00e9 comme une immense bataille o&ugrave; les criminels seront punis alors qu&rsquo;on leur ouvre un passage pour qu&rsquo;ils puissent se d\u00e9filer, les criminels, tandis que la coalition rassembl\u00e9e contre l&rsquo;ennemi commun met ensemble des gens qui s&rsquo;affrontent directement par voie de communication sinon bient\u00f4t par les armes (Irak et Turquie, par exemple). De m\u00eame, enfin, la pr\u00e9sidentielle USA-2016 est (ou plut\u00f4t \u00ab\u00a0\u00e9tait\u00a0\u00bb au d\u00e9part), pour certains qui ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9gions avant d&rsquo;\u00eatre touch\u00e9s par une certaine conscience de la trag\u00e9die r\u00e9elle qui frappe l&rsquo;Am\u00e9rique, &ndash; heureusement dirait-on, il \u00e9tait temps, &ndash; r\u00e9duite \u00e0 un bouffon ; puis le bouffon devenu brusquement, par des proc\u00e9d\u00e9s d&rsquo;une stupidit\u00e9 affligeante, un nouvel Hitler-2016 comme si Hitler avait \u00e9t\u00e9 en 1933 un Trump-1933, autrement dit Hitler \u00e9tant alors un bouffon lui-m\u00eame et non plus comme nous le disent ces esprits \u00ab\u00a0le plus grand criminel de l&rsquo;Histoire\u00a0\u00bb sinon \u00ab\u00a0l&rsquo;incarnation du Mal\u00a0\u00bb&#8230; Ces observations poussant l&rsquo;interpr\u00e9tation au terme de sa logique folle ne font-elle pas comprendre le ridicule, <strong>le caract\u00e8re-bouffe justement de cette marche de l&rsquo;esprit postmoderne, inverti par l&rsquo;influence diabolique<\/strong> ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;aspect bouffe de ces exemples pourtant absolument tragiques, &ndash; aspect d&rsquo;autant plus bouffe que les exemples sont tragiques, &ndash; se trouve encore plus dans la pr\u00e9sentation de ces diverses man&oelig;uvres, dans l&rsquo;absence de sens (man&oelig;uvres tactiques ne r\u00e9pondant \u00e0 nulle strat\u00e9gie), dans l&rsquo;esp\u00e8ce de d\u00e9sordre qu&rsquo;elles cr\u00e9ent pour elles-m\u00eames ; c&rsquo;est-\u00e0-dire dans la pr\u00e9sentation de telles man&oelig;uvres fabriqu\u00e9es parfaitement avec une dimension bouffe en elle-m\u00eame. Il est incontestable que lorsque vous voyez s&rsquo;affronter en Syrie pendant des semaines et des mois des groupes qui \u00e9margent au m\u00eame portefeuille g\u00e9n\u00e9ral (on songe aux groupes financ\u00e9s d&rsquo;une part par la CIA, d&rsquo;autre part par le Pentagone), la dimension bouffe se trouve dans l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement lui-m\u00eame ; ou lorsque vous consid\u00e9rez la grande attaque contre Mossoul, annonc\u00e9e depuis des mois comme pour avertir l'\u00a0\u00bbennemi\u00a0\u00bb dont on sait qu&rsquo;il est en bonne partie \u00ab\u00a0ami\u00a0\u00bb sinon compl\u00e8tement financ\u00e9 par tel ou tel des attaquants, tandis que les attaquants alli\u00e9s pour l&rsquo;occasion sont en r\u00e9alit\u00e9 ennemis sur le terrain, etc., et tout cela comme si c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 l&rsquo;infini  &#8230; <strong>Les gens souffrent et meurent, les bombes explosent et tuent, les obus de m\u00eame, les soci\u00e9t\u00e9s sont d\u00e9truites et les t\u00e9moignages de pierre des civilisations pulv\u00e9ris\u00e9s, tandis que l&rsquo;ensemble se d\u00e9ploie comme une immense mise en sc\u00e8ne o&ugrave; dansent et s&rsquo;agitent Grand Cheikh et Grand-Duc de Ryad, Grand Mufti et Grand Duc d&rsquo;Ankara, Grand Notaire et Grand Duc de Paris-Elys\u00e9e, Grand-Exceptionnel Empereur et Grand Duc de la Blanche-Maison de Washington D.C<\/strong><em>&#8230; Valsez saucisses!<\/em>, &ndash; mais tristment, au contraire de ce qu&rsquo;en \u00e9crivait Paraz.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; M\u00eame chose, s&rsquo;il est n\u00e9cessaire de le dire, s&rsquo;il faut encore insister sur ce \u00ab\u00a0dossier\u00a0\u00bb, lorsque la corruption absolument \u00e9tal\u00e9e, \u00e0 ciel ouvert, directement n\u00e9goci\u00e9e dans leur souk postmoderne et institu\u00e9e comme gangr\u00e8ne totale de la civilisation, s&rsquo;institue juge du bouffon transform\u00e9 en Hitler-2016 qui vient la d\u00e9fier sans se rendre compte de ce qu&rsquo;il fut \u00e0 l&rsquo;origine, de ce qu&rsquo;il fit, et de ce qu&rsquo;il est devenu&#8230; <strong>Dans ce cas, qui est le plus bouffon dans cette m\u00eal\u00e9e \u00e9trange<\/strong>, du bouffon lui-m\u00eame ou de ceux qui pr\u00e9tendent lui faire la le\u00e7on en exposant involontairement leur propre c\u00f4t\u00e9 bouffe dont ils n&rsquo;ont m\u00eame pas la plus petite conscience dans leur arrogance-<em>hybris<\/em> g\u00e9n\u00e9rale, en agitant le poids incroyable de leur corruption comme argument pour attaquer le bouffon devenu Hitler-2016 ?<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Du sang, de la souffrance, de la mort&#8230; et le bouffe<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il est extr\u00eamement difficile de faire cohabiter aussi intimement, \u00e0 propos du m\u00eame \u00e9v\u00e9nement, une pens\u00e9e compl\u00e8tement empreinte du tragique absolument v\u00e9ridique dudit \u00e9v\u00e9nement d&rsquo;une part, et d&rsquo;autre part la dimension absolument bouffe que les psychologies inverties sous l&rsquo;influence du Syst\u00e8me, parce que trop fatigu\u00e9e pour y r\u00e9sister, y mettent comme un autre \u00e9l\u00e9ment constitutif de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, sans en avoir la moindre conscience bien entendu. Il faut pourtant s&rsquo;y forcer parce que, de cette fa\u00e7on seulement parvient-on \u00e0 comprendre, <strong>\u00e0 identifier et \u00e0 explorer le concept de trag\u00e9die-bouffe, et ainsi \u00e0 comprendre plus justement l&rsquo;\u00e9poque qui est n\u00f4tre et la nature de la crise qui affecte les <em>sapiens<\/em>, ceux que nous d\u00e9signons comme <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me dans cette \u00e9poque<\/strong>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-verite-de-situation-verite\">v\u00e9rit\u00e9-de-situation<\/a> de faire c\u00f4toyer l&rsquo;aspect tragique et la dimension bouffe pour un m\u00eame \u00e9v\u00e9nement, avec tout le poids de la faute sur le compte de la pathologie de la psychologie humaine, nous indique par ailleurs combien le concept de \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb constitue une clef d&rsquo;une utilit\u00e9 exceptionnelle. Il nous permet de mieux comprendre que la crise g\u00e9n\u00e9rale que nous affrontons, avant d&rsquo;\u00eatre une crise d&rsquo;une situation, d&rsquo;un domaine, d&rsquo;une nation\/d&rsquo;un groupe de nations, d&rsquo;une activit\u00e9, d&rsquo;une politique, d&rsquo;une strat\u00e9gie, etc., <strong>est en v\u00e9rit\u00e9 et d&rsquo;abord sinon exclusivement la crise du <em>sapiens<\/em> devenu <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me<\/strong>, et de l&rsquo;esp\u00e8ce qu&rsquo;il repr\u00e9sente, transform\u00e9e \u00e0 l&rsquo;image des Orques de Tolkien si l&rsquo;on veut ; c&rsquo;est donc bien plus qu'\u00a0\u00bbune crise\u00a0\u00bb, mais <strong>rien de moins que <\/strong><strong>la crise de la civilisation elle-m\u00eame telle que le <em>sapiens-<\/em>Syst\u00e8me l&rsquo;a transform\u00e9e<\/strong> ; non pas seulement la crise de ce que cette civilisation a engendr\u00e9 et produit selon le mouvement naturel de l&rsquo;Histoire o&ugrave; l&rsquo;esp\u00e8ce humaine a \u00e9videmment sa place sans \u00eatre une usurpation diabolique comme aujourd&rsquo;hui, mais bien la Crise G\u00e9n\u00e9rale et Finale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Cette crise sp\u00e9cifique de notre-civilisation est bien entendu enti\u00e8rement due \u00e0 l&rsquo;influence du Syst\u00e8me et de toute l&rsquo;ascendance que nous connaissons, &ndash; le \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-dechainement-de-la-matiere\">d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re<\/a>\u00a0\u00bb de la jointure des XVIII\u00e8me et XIX\u00e8me si\u00e8cles et tout ce qui y conduit ; tout cela repr\u00e9sentant \u00e9videmment l&rsquo;incursion des forces d\u00e9structurantes-dissolvantes-entropiques, ou du Mal pour prendre une terminologie \u00e9sot\u00e9rique g\u00e9n\u00e9rale, ou d&rsquo;une influence satanique pour en appeler \u00e0 une connotation plus g\u00e9n\u00e9rale, \u00e9ventuellement religieuse pour certains ; toutes ces interpr\u00e9tations ayant leur raison d&rsquo;\u00eatre et leur justification selon l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;esprit qu&rsquo;on a, et conduisant au m\u00eame constat catastrophique. Pour cette raison, le <em>sapiens<\/em> dont nous parlons, celui qui manifeste cette pathologie de la psychologie jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9duction de devenir un attribut, un outil du Syst\u00e8me, est \u00e9galement d\u00e9sign\u00e9 par nous comme <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me. Il est le figurant, le complice, la chose m\u00eame du Syst\u00e8me en partie sinon en tr\u00e8s grande partie de lui-m\u00eame, m\u00eame si une autre partie, ou une autre tr\u00e8s petite partie de lui-m\u00eame s&rsquo;insurge parfois contre cet \u00e9tat de chose, ce partage terrifiant de lui-m\u00eame qu&rsquo;il per\u00e7oit inconsciemment.) <\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p><strong>Une crise peut et doit \u00eatre une trag\u00e9die mais elle ne peut \u00eatre bouffe, \u00e0 l&rsquo;image de la bataille de Sadowa<\/strong> ; c&rsquo;est la psychologie malade du <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me qui, la distinguant comme il le fait, par des interpr\u00e9tations grossi\u00e8res faites de slogans primaires et d&rsquo;une r\u00e9duction syst\u00e9matique \u00e0 l&rsquo;affectivisme, d&rsquo;une dialectique doucereuse plaqu\u00e9e sur des <em>narrative<\/em> \u00e0 mesure, d&rsquo;une critique railleuse et persifleuse jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde dans un but de d\u00e9monisation des arguments contraires, habille la trag\u00e9die (la crise) de sa dimension bouffe comme si c&rsquo;\u00e9tait le vrai. Par cet acte <strong>qui cr\u00e9e rien de moins qu&rsquo;une id\u00e9ologie-bouffe dont l&rsquo;inspiration et le sens lui \u00e9chappent, le <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me nous indique sa volont\u00e9 inconsciente de refuser le tragique de la crise, c&rsquo;est-\u00e0-dire la v\u00e9rit\u00e9-de-situation de la crise<\/strong> ; agissant ainsi, certes, comme s&rsquo;il savait qu&rsquo;une telle reconnaissance impliquerait la mise en \u00e9vidence qu&rsquo;il est lui-m\u00eame (le <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me) une trag\u00e9die, et une trag\u00e9die de la perdition de lui-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><em>The-Donald<\/em> : le bouffon r\u00e9v\u00e8le la trag\u00e9die<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Mais un \u00e9v\u00e9nement r\u00e9cent est survenu pour nous indiquer que cet aspect bouffe pouvait \u00eatre exploit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, pour \u00eatre retourn\u00e9 contre le <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me (contre le Syst\u00e8me) qui l&#8217;emploie dans le but qu&rsquo;on a vu de r\u00e9duire la trag\u00e9die, et donc pour mettre \u00e0 nu la condition et exposer la profonde corruption qui conduit \u00e0 imposer l&rsquo;interpr\u00e9tation en trag\u00e9die-bouffe <strong>alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une trag\u00e9die pure et simple, et m\u00eame \u00e0 nulle autre pareille<\/strong>. C&rsquo;est un cheminement classique avec le Syst\u00e8me, que d&rsquo;utiliser jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame ses propres armes et de les retourner contre lui-m\u00eame : le fait est accompli et l&rsquo;on peut alors consid\u00e9rer que le ph\u00e9nom\u00e8ne de la \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb est accompli, <strong>c&rsquo;est-\u00e0-dire que le concept de trag\u00e9die-bouffe est arriv\u00e9 \u00e0 sa maturit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cet \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nement r\u00e9cent\u00a0\u00bb, c&rsquo;est Donald Trump, et ce personnage consid\u00e9r\u00e9 hors de son parcours \u00e9lectoral (qu&rsquo;il soit vainqueur ou pas le 8 novembre, &ndash; question toujours ouverte \u00e0 ce moment o&ugrave; nous \u00e9crivons ces lignes), et bien entendu hors de toute r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce que sont ses propositions politiques, \u00e0 ce que serait sa politique, etc. Trump a fait, <strong>l\u00e0 aussi involontairement et inconsciemment<\/strong>, la d\u00e9monstration de l&rsquo;invalidit\u00e9 rocambolesque du concept de \u00ab\u00a0trag\u00e9die-bouffe\u00a0\u00bb, et mettant ainsi en lumi\u00e8re, toujours de la m\u00eame fa\u00e7on involontaire et inconsciente, la pathologie tragique (le qualificatif est bienvenu) de la psychologie qui pousse \u00e0 l&rsquo;entretien de ce concept.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Lui-m\u00eame, en effet, bouffon incontestable au d\u00e9part et donc cr\u00e9ature du c\u00f4t\u00e9 bouffon de la trag\u00e9die-bouffe, d&rsquo;ailleurs sans doute entr\u00e9 en campagne pour des motifs <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/trump-aux-origines\">\u00e9galement bouffons<\/a>, a \u00e9volu\u00e9 au long de la campagne, d&rsquo;abord en devenant le repr\u00e9sentant d&rsquo;une souffrance \u00e9vidente de la population ridiculis\u00e9e d&rsquo;une mani\u00e8re sinistre par le Syst\u00e8me (<em>\u00ab\u00a0The Deplorable<\/em>\u00a0\u00bb de la sinistre cr\u00e9ature qu&rsquo;est Clinton, v\u00e9ritable Orque maquill\u00e9 en <em>sapiens<\/em>-postmoderne) ; ensuite en choisissant <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/trump-le-systeme-et-le-rubicon\">d\u00e9cisivement son camp<\/a>, devenant l&rsquo;accusateur, sur la fin de sa campagne, \u00e0 la fois de la corruption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de Washington D.C. et des terrifiantes cons\u00e9quences envisageables sans \u00e9motion particuli\u00e8re par le commun-Syst\u00e8me en cas d&rsquo;\u00e9lection de sa concurrente (la guerre, sinon <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-cote-crepusculaire-et-nucleaire\">la Troisi\u00e8me mondiale<\/a>). Il a ainsi engendr\u00e9, toujours selon l&rsquo;incertitude de l&rsquo;inconscience plus ou moins assum\u00e9e de l&rsquo;action dans ses perspectives, une situation absolument tragique pour le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme qui est le principal moteur du Syst\u00e8me. <strong>Le bouffon (le bouffe) a montr\u00e9 dans sa vraie dimension l&rsquo;immense trag\u00e9die de la Grande Crise g\u00e9n\u00e9rale dont les USA sont \u00e0 la fois le moteur, le foyer, et la victime principale par rapport \u00e0 l&rsquo;image et \u00e0 la <em>narrative<\/em> de cette puissance que le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme entretient<\/strong>. Le bouffe a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la trag\u00e9die-bouffe \u00e0 sa v\u00e9ritable et seule dimension tragique, et sugg\u00e9r\u00e9 que le reste n&rsquo;est que th\u00e9\u00e2tre mont\u00e9 par la pathologie de la psychologie du <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me ; <strong>le bouffon a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la trag\u00e9die am\u00e9ricaniste qui frappe, au nom du Syst\u00e8me, les USA et tout le monde du bloc-BAO<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Si l&rsquo;on veut une autre image, le bouffon s&rsquo;est montr\u00e9 capable d&rsquo;affronter les <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-grace-de-lhistoire-deuxieme-livre-iv\">persifleurs<\/a> type-postmoderne (Trump-Hitler, etc.), donc de les vaincre, donc de vaincre le diable et ses entreprises sans n\u00e9cessairement comprendre le sens de sa d\u00e9marche, et peut-\u00eatre m\u00eame, d&rsquo;autant mieux victorieux qu&rsquo;il n&rsquo;a pas vraiment compris le sens de sa d\u00e9marche. <strong>Le bouffon a retourn\u00e9 le bouffe contre ceux qui le cr\u00e9ent pour ne pas voir la trag\u00e9die<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Pourquoi la trag\u00e9die-bouffe ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Notre conclusion est que ce concept de trag\u00e9die-bouffe repr\u00e9sente une tentative, sans doute ultime si l&rsquo;on consid\u00e8re ses effets catastrophiques dans le sens contre-productif au plus haut niveau de puissance (le bouffon-Trump mettant \u00e0 nu la trag\u00e9die de l&rsquo;am\u00e9ricanisme), de la psychologie postmoderne infect\u00e9e et \u00e9puis\u00e9e par le Syst\u00e8me (le Mal) pour tenter de repousser la puissante ontologie, l&rsquo;essence fondamentale de la trag\u00e9die par la dimension-bouffe qu&rsquo;on lui a accol\u00e9. Le concept et l&rsquo;\u00e9tat du concept sont une mesure imparable de l&rsquo;infection et de l&rsquo;\u00e9puisement de cette psychologie de l&rsquo;homme postmoderne, du <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me, ce &laquo; <em>dernier homme <\/em>&raquo; de Nietzsche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, on peut dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une resuc\u00e9e, en beaucoup plus rapide, en beaucoup plus extr\u00eame, en beaucoup plus improvis\u00e9e, de l&rsquo;action du \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-grace-de-lhistoire-deuxieme-livre-iv\">persiflage<\/a>\u00a0\u00bb sur les psychologies tel que se manifesta ce ph\u00e9nom\u00e8ne au XVIII\u00e8me si\u00e8cle, dans le but (atteint) d&rsquo;achever l&rsquo;\u00e9puisement des psychologies pour ouvrir la voie \u00e0 la R\u00e9volution. Mais, paradoxalement (en apparence) puisque le Syst\u00e8me est en mode de surpuissance, cette tentative de subversion finale de la psychologie se fait aujourd&rsquo;hui en mode compl\u00e8tement d\u00e9fensif <strong>et produit finalement son contraire dans l&rsquo;exposition de la situation et, nous en sommes nous-m\u00eames convaincus, dans l&rsquo;\u00e9volution de la situation<\/strong> ; la raison en est que la surpuissance du Syst\u00e8me est en train de se transformer en autodestruction, et l&rsquo;apparent aspect offensif du bouffe dissimule \u00e0 peine une d\u00e9route compl\u00e8te, &ndash; et l\u00e0 se trouve le paradoxe signal\u00e9 plus haut.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le seul effet obtenu finalement est de renvoyer la dimension bouffe aux psychologies postmodernes, <strong>donc de d\u00e9montrer le caract\u00e8re faussaire et usurpateur, inverti et catastrophique, absolument d\u00e9routant d&rsquo;insignifiance de ces psychologies postmodernes<\/strong>. \u00ab\u00a0C&rsquo;est nous qui sommes bouffe\u00a0\u00bb, nous dit le <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me, et non la trag\u00e9die, \u00ab\u00a0parce que nous n&rsquo;avons pas la puissance ni le caract\u00e8re d&rsquo;accepter la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-verite-de-situation-verite\">v\u00e9rit\u00e9-de-situation<\/a> qu&rsquo;est la trag\u00e9die caract\u00e9risant notre \u00e9poque.\u00a0\u00bb La trag\u00e9die se fera et se fait sans eux, ce qui est finalement la meilleure situation possible : le <em>sapiens<\/em>-Syst\u00e8me reste dans le caniveau du bouffe tandis que passe, se d\u00e9roule et s&rsquo;impose la trag\u00e9die cosmique du monde. Tout est dit, sinon chuchot\u00e9 dans le silence qui ressemble \u00e0 celui des \u00ab\u00a0<em>Grands Cimeti\u00e8res sous la lune<\/em>\u00ab\u00a0. <\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Glossaire.dde : La trag\u00e9die-bouffe 02 novembre 2016 &ndash; Il s&rsquo;agit ici de faire la pr\u00e9sentation et l&rsquo;analyse d&rsquo;une expression avec deux aspects inhabituels pour la rubrique. 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