{"id":76943,"date":"2016-11-30T15:23:45","date_gmt":"2016-11-30T15:23:45","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/11\/30\/fillon-vu-de-moscou\/"},"modified":"2016-11-30T15:23:45","modified_gmt":"2016-11-30T15:23:45","slug":"fillon-vu-de-moscou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2016\/11\/30\/fillon-vu-de-moscou\/","title":{"rendered":"Fillon vu de Moscou"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Fillon vu de Moscou<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Un article de <em>Moscow Times<\/em>, qui n&rsquo;est certainement pas une publication aveugl\u00e9ment du parti de Poutine, donne une appr\u00e9ciation d\u00e9taill\u00e9e et qui nous semble significative de la perception qu&rsquo;on a, \u00e0 Moscou, de l&rsquo;installation extraordinairement rapide et impr\u00e9vue de Fillon sur le devant de la sc\u00e8ne politique fran\u00e7aise, avec du coup une position de force pour aborder l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2017. Le ton m\u00eame de l&rsquo;article, &ndash; publi\u00e9 <a href=\"https:\/\/themoscowtimes.com\/articles\/france-election-56292\">le 25 novembre<\/a> mais plus que jamais d&rsquo;actualit\u00e9, comme le souligne <em>Russia Insider<\/em> <a href=\"http:\/\/russia-insider.com\/en\/politics\/putins-win-win-russia-heart-frances-presidential-primaries\/ri17846\">le 30 novembre<\/a>, &ndash; tend \u00e0 nous faire penser que, pour les milieux politiques russes, les officiels et ceux des experts, F<strong>illon est une sorte de \u00ab\u00a0divine surprise\u00a0\u00bb dont l&rsquo;\u00e9lection en mai 2017 est tr\u00e8s fortement possible sinon probable<\/strong>. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cet article est \u00e9videmment l&rsquo;appr\u00e9ciation de Fillon de l&rsquo;ext\u00e9rieur, essentiellement <strong>pour sa politique ext\u00e9rieure \u00e9ventuelle et suppos\u00e9e, les principes qui la guident, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment pour le domaine des relations entre France et Russie<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En fait, l&rsquo;auteur(e) part de l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un second tour Fillon-Le Pen, consid\u00e9rant que dans ce cas c&rsquo;est comme on dit du \u00ab\u00a0<em>win-win<\/em>\u00a0\u00bb pour Moscou selon les positions des deux candidats vis-\u00e0-vis de Moscou. Puis l&rsquo;on passe au seul Fillon, cela indiquant d&rsquo;une fa\u00e7on assez nette 1) que les milieux d&rsquo;o&ugrave; viennent ces appr\u00e9ciations consid\u00e8rent Fillon comme le vainqueur probable sinon assur\u00e9 ; et 2) que cette issue ne pr\u00e9occupe nullement la direction russe, bien au contraire. Certes, les Le Pen (Marine et Marion) ont eu de nombreux contacts avec la Russie ces derni\u00e8res ann\u00e9es, avec divers d\u00e9placements \u00e0 Moscou, au contraire de Fillon, mais aucune n&rsquo;a rencontr\u00e9 Poutine alors que Fillon a des rapports personnels tr\u00e8s affirm\u00e9s avec lui, remontant \u00e0 ses ann\u00e9es de Premier ministre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;appr\u00e9ciation de la politique int\u00e9rieure de Fillon est rapidement mentionn\u00e9e, sans trop s&rsquo;y attarder, pour passer \u00e0 l&rsquo;essentiel, &ndash; la politique ext\u00e9rieure. On notera tout de m\u00eame que, dans cette vision russe, Fillon est mentionn\u00e9 comme un \u00ab\u00a0admirateur affirm\u00e9\u00a0\u00bb de Thatcher mais <strong>sans gu\u00e8re de cons\u00e9quence pour le jugement g\u00e9n\u00e9ral puisqu&rsquo;il est tout de m\u00eame class\u00e9 comme \u00ab\u00a0conservateur social\u00a0\u00bb, avec une forte composante traditionnelle<\/strong> &mdash; ce qui n&rsquo;\u00e9tait certainement pas le cas de Thatcher, en aucun cas, puisqu&rsquo;avec elle, dans son action, son possible aspect \u00ab\u00a0traditionnel\u00a0\u00bb ne jouait aucun r\u00f4le et son conservatisme \u00e9tait en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s brutal, et il ne l&rsquo;\u00e9tait que pour le b\u00e9n\u00e9fice des acteurs \u00e9conomiques, nullement pour la dimension sociale&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;article insiste sur les liens de Poutine avec Fillon, les deux ayant \u00e9t\u00e9 en m\u00eame temps Premiers ministres de leurs pr\u00e9sidents respectifs Medvedev et Sarkozy, et le ton du commentaire nous conduisant \u00e0 ressentir l&rsquo;affirmation d&rsquo;une plus grande proximit\u00e9 de Poutine avec Fillon. Jusqu&rsquo;ici, on a fait grand cas des liens Poutine-Sarko, mais avec l&rsquo;entr\u00e9e en piste de Fillon il vient \u00e0 l&rsquo;esprit que les deux personnalit\u00e9s (Poutine et Fillon) s&rsquo;accordent bien mieux que dans l&rsquo;autre cas (Poutine et Sarko) : <strong>il y a une proximit\u00e9 de comportement, sinon de caract\u00e8re<\/strong>, qui n&rsquo;existait pas dans le cas de Poutine avec Sarko ; proximit\u00e9 d&rsquo;une certaine r\u00e9serve, d&rsquo;une volont\u00e9 d&rsquo;absence de d\u00e9monstration, mais tout cela compens\u00e9 (si l&rsquo;on peut parler de \u00ab\u00a0compensation\u00a0\u00bb l\u00e0 o&ugrave; il pourrait y avoir \u00ab\u00a0compl\u00e9ment\u00a0\u00bb) par <strong>une affirmation de nettet\u00e9, de droiture et de fermet\u00e9 dans les engagements<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A la diff\u00e9rence de ce qui a \u00e9t\u00e9 souvent r\u00e9p\u00e9t\u00e9 dans la campagne concernant pr\u00e9cis\u00e9ment les liens entre la France et la Russie et sp\u00e9cifiquement eux, la chose la plus \u00e9vidente et la plus importante pour l&rsquo;analyse dans cet article concerne la position de Fillon sur la Syrie, effectivement assez ou tr\u00e8s proche (selon l&rsquo;analyste consult\u00e9) de celle de la Russie. Ce point, effectivement peu \u00e9voqu\u00e9 lors des conversations \u00e9lectorales des deux derniers mois en France <strong>repr\u00e9sente un facteur plus d\u00e9stabilisant qu&rsquo;aucun autre pour la <em>doxa<\/em>-narrativiste dominante dans les salons parisiens<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On notera un passage de cette analyse o&ugrave; Pavel Chinsky, directeur de la Chambre de Commerce franco-russe \u00e0 Moscou et consult\u00e9 comme expert sur le cas, d\u00e9veloppe une observation d\u00e9taill\u00e9e <strong>qui relie le cas Fillon \u00e0 un autre cas qui est en plein d\u00e9bat aux USA, celui du g\u00e9n\u00e9ral Flynn<\/strong>, qui vient d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9 directeur du NSC et conseiller du pr\u00e9sident Trump pour les questions de s\u00e9curit\u00e9 nationale&#8230; Ces affirmations, malgr\u00e9 leur caract\u00e8re impr\u00e9cis quoique portant sur des cas pr\u00e9cis, alimenteraient dans notre esprit l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle Flynn est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 en contact avec les Russes sur la question syrienne, selon une position tr\u00e8s proche de celle des Russes (alors qu&rsquo;une autre analyse, \u00e0 Washington, estime que Flynn est au contraire tr\u00e8s proche des <em>neocons<\/em>) : &laquo; <em>\u00ab\u00a0Sur la Syrie, Fillon a une position tr\u00e8s similaire \u00e0 celle du<\/em> [conseiller de s\u00e9curit\u00e9 nationale de Trump] <em>Michael Flynn. Flynn, qui a assist\u00e9 \u00e0 un gala au c\u00f4t\u00e9 de Poutine<\/em> [\u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration du dixi\u00e8me anniversaire du r\u00e9seau RT, en d\u00e9cembre 2015 \u00e0 Moscou],<em> avait auparavant affirm\u00e9 que les affirmations d&rsquo;une attaque chimique commise par le gouvernement syrien<\/em> [en ao&ucirc;t 2013] <em>concernaient un &lsquo;falseflag&rsquo;<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&#8230; Mais il y a surtout l&rsquo;Europe. L&rsquo;article consid\u00e8re bien entendu que Fillon a une attitude moins affirm\u00e9e que Le Pen puisqu&rsquo;il n&rsquo;envisage en rien une sortie de l&rsquo;euro ni, encore moins, une sortie de l&rsquo;UE. Un autre expert, Mikail Troitskiy, observe : &laquo; <em>\u00ab\u00a0Si la Russie veut vraiment que l&rsquo;UE \u00e9clate, alors Le Pen est l&rsquo;option la plus int\u00e9ressante&rsquo;, dit Troitskiy. Mais l&rsquo;UE restant son principal partenaire commercial, la Russie subirait de graves cons\u00e9quences si l&rsquo;UE \u00e9clatait politiquement et \u00e9conomiquement<\/em>. &raquo; Cette appr\u00e9ciation, qui correspond au standard de la vision centriste de l&rsquo;UE \u00e0 Moscou, tient peu compte de la v\u00e9rit\u00e9-de-situation qui <strong>est en train de s&rsquo;\u00e9laborer avec l&rsquo;\u00e9mergence de Fillon et les cons\u00e9quences en France sur la perception, et donc sur la psychologie collective<\/strong> conduisant \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de la politique, de la situation de l&rsquo;UE et de la France dans l&rsquo;UE dans les nouvelles perspectives qui sont ouvertes. C&rsquo;est dire qu&rsquo;on pourrait raisonner selon l&rsquo;hypoth\u00e8se que l&rsquo;\u00e9lection de Fillon comme candidat, dans les conditions o&ugrave; elle a eu lieu, <strong>a ouvert une br\u00e8che fondamentale dans la psychologie et la perception collectives, en France mais aussi dans certains cas hors de France pour \u00e9valuer la situation fran\u00e7aise<\/strong>, \u00e0 propos de la question de l&rsquo;UE.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>A cet \u00e9gard, on mentionnera un article paru <a href=\"https:\/\/euobserver.com\/political\/136048\">avant-hier 28 novembre<\/a> dans <em>EUObserver<\/em>, publication qui refl\u00e8te la \u00ab\u00a0ligne europ\u00e9enne\u00a0\u00bb aussi bien que la perception des \u00e9v\u00e9nements telle qu&rsquo;on la rencontre \u00e0 Bruxelles, dans les milieux de l&rsquo;UE. Le titre lui-m\u00eame est d\u00e9j\u00e0 indicatif de la tendance : &laquo; <em>La vision de l&rsquo;UE de Fillon : <strong>la France conduisant une \u00ab\u00a0Europe des nations\u00a0\u00bb<\/strong><\/em> &raquo;. Inutile d&rsquo;\u00e9piloguer sur le choix de la formule fameuse, et gaullienne autant que gaulliste bien entendu, puisque venue de De Gaulle lui-m\u00eame&#8230; C&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;anath\u00e8me pur et simple \u00e0 Bruxelles, de la sorte, et multipli\u00e9 par dix, qui conduisit Juncker, dans un moment plus arros\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ordinaire, \u00e0 se r\u00e9jouir du <em>Brexit<\/em>, puisque le vote faisait sortir de l&rsquo;UE un &Eacute;tat-Membre attach\u00e9 vaille que vaille au principe de la souverainet\u00e9 (du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Europe, parce que du c\u00f4t\u00e9 du \u00ab\u00a0grand-large\u00a0\u00bb, vers les USA, c&rsquo;est une autre affaire). Fillon avec en bandouill\u00e8re \u00ab\u00a0l&rsquo;Europe des nations\u00a0\u00bb,<strong> c&rsquo;est l&rsquo;horreur pure pour Bruxelles, engag\u00e9 dans une fi\u00e8vre, voire un d\u00e9lire de supranationalit\u00e9 f\u00e9d\u00e9raliste \u00e0 visage d\u00e9couvert depuis une bonne dizaine d&rsquo;ann\u00e9es<\/strong>. L&rsquo;article donne la parole \u00e0 Vivien Parusot, qui dirige \u00e0 Bruxelles le bureau r\u00e9gional de l&rsquo;IFRI parisien, qui transmet ce message sur les conceptions de Fillon : &laquo; <em>Fillon n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9 comme un grand<\/em> [partisan de l&rsquo;Europe]. <em>Bien qu&rsquo;il ne soit pas pour \u00ab\u00a0moins d&rsquo;Europe\u00a0\u00bb, Fillon ne soutient pas l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une plus grande int\u00e9gration, il est en faveur d&rsquo;une UE intergouvernemental<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En d&rsquo;autres temps, cette position eut \u00e9t\u00e9 un moindre mal pour la forteresse europ\u00e9enne de Bruxelles, et en v\u00e9rit\u00e9 le rythme, la puissance et l&rsquo;\u00e9lan de la bureaucratie europ\u00e9enne, avec l&rsquo;allant de ses chefs assur\u00e9s de leurs certitudes diverses et sans personne pour les contredire, n&rsquo;en eussent fait qu&rsquo;une bouch\u00e9e. <strong>Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est tout le contraire : la bureaucratie europ\u00e9enne, et surtout ses dirigeants, sont dans une situation path\u00e9tique ; ils d\u00e9couvrent eux-m\u00eames, chaque jour, leur d\u00e9connexion totale de la r\u00e9alit\u00e9, leur incapacit\u00e9 de pr\u00e9voir le d\u00e9veloppement d&rsquo;un courant qui les terrifie et les \u00e9v\u00e9nements que ce courant suscite au sein des plus grandes puissances du bloc-BAO<\/strong>  (l&rsquo;\u00e9lection de Trump, mais aussi l&rsquo;apparition de Fillon). Les membres de l&rsquo;UE sont de plus en plus divis\u00e9s et, surtout, surtout, <strong>ne craignent absolument plus de montre leurs divisions, et m\u00eame au contraire jugent de bonne politique de les afficher<\/strong>&#8230; Et tout cela se joue autour des probl\u00e8mes sur lesquels Fillon a construit sa victoire (souverainet\u00e9, identit\u00e9, etc., &ndash; bref, souverainisme <em>versus<\/em> globalisme).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si elle avait l ieu dans les conditions d&rsquo;une victoire indubitable, et plus encore contre Le Pen, l&rsquo;arriv\u00e9e de Fillon-\u00ab\u00a0Europe des nations\u00a0\u00bb causerait des effets incalculables. Fillon arriverait d&rsquo;une France qui, par le deuxi\u00e8me tour opposant deux candidats qui ont chacun des rapports \u00e9troits avec ce courant, aurait montr\u00e9 qu&rsquo;elle est largement \u00e0 majorit\u00e9 souverainiste. Il arriverait d&rsquo;une France probablement chauff\u00e9e \u00e0 blanc par une campagne qui aurait sans gu\u00e8re de doute tourn\u00e9 autour de la question europ\u00e9enne, ou plut\u00f4t de la crise europ\u00e9enne, avec pour la premi\u00e8re fois la politique internationale jouant un r\u00f4le central dans le d\u00e9bat de l&rsquo;\u00e9lection (Pertusot : &laquo; <em>En France, la question de l&rsquo;UE est toujours consid\u00e9r\u00e9e comme un d\u00e9bat de politique internationale<\/em> &raquo;).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans de telles conditions, une victoire de Fillon serait une perspective tr\u00e8s int\u00e9ressante dans la mesure o&ugrave; elle conduirait \u00e0 notre sens \u00e0 des effets, notamment au niveau europ\u00e9en, qui <strong>pourraient \u00eatre encore plus d\u00e9vastateurs que l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;une le Pen parce que Fillon ne se pr\u00e9sente pas comme un \u00ab\u00a0imposteur\u00a0\u00bb qu&rsquo;on peut diaboliser ou charger d&rsquo;une \u00ab\u00a0repentance\u00a0\u00bb de sa diabolisation, mais comme un homme justement venu du Syst\u00e8me<\/strong>. Il n&rsquo;est pas assur\u00e9 que l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;une Le Pen am\u00e8ne tr\u00e8s vite l&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;UE, mais il nous semble au contraire que l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;un Fillon propuls\u00e9 par le courant sont il se r\u00e9clame et qu&rsquo;il a contribu\u00e9 \u00e0 mettre en lumi\u00e8re en s&rsquo;u ins\u00e9rant victorieusement, pourrait conduire tr\u00e8s vite \u00e0 l&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;UE <strong>qui s&rsquo;av\u00e8rerait bien entendu irr\u00e9formable, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0implosion\u00a0\u00bb, de l&rsquo;int\u00e9rieur<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En attendant cette int\u00e9ressante exp\u00e9rience, on lira ci-dessous le texte de l&rsquo;article signal\u00e9 plus haut, du <em>Moscow Times<\/em> <a href=\"https:\/\/themoscowtimes.com\/articles\/france-election-56292\">du 25 novembre<\/a>. (Nous avons r\u00e9duit le titre pour des raisons techniques, mais aussi pour \u00e9carter une faute d&rsquo;inattention assez b\u00e9gnine mais qui donne une forte impression et qu&rsquo;on peut donc ainsi \u00e9carter &hellip; le titre original : &laquo; <em>Why France Will Definitely Have A Pro-Russian Government in April<\/em> &raquo;.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>dedefensa.org<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>____________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Why France Will Have A Pro-Russian Government<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>When Russian President Vladimir Putin unexpectedly canceled his trip to Paris last month, it looked as Franco-Russian relations had reached new lows. President Francois Hollande spoke of Russian war crimes; in Syria and condemned the Kremlin&rsquo;s policy in Aleppo.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Yet as Francois Fillon may win the French Republican primaries, relations between Paris and Moscow could be set to thaw in 2017. Like many Western elections this year, primaries for the French Republican party ahead of next year&rsquo;s presidential vote have provided political upset and uncertainty. The winner was man that few considered a serious contender: Francois Fillon. After managing to knock his old boss, former French president Nicolas Sarkozy, out of the race, Fillon will face a final run-off with the party&rsquo;s other presidential hopeful, Alain Juppe, this Sunday.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>If Fillon wins the party leadership contest, he will face France&rsquo;s far right candidate Marine Le Pen in the spring 2017 election. The prospect is a win-win situation for Vladimir Putin, with both Fillon and Le Pen previously proving themselves to be friendly toward the Kremlin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Russia&rsquo;s pro-Kremlin media has been rejoicing at the possibility of Francois Fillon taking over the Elysee. Moscow&rsquo;s propagandist-in-chief Dmitry Kiselyov lauded Fillon a \u00ab\u00a0friend of Russia\u00a0\u00bb In his weekly show, while Russian newspapers are rushing out headlines to boast that Paris may soon change its policy towards Moscow.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">A man with personal ties to Putin<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Francois Fillon is on first-name terms with Putin. Both men were Prime Ministers during the Sarkozy and Medvedev presidencies, when Franco-Russian relations flourished. Fillon has stressed that Russia is a \u00ab\u00a0crucial partner\u00a0\u00bb for France, and has promised to lift European sanctions imposed on Moscow following the 2014 Crimea annexation. Putin, meanwhile, has called Fillon \u00ab\u00a0outstanding.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>During their debate on Thursday, Juppe even accused Fillon of receiving support from Moscow, saying he was &quot;a little surprised&quot; Putin had &quot;chosen his candidate&quot;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0Putin respects Fillon and, in Russia, respect goes a long way,\u00a0\u00bb says Pavel Chinsky, director of Moscow&rsquo;s Franco-Russian Chamber of Commerce.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Fillon represents the conservative branch of the French right &ndash; both socially and economically. He is an open admirer of Margaret Thatcher and has been accused of being anti-gay and anti-abortion (he voted against the decriminalisation of homosexuality in 1982 and more recently against adoption rights for same-sex couples). He also describes himself as a practising Catholic.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>His social conservatism has been welcomed by Russia&rsquo;s ruling elite and the country&rsquo;s media. Yet the Kremlin is far more pleased with Fillon&rsquo;s foreign policy rhetoric &ndash; namely in the Middle East and Eastern Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Praise for Moscow&rsquo;s Syria policy<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Fillon has previously had some warm words for Moscow&rsquo;s role in Syria, claiming that Syria&rsquo;s Bashar al-Assad could form part of a solution to the country&rsquo;s ongoing civil war. He has also stressed that defeating Islamic fundamentalism should take priority over forcing Assad to leave office. When Putin cancelled his Paris visit, Fillon denounced Hollande&rsquo;s Middle East strategy. \u00ab\u00a0Islamic totalitarianism,\u00a0\u00bb he said, means that \u00ab\u00a0we needs lots of allies, including Russia.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0On Syria, Fillon is very similar to America&rsquo;s Michael Flynn [president-elect Donald Trump&rsquo;s incoming national security adviser],\u00a0\u00bb says Chinsky. Flynn, who once attended a Moscow gala alongside Putin, has previously claimed that allegations of chemical attacks by the Syrian government were a \u00ab\u00a0false flag.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Russian political analyst Mikhail Troitskiy warns that the Syria rhetoric of politicians such as Donald Trump and Francois Fillon do not indicate a real chance for cooperation in Syria. \u00ab\u00a0Criticism might subside, but uniting forces is doubtful,\u00a0\u00bb he says. Whoever has governed France, he says, has historically sided with Sunni Muslims- and is likely to continue supporting moderate Syrian rebels.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Abandoning Kiev?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Fillon has also expressed support for Moscow in the ongoing Ukrainian conflict, which he claims was \u00ab\u00a0provoked\u00a0\u00bb by the West. \u00ab\u00a0Under Fillon, France would join an alliance of EU member states who support lifting Western sanctions on Russia,\u00a0\u00bb says French analyst Nicolas Tenzer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Yet France&rsquo;s position on Ukraine is likely to depend on Germany&rsquo;s Angela Merkel&rsquo;s position come spring next year. Fillon could follow a similar path to Francois Hollande, who have never been a vocal enthusiast for Western sanctions, but has remained aligned with Brussels nonetheless. EU consensus on sanctions could also strengthen if the United States under Donald Trump becomes more detached from Europe, Troitskiy says.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">The Le Pen factor<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>The elephant in the room remains French far right candidate, Marine Le Pen. Fillon&rsquo;s conservatism may see him woo some of her supporters, but the Front National is painting his liberal economic policies as harmful to the average Frenchman.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Moscow&rsquo;s ties with the Le Pen are much stronger &mdash; and far more visible &ndash; than those with Fillon. Marine Le Pen&rsquo;s niece and rising political star Marion Le Pen traveled to Russia and met with United Russia officials earlier this month. The Front National has made no secret of its financial debts to Russia: Marine Le Pen has openly admitted to accepting Russian money to finance her campaign.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Yet which candidate would ultimately be the Kremlin&rsquo;s preferred choice? \u00ab\u00a0If Russia really wants the EU to fall apart, then Le Pen is optimal,\u00a0\u00bb says Troitskiy. But while the EU remains Russia&rsquo;s largest trading partner, Moscow will still have to bear the consequences if the EU collapses politically and economically.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Putin has never met personally with Marine Le Pen, who has been held at bay at lower levels of Russian bureaucracy, says Vladimir Frolov, a political expert based in Moscow. &quot;Fillon is not a marginal politician of the far right. He is part of the French and European establishment. He is much more effective in forwarding the Russian agenda within the EU then Le Pen would ever have been,&quot; says Frolov.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The prospect of Francois Fillon reaching office still remains a distant possibility. Yet as his rival Alain Juppe struggles to persuade French voters that a vote for Fillon is a vote for the Kremlin, he is being increasingly compared to America&rsquo;s defeated Hillary Clinton. And with former-President Sarkozy now endorsing Fillon, Moscow can only look on with bated breath. &quot;As the things stand now it is Christmas seven days a week for the Kremlin,&quot; Frolov says.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>Moscow Times<\/em><\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fillon vu de Moscou Un article de Moscow Times, qui n&rsquo;est certainement pas une publication aveugl\u00e9ment du parti de Poutine, donne une appr\u00e9ciation d\u00e9taill\u00e9e et qui nous semble significative de la perception qu&rsquo;on a, \u00e0 Moscou, de l&rsquo;installation extraordinairement rapide et impr\u00e9vue de Fillon sur le devant de la sc\u00e8ne politique fran\u00e7aise, avec du coup&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[398,8972,2926,12541,2711,2707,12540,3314,916,4590,3512,3867,12542,2609],"class_list":["post-76943","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-europe","tag-fillon","tag-flynn","tag-ifri","tag-le","tag-moscou","tag-parusot","tag-pen","tag-poutine","tag-sarkozy","tag-souverainisme","tag-syrie","tag-troitskiy","tag-ue"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76943","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76943"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76943\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76943"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76943"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76943"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}