{"id":77036,"date":"2017-01-18T06:59:04","date_gmt":"2017-01-18T06:59:04","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/01\/18\/christ-et-fetes-solaires-chez-les-ukrainiens\/"},"modified":"2017-01-18T06:59:04","modified_gmt":"2017-01-18T06:59:04","slug":"christ-et-fetes-solaires-chez-les-ukrainiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/01\/18\/christ-et-fetes-solaires-chez-les-ukrainiens\/","title":{"rendered":"Christ et f\u00eates solaires chez les Ukrainiens"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Christ et f\u00eates solaires chez les Ukrainiens<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous sommes dans la p\u00e9riode des grandes f\u00eates qui couronnent le cycle hivernal &ndash; c&rsquo;est la Naissance du Christ, le Jour de l&rsquo;An et l&rsquo;Epiphanie. Chez les slaves ces f\u00eates, sans changer leur date (le 25 d\u00e9cembre, le 1<sup>er<\/sup>  et le 6 janvier), se c\u00e9l\u00e8brent selon le calendrier de Jules C\u00e9sar (13 jours plus tard). Les coutumes li\u00e9es avec ces f\u00eates sont anciennes et portent un symbolisme profond et parfois pa\u00efen.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nos anc\u00eatres croyaient que ces jours sacr\u00e9s doivent b\u00e9nir l&rsquo;ann\u00e9e enti\u00e8re : c&rsquo;est pourquoi le chiffre &laquo; douze &raquo; tient un r\u00f4le principal dans plusieurs c\u00e9r\u00e9monies des f\u00eates de No\u00ebl. La veille de No\u00ebl, chez les Ukrainiens, porte le nom de Soir Saint &ndash; <em>sviaty vetchir. <\/em>Ce soir, chaque geste, chaque action s&rsquo;accomplissent selon la tradition mill\u00e9naire pour nous procurer, \u00e0 travers un symbolisme magique, une ann\u00e9e de prosp\u00e9rit\u00e9, de paix et de bonheur familial.  Ce soir-l\u00e0 la ma&icirc;tresse de la maison devait allumer le nouveau <strong>feu<\/strong> dans le four et sur ce <strong>feu pur<\/strong> pr\u00e9parer les <strong>douze<\/strong> plats maigres et succulents \u00e0 la fois. Les douze plats qui portent le symbolisme \u00e9vang\u00e9lique et rituel se pr\u00e9parent avec tous les produits r\u00e9colt\u00e9s de la si riche terre noire : il y a toutes les esp\u00e8ces de grains sous la forme de bouillie et de farce, il y a des l\u00e9gumes et des grains de f\u00e8ves, faits avec et sans sauces, et surtout le choux \u00e0 l&rsquo;\u00e9touff\u00e9e, les champignons comme un plat \u00e0 part et comme une garniture, le poisson r\u00f4ti, les <em>varenikis<\/em>, la kacha de sarrasin avec du lait de ch\u00e8nevis (car on reste dans car\u00eame de No\u00ebl), les galettes et bien s&ucirc;r le pain. Comme la boisson &ndash; l&rsquo;<em>ouzvar<\/em> (une boisson typiquement ukrainienne qui se pr\u00e9pare avec des fruits secs &ndash; des pommes, des poires, des cerises, des prunes et des abricots, et parfois on rajoute une petite quantit\u00e9 de miel), et aussi sans manquer la <em>koutia &ndash; <\/em>une bouillie douce \u00e0 base de grains de bl\u00e9 \u00e9cras\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi en je&ucirc;nant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;apparition de la premi\u00e8re \u00e9toile, toute la famille se pr\u00e9pare pour ce repas sacr\u00e9 en donnant gr\u00e2ce \u00e0 Dieu pour la r\u00e9colte et le beau temps.  Dans le coin on installe un <em>vertep &ndash;<\/em> la cr\u00e8che, et aussi dans les demeures des paysans &ndash; un <em>didoukh<\/em> &ndash; une gerbe du seigle ou du bl\u00e9. Le ma&icirc;tre de la maison, pour montrer son respect \u00e0 chaque \u00eatre vivant de l&rsquo;\u00e9coum\u00e8ne qui l&rsquo;aide \u00e0 travailler toute l&rsquo;ann\u00e9e et \u00e0 nourrir sa famille, distribue des portions du repas sacr\u00e9 \u00e0 chaque b\u00eate de son \u00e9table ; il commence par le chien et il n&rsquo;oublie ni les poules, ni les pigeons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici comment nous d\u00e9crit cette ancienne tradition chez les montagnards ukrainiens Michel Kotsubynskiy dans ces c\u00e9l\u00e8bres &laquo;Chevaux de feu &raquo; (Les ombres de anc\u00eatres disparus, adapt\u00e9s au cin\u00e9ma par Serguei Paradjanov) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Les animaux \u00e9taient les premiers \u00e0 go&ucirc;ter les goloubtsy (les feuilles de chou farcies), les prunes, les f\u00e8ves et les autres plats maigres pr\u00e9par\u00e9s soigneusement pour lui par Palagna. Mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas tout. Il fallait encore appeler \u00e0 table toutes les forces hostiles devant lesquelles il avait \u00e9t\u00e9 prudent toute sa vie. Ivan prenait dans une main le plat et dans l&rsquo;autre la hache, et il sortait dans la cour&hellip; Il priait la temp\u00eate d&rsquo;\u00eatre gentille et de venir chez lui au repas abondant avec les boissons fortes, \u00e0 ce d&icirc;ner sacr\u00e9 &ndash; mais les forces hostiles n&rsquo;\u00e9taient pas gentilles et elles ne venaient pas, m\u00eame si Ivan les appelait trois fois. Et ensuite il les conjurait de ne pas venir &ndash; jamais, et apr\u00e8s il pouvait respirer avec soulagement.<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>En Ukraine centrale il existe toujours une coutume d&rsquo;envoyer \u00e0 la veille de No\u00ebl les petits enfants faire un <strong>circuit<\/strong> pour visiter leurs parrains ou leurs grands-parents. Le po\u00e8te Tarass Chevtchenko le raconte dans son r\u00e9cit &laquo; Les Jumeaux &raquo; :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>La nuit avant la f\u00eate de Naissance du Christ &ndash; est une f\u00eate pour les enfants parmi tous les peuples chr\u00e9tiens, seules les rites pour la c\u00e9l\u00e9brer sont diff\u00e9rents &hellip; chez nous, apr\u00e8s le d&icirc;ner solennel, on envoie les enfants avec le pain, le poisson et l&rsquo;<strong>ouzvar<\/strong> chez les parents les plus proches, et les enfants en arrivant dans la maison disent : Bon soir &ndash; soir b\u00e9nit ! Notre p\u00e8re et notre m\u00e8re vous envoient, cher oncle et ch\u00e8re tante, ce repas sacr\u00e9 ; ensuite avec une c\u00e9r\u00e9monie on met les enfants \u00e0 table garnie des friandises maigres, on les r\u00e9gale comme des adultes, et apr\u00e8s on leur change le pain, le poisson et l&rsquo;ouzvar, et ils sortent avec c\u00e9r\u00e9monie.  Les enfants repartent chez un autre oncle, et si la famille est grande, ils reviennent \u00e0 la maison avant les matines et, bien entendu, avec des cadeaux et des monnaies nou\u00e9es dans la chemise comme des boutons.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>J&rsquo;aime beaucoup cette belle coutume. Nous avions une tr\u00e8s grande famille. D&rsquo;habitude on nous installait dans le tra&icirc;neau et toute la nuit on nous promenait d&rsquo;un parent chez l&rsquo;autre&hellip;. <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce soir m\u00eame on commence \u00e0 chanter des <em>Koliadka &ndash; <\/em>les cantiques de No\u00ebl qui ont des origines remontant aux temps pr\u00e9historiques et dont le nom vient, sans doute du romain <em>Calendae <\/em>pour c\u00e9l\u00e9brer les jours qui augmentent et chasser la nuit qui diminue. Ces chansons charmantes et \u00e9mouvantes parlent de la naissance du Christ, des \u00e9preuves de la Sainte Famille, de la rencontre des bergers et des anges, des rois-mages et de leurs cadeaux, et aussi des origines du monde dans l&rsquo;oc\u00e9an ou le fleuve primordial gard\u00e9 par le faucon ou par le paon (dans les textes plus antiques). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces chants durent jusqu&rsquo;au Nouvel An et \u00e0 la veille de cette f\u00eate les refrains des cantiques changent &ndash; car le car\u00eame est fini et on chante la soir\u00e9e g\u00e9n\u00e9reuse et abondante. Maintenant les m\u00e8res des familles peuvent pr\u00e9parer les repas avec de la viande, du lait et des &oelig;ufs : les <em>knych<\/em> &ndash; pains aux lardons, les varenikis, les saucissons, et les pirojkis. Le soir la famille se rassemble \u00e0 table et les petits enfants doivent pr\u00e9tendre que derri\u00e8re un tas \u00e9norme des pains et des pirojkis (tout cela est symbole de la prosp\u00e9rit\u00e9 dans le nouvel an), ils ne voient pas leur p\u00e8re !  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le sujet principal des chansons de cette soir\u00e9e &ndash; c&rsquo;est la rencontre de J\u00e9sus avec sa M\u00e8re <strong>pendant un d&icirc;ner ou un repas sacr\u00e9<\/strong> au cours duquel la Vierge Marie demande \u00e0 son Fils de lib\u00e9rer les \u00e2mes des p\u00e9cheurs. On chante les clefs magiques et le ciel qui s&rsquo;ouvre (dans les milieux populaires on est persuad\u00e9 que les cieux restent ouverts jusqu&rsquo;au jour d&rsquo;Epiphanie d&rsquo;o&ugrave; les batailles des d\u00e9mons et des anges pendant toute la semaine apr\u00e8s la No\u00ebl). Les chanteurs, en arrivant dans chaque maison, appellent le bon sort pour toute la famille, en commen\u00e7ant par les parents et en terminant par le plus petits &ndash; et pour eux les v&oelig;ux sont toujours plus beaux et plus longs ! Dans ces chants on retrouve le retentissement des vieux temps de la Russie Ki\u00e9vienne et des cosaques quand on \u00e9voque la chasse princi\u00e8re au faucon ou les campagnes contre les tartares.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certes, les savoureuses friandises seront un bon remerciement pour les chanteurs des cantiques ! Le jour de l&rsquo;an les gar\u00e7ons sont seuls admis comme premiers visiteurs &ndash; comme les jeunes semeurs de soleil, et du point du jour ils doivent souhaiter la bonne ann\u00e9e et r\u00e9pandre les grains de bl\u00e9 dans chaque demeure visit\u00e9e &ndash; pour attirer la bonne r\u00e9colte et le bonheur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En terminant ces m\u00e9ditations sur les f\u00eates slaves nous voulons \u00e9voquer un ancien cantique pour c\u00e9l\u00e9brer les trois piliers cosmiques de la famille on chante le p\u00e8re, la m\u00e8re et les enfants comme des \u00eatres astraux et immuables :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>O, le coucou argent\u00e9<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>A fait le tour de tous les jardins,<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Mais il en a manqu\u00e9 un.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Dans ce jardin il y a trois palais :<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Dans le premier il y a le beau soleil,<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Dans le deuxi\u00e8me &ndash; la lune claire,<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Dans le troisi\u00e8me &ndash; les petites \u00e9toiles,<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>La lune claire &ndash; c&rsquo;est le seigneur de cette maison,<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Le beau soleil &ndash; c&rsquo;est sa femme, <\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Les petites \u00e9toiles sont ses enfants !<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>O soir\u00e9e si bonne, prosp\u00e8re et g\u00e9n\u00e9reuse<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Pour la sant\u00e9 des bonnes gens et de tout le monde.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Tetyana Popova-Bonnal<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Christ et f\u00eates solaires chez les Ukrainiens Nous sommes dans la p\u00e9riode des grandes f\u00eates qui couronnent le cycle hivernal &ndash; c&rsquo;est la Naissance du Christ, le Jour de l&rsquo;An et l&rsquo;Epiphanie. Chez les slaves ces f\u00eates, sans changer leur date (le 25 d\u00e9cembre, le 1er et le 6 janvier), se c\u00e9l\u00e8brent selon le calendrier&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[2640,6245,2988,12687,12688,2716,1296],"class_list":["post-77036","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-bonnal","tag-noel","tag-orthodoxe","tag-paien","tag-tatyana","tag-tradition","tag-ukraine"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77036","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77036"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77036\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77036"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77036"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77036"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}