{"id":77119,"date":"2017-03-01T12:02:27","date_gmt":"2017-03-01T12:02:27","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/03\/01\/persecution-russe-de-la-langue-et-de-la-culture-dukraine\/"},"modified":"2017-03-01T12:02:27","modified_gmt":"2017-03-01T12:02:27","slug":"persecution-russe-de-la-langue-et-de-la-culture-dukraine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/03\/01\/persecution-russe-de-la-langue-et-de-la-culture-dukraine\/","title":{"rendered":"Pers\u00e9cution russe de la langue et de la culture d&rsquo;Ukraine"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Pers\u00e9cution russe de la langue et de la culture d&rsquo;Ukraine<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous regrettons beaucoup la guerre du Donbass qui n&rsquo;a pas de fin et toutes les tueries sem\u00e9es par la vicieuse modernit\u00e9 dans le monde slave. Dans la presse occidentale le c\u00f4t\u00e9 ukrainien est souvent mal pr\u00e9sent\u00e9, mais le point de vue russe domine dans tous les m\u00e9dias alternatifs ; ici nous voulons \u00e9clairer pour nos lecteurs patriotes les \u00e9v\u00e9nements historiques sur les rapports russo-ukrainiens, surtout dans le champ linguistique et ethnoculturel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au d\u00e9but il est n\u00e9cessaire de rappeler que le rapprochement officiel entre la r\u00e9publique des cosaques zaporogues et le royaume de Moscovie prend sa source \u00e0 partir du mars 1654, quand pendant la guerre de lib\u00e9ration nationale contre les polonais, l&rsquo;hetman d&rsquo;Ukraine Bohdan Khmelnytsky &ndash; repr\u00e9sentant des chefs des cosaques &#8211; et le gouvernement de Moscou signent un accord connu comme les &laquo; Articles du mois de mars &raquo;. Selon ce trait\u00e9 l&rsquo;Ukraine devait garder <u>son administration <\/u>dirig\u00e9e par un hetman \u00e9lectif ; <u>le droit local<\/u> devait gouverner le pays, et ni les chefs de l&rsquo;arm\u00e9e moscovite ni leur gouverneurs n&rsquo;avaient le droit de se m\u00ealer des affaires locales ; l&rsquo;Ukraine devait garder son <u>arm\u00e9e<\/u> (l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re cosaque comptait 60 000 personnes). <u>L&rsquo;Etat<\/u> ukrainien avait le droit d&rsquo;avoir des rapports avec des gouvernements \u00e9trangers (sauf la Pologne et l&#8217;empire Ottoman bien s&ucirc;r), l&rsquo;hetman \u00e9tait \u00e9lu \u00e0 vie sans demander l&rsquo;opinion du tsar, et l&rsquo;Etat ukrainien avait le droit de perception <u>des imp\u00f4ts<\/u> sur son territoire ; les repr\u00e9sentants de Moscou levaient juste le tribut fix\u00e9 dans le trait\u00e9. Le gouvernement moscovite a rompu cet accord en 1667 en signant avec la POLOGNE un nouveau trait\u00e9. Mais jamais dans les accords entre les cosaques zaporogues et le royaume de Moscou il ne s&rsquo;est agi d&rsquo;annexion ni de rattachement de l&rsquo;Ukraine au royaume de Moscou.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A cette \u00e9poque l&rsquo;Ukraine avait bien s&ucirc;r form\u00e9 sa langue particuli\u00e8re, son syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9ducation, son imprimerie, et les \u00e9critures des dossiers de tous les \u00e9tablissements \u00e9taient r\u00e9dig\u00e9s en ancien ukrainien. Les cosaques avaient install\u00e9 sur tout leur territoire des \u00e9coles et des h\u00f4pitaux ; leurs monast\u00e8res r\u00e9alisaient aussi la mission des centres d&rsquo;\u00e9ducation et de maisons de retraite pour les vieux cosaques.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors les terres des zaporogues devenaient la source principale d&rsquo;une \u00e9lite bien instruite, du clerg\u00e9 cultiv\u00e9, des musiciens et des chanteurs, des artisans, des bons ouvriers et des guerriers pour la Moscovie. Et bien que la transition sous le pouvoir russe se d\u00e9clar\u00e2t comme celle qui devait &laquo; prot\u00e9ger l&rsquo;orthodoxie &raquo;, les id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues des pouvoirs moscovites for\u00e7aient les gens de la Petite Russie qui s&rsquo;installaient \u00e0 Moscou (m\u00eame les pr\u00eatres de haut niveau et les \u00e9v\u00eaques) \u00e0 \u00eatre rebaptis\u00e9s selon la coutume moscovite &ndash; sinon leur orthodoxie ; l&rsquo;orthodoxie de Kiev, du berceau de la chr\u00e9tient\u00e9 slave, de la &laquo; m\u00e8re des villes de la Russie &raquo; n&rsquo;\u00e9tait pas assez bonne pour la cour du tsar ! (*)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A partir du XVII e si\u00e8cle le gouvernement central de Moscou commence l&rsquo;interdiction et la destruction syst\u00e9matique de la langue et de la tradition ukrainienne. Le Synode de Moscou ordonna au m\u00e9tropolite de Kiev de retirer des \u00e9glises et des monast\u00e8res ukrainiens tous les livres de l&rsquo;ancienne imprimerie cosaque en imposant les \u00e9ditions de Moscou. Plus tard, en 1627, le premier des Romanov, le tsar Mikhail, ordonne de bruler ces livres des \u00e9glises cosaques ; son successeur continue les m\u00eames interdictions en ordonnant d&rsquo;<em>ex\u00e9cuter<\/em> les auteurs et les imprimeurs de ces livres. A la m\u00eame \u00e9poque les Polonais commencent de pareilles pers\u00e9cutions contre la langue ukrainienne. Il est significatif qu&rsquo;en 1905 les Russes ont reconnu eux-m\u00eames que &laquo; la premi\u00e8re censure en Russie a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie singuli\u00e8rement pour les livres de la Petite Russie &raquo;. Ainsi les auteurs ukrainiens du  XVII e si\u00e8cle (surtout les c\u00e9l\u00e8bres \u00e9v\u00eaques et les hommes de lettres &ndash; Petro Mohila, aujourd&rsquo;hui b\u00e9atifi\u00e9 par l&rsquo;\u00e9glise orthodoxe ; Simeon Polotsky, Lasar Baranovytch et les autres)  \u00e9taient d\u00e9sapprouv\u00e9s et un anath\u00e8me \u00e9tait lanc\u00e9 contre eux.   <\/p>\n<\/p>\n<p><p>En 1709 Pierre le Grand diminue le nombre des \u00e9tudiants de l&rsquo;acad\u00e9mie Kievo-Mogylanska  de deux mille \u00e0 161 (ici il faut souligner que cette acad\u00e9mie \u00e9tait la <u>premi\u00e8re et unique universit\u00e9 pour tous les slaves de l&rsquo;Est<\/u>) et il fait transf\u00e9rer tous les professeurs de Kiev \u00e0 Moscou ; la censure pour les publications ukrainiennes devient totale. Le tsar ordonne de confisquer toutes les chartes de cosaques et tous les livres historiques, imprim\u00e9s ou \u00e9crits \u00e0 la main, qui \u00e9taient gard\u00e9s dans les anciens monast\u00e8res d&rsquo;Ukraine. Et de plus Pierre le Grand avait emprunt\u00e9 le nom grec de la Russie (Rosia) pour le grand-duch\u00e9 de Moscou. Progressivement le gouvernement publie des ordres pour interdire l&rsquo;enseignement en ukrainien, pour retirer les moindres restes des livres d&rsquo;\u00e9glises ukrainiennes. Les \u00e9coles fond\u00e9es par les g\u00e9n\u00e9raux cosaques disparaissent, et comme cons\u00e9quence, le niveau d&rsquo;instruction du peuple devient catastrophique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Plus tard toutes les archives des zaporogues furent confisqu\u00e9es (y compris les documents sur les relations entre les zaporogues et la Crim\u00e9e des tartares !). Et la Grande Katherine commence la destruction d\u00e9finitive de la Si\u00e8tche (r\u00e9gion-m\u00e8re) des zaporogues et la russification centralis\u00e9e de la Finlande, des pays baltes, de l&rsquo;Ukraine et de Smolensk (une r\u00e9gion bi\u00e9lorusse !). Elle ordonne de liquider en Ukraine l&rsquo;institution du hetman en effa\u00e7ant m\u00eame la m\u00e9moire de ce pass\u00e9 historique. Et encore il faut \u00e9voquer un choc plus destructeur pour le peuple &ndash; c&rsquo;est la r\u00e9duction au servage des paysans ukrainiens \u00e0 partir de 1780 (dix ans avant les Tartars de la Crim\u00e9e abolissaient le servage, et l&#8217;empire d&rsquo;Autriche abolissait la corv\u00e9e). La m\u00eame ann\u00e9e la plus grande et la plus vieille biblioth\u00e8que, celle de l&rsquo;acad\u00e9mie de Kiev, est br&ucirc;l\u00e9e. On \u00e9tablit le contr\u00f4le m\u00eame pour les pr\u00eatres, pour que leur langage ne sonne pas \u00e0 la mani\u00e8re ukrainienne. A ce moment Le Seym (parlement) de Pologne ferme toutes les \u00e9coles ukrainiennes, interdit les \u00e9tudes ukrainiennes \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Lviv en imposant partout la langue polonaise. Le nazisme voulut limiter la scolarit\u00e9 \u00e0 douze ans dans sa zone occup\u00e9e&hellip; Pour cr\u00e9er un esclave ad\u00e9quat, &ndash; la m\u00e9thode est toujours la m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le XIX e si\u00e8cle avec son essor de la po\u00e9sie et de la culture ukrainienne m\u00e8ne \u00e0 d&rsquo;autres ennuis. Malgr\u00e9 la tol\u00e9rance relative et l&rsquo;int\u00e9r\u00eat folklorique  (Gogol) par rapport \u00e0 la culture ukrainienne (qui tout de m\u00eame fleurissait et s&rsquo;\u00e9panouissait m\u00eame dans la capitale septentrionale de la Russie), les po\u00e8tes, les \u00e9crivains, les scientifiques \u00e9taient pers\u00e9cut\u00e9s par la police ou la justice du tsar. Exemple le plus criant : la d\u00e9portation  pour dix ans dans les d\u00e9serts kazakhs du po\u00e8te et peintre Chevtchenko &ndash; <u>ancien serf <\/u>&#8211; au grade de soldat avec <u>interdiction de dessiner et d&rsquo;\u00e9crire<\/u> !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au cours du XIX e si\u00e8cle deux documents (sans nommer les dizaines d&rsquo;autres) les plus rigoureux continuaient de lutter contre la tradition en Ukraine &ndash; c&rsquo;\u00e9taient la circulaire de Valuev sur l&rsquo;interdiction de toute \u00e9dition ukrainienne, dont &laquo; la langue n&rsquo;existait et ne peut pas exister &raquo;, interdiction presque orwellienne, suivie par l&rsquo;ordre d&rsquo;Ems qui interdisait toute importation des livres en ukrainien comme toutes traductions en ukrainien, les pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, l&rsquo;impression des textes ukrainiens pour les partitions et les interpr\u00e9tations des &oelig;uvres musicales ukrainiennes. Cet ordre imposait dans les \u00e9coles d&rsquo;Ukraine les professeurs moscovites en renvoyant les professeurs d&rsquo;origine ukrainienne dans les territoires du nord de la Russie ; cette r\u00e8gle continua de fonctionner jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 1990 de l&rsquo;\u00e9poque sovi\u00e9tique. Les pr\u00eatres et les \u00e9v\u00eaques ukrainiens connaissaient le m\u00eame sort. Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle le minist\u00e8re de l&rsquo;Education continue de fermer les \u00e9coles ukrainiennes (qui s&rsquo;ouvrent obstin\u00e9ment et qui survivent), et d&rsquo;interdire encore et encore l&rsquo;usage de la langue ; le gouvernement de Stolypine avait annonc\u00e9 la fermeture de toutes les soci\u00e9t\u00e9s culturelles ukrainiennes et les imprimeries, interdisant l&rsquo;usage de la langue dans les lieux publics. Nos voisins, les Polonais et les Roumains, n&rsquo;\u00e9taient pas en reste des Russes sur cette question, et on ne manquera pas de documents qui en t\u00e9moignent. En France aussi on conna&icirc;t la duret\u00e9 du pouvoir central contre les langues et cultures locales, consid\u00e9r\u00e9es comme coutumes ou patois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sous le communisme, apr\u00e8s une br\u00e8ve p\u00e9riode d&rsquo;ukrainisation, utile pour les bolch\u00e9viques, le gouvernement \u00e9limine tous les kobzars (po\u00e8tes-chanteurs aveugles et ambulants qui comme Hom\u00e8re portaient la sagesse du peuple dans leurs cantiques historiques et religieux). L&rsquo;extermination physique domine pendant tout le XX e si\u00e8cle. En 1933 Staline envoie un t\u00e9l\u00e9gramme pour mettre fin \u00e0 l&rsquo;ukrainisation  et commencer les r\u00e9pressions et le holodomor si connu par le nombre horrifiant de ses victimes. M\u00eame pendant les ann\u00e9es 1960 on lutte contre les &laquo; traditions de conservatisme et contre les coutumes ukrainiennes &raquo;, avec comme  cons\u00e9quence &ndash; Sib\u00e9rie pour tout le monde jusqu&rsquo;\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Soljenitsyne dans son dernier livre avait modifi\u00e9 sa position inflexible sur l&rsquo;Ukraine et sa soumission sans condition \u00e0 la Russie comme &laquo; grand fr\u00e8re &raquo; de tous les slaves ; et il avait dit &ndash; &laquo; Alors vous &ndash; les Ukrainiens comme les Bi\u00e9lorusses &ndash; vous resterez nos fr\u00e8res ! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Avec cette affirmation positive nous voulons esp\u00e9rer que la terre d&rsquo;Ukraine retrouvera la paix et que personne ne doutera de l&rsquo;existence de ce peuple, de sa langue, de ses coutumes et de ses traditions r\u00e9pandues des Carpates jusqu&rsquo;au Caucase du nord &#8211; et du haut Dnipro jusqu&rsquo;\u00e0 la mer Noire.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Tetyana Popova-Mozovska<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>Bibliographie<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(*) Miller A. I. &laquo; La question ukrainienne &raquo; dans la politique d&rsquo;\u00e9tat et dans l&rsquo;opinion publique russe (deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIX si\u00e8cle) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>M. V. Dmitriev, docteur en histoire de l&rsquo;universit\u00e9 de Moscou &ndash; &laquo; Les questions d&rsquo;histoire&raquo; 8\/2002<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La note du parlement d&rsquo;Ukraine sur les interdictions de la langue ukrainienne de 11.03.2003<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"http:\/\/www.argumentua.com\/\">www.argumentua.com<\/a> : les interdictions de la langue ukrainienne<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pers\u00e9cution russe de la langue et de la culture d&rsquo;Ukraine Nous regrettons beaucoup la guerre du Donbass qui n&rsquo;a pas de fin et toutes les tueries sem\u00e9es par la vicieuse modernit\u00e9 dans le monde slave. 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