{"id":77122,"date":"2017-03-02T12:27:26","date_gmt":"2017-03-02T12:27:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/03\/02\/les-hussards-de-la-mort\/"},"modified":"2017-03-02T12:27:26","modified_gmt":"2017-03-02T12:27:26","slug":"les-hussards-de-la-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/03\/02\/les-hussards-de-la-mort\/","title":{"rendered":"Les hussards de la mort"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Les hussards de la mort<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>02 mars 2017 &ndash; Au d\u00e9part, l&rsquo;expression d\u00e9signe une unit\u00e9 de cavalerie constitu\u00e9e pendant la Grande R\u00e9volution, mais je m&rsquo;en souviens mieux dans son emploi singulier, parce que c&rsquo;\u00e9tait le surnom que le grand as au courage insens\u00e9 de l&rsquo;aviation fran\u00e7aise de la Grande Guerre, Nungesser, avait donn\u00e9 \u00e0 son Nieuport-17, <em>Le Hussard de la Mort<\/em>. (*) Je viens de lui trouver un nouvel emploi, repassant au pluriel en en faisant une image : \u00ab\u00a0Les hussards de la mort [de la litt\u00e9rature]\u00a0\u00bb, d\u00e9signant en cela le groupe informel et en grand d\u00e9sordre, assez dispers\u00e9 d&rsquo;ailleurs, souvent avec quelques malentendus, tout cela dans l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, de 1947-1948 et <strong>je dirais symboliquement jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de Roger Nimier le 28 septembre 1961<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;habitude, \u00ab\u00a0les hussards\u00a0\u00bb sont quatre, &ndash; Nimier, Jacques Laurent, Antoine Blondin, Michel D\u00e9on, qu&rsquo;on verrait comme les Mousquetaires du m\u00eame nombre cach\u00e9, unis par une m\u00eame ind\u00e9fectible amiti\u00e9. C&rsquo;est un peu de l&rsquo;imagerie de communication, un peu du <em>FakeNews<\/em> avant l&rsquo;heure, et l&rsquo;on pourrait \u00e9noncer diverses remarques qui nuancent cette imagerie : soit ils sont beaucoup plus que quatre \u00e0 se classer comme \u00ab\u00a0hussards\u00a0\u00bb ; soit ils se distinguent comme \u00e9tant d&rsquo;une droite affich\u00e9e comme telle avec insolence essentiellement parce qu&rsquo;on se trouve dans une \u00e9poque o&ugrave; triomphe la gauche (Sartre-PCF), polici\u00e8re comme d&rsquo;habitude, avant qu&rsquo;on ne distingue des nuances politiques b\u00e9antes qui les distinguent entre eux en les s\u00e9parant (Nimier plut\u00f4t gaulliste contre l&rsquo;antigaulliste progressif jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;irr\u00e9dentisme des trois autres), et souvent des variations dans les relations (essentiellement entre Nimier et Laurent, qui ne s&rsquo;aimaient gu\u00e8re) ; soit ils proclament un style en forme d&rsquo;h\u00e9ritage, d&rsquo;Alexandre Dumas et Stendhal, \u00e0 Morand, Chardonne, Giono, Aym\u00e9, qui font d&rsquo;eux des continuateurs beaucoup plus que des \u00ab\u00a0jeunes Turcs\u00a0\u00bb en qu\u00eate de rupture ; soit ils n&rsquo;acceptent en rien le surnom qu&rsquo;avait trouv\u00e9 pour les d\u00e9signer en 1953 le jeune \u00e9crivain Bernard Frank, qui avait tout pour \u00eatre lui-m\u00eame un \u00ab\u00a0hussard\u00a0\u00bb bien qu&rsquo;\u00e9tant nettement de gauche&#8230; <strong>Les choses sont moins simples que ne laissent penser les \u00e9tiquettes convenues, cela sans surprise<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est l&rsquo;impression qui reste pour mon compte apr\u00e8s la lecture du livre <em>Au galop des hussards<\/em>, de Christian Millau (celui du fameux annuaire gastronomique Gault &#038; Millau), qui fit dr\u00f4lement partie de cette bande des ann\u00e9es fin 1940-1950 ; le livre parut en 1998 chez Bernard de Fallois, qui fut lui aussi (refrain) de cette m\u00eame bande dont on mesure ainsi les ramifications fort nombreuses&#8230; Millau a surtout tr\u00e8s bien connu et aim\u00e9 Nimier, extraordinairement dou\u00e9 et extraordinairement loyal et fid\u00e8le, sinon h\u00e9ro\u00efque dans ses amiti\u00e9s ; certainement le plus attachant et le plus myst\u00e9rieux des hussards, qui se savait atteint d&rsquo;un souffle au c&oelig;ur qui lui promettait une vie courte. Il se tua dans un accident de voiture, peu de temps apr\u00e8s Albert Camus dans les m\u00eames circonstances, alors qu&rsquo;il pr\u00e9parait l&rsquo;adaptation et les dialogues du film <em><a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/nous-sommes-tous-le-feu-follet\">Le Feu Follet<\/a><\/em>, d&rsquo;apr\u00e8s Drieu avec Maurice Ronet dans le r\u00f4le principal, que r\u00e9alisa Louis Malle terminant l&rsquo;adaptation commenc\u00e9e par Nimier. (Les trois hommes, &ndash; Nimier, Malle avant qu&rsquo;il ne tourn\u00e2t moderniste, et Ronet, &ndash; montraient une tr\u00e8s grande similitude d&rsquo;esprit et de caract\u00e8re. Ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9unis pour <em>Ascenseur pour l&rsquo;\u00e9chafaud<\/em>. Ronet et Malle furent affreusement affect\u00e9s par la mort de Nimier, qui semblait comme un symbole pr\u00e9monitoire dans le sens tragique du <em>Feu Follet<\/em>, mais en \u00e9cartant absolument un acte suicidaire dans la mort de Nimier.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais j&rsquo;en viens \u00e0 l&rsquo;essentiel apr\u00e8s avoir tent\u00e9 de montrer combien cette d\u00e9sinvolture insolente et cette insolence d\u00e9sinvolte des hussards dissimulaient \u00e0 peine une diversit\u00e9 humaine qui \u00e9carte la l\u00e9gende, et \u00e9galement, &ndash; c&rsquo;est ce qui m&rsquo;int\u00e9resse, &ndash; <strong>une sorte d&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme tragique et le sens de porter le poids terrible et le t\u00e9moignage implacable de la mort de quelque chose<\/strong>. La conclusion de Millau me donne une excellente explication de la chose, tout en me convainquant que cette appr\u00e9ciation est faite sans r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une volont\u00e9 ou \u00e0 un dessein des diff\u00e9rents hussards, <strong>comme le constat d&rsquo;une t\u00e2che accomplie sans qu&rsquo;ils en soient conscient, et m\u00eame en d\u00e9pit de ce qu&rsquo;ils affirmaient pour certains<\/strong> (Laurent, Blondin).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Essentiellement, pour Millau les hussards qui semblent plein du brio de l&rsquo;audace et de la nouveaut\u00e9 ne sont nullement le commencement de quelque chose de nouveau, justement, <strong>mais la poursuite d&rsquo;une \u00e9poque au-del\u00e0 d&rsquo;elle-m\u00eame, celle de l&rsquo;\u00e9blouissant entre-deux-guerres de la litt\u00e9rature en France<\/strong> : avec les hussards, \u00e9crit Millau, &laquo; <em>L&rsquo;avant-guerre s&rsquo;attardait aussi dans la vie litt\u00e9raire<\/em> &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Enfin, il y avait, en ce d\u00e9but des ann\u00e9es cinquante, cette \u00e9vidence : la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des \u00e9crivains de premier rang, dont la France se montrait alors exceptionnellement prodigue, appartenait \u00e0 l&rsquo;avant-guerre<\/em> &raquo;&#8230; Gide, Claudel, Mauriac, Montherlant, Morand, Cendras, Aym\u00e9, Jouhandeau, Larbaud, L\u00e9autaud, Chardonne, Cocteau, Romains, Giraudoux, Malraux, C\u00e9line, tous appartenaient \u00e0 l&rsquo;entre-deux-guerres o&ugrave; ils avaient donn\u00e9 l&rsquo;essentiel de leurs &oelig;uvres, &ndash; et m\u00eame, s&rsquo;il le faut mais pour faire triste mesure, ajoutons Aragon, joliment d\u00e9fini par Millau comme &laquo; <em>justement puni par un Prix L\u00e9nine<\/em> &raquo;. Les jeunes qui se r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent \u00e0 partir de 1945, et notamment ceux de l&rsquo;\u00e9blouissante cavalcade des hussards, \u00e9taient &laquo; <em>attach\u00e9s \u00e0 leurs ain\u00e9s par la cha&icirc;ne d&rsquo;\u00e9motion, les modes de pens\u00e9e, le vocabulaire, le style qui avaient nourri leur culture et exalt\u00e9 leur jeunesse<\/em> &raquo;. Il est vrai que le r\u00e9cit du \u00ab\u00a0galop des hussards\u00a0\u00bb se fait au rythme des rencontres sans nombre et des conversations \u00e9pistolaires de ces jeunes gens avec Chardonne, Morand, Mauriac, Aym\u00e9, C\u00e9line. Ainsi ce ph\u00e9nom\u00e8ne des ann\u00e9es d&rsquo;apr\u00e8s-guerre appara&icirc;t-il effectivement <strong>comme une construction pour la continuit\u00e9, pour la conservation, pour la survivance m\u00eame<\/strong> d&rsquo;une litt\u00e9rature qui avait fait la France si grandiose entre les deux guerres, alors que le glorieux pays pr\u00e9parait son \u00e9pouvantable effondrement de 1940&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Est-ce, &ndash; ou dans tous les cas pour laisser planer l&rsquo;effroyable hypoth\u00e8que de la France tomb\u00e9e dans les bas-fonds d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, \u00e9tait-ce une sp\u00e9cificit\u00e9 fran\u00e7aise d&rsquo;ainsi manier parall\u00e8lement, ou chronologiquement, le triomphe quasi-h\u00e9g\u00e9monique de la culture et de l&rsquo;esprit avec les plus basses-eaux de la politique ? Dans son formidable<em> From Dawn to Decadence, 500 Years of Western Cultural Life<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/jacques-barzun-ou-lamerican-dreamfracasse\">Jacques Barzun<\/a> \u00e9crit \u00e0 propos de la fin cr\u00e9pusculaire du r\u00e8gne de Louis XIV dont le terme politique catastrophique ouvrait un si\u00e8cle d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie fran\u00e7aise culturelle et esth\u00e9tique dont on conna&icirc;t toute la puissance ambigu\u00eb : &laquo; <em>Louis avait \u00e9chou\u00e9 dans sa tentative d&rsquo;\u00e9tablir une monarchie universelle, mais sans m\u00eame essayer ni le vouloir il avait conquis de vastes territoires hors de France<\/em> [o&ugrave; r\u00e9gneraient] <em>la culture et la langue fran\u00e7aises<\/em>&#8230; &raquo;)   <\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Ce que Millau d\u00e9finit ainsi, en nous donnant <strong>une clef qui ouvre sur le champ d\u00e9sol\u00e9 de notre \u00e9poque<\/strong> : &laquo; <em>Quand, autour de Nimier, les hussards, leurs fr\u00e8res ou leurs cousins, m\u00eame lointain, avaient sonn\u00e9 la charge, cela n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 nullement pour pr\u00e9cipiter la venue d&rsquo;un apr\u00e8s-guerre litt\u00e9raire qui aurait fait table rase <strong>mais, au contraire, pour s&rsquo;efforcer de le contenir<\/strong>. Moins, d&rsquo;ailleurs, par une quelconque peur de l&rsquo;inconnu des temps nouveaux, <strong>que par pressentiment du trop connu qui s&rsquo;annon\u00e7ait<\/strong>, Roger Nimier a relev\u00e9 le d\u00e9fi&#8230; <\/em>&raquo; Nous avons bien compris, nous qui vivons dans les temps-fous, ce qu&rsquo;est \u00ab\u00a0le trop connu qui s&rsquo;approchait\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce qui fait le myst\u00e8re de Roger Nimier, dont ses meilleurs amis avouaient \u00e0 sa mort n&rsquo;avoir jamais su qui il \u00e9tait vraiment (Chardonne, si proche de lui qu&rsquo;il le consid\u00e9rait presque comme un fils : &laquo; <em>Nimier, je ne le conna&icirc;trai jamais <\/em>&raquo;), <strong>c&rsquo;est la sorte d&rsquo;influence secr\u00e8te qu&rsquo;il exer\u00e7a<\/strong> et que Millau pourrait sembler deviner, par rapport au d\u00e9ferlement qu&rsquo;il pressentait, qui lui fit mettre sa jeunesse et sa fougue au service de la pr\u00e9servation de l&rsquo;h\u00e9ritage jusqu&rsquo;o&ugrave; faire se peut. En cela, Nimier <strong>comme une sorte d&rsquo;initi\u00e9 dont la mission \u00e9tait d&rsquo;abord d&rsquo;essence collective dans la continuit\u00e9 de la tradition originelle <\/strong>; en cela, cette influence et ce rayonnement jug\u00e9s \u00e9tranges et incompr\u00e9hensibles, bien plus importants que l&rsquo;&oelig;uvre elle-m\u00eame, comme s&rsquo;il devinait, Nimier, avoir une responsabilit\u00e9 m\u00e9tahistorique collective, et les hussards avec lui, qu&rsquo;il emmenait au galop. Il semble que lui seul, Nimier, se soit approch\u00e9 de cette v\u00e9rit\u00e9, lui qui \u00e9crivait en 1948 (<em>Le Grand d&rsquo;Espagne<\/em>), &laquo; <em>On s&rsquo;est employ\u00e9 depuis plus de cinquante ans \u00e0 d\u00e9montrer que rien n&rsquo;a plus de valeur, qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus d&rsquo;absolu et que tout est permis <\/em>&raquo; ; lui qui proposait &laquo;<em> un retour n\u00e9cessaire, maintenant que la barbarie s&rsquo;est d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e<\/em> &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Combat perdu d&rsquo;avance : &laquo; <em>Il a vu arriver le moment o&ugrave; la France ne parlerait plus la m\u00eame langue <\/em>&raquo;, &ndash; des insupportables pesanteurs nihilistes du <em>Nouveau Roman<\/em> aux onomatop\u00e9es hyst\u00e9riques et aux langues de plomb des temps-fous que nous vivons. Les \u00ab\u00a0hussards de la mort\u00a0\u00bb l&rsquo;\u00e9taient bien de la mort de la litt\u00e9rature, celle que l&rsquo;on ne cesse d&rsquo;annoncer et qui finalement voit <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/mort-in-absentia-de-la-litterature\">son acte de d\u00e9c\u00e8s<\/a> sign\u00e9 et contresign\u00e9, &ndash; de C\u00e9line-1933 (&laquo; &#8230;<em>de toutes les fa\u00e7ons \u00ab\u00a0la litt\u00e9rature est morte\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;) \u00e0 Houellebecq-2010 (&laquo; <em>Il est impossible d&rsquo;\u00e9crire un roman,<\/em> [&#8230;] <em>pour la m\u00eame raison qu&rsquo;il est impossible de vivre : en raison des pesanteurs qui s&rsquo;accumulent<\/em> &raquo;).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Qu&rsquo;on se rassure d&rsquo;ailleurs, m\u00eame si je parle de litt\u00e9rature, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la langue, <strong>je parle n\u00e9cessairement de notre Grande Crise et de notre contre-civilisation, car la langue en est l&rsquo;expression, la signification, la production la plus haute et la plus significative<\/strong>. J&rsquo;aime bien avoir vu redresser les hussards, comme on peut l&rsquo;interpr\u00e9ter dans ce t\u00e9moignage ; les hussards non pas comme une \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb de plus, un spasme de plus de notre \u00ab\u00a0jeunisme\u00a0\u00bb mais <strong>comme une affirmation de plus de la continuit\u00e9 de la r\u00e9sistance contre la chute, contre la d\u00e9structuration et la dissolution<\/strong>. Notre bataille \u00e0 nous vient de loin, comme celle de Nimier elle-m\u00eame venait de loin, ce qui est le propre de la continuit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les \u00ab\u00a0hussards de la mort\u00a0\u00bb n&rsquo;ont rien de fun\u00e8bre ni de lugubre : la mort fait partie de la vie dans toute sa dimension tragique, lorsque l&rsquo;on a une haute id\u00e9e de la vie. C&rsquo;est la gloire de la vie et de la r\u00e9sistance qu&rsquo;elle suscite, lorsque l&rsquo;une et l&rsquo;autre sont consid\u00e9r\u00e9es hautement, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme le service m\u00eame de l&rsquo;Esprit inspir\u00e9e par l&rsquo;intuition que nous offre la transcendance. Quelles que fussent les id\u00e9es et les sentiments parfois contraires qu&rsquo;exprim\u00e8rent les uns et les autres dans cette troupe endiabl\u00e9e, la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et la d\u00e9sinvolture des hussards \u00e9taient une gr\u00e2ce de l&rsquo;attitude ; sachant ce que je sais et en jugeant selon ce que je crois, j&rsquo;\u00e9cris fermement que cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et cette d\u00e9sinvolture <strong>rel\u00e8vent de la gr\u00e2ce tout court, c&rsquo;est-\u00e0-dire ce qu&rsquo;il y a de plus haut dans la signification de ce mot<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Note<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>(*) Charles Nungesser passait ses nuits dans les folies parisiennes, avec les belles dames, avant de courir \u00e0 son Nieuport pour chasser les Fokker et les Pfaltz allemands. Troisi\u00e8me as fran\u00e7ais avec 43 victoires a\u00e9riennes, il \u00e9tait tout contraste avec la froide d\u00e9termination d&rsquo;un Fonck (81 victoires a\u00e9riennes) et le destin tragique et le caract\u00e8re presque monacal de l&rsquo;adolescent malingre et angoiss\u00e9 Guynemer (52 victoires). Assez curieusement ou bien pr\u00e9monition du surnom choisi, Nungesser avait la d\u00e9sinvolture, l&rsquo;audace et le m\u00e9pris des hi\u00e9rarchies impos\u00e9es que montreront les \u00ab\u00a0hussards\u00a0\u00bb de la litt\u00e9rature trente ans plus tard ; \u00e9galement, un courage incroyable et un sto\u00efcisme sans \u00e9gal et presque impudent pour supporter les souffrances que lui inflig\u00e8rent ses innombrables blessures, qui fit l&rsquo;admiration des m\u00e9decins qui le soign\u00e8rent. (Au d\u00e9part, le surnom de son avion aurait pu \u00eatre \u00ab\u00a0<em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Charles_Nungesser\">Hussard de la Mors<\/a><\/em>\u00a0\u00bb : &laquo; <em>Revenu en France avant la d\u00e9claration de guerre, il s&rsquo;engage au 2e r\u00e9giment de hussards, o&ugrave; il obtient la m\u00e9daille militaire apr\u00e8s dix jours de combat. Il parvient, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 seul les lignes ennemies, \u00e0 capturer une automobile Mors et \u00e0 tuer les quatre officiers prussiens, puis \u00e0 ramener la voiture au quartier-g\u00e9n\u00e9ral de sa division avec des plans trouv\u00e9s sur les officiers prussiens. Son g\u00e9n\u00e9ral le surnomme \u00ab\u00a0le hussard de la Mors\u00a0\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cet exploit [et bien s&ucirc;r aux Hussards de la mort] et l&rsquo;autorise \u00e0 passer dans l&rsquo;aviation&#8230;\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;)<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les hussards de la mort 02 mars 2017 &ndash; Au d\u00e9part, l&rsquo;expression d\u00e9signe une unit\u00e9 de cavalerie constitu\u00e9e pendant la Grande R\u00e9volution, mais je m&rsquo;en souviens mieux dans son emploi singulier, parce que c&rsquo;\u00e9tait le surnom que le grand as au courage insens\u00e9 de l&rsquo;aviation fran\u00e7aise de la Grande Guerre, Nungesser, avait donn\u00e9 \u00e0 son&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[25],"tags":[2631,12841,5786,12835,2685,11676,12836,12839,12838,12840,3864,12837],"class_list":["post-77122","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-de","tag-entre-deux-guerres","tag-feu","tag-follet","tag-gaulle","tag-laurent","tag-malle","tag-millau","tag-nimier","tag-nungesser","tag-roger","tag-ronet"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77122","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77122"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77122\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77122"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77122"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77122"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}