{"id":77169,"date":"2017-03-29T18:01:15","date_gmt":"2017-03-29T18:01:15","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/03\/29\/de-gaulle-et-le-grand-remplacement-au-cinema\/"},"modified":"2017-03-29T18:01:15","modified_gmt":"2017-03-29T18:01:15","slug":"de-gaulle-et-le-grand-remplacement-au-cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/03\/29\/de-gaulle-et-le-grand-remplacement-au-cinema\/","title":{"rendered":"De Gaulle et le Grand Remplacement \u00a0(au cin\u00e9ma)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">De Gaulle et le Grand Remplacement  (au cin\u00e9ma)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Un des films qui montre le mieux, sous le gaullisme, le Grand Remplacement de la France sur le terrain, est le classique de Demy Les Parapluies de Cherbourg. Il montre n&ucirc;ment<strong> la fin du romantisme sur fond de grand remplacement urbain<\/strong>. Le garage organique au centre-ville, le petit magasin de parapluies ; puis la solitude am\u00e8re et le &laquo; bonheur glac\u00e9 des multinationales &raquo; avec cette station Esso perdue dans la neige, dans la banlieue de Cherbourg transform\u00e9e en m\u00e9gapole de poche. On est dans ce que j&rsquo;avais nomm\u00e9 dans mon r\u00e9cit onirique les <em>Territoires protocolaires.<\/em> Howard Kunstler a \u00e9voqu\u00e9<strong> la g\u00e9ographie du <em>nowhere<\/em>,<\/strong> du nulle part, territoire bon pour les deux clodos qui attendent Godot.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les cin\u00e9astes de la Nouvelle Vague r\u00eavaient avec Hawks et Hitchcock (qui disparurent aussi dans les ann\u00e9es soixante), et ils ont montr\u00e9 ce remplacement. C&rsquo;est le type seul dans un bar qui clope tout le temps, l&rsquo;homme-enfant Jean-Pierre L\u00e9aud, citant Marx, draguant une consommatrice, toute la journ\u00e9e coinc\u00e9 par le p\u00e9riph\u00e9rique. En 1957 Chevalier publie l&rsquo;assassinat de Paris. La grande cit\u00e9 est \u00e9ventr\u00e9e et \u00e0 la ville-lumi\u00e8re film\u00e9e par Minnelli dans un Am\u00e9ricain \u00e0 Paris ou Stanley Donen (Funny face) succ\u00e8de<strong> le pachydermique parking d\u00e9sol\u00e9 recouvert de voitures laides <\/strong>mais fabriqu\u00e9es ici par des ouvriers arabes h\u00e9las trait\u00e9s comme des arabes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Guy Debord dans la Soci\u00e9t\u00e9 du Spectacle (&sect;174) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le moment pr\u00e9sent est d\u00e9j\u00e0 celui de<strong> l&rsquo;autodestruction du milieu urbain.<\/strong> L&rsquo;\u00e9clatement des villes sur les campagnes recouvertes de &laquo; masses informes de r\u00e9sidus urbains &raquo; (Lewis Mumford) est, d&rsquo;une fa\u00e7on imm\u00e9diate, pr\u00e9sid\u00e9 par les imp\u00e9ratifs de la consommation. La dictature de l&rsquo;automobile, produit-pilote de la premi\u00e8re phase de l&rsquo;abondance marchande, s&rsquo;est inscrite dans le terrain avec<strong> la<\/strong> <strong>domination de l&rsquo;autoroute, qui disloque les centres anciens et commande une dispersion toujours plus pouss\u00e9e<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est ce que Kunstler nomme le <em>Sprawling<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le film de Godard sur la bagnole est Week-end. C&rsquo;est sur une tuerie. Je suis arriv\u00e9 en France en septembre 1972, r\u00e9veill\u00e9 du mirage tunisien, et le soir m\u00eame \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 on me montrait 1<strong>66<\/strong>10 morts allong\u00e9s, toute la population de Mazamet. C&rsquo;\u00e9taient les victimes de la guerre des bagnoles. 300 000 morts en vingt ans de bagnole, du vrai Verdun.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Godard montre une soir\u00e9e luxe \u00e0 Paris dans Pierrot le fou (son h\u00e9ros se nomme Ferdinand). Une soir\u00e9e bourgeoise branch\u00e9e ouvre le film. Les bourgeoises les seins \u00e0 l&rsquo;air fument des am\u00e9ricaines ou r\u00e9citent scolairement la pub des cosm\u00e9tiques (ah, l&rsquo;Or\u00e9al, ah, Mitterrand !) pendant que leurs <em>mecs<\/em> r\u00e9citent la pub des moteurs et des huiles moteurs. C\u00e9line, trente ans avant :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Pauvre sagouin tout saccag\u00e9 d&rsquo;expulsions de gaz, tympanique partout, tambour brim\u00e9 de convenances, surpasse un moteur en p\u00e9teries, d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;innommable promenade, de sites en bosquets du dimanche, des affol\u00e9s du transit, \u00e0 toutes allures d&rsquo;\u00e9chappements, de Lieux-dits en Ch\u00e2teaux d&rsquo;Histoire. &Ccedil;a va mal ! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pierrot le fou aussi montrera cette <em>pr\u00e9varication<\/em> automobile qui allait paralyser et polluer le monde, le centre-ville et faire de la terre un parking-poubelle, un <em>cimeti\u00e8re de voitures<\/em> pour reprendre la pi\u00e8ce d&rsquo;Arrabal. A l&rsquo;\u00e9poque cela choquait, aujourd&rsquo;hui tout le monde s&rsquo;en tamponne et <strong>se fait enfermer dans son smartphone.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur le gaullisme immobilier Godard se d\u00e9cha&icirc;na dans Deux ou trois choses qui montrent l&rsquo;\u00e9ventrement de Paris. Mais on avait d\u00e9j\u00e0 connu \u00e7a avec Haussmann et Baudelaire. On devrait comprendre que le Grand Remplacement, y compris ethnique, a d\u00e9j\u00e0 eu lieu \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, aussi bien aux USA qu&rsquo;en France. Lisez Madison Grant, Edward Alsworth Ross, red\u00e9couvrez Barr\u00e8s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Baudelaire vers 1860 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le vieux Paris n&rsquo;est plus (la forme d&rsquo;une ville<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Change plus vite, h\u00e9las ! que le c&oelig;ur d&rsquo;un mortel) ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je ne vois qu&rsquo;en esprit tout ce camp de baraques,<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces tas de chapiteaux \u00e9bauch\u00e9s et de f&ucirc;ts,<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les herbes, les gros blocs verdis par l&rsquo;eau des flaques,<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et, brillant aux carreaux, le bric-\u00e0-brac confus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 les tontons flingueurs. La France d&rsquo;Audiard n&rsquo;est pas ma tasse de th\u00e9 avec ses m\u00e8res maquerelles, ses anarchistes factices et ses anciens combattus de la vie. Mais dans le film la f\u00eate au village de la g\u00e9n\u00e9ration y\u00e9y\u00e9 vaut son pesant de cacahu\u00e8tes. La g\u00e9n\u00e9ration gaulliste assurait plus que la g\u00e9n\u00e9ration Mitterrand. A la m\u00eame \u00e9poque en plus tragique et plus jans\u00e9niste mon ma&icirc;tre Robert Bresson filmait l&rsquo;an\u00e9antissement  (de Farrebique \u00e0 Biquefarre) de la campagne et de son \u00e2me, incarn\u00e9e par un \u00e2ne, remplac\u00e9 par le v\u00e9lomoteur (on y trouve le mot voleur). C&rsquo;est Au hasard Balthazar.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je ne vais pas insister : un mauvais sociologue taperait sur le gendarme de Saint-Tropez pour d\u00e9noncer l&rsquo;adjuvant n\u00e9o-fran\u00e7ais qui maintenant prie pour que <em>les march\u00e9s<\/em> lui garantissent sa retraite. Et un c\u00e9libataire se rappellera le Pialat <em>Nous ne vieillirons pas ensemble<\/em> qui annon\u00e7ait le destin du couple postmoderne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certains appellent cela les Trente Glorieuses.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Gaulle et le Grand Remplacement (au cin\u00e9ma) Un des films qui montre le mieux, sous le gaullisme, le Grand Remplacement de la France sur le terrain, est le classique de Demy Les Parapluies de Cherbourg. Il montre n&ucirc;ment la fin du romantisme sur fond de grand remplacement urbain. 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