{"id":77262,"date":"2017-05-13T10:07:16","date_gmt":"2017-05-13T10:07:16","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/05\/13\/glossairedde-le-trou-noir-de-la-postmodernite\/"},"modified":"2017-05-13T10:07:16","modified_gmt":"2017-05-13T10:07:16","slug":"glossairedde-le-trou-noir-de-la-postmodernite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/05\/13\/glossairedde-le-trou-noir-de-la-postmodernite\/","title":{"rendered":"<em>Glossaire.dde<\/em> : Le \u201cTrou Noir\u201d de la postmodernit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\"><em>Glossaire.dde<\/em> : Le \u00ab\u00a0Trou Noir\u00a0\u00bb de la postmodernit\u00e9<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>13 mai 2017 &ndash; On vient de \u00ab\u00a0f\u00eater\u00a0\u00bb l&rsquo;anniversaire d&rsquo;un quart de si\u00e8cle des fameuses <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/\u00c9meutes_de_1992_\u00e0_Los_Angeles\">\u00e9meutes de los Angeles<\/a>, qui dur\u00e8rent six-sept jours, du 29 avril au 5-6 mai 1992, qui firent 55 morts, des centaines de bless\u00e9s, des milliers d&rsquo;arrestations, etc., qui mirent certains quartiers de cette ville dans un \u00e9tat de si\u00e8ge proche de l&rsquo;\u00e9tat de guerre, avec intervention de la Garde Nationale. Cet \u00e9v\u00e9nement propose une marque symbolique essentielle d&rsquo;une p\u00e9riode <strong>qui constitue pour nous ce que nous nommerons \u00ab\u00a0le Trou Noir de la postmodernit\u00e9\u00a0\u00bb<\/strong>, \u00e0 mettre en regard avec le \u00ab\u00a0Trou Noir du XX\u00e8me Si\u00e8cle\u00a0\u00bb figurant \u00e9gaiement dans <em>Glossaire.dde<\/em>. \u00e0 la date du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-trou-noir-du-xxeme-siecle\">21 janvier 2016<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>C&rsquo;est une marque symbolique mais c&rsquo;est \u00e9galement bien plus que cela. Notre observation et l&rsquo;interpr\u00e9tation que nous tirons des deux s\u00e9quences, <strong>des deux \u00ab\u00a0Trous Noirs\u00a0\u00bb, montrent des similitudes remarquables qui font de ce second \u00ab\u00a0Trou Noir\u00a0\u00bb, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, une r\u00e9plique (de type sismique) du premier<\/strong>, comme peut-\u00eatre la s\u00e9quence actuelle (crise US, \u00e9lection de Trump, etc.) pourrait constituer<strong> une nouvelle r\u00e9plique pr\u00e9c\u00e9dent en attendant le tremblement de terre final, ou bien celui-ci d\u00e9j\u00e0 en cours<\/strong>. Nous parlons bien d&rsquo;une interpr\u00e9tation, que nous qualifions de m\u00e9tahistorique, des \u00e9v\u00e9nements et non des \u00e9v\u00e9nements eux-m\u00eames. Bien entendu, les USA sont <strong>l&rsquo;acteur central sinon quasi-exclusif<\/strong>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Voici quelques-unes de ces similitudes :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Dans les deux cas, les USA sortent triomphants d&rsquo;une \u00ab\u00a0Grande Guerre\u00a0\u00bb (Deuxi\u00e8me Guerre mondiale et Guerre Froide). Que ce triomphe soit r\u00e9el (1945) ou faussaire (1989) importe peu puisque la perception va dans ce sens. Pourtant, voici un constat compl\u00e8tement paradoxal, valant pour la manufacture des effets psychologiques dans la population US car l&rsquo;on constate une similitude de ces effets : il s&rsquo;agit <strong>d&rsquo;un \u00e9tat d\u00e9pressif qui est \u00e9videmment compl\u00e8tement antagoniste du sentiment qui devrait couronner de telles \u00ab\u00a0victoires\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Il s&rsquo;ensuit une p\u00e9riode de repli sur soi qui, additionn\u00e9 au constat de l&rsquo;\u00e9tat d\u00e9pressif, inqui\u00e8te profond\u00e9ment les dirigeants et les pousse \u00e0 chercher, d&rsquo;une fa\u00e7on fortuite ou d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e peu importe, \u00e0 cr\u00e9er des circonstances ou des \u00e9v\u00e9nements capables de cr\u00e9er un effet de choc pouvant dissiper cet \u00e9tat d\u00e9pressif. (Cette tentation du repli de soi est en concordance avec un affaiblissement \u00e9conomique refl\u00e9tant \u00ab\u00a0en miroir\u00a0\u00bb l&rsquo;affaiblissement psychologique, soit crainte du retour de la grande D\u00e9pression en 1945, avec le ralentissement radical de l&rsquo;activit\u00e9 industrielle \u00e0 cause de la fin de production massive de guerre, soit une s\u00e9v\u00e8re r\u00e9cession \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1980 apr\u00e8s le <em>krach <\/em>boursier d&rsquo;octobre 1987.) Le rem\u00e8de est toujours le m\u00eame : <strong>la recherche d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement ext\u00e9rieur (un nouvel Ennemi) mobilisateur<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Les r\u00e9actions \u00e0 plus long terme du \u00ab\u00a0malade\u00a0\u00bb qu&rsquo;est la \u00ab\u00a0psychologie am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb, ou plut\u00f4t la \u00ab\u00a0psychologie de l&rsquo;am\u00e9ricanisme\u00a0\u00bb puisque la r\u00e9f\u00e9rence est effectivement le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, sont diverses mais elles se concr\u00e9tisent finalement par ce qu&rsquo;on pourrait juger \u00eatre, en termes m\u00e9dicaux, une r\u00e9action maniaque. <strong>Tout se passe effectivement comme dans les \u00e9tapes fluctuantes des troubles bipolaires, ou maniaco-d\u00e9pressifs<\/strong> ; dans ce cas, une r\u00e9action maniaque qui, comme dans une maniaco-d\u00e9pression, suit n\u00e9cessairement l&rsquo;\u00e9tat d\u00e9pressif et en constitue une \u00ab\u00a0sortie\u00a0\u00bb par une autre pathologie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Tout cela signifie que l&rsquo;aspect essentiel de ces \u00ab\u00a0Trous Noirs\u00a0\u00bb a essentiellement \u00e0 voir avec la psychologie de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, qui constitue le meilleur v\u00e9hicule et le meilleur symbole de la psychologie de la modernit\u00e9. La question qui se pose, beaucoup plus identifiable dans le second \u00ab\u00a0Trou Noir\u00a0\u00bb qui nous int\u00e9resse ici, concerne la cause profonde du trouble constat\u00e9. Elle est fort peu pos\u00e9e dans la mesure o&ugrave; l&rsquo;existence de ces \u00ab\u00a0Trous Noirs\u00a0\u00bb que nous identifions est compl\u00e8tement refus\u00e9e par l&rsquo;historiographie et hagiographie officielles. Nous acceptons compl\u00e8tement l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;historien excellent et tr\u00e8s ind\u00e9pendant d&rsquo;esprit qu&rsquo;est William Pfaff, lorsqu&rsquo;il identifie (en 1992) la crise en cours aux USA <strong>comme une \u00ab\u00a0crise de l&rsquo;identit\u00e9 nationale\u00a0\u00bb<\/strong>, &ndash; et, pour nous, <strong>cette crise de l&rsquo;identit\u00e9 (le qualificatif \u00ab\u00a0nationale\u00a0\u00bb n&rsquo;importe plus) \u00e9tant typiquement la marque de la crise de la psychologie de la modernit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous \u00e9tablissons ainsi une passerelle d&rsquo;identification par le biais d&rsquo;une correspondance m\u00e9tahistorique qui nous est propre entre deux p\u00e9riodes que nous jugeons \u00e0 la fois essentielles et directement li\u00e9es entre elles. Ces deux p\u00e9riodes sont d&rsquo;habitude consid\u00e9r\u00e9es d&rsquo;un point de vue historique officiel, sinon hagiographique-postmoderniste, comme ne servant qu&rsquo;\u00e0 justifier la \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb de l&rsquo;actuelle p\u00e9riode et les \u00e9v\u00e9nements qui en proc\u00e8dent, <strong>et par cons\u00e9quent d&rsquo;un point de vue et selon une pseudo-continuit\u00e9 compl\u00e8tement faussaires et invertis<\/strong>. Ce travail r\u00e9pond \u00e0 la m\u00e9thode du simulacre d\u00e9velopp\u00e9e pour litt\u00e9ralement <strong>\u00ab\u00a0fabriquer\u00a0\u00bb de toutes pi\u00e8ces une \u00ab\u00a0histoire\u00a0\u00bb<\/strong> correspondant aux imp\u00e9ratifs et <em>diktat<\/em> du d\u00e9constructionnisme postmoderne. On comprend aussit\u00f4t que notre m\u00e9thodologie fond\u00e9e sur des s\u00e9quences m\u00e9tahistoriques autonomes \u00e0 relier entre elles suppose une compl\u00e8te r\u00e9criture de cette hagiographie-postmoderne qui n&rsquo;existe que dans le sens faussaire et inverti, &ndash; <strong>expression ironiquement oxymorique<\/strong> puisque le \u00ab\u00a0sens faussaire et inverti\u00a0\u00bb dont nous parlons, celui du d\u00e9constructionnisme postmoderne, par d\u00e9finition, litt\u00e9ralement et totalitairement, <strong>ne peut avoir aucun sens puisqu&rsquo;il est absence de sens<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 fait ce travail pour le \u00ab\u00a0Trou Noir du XX\u00e8me Si\u00e8cle\u00a0\u00bb couvrant la p\u00e9riode 1945-1948. Nous le faisons maintenant pour la p\u00e9riode approximativement des ann\u00e9es 1990, mais que nous situerions plus pr\u00e9cis\u00e9ment entre la crise de r\u00e9cession \u00e9conomique commen\u00e7ant aux USA en 1988-1989, avec la crise de l&rsquo;identit\u00e9 nationale ouverte \u00e0 l&rsquo;automne1991, et l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001. L\u00e0 encore, comme pour le \u00ab\u00a0Trou Noir du XX\u00e8me Si\u00e8cle\u00a0\u00bb, les USA sont l&rsquo;acteur principal sinon exclusif.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>______________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Au bord du \u00ab\u00a0Trou noir\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Effectivement, avant d&rsquo;aborder les circonstances et la dynamique g\u00e9n\u00e9rale qui nous fait parler d&rsquo;un \u00ab\u00a0Trou Noir\u00a0\u00bb, il nous para&icirc;t important de d\u00e9terminer quel \u00e9tait l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit du principal acteur de cette s\u00e9quence, les USA. L&rsquo;hagiographie de la p\u00e9riode nous montre une Am\u00e9rique triomphante, poussant son \u00ab\u00a0adversaire\u00a0\u00bb sovi\u00e9tique dans ses derniers retranchements pour finalement l&#8217;emporter triomphalement en 1989-1991, c&rsquo;est-\u00e0-dire une Am\u00e9rique ayant imm\u00e9diatement compris le processus en cours en URSS, la personnalit\u00e9 de Gorbatchev et son action, et comptant bien en profiter strat\u00e9giquement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Il n&rsquo;y a rien, absolument rien de plus faux<\/strong>. Les gens normalement honn\u00eates et loyaux, et dot\u00e9s d&rsquo;une bonne m\u00e9moire, qui ont v\u00e9cu cette p\u00e9riode ne peuvent qu&rsquo;en convenir : <strong>nous ne v&icirc;mes rien venir du ph\u00e9nom\u00e8ne Gorbatchev, absolument rien, et sans arr\u00eat emport\u00e9 par ses initiatives. Nous ne s&ucirc;mes absolument rien appr\u00e9cier, absolument rien, des cons\u00e9quences de sa politique<\/strong>. En septembre 1989, deux mois avant la chute du Mur, la conception g\u00e9n\u00e9rale dans ce qui est le bloc-BAO \u00e9tait que la r\u00e9unification allemande ne se ferait pas avant l&rsquo;an 2000 ; quant \u00e0 la chute de l&rsquo;URSS, elle n&rsquo;\u00e9tait pas au programme. (Une seule voix discordante dans cette unanimit\u00e9, celle du g\u00e9n\u00e9ral Vernon Walters, ancien interpr\u00e8te [fran\u00e7ais principalement, qu&rsquo;il parlait admirablement] de plusieurs pr\u00e9sidents, ancien n&deg;2 de la CIA, alors ambassadeur en RFA, \u00e0 Bonn : en septembre 1989, il estimait la chute de la RDA imminente et la r\u00e9unification de l&rsquo;Allemagne pour les 2-3 ann\u00e9es \u00e0 venir. Son point de vue \u00e9tait absolument marginalis\u00e9 sinon ridiculis\u00e9 au d\u00e9partement d&rsquo;Etat.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Simplement \u00e0 \u00e9noncer ces conditions, on comprend que la th\u00e8se selon laquelle les USA mont\u00e8rent une strat\u00e9gie de d\u00e9pense d&rsquo;armements nouveaux pour essouffler l&rsquo;\u00e9conomie sovi\u00e9tique dans une \u00ab\u00a0course aux armements\u00a0\u00bb et la faire s&rsquo;effondrer \u00e9tait compl\u00e8tement irr\u00e9aliste puisque l&rsquo;analyse de la situation \u00e9tait \u00e0 ce point faussaire. De toutes les fa\u00e7ons, l&rsquo;administration Reagan, qui avait lanc\u00e9 un programme de r\u00e9armement en 1981 (quatre ans avant Gorbatchev), avec notamment une initiative strat\u00e9gique majeure (la SDI, ou \u00ab\u00a0guerre des \u00e9toiles\u00a0\u00bb), le poursuivait \u00e0 son rythme normal, et m\u00eame connaissant <strong>un peu d&rsquo;essoufflement<\/strong> \u00e0 partir de 1985 tandis que le programme SDI commen\u00e7ait \u00e0 montrer <strong>sa r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;inexistence<\/strong> derri\u00e8re la pouss\u00e9e de communication. Par ailleurs, d\u00e8s 1986 cette administration Reagan <strong>\u00e9tait compl\u00e8tement sur la d\u00e9fensive et paralys\u00e9e, avec un scandale <em>Irangate <\/em>qui la secoua jusqu&rsquo;au pr\u00e9sident lui-m\u00eame, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de son mandat<\/strong> ; avec une situation financi\u00e8re tr\u00e8s tendue caract\u00e9ris\u00e9e par <strong>l&rsquo;\u00e9norme crash boursier de 1987<\/strong>, annon\u00e7ant une d\u00e9gradation \u00e9conomique jusqu&rsquo;\u00e0 des conditions de r\u00e9cession durant jusqu&rsquo;en 1992 ; avec un puissant courant psychologique et intellectuel tr\u00e8s pessimiste de <strong>la perception d&rsquo;un d\u00e9clin am\u00e9ricain in\u00e9luctable<\/strong> symbolis\u00e9 par le livre <em>best-seller<\/em> de Paul Kennedy <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Naissance_et_d\u00e9clin_des_grandes_puissances\"><em>Naissance et d\u00e9clin des grandes puissances<\/em><\/a> (1987).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La r\u00e9alit\u00e9 est que l&rsquo;URSS avait abandonn\u00e9 <strong>tout espoir dans une \u00ab\u00a0course aux armements\u00a0\u00bb d\u00e8s 1981-1982, \u00e0 cause des conditions \u00e9conomiques et sociales engendrant une paralysie technologique<\/strong>. Ce sont ces conditions qui aliment\u00e8rent la mise au point de la politique de Gorbatchev de recherche d&rsquo;un d\u00e9sarmement g\u00e9n\u00e9ral, qu&rsquo;il mit en application d\u00e8s son arriv\u00e9e au poste de secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du PC de l&rsquo;URSS en mars 1985, et nullement la pouss\u00e9e des USA au niveau des armements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ci-dessous, on trouvera deux textes ou extraits de textes qui d\u00e9veloppement cette argumentation en donnant diverses pr\u00e9cisions et en explicitant comment la distorsion compl\u00e8te de l&rsquo;histoire-vraie de cette p\u00e9riode fut effectu\u00e9e par les fractions les plus bellicistes de l&rsquo;<em>establishment<\/em> US <strong>bien apr\u00e8s la chute de l&rsquo;URSS<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><em>Narrative<\/em> US : la victoire sur l&rsquo;URSS<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230; <em>Bien entendu, il s&rsquo;agit d&rsquo;une architecture psychologique \u00e9poustouflante, animant une politique \u00e0 partir de perceptions extraordinairement subjectives. Le cas est d&rsquo;autant plus faussaire que ces perceptions subjectives sont nourries par une analyse politique et strat\u00e9gique pour le moins contestable, et en fait compl\u00e8tement faussaire elle-m\u00eame. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;analyse, colport\u00e9e depuis [la fin des] ann\u00e9es 1990, que l&rsquo;URSS s&rsquo;est effondr\u00e9e dans les ann\u00e9es 1980 \u00e0 cause de l&rsquo;effort de d\u00e9pense militaire qui lui fut impos\u00e9 par les d\u00e9penses militaires et la soi-disant sup\u00e9riorit\u00e9 technologique US, essentiellement \u00e0 partir de 1982-83 (essentiellement \u00e0 partir du \u00ab\u00a0d\u00e9fi\u00a0\u00bb budg\u00e9taire et technologique que fut la SDI [\u00ab\u00a0guerre des \u00e9toiles\u00a0\u00bb] lanc\u00e9e par Reagan le 23 mars 1983).<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>L&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS est un \u00e9v\u00e9nement historique ambigu\u00eb, toujours ouvert \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation. L&rsquo;explication budg\u00e9taire des \u00ab\u00a0faucons\u00a0\u00bb US, notamment n\u00e9o-conservateurs, avait comme premier but de justifier les d\u00e9penses militaires de l&rsquo;\u00e8re Reagan et leur poursuite apr\u00e8s la fin de la Guerre froide, en les parant d&rsquo;une vertu per se. Nous estimons que cette interpr\u00e9tation est un pur sophisme. L&rsquo;effort militaire de Reagan ne peut avoir d\u00e9clench\u00e9 en r\u00e9ponse un effort budg\u00e9taire sovi\u00e9tique suffisant pour provoquer l&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS aussi rapide; le temps lui a manqu\u00e9 pour faire sentir d&rsquo;\u00e9ventuels effets importants et les chiffres budg\u00e9taires de l&rsquo;URSS ne le montrent absolument pas. Au contraire, tout montre que l&rsquo;action de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=5117\">Gorbatchev<\/a> et de sa glasnost a constitu\u00e9 le moteur essentiel de l&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS. (Au reste, la d\u00e9gradation \u00e9conomique de l&rsquo;URSS \u00e0 cause des d\u00e9penses d&rsquo;armement \u00e9tait un \u00e9tat end\u00e9mique largement accomplie avant l&rsquo;arriv\u00e9e de Reagan <strong>puisque c&rsquo;est le constat m\u00eame de cette situation, en 1981-82, au cours d&rsquo;une enqu\u00eate serr\u00e9e, qui conduisit Gorbatchev \u00e0 concevoir ses projets de r\u00e9forme qui eurent raison du communisme<\/strong>. Le syst\u00e8me sovi\u00e9tique, lui-m\u00eame compl\u00e8tement faussaire, <strong>aurait pu durer si Gorbatchev n&rsquo;\u00e9tait intervenu en lui imposant la confrontation avec la r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire en l&rsquo;attaquant d&rsquo;abord par la psychologie <\/strong>[glasnost].)<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/narrative-us-lurss-defaite-en-1989-comme-lallemagne-en-1945-6\">2 juillet 2008<\/a>)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La victoire US sur l&rsquo;URSS, une imposture<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>La th\u00e8se g\u00e9n\u00e9ralement admise sur la fin de l&rsquo;URSS est que l&rsquo;effort militaire US mit \u00e0 genoux les finances de l&rsquo;URSS et for\u00e7a ce pays \u00e0 se lancer dans un processus de d\u00e9sint\u00e9gration. Cette th\u00e8se alimenta et justifia l&rsquo;effort militaire et la politique expansionniste US depuis la fin de la Guerre froide. Les archives NSA (National Security Archives) viennent de mettre \u00e0 jour <a href=\"http:\/\/www.gwu.edu\/~nsarchiv\/NSAEBB\/NSAEBB314\/index.htm\">des documents<\/a> qui montrent que cette th\u00e8se fut invent\u00e9e de toutes pi\u00e8ces<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>RAW Story<\/em><em>, du <a href=\"http:\/\/rawstory.com\/rs\/2010\/0429\/reagan-hyped-soviet-failures-threats\/\">29 avril 2010<\/a> fait un rapport de ces documents<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0In its efforts to keep Congress funding huge military budgets in the 1980s, the Reagan administration exaggerated the threat from the Soviet Union&rsquo;s military projects, newly published documents show.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Documents posted online Thursday at the National Security Archives chronicle a Soviet physicist&rsquo;s efforts to dispel claims about the USSR&rsquo;s secretive weapons programs by bringing US officials to Russia to examine top-secret weapons sites. Those tours, which took place around 1987, &lsquo;showed that the Reagan administration had exaggerated Soviet capabilities and also that the Soviet military machine was not as technologically advanced as had been thought,&rsquo; the National Security Archives stated in a press release.<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Many historians argue that the Reagan administration&rsquo;s hyping of the Soviet threat and its efforts to build the space-based Strategic Defense Initiative (&lsquo;Star Wars&rsquo;) amounted to a &lsquo;bluff&rsquo; that was nonetheless successful in pushing the Soviet Union into backing off from the Cold War. The newly-released documents show just how truly incapable the Soviet Union was of matching US military power, despite its ambitious projects. The documents show that Soviet physicist Yevgeny Velikhov, who had brought US officials to a number of Soviet military sites, had tried to persuade the central committee of the Communist Party to allow Americans to tour the testing facility at Saryshagan, which was at the heart of US claims about a Soviet space missile plan.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>&lsquo;The documents show the Soviet government rejected the request, but not because it was trying to hide a major new military capability. Rather, the American visitors would quickly realize the Soviet equipment was really quite old,&rsquo; the National Security Archives state. &lsquo;The only thing to hide at Sary Shagan was the painful truth: Soviet technology was way behind.'\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Ainsi appara&icirc;t peu \u00e0 peu la r\u00e9alit\u00e9 de la fin de la Guerre froide. Jusqu&rsquo;ici, la narrative nous donnait \u00e0 penser, dans le sens conformiste des choses de type neocons, Cold Warriors et assimil\u00e9s, que les USA avaient conduit dans les ann\u00e9es 1980 une forme de la course \u00e0 l&rsquo;armement (ce qu&rsquo;ils ont fait de leur c\u00f4t\u00e9, et avec assiduit\u00e9 mais seuls&hellip;). L&rsquo;id\u00e9e est que les Sovi\u00e9tiques avaient essay\u00e9 de suivre, s&rsquo;\u00e9taient \u00e9puis\u00e9s et s&rsquo;\u00e9taient effondr\u00e9s. La recette \u00e9tait donc trouv\u00e9e: d\u00e9veloppez les armements au maximum et vous emporterez la victoire, et vous assurerez l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie des USA<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>C&rsquo;est sur cette id\u00e9e<\/em> [fondamentale] <em>que fut d\u00e9velopp\u00e9e toute la politique maximaliste et belliciste de l&rsquo;administration GW Bush dans les ann\u00e9es 2000, apr\u00e8s une ouverture non n\u00e9gligeable de l&rsquo;administration Clinton dans les ann\u00e9es 1996-2000, et cela apr\u00e8s une tentative de l&rsquo;administration Bush-p\u00e8re (Guerre du Golfe, 1990-1991). C&rsquo;est sur <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_role_de_reagan_dans_l_effondrement_du_communisme_07_06_2004.html\">cette id\u00e9e<\/a> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-precisions_sur_gorbatchev_et_la_fin_de_la_guerre_froide_10_11_2007.html\">fondamentale<\/a> que repose toute la logique de la politique expansionniste, h\u00e9g\u00e9moniste et belliciste des USA depuis effectivement les ann\u00e9es 1990 (par exemple, depuis le document Wolfowitz de mars 1992 dont un exemplaire fut donn\u00e9e au New York Times \u00e0 cette \u00e9poque et fit grand bruit, &ndash; voir le texte &lsquo;To Finish in a Burlesque of an Empire&rsquo;, de William Pfaff datant de mars 1992 et mis en ligne sur ce site le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-quelques_notes_en_1992_sur_la_crise_americaine_post-guerre_froide_qui_n_a_jamais_ete_resolue_et_qui_conduit_a_9_11_par_william_pfaff_23_11_2003.html\">23 novembre 2003<\/a>). Ainsi toute la politique d\u00e9velopp\u00e9e depuis la fin de la Guerre froide repose sur un gigantesque montage fait \u00e0 ciel ouvert, sans \u00ab\u00a0complot particulier\u00a0\u00bb; cela ne surprendra que ceux dont la profession, dans le m\u00e9tier d&rsquo;analyste et de journaliste, semble \u00eatre d&rsquo;\u00eatre en g\u00e9n\u00e9ral surpris par les mises \u00e0 jour des montages sans nombre qui constituent l&rsquo;essentiel de la politique am\u00e9ricaniste-occidentaliste et se r\u00e9sument \u00e0 une d\u00e9formation sans vergogne de l&rsquo;Histoire<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Dans le m\u00eame sens, il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de pr\u00eater \u00e0 Reagan des visions \u00e0 si longue vue que son r\u00e9armement des ann\u00e9es 1980, avec les fausses estimations des forces sovi\u00e9tiques et de l&rsquo;effort sovi\u00e9tique qui vont avec, aurait constitu\u00e9 un \u00ab\u00a0complot\u00a0\u00bb comprenant les prolongements qu&rsquo;on d\u00e9crit ici. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;abord pour lui d&rsquo;obtenir l&rsquo;aval du Congr\u00e8s pour le vote des budgets et il \u00e9tait n\u00e9cessaire d&rsquo;exag\u00e9rer outrageusement l&rsquo;effort sovi\u00e9tique d&rsquo;armements, sans penser au-del\u00e0 des ann\u00e9es fiscales qui d\u00e9filaient. Ce sont les groupes id\u00e9ologiques (neocons et autres) qui s&#8217;empar\u00e8rent <\/em>[plus tard dans les ann\u00e9es 1990]<em> de cette situation et en firent, en utilisant avec habilet\u00e9 le syst\u00e8me de la communication, une th\u00e9orie selon laquelle la production d&rsquo;armement est le plus s&ucirc;r moyen d&rsquo;assurer la s\u00e9curit\u00e9 US et la politique d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie qui est le plus s&ucirc;r garant de cette s\u00e9curit\u00e9, en r\u00e9pandant de par le monde, par la force, le mod\u00e8le am\u00e9ricaniste<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>L&rsquo;histoire de l&rsquo;apr\u00e8s-Guerre froide et les temps que nous vivons sont donc bas\u00e9s sur une imposture sans doute sans pr\u00e9c\u00e9dent dans le domaine de la d\u00e9formation de l&rsquo;Histoire. C&rsquo;est la raison pour laquelle la crise d\u00e9clench\u00e9e par cette imposture est d&rsquo;une violence telle qu&rsquo;on peut parler de crise de civilisation. L&rsquo;id\u00e9e que la force soumettrait le monde au mod\u00e8le de l&rsquo;am\u00e9ricanisme est l&rsquo;aboutissement de la politique d'\u00a0\u00bbid\u00e9al de puissance\u00a0\u00bb conduite par ce qui est devenu un syst\u00e8me anthropomorphique sans la moindre restriction dans ses activit\u00e9s d\u00e9structurantes. La violence de la pouss\u00e9e est telle, les moyens employ\u00e9s l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 si stupidement et maladroitement, que les avatars naturels \u00e0 cet usage n&rsquo;ont cess\u00e9 de se multiplier et ont provoqu\u00e9 des crises dans tous les domaines qui se r\u00e9unissent en une crise g\u00e9n\u00e9rale de la civilisation. La violence de l&rsquo;offensive, elle, a \u00e9t\u00e9 telle qu&rsquo;elle a suscit\u00e9 une r\u00e9sistance d&rsquo;autant plus efficace que cette offensive s&rsquo;est montr\u00e9e totalement inefficace et en g\u00e9n\u00e9ral compl\u00e8tement contre-productive. Nous arrivons au terme de l&rsquo;imposture et les documents des National Security Archives sont l\u00e0 pour nous donner un mode d&#8217;emploi de plus de cette catastrophe de la civilisation am\u00e9ricaniste-occidentaliste<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>______________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Victoire dans le Golfe, \u00e9meutes \u00e0 L.A.<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous revenons \u00e0 ce qui nous servit d&rsquo;introduction \u00e0 ce <em>Glossaire.dde <\/em>sur le \u00ab\u00a0Trou Noir de la Modernit\u00e9\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire les \u00e9meutes de Los Angeles d&rsquo;avril-mai 1992. Ces \u00e9meutes sont tr\u00e8s particuli\u00e8res. Elles ne se placent pas dans un cycle d&rsquo;\u00e9meutes, comme dans les ann\u00e9es 1960 et si l&rsquo;argument racial classiques est l\u00e0 (les \u00e9meutes commenc\u00e8rent avec le tabassage d&rsquo;un Africain-Am\u00e9ricain, Rodney King, par la police de L.A.), il fut loin d&rsquo;\u00eatre le seul, ni m\u00eame le principal moteur de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. (D&rsquo;ailleurs, 50% des arrestations concern\u00e8rent des <em>Latinos<\/em>, contre 35% d&rsquo;Africains-Am\u00e9ricains.) Les conditions \u00e9conomiques, la pauvret\u00e9, le ch\u00f4mage, etc., furent \u00e9galement des causes puissantes, sinon sup\u00e9rieures au facteur racial. En fait, ce \u00ab\u00a0facteur racial\u00a0\u00bb montra qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait transform\u00e9 en \u00ab\u00a0facteur communautaire\u00a0\u00bb mettant en question l&rsquo;\u00e9volution communautariste effr\u00e9n\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9 US. On vit durant ces \u00e9meutes, mis \u00e0 part les forces de l&rsquo;ordre, des affrontements violents entre communaut\u00e9s, notamment la communaut\u00e9 nouvellement install\u00e9e des Asiatiques-Am\u00e9ricains qui form\u00e8rent des milices arm\u00e9es pour d\u00e9fendre leurs biens divers contre les bandes de pillards des autres communaut\u00e9s. Enfin, la violence de l&rsquo;\u00e9meute, avec des conditions proches des conditions de guerre urbaine qui s&rsquo;expliquent par les divers caract\u00e8res \u00e9num\u00e9r\u00e9s ci-dessus, fut tout \u00e0 fait exceptionnelle et, pendant une semaine, L.A. fut une vitrine visible partout <strong>d&rsquo;une marque symbolique profonde d&rsquo;un non moins profond malaise am\u00e9ricain<\/strong> (chaque passager d&rsquo;un avion atterrissant \u00e0 Los Angeles pouvait voir les fum\u00e9es des tr\u00e8s nombreux incendies provenant des quartiers touch\u00e9s).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est finalement l&rsquo;aspect le plus important de ces \u00e9meutes, et le symbole du \u00ab\u00a0profond malaise am\u00e9ricain\u00a0\u00bb de 1992 (en fait, 1989-1995) vient jusqu&rsquo;\u00e0 nous avec cet anniversaire d&rsquo;un quart de si\u00e8cle, dans <strong>une Am\u00e9rique plong\u00e9e dans une crise tr\u00e8s profonde<\/strong>. Contrairement \u00e0 l&rsquo;histoire officielle r\u00e9\u00e9crite depuis par les hagiographes du Syst\u00e8me qui nous assomment avec le triomphe du lib\u00e9ralisme (et des USA, et du Syst\u00e8me) sur l&rsquo;URSS et le communisme, <strong>les USA notamment furent au contraire plong\u00e9s, dans les ann\u00e9es de l&rsquo;apr\u00e8s-Guerre froide, dans une crise d&rsquo;identit\u00e9 majeure qui a disparu depuis de la m\u00e9moire historique officielle et recycl\u00e9e qui ne parle plus que de la \u00ab\u00a0victoire des USA sur l&rsquo;URSS\u00a0\u00bb, simulacre total de ce que fut r\u00e9ellement l&rsquo;\u00e9poque<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans ce paysage, les campagnes militaires \u00e9clairs (en d\u00e9cembre 1989 au Panama puis la premi\u00e8re Guerre du Golfe) nous apparaissent, parmi d&rsquo;autres arguments, principalement comme <strong>des tentatives de cr\u00e9er une dynamique de puissance hors-URSS (hors de la \u00ab\u00a0menace communiste\u00a0\u00bb), notamment comme levier de relance de l&rsquo;\u00e9quilibre psychologique des USA<\/strong>. Les deux op\u00e9rations furent largement provoqu\u00e9es, la premi\u00e8re pour se saisir du colonel Noriega, impliqu\u00e9 dans un trafic de drogue o&ugrave; la famille Bush jouait son r\u00f4le ; la seconde, la Guerre du Golfe fut \u00e9videmment beaucoup plus ambitieuse et fut clairement provoqu\u00e9e en attirant Saddam Hussein dans un pi\u00e8ge&#8230; La validit\u00e9 de la cause de ce conflit suppos\u00e9e \u00eatre le contr\u00f4le des p\u00e9troles d&rsquo;Irak\/du Moyen-Orient souffre de la conduite de l&rsquo;administration Bush p\u00e8re arr\u00eatant la guerre sans inqui\u00e9ter Saddam Hussein, et le laissant ensuite relativement peu inqui\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire n&rsquo;installant aucune situation r\u00e9ellement et structurellement nouvelle quant au contr\u00f4le de la production p\u00e9troli\u00e8re apr\u00e8s la victoire de mars 1991. (Le Central Command, install\u00e9 en 1980 \u00e0 la suite de l&rsquo;invasionsovi\u00e9tique de l&rsquo;Afghanistan, assurait d\u00e9j\u00e0 largement le contr\u00f4le strat\u00e9gique de toute la r\u00e9gion.) Il est vrai que <strong>les USA, selon nous, ont beaucoup moins besoin de mati\u00e8re (y compris \u00ab\u00a0mati\u00e8re premi\u00e8re\u00a0\u00bb) qu&rsquo;ils ont en abondance, que de psychologie, qu&rsquo;ils ont extr\u00eamement fragile et vuln\u00e9rable<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Par contre, <strong>une tr\u00e8s forte offensive de relations publiques fut d\u00e9clench\u00e9e en marge de ce conflit, autour du th\u00e8me de l&rsquo;organisation d&rsquo;un \u00ab\u00a0Nouvel Ordre Mondial\u00a0\u00bb (<em>New World Order<\/em>)<\/strong>, formule mise au point par le pr\u00e9sident Bush p\u00e8re et son conseiller pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale le g\u00e9n\u00e9ral Brent Scowcroft et assignant \u00e0 la puissance US un emploi imp\u00e9ratif. Il nous para&icirc;t \u00e9vident, lorsqu&rsquo;on consid\u00e8re ce d\u00e9veloppement \u00e0 la lumi\u00e8re de la structure s\u00e9quentielle que nous avons choisie, que cette initiative fut au moins autant \u00ab\u00a0\u00e0 consommation int\u00e9rieure\u00a0\u00bb, tout comme la guerre du Golfe de ce point de vue, pour resserrer l&rsquo;unit\u00e9 et la dynamique des USA et de sa population apr\u00e8s la fin de la Guerre froide. Cette sorte d&rsquo;appr\u00e9ciation conduit \u00e0 constater une sorte de \u00ab\u00a0flottement\u00a0\u00bb de la direction des USA, comparable \u00e0 celle qu&rsquo;on constate dans le premier \u00ab\u00a0Trou Noir\u00a0\u00bb (&laquo; <em>Le \u00ab\u00a0Trou Noir\u00a0\u00bb du XX\u00e8me si\u00e8cle <\/em>&raquo;), apr\u00e8s la fin de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>A la lumi\u00e8re de cette hypoth\u00e8se, la question du pi\u00e8ge tendu \u00e0 Saddam pour provoquer la Guerre du Golfe <strong>devient primordiale<\/strong>. Elle a fort peu int\u00e9ress\u00e9 les historiographes et hagiographes du Syst\u00e8me, par comparaison avec d&rsquo;autres \u00ab\u00a0complots\u00a0\u00bb, alors qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit nullement d&rsquo;une \u00ab\u00a0\u00e9nigme complotiste\u00a0\u00bb, qu&rsquo;elle est au contraire fort peu \u00e9nigmatique sinon compl\u00e8tement av\u00e9r\u00e9e comme v\u00e9ritable \u00ab\u00a0complot\u00a0\u00bb, largement document\u00e9e par divers textes accessibles, des d\u00e9clarations officielles enregistr\u00e9es, etc., concernant le r\u00f4le puis le sort apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9pisode irakien de l&rsquo;ambassadrice US \u00e0 Bagdad April Glaspie, que nous d\u00e9taillons dans deux extraits\/articles ci-dessous (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/les-1347-jours-de-lirak\">26 novembre 2006<\/a> et le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/quand-april-rencontrait-saddam\">28 juin 2008<\/a>)&#8230; Cet \u00e9pisode est particuli\u00e8rement saisissant et fascinant, comme <strong>illustration \u00e0 livre ouvert d&rsquo;une diplomatie de machination, du \u00ab\u00a0complot\u00a0\u00bb \u00e0 ciel ouvert de la diplomatie US<\/strong>, avec des cons\u00e9quences innombrables et incalculables car <strong>c&rsquo;est bien \u00e0 ce moment, lors de cet entretien Saddam-Glaspie de juillet 1990 que se noue toute l&rsquo;histoire de la fin de la Guerre Froide jusqu&rsquo;\u00e0 nous&#8230;<\/strong> Cela se fait sans que les acteurs eux-m\u00eames, jusqu&rsquo;aux \u00e9laborateurs centraux du complot-provocation, <strong>ne mesurent l&rsquo;ordre du bouleversement cosmique<\/strong> de cette initiative.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Bagdad, juillet 1990 : du bon usage d&rsquo;April Glaspie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Voici un extrait d&rsquo;un premier texte r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/les-1347-jours-de-lirak\">26 novembre 2006<\/a>), o&ugrave; les circonstances g\u00e9n\u00e9rales de l&rsquo;affaire Glaspie sont pr\u00e9cis\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Le cas est parfait. La guerre d&rsquo;Irak &mdash; celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, \u00e0 son 1.347\u00e8me jour, included &mdash; a commenc\u00e9 le 25 juillet 1990, lorsque l&rsquo;ambassadrice des USA \u00e0 Bagdad April Glaspie fut re\u00e7ue par Saddam Hussein. Le myst\u00e8re de cet entretien n&rsquo;en est pas un m\u00eame si cet entretien est en g\u00e9n\u00e9ral dissimul\u00e9 comme s&rsquo;il \u00e9tait un myst\u00e8re. Un article<\/em> [&#8230;] <em>en rappelle les d\u00e9tails minutieux, les \u00ab\u00a0minutes\u00a0\u00bb. Ces d\u00e9tails avaient \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s en public, in illo tempore, apr\u00e8s que la crise d&rsquo;ao&ucirc;t 1990 ait \u00e9clat\u00e9<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Glaspie, express\u00e9ment mandat\u00e9e par Bush-p\u00e8re et Baker, avait affirm\u00e9 que les USA n&rsquo;avaient aucun int\u00e9r\u00eat engag\u00e9 par rapport aux revendications de Saddam sur le Kowe\u00eft, et par rapport \u00e0 une intervention militaire irakienne : &laquo;We have no opinion on your Arab-Arab conflicts, such as your dispute with Kuwait. Secretary <\/em>[of State James] <em>Baker has directed me to emphasise the instruction, first given to Iraq in the 1960s, that the Kuwait issue is not associated with America.<\/em><em>&raquo; La m\u00eame d\u00e9claration publique fut reprise \u00e0 deux reprises, par deux fonctionnaires du d\u00e9partement d&rsquo;Etat, avant l&rsquo;attaque contre le Kowe\u00eft.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>L&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle les USA ont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment laiss\u00e9 \u00e9clater la crise en juillet 1990, qu&rsquo;ils l&rsquo;ont m\u00eame favoris\u00e9e, pour se donner un argument pour une action contre l&rsquo;Irak est s\u00e9rieuse \u00e0 la lumi\u00e8re de ces interventions publiques<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;autre article r\u00e9f\u00e9renc\u00e9, publi\u00e9 sur le site <em>dedefensa.org <\/em>le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/quand-april-rencontrait-saddam\">28 juin 2008<\/a>, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 primitivement le 25 d\u00e9cembre 2005, sous la signature de Kaleem Omar, du <em>World News<\/em>, du Jang Group of Newspapers (Pakistan), sous le titre &laquo; <em>Is the US State Department still keeping April Glaspie under wraps?<\/em> &raquo;. Il d\u00e9taille abondamment, et d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e0 notre sens tr\u00e8s convaincante, l&rsquo;affaire April Glaspie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>It is now more than fifteen years since that fateful meeting on July 25, 1990 between then-US Ambassador to Iraq April Glaspie and President Saddam Hussein that the Iraqi leader interpreted as a green light from Washington for his invasion of Kuwait eight days later.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The US State Department, which is said to have placed a gag order on Glaspie in August 1990 prohibiting her from talking to the media about what had transpired at that meeting, is apparently still keeping her under wraps despite the fact that she retired from the American Foreign Service in 2002. In all the years since her meeting with Saddam Hussein, Glaspie has never spoken about it to the media, never appeared as a guest on a TV talk show, never written an article or a book about her time as the US&rsquo;s top diplomat in Baghdad. The question is: why? What has she got to hide?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>April Catherine Glaspie was born in Vancouver, Canada, on April 26, 1942 and graduated from Mills College in Oakland, California in 1963 and from Johns Hopkins University in 1965. In 1966 she entered the United States diplomatic service, where she became an expert on the Middle East. After postings in Kuwait, Syria and Egypt, Glaspie was appointed Ambassador to Iraq in 1989. Glaspie&rsquo;s appointment followed a period from 1980 to 1988 during which the United States had given substantial covert support to Iraq during its war with Iran.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Before 1918 Kuwait had been part of the Ottoman province of Basra, and thus in a sense part of Iraq, but Iraq had recognised its independence in 1961. After the end of the Iran-Iraq War (during the course of which Kuwait lent Iraq $ 14 billion), Iraq and Kuwait had a dispute over the exact demarcation of its border, access to waterways, the price at which Kuwaiti oil was being sold, and oil-drilling in border areas.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>It was in this context that Glaspie had her first meeting with Saddam Hussein on July 25, 1990. Glaspie herself had requested the meeting, saying she had an urgent message for the Iraqi president from US President George H. W. Bush (Bush Senior). In her two years as Ambassador to Iraq, it was Glaspie&rsquo;s first private audience with Saddam Hussein. It was also to be her last. A partial transcript of the meeting is as follows:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong><em>US Ambassador Glaspie<\/em><\/strong><em>:<\/em> \u00ab\u00a0<em>I have direct instructions from President Bush to improve our relations with Iraq. We have considerable sympathy for your quest for higher oil prices, the immediate cause of your confrontation with Kuwait<\/em>. (pause) <em>As you know, I have lived here for years and admire your extraordinary efforts to rebuild your country (after the Iran-Iraq war). We know you need funds. We understand that, and our opinion is that you should have the opportunity to rebuild your country<\/em>. (pause) <em>We can see that you have deployed massive numbers of troops in the south. Normally that would be none of our business, but when this happens in the context of your other threats against Kuwait, then it would be reasonable for us to be concerned. For this reason, I have received an instruction to ask you, in the spirit of friendship &#8211; not confrontation &#8211; regarding your intentions. Why are your troops massed so very close to Kuwait&rsquo;s borders?<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong><em>President Saddam Hussein<\/em><\/strong><em>: \u00ab\u00a0As you know, for years now I have made every effort to reach a settlement on our dispute with Kuwait. There is to be a meeting in two days; I am prepared to give negotiations only one more brief chance<\/em>. (pause) <em>When we (the Iraqis) meet (with the Kuwaitis) and we see there is hope, then nothing will happen. But if we are unable to find a solution, then it will be natural that Iraq will not accept death<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong><em>US Ambassador Glaspie<\/em><\/strong><em>: \u00ab\u00a0What solution would be acceptable?<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong><em>President Saddam Hussein<\/em><\/strong><em>: \u00ab\u00a0If we could keep the whole of the Shatt al Arab &#8211; our strategic goal in our war with Iran &#8211; we will make concessions (to the Kuwaitis). But if we are forced to choose between keeping half of the Shatt and the whole of Iraq (which, in Iraq&rsquo;s view, includes Kuwait), then we will give up all of the Shatt to defend our claims on Kuwait to keep the whole of Iraq in the shape we wish it to be<\/em>. (pause) <em>What is the United States&rsquo; opinion on this?<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong><em>US Ambassador Glaspie<\/em><\/strong><em>:<\/em> \u00ab\u00a0<em>We have no opinion on your Arab-Arab conflicts, such as your dispute with Kuwait. Secretary (of State James) Baker has directed me to emphasise the instruction, first given to Iraq in the 1960s, that the Kuwait issue is not associated with America<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>(Saddam smiles.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>At a Washington press conference called the next day (July 26, 1990), US State Department spokesperson Margaret Tutweiler was asked by journalists:<\/em> \u00ab\u00a0<em>Has the United States sent any type of diplomatic message to the Iraqis about putting 30,000 troops on the border with Kuwait? Has there been any type of protest communicated from the United States government?<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>To which Tutweiler responded : \u00ab\u00a0I&rsquo;m entirely unaware of any such protest.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>On July 31, 1990, two days before the Iraqi invasion, John Kelly, Assistant Secretary of State for Near Eastern Affairs, testified to Congress that the \u00ab\u00a0United States has no commitment to defend Kuwait and the US has no intention of defending Kuwait if it is attacked by Iraq<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The trap had been baited very cleverly by Glaspie, reinforced by Tutweiler&rsquo;s and Kelly&rsquo;s supporting comments. And Saddam Hussein walked right into it, believing that the US would do nothing if his troops invaded Kuwait. On August 2, 1990, eight days after Glaspie&rsquo;s meeting with the Iraqi president, Saddam Hussein&rsquo;s massed troops invaded Kuwait.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>One month later in Baghdad, British journalists obtained the tape and transcript of the Saddam Hussein-April Glaspie meeting on July 25, 1990. In order to verify this astounding information, they attempted to confront Ms Glaspie as she was leaving the US embassy in Baghdad.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<strong> <em>Journalist 1<\/em><\/strong><em>: \u00ab\u00a0Are the transcripts<\/em> (<em>holding them up<\/em>) <em>correct, Madam Ambassador?<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>(Ambassador Glaspie does not respond)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong><em>Journalist 2<\/em><\/strong><em>:<\/em> \u00ab\u00a0<em>You knew Saddam was going to invade (Kuwait), but you didn&rsquo;t warn him not to. You didn&rsquo;t tell him America would defend Kuwait. You told him the opposite &#8211; that America was not associated with Kuwait<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong><em>Journalist 1<\/em><\/strong><em>:<\/em> \u00ab\u00a0<em>You encouraged this aggression &ndash; his invasion. What were you thinking?<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong><em>US Ambassador Glaspie<\/em><\/strong><em>:<\/em> \u00ab\u00a0<em>Obviously, I didn&rsquo;t think, and nobody else did, that the Iraqis were going to take all of Kuwait<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong><em>Journalist 1<\/em><\/strong><em>:<\/em> \u00ab\u00a0<em>You thought he was just going to take SOME of it? But how COULD YOU?! Saddam told you that, if negotiations failed, he would give up his Iran <\/em>(Shatt al Arab Waterway)<em> goal for the &lsquo;WHOLE of Iraq, in the shape we wish it to be.&rsquo; You KNOW that includes Kuwait, which the Iraqis have always viewed as a historic part of their country!<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>(Ambassador Glaspie says nothing, pushing past the two journalists to leave.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <strong><em>Journalist 1<\/em><\/strong><em>: \u00ab\u00a0America green-lighted the invasion. At a minimum, you admit signalling Saddam that some aggression was okay &ndash; that the US would not oppose a grab of the al-Rumalya oil field, the disputed border strip and the Gulf Islands (including Bubiyan) &ndash; territories claimed by Iraq?<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>(Again, Ambassador Glaspie says nothing as a limousine door closes behind her and the car drives off.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Two years later, during the American television network NBC News Decision &rsquo;92s third round of the Presidential Debate, 1992 presidential candidate Ross Perot was quoted as saying: \u00ab\u00a0&#8230;we told him<\/em> (Saddam) he could take the northern part of Kuwait; and when he took the whole thing we went nuts. And if we didn&rsquo;t tell him that, why won&rsquo;t we even let the Senate Foreign Relations Committee and the Senate Intelligence Committee see the written instructions for Ambassador Glaspie?\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>At this point he<\/em> (Perot) <em>was interrupted by then President George Bush Senior who yelled: \u00ab\u00a0I&rsquo;ve got to reply to that. That gets to national honour!&#8230;That is absolutely absurd!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Absurd or not, the fact of the matter is that after April Glaspie left Baghdad in late August 1990 and returned to Washington, she was kept under wraps by the State Department for eight months, not allowed to talk to the media, and did not surface until just before the official end of the Gulf war (April 11, 1991), when she was called to testify informally before the Senate Foreign Relations Committee about her meeting with Saddam Hussein. She said she was the victim of \u00ab\u00a0deliberate deception on a major scale\u00a0\u00bb and denounced the transcript of the meeting as \u00ab\u00a0a fabrication\u00a0\u00bb that distorted her position, though she admitted that it contained \u00ab\u00a0a great deal\u00a0\u00bb that was accurate<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The veteran diplomat awaited her next assignment, later taking a low-profile job at the United Nations in New York. She was later shunted off to Cape Town, South Africa, as US Consul General. Nothing has been heard of her since her retirement from the diplomatic service in 2002. <strong>It&rsquo;s almost as if she has become a non-person<\/strong><\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>____________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">La crise de l'\u00a0\u00bbidentit\u00e9 am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui magnifi\u00e9e comme symbole de cette p\u00e9riode triomphale, la Guerre du Golfe ne fut qu&rsquo;un \u00e9clair aussi brutal qu&rsquo;artificiel d&rsquo;hyst\u00e9rie pseudo-patriotique qui disparut aussi vite que ce ph\u00e9nom\u00e8ne naturel : <strong>Bush p\u00e8re avait 90% d&rsquo;opinion favorables quatre mois apr\u00e8s la victoire, en juillet 1991 ; en novembre 1991, il \u00e9tait \u00e0 40%<\/strong><strong>, en marche pour sa d\u00e9faite de novembre 1992<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On a d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 une indication pr\u00e9cise de l&rsquo;\u00e9largissement fondamental de notre hypoth\u00e8se d&rsquo;interpr\u00e9tation pour cette s\u00e9quence historique que nous sommes conduit \u00e0 consid\u00e9rer comme \u00ab\u00a0un bloc\u00a0\u00bb m\u00e9tahistorique, entre 1988-1989 et le 11 septembre 2001. A la lumi\u00e8re de l&rsquo;\u00e9pisode Glaspie qui pr\u00e9sente d&rsquo;une fa\u00e7on extr\u00eamement pr\u00e9cise la premi\u00e8re Guerre du Golfe comme une machination am\u00e9ricaniste, l&rsquo;impression se renforce \u00e9videmment que cette machination doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e dans un ensemble de mesures et d&rsquo;initiatives de la direction US face \u00e0 une situation psychologique d\u00e9sastreuse des USA, &ndash; l\u00e0 encore, bien loin de l&rsquo;imagerie grotesque du \u00ab\u00a0triomphe\u00a0\u00bb occidental que fut l&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS. De quelle sorte est-elle, cette \u00ab\u00a0situation de psychologie d\u00e9sastreuse ?<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>En f\u00e9vrier 1992, le commentateur et historien <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/salut-a-un-gaulliste-americain\">William Pfaff<\/a>, retour d&rsquo;un voyage aux USA (il habitait et travaillait \u00e0 Paris depuis 1971) \u00e9crivit une s\u00e9rie remarquable de deux articles, auxquels on peut ajouter un troisi\u00e8me un mois plus tard (12 mars 1992), qu&rsquo;on peut lire sur ce site <em>dedefensa.org<\/em> \u00e0 la date du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/1992-la-crise-americaine-post-guerre-froide\">23 novembre 2003<\/a>. Pfaff <strong>identifiait avec une lucidit\u00e9 peu commune la profonde crise d&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;Am\u00e9rique<\/strong>, un habillage assez peu seyant pour une \u00ab\u00a0hyperpuissance\u00a0\u00bb qui nous \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e alors comme d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 triomphante et h\u00e9g\u00e9monique. La th\u00e8se de Pfaff allait en profondeur et identifiait une cause structurelle et non conjoncturelle : ce n&rsquo;\u00e9tait pas la fin de l&rsquo;URSS, c&rsquo;est-\u00e0-dire la disparition de l&rsquo;Ennemi, qui avait provoqu\u00e9 cette crise, mais de fa\u00e7on bien diff\u00e9rente, \u00ab\u00a0la fin de l&rsquo;URSS, c&rsquo;est-\u00e0-dire la disparition de l&rsquo;Ennemi\u00a0\u00bb \u00e9tait la cause conjoncturelle qui mettait \u00e0 nu un mal structurel identifi\u00e9 comme une tr\u00e8s profonde \u00ab\u00a0crise de l&rsquo;identit\u00e9\u00a0\u00bb des USA (&laquo; <em>J&rsquo;argumente simplement que la d\u00e9sorientation et l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 qui affectent les Am\u00e9ricains avec les cons\u00e9quences des \u00e9v\u00e9nements que nous avons v\u00e9cus, comme l&rsquo;on dirait d&rsquo;une gueule de bois, <strong>ont tout \u00e0 voir avec la perte de leur identit\u00e9, &ndash; et nullement la perte de l&rsquo;Ennemi<\/strong><\/em>. &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La question de l'\u00a0\u00bbidentit\u00e9\u00a0\u00bb (l'\u00a0\u00bbidentit\u00e9 am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb) est une question de la plus haute importance, et sp\u00e9cifiquement importante par rapport au d\u00e9bat courant des identit\u00e9s nationales pour comprendre l&rsquo;histoire de cette puissance, et donc des effets qui nous touchent directement et secouent la politique du monde, y compris <strong>et plus que jamais aujourd&rsquo;hui bien entendu<\/strong>. Pour notre compte, nous avons toujours pens\u00e9 que cette \u00ab\u00a0identit\u00e9\u00a0\u00bb, dans le sens r\u00e9galien, ne s&rsquo;\u00e9tait jamais faite aux USA, mais qu&rsquo;il est vrai qu&rsquo;une certaine unit\u00e9 fut maintenue jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 1960-1970 par des moyens artificiels dont la mobilisation contre \u00ab\u00a0l&rsquo;Ennemi ext\u00e9rieur\u00a0\u00bb, \u00e0 la fois mythe et ic\u00f4ne symboliques, \u00e0 la fois r\u00e9alit\u00e9 civilisationnelle qui est devenue \u00e9crasante ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. Ce que signale Pfaff dans ses textes, c&rsquo;est que cette question de l'\u00a0\u00bbidentit\u00e9 am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb per se, hors de toute machination du pouvoir, se pose, non seulement avec la fin de la Guerre Froide qui avait forc\u00e9 \u00e0 cette sorte de mobilisation unificatrice mentionn\u00e9e plus haut, mais bien plus profond\u00e9ment et dans le registre d&rsquo;une toute autre nature en raison des profonds changements des \u00e9quilibres et rapports d\u00e9mographiques, ethniques, culturels et autres entre les communaut\u00e9s. On a vu d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9 <strong>cet aspect de la situation dans la pr\u00e9sentation, plus haut, des \u00e9meutes de Los Angeles, que les textes de Pfaff pr\u00e9c\u00e8dent et annoncent<\/strong>. De ce point de vue de William Pfaff, que nous tendons sans aucun doute \u00e0 partager comme on l&rsquo;aura devin\u00e9 bien \u00e9videmment, appara&icirc;t la aussi la justification de qualifier ce Trou Noir de \u00ab\u00a0Trou Noir de la postmodernit\u00e9\u00a0\u00bb tant cette crise soci\u00e9tale fondamentale (multiculturalisme &#038; le reste) est une des marques fondamentales de la pression d\u00e9structurante et d\u00e9constructrice de la postmodernit\u00e9. On observera dans les termes m\u00eames que Pfaff emploie, dans les \u00e9v\u00e9nements qu&rsquo;il identifie, toute la probl\u00e9matique soci\u00e9tale de la postmodernit\u00e9 o&ugrave; nous sommes aujourd&rsquo;hui plong\u00e9s comme dans un chaudron infernal.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ci-dessous, nous donnons les deux articles de f\u00e9vrier 1992 que Pfaff rapporta d&rsquo;une longue tourn\u00e9e aux USA. (Ce journaliste et historien am\u00e9ricain et fort peu am\u00e9ricaniste puisque plut\u00f4t de cette cat\u00e9gorie si rare du \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/salut-a-un-gaulliste-americain\">gaulliste am\u00e9ricain<\/a>\u00ab\u00a0, r\u00e9sidait \u00e0 Paris depuis 1972, d&rsquo;o&ugrave; il travaillait pour l&rsquo;International <em>Herald Tribune<\/em>, le <em>New Yorker<\/em>, etc.). Les titres de ces deux articles devraient \u00eatre compris successivement comme ceci : \u00ab\u00a0La recherche d&rsquo;une raison d&rsquo;\u00eatre pour les USA apr\u00e8s la fin de la Guerre froide\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0L&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;apr\u00e8s-Guerre froide : des racines profondes et puissantes\u00a0\u00bb. <\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><em>The Post-Cold War Search for U.S. Goals<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>An interesting series of articles in The New York Times has described a sense of loss of purpose in many areas of American life following the Cold War&rsquo;s end. Without an enemy to struggle against, many seem to be questioning what exactly it is that Americans -and America &#8211; are supposed to be doing<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The problem is obvious among military professionals and in the defense industries, but is also easily addressed there, requiring scaling-down and a redirection of effort toward the classical patterns of peacetime military preparation and planning: But this is hard in practice. A nation which before World War II was hostile to the very idea of a standing army finds itself at the finish of the Cold War with nearly 400 foreign military installations and a half million troops overseas. But remaking American security policy nonetheless presents a solvable set of problems<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Unless Patrick Buchanan is elected president &mdash; which one may reasonably doubt &mdash; there will be no precipitate rush homeward of these troops. Most will eventually come home, but there is no reason for this to happen in a destructive way, undermining alliances and regional balances, of power. Thus U.S. allies may look to the future with a certain assurance<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The mere entropy of military-political commitment and deployment says that the U.S. withdrawal from its global commitments will happen in a way that does not jeopardize basic allied or American interests. I am convinced, however, that troop withdrawal will come. The American public displays no real ambition today to affirm global hegemony in the guise of a \u00ab\u00a0new world order.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>There are grave difficulties in the reform of the nation&rsquo;s overall foreign policy and strategy, dominated for more than 40 years by the rivalry with the Soviet Union. Yet that too is a professional problem, and an intellectual challenge. It is necessary to reconsider the international situation, the new dangers that exist, to assess the American interest in the light of these changes, and to look for the rational response. It can be done &mdash; which is not, of course, to say that it will be done well.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>But we are in another dimension when people can say &mdash; as does the distinguished psychiatrist Robert Jay Lifton &mdash; that individual Americans \u00ab\u00a0no longer know how to view the world or how to understand our own national problems.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>To a remarkable degree, the personal lives of Americans have been shaped by the conflict with communism. This always is true in a war, of course. But when other wars have ended, Americans have been left in no doubt about who they are, what they should do, or what the nation&rsquo;s purpose really is.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Today those doubts exist. It is as if the quality of America itself has in these 40 years been stripped clown, so as to cause people to believe that winning the Cold War was all that the United States was about.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo; Certainly there was always official and unofficial proclamation of ambitions beyond that goal &mdash; calling for global liberty, humanity&rsquo;s well-being and prosperity &mdash; but since the 1940s these calls have always had an implicit link to the Cold War. To state such goals was part of that struggle<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>They were expressions of the old progressive American conception of foreign policy which had found its most influential expression in Wilson&rsquo;s Fourteen Points, and in the Versailles seulement after World War I and creation of the League of Nations (and, later, of the United Nations). But this progressive notion of foreign policy, aimed at global reform, has been under critical attack in the United States for years, and President George Bush&rsquo;s tentative reformulation of it last year &mdash; as a U.S. mission to create a new world order &mdash; fell flat after it proved that not even Iraq had been given a new order: only the reinforcement of the tyrannical old order<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>A practical reorientation of American government, and even of American politics, away from the Cold War, seems to me painful, but feasible, indeed, inevitable. Some fear that new enemies will be named &mdash; or imagined &mdash; to take the place of an Evil Empire overcome by Good. That possibility cannot be excluded<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Some think Washington will look for new enemies to smite in the Third World &mdash; Libya again, or new Panamas, or Grenadas. I suppose that is possible; assuming an elevated level of unscrupulousness in the White House. I cannot, however, see such policies as popular with Americans.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Some promote the idea of a new religious war between the West and a radicalized Islam, Ideological and moral conflict may certainly come about, and more terrorism &mdash; but surely not war. War for what?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>In practical matters of policy and national realignment, it seems to me that one is justified in taking an unexcited view of the effects of the Cold War&rsquo;s end on American life and institutions. But there is a deeper question to answer, which I will take up in a second column. I believe that the end-of the Cold War has laid bare a very deep crisis in what may be called the American identity &mdash; the American&rsquo;s sense not only of national purpose but of what he or she really is, or wishes to become. That seems to me worth further discussion<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>William Pfaff<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(<em>International Herald Tribune<\/em>, 11 f\u00e9vrier 1992)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"><em>Post-Cold War Anxiety: Deep and Tangled Roots<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>During the 42-odd years of the Cold War the United States ceased to be the society it was when the Cold War began. When people examine the anxieties and uncertainties provoked among Americans by the Cold War&rsquo;s end, and by the loss of the political certainties that governed American life for decades, they are inclined to overlook how much has changed in the United States that had nothing to do with the Cold War<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The first and fundamental change is very simple. The United States was in 1945, and remained until the 1960s, the white Anglo-Saxon Protestant country it had been since the settlement of the North American colonies in the 17th century.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Quotas and social barriers directed against Jews began to come down after World War II. Hitler had made both the genteel and the crude forms of prewar anti-Semitism and exclusion unsustainable. American Catholics had ceased during the war to be the immigrant working-class population they had largely been before<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Nonetheless the general norms and values of early postwar American society remained those of the predominantly North European Protestant majority that had dominated the country since the start, providing its elites in both North and South, and making up that yeoman rural population that in most of the country had set the society&rsquo;s character as well as its educational (and patriotic) standards<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>In 1960 the first Roman Catholic president, John Kennedy, was elected. He was in every respect except his religion a member of the dominant group: white, Massachusetts-born, Harvard-educated, rich, a naval officer and combat veteran. Yet his Catholicism was in the 1960 campaign still considered the mort important potential obstacle <\/em>to his election.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>But his victory ended Protestant domination of the presidency and confirmed Catholics&rsquo; conviction that they were unqualifiedly American<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The 1960s next saw the triumph of the civil rights movement and a final end to the discriminatory legislation and officially condoned social and educational practices which since the end of slavery had still held Americans of African origin to an invidious and inferior place in American life<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>By the end of the 1960s, the United States could no longer be described as a white, Anglo-Saxon, Protestant nation. But what was it? Some called on it to become a \u00ab\u00a0multicultural\u00a0\u00bb nation. Yet nations presumably are social entities of some cultural coherence<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>They possess an identity. American legislation in the 1970s favoured Asian and Latin American immigration. The melting pot was given a still more complicated mixture. Moreover, to place pressure upon these new citizens to conform to established American norms was increasingly seen as an unacceptable attack upon the values with which they had arrived<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>As everyone &mdash; natives and newcomers alike &mdash; watched the same television and eat the same junk food, it was possible to maintain the illusion of a common identity<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Crucially important at exactly this point in the American experience was the war in Vietnam and its aftermath. These produced a powerful repudiation by many young (and not so young) Americans of the governing (white, Protestant) \u00ab\u00a0establishment\u00a0\u00bb held responsible for putting the United States into a war which these people believed unjust, and many of them thought criminal. For them, America had become \u00ab\u00a0Amerika.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The matter is very complex, but I would argue that immigration and the traumas of Vietnam (and Watergate, etc.) combined to produce in the contemporary United States a loss of certainty about what it is to be an American, and beyond that, a loss of confidence in whether it is a good thing to be an American. If this is true, it is a development of unprecedented significance<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>From the moment of the first explorations, America was seen both by its settlers and by observers abroad as a place of signal opportunity and a source of hope. It was held a place where men could find a fulfillment denied them in the Old World of Europe. Contemporary Europeans believed this just as much as those who set out for the new land. America was vast, exotic. Its native people were perceived by Europeans as both marvelous and innocent &#8211; because uncorrupted by civilization<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>This picture of America as a \u00ab\u00a0new Eden\u00a0\u00bb rapidly degenerated, as we all know, ending too often with the treatment of the natives of these \u00ab\u00a0new Indians\u00a0\u00bb as vermin to be exterminated<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>However, the belief in America as land of all promise survived, and was decisively reinforced with the foundation of the new United States, the first true democracy, the place where Enlightenment beliefs were given reality<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The idea that the United States is the place where mankind made a new start has been the animating conviction of American national life for more than two centuries. It was the driving force behind the great waves of immigration to the United States<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>But now we see something very different. The controversies which wrack America today, not only in the universities but in public life, about \u00ab\u00a0multiculturalism\u00a0\u00bb and bilingualism, the challenge that minority groups have mounted to the old American norms &mdash; the widespread unwillingness this year, for example, to celebrate Columbus&rsquo;s \u00ab\u00a0discovery\u00a0\u00bb of America (the quotation marks are not mine) &mdash; represent a fundamental challenge to the historical understanding of the identity of the American nation<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>It is easy to dismiss as unhistorical and even nonsensical much of this effort to characterize the exploration, colonization and attempt to Christianize the Americas as mere exploitation and \u00ab\u00a0genocide.\u00a0\u00bb It is absurd to treat the history of the United States as a chronicle of imperialism and oppression. However, the fact that these things are so widely argued seems to me evidence of a collapse today of that sense of national identity which previously sustained the American nation<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>So where do we Americans go now? Who are we now? I have no answer. I simply know that I find the idea of a multicultural or \u00ab\u00a0rainbow\u00a0\u00bb nation unconvincing. In ways it is a pleasing idea. It rights injustices. It invites a new social order of cooperation and goodwill. I fear that the actual results will be the contrary. But I do not know. I argue simply that the disorientation and anxiety felt by Americans in this aftermath, this hangover, of the Cold War, have to do with the loss of an identity &mdash; not the loss of an enemy<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>William Pfaff <\/p>\n<\/p>\n<p><p> (<em>International Herald Tribune<\/em>, 12 f\u00e9vrier 1992)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>__________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Le \u00ab\u00a0Trou Noir\u00a0\u00bb qui ouvre le XXI\u00e8me si\u00e8cle<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Notre th\u00e8se est que cette humeur catastrophique de l&rsquo;Am\u00e9rique ne fut interrompue que par une rencontre de circonstances <strong>v\u00e9ritablement et extraordinairement accessoires sinon futiles, mais qui b\u00e9n\u00e9fici\u00e8rent d&rsquo;un effet objectif de communication \u00e9galement extraordinaire, compl\u00e8tement m\u00e9canique, et sans intention aucune d&rsquo;obtenir l&rsquo;effet qu&rsquo;on observa finalement<\/strong>&#8230; Il y eut un d\u00e9cha&icirc;nement ultra-nationaliste au cours des Jeux d&rsquo;Atlanta de 1996, accompagn\u00e9 d&rsquo;alertes terroristes sans grande signification qui s&rsquo;apparentent \u00e0 des montages pr\u00e9cipitamment ficel\u00e9s plus dus \u00e0 des concurrences maladroites des agences de s\u00e9curit\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 des intentions de manipulation quelconque. Nous attribuons cette collision d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements finalement anodins provoquant un effet gigantesque <strong>\u00e0 une circonstance m\u00e9tahistorique hors de notre ma&icirc;trise<\/strong> <strong>qui constitue un Myst\u00e8re de nature m\u00e9taphysique<\/strong>, et nullement \u00e0 une machination humaine d&rsquo;aucune sorte dont l&rsquo;histoire glorieuse et r\u00e9\u00e9crite des ann\u00e9es 1990 ne tire d&rsquo;ailleurs aucune gloire (ce qui devrait avoir \u00e9t\u00e9 fait s&rsquo;il y avait eu machination). L&rsquo;ensemble accidentel et explosif <strong>pos\u00e9 sur un \u00e9tat d&rsquo;esprit profond\u00e9ment d\u00e9pressif<\/strong> suscita une sorte d&rsquo;\u00e9volution brutale d&rsquo;une pathologie g\u00e9n\u00e9rale qui serait de la sorte d&rsquo;une maniaco-d\u00e9pressive collective, &ndash; dans tous les cas, selon un processus crisique s&rsquo;apparentant \u00e0 une maniaco-d\u00e9pression avec, \u00e0 l&rsquo;inverse de la d\u00e9nomination convenue qui n&rsquo;implique aucun sens forc\u00e9, <strong>l&rsquo;\u00e9pisode maniaque rempla\u00e7ant brutalement l&rsquo;\u00e9pisode d\u00e9pressif<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans <em>Le Monde <\/em>des 29-30 septembre 1996 et sous le titre de &laquo; <em>Le retour de l&rsquo;optimisme am\u00e9ricain<\/em> &raquo;, Sylvie Kaufmann publiait un article confirmant \u00ab\u00a0scientifiquement\u00a0\u00bb,  selon l&rsquo;habitude vertueuse de ce journal de r\u00e9f\u00e9rence, <strong>la r\u00e9alit\u00e9 de ce tournant psychologique extraordinaire et si discr\u00e8tement archiv\u00e9 de l&rsquo;Am\u00e9rique, qui se fait selon nous \u00e0 l&rsquo;occasion des JO d&rsquo;Atlanta de juillet 1996<\/strong>. Citation du premier paragraphe, qui dit l&rsquo;essentiel pour notre argument : &laquo; <strong><em>O&ugrave; est pass\u00e9 \u00ab\u00a0l&rsquo;homme blanc en col\u00e8re\u00a0\u00bb?<\/em><\/strong><em> O&ugrave; est-il, cet Am\u00e9ricain moyen frustr\u00e9, aigri et anxieux, qui envoya une majorit\u00e9 r\u00e9publicaine au Congr\u00e8s il y a deux ans et provoqua l&rsquo;ascension du populiste Pat Buchanan en f\u00e9vrier 1996 ? Si l&rsquo;on en croit les sacro-saints sondages, cet \u00e9trange sp\u00e9cimen \u00e9lectoral que fut \u00ab\u00a0the angry white male\u00a0\u00bb semble avoir c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 un citoyen apais\u00e9, satisfait de sa situation \u00e9conomique et pr\u00eat \u00e0 renvoyer pour quatre ans \u00e0 la Maison Blanche un pr\u00e9sident d\u00e9mocrate qui lui garantit une certaine forme de statu quo.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les seuls mots qui choque dans cet extrait sont \u00ab\u00a0apaisement\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0statu quo\u00a0\u00bb ; bien au contraire&#8230; A partir de l\u00e0, il y eut fut la cavalcade inverse de l&rsquo;\u00e9p&icirc;sode maniaque, la mont\u00e9e dans l&rsquo;ivresse totale des bulles de l&rsquo;internet et de l'\u00a0\u00bbhyperpower\u00a0\u00bb selon Hubert V\u00e9drine. Le climat est d\u00e9crit par une citation des <em>Chroniques de l&rsquo;\u00e9branlement<\/em>, de Philippe Grasset dont nous donnons un extrait plus large ci-dessous, o&ugrave; l&rsquo;on voit le \u00ab\u00a0magicien\u00a0\u00bb Greenspan d\u00e9crivant au Congr\u00e8s une \u00e9conomie am\u00e9ricaine, donc l&rsquo;Am\u00e9rique elle-m\u00eame, \u00ab\u00a0au-del\u00e0 de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0<em>beyond history<\/em>\u00a0\u00bb : <strong>Greenspan avait r\u00e9ussi, avec ce lapin de la communication sorti de son chapeau, ce que l&rsquo;intellectuel Fukuyama d&rsquo;avril 1989 [<em>The End of History<\/em>] avait totalement \u00e9chou\u00e9 \u00e0 accomplir<\/strong>) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Le domaine \u00e9conomique est connu de tous : cet engouement extra-atmosph\u00e9rique, pour lequel on ne trouve que la comparaison des folles ann\u00e9es vingt menant au krach d&rsquo;octobre 29, o&ugrave; l&rsquo;Am\u00e9rique vit au rythme du NASDAQ et de Wall Street, de la \u00ab\u00a0nouvelle \u00e9conomie\u00a0\u00bb, l&rsquo;\u00e9conomie new age des start-ups. R\u00e9sumons tout cela par un spectacle insolite, fort peu not\u00e9 parce qu&rsquo;on n&rsquo;ose plus s&rsquo;\u00e9tonner de la grande R\u00e9publique de crainte d&rsquo;\u00eatre mal not\u00e9, et rapport\u00e9 sans \u00e9tonnement par un article de premi\u00e8re page de l&rsquo;International Herald Tribune du 11 juin 1998 : le pr\u00e9sident de la Fed, le si fameux et si s\u00e9rieux Alan Greenspan, venu t\u00e9moigner devant une Commission du S\u00e9nat et disant aux parlementaires qu&rsquo;il existe, bien qu&rsquo;il n&rsquo;en soit pas lui-m\u00eame l&rsquo;adepte, une \u00e9cole de pens\u00e9e dans les milieux \u00e9conomiques am\u00e9ricaines avan\u00e7ant que l&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine atteint de tels sommets qu&rsquo;elle a chang\u00e9 de substance, qu&rsquo;elle \u00e9chappe aux lois de l&rsquo;histoire, qu&rsquo;elle est, comme dit pr\u00e9cis\u00e9ment Greenspan, \u00ab\u00a0beyond history\u00a0\u00bb. Cette expression extraordinaire, telle qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 vraiment dite, aurait m\u00e9rit\u00e9 un sort plus significatif que l&rsquo;indiff\u00e9rence qui l&rsquo;a accueillie : le pr\u00e9sident de la Federal Reserve admettait sans barguigner, sans para&icirc;tre un instant s&rsquo;en gausser, que l&rsquo;on put envisager que l&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine f&ucirc;t effectivement quelque chose qui \u00e9tait sortie de l&rsquo;histoire, et sortie par le haut, et d\u00e9sormais \u00e9voluant \u00ab\u00a0beyond history\u00a0\u00bb. Cela fixe les esprits et leur \u00e9tat<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On comprend ainsi la description de la s\u00e9quence que nous pr\u00e9sentons : l&rsquo;Am\u00e9rique brusquement sortie de sa terrible d\u00e9pression psychologique due \u00e0 sa perte d&rsquo;identit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1996, s&rsquo;est trouv\u00e9e propuls\u00e9e dans un \u00e9tat maniaque d&rsquo;euphorie extraordinaire, <strong>sans que rien, absolument rien de l&rsquo;identit\u00e9 perdue n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e, comme si nous \u00e9tions dans le champ des drogues neuroleptiques <\/strong>(celles qu&rsquo;on utilise dans le cas des \u00e9pisodes maniaques) ; puis, malgr\u00e9 des circonstances \u00e9conomiques devenant tr\u00e8s d\u00e9licates, propuls\u00e9e \u00e0 nouveau encore plus loin, <strong>vers l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie militaire et culturelle affirm\u00e9e sur le monde<\/strong>, tout cela justifi\u00e9 par l&rsquo;agression, dans un \u00e9tat de mobilisation \u00e9galement paroxystiques, de l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001. Observ\u00e9 de ce point de vue, certes, <strong>9\/11 tombait \u00e0 pic et \u00e0 merveille<\/strong>, et l&rsquo;on comprend que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement soit devenu un champ d&rsquo;activit\u00e9 particuli\u00e8rement f\u00e9cond pour les chercheurs de manipulations et machinations diverses ; ceux qui y voient au contraire une pathologie du complotisme et affirment l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;un complot, <strong>ceux-l\u00e0 justement, au regard de l&rsquo;histoire v\u00e9ritable, devrait consulter de toute urgence<\/strong>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(On lira notamment l&rsquo;aventure du fameux plan-Wolfowitz que Pfaff d\u00e9taille dans son article <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=936\">\u00ab\u00a0To Finish in A Burlesque of an Empire\u00a0\u00bb<\/a>, du 12 mars 1992. Ce document est per\u00e7u d&rsquo;une fa\u00e7on imp\u00e9rative depuis l&rsquo;attaque 9\/11 comme le Plan-Diabolique de l&rsquo;investissement du monde par les USA mis au point d\u00e8s la fin de la Guerre froide, en 1989-1991. La v\u00e9rit\u00e9 est qu&rsquo;il fut prestement \u00e9cart\u00e9 peu apr\u00e8s que des \u00ab\u00a0fuites\u00a0\u00bb en eussent \u00e9t\u00e9 faites vers la presse en mars 1992, qu&rsquo;il resta dans les archives <em>neocons <\/em>pour le reste de la d\u00e9cennie, avant <strong>qu&rsquo;il puisse \u00eatre brandi apr\u00e8s 9\/11 comme preuve d&rsquo;une strat\u00e9gie \u00e0 long terme par les adversaires de la politique expansionniste US apr\u00e8s 9\/11<\/strong>. (Simplement, les <em>neocons<\/em>, qui n&rsquo;avaient pas une influence consid\u00e9rable en tant que groupe constitu\u00e9 dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, s&rsquo;en servirent comme instrument de lobbying \u00e0 partir de 1996-1997 mais sans grand succ\u00e8s.) Si c&rsquo;\u00e9tait le cas, s&rsquo;il y avait eu effectivement une strat\u00e9gie d\u00e8s 1992, &ndash; ce dont nous doutons compl\u00e8tement puisque pour nous la politique ext\u00e9rieure US s&rsquo;est transform\u00e9e apr\u00e8s la Guerre Froide, et en mode maximaliste depuis 9 \/11, en une machinerie destructrice aveugle qui s&rsquo;\u00e9branle selon les circonstances dans le seul but de d\u00e9truire ce qui peut l&rsquo;\u00eatre, sans la moindre strat\u00e9gie \u00e0 cet \u00e9gard, &ndash; alors cette strat\u00e9gie ressemble dans la perspective \u00e0 une chiotte d\u00e9versant dans les \u00e9gouts catastrophe apr\u00e8s catastrophe. Il est vrai que m\u00eame aujourd&rsquo;hui, on continue \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.politico.com\/magazine\/story\/2017\/04\/24\/paul-wolfowitz-donald-trump-iraq-middle-east-215065\">consulte<\/a>r ce strat\u00e8ge g\u00e9nial de la d\u00e9construction de l&rsquo;intelligence qu&rsquo;est Wolfowitz, pr\u00e9cipitamment sorti de la naphtaline et ravi de nous dire que Trump va finalement \u00eatre un grand pr\u00e9sident du point de vue <em>neocon<\/em>, ce qui est une prospective bien risqu\u00e9e. Outre d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0n\u00e9os\u00a0\u00bb, ceux-l\u00e0 semblent \u00eatre promis \u00e0 la durabilit\u00e9 sans fin de leur principal mode de pens\u00e9e.)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>On comprend aussi bien la s\u00e9quence actuelle, n\u00e9e et d\u00e9velopp\u00e9e peu \u00e0 peu depuis la crise financi\u00e8re de 2008 et ses cons\u00e9quences, malgr\u00e9 les interf\u00e9rences de r\u00e9sistance du Syst\u00e8me sous la forme des tentatives constantes de mobilisation belliciste ; s\u00e9quence d\u00e9velopp\u00e9e au travers de divers \u00e9pisodes (<em>Tea Party<\/em>, les mouvements <em>Occupy<\/em>, etc.) <strong>jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode paroxystique qui s&rsquo;est ouvert avec USA-2016 et le parcours de Trump<\/strong> ; s\u00e9quence qui, \u00e0 son paroxysme, r<strong>etrouve, en infiniment pire bien entendu, les conditions de la crise d&rsquo;identit\u00e9 de 1989-1990 jusqu&rsquo;\u00e0 1996 telle que l&rsquo;avait identifi\u00e9e William Pfaff<\/strong>. On voit d&rsquo;ailleurs combien les conditions de base, &ndash; crise d&rsquo;identit\u00e9, probl\u00e8me du multiculturalisme, etc., &ndash; se retrouvent aujourd&rsquo;hui, <strong>monstrueusement grossies en \u00e9v\u00e9nements crisiques<\/strong> qui pr\u00e9cipitent le tourbillon de la dynamique surpuissance-autodestruction du Syst\u00e8me. Notre \u00e9poque et son irr\u00e9sistible entra&icirc;nement vers l&rsquo;effondrement n&rsquo;est pas sortie de rien, non plus qu&rsquo;elle n&rsquo;appara&icirc;t nullement si inexplicable que \u00e7a, et certainement nullement incompr\u00e9hensible.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Pour cela, et pour ceux qui per\u00e7oivent ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;infamie et d&rsquo;imposture dans les extraordinaires machinations de r\u00e9critures faussaires de l&rsquo;histoire de la p\u00e9riode de l&rsquo;imm\u00e9diat apr\u00e8s-Guerre Froide, qui est l&rsquo;un des grands sujets de cette entreprise de faussaire, <strong>il faut tenter de lutter pour retrouver ce que nous jugeons \u00eatre les <a href=\"\/malgr%C3%A9%20des%20circonstances%20%C3%A9conomiques%20devenant%20tr%C3%A8s%20d%C3%A9licates,%20d\">v\u00e9rit\u00e9s-de-situation<\/a> de l&rsquo;Histoire<\/strong>. Ce long extrait de \u00ab\u00a0<em>Chronique de l&rsquo;\u00e9branlement<\/em>\u00ab\u00a0, de Philippe Grasset (Mols, 2003) que nous republions, fait partie de cette tentative.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Extrait de \u00ab\u00a0<em>Chronique de l&rsquo;\u00e9branlement<\/em>\u00ab\u00a0<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Ceux qui, un an ou 18 mois apr\u00e8s l&rsquo;attaque du 11 septembre, une fois \u00e9cart\u00e9 le deuil qui nous faisait obligation d&rsquo;admiration constern\u00e9e et de mutisme d\u00e9sol\u00e9, jugent et jurent qu&rsquo;ils d\u00e9couvrent \u00e0 l&rsquo;instant une autre Am\u00e9rique, soudain d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e, pleine d&rsquo;inqui\u00e9tantes ambitions, sans souci de l&rsquo;ordre du monde et du droit des plus faibles, ceux-l\u00e0 ont la m\u00e9moire courte. Ceux qui s&rsquo;\u00e9tonnent qu&rsquo;un pays qu&rsquo;ils voyaient si stable, si s&ucirc;r de lui-m\u00eame, si assur\u00e9 de sa puissance, s&rsquo;installe, une fois le choc pass\u00e9 (une fois observ\u00e9 le deuil), dans l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 d&rsquo;une politique sans mesure, agit\u00e9e d&rsquo;anath\u00e8mes d\u00e9raisonnables et de sombres croyances, passant de l&rsquo;extr\u00eame d&rsquo;une excommunication belliqueuse \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame d&rsquo;une peur dont l&rsquo;exc\u00e8s finit par inqui\u00e9ter plus \u00e0 propos de l&rsquo;\u00e9quilibre de la victime qu&rsquo;\u00e0 propos des manigances de l&rsquo;agresseur, ceux-l\u00e0 ont la m\u00e9moire s\u00e9lective<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Jusqu&rsquo;au 11 septembre 2001, l&rsquo;Am\u00e9rique a trac\u00e9 son chemin d&rsquo;une fa\u00e7on qui, \u00e0 d\u00e9faut de justifier ou d&rsquo;excuser l&rsquo;acte, explique au moins que des lunatiques aient con\u00e7u le projet de s&rsquo;en prendre \u00e0 elle de la fa\u00e7on qu&rsquo;on a vue. On ne s&rsquo;en prend pas ici \u00e0 une politique ; on ferait bien de s&rsquo;en garder, d&rsquo;ailleurs, sous peine de d\u00e9couvrir qu&rsquo;avec ses contradictions et ses improvisations brouillonnes, l&rsquo;Am\u00e9rique n&rsquo;a pas de politique ; \u00e0 plus forte raison, on ne met pas en cause tel ou tel \u00ab\u00a0imp\u00e9rialisme\u00a0\u00bb, comme celui qu&rsquo;on d\u00e9non\u00e7ait durant la Guerre froide, tel ou tel interventionnisme, jusqu&rsquo;aux dirty tricks de la CIA et compagnie, de la chute de Mossadegh aux aventures douteuses des Contras du Nicaragua. On s&rsquo;int\u00e9resse d&rsquo;abord \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;Am\u00e9rique. Peu apr\u00e8s l&rsquo;attaque, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Rumsfeld, d\u00e9cid\u00e9ment le philosophe de la bande, expliquait que ce que les terroristes attaquaient, c&rsquo;est l&rsquo;American way of life, &mdash; effectivement la fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;Am\u00e9rique, car pour elle \u00ab\u00a0vivre\u00a0\u00bb c&rsquo;est \u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0\u00bb et rien d&rsquo;autre. On ne peut r\u00e9duire cette attaque \u00e0 une attaque contre la politique de l&rsquo;Am\u00e9rique. Elle vise la substance de l&rsquo;Am\u00e9rique ; elle vise et touche les symboles qui repr\u00e9sentent cette substance. Ce qui va nous int\u00e9resser en remontant l&rsquo;histoire pour trouver les racines de la crise, c&rsquo;est plus la fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;Am\u00e9rique que sa ou ses politique(s), ou que ses statuts vaniteusement propos\u00e9s \u00e0 l&rsquo;admiration des experts occidentaux form\u00e9s \u00e0 son \u00e9cole, &mdash; celui de l'\u00a0\u00bbhyperpuissance\u00a0\u00bb, celui de &laquo;the indispensable nation&raquo;. Nous ne progressons pas sur un territoire rationnel, celui qu&rsquo;on croit pouvoir exposer aux \u00e9tudiants en science des relations internationales. Nous sommes dans le domaine de la psychologie des peuples, peut-\u00eatre m\u00eame s&rsquo;agit-il de leur \u00e2me<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>D&rsquo;abord l&rsquo;histoire proche, pour appr\u00e9cier d&rsquo;o&ugrave; nous venons, &mdash; disons, l&rsquo;histoire de la psychologie de l&rsquo;Am\u00e9rique depuis la fin de ce qu&rsquo;elle crut \u00eatre l&rsquo;engagement supr\u00eame, l&rsquo;Armageddon subversif et nucl\u00e9aire, lequel s&rsquo;acheva comme on tourne court, dans la crevaison d&rsquo;une outre gigantesque et gigantesquement vide qu&rsquo;on nommait Union Sovi\u00e9tique, dans l&rsquo;artifice communiste transform\u00e9 en bordel russe. Auparavant, l&rsquo;Am\u00e9rique \u00e9tait tendue, fi\u00e8re, d&rsquo;une fa\u00e7on qui nous paraissait \u00e0 peine excessive. A nous qui avions oubli\u00e9 l&rsquo;histoire elle paraissait mesur\u00e9e et volontaire, m\u00eame si elle laissait voir parfois quelques domaines de comportement inqui\u00e9tants, entre maccarthysme et paniques nucl\u00e9aires. A partir de la chute des communismes, soudain l&rsquo;Am\u00e9rique s&rsquo;agite, devient f\u00e9brile, envisage tous les horizons sans en choisir aucun, s&rsquo;interroge, se trouve la mine chafouine, se regarde dans son miroir pour l&rsquo;interroger fi\u00e9vreusement. Litt\u00e9ralement elle perd le sens d&rsquo;elle-m\u00eame. Les meilleurs des observateurs ne craignent pas de distinguer une \u00ab\u00a0crise d&rsquo;identit\u00e9\u00a0\u00bb. On mesure la chose avec les moyens du bord et c&rsquo;est le pauvre Bush-p\u00e8re, qui se trouvait sur le chemin, qui en fait les frais. Triomphant vainqueur de la Guerre du Golfe, avec des sondages au-del\u00e0 de 90% d&rsquo;opinions favorables en juillet 1991, il est tomb\u00e9 quelque part entre 40 et 45% d&rsquo;opinions favorables en novembre, un an avant l&rsquo;\u00e9lection qu&rsquo;il perdra \u00e9videmment, &mdash; et tout cela, toutes ces aventures, sans avoir vraiment d\u00e9m\u00e9rit\u00e9. On expliquera plus tard, et il approuvera, qu&rsquo;il lui a manqu\u00e9, dans ses discours, quelque chose comme \u00ab\u00a0the vision thing\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0le truc de la vision\u00a0\u00bb) ; c&rsquo;est un peu comme si l&rsquo;on vous expliquait que J\u00e9sus, lors de sa campagne \u00e9lectorale, a oubli\u00e9 de nous parler du Paradis et de l&rsquo;Existence de Dieu<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Lors des premi\u00e8res primaires de f\u00e9vrier 1992, un candidat r\u00e9publicain dissident et isolationniste, Patrick J. Buchanan, devan\u00e7ant temporairement le candidat Georges Bush p\u00e8re, provoqua une panique m\u00e9morable dans la direction du parti. On y crut presque, quand Buchanan annon\u00e7a dans un ricanement sarcastique que les Am\u00e9ricains en col\u00e8re, &laquo; avec les fourches de leur r\u00e9volte &raquo;, allaient marcher sur Washington. Clinton fut \u00e9lu (novembre 1992) dans une atmosph\u00e8re fi\u00e9vreuse o&ugrave; l&rsquo;on parla du &laquo; myst\u00e8re de la renaissance de l&rsquo;Am\u00e9rique &raquo;. L&rsquo;humeur am\u00e9ricaine ne s&rsquo;\u00e9claircit pas pour autant, bien que ce que l&rsquo;on s&rsquo;accorde \u00e0 juger comme la meilleure m\u00e9decine pour l&rsquo;\u00e2me du bon peuple am\u00e9ricain, une \u00e9conomie en pleine expansion, f&ucirc;t \u00e0 nouveau en r\u00e9gime de belle croisi\u00e8re depuis le d\u00e9but de 1992. Fin 1994, le bon peuple vote et envoie une majorit\u00e9 r\u00e9publicaine au Congr\u00e8s, faisant suivre son inexplicable col\u00e8re anti-r\u00e9publicaine (d\u00e9faite de Bush-p\u00e8re) d&rsquo;une inexplicable col\u00e8re anti-d\u00e9mocrate. Les r\u00e9sultats de l&rsquo;\u00e9lection plongent le pr\u00e9sident dans une d\u00e9pression extraordinaire de plusieurs semaines, jusque trois \u00e0 quatre mois. Il ne fut plus que l&rsquo;ombre de lui-m\u00eame. Il se d\u00e9couvrait, avec un Congr\u00e8s nourri d&rsquo;une haine sans mesure, r\u00e9duit \u00e0 un r\u00f4le de figurant et sa pr\u00e9sidence r\u00e9duite \u00e0 n\u00e9ant. Durant cette p\u00e9riode extraordinaire o&ugrave; des hauts fonctionnaires am\u00e9ricains confiaient \u00e0 leurs coll\u00e8gues \u00e9trangers qu&rsquo;ils ne savaient plus \u00e0 qui ils devaient d\u00e9sormais ob\u00e9ir, il arrivait qu&rsquo;on crois\u00e2t dans les couloirs de la Maison-Blanche un Clinton hagard, mal ras\u00e9, incapable de retrouver son \u00e9quilibre et son apparence de pr\u00e9sident, et qu&rsquo;on d\u00e9tourn\u00e2t les yeux, g\u00ean\u00e9 par cette d\u00e9ch\u00e9ance si insolite et si indigne<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Clinton se r\u00e9tablit selon une technique \u00e9prouv\u00e9e de la vie politique am\u00e9ricaine : en s&rsquo;int\u00e9ressant \u00e0 la politique \u00e9trang\u00e8re. Laiss\u00e9e au pr\u00e9sident, la politique \u00e9trang\u00e8re lui procure ors et pompes et n&rsquo;int\u00e9resse pas le monde politique washingtonien pour lequel un engagement politique doit se traduire le plus directement possible en soutien sonnant et tr\u00e9buchant et en nombres de voix. (Par contre, les \u00ab\u00a0\u00e9trangers\u00a0\u00bb (hispaniques, polonais, juifs, chinois) qui ont l&rsquo;esprit de se former en lobbies et ne le sont plus tout \u00e0 fait, se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la forte minorit\u00e9 de leur sang devenue am\u00e9ricaine pour peser sur le vote, ceux-l\u00e0 font partie de la famille et suscitent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des \u00e9lus pour les exp\u00e9ditions \u00e9trang\u00e8res impliquant leur pays d&rsquo;origine.) En 1995, effectivement, tout bascule. Clinton qui, en 3 ans, n&rsquo;avait pas oppos\u00e9 un seul veto contre le Congr\u00e8s, &mdash; fait unique des annales politiques de la grande R\u00e9publique, &mdash; se d\u00e9barrasse de ses gants et commence \u00e0 traiter le Congr\u00e8s en ennemi, et les veto valsent. Il n&rsquo;esp\u00e8re plus rien du Congr\u00e8s et tout de son z\u00e8le ext\u00e9rieur. Il songe \u00e0 sa stature historique. Il s&rsquo;engage en ex-Yougoslavie \u00e0 partir d&rsquo;ao&ucirc;t 1995, puis avec les accords de Dayton en octobre-novembre ; il fait de l&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;OTAN une de ces \u00ab\u00a0grandes causes\u00a0\u00bb dont on se demande, stup\u00e9faits et sans voix, d&rsquo;o&ugrave; elles viennent et ce qui les justifie. D\u00e9sormais, l&rsquo;affirmation de la toute-puissance am\u00e9ricaine et de l&rsquo;auto-glorification, qui allait d\u00e9j\u00e0 de soi, devient une v\u00e9ritable politique. Elle devient la politique am\u00e9ricaine par essence. Elle va jouer un r\u00f4le non n\u00e9gligeable dans le tournant de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1996 m\u00eame si elle n&rsquo;en fait pas l&rsquo;essentiel<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Le sens et la signification de la d\u00e9cennie 1990 semblent d\u00e9pendre d&rsquo;un myst\u00e8re apparent, o&ugrave; l&rsquo;humeur am\u00e9ricaine est transport\u00e9e des abysses d&rsquo;une crise psychologique proche du d\u00e9sespoir ou de la col\u00e8re r\u00e9volutionnaire, aux sommets d&rsquo;une affirmation triomphale o&ugrave; l&rsquo;on croit avoir chang\u00e9 l&rsquo;histoire du monde. Ces extr\u00eames ne se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 aucun \u00e9v\u00e9nement particuli\u00e8rement significatif et, dans tous les cas, \u00e0 aucun pouvant justifier une telle extr\u00e9mit\u00e9. L&rsquo;humeur change en tornade, myst\u00e8re d&rsquo;un basculement psychologique sans pr\u00e9c\u00e9dent, pourtant \u00e0 peine not\u00e9. De pessimiste et volontiers apocalyptique, le public am\u00e9ricain devient optimiste et euphorique en l&rsquo;espace de quelques semaines. Les Jeux Olympiques d&rsquo;Atlanta de juillet-ao&ucirc;t 1996 sont le th\u00e9\u00e2tre, l&rsquo;occasion et peut-\u00eatre l&rsquo;argument principal de ce changement d&rsquo;humeur. C&rsquo;est un d\u00e9cha&icirc;nement de d\u00e9lire nationaliste dont le journal Le Monde, pourtant vertueusement insoup\u00e7onnable d&rsquo;anti-antiam\u00e9ricaine, \u00e9crit : \u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;olympisme ici, tout juste une kermesse \u00e9tats-unienne, ahurissante d&rsquo;ind\u00e9cence\u00a0\u00bb. En m\u00eame temps se d\u00e9roule un spectacle abracadabrant d&rsquo;attentats qui n&rsquo;en sont pas, de terroristes qui se ram\u00e8nent \u00e0 un auxiliaire de la police un peu f\u00eal\u00e9, d&rsquo;une alerte g\u00e9n\u00e9rale au terrorisme dont on se demande \u00e0 quoi elle r\u00e9pond, &mdash; cela, entre la destruction du vol TWA 888 dont on ignore encore aujourd&rsquo;hui la cause, et le faux-vrai attentat d&rsquo;une \u00ab\u00a0bombe artisanale\u00a0\u00bb dans un parc d&rsquo;attraction d&rsquo;Atlanta, qui fait un mort, par crise cardiaque, de rien de plus que d&rsquo;une \u00e9motion mal contenue. L&rsquo;Am\u00e9rique n&rsquo;est plus de notre monde bien qu&rsquo;elle pr\u00e9tende d\u00e9sormais mener le monde, avec un Clinton qui prend go&ucirc;t \u00e0 ce qui pourrait \u00eatre effectivement sa \u00ab\u00a0stature historique\u00a0\u00bb. Son mod\u00e8le historique change de Roosevelt : de FDR \u00e0 Th\u00e9odore, dit \u00ab\u00a0Teddy\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Quel d\u00e9cha&icirc;nement, \u00e0 partir de l\u00e0 ! Pour tenter de ranger ce temps historique si \u00e9trange, on peut le s\u00e9parer en deux ou trois grands domaines. Le domaine \u00e9conomique est connu de tous : cet engouement extra-atmosph\u00e9rique, pour lequel on ne trouve que la comparaison des folles ann\u00e9es vingt menant au krach d&rsquo;octobre 29, o&ugrave; l&rsquo;Am\u00e9rique vit au rythme du NASDAQ et de Wall Street, de la \u00ab\u00a0nouvelle \u00e9conomie\u00a0\u00bb, l&rsquo;\u00e9conomie new age des start-ups. R\u00e9sumons tout cela par un spectacle insolite, fort peu not\u00e9 parce qu&rsquo;on n&rsquo;ose plus s&rsquo;\u00e9tonner de la grande R\u00e9publique de crainte d&rsquo;\u00eatre mal not\u00e9, et rapport\u00e9 sans \u00e9tonnement par un article de premi\u00e8re page de l&rsquo;International Herald Tribune du 11 juin 1998 : le pr\u00e9sident de la Fed, le si fameux et si s\u00e9rieux Alan Greenspan, venu t\u00e9moigner devant une Commission du S\u00e9nat et disant aux parlementaires qu&rsquo;il existe, bien qu&rsquo;il n&rsquo;en soit pas lui-m\u00eame l&rsquo;adepte, une \u00e9cole de pens\u00e9e dans les milieux \u00e9conomiques am\u00e9ricaines avan\u00e7ant que l&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine atteint de tels sommets qu&rsquo;elle a chang\u00e9 de substance, qu&rsquo;elle \u00e9chappe aux lois de l&rsquo;histoire, qu&rsquo;elle est, comme dit pr\u00e9cis\u00e9ment Greenspan, &laquo; beyond history &raquo;. Cette expression extraordinaire, telle qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 vraiment dite, aurait m\u00e9rit\u00e9 un sort plus significatif que l&rsquo;indiff\u00e9rence qui l&rsquo;a accueillie : le pr\u00e9sident de la Federal Reserve admettait sans barguigner, sans para&icirc;tre un instant s&rsquo;en gausser, que l&rsquo;on put envisager que l&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine f&ucirc;t effectivement quelque chose qui \u00e9tait sortie de l&rsquo;histoire, et sortie par le haut, et d\u00e9sormais \u00e9voluant \u00ab\u00a0beyond history\u00a0\u00bb. Cela fixe les esprits et leur \u00e9tat<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>A cette puissance triomphatrice et auto-glorificatrice de la Bourse parvenue au Paradis, il faut ajouter, deuxi\u00e8me domaine qui rejoint le premier, le triomphe de l&rsquo;arrogance et de l&rsquo;hubris qui semblent le principal domaine psychologique de la politique ext\u00e9rieure de l&rsquo;\u00e9poque. Apr\u00e8s 1995-96, la vague enfle et se fait d\u00e9ferlante, devant les yeux immens\u00e9ment agrandis, subjugu\u00e9s, fascin\u00e9s, des dirigeants du \u00ab\u00a0reste du monde\u00a0\u00bb (l&rsquo;acronyme ROW de Rest Of the World, d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9, est adopt\u00e9 durant cette p\u00e9riode par le D\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat). On cherche en vain les mots qui conviennent et un ministre fran\u00e7ais, ne faisant pourtant qu&#8217;emprunter \u00e0 un universitaire am\u00e9ricain, en trouve un qui fera date : \u00ab\u00a0hyperpuissance\u00a0\u00bb (hyperpower), &mdash; et pour cela, pour ce p\u00e9ch\u00e9 impardonnable, la propagande \u00e9tats-unienne et tous ses relais habituels et sans nombre vouent Hubert V\u00e9drines aux g\u00e9monies. Le ministre fran\u00e7ais n&rsquo;en para&icirc;tra que plus las et n&rsquo;en sera pas moins convaincu que l&rsquo;\u00e9poque est celle de la force et pas celle de la subtilit\u00e9<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>A c\u00f4t\u00e9 de ces emportements triomphants et extraordinaires qui font b\u00e9er ROW d&rsquo;admiration, car vraiment le monde vit au rythme de ce regard de midinette qu&rsquo;il porte sur les USA, il y a tout un c\u00f4t\u00e9 Grande Duchesse de Gerolstein chez les Am\u00e9ricains, \u00e0 Washington plus pr\u00e9cis\u00e9ment, mais dans le genre de la superproduction hollywoodienne. On ragote, on m\u00e9dit, on entretient la rumeur ; Washington est une ville provinciale mont\u00e9e en diamant mille-carats de nouveau-riche, et, depuis deux si\u00e8cles, elle n&rsquo;a jamais pu se d\u00e9barrasser de ce vernis encombrant. Ainsi d\u00e9bouche-t-on sur l&rsquo;affaire Lewinsky, m\u00e9lange de sexualit\u00e9 light, de formalisme juridique extraordinaire sur la d\u00e9finition de \u00ab\u00a0to have sex\u00a0\u00bb, de rigorisme de puritain, de regards de voyeur et d&rsquo;enqu\u00eateur catalogu\u00e9 en \u00ab\u00a0fou de Dieu\u00a0\u00bb ultra-chr\u00e9tien. C&rsquo;est probablement \u00e0 l&rsquo;occasion de cette affaire, dont nul ne sort indemne, qu&rsquo;on mesure le mieux la profondeur du malaise et l&rsquo;ampleur du d\u00e9s\u00e9quilibre qui frappent l&rsquo;Am\u00e9rique. L&rsquo;affaire Lewinsky nous offre une ann\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e o&ugrave;, successivement, on voit ce r\u00e9gime proclam\u00e9 immortel menac\u00e9 de s&rsquo;effondrer dans une explosion de papiers imprim\u00e9s et de vid\u00e9os, et o&ugrave; un pr\u00e9sident tr\u00e8s populaire dans la population est mis en accusation au Congr\u00e8s pour une affaire de braguette mineure mont\u00e9e en proc\u00e8s pour trahison de nos plus hautes valeurs de civilisation. L&rsquo;ensemble est entrecoup\u00e9 d&rsquo;attaques arm\u00e9es contre Saddam qui d\u00e9tournent l&rsquo;attention et permettent de souffler sur le front de Washington, en conformit\u00e9 avec l&rsquo;adage en vogue et colonne vert\u00e9brale de la pens\u00e9e strat\u00e9gique occidentale, selon lequel \u00ab\u00a0si tu ne sais pourquoi tu frappes Saddam, lui le sait assur\u00e9ment\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>L&rsquo;apoth\u00e9ose est \u00e0 l&rsquo;heure dite et il ne d\u00e9\u00e7oit pas. Les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de novembre-d\u00e9cembre 2000 sont conformes \u00e0 tout ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. (Ces \u00e9lections pr\u00e9sidentielles termin\u00e9es dans un mouchoir de poche, d\u00e9pendantes d&rsquo;un recomptage des voix en Floride, o&ugrave; l&rsquo;on se plonge dans un d\u00e9lire de manipulations, de th\u00e8ses juridiques, des arm\u00e9es d&rsquo;avocats, des urnes transport\u00e9es ici et l\u00e0, des bulletins de vote mal compt\u00e9s ou mal poin\u00e7onn\u00e9s, des machines qui ne marchent pas, une Cour Supr\u00eame ici, une Cour Supr\u00eame l\u00e0, des \u00e9ditoriaux f\u00e2cheux sur l&rsquo;agonie du r\u00e9gime, le r\u00e9gime qui tient, le triomphe de la d\u00e9mocratie, jusqu&rsquo;\u00e0 la supr\u00eame Cour Supr\u00eame (celle de l&rsquo;Union apr\u00e8s celle de l&rsquo;&Eacute;tat) qui tranche pour le candidat qui a eu le moins de voix, selon un vote de la Cour qui respecte absolument les lignes g\u00e9n\u00e9rales de la corruption des partis.) Les \u00e9lections-2000 d\u00e9couvrent une crise qui ne peut surprendre puisqu&rsquo;elle dure depuis une d\u00e9cennie et au-del\u00e0, qui ne parvient pas \u00e0 dire qui elle est, ce qui la justifie, ce qui lui donne cette vigueur ; une population gav\u00e9e d&rsquo;auto-satisfaction comme elle l&rsquo;est de hamburgers, appuy\u00e9e sur une pens\u00e9e ob\u00e8se, fagot\u00e9e dans Stars et Stripes, divis\u00e9e de fa\u00e7on extr\u00eame et vitup\u00e9rante, s&rsquo;affrontant avec f\u00e9rocit\u00e9 sur des th\u00e8mes dont on a du mal \u00e0 percevoir l&rsquo;urgence ; un syst\u00e8me d\u00e9cr\u00e9pit, mang\u00e9 par une corruption vieillotte et une obsolescence technologique dans la vie courante qui ne laisse pas d&rsquo;\u00e9tonner, anim\u00e9 par des politiciens d&rsquo;une m\u00e9diocrit\u00e9 et d&rsquo;une inculture qui laissent sans voix ; et, autour de cela, un bavardage prodigieux, sans fin, sans limites, qui coule comme du sirop d&rsquo;\u00e9rable, qui colle, qui s&rsquo;auto-proclame et s&rsquo;auto-f\u00e9licite. Ce qui doit nous arr\u00eater est l&rsquo;extr\u00eame distance entre la vigueur des \u00e9branlements et la massive puissance des cons\u00e9quences \u00e0 venir, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, et de l&rsquo;autre l&rsquo;extraordinaire d\u00e9rision, la m\u00e9diocrit\u00e9 de classe moyenne archa\u00efque, qui caract\u00e9risent l&rsquo;agitation imm\u00e9diate ; entre l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 de la vanit\u00e9 et la petitesse de son objet ; entre la taille gargantuesque du bavardage et la r\u00e9alit\u00e9 microscopique des sujets qui en sont les th\u00e8mes. La crise am\u00e9ricaine est effectivement comme une sorte d&rsquo;oc\u00e9an de colle sirupeuse, un bocal gigantesque de miel synth\u00e9tique \u00e0 cinq sous. M\u00eame les opposants, les dissidents du syst\u00e8me, ceux qui sont l&rsquo;\u00e9quivalent de ceux qui, en URSS, \u00e9taient comptables d&rsquo;une dimension tragique et d&rsquo;une affirmation de la dignit\u00e9 humaine, &mdash; m\u00eame ceux-l\u00e0 paraissent volontiers d\u00e9risoires, et souvent plus accessoires que path\u00e9tiques. La civilisation occidentale \u00e0 son terme s&rsquo;ach\u00e8ve dans sa version am\u00e9ricaine, cette ambition am\u00e9ricaine de devenir l&rsquo;Empire du monde sans rien conna&icirc;tre de l&rsquo;Empire et de ses devoirs, sans rien conna&icirc;tre du monde et de ses exigences, cette ambition r\u00e9sum\u00e9e par William Pfaff, \u00e0 un autre propos mais \u00e0 peine, par cette phrase qui sonne comme le titre d&rsquo;une com\u00e9die musicale \u00e0 succ\u00e8s de Broadway: <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=936\">\u00ab\u00a0To Finish in A Burlesque of an Empire\u00a0\u00bb<\/a>.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>On peut dire que l&rsquo;attaque 9\/11 est venue \u00e0 propos pour faire prendre au s\u00e9rieux ce qui ne l&rsquo;\u00e9tait plus. On peut le dire pour se convaincre que 9\/11 est un \u00e9v\u00e9nement tragique mais je n&rsquo;en suis pas convaincu pour autant, et il me faudra plus d&rsquo;un \u00e9ditorial pour acquiescer<\/em>&#8230; &raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Glossaire.dde : Le \u00ab\u00a0Trou Noir\u00a0\u00bb de la postmodernit\u00e9 13 mai 2017 &ndash; On vient de \u00ab\u00a0f\u00eater\u00a0\u00bb l&rsquo;anniversaire d&rsquo;un quart de si\u00e8cle des fameuses \u00e9meutes de los Angeles, qui dur\u00e8rent six-sept jours, du 29 avril au 5-6 mai 1992, qui firent 55 morts, des centaines de bless\u00e9s, des milliers d&rsquo;arrestations, etc., qui mirent certains quartiers de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[19],"tags":[2935,12985,868,12981,934,3228,12982,2631,2604,6744,7517,7605,3106,3483,3541,2645,6118,7719,3944,11649,8386,12984,2934,2995,12983,1131,3215,963,1448],"class_list":["post-77262","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glossairedde","tag-angeles","tag-atlanta-1996","tag-bush","tag-chronique","tag-clinton","tag-crise","tag-datlanta","tag-de","tag-des","tag-emeutes","tag-etoiles","tag-faussaire","tag-froide","tag-gorbatchev","tag-greenspan","tag-guerre","tag-hyperpuissance","tag-jeux","tag-lebranlement","tag-leffondrement","tag-lhistoire","tag-lidentite","tag-los","tag-maniaco-depression","tag-pere","tag-pfaff","tag-reagan","tag-urss","tag-wolfowitz"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77262","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77262"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77262\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}