{"id":77371,"date":"2017-07-15T13:44:24","date_gmt":"2017-07-15T13:44:24","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/07\/15\/comment-la-culture-moderne-detruit-nos-pays\/"},"modified":"2017-07-15T13:44:24","modified_gmt":"2017-07-15T13:44:24","slug":"comment-la-culture-moderne-detruit-nos-pays","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/07\/15\/comment-la-culture-moderne-detruit-nos-pays\/","title":{"rendered":"Comment la culture moderne d\u00e9truit nos pays"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\"> Comment la culture moderne d\u00e9truit nos pays <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On nous parle de la catastrophe \u00e9conomique italienne ou espagnole. Je dois dire que j&rsquo;en moque un peu et que vais ici parler de la catastrophe culturelle et morale de ces deux magnifiques pays \u00e0 qui une grande partie de l&rsquo;humanit\u00e9 doit tant. <strong>J&rsquo;ai parl\u00e9 de la culture moderne comme arme de destruction massive. On y est en plein ici.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>La catastrophe anthropologique actuelle est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crite par Pier-Paolo Pasolini dans ses <em>\u00e9crits corsaires<\/em>, publi\u00e9s par la presse italienne vers 1974, juste avant son assassinat. Pasolini observe que <strong>le vrai Grand Remplacement, celui des \u00e2mes et des cerveaux, a eu lieu avec notre am\u00e9ricanisation, l&rsquo;h\u00e9donisme et la t\u00e9l\u00e9vision.<\/strong> Les attentats <em>false flag<\/em> qu&rsquo;il d\u00e9nonce, et qui se succ\u00e8dent en Italie \u00e0 une vitesse d\u00e9mente pour &laquo; mettre fin \u00e0 une opposition politique apparue par surprise &raquo; (Guy Debord) jouent un grand r\u00f4le vers 1970. Ce dr\u00f4le de n\u00e9omarxiste (il aime la soci\u00e9t\u00e9 sovi\u00e9tique), de chr\u00e9tien (il est oppos\u00e9 \u00e0 la l\u00e2chet\u00e9 du nouveau Vatican) et d&rsquo;homosexuel (il est oppos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avortement) n&rsquo;y va pas par quatre chemins : &laquo; leur silence et leur passivit\u00e9 ont l&rsquo;apparence d&rsquo;une atroce n\u00e9vrose euphorique, qui leur fait accepter sans aucune r\u00e9sistance le nouvel h\u00e9donisme avec lequel le pouvoir r\u00e9el remplace les hautes valeurs morales du pass\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pasolini \u00e9tait effar\u00e9 par la fin rapide de la civilisation paysanne (il a raison), soulignant ensuite que<strong> tout va dispara&icirc;tre, la tradition, l&rsquo;\u00e9ducation, la confession religieuse<\/strong>.  Le cin\u00e9ma italien conna&icirc;t d&rsquo;ailleurs sa derni\u00e8re grande d\u00e9cennie avant de dispara&icirc;tre avec tous ses ma&icirc;tres Risi, Visconti, Fellini, etc. (Bertolucci n&rsquo;est ni italien ni cin\u00e9aste).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le la\u00efcisme de nos abrutis des m\u00e9dias lui r\u00e9pugne : c&rsquo;est &laquo; un h\u00e9donisme n\u00e9o-la\u00efc, aveuglement oublieux de toute valeur humaniste et compl\u00e8tement \u00e9tranger \u00e0 toutes les sciences humaines. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La tradition de r\u00e9signation et de patience et de sacrifice dispara&icirc;t : &laquo; les italiens en effet ne veulent plus abandonner cette commodit\u00e9 et ce bien-\u00eatre, m\u00eame mis\u00e9rable, qu&rsquo;ils ont atteint.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Vive mon confort, mort aux valeurs !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Eglise ralli\u00e9e va en crever, sur fond de fin des paysans : &laquo; la fin de l&rsquo;\u00e9glise est d\u00e9sormais in\u00e9vitable, \u00e0 cause de la trahison de millions et de millions de fid\u00e8les, surtout ces paysans convertis \u00e0 la la\u00efcit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;h\u00e9donisme consommateur. &raquo; M\u00e9lange de nihilisme, de conformisme bovin et de nullit\u00e9 morale et spirituelle, la la\u00efcit\u00e9 est en effet tr\u00e8s prometteuse. On d\u00e9couvre aujourd&rsquo;hui sa haine rageuse du christianisme et son adoration pour tout ersatz de substitution religieuse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pasolini souligne la salauderie de la d\u00e9mocratie chr\u00e9tienne soumise aux USA, ainsi que la salauderie du christianisme bourgeois et mondain qui se recycle alors dans la construction europ\u00e9enne et la mondialisation lib\u00e9rale (mais la col\u00e8re, comme dit l&rsquo;ap\u00f4tre, finira par les atteindre).<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Il \u00e9crit que l&rsquo;Eglise de Vatican II, &laquo; pas tr\u00e8s cultiv\u00e9e &raquo; risque de conna&icirc;tre une fin peu glorieuse<\/strong>, et qu&rsquo;elle devrait tout faire pour \u00e9viter cette &laquo; fin non glorieuse &raquo; (ingloriosa). &raquo; Il ajoute que &laquo; le plus grave serait d&rsquo;accepter passivement sa propre liquidation. &raquo; C&rsquo;est ce qu&rsquo;on fait pourtant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Citons ma phrase pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de L\u00e9on Bloy : &laquo;<em>Et ce cort\u00e8ge est contempl\u00e9 par un peuple immense, mais si prodigieusement imb\u00e9cile qu&rsquo;on peut lui casser les dents \u00e0 coups de maillet et l&rsquo;\u00e9masculer avec des tenailles de forgeur de fer, avant qu&rsquo;il s&rsquo;aper\u00e7oive seulement qu&rsquo;il a des ma&icirc;tres, &mdash; les \u00e9pouvantables ma&icirc;tres qu&rsquo;il tol\u00e8re et qu&rsquo;il s&rsquo;est choisis. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;h\u00e9donisme se fout de tout (macch\u00e9 sacrificio&hellip;) avec son outil la t\u00e9l\u00e9vision, bien attaqu\u00e9e aussi par d&rsquo;autres ma&icirc;tres alors &#8211; comme Godard ou Fellini : &laquo; et puis quoi le sacrifice, et puis quoi la foi, et puis quoi l&rsquo;asc\u00e9tisme, et puis quoi les bons sentiments, et puis quoi ces bonnes mani\u00e8res. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et le ma&icirc;tre de ponctuer : &laquo; la t\u00e9l\u00e9vision a \u00e9t\u00e9 le principal artisan de la victoire du non au referendum, \u00e0 travers la la\u00efcisation des citoyens. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>La la\u00efcisation des citoyens<\/strong>, on la retiendra celle-l\u00e0. A la m\u00eame \u00e9poque le philosophe marxiste Henri Lefebvre pleure son \u00e9glise campagnarde et agraire. Car le marxisme ne survivra pas non plus \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 industrielle qui <em>industrialisa<\/em> l&rsquo;homme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La tol\u00e9rance est d\u00e9j\u00e0 au go&ucirc;t du jour, et la la\u00efcit\u00e9 de nos saligauds : &laquo; le syst\u00e8me et l&rsquo;h\u00e9donisme ridiculisent l&rsquo;\u00e9pargne, la pr\u00e9voyance, la respectabilit\u00e9, la pudeur, la retenue, tous les bons sentiments d&rsquo;antan. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pasolini conclue que le consum\u00e9risme et  l&rsquo;h\u00e9donisme de masse ont abouti \u00e0 une  &laquo; r\u00e9volution anthropologique. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le cin\u00e9aste fut assassin\u00e9 quelques mois plus tard. Le film Salo \u00e9tablissait le lien entre lib\u00e9ralisme libertaire et fascisme, reli\u00e9s par Sade et le d\u00e9r\u00e8glement sexuel (voyez les scandales p\u00e9dophiles un peu partout, et lisez mon texte sur Sade et la mondialisation).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A quarante ans de l\u00e0, je donne les grands moments d&rsquo;une interview qui fit scandale en Espagne, celle du grand historien am\u00e9ricain du franquisme Stanley Payne. Voici ce que disait Payne \u00e0 ses journalistes interloqu\u00e9s (trop b\u00eates sans doute pour \u00eatre scandalis\u00e9s) : &laquo; l&rsquo;espagnol moyen s&rsquo;est converti en un \u00eatre anesth\u00e9si\u00e9 d\u00e9pourvu d&rsquo;ambitions transcendantales &raquo;. Payne ignore les soi-disant bouleversements technologiques (on n&rsquo;est pas sur la lune, l&rsquo;\u00e9nergie est hors de prix, et les vols a\u00e9riens sont plus lents qu&rsquo;en 1970) et il souligne que les moyens de communication ont atomis\u00e9 les espagnols en anesth\u00e9siant la soci\u00e9t\u00e9, comme dans les autres pays d\u00e9velopp\u00e9s. Du vrai Tocqueville&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Payne reprend le th\u00e8me de l&rsquo;abrutissement par la technologie, la communication, l&rsquo;h\u00e9donisme, de la t\u00e9l\u00e9-poubelle ou le sport, qui en Espagne vire \u00e0 l&rsquo;obsession t\u00e9ratologique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il ajoute que<strong> le citoyen entretenu demande un peu, mais pas beaucoup <\/strong>pour bouffer et regarder sa t\u00e9l\u00e9 ou son portable&hellip;  Il est modeste dans ses app\u00e9tits, ajoute-t-il cruellement. <strong>Enfin il pr\u00e9cise ce qu&rsquo;on appelle d&rsquo;un point de vue historique le politiquement correct, le bu\u00e9nismo. Ce bonisme pr\u00e9tend dominer la soci\u00e9t\u00e9 et \u00e9viter les r\u00e9voltes en promouvant le conformisme.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est toute la vague des pseudo-antisyst\u00e8mes (Podemos, Syriza, etc.) que notre savant am\u00e9ricain d\u00e9nonce bien ici.<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Sources<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nicolas Bonnal &ndash; Chroniques ; la culture comme arme de destruction  massive (Kindle-Amazon)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pasolini &ndash; Ecrits corsaires<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Payne &ndash; El espa&ntilde;ol medio se ha convertido&hellip;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment la culture moderne d\u00e9truit nos pays On nous parle de la catastrophe \u00e9conomique italienne ou espagnole. 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