{"id":77376,"date":"2017-07-18T10:25:06","date_gmt":"2017-07-18T10:25:06","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/07\/18\/polanyi-et-la-destruction-destructrice-du-monde-moderne\/"},"modified":"2017-07-18T10:25:06","modified_gmt":"2017-07-18T10:25:06","slug":"polanyi-et-la-destruction-destructrice-du-monde-moderne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/07\/18\/polanyi-et-la-destruction-destructrice-du-monde-moderne\/","title":{"rendered":"Polanyi et la destruction destructrice du monde moderne"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Polanyi et la destruction destructrice du monde moderne<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On va \u00eatre moins cool pour une fois. Alors qu&rsquo;un \u00e9crivain allemand censur\u00e9 (voyez Friedrich Zauner, Unz.com) parle des viols commis dans la bonne ville universitaire de T\u00fcbingen, on va \u00e9voquer ce monde moderne qui ne cesse de s&rsquo;illustrer et de montrer content de lui-m\u00eame. En Allemagne il est pass\u00e9 de Goethe et de Bach au cher Hitler et \u00e0 Merkel, le monde moderne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le monde moderne a d\u00e9truit le monde, sa diversit\u00e9, sa culture, sa tradition, ses civilisations. Ce qu&rsquo;on appelle diversit\u00e9 aujourd&rsquo;hui n&rsquo;est qu&rsquo;un moyen psy &lsquo;op et technocratique d&#8217;emmerder les autres aux frais du contribuable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La r\u00e9volution industrielle a commenc\u00e9 \u00e0 tout d\u00e9truire et avec elle le capitalisme esclavagiste qui a cr\u00e9\u00e9 le syst\u00e8me nazi-mondialiste de la plantation (il revient impos\u00e9 un peu partout comme on sait). Un qui le remarque est Karl Polanyi dont la pens\u00e9e fut caricatur\u00e9e par les pseudo-lib\u00e9raux. Polanyi est un fait un gu\u00e9nonien, un traditionnaliste et s&rsquo;il a d\u00e9crit scientifiquement le monde moderne, il en a bien per\u00e7u aussi les cons\u00e9quences. La grande transformation, c&rsquo;est bien le monde moderne non ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A la fin de la Grande transformation, que tous citent sans la lire (c&rsquo;est un caract\u00e8re de notre \u00e9poque, dit un ancien condisciple devenu prof \u00e0 la Sorbonne, qui pr\u00e9face certains de mes livres), \u00e0 la fin de la Grande Transformation, Polanyi \u00e9crit donc :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0It was in this process that some of the native tribes like the Kaffirs and those who had migrated to town lost their ancestral virtues and became a shiftless crowd, &quot;semi-domesticated animals,&quot; among them loafers, thieves, and prostitutes&mdash;an institution unknown among them before&mdash;resembling nothing more than the mass of the pauperized population of England about 1795-1834.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En synth\u00e9tisant : les pauvres cafres perdent leurs vertus ancestrales et deviennent comme les autres peuples <em>exploit\u00e9s<\/em> une foule de voleurs, de tra&icirc;nards, de prostitu\u00e9es, etc., un peu comme les mobs ou le lumpenprol\u00e9tariat british \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque. Poe d\u00e9crit magnifiquement cette <strong>mutation humaine<\/strong> dans l&rsquo;Homme des foules.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Polanyi ajoute justement (les mots sont les m\u00eames) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; The<strong> human degradation<\/strong> of the laboring classes under early capitalism was the result of a <strong>social catastrophe<\/strong> not measurable in economic terms.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il parle d&rsquo;Owen et de ses tentatives de cr\u00e9er, avant Disney et les programmes t\u00e9l\u00e9, une culture pour les masses paysannes d\u00e9poss\u00e9d\u00e9es et d\u00e9plac\u00e9es :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; He himself paid them low wages and raised their status by<strong> creating for them artificially an entirely new cultural environment.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Enfin on compare ce qui est comparable, les pauvres de tous les pays, dont la culture a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9e par le contact avec le capital et l&rsquo;occident :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; The vices developed by the mass of the people were on the whole the same as characterized coloured populations debased by disintegrating culture contact: <strong>dissipation, prostitution, thievishness, lack of thrift and providence, slovenliness, low productivity of labor, lack of self-respect and stamina.<\/strong> The <strong>spreading of market economy was destroying the traditional fabric of the rural society, the village community, the family, the old form of land tenure<\/strong>, the customs and standards that supported life within a cultural framework.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans le monde moderne pas de salut (je sais, cela ne rend pas populaire ! Mais on n&rsquo;est pas l\u00e0 pour se faire \u00e9lire, sinon r\u00e9tablir ces v\u00e9rit\u00e9s). La protection du pauvre fa\u00e7on Speenhmaland ne sert \u00e0 rien (idem pour les plantations j\u00e9suites du Paraguay). Cf. nos banlieues, les ghettos sociaux ou les <em>slums<\/em> d&rsquo;Auckland dont me parle un lecteur ces jours-ci :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; The protection afforded by Speenhamland made matters only worse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La destruction cr\u00e9atrice du monde moderne (lisez les descriptions \u00e9pouvant\u00e9es de Tocqueville \u00e0 Manchester : il parle de labyrinthe infect, d&rsquo;asile de la mis\u00e8re, de Styx de ce nouvel enfer) est une blague ; le monde moderne est une destruction destructrice (&laquo; lumpenprol\u00e9tariat de tous les pays, unissez-vous par le MC Do et Walt Disney ! &raquo;). Voyez ce qui arrive dans ce monde o&ugrave; tout le monde devient ob\u00e8se, abruti, technophile, sauf une minorit\u00e9 de classe moyenne encore ouverte et cultiv\u00e9e, en voie de paup\u00e9risation et de remplacement sur ordre. Polanyi rappelle la destruction culturelle (c&rsquo;est comme un bois, on le br&ucirc;le, on plante apr\u00e8s des eucalyptus et cela donne les incendies au Portugal et un paysage australien) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; T<strong>he spreading of market economy was destroying the traditional fabric of the rural society, the village community, the family, the old form of land tenure, the customs and standards that supported life within a cultural framework.<\/strong> The protection afforded by Speenhamland made matters only worse. By the 1830s the social catastrophe of the common people was as complete as that of the Kaffir is today.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Polanyi reprend, avec notre lexique franco-latin, un historien noir de la condition afro-am\u00e9ricaine :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00ab\u00a0One and alone, <strong>an eminent Negro sociologist, Charles S. Johnson,<\/strong> reversed the analogy between racial debasement and class degradation, applying it this time to the latter: &quot;<strong>In England, where, incidentally, the Industrial Revolution was more advanced than in the rest of Europe, the social chaos which followed the drastic economic reorganization converted impoverished children into the &lsquo;pieces&rsquo; that the African slaves were, later, to become&#8230;. The apologies for the child serf system were almost identical with those of the slave trade&quot;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je trouve que cet \u00e9crivain noir est important qui montre que le probl\u00e8me n&rsquo;est pas o&ugrave; le syst\u00e8me le met (racisme), mais o&ugrave; il ne le met pas (fric). Le capital mondialis\u00e9 se sert de cette plan\u00e8te comme un champ utilitaire, il \u00e9limine les peuples et d\u00e9truit leurs cultures partout, et puis rien d&rsquo;autre. <strong>Marx d\u00e9crit au d\u00e9but de son huiti\u00e8me partie l&rsquo;art de liquider la paysannerie \u00e9cossaise, puis les p\u00eacheurs \u00e9cossais. Raciste ?<\/strong> Les survivants s&rsquo;entassent dans les banlieues et ils allument leur t\u00e9l\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;histoire du monde moderne. Et je trouve que depuis Marx, Tocqueville, ou Edgar Poe (et c&rsquo;est pourquoi je les cite toujours) on n&rsquo;en parle plus tr\u00e8s bien de ce monde moderne. On ne le remet plus assez \u00e0 sa place avec son capital destructeur et homog\u00e9n\u00e9isateur (et avec l&rsquo;\u00e9tatisme qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 avec, comme l&rsquo;ont vu aussi Tocqueville, Marx ou Debord, pour nous contr\u00f4ler, nous exterminer ou nous entuber, nous assister, nous remplacer ou nous entuber &ndash; c&rsquo;est le cas de le dire) ; et bien c&rsquo;est au moins fait pour une fois.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Sources<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nicolas Bonnal &ndash; Comment les peuples sont devenus jetables (Amazon.fr) ; Chroniques de la Fin de l&rsquo;Histoire (Amazon.fr)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Marx &ndash; Le capital, I, chapitre VIII<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Polanyi &ndash; The great transformation (last pages)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tocqueville &ndash; &OElig;uvres compl\u00e8tes, 1865, tome VIII, pp.366-367 (archive.org)<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Polanyi et la destruction destructrice du monde moderne On va \u00eatre moins cool pour une fois. 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