{"id":77411,"date":"2017-08-05T16:23:29","date_gmt":"2017-08-05T16:23:29","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/08\/05\/rimbaud-et-la-mondialisation-en-1875\/"},"modified":"2017-08-05T16:23:29","modified_gmt":"2017-08-05T16:23:29","slug":"rimbaud-et-la-mondialisation-en-1875","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/08\/05\/rimbaud-et-la-mondialisation-en-1875\/","title":{"rendered":"Rimbaud et la mondialisation en 1875"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Rimbaud et la mondialisation en 1875<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La fausse rebelle Viviane Forester avait d&ucirc; son succ\u00e8s \u00e0 un emprunt de choix : l&rsquo;horreur \u00e9conomique, cela vient de Rimbaud. Je ne sais m\u00eame plus si cela \u00e9tait reconnu dans le navet d&rsquo;alors qui renfor\u00e7a les socialistes (DSK-Jospin) aux affaires. Mais venons-en \u00e0 Rimbaud<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Rimbaud na&icirc;t en 1854, en pleine r\u00e9volution industrielle et \u00e9ducative, au milieu des transports coloniaux et des expositions universelles. J&rsquo;ai expliqu\u00e9 dans un petit livre le lien entre l&rsquo;&oelig;uvre de Dosto\u00efevski et cette mondialisation \u00e9mergente (1), \u00e0 forte teinte anglo-saxonne (le mot &laquo; occidental &raquo; n&rsquo;a aucun sens : nous vivons sous le talon de fer financier et militaire anglo-am\u00e9ricain) et imp\u00e9rialiste. J&rsquo;ignore si nous en sortirons, si nous voulons en sortir m\u00eame, et c&rsquo;est pourquoi je parle de <em>pr\u00e9sent perp\u00e9tuel<\/em> depuis lors (2).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le prodigieux gamin se veut voyant (3), mais il est aussi tr\u00e8s observateur. Il voit le triomphe du commerce, de la science, de l&rsquo;instruction, du tape \u00e0 l&rsquo;&oelig;il aussi (l&rsquo;art industriel de Walter Benjamin). Il voit aussi avec humour, sur un ton d\u00e9cal\u00e9 comme on dit aujourd&rsquo;hui, les grands bouleversements d\u00e9mocratiques arriver. Il s&rsquo;en m\u00e9fie un peu de cette modernit\u00e9 future avort\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Que les accidents de f\u00e9erie scientifique et des mouvements de fraternit\u00e9 sociale soient ch\u00e9ris comme restitution progressive de la franchise premi\u00e8re&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On va citer avec peu de commentaires. On note l&rsquo;ironie, l&rsquo;observation, le lexique immobilier et h\u00f4telier (Ritz est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;&oelig;uvre, lisez les belles pages d&rsquo;Andr\u00e9 Siegfried).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>APRES LE DELUGE<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Les castors b\u00e2tirent. Les &laquo;mazagrans&raquo; fum\u00e8rent dans les estaminets.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans la grande maison de vitres encore ruisselante, les enfants en deuil regard\u00e8rent les merveilleuses images.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une porte claqua, et, sur la place du hameau, l&rsquo;enfant tourna ses bras, compris des girouettes et des coqs des clochers de partout, sous l&rsquo;\u00e9clatante giboul\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Madame *** \u00e9tablit un piano dans les Alpes. La messe et les premi\u00e8res communions se c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent aux cent mille autels de la cath\u00e9drale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les caravanes partirent. Et le Splendide-H\u00f4tel fut b\u00e2ti dans le chaos de glaces et de nuit du p\u00f4le. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Rimbaud se moque d\u00e9j\u00e0 de l&rsquo;\u00e9ducation industrielle, de cette sur-instruction qui fait d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer le cerveau. Omnipr\u00e9sence de la m\u00e9tropole, r\u00eaverie de folies g\u00e9ologiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>ENFANCE, V<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Je m&rsquo;accoude \u00e0 la table, la lampe \u00e9claire tr\u00e8s vivement ces journaux que je suis idiot de relire, ces livres sans int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A une distance \u00e9norme au-dessus de mon salon souterrain, les maisons s&rsquo;implantent, les brumes s&rsquo;assemblent. La boue est rouge ou noire. Ville monstrueuse, nuit sans fin !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Moins haut, sont des \u00e9gouts. Aux c\u00f4t\u00e9s, rien que l&rsquo;\u00e9paisseur du globe. Peut-\u00eatre les gouffres d&rsquo;azur, des puits de feu ? C&rsquo;est peut-\u00eatre sur ces plans que se rencontrent lunes et com\u00e8tes, mers et fables. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Fin de la religion, r\u00e8gne des masses vite soumises et domin\u00e9es, et de l&rsquo;\u00e9norme m\u00e9tropole (voyez les tableaux parisiens de Baudelaire, et bien s&ucirc;r l&rsquo;homme des foules de Poe). On est d\u00e9j\u00e0 dans la &laquo; foule solitaire &raquo; de l&rsquo;autre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>VILLE<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Je suis un \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et point trop m\u00e9content citoyen d&rsquo;une m\u00e9tropole crue moderne, parce que tout go&ucirc;t connu a \u00e9t\u00e9 \u00e9lud\u00e9 dans les ameublements et l&rsquo;ext\u00e9rieur des maisons aussi bien que dans le plan de la ville. Ici vous ne signaleriez les traces d&rsquo;aucun monument de superstition. La morale et la langue ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites \u00e0 leur plus simple expression, enfin ! Ces millions de gens qui n&rsquo;ont pas besoin de se conna&icirc;tre am\u00e8nent si pareillement l&rsquo;\u00e9ducation, le m\u00e9tier et la vieillesse, que ce cours de vie doit \u00eatre plusieurs fois moins long que ce qu&rsquo;une statistique folle trouve pour les peuples du Continent. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans un texte magnifique, Rimbaud d\u00e9voile le brillant, le clinquant et le simulacre moderne. Il \u00e9voque aussi (retenez-le, c&rsquo;est lui le voyant) la &laquo; barbarie moderne&raquo;, le temps gris (&laquo; quand le ciel bas et lourd&hellip; &raquo;). Il souligne cette r\u00e9gression<em> kolossale<\/em> et pagano-orientale  de l&rsquo;art (cf. Bloy), avec l&rsquo;allusion \u00e0 Nabuchodonosor !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>VILLES<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; L&rsquo;acropole officielle entre les conceptions de <strong>la barbarie moderne<\/strong> les plus colossales; impossible d&rsquo;exprimer le jour mat produit par l<strong>e ciel, immuablement gris<\/strong>, l&rsquo;\u00e9clat imp\u00e9rial des b\u00e2tisses, et la neige \u00e9ternelle du sol. On a reproduit, dans un go&ucirc;t d&rsquo;\u00e9normit\u00e9 singulier, toutes les merveilles classiques de l&rsquo;architecture, et <strong>j&rsquo;assiste \u00e0 des expositions de peinture dans des locaux vingt fois plus vastes qu&rsquo;Hampton-Court.<\/strong> Quelle peinture ! Un Nabuchodonosor norv\u00e9gien a fait construire les escaliers des minist\u00e8res; les subalternes que j&rsquo;ai pu voir sont d\u00e9j\u00e0 plus fiers que des Brennus, et j&rsquo;ai trembl\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aspect des gardiens de colosses et officiers de construction. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout est \u00e0 vendre dans cette soci\u00e9t\u00e9 domin\u00e9e par &laquo; le r\u00e8gne autocratique de l&rsquo;\u00e9conomie marchande&hellip; devenue folle &raquo; (Guy Debord).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>SOLDE<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; A vendre ce que les Juifs n&rsquo;ont pas vendu, ce que noblesse ni crime n&rsquo;ont go&ucirc;t\u00e9, ce qu&rsquo;ignorent l&rsquo;amour maudit et la probit\u00e9 infernale des masses, ce que le temps ni la science n&rsquo;ont pas \u00e0 reconna&icirc;tre&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&Agrave; vendre l&rsquo;anarchie pour les masses; la satisfaction irr\u00e9pressible pour les amateurs sup\u00e9rieurs; la mort atroce pour les fid\u00e8les et les amants !<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&Agrave; vendre les habitations et les migrations, sports, f\u00e9eries et conforts parfaits, et le bruit<\/strong>, le mouvement et l&rsquo;avenir qu&rsquo;ils font ! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On vend l&rsquo;anarchie comme le sport ! C&rsquo;est Guy Debord qui parle un si\u00e8cle apr\u00e8s de &laquo; l&rsquo;insatisfaction devenue marchandise &raquo; (on \u00e9coute les Doors, on fume du haschich, on lit Boris Vian, etc.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le commerce, chancre du monde, comme je l&rsquo;ai montr\u00e9 dans mon livre sur C\u00e9line, est et restera infatigable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Les vendeurs ne sont pas \u00e0 bout de solde ! Les voyageurs n&rsquo;ont pas \u00e0 rendre leur commission de sit\u00f4t. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai \u00e9voqu\u00e9 la transformation de la prosp\u00e8re, snob et ennuyeuse Suisse en parc d&rsquo;attractions, en simulacre spatial, en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre touristique. Tout est chez Daudet et dans son Tartarin dans les Alpes. Rimbaud lui \u00e9crit en recyclant un lexique british et newyorkais :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>PROMONTOIRE<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Des glaciers, des lavoirs entour\u00e9s de peupliers d&rsquo;Allemagne, d<strong>es talus de parcs singuliers; et les fa\u00e7ades circulaires des &laquo;Royal&raquo; ou des &laquo;Grand&raquo; de Scarbro&rsquo; ou de Brooklin; <\/strong>et leurs railways flanquent, creusent, surplombent les dispositions de cet h\u00f4tel, choisies dans l&rsquo;histoire des plus \u00e9l\u00e9gantes et des plus colossales constructions de l&rsquo;Italie, de l&rsquo;Am\u00e9rique et de l&rsquo;Asie, dont les fen\u00eatres et les terrasses, \u00e0 pr\u00e9sent pleines d&rsquo;\u00e9clairages, de boissons et de brises riches, sont ouvertes \u00e0 l&rsquo;esprit des voyageurs et des nobles, qui permettent aux heures du jour, \u00e0 toutes les tarentelles illustres de l&rsquo;art de d\u00e9corer merveilleusement les fa\u00e7ades de Palais Promontoire. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les mots se bousculent et d\u00e9crivent le grand th\u00e9\u00e2tre du monde m\u00e9canis\u00e9 (comme on sait la sensation existe chez les grands baroques et dans la temp\u00eate de Shakespeare : the baseless fabric of this vision).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D\u00e9mocratie&hellip; Le voyageur et libre Rimbaud sent le mensonge des grands mots venir (certainement plus que le pauvre Hugo !) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>DEMOCRATIE<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le drapeau va au paysage immonde, et notre patois \u00e9touffe le tambour.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Aux centres nous alimenterons la plus cynique prostitution. Nous massacrerons les r\u00e9voltes logiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Aux pays poivr\u00e9s et d\u00e9tremp\u00e9s ! &mdash; au service des plus monstrueuses exploitations industrielles ou militaires. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Enfin on en arrive au plus beau, soir historique, o&ugrave; l&rsquo;on retrouve les horreurs \u00e9conomiques d\u00e9rob\u00e9es par la cousine Rothschild (car pourquoi se g\u00eaner ?) !  Le voyant voit l&rsquo;Allemagne (dans Une Saison en enfer, il se consid\u00e8re comme d&rsquo;une race inf\u00e9rieure&hellip;), la Chine, le tourisme se profiler et s&#8217;emparer du monde&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>SOIR HISTORIQUE<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; En quelque soir, par exemple, que se trouve le touriste na\u00eff, retir\u00e9 de nos horreurs \u00e9conomiques, la main d&rsquo;un ma&icirc;tre anime le clavecin des pr\u00e9s; on joue aux cartes au fond de l&rsquo;\u00e9tang, miroir \u00e9vocateur des reines et des mignonnes; on a les saintes, les voiles, et les fils d&rsquo;harmonie, et les chromatismes l\u00e9gendaires, sur le couchant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&Agrave; sa vision esclave, l&rsquo;Allemagne s&rsquo;\u00e9chafaude vers des lunes; les d\u00e9serts tartares s&rsquo;\u00e9clairent ; les r\u00e9voltes anciennes grouillent dans le centre du C\u00e9leste Empire; par les escaliers et les fauteuils de rocs, un petit monde bl\u00eame et plat, Afrique et Occident, va s&rsquo;\u00e9difier. Puis un ballet de mers et de nuits connues, une chimie sans valeur, et des m\u00e9lodies impossibles. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;ironie se fait mordante et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, on voit Vuitton d\u00e9barquer avec ses malles (par-del\u00e0 le bien et la malle !) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La m\u00eame magie bourgeoise \u00e0 tous les points o&ugrave; la malle nous d\u00e9posera ! Le plus \u00e9l\u00e9mentaire physicien sent qu&rsquo;il n&rsquo;est plus possible de se soumettre \u00e0 cette atmosph\u00e8re personnelle, brume de remords physiques, dont la constatation est d\u00e9j\u00e0 une affliction. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quant \u00e0 la fin de l&rsquo;atmosph\u00e8re personnelle, on remercie le po\u00e8te de nous l&rsquo;avoir annonc\u00e9e. Aujourd&rsquo;hui on a les benzodiaz\u00e9pines et les livres de d\u00e9veloppement personnel pour achever de nous faire ressembler \u00e0 tout le monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Votre Zuckerberg pr\u00e9sident ? Et mon Rimbaud alors ?<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Notes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>(1)Dosto\u00efevski et la modernit\u00e9 occidentale (Amazon.fr)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(2)Chroniques sur la fin de l&rsquo;histoire (Amazon.fr)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(3)Illuminations, d&rsquo;o&ugrave; sont extraits tous les textes cit\u00e9s ici (poetes.com)<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rimbaud et la mondialisation en 1875 La fausse rebelle Viviane Forester avait d&ucirc; son succ\u00e8s \u00e0 un emprunt de choix : l&rsquo;horreur \u00e9conomique, cela vient de Rimbaud. Je ne sais m\u00eame plus si cela \u00e9tait reconnu dans le navet d&rsquo;alors qui renfor\u00e7a les socialistes (DSK-Jospin) aux affaires. Mais venons-en \u00e0 Rimbaud Rimbaud na&icirc;t en 1854,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[27],"tags":[2640,12334,2655,4405,12146],"class_list":["post-77411","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-carnets-de-nicolas-bonnal-1","tag-bonnal","tag-dostoievski","tag-modernite","tag-mondialisation","tag-rimbaud"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77411","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77411"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77411\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77411"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77411"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77411"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}