{"id":77416,"date":"2017-08-08T05:44:11","date_gmt":"2017-08-08T05:44:11","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/08\/08\/alexis-carrel-et-notre-civilisation-destructrice\/"},"modified":"2017-08-08T05:44:11","modified_gmt":"2017-08-08T05:44:11","slug":"alexis-carrel-et-notre-civilisation-destructrice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/08\/08\/alexis-carrel-et-notre-civilisation-destructrice\/","title":{"rendered":"Alexis Carrel et notre civilisation destructrice"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Alexis Carrel et notre civilisation destructrice<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On va laisser en parler un qui a le don de les \u00e9nerver, les m\u00e9dias et les &laquo; \u00e9lites &raquo;, j&rsquo;ai nomm\u00e9 Alexis Carrel. Prix Nobel de m\u00e9decine quand m\u00eame, et grande star en Am\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Roosevelt. Le chirurgien avait enlev\u00e9 ses gants pour dire ses quatre v\u00e9rit\u00e9s, car il savait avant les Orlov, Kunstler et autres c<em>ollapsologues<\/em> que nous \u00e9tions bien condamn\u00e9s. On cite l&rsquo;\u00e9dition am\u00e9ricaine que le prestigieux Carrel avait pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 New York avant la Guerre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; En somme, la soci\u00e9t\u00e9 moderne, cette soci\u00e9t\u00e9 engendr\u00e9e par la science et la technologie, commet la m\u00eame faute que toutes les civilisations de l&rsquo;Antiquit\u00e9. <strong>Elle cr\u00e9e des conditions de vie o&ugrave; la vie de l&rsquo;individu et celle de la race deviennent impossibles. <\/strong>Elle justifie la boutade du doyen Inge : <em>Civilization is a disease which is almost invariably fatal. <\/em>Bien que la signification r\u00e9elle des \u00e9v\u00e9nements qui se passent en Europe et aux Etats-Unis \u00e9chappe encore au public, elle devient de plus en plus claire \u00e0 la minorit\u00e9 qui a le temps et le go&ucirc;t de penser.<strong> Toute la civilisation occidentale est en danger. Et ce danger menace \u00e0 la fois la race, les nations, et les individus. Chacun de nous sera atteint par les bouleversements caus\u00e9s par une guerre europ\u00e9enne.<\/strong> Chacun souffre d\u00e9j\u00e0 du d\u00e9sordre de la vie et des institutions, de l&rsquo;affaiblissement g\u00e9n\u00e9ral du sens moral de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique, des charges impos\u00e9es paries d\u00e9fectifs et les cri&shy;minels. <strong>La crise vient de la structure m\u00eame de la civilisation. Elle est une crise de l&rsquo;homme. L&rsquo;homme ne peut pas s&rsquo;adapter au monde sorti de son cerveau et de ses mains<\/strong>. Il n&rsquo;a pas d&rsquo;autre alternative que de refaire ce monde d&rsquo;apr\u00e8s les lois de la vie. Il doit adapter son milieu \u00e0 la nature de ses activit\u00e9s organiques aussi bien que mentales, et r\u00e9nover ses habitu&shy;des individuelles et sociales.<strong> Sinon, la soci\u00e9t\u00e9 moderne rejoindra bient\u00f4t dans le n\u00e9ant la Gr\u00e8ce et l&rsquo;Empire de Rome.<\/strong> Et la base de cette r\u00e9novation, nous ne pouvons la trouver que dans la connaissance de notre corps et de notre \u00e2me. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A propos de Rome et de la Gr\u00e8ce, lisez mon livre noir : Juv\u00e9nal, Su\u00e9tone, S\u00e9n\u00e8que ont vu et v\u00e9cu notre situation. Sans oublier P\u00e9trone !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Carrel ram\u00e8ne la d\u00e9mocratie \u00e0 une id\u00e9ologie, et on est  bien d&rsquo;accord :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Aucune civilisation durable ne sera jamais fond\u00e9e sur des id\u00e9olo&shy;gies philosophiques et sociales. <strong>L&rsquo;id\u00e9ologie d\u00e9mocratique elle-m\u00eame, \u00e0 moins de se reconstruire sur une base scientifique, n&rsquo;a pas plus de chance de survivre que l&rsquo;id\u00e9ologie marxiste.<\/strong> Car, ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre de ces syst\u00e8mes n&#8217;embrasse l&rsquo;homme dans sa r\u00e9alit\u00e9 totale. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le culte moderne de la laideur, de la hideur m\u00eame, est une tare universelle maintenant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Carrel explique :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Le sens esth\u00e9tique existe chez les \u00eatres humains les plus primitifs, comme chez les plus civilis\u00e9s<\/strong>. <strong>Il survit m\u00eame \u00e0 la disparition de l&rsquo;intelligence car les idiots et les fous sont capables d&rsquo;&oelig;uvres artistiques<\/strong>. La cr\u00e9ation de formes ou de s\u00e9ries de sons, qui \u00e9veillent chez ceux qui les regardent ou les entendent, une \u00e9motion esth\u00e9tique, est un besoin \u00e9l\u00e9mentaire de notre nature. L&rsquo;homme a toujours contempl\u00e9 avec joie les animaux, les fleurs, les arbres, le ciel, la mer, et les montagnes. Avant l&rsquo;aurore de la civilisation, il a employ\u00e9 ses grossiers outils \u00e0 reproduire sur le bois, sur l&rsquo;ivoire, et la pierre, le profil des \u00eatres vivants. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous sommes<strong> moins que des fous<\/strong> alors ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis Carrel soul\u00e8ve la menace de la civilisation qui p\u00e8se sur les ouvriers et artisans condamn\u00e9s \u00e0 dispara&icirc;tre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p> &laquo; Aujourd&rsquo;hui m\u00eame, quand son sens esth\u00e9tique n&rsquo;est pas d\u00e9truit par son \u00e9ducation, son mode de vie, et le travail de l&rsquo;usine, il prend plaisir \u00e0 fabriquer des objets suivants son inspiration propre. Il \u00e9prouve une jouissance esth\u00e9&shy;tique \u00e0 s&rsquo;absorber dans cette &oelig;uvre. Il y a encore en Europe, et surtout en France, des cuisiniers, des charcutiers, des tailleurs de pierre, des menuisiers, des forgerons, des couteliers, des m\u00e9caniciens, qui sont des artistes.<strong> Celui qui fait une p\u00e2tisserie de belle forme, qui sculpte dans du saindoux des maisons, des hommes et des animaux, qui forge une belle ferrure de porte, qui construit un beau meuble, qui \u00e9bauche une grossi\u00e8re statue, qui tisse une belle \u00e9toffe de laine ou de soie, \u00e9prouve un plaisir analogue \u00e0 celui du sculpteur, du peintre, du musicien, et de l&rsquo;architecte<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Carrel plaint comme le Chaplin des Temps modernes les ouvriers :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Si l&rsquo;activit\u00e9 esth\u00e9tique reste virtuelle chez la plupart des individus, c&rsquo;est parce que la civilisation industrielle nous a entour\u00e9s de spectacles laids, grossiers, et vulgaires. En outre, nous avons \u00e9t\u00e9 transform\u00e9s en machines<\/strong>. L&rsquo;ouvrier passe sa vie \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter des milliers de fois chaque jour le m\u00eame geste. D&rsquo;un objet donn\u00e9, il ne fabrique qu&rsquo;une seule pi\u00e8ce. Il ne fait jamais l&rsquo;objet entier. Il ne peut pas se servir de son intelligence. Il est le cheval aveugle qui tournait toute la journ\u00e9e autour d&rsquo;un man\u00e8ge pour tirer l&rsquo;eau du puits. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un petit proc\u00e8s d&rsquo;intention contre la civilisation &ndash; proc\u00e8s tr\u00e8s mal vu maintenant qu&rsquo;elle est jug\u00e9e fantastique et parfaite :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; L&rsquo;industrialisme emp\u00eache l&rsquo;usage des activit\u00e9s de la conscience qui sont capables de donner chaque jour \u00e0 l&rsquo;homme un peu de joie.<strong> Le sacrifice par la civilisation moderne de l&rsquo;esprit \u00e0 la mati\u00e8re a \u00e9t\u00e9 une erreur. Une erreur d&rsquo;autant plus dangereuse qu&rsquo;elle ne provoque aucun sentiment de r\u00e9volte, qu&rsquo;elle est accept\u00e9e aussi facilement par tous que la vie malsaine des grandes villes, et l&#8217;emprisonnement dans les usines<\/strong>. Cependant, les hommes qui \u00e9prouvent un plaisir esth\u00e9tique m\u00eame rudimentaire dans leur travail, sont plus heureux que ceux qui produisent uniquement afin de pouvoir consommer. <strong>Il est certain que l&rsquo;industrie, dans sa forme actuelle, a enlev\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ouvrier toute originalit\u00e9 et toute joie.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le grand savant met enfin les points sur les I :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La stupidit\u00e9 et la tristesse de la civilisation pr\u00e9sente sont dues, au moins en partie, \u00e0 la suppression des formes \u00e9l\u00e9mentaires de la jouissance esth\u00e9tique dans la vie quotidienne. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ensuite le docteur Carrel aggrave son cas. Il c\u00e9l\u00e8bre en effet la beaut\u00e9 artisanale. Appr\u00e9ciez au passage ses grandes qualit\u00e9s litt\u00e9raires qui nous changent des stylistes de science et vie ; et des alphab\u00e8tes actuels s\u00e9lectionn\u00e9s au QCM :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>La beaut\u00e9 est une source in\u00e9puisable de joie pour celui qui sait la d\u00e9couvrir. Car elle se rencontre partout. Elle sort des mains qui mod\u00e8lent, ou qui peignent la fa\u00efence grossi\u00e8re, qui coupent le bois et en font un meuble, qui tissent la soie, qui taillent le marbre, qui tranchent et r\u00e9parent la chair humaine<\/strong>. Elle est dans l&rsquo;art sanglant des grands chirurgiens comme dans celui des peintres, des mu&shy;siciens, et des po\u00e8tes. <strong>Elle est aussi dans les calculs de Galil\u00e9e, dans les visions de Dante, dans les exp\u00e9riences de Pasteur, dans le lever du soleil sur l&rsquo;oc\u00e9an, dans les tourmentes de l&rsquo;hiver sur les hautes montagnes.<\/strong> Elle devient plus poignante encore dans l&rsquo;immensit\u00e9 du monde sid\u00e9ral et de celui des atomes, dans l&rsquo;inexprimable harmonie du cerveau humain, dans l&rsquo;\u00e2me de l&rsquo;homme qui obscur\u00e9ment se sacrifie pour le salut des autres.<strong> Et dans chacune de ses formes elle demeure l&rsquo;h\u00f4te inconnu de la substance c\u00e9r\u00e9brale, cr\u00e9atrice du visage de l&rsquo;Univers&hellip;<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;atrophie esth\u00e9tique donc morale peut survenir :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Le sens de la beaut\u00e9 ne se d\u00e9veloppe pas de fa\u00e7on spontan\u00e9e. Il n&rsquo;existe dans notre conscience qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tat potentiel<\/strong>. A certaines \u00e9poques, dans certaines circonstances, il reste virtuel. Il peut m\u00eame dispara&icirc;tre chez les peuples qui autrefois le poss\u00e9daient \u00e0 un haut degr\u00e9.<strong> C&rsquo;est ainsi que la France d\u00e9truit ses beaut\u00e9s naturelles et m\u00e9prise les souvenirs de son pass\u00e9. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme on sait la meilleure mani\u00e8re de d\u00e9truire tout cela reste le tourisme de masse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;atrophie morale et intellectuelle nous rend inaptes \u00e0 recr\u00e9er de la beaut\u00e9 et nous accoutume \u00e0 une laideur \u00e9pouvantable (souvenez-vous du Muriel de Resnais o&ugrave; la ville bombard\u00e9e rena&icirc;t de ses cendres, mais en b\u00e9ton et grands ensembles) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Les descendants des hommes qui ont con\u00e7u et ex\u00e9cut\u00e9 le monast\u00e8re du Mont Saint-Michel ne comprennent plus sa splendeur. Ils acceptent avec joie l&rsquo;indescriptible laideur des maisons modernes de la Bretagne et de la Normandie, et surtout des environs de Paris.<\/strong> De m\u00eame que le Mont Saint-Michel, Paris lui-m\u00eame et <strong>la plupart des villes et villages de France ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9shonor\u00e9s par un hideux commercialisme<\/strong>. Comme le sens moral, le sens de la beaut\u00e9, pendant le cours d&rsquo;une civilisation, se d\u00e9veloppe, atteint son apog\u00e9e, et s&rsquo;\u00e9vanouit &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La culture ? Tout le monde consomme la s\u00e9rie US ou le Da Vinci code ; un copain kiosquier me disait jadis qu&rsquo;il vendait jusqu&rsquo;\u00e0 300 revues de bagnole&hellip; Alexis Carrel :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le go&ucirc;t de la lecture est plus grand. On ach\u00e8te beaucoup plus de revues et de livres qu&rsquo;autrefois. Le nombre de gens qui s&rsquo;int\u00e9&shy;ressent \u00e0 la science, \u00e0 la litt\u00e9rature, \u00e0 l&rsquo;art, a augment\u00e9. <strong>Mais ce sont les formes les plus basses de la litt\u00e9rature et les contrefa\u00e7ons de la science et de l&rsquo;art qui, en g\u00e9n\u00e9ral, attirent le public.<\/strong> Il ne para&icirc;t pas que les excel&shy;lentes conditions hygi\u00e9niques dans lesquelles on \u00e9l\u00e8ve les enfants, et les soins dont ils sont l&rsquo;objet dans les \u00e9coles, aient r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9lever leur niveau intellectuel et moral. <strong>On peut m\u00eame se demander s&rsquo;il n&rsquo;y a pas souvent une sorte d&rsquo;antagonisme entre leur d\u00e9veloppement physique et leur d\u00e9veloppement mental. <\/strong>Apr\u00e8s tout, nous ne savons pas si l&rsquo;augmentation de la stature dans une race donn\u00e9e n&rsquo;est pas une d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence, au lieu d&rsquo;un progr\u00e8s, ainsi que nous le croyons aujourd&rsquo;hui. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;individu d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ? <strong>Avant l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 (42% d&rsquo;enfants ob\u00e8ses o&ugrave; je vis), avant l&rsquo;abrutissement techno et m\u00e9dia, avant l&rsquo;effondrement du QI, Carrel \u00e9crit<\/strong> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Dans la civilisation moderne, <strong>l&rsquo;individu se caract\u00e9rise surtout par une activit\u00e9 assez grande et tourn\u00e9e enti\u00e8rement vers le c\u00f4t\u00e9 pratique de la vie, par beaucoup d&rsquo;ignorance, par une certaine ruse, et par un \u00e9tat de faiblesse mentale qui lui fait subir de fa\u00e7on profonde l&rsquo;influence de milieu o&ugrave; il lui arrive de se trouver<\/strong>. <strong>Il semble qu&rsquo;en l&rsquo;absence d&rsquo;armature morale l&rsquo;intelligence elle-m\u00eame s&rsquo;affaisse.<\/strong> C&rsquo;est peut-\u00eatre pour cette raison que cette facult\u00e9, jadis si caract\u00e9ristique de la France, a baiss\u00e9 de fa\u00e7on aussi manifeste dans ce pays. Aux Etats-Unis, le niveau intellectuel reste inf\u00e9rieur, malgr\u00e9 la multiplication des \u00e9coles et des universit\u00e9s. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Carrel remarque aussi :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Le chauffage des maisons \u00e0 la vapeur, l&rsquo;\u00e9clairage \u00e9lectrique, les ascenseurs, la morale biologique, les manipulations chimiques des denr\u00e9es alimentaires ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9s uniquement parce que ces innovations \u00e9taient agr\u00e9ables et commodes. Mais leur effet probable sur les \u00eatres humains n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 pris en consid\u00e9ration&hellip;<\/strong> On est arriv\u00e9 ainsi \u00e0 la construction des maisons g\u00e9antes qui accumulent en un espace restreint des masses beaucoup trop consid\u00e9rables d&rsquo;individus. Ceux-ci y habitent avec plaisir, car jouissant du confort et du luxe ils ne s&rsquo;aper\u00e7oivent pas qu&rsquo;ils sont priv\u00e9s du n\u00e9cessaire.<strong> La ville moderne se compose de ces habitations monstrueuses et de rues obscures, pleines d&rsquo;air pollu\u00e9 par les fum\u00e9es, les poussi\u00e8res, les vapeurs d&rsquo;essence et les produits de sa combustion, d\u00e9chir\u00e9es par le fracas des camions et des tramways, et encombr\u00e9es sans cesse par une grande foule<\/strong>. Il est \u00e9vident qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 construite pour le bien de ses habitants. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On ne fait aucun progr\u00e8s depuis, il ne manquerait plus que cela. Sur la m\u00e9decine ou le pain blanc, Carrel avait tout dit aussi :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Notre vie est influenc\u00e9e dans une tr\u00e8s large mesure par les journaux. La publicit\u00e9 est faite uniquement dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des producteurs, et ja&shy;mais des consommateurs. Par exemple, on a fait croire au public que le pain blanc est sup\u00e9rieur au brun. Aussi des quantit\u00e9s de produits alimentaires et pharmaceutiques, inutiles, et souvent nuisibles, sont-ils devenus une n\u00e9cessit\u00e9 pour les hommes civilis\u00e9s. <strong>C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;avidit\u00e9 des individus assez habiles pour diriger le go&ucirc;t des masses populaires vers les produits qu&rsquo;ils ont \u00e0 vendre, joue un r\u00f4le capital dans notre civilisation. <\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On dirait du Fr\u00e9d\u00e9ric Bernays (lisez mon textes). Cerise sur le g\u00e2teau :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>On dirait que la civilisation moderne est incapable de produire une \u00e9lite dou\u00e9e \u00e0 la fois d&rsquo;imagination, d&rsquo;intelligence et de courage.<\/strong> Dans presque tous les pays, il y a une diminution du calibre intellectuel et moral chez ceux qui portent la responsabilit\u00e9 de la direction des affaires politiques, \u00e9conomiques et sociales. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre penseur \u00e9crit sur l&rsquo;apocalypse touristique dont la mission est essentiellement profanatrice, ensuite consum\u00e9riste (il faut tra&icirc;ner, faire du <em>hanging around<\/em>) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p> &laquo; <strong>L&rsquo;attitude des touristes qui profanent les cath\u00e9drales d&rsquo;Europe montre \u00e0 quel point la vie moderne a oblit\u00e9r\u00e9 le sens religieux. L&rsquo;activit\u00e9 mystique a \u00e9t\u00e9 bannie de la plupart des religions.<\/strong> Sa signification m\u00eame a \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9e. A cet oubli est li\u00e9e probablement la d\u00e9cadence des \u00e9glises. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Dans une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;imb\u00e9ciles, on ne propose pas des solutions. On les oublie. Carrel a aussi soulign\u00e9 le d\u00e9clin qualitatif et quantitatif de nos populations :<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> La France se d\u00e9peuple d\u00e9j\u00e0. L&rsquo;Angleterre et la Scandinavie se d\u00e9peupleront bient\u00f4t. Aux &Eacute;tats-Unis, le tiers sup\u00e9rieur de la population se reproduit beaucoup moins rapidement que le tiers inf\u00e9rieur<\/strong>. L&rsquo;Europe et les Etats-Unis subissent donc un affaiblissement qualitatif aussi bien que quantitatif&#8230; La civilisation occidentale ne s&rsquo;est jamais trouv\u00e9e en aussi grave p\u00e9ril qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. M\u00eame si elle \u00e9vite le suicide par la guerre, elle s&rsquo;achemine vers la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence gr\u00e2ce \u00e0 la st\u00e9rilit\u00e9 des groupes humains les plus forts et les plus intelligents. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On le laisse conclure !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il faut nous lever et nous mettre en marche. Nous lib\u00e9rer de la technologie aveugle. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tel quel !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Terminons. Je sais qu&rsquo;on peut lui reprocher ici et l\u00e0 quelques phrases (Carrel est notamment russophobe, comme nos \u00e9lites, mais il a l&rsquo;excuse de la peur du stalinisme). Mais avant de lui jeter la premi\u00e8re pierre, on relit son Nietzsche :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Les historiens na\u00effs appellent &laquo; objectivit\u00e9 &raquo; l&rsquo;habitude de mesurer les opinions et les actions pass\u00e9es aux opinions qui ont cours au moment o&ugrave; ils \u00e9crivent. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;ils trouvent le canon de toutes les v\u00e9rit\u00e9s. Leur travail c&rsquo;est d&rsquo;adapter le pass\u00e9 \u00e0 la trivialit\u00e9 actuelle. Par contre, ils appellent &laquo; subjective &raquo; toute fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9crire l&rsquo;histoire qui ne consid\u00e8re pas comme canoniques ces opinions populaires. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Sources<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Alexis Carrel &ndash; l&rsquo;homme cet inconnu<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nietzsche &ndash; Deuxi\u00e8me consid\u00e9ration (sur l&rsquo;histoire)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nicolas Bonnal &ndash; C\u00e9line, la col\u00e8re et les mots (Avatar \u00e9ditions) ; apocalypse touristique (Amazon.fr)<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alexis Carrel et notre civilisation destructrice On va laisser en parler un qui a le don de les \u00e9nerver, les m\u00e9dias et les &laquo; \u00e9lites &raquo;, j&rsquo;ai nomm\u00e9 Alexis Carrel. Prix Nobel de m\u00e9decine quand m\u00eame, et grande star en Am\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Roosevelt. Le chirurgien avait enlev\u00e9 ses gants pour dire ses quatre&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[27],"tags":[12513,2640,13255,2825,10119],"class_list":["post-77416","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-carnets-de-nicolas-bonnal-1","tag-alexis","tag-bonnal","tag-carrel","tag-democratie","tag-dissolution"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77416","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77416"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77416\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77416"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77416"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77416"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}