{"id":77448,"date":"2017-08-26T15:44:31","date_gmt":"2017-08-26T15:44:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/08\/26\/president-mattis-ou-la-paralysie-etoilee\/"},"modified":"2017-08-26T15:44:31","modified_gmt":"2017-08-26T15:44:31","slug":"president-mattis-ou-la-paralysie-etoilee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/08\/26\/president-mattis-ou-la-paralysie-etoilee\/","title":{"rendered":"\u201cPr\u00e9sident Mattis\u201d, ou la paralysie \u00e9toil\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">\u00ab\u00a0Pr\u00e9sident Mattis\u00a0\u00bb, ou la paralysie \u00e9toil\u00e9e<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>26 ao&ucirc;t 2017 &ndash; Alexander Mercouris revient, en l&rsquo;\u00e9tayant fortement et d&rsquo;une fa\u00e7on convaincante, sur sa th\u00e8se selon laquelle ce sont les g\u00e9n\u00e9raux qui, \u00e0 Washington D.C. aujourd&rsquo;hui, d\u00e9tiennent le pouvoir. Il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 question de cette th\u00e8se dans le <em>Journal-dde.crisis <\/em>du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/trump-sans-bannon-phg-avec-le-nyt\">19 ao&ucirc;t 2017<\/a>, expos\u00e9e de cette fa\u00e7on (et appr\u00e9ci\u00e9e dans un sens peu favorable par PhG) : &laquo; <em>Mercouris pense que, m\u00eame si Bannon n&rsquo;a pas apport\u00e9 grand&rsquo;chose durant ces sept premiers mois de l&rsquo;administration Trump, son d\u00e9part va d\u00e9finitivement <strong>lib\u00e9rer la voie pour un contr\u00f4le complet de la Maison-Blanche par les militaires<\/strong>, leur assurant indirectement un contr\u00f4le complet de la direction politique des USA.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette fois, Mercouris nomme le grand gagnant : le g\u00e9n\u00e9ral Mattis, qui tient le Pentagone et trouve deux relais puissants \u00e0 la Maison-Blanche pour \u00ab\u00a0contr\u00f4ler\u00a0\u00bb Trump : le G\u00e9n\u00e9ral Kelly comme chef de cabinet de Trump, le g\u00e9n\u00e9ral McMaster comme conseiller du pr\u00e9sident pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale et pr\u00e9sident du NSC. Selon Mercouris, le Pentagone est \u00e0 peu pr\u00e8s la seule entit\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 nationale \u00e0 \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb fonctionner, le d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat et la CIA \u00e9tant en pleine crise pour des raisons de manque de personnel de direction de la bureaucratie suite \u00e0 une purge de Tillerson qui ne r\u00eaverait que de quitter son poste \u00e0 la direction dud\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat, et d&rsquo;affrontement interne direct \u00e0 propos des relations de l&rsquo;Agence avec Trump (pour la CIA, cela). Mattis reste donc l&rsquo;homme qui, avec les relais qu&rsquo;il faut, dirige <em>de facto<\/em> la politique ext\u00e9rieure des USA ; cela suffit assez logiquement \u00e0 Mercouris pour le designer comme le \u00ab\u00a0pr\u00e9sident Mattis\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien que cette th\u00e8se soit encore une fois bien \u00e9tay\u00e9e, dans tous les cas du point de vue technique et structurel, nous la jugeons plus que jamais inappropri\u00e9e. Nous observons que, <strong>paradoxalement, Mercouris nous donne tous les arguments pour penser de cette fa\u00e7on<\/strong>&#8230; En effet, on ne peut \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;observation qu&rsquo;il y a un caract\u00e8re <em>a priori<\/em> paradoxal dans sa th\u00e8se selon laquelle les militaires ont pris le pouvoir et que Mattis l&rsquo;exerce en leur nom en raison de sa position et de son autorit\u00e9 ; nous disons \u00ab\u00a0<em>a priori<\/em>\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;il nous semble que cette th\u00e8se est d\u00e9plor\u00e9e par celui qui l&rsquo;\u00e9met, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il ne peut approuver une telle confiscation du pouvoir qui revient au pr\u00e9sident Trump selon une position bien connue chez Mercouris d&rsquo;adversaire de la politique belliciste de type-<em>neocon<\/em> &#8230; Or, dans l&rsquo;analyse que Mercouris fait notamment dans les quatre\/cinq grandes zones ou th\u00e9\u00e2tres des grandes crises ext\u00e9rieures, l&rsquo;action des militaires US (Mattis) est \u00e0 la fois contr\u00f4l\u00e9e et assez brid\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral, <strong>plut\u00f4t marqu\u00e9e par la mesure et par la circonspection<\/strong> ; un peu excessive pour l&rsquo;affichage de l&rsquo;existence de la puissance US l\u00e0 o&ugrave; aucune risque d&rsquo;affrontement s\u00e9rieux avec les puissances s\u00e9rieuses (Russie, Chine) n&rsquo;existe ; <strong>extr\u00eamement prudente et retenue l\u00e0 o&ugrave; existe un risque de confrontation directe<\/strong> avec les deux puissances en question. Bref, tout le contraire d&rsquo;une \u00ab\u00a0<em>neoconization<\/em>\u00ab\u00a0&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;analyse de Mercouris porte sur cinq th\u00e9\u00e2tres principalement : la Syrie et le Moyen-Orient, en cela l&rsquo;Iran compris ; l&rsquo;Afghanistan ; l&rsquo;Europe, Russie comprise bien entendu ; la Cor\u00e9e du Nord et tout son environnement, et principalement la Chine bien entendu ; les agitations navales tr\u00e8s nombreuses dans le Pacifique Occidental, dans les mers proches de la Chine et notamment la Mer de la Chine du Sud. Suivant l&rsquo;analyse que nous offre Mercouris, on d\u00e9crit chacune de ces zones et l&rsquo;action, essentiellement sinon exclusivement selon une \u00ab\u00a0diplomatie\u00a0\u00bb militaire, avec les seuls instruments des forces arm\u00e9es, &ndash; le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Mattis \u00e9tant dans ce cas tout \u00e0 fait en accord logique avec le G\u00e9n\u00e9ral Mattis&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le Moyen-Orient (Syrie, Iran, etc.). Mattis a pris tous les leviers de contr\u00f4le de la zone, c&rsquo;est lui qui y d\u00e9ploie l&rsquo;activit\u00e9 diplomatique (sic) la plus intense avec voyages, d\u00e9placements, rencontres, etc. Les militaires \u00ab\u00a0au pouvoir\u00a0\u00bb ont \u00ab\u00a0purg\u00e9\u00a0\u00bb le NSC d&rsquo;hommes qui auraient \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s (?) par Trump, dont on ne sait s&rsquo;ils sont vraiment \u00ab\u00a0des hommes de Trump\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire acquis \u00e0 ce que l&rsquo;on croit \u00eatre les conceptions de Trump ; on excusera ces incertitudes diverses, correspondantes aux diverses agitations en sens divers du personnage (Trump), concernant ses conceptions&#8230; En fait il s&rsquo;agit essentiellement de faucons proches des <em>neocons<\/em> (sic) et d&rsquo;Isra\u00ebl, qui voulaient l&rsquo;attaque de l&rsquo;Iran. Mattis ne veut rien de semblable comme, de m\u00eame, il semble avoir man&oelig;uvr\u00e9 pour retirer les USA de tout engagement f\u00e2cheux en Syrie, laissant les Russes faire le travail principal puisqu&rsquo;ils ont l&rsquo;air de bien le faire, et concentrant l&rsquo;action US dans la r\u00e9gion contre <em>Daesh<\/em>. <strong>Du coup, on ne peut que se f\u00e9liciter de l&rsquo;action de Mattis et noter qu&rsquo;elle n&rsquo;est vraiment pas tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle que semblait pr\u00f4ner Trump durant sa campagne, et m\u00eame depuis<\/strong>, &ndash; sauf pour l&rsquo;Iran, o&ugrave; Mattis bloque l&rsquo;obsession anti-iranienne stupide de Trump et de son entourage&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>As a trained soldier it is clear that General Mattis has no time for regime change adventures in Syria which might result in a military confrontation with the Russians, and that he is unenthusiastic about confronting Iran, a policy which also comes with very high risks.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Back in June two Flynn holdovers in the National Security Council &ndash; Ezra Cohen-Watnick and Derek Harvey &ndash; are known to have pushed for the US <a href=\"http:\/\/foreignpolicy.com\/2017\/06\/16\/white-house-officials-push-for-widening-war-in-syria-over-pentagon-objections\/\" target=\"_blank\">to \u00ab\u00a0confront\u00a0\u00bb Iran and its \u00ab\u00a0proxy forces\u00a0\u00bb<\/a> in Syria, a proposal which had it been implemented would have risked a head on clash in Syria with the Russians. <\/em><em>General Mattis would have none of it, and both Cohen-Watnick and Harvey have now been <a href=\"http:\/\/eaworldview.com\/2017\/08\/mcmaster-takes-control-with-purge-of-trumps-national-security-council\/\" target=\"_blank\">sacked.<\/a><\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Harvey incidentally was also one of the strongest voices within the Trump administration in favour of the missile strike on Syria&rsquo;s Al-Shayrat air base in April.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The end result is that the Trump administration has not backed out of the nuclear agreement with Iran as many expected, whilst in Syria General Mattis has quietly redirected the US effort away from trying to achieve regime change towards its stated goal of destroying ISIS<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Concernant l&rsquo;Afghanistan, Mattis est bien un faucon selon la tradition, comme tous les g\u00e9n\u00e9raux. Il a \u00ab\u00a0convaincu\u00a0\u00bb le pr\u00e9sident d&rsquo;un renforcement pour lancer une offensive militaro-humanitariste du type qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e un nombre incalculable de fois sur la plan\u00e8te, et en Afghanistan notamment, pour des r\u00e9sultats catastrophiques avec une r\u00e9gularit\u00e9 remarquable. Quel est le but de Mattis, selon Mercouris ? Il c\u00e8de la plume \u00e0 l&rsquo;expert acad\u00e9mique canadien Paul Robertson qui a brillamment expliqu\u00e9 ce que Mercouris d\u00e9crit comme la volont\u00e9 du G\u00e9n\u00e9ral Mattis &laquo; <em>de ne pas laisser le souvenir du soldat qui pr\u00e9siderait \u00e0 la plus grande d\u00e9faite des USA depuis le Vietnam. Pour cela, il fera en sorte que la guerre en Afghanistan se poursuive ind\u00e9finiment dans l&rsquo;espoir que quelque chose se modifie <\/em>[en faveur des USA]. &raquo; Voici, cit\u00e9e, l&rsquo;explication de Robertson de cette strat\u00e9gie qu&rsquo;on d\u00e9finirait <strong>comme celle de \u00ab\u00a0la t\u00eate de l&rsquo;autruche dans le sable\u00a0\u00bb renforc\u00e9e par celle, tr\u00e8s dynamique, du \u00ab\u00a0un pas en avant deux pas en arri\u00e8re de l&rsquo;\u00e9crevisse\u00a0\u00bb<\/strong>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>The motivation <\/em>[<em>regarding the &lsquo;new strategy&rsquo; in Afghanistan<\/em>] <em>has been <a href=\"https:\/\/irrussianality.wordpress.com\/author\/paulfrobinson\/\" target=\"_blank\">brilliantly explained<\/a> by the Canadian academic Paul Robinson<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>So, the strategy is to use military power to create the conditions for a political settlement with the Taleban, even though it has so far utterly failed to achieve that, and even though &lsquo;nobody knows if or when that will ever happen.&rsquo; And this is what constitutes &lsquo;grown-up&rsquo; thinking? At the end of the day, Trump&rsquo;s announcement amounts merely to a statement that withdrawing will bring untold disaster, and therefore we have to persist, because, well, you know, it will be bad if we don&rsquo;t. There is nothing in this announcement which suggests how Trump or his advisors imagine that this war will end. They are as clueless as Obama and  Bush before them, and so are just carrying on doing the same thing over and over.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Why do they do this? The answer is that the financial costs of the war are dispersed over a vast number of people, so that nobody actually notices them, while the human costs are concentrated in a small segment of the population &ndash; the military &ndash; which the rest of the people can safely ignore (and at the current tempo of operations, the number of Americans dying in Afghanistan is quite low). Politically speaking, continuing the war is relatively cost-free. But should America withdraw, and something then goes wrong, Trump and those around him will be held to blame. It is better therefore to cover their backsides and keep things bubbling along as they are until the problem can be passed onto somebody else. This is a solution in terms of domestic politics, but it&rsquo;s not a solution in terms of the actual problem<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;Europe : sur ce th\u00e9\u00e2tre, Mattis poursuit avec alacrit\u00e9 et ent\u00eatement la \u00ab\u00a0strat\u00e9gie\u00a0\u00bb que poursuivent les USA\/l&rsquo;OTAN depuis le d\u00e9but de 2014 et la crise ukrainienne. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une intense gesticulation sur les fronti\u00e8res de la Russie, des menaces r\u00e9guli\u00e8rement brandies, d&rsquo;une provocation permanente \u00e0 coups de man&oelig;uvres, de d\u00e9ploiements d&rsquo;unit\u00e9s \u00e0 effectifs limit\u00e9es bien entendu, du d\u00e9ploiement de dix chars ici, de cinq l\u00e0, et bien s&ucirc;r de l&rsquo;archi-man&oelig;uvre de provocation que constituent les bases de missiles antimissiles. Manifestement Mattis ne veut rien de neuf en Europe par rapport au comportement inepte des USA\/de l&rsquo;OTAN depuis trois ans, selon le calcul que les USA doivent maintenir le statut de superpuissance et qu&rsquo;ils peuvent le faire en Europe en toute \u00ab\u00a0s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb, &ndash; si l&rsquo;on peut dire, &ndash; parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun risque de confrontation, parce que ni la Russie ni les USA ne veulent entendre parler d&rsquo;une confrontation directe entre eux sur un th\u00e9\u00e2tre aussi sensible et explosif que l&rsquo;Europe&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p><strong>Plus c&rsquo;est dangereux, plus on s&rsquo;agite parce que l&rsquo;on est persuad\u00e9 que, des deux c\u00f4t\u00e9s, chacun connaissant le danger, on saura exactement o&ugrave; il importe de ne pas aller trop loin<\/strong>&#8230; C&rsquo;est une sorte d&rsquo;\u00e9trange paralysie dans une politique de la provocation permanente qui serait fig\u00e9e dans la certitude que personne n&rsquo;y c\u00e9dera tant les enjeux sont \u00e9lev\u00e9s : c&rsquo;est l\u00e0 sans nul doute qu&rsquo;on trouve <strong>l&rsquo;arch\u00e9type de la paralysie et de l&rsquo;impuissance US dans l&rsquo;extr\u00e9misme de l&rsquo;agitation<\/strong> que certains experts trouveront sans doute habile pour maintenir le statut de superpuissance des USA&#8230; Une <strong>telle ineptie<\/strong>, &ndash; \u00ab\u00a0la statut de superpuissance des USA\u00a0\u00bb, &ndash; a encore cours de nos jours.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&laquo; <em>As a military officer General Mattis surely knows that these forces are too small either to threaten Russia or to defend themselves in the event of a Russian attack (see the comments of retired US Colonel Douglas Macgregor in this <a href=\"http:\/\/www.politico.com\/magazine\/story\/2015\/11\/pentagon-fight-over-russia-213316?o=0\" target=\"_blank\">article<\/a> in Politico).  <\/em><em>The fact that General Mattis is however pressing ahead with these provocative displays &ndash; deeply infuriating as they are to the Russians, to whom they serve as a constant reminder of the broken promises the US gave them when the USSR broke up &ndash; shows that despite all the overheated talk coming out of the US of &lsquo;Russian aggression&rsquo; he does not believe that a war in Europe is imminent.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>In an indication of how far General Mattis is prepared to go in provoking the Russians in Europe, that he is now talking openly of the <\/em><em><a href=\"https:\/\/www.rt.com\/news\/400745-us-lethal-arms-ukraine\/\" target=\"_blank\">possibility of sending arms<\/a><\/em><em> to the Maidan regime in Ukraine, reversing the previous policy not to send arms, which was agreed upon by both Barack Obama and by Donald Trump.  Indeed Trump &ndash; the US&rsquo;s constitutionally elected President &ndash; famously even <a href=\"https:\/\/www.washingtonpost.com\/opinions\/global-opinions\/trump-campaign-guts-gops-anti-russia-stance-on-ukraine\/2016\/07\/18\/98adb3b0-4cf3-11e6-a7d8-13d06b37f256_story.html?utm_term=.e142f4a97c40\" target=\"_blank\">deleted the proposal to send Ukraine arms<\/a><\/em><em> from the Republican Party&rsquo;s platform during the Republican Party&rsquo;s Convention last year.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>In floating this extraordinarily bad idea General Mattis is of course also ignoring the public opposition to it of the US&rsquo;s most powerful ally, the German government.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The fact that sending arms to Ukraine will not change the military balance there (see the Saker&rsquo;s<\/em><em><a href=\"https:\/\/thesaker.is\/debunking-the-myths-about-weapons-deliveries-to-the-ukraine\/\" target=\"_blank\"> excellent discussion of this subject<\/a><\/em><em>), but does greatly increase the risk of war, appears not to worry General Mattis at all given that Ukraine is a theatre where the US is not directly involved<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; On mettra ensemble la rubrique Cor\u00e9e du Nord-Chine et la rubrique nuisances navales dans la Mer de Chine du Sud (d&rsquo;ailleurs caract\u00e9ris\u00e9e essentiellement par des collisions de l&rsquo;US Navy avec des navires marchands et innocents). En effet, Mattis y suit la m\u00eame pseudo-strat\u00e9gie coordonn\u00e9e de prudence lorsqu&rsquo;il y a un risque r\u00e9el et de provocation lorsqu&rsquo;il n&rsquo;y en a gu\u00e8re (vis-\u00e0-vis de la Chine dans ce cas).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Here again we see the same pattern at work as in Syria and Europe.  Just as General Mattis is not prepared to risk a head-on clash with the Russian military in Syria, but is willing to act in the most provocative way imaginable against Russia in Europe, so General Mattis is not prepared to risk a head-on clash with China in the Korean Peninsula, but is willing to act in the most provocative way imaginable against China in the South China Sea. As is the case in Europe, this is because General Mattis presumably doesn&rsquo;t believe that the risk of an armed clash with China in the South China Sea is a real one<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Mercouris estime qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 exactement de ce qu&rsquo;on peut attendre d&rsquo;un soldat US aujourd&rsquo;hui : <strong>l&rsquo;agressivit\u00e9 extr\u00eame l\u00e0 o&ugrave; quasiment n&rsquo;existe aucun risque, et prudence extr\u00eame l\u00e0 o&ugrave; un risque existe<\/strong> (toujours vis-\u00e0-vis des deux puissances : Russie et Chine). <strong>Cela conduit Mercouris \u00e0 poser la question de la strat\u00e9gie, ou bien encore, selon des termes plus simples et plus abrupts : \u00e0 quoi tout cela sert-il ?<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&laquo; <em>What is wholly absent is any sense of a larger strategy<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>In no sense does General Mattis seem to have a policy either for Russia or China or for dealing with the separate crises in Afghanistan, Korea or the Middle East. Instead he improvises reactively &ndash; as might be expected of a soldier &ndash; in each case doing so without any sense of the interconnections between the various crises which confront him, or of the paradox of the US seeking Russia and Chinese help in the Middle East and the Korean Peninsula whilst simultaneously striking against Russian and Chinese interests in Europe and the South China Sea<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Needless to say, in respect to Grand Strategy &ndash; thinking about the Chinese-Russian alliance and looking for ways to respond to it &ndash; General Mattis can come up with nothing at all.  So far as he is concerned, it is enough that China and Russia are adversaries of the US, so he sets out in each case to confront them where he feels he can, without giving any thought to how this may make them work more closely together against US interests<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Enfin, un rapprochement est fait par Mercouris entre les USA aujourd&rsquo;hui et l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;imm\u00e9diat avant-guerre de 1914, lorsqu&rsquo;effectivement le Grand Etat-Major Imp\u00e9rial occupait une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans la conduite des affaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230; <em>I pointed out that the closest parallel was with Germany in the run up to the First World War, where the dysfunctional political system also left the military in a position of de facto leadership.In the case of pre First World War Germany the military also adopted an essentially technical piecemeal approach to Germany&rsquo;s problems, alternating extreme aggressiveness with botched and ill thought out attempts at conciliation.  The result was that in 1914 Germany found that all the other important Great Powers of Europe except for Germany&rsquo;s Habsburg satellite were ranged against it.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Under the de facto leadership of General Mattis the same appears to be in the process of happening to the US<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce rapprochement est \u00e0 notre sens tr\u00e8s sollicit\u00e9 et contestable. Cette position pr\u00e9pond\u00e9rante effective du Grand &Eacute;tat-Major allemand ne r\u00e9sultait nullement d&rsquo;un pseudo-\u00ab\u00a0coup\u00a0\u00bb comme dans le cas de Trump, mais plut\u00f4t des effets d&rsquo;une orientation incertaine de Guillaume II, certes peu partisan de la guerre mais par ailleurs adepte du pangermanisme, cette m\u00eame doctrine vivante, offensive et tr\u00e8s active, reposant sur des concepts culturels et raciaux tr\u00e8s puissants, qui animait les conceptions des militaires. Le grand &Eacute;tat-Major restait enti\u00e8rement sous l&rsquo;autorit\u00e9 du <em>Kaiser<\/em> m\u00eame s&rsquo;il l&rsquo;influen\u00e7ait fortement. Aujourd&rsquo;hui, \u00e0 Washington et dans les entreprises de Washington, il n&rsquo;y a pas de doctrine dynamique, <strong>mais une situation statique mondiale caract\u00e9ris\u00e9e par cette prolif\u00e9ration monstrueuse et ossifi\u00e9e de bases qui sont le plus souvent des charges que des avantages offensifs<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Allemagne de 1914 \u00e9tait en pleine expansion d&rsquo;une dynamique \u00e0 la fois postmoderne (industrielle, culturelle) et raciale, un peu comme une doctrine progressiste-soci\u00e9tale que les militaires eux-m\u00eames favorisaient (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/les-gays-et-le-pouvoir-politique\">r\u00f4le des homosexuels<\/a>, y compris dans l&rsquo;arm\u00e9e), mais qui <strong>s&rsquo;appuierait \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 du cas US sur un supr\u00e9macisme conqu\u00e9rant que toute la \u00ab\u00a0base intellectuelle\u00a0\u00bb de l&rsquo;Allemagne partageait<\/strong>. La situation du Pentagone, toute enti\u00e8re prudente, peureuse, sans aucune strat\u00e9gie, d\u00e9fensive et \u00e9vitant tout conflit, est \u00e0 cet \u00e9gard l&rsquo;oppos\u00e9. Quant \u00e0 l'\u00a0\u00bbisolement\u00a0\u00bb de l&rsquo;Allemagne en Europe que Mercouris compare \u00e0 l'\u00a0\u00bbisolement\u00a0\u00bb US, il en est l&rsquo;exact contraire dans son ontologie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La supr\u00e9matie US est celle d&rsquo;un \u00ab\u00a0empire\u00a0\u00bb en cours de dissolution, le supr\u00e9macisme allemand de 1914 r\u00e9sultait d&rsquo;une puissante et triomphante supr\u00e9matie dynamique qui tendait \u00e0 \u00e9craser toutes concurrence. L&rsquo;Allemagne de 1914 n&rsquo;avait pas en face d&rsquo;elle une Chine et une Russie aussi militairement dynamiques ; m\u00eame la puissance anglaise se serait bien arrang\u00e9e de cette puissance allemande si l&rsquo;Allemagne n&rsquo;avait pas pr\u00e9tendu, d\u00e8s la fin du XIX\u00e8me la concurrencer dans le domaine de la puissance navale. Comme le montre magnifiquement Modris Eksteins dans son <em>Sacre du Printemps<\/em> (voir aussi <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/fievre-de-guerre\">cette r\u00e9f\u00e9rence<\/a> dans <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>), l&rsquo;Allemagne <strong>d\u00e9ployait une surpuissance pleine d&rsquo;entrain et de bonheur<\/strong>, et l&rsquo;entr\u00e9e en guerre fut salu\u00e9e par un enthousiasme remarquable, <strong>notamment des intellectuels, et surtout par ceux qu&rsquo;on d\u00e9signerait aujourd&rsquo;hui comme progressistes-soci\u00e9taux<\/strong>. Aux USA, ce n&rsquo;est pas le vertige du bonheur supr\u00e9maciste qui domine, mais plut\u00f4t le d\u00e9sarroi, l&rsquo;angoisse, la confusion mentale et la pathologie de la psychologie, la chasse obsessionnelle de l'\u00a0\u00bbennemi int\u00e9rieur\u00a0\u00bb, la haine entre progressistes-soci\u00e9taux et populistes-traditionnalistes, le sentiment de la paralysie et de l&rsquo;impuissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Politique ext\u00e9rieure, voie de garage<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Ce qui conduit notre r\u00e9flexion \u00e0 son terme, une fois expos\u00e9e cette hypoth\u00e8se extr\u00eame des \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9raux au pouvoir\u00a0\u00bb, &ndash; hypoth\u00e8se certes pas fausse et bien argument\u00e9e, <strong>sauf que le pouvoir n&rsquo;existe plus<\/strong>, &ndash; c&rsquo;est une remarque que nous avons d\u00e9j\u00e0 faite et que nous allons d\u00e9velopper&#8230; La remarque, du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-armageddon-first\">23 ao&ucirc;t 2017<\/a>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230; [L]<em>a politique d&rsquo;agression et d&rsquo;expansionnisme<\/em> [US]<em> <strong>n&rsquo;a plus vraiment d&rsquo;importance et <\/strong><\/em>[&#8230;] <strong><em>elle est d&rsquo;ailleurs de plus en plus paralys\u00e9e sur ses divers fronts<\/em><\/strong><em> par les faiblesses de l&rsquo;appareil militaire US, par les divisions entre les services et les agences, par les divisions entre pays du bloc-BAO, par la puissance des positions install\u00e9es par les Russes et leurs alli\u00e9s<\/em>&#8230; [&#8230;] <em>Le point qui appara&icirc;t de plus en plus fondamental, qui a \u00e9t\u00e9 esquiss\u00e9 plus haut, est bien <strong>l&rsquo;importance d\u00e9croissante, et d\u00e9croissant \u00e0 \u00e0 une vitesse vertigineuse<\/strong> de la politique ext\u00e9rieure, de l&rsquo;agression expansionniste type-neocon ; non seulement, comme on l&rsquo;a dit, pour des raisons strat\u00e9giques, technologiques et politiques objectives, mais \u00e9galement pour la raison fondamentale qu&rsquo;on atteint aujourd&rsquo;hui aux USA, <strong>dans le cours de la crise \u00e9vidente de la situation int\u00e9rieure<\/strong>, \u00e0 l&rsquo;intensit\u00e9, \u00e0 la puissance, <strong>\u00e0 la signification ontologique et eschatologique du c&oelig;ur de la Grande Crise G\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me<\/strong><\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, toute la politique ext\u00e9rieure est gel\u00e9e dans une sorte de th\u00e9\u00e2tre o&ugrave; l&rsquo;on trouve des crises fig\u00e9es et irr\u00e9solues, des postures agressives pour la seule communication, des prudences extr\u00eames et des arrangements semi-secrets avec ceux qu&rsquo;on d\u00e9nonce comme des ennemis insupportables, une tendance \u00e9crasante \u00e0 ne rien changer l\u00e0 o&ugrave; c&rsquo;est possible et l\u00e0 o&ugrave; c&rsquo;est imp\u00e9ratif, etc., &ndash; et tout cela interpr\u00e9t\u00e9 en termes essentiellement sinon exclusivement militaires. <strong>La chose militaire sert justement \u00e0 brider tout ce que la situation pourrait engendrer d&rsquo;agressif et d&rsquo;expansionniste<\/strong>, et simplement utilis\u00e9e pour geler les choses en l&rsquo;\u00e9tat.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>On parle ici pour les USA, mais cela vaut pour tout le monde finalement <strong>parce que tout le monde, dans les relations internationales, est paralys\u00e9<\/strong> par la paralysie chaotique et spasmodique de la crise int\u00e9rieure US. La surpuissance US eest compl\u00e8tement impuissante et <strong>tout le reste, apr\u00e8s tout se contentant de l&rsquo;absence de risque extr\u00eame, s&rsquo;aligne sur cette posture<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&bull; Les Russes ont finalement compris et, d\u00e9sormais, le visage de Poutine qu&rsquo;on voit en photos est marqu\u00e9e d&rsquo;une ironie lointaine et presque amus\u00e9e devant le spectacle de son \u00ab\u00a0partenaire\u00a0\u00bb US. Lavrov se fiche bien de rencontre Tillerson, ce dernier trop occup\u00e9 par ailleurs \u00e0 r\u00e9organiser le d\u00e9partement d&rsquo;&Eacute;tat et qu&rsquo;on dit au reste d\u00e9courag\u00e9 et proche d&rsquo;\u00eatre sur le d\u00e9part d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;ann\u00e9e. On nous a avertis depuis trois semaines que les Russes, quand ils y jettent un coup d&rsquo;&oelig;il, <strong>observent le <em>soap opera <\/em>de \u00ab\u00a0D.C.-la-folle\u00a0\u00bb avec un haussement d&rsquo;\u00e9paules. &laquo; <em>\u00ab\u00a0Personne n&rsquo;y pr\u00eate plus d&rsquo;attention, ni n&rsquo;attend la moindre am\u00e9lioration\u00a0\u00bb<\/em><\/strong>, d\u00e9clare une source proche du gouvernement russe, selon Reuters le <a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/article\/us-usa-trump-russia-whitehouse-idUSKBN1AO1II\">8 ao&ucirc;t 2017<\/a>&#8230; <em>Employant un vieux dicton pour d\u00e9crire comment les officiels \u00e0 Moscou voient les turbulences \u00e0 la Maison-Blanche, le source dit sentencieusement : \u00ab\u00a0les chiens aboient, la caravane passe\u00a0\u00bb<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La Chine, qui ne cherche rien tant qu&rsquo;une situation apais\u00e9e o&ugrave; elle pourrait affirmer sa situation de puissance dans un syst\u00e8me globaliste qui n&rsquo;est pas de son cru ni de ses v&oelig;ux mais o&ugrave; elle a distingu\u00e9 tout ce qu&rsquo;elle pouvait en tirer, <strong>semble avoir \u00e9cart\u00e9 l&rsquo;irritation o&ugrave; la mettait le comportement des USA<\/strong> en s\u00e9parant comme Mercouris le fait les invectives sans danger sinon pour les unit\u00e9s de l&rsquo;US Navy qui naviguent bien mal, et les fausses menaces d&rsquo;intervention catastrophiques (en Cor\u00e9e du Nord). Sa diplomatie et sa nervosit\u00e9 se sont apais\u00e9es et elle attend en l&rsquo;observant le d\u00e9roulement du destin am\u00e9ricaniste dont elle a compris qu&rsquo;il est un probl\u00e8me int\u00e9rieur aux USA avec <strong>pour l&rsquo;instant et en l&rsquo;absence d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement rupturiel<\/strong> de faibles retomb\u00e9es ext\u00e9rieures puisque limit\u00e9es au constat de la paralysie, aussi bien technologique que psychologique, de l&rsquo;appareil militaire US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;Europe est dans une situation pas loin d&rsquo;\u00eatre similaire. Ayant vou\u00e9 aux g\u00e9monies Trump au profit des forces classiques de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, elle a d\u00e9couvert avec le vote du Congr\u00e8s de nouvelles sanctions russes avec effets directs sur l&rsquo;\u00e9conomie et l&rsquo;infrastructure europ\u00e9enne que les ennemis de Trump, ces \u00ab\u00a0forces classiques de l&rsquo;am\u00e9ricanisme\u00a0\u00bb, se comportaient aussi ignominieusement \u00e0 son encontre que Trump lui-m\u00eame. Du coup, <strong>sa diplomatie, ou ce qui \u00e9tait pseudo-diplomatie, est entr\u00e9e dans une \u00e8re glaciaire<\/strong>, avec simplement l&rsquo;\u00e9rosion acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e du sentiment anti-russe que les derni\u00e8res ann\u00e9es avait \u00e9veill\u00e9 chez elle sous la pression US. Si elle est partie prenante des invectives anti-russes de l&rsquo;OTAN, elle l&rsquo;est de plus en plus mollement : l&rsquo;Europe sait que <strong>si l&rsquo;entente avec les USA devient un n&oelig;ud gordien impossible \u00e0 d\u00e9nouer, c&rsquo;est avec la Russie qu&rsquo;il faudra tenter de s&rsquo;arranger<\/strong>&#8230; Mais cela, <strong>c&rsquo;est pour plus tard<\/strong>, et l&rsquo;en attendant, il faut se presser d&rsquo;attendre sans trop en faire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;irruption des g\u00e9n\u00e9raux sur la sc\u00e8ne ext\u00e9rieure US a eu <strong>un effet quasi-anesth\u00e9siant sur le th\u00e9\u00e2tre moyen-oriental \u00e9galement<\/strong> : apaisement en Syrie au profit des Syriens d&rsquo;Assad et de leurs amis russes, apaisement des menaces de raire resurgir l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une attaque de l&rsquo;Iran&#8230; Aujourd&rsquo;hui encore plus qu&rsquo;hier, lorsque les Isra\u00e9liens jugent que des forces iraniennes sont trop proches de leur fronti\u00e8re, c&rsquo;est \u00e0 Poutine et nullement \u00e0 Mattis ni \u00e0 Trump que s&rsquo;adresse Netanyahou lorsqu&rsquo;il veut examiner le probl\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>La crise int\u00e9rieure des USA s&rsquo;\u00e9tant impos\u00e9e <strong>non pas comme un accident conjoncturel (les pr\u00e9sidentielles USA-2016) mais comme une situation structurelle nouvelle<\/strong>, les deux choses se sont impos\u00e9es parall\u00e8lement, conjointement et naturellement li\u00e9es l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre : l<strong>e gel de la politique ext\u00e9rieure des USA et le gel des relations internationales du fait de cet \u00e9v\u00e9nement colossal que constitue justement ce gel de la politique ext\u00e9rieure US<\/strong>. C&rsquo;est pour cette raison que la mont\u00e9e bien r\u00e9elle des \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9raux au pouvoir\u00a0\u00bb et le retour des anc\u00eatres-<em>neocons <\/em>au centre de l&rsquo;agitation de communication ont assez peu d&rsquo;importance. Les USA sont une sorte d&rsquo;\u00e9norme Gulliver <strong>qui s&rsquo;est encha&icirc;n\u00e9 lui-m\u00eame et se d\u00e9bat sur lui-m\u00eame <\/strong>avec ses fantasmes, ses angoisses, ses folies int\u00e9rieures. Les lilliputiens observent la chose \u00e0 distance respectueuse mais sans avoir rien de vraiment bien s\u00e9rieux, et surtout rien de pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9 \u00e0 craindre.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Certes, Trump est \u00ab\u00a0prisonnier\u00a0\u00bb d&rsquo;une cabale de globalistes o&ugrave; le couple familial (sa fille et son genre, Ivanka-Jared) a une place essentielle. Cette cabale arrangeait les g\u00e9n\u00e9raux tant qu&rsquo;ils pensaient que l&rsquo;axe Trump-Bannon constituait un danger r\u00e9el, mais il n&rsquo;est nullement assur\u00e9 que <strong>cette \u00ab\u00a0alliance\u00a0\u00bb de circonstance fonctionne parfaitement d\u00e9sormais<\/strong> parce que les conceptions diff\u00e8rent sur certains probl\u00e8mes essentiels, notamment celui de la souverainet\u00e9 qui reste tr\u00e8s sensible au c&oelig;ur des militaires. Quoi qu&rsquo;il en soit le \u00ab\u00a0prisonnier\u00a0\u00bb reste pr\u00e9sident et il est n\u00e9cessaire qu&rsquo;il agisse comme un pr\u00e9sident : ceux qui avancent que d\u00e9sormais, Trump est l\u00e0 pour ob\u00e9ir aux ordres (de qui, d&rsquo;ailleurs ? Des globalistes ? De sa fille ? Des g\u00e9n\u00e9raux ? Etc.), ceux-l\u00e0 se trompent car les choses ne fonctionnent pas de cette fa\u00e7on&#8230; \u00ab\u00a0Prisonnier\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0prisonnier sur parole\u00a0\u00bb, <strong>Trump garde les pouvoirs d&rsquo;un pr\u00e9sident et on se doit de lui parler comme \u00e0 un pr\u00e9sident, et de le conseiller comme on conseille un pr\u00e9sident : suggestions, fermes propositions et respect<\/strong>. Mais ce pr\u00e9sident-l\u00e0, quoiqu&rsquo;en r\u00e9sidence surveill\u00e9e, n&rsquo;a qu&rsquo;une seule id\u00e9e qui est celle de faire perdurer le mythe populiste, et de conserver le soutien de sa base. En cela, il redevient ami de Bannon et il a les moyens de se conduire en tant que tel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; D&rsquo;o&ugrave; <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-sur-armageddon-first\">l&rsquo;incident de Phoenix<\/a>, mardi dernier. <em>Politico.com <\/em>a racont\u00e9 l&rsquo;aventure, <a href=\"http:\/\/www.politico.com\/story\/2017\/08\/22\/trump-arizona-phoenix-rally-241923\">le 23 ao&ucirc;t<\/a> : Trump avait un discours bien travaill\u00e9 par ses conseillers globalistes lors de son meeting monstre de la grande ville de l&rsquo;Arizona, bien en ligne pour le Trump d&rsquo;apr\u00e8s-Bannon. Il a tr\u00e8s rapidement d\u00e9daign\u00e9 le t\u00e9l\u00e9prompteur pour s&rsquo;engager dans une diatribe populiste enflamm\u00e9e, notamment et essentiellement contre les m\u00e9dias, sa cible favorite, <strong>et aussi \u00e0 propos de la \u00ab\u00a0r\u00e9volution culturelle\u00a0\u00bb en cours aux USA, autour des statues et de l&rsquo;h\u00e9ritage historique du pays<\/strong>, &ndash; toutes ces sortes d&rsquo;attaque qui d\u00e9cha&icirc;nent sa base qu&rsquo;il retrouve aussi vigoureuse et enthousiaste qu&rsquo;aux meilleurs jours de sa campagne \u00e9lectorale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>He gave his response on Tuesday night in Phoenix, with an angry, meandering and frequently disingenuous 75-minute rally address designed to soothe his ego, rev up his base, and remind the naysayers in Washington and New York that he can still command love from his crowd. Aides said he had a carefully vetted message on a Teleprompter, but his eyes quickly wandered away for a discursive torching of the news media &mdash; who he said didn&rsquo;t care about the country<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi donc, la crise US qui se passe aux USA m\u00eame, qui n&rsquo;a plus gu\u00e8re de liens avec la politique ext\u00e9rieure, tourne autour d&rsquo;un pr\u00e9sident qu&rsquo;on a fait \u00ab\u00a0prisonnier\u00a0\u00bb pour lui interdire une politique ext\u00e9rieure, &ndash; qu&rsquo;il n&rsquo;avait d&rsquo;ailleurs peut-\u00eatre pas l&rsquo;intention de faire, dans tous les cas sans plus gu\u00e8re d&rsquo;importance aujourd&rsquo;hui. Dans la situation interne des USA, par contre, <strong>le \u00ab\u00a0prisonnier\u00a0\u00bb est notablement libre de ses gestes et de ses paroles<\/strong>, et certains de ses ge\u00f4liers, &ndash; notamment les g\u00e9n\u00e9raux, &ndash; sont peut-\u00eatre plus proches de lui qu&rsquo;on ne croit, <strong>notamment dans la \u00ab\u00a0r\u00e9volution culturelle\u00a0\u00bb en cours<\/strong>. Ainsi la situation se brouille-t-elle compl\u00e8tement et le caract\u00e8re incontr\u00f4lable de Trump, ses humeurs, ses intemp\u00e9rances &#038; ses tweets, <strong>jouent \u00e0 nouveau et toujours un r\u00f4le fondamental<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Et que faire, par ailleurs ?<\/strong> Plus Trump est pr\u00e9sent\u00e9 comme sous contr\u00f4le, moins il y a de raisons de le menacer, notamment d&rsquo;une proc\u00e9dure de destitution ; plus Trump est \u00ab\u00a0sous contr\u00f4le\u00a0\u00bb, moins il est contr\u00f4lable dans cet aspect int\u00e9rieur et populiste de son activit\u00e9, et notamment dans ses attaques qui emp\u00eachent un armistice avec la presseSyst\u00e8me absolument n\u00e9cessaire pour parvenir \u00e0 un retour au calme&#8230; Et apr\u00e8s avoir tent\u00e9 tout cela, si vraiment il faut se d\u00e9barrasser de lui, alors allons-y pour la proc\u00e9dure de destitution ? C&rsquo;est <strong>alors que nous pourrons avoir un v\u00e9ritable d\u00e9cha&icirc;nement plus proche d&rsquo;une guerre civile que tout ce que nous avons vu jusque-l\u00e0<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Qu&rsquo;est-ce que feront alors les \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9raux au pouvoir\u00a0\u00bb ? Ils prendront le pouvoir ? Lequel puisqu&rsquo;ils l&rsquo;ont d\u00e9j\u00e0, para&icirc;t-il ? Pour quoi en faire ? Plus on essaie de trouver une solution acceptable pour le Syst\u00e8me, <strong>plus le n&oelig;ud gordien se resserre<\/strong>&#8230; Car, comme l&rsquo;\u00e9crit Patrick J. Buchanan : \u00ab\u00a0<strong><em><a href=\"http:\/\/buchanan.org\/blog\/still-unites-us-127570\">Mais qu&rsquo;est-ce qui nous unit encore ?<\/a><\/em><\/strong>\u00a0\u00bb Rien, et nous attendons donc tous que \u00ab\u00a0quelque chose\u00a0\u00bb arrive.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Pr\u00e9sident Mattis\u00a0\u00bb, ou la paralysie \u00e9toil\u00e9e 26 ao&ucirc;t 2017 &ndash; Alexander Mercouris revient, en l&rsquo;\u00e9tayant fortement et d&rsquo;une fa\u00e7on convaincante, sur sa th\u00e8se selon laquelle ce sont les g\u00e9n\u00e9raux qui, \u00e0 Washington D.C. aujourd&rsquo;hui, d\u00e9tiennent le pouvoir. Il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 question de cette th\u00e8se dans le Journal-dde.crisis du 19 ao&ucirc;t 2017, expos\u00e9e de cette&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3761,2748,3335,4289,13313,6379,12623,3970,11900,12918,2667,4608,4607,2879,2730],"class_list":["post-77448","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-3761","tag-allemagne","tag-buchanan","tag-culturelle","tag-desinteret","tag-exterieure","tag-globalistes","tag-kelly","tag-mattis","tag-mcmaster","tag-mercouris","tag-paralysie","tag-politique","tag-revolution","tag-russie"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77448","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77448"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77448\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77448"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77448"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77448"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}