{"id":77450,"date":"2017-08-27T10:20:41","date_gmt":"2017-08-27T10:20:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/08\/27\/notre-pape-rocknroll\/"},"modified":"2017-08-27T10:20:41","modified_gmt":"2017-08-27T10:20:41","slug":"notre-pape-rocknroll","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/08\/27\/notre-pape-rocknroll\/","title":{"rendered":"Notre-Pape <em>rock&rsquo;n&rsquo;roll<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Notre-Pape <em>rock&rsquo;n&rsquo;roll<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>27 ao&ucirc;t 2017 &ndash; Je ne consacre que tr\u00e8s moyennement de mon int\u00e9r\u00eat aux choses de l&rsquo;&Eacute;glise, pour diverses raisons dont la plupart sont tr\u00e8s banales et pour la cause centrale qui r\u00e9sume le tout que l&rsquo;orientation de ma r\u00e9flexion n&rsquo;avait et n&rsquo;a nul besoin d&rsquo;accorder une grande place \u00e0 cette question, sinon pour le constat de la trahison de son destin par l&rsquo;&Eacute;glise, et par cons\u00e9quent son \u00e9chec et sa chute in\u00e9luctable. Je m&rsquo;arr\u00eate au \u00ab\u00a0message papal\u00a0\u00bb de Fran\u00e7ois dont <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/une-postmodernite-societalo-papale\">il fut question hier<\/a>, non parce qu&rsquo;il est important et malgr\u00e9 qu&rsquo;il le soit \u00e9videmment, mais parce qu&rsquo;il est absolument symbolique et, dirais-je, il est comme ricanant et persifleur, \u00e0 la fa\u00e7on que devient le rire-sourire de ce pape \u00e9vang\u00e9lique et postmoderne lorsqu&rsquo;on l&rsquo;observe avec certaines id\u00e9es en t\u00eate. Je veux dire qu&rsquo;il y a dans ce rire-sourire comme une sorte de rictus ricanant qui est comme un mot de passe, lorsqu&rsquo;on accomplit, sans le vouloir et au contraire avec la conscience bonne, l&rsquo;&oelig;uvre du Malin en pr\u00e9tendant faire &oelig;uvre chaste de vertu. C&rsquo;est le cas ici, certes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; C&rsquo;est dire que je n&rsquo;en veux pas \u00e0 Fran\u00e7ois qui, comme les <em>sapiens sapiens<\/em>, a sa part de vertu et sa part d&rsquo;ombre, et qui n&rsquo;est mauvais quand il l&rsquo;est que par proximit\u00e9 du Mal et jamais, jamais absolument \u00e0 cause du Mal en dedans-lui-m\u00eame (en-dedans Fran\u00e7ois, veux-je dire). Il reste donc \u00e0 constater qu&rsquo;avec ce \u00ab\u00a0message papal\u00a0\u00bb sur les migrants-r\u00e9fugi\u00e9s, et compte tenu des nombreuses imbrications et des diverses complexit\u00e9s de perception et de communication, Fran\u00e7ois fait une d\u00e9marche de type progressiste-soci\u00e9tal, qui le place, &ndash; je cite <em>dedefensa.org <\/em>pour ne pas me r\u00e9p\u00e9ter en quelque sorte, &ndash; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230;<em>aux c\u00f4t\u00e9s des \u00ab\u00a0philosophes\u00a0\u00bb de la Silicon Valley, de l&rsquo;activisme de George Soros, des grands c&oelig;urs riches et lib\u00e9raux d&rsquo;Hollywood, de la presseSyst\u00e8me US telle qu&rsquo;elle se d\u00e9cha&icirc;ne actuellement dans l&rsquo;hyst\u00e9rie haineuse, de la bienpensance de toutes les grandes entreprises multinationales qui savent valser d&rsquo;un pays l&rsquo;autre pour s&rsquo;adapter aux salaires et des moralistes sans fin des bureaucraties sans fin des institutions europ\u00e9ennes ; sans parler, &ndash; mais enfin parlons-en, de la gauche-n\u00e9o-caviar\/nouvelle cuisine, certes<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans la conclusion de la Deuxi\u00e8me Partie (&laquo; <em>Passerelle eschatologique et Christianisme<\/em> &raquo;) du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/nos-offres-de-vente-pourla-grace\">Tome-II de <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em><\/a>, on saute du XVIII\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 la situation pr\u00e9sente de l&rsquo;&Eacute;glise qui me semble, \u00e0 l&rsquo;instant et dans sa description, particuli\u00e8rement bien illustrative du \u00ab\u00a0message papal\u00a0\u00bb de Fran\u00e7ois ; d&rsquo;o&ugrave; cette id\u00e9e de citer cette conclusion dont le th\u00e8me principal est la \u00ab\u00a0troublante similitude\u00a0\u00bb entre la chute (l&rsquo;effondrement) du Syst\u00e8me et la chute (l&rsquo;effondrement) de l&rsquo;&Eacute;glise : &laquo; <em>On ne peut se d\u00e9partir d&rsquo;un malaise, une fois qu&rsquo;il vous a saisi dans ses griffes, devant cette occurrence qui semblerait <strong>rassembler <\/strong>ces deux entit\u00e9s fondamentales, comme si m\u00eame un march\u00e9 pouvait avoir \u00e9t\u00e9 conclu entre les deux, je dirais presque \u00ab\u00a0comme deux marchands de tapis\u00a0\u00bb<\/em>&#8230; &raquo; Que ce rassemblement se fasse sur le soutien et la promotion fi\u00e9vreuse de ce mouvement progressiste-soci\u00e9tal qui est la r\u00e9f\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;op\u00e9rationnalisation de la postmodernit\u00e9 engag\u00e9e dans sa bataille ultime, rien de plus tactiquement logique pour les deux entit\u00e9s, &ndash; le Syst\u00e8me et l&rsquo;&Eacute;glise, &ndash; qui se sont parfaitement comprises et entendues sur la strat\u00e9gie \u00e0 suivre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans cette conclusion, un exemple appuyait la th\u00e8se, celui de l&rsquo;Art Contemporain (AC) auquel l&rsquo;&Eacute;glise, dans sa hi\u00e9rarchie m\u00eame, apporte le soutien le plus vibrant. On comprend qu&rsquo;on pourrait ais\u00e9ment remplacer l&rsquo;AC par la th\u00e9matique migrants-r\u00e9fugi\u00e9s du \u00ab\u00a0message papal\u00a0\u00bb, &ndash; m\u00eame esprit, m\u00eame cuisine, m\u00eame sens presque sublime de l&rsquo;irresponsabilit\u00e9, &ndash; ou comment \u00ab\u00a0\u00eatre de son temps\u00a0\u00bb en s&rsquo;en lavant les mains&#8230; On trouve aussi des allusions \u00e0 d&rsquo;autres parties du r\u00e9cit (Renaissance, XVII\u00e8me, XVIII\u00e8me si\u00e8cles) qui renvoient \u00e0 la logique du r\u00e9cit de <em>La Gr\u00e2ce<\/em>. Je les y laisse en avertissant qu&rsquo;on peut passer sans trop s&rsquo;en pr\u00e9occuper, mais j&rsquo;ai par contre coup\u00e9 les quelques paragraphes sp\u00e9cifiquement consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;AC pour mieux permettre l&rsquo;assimilation du \u00ab\u00a0message papal\u00a0\u00bb du 21 ao&ucirc;t \u00e0 la consid\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale. J&rsquo;esp\u00e8re que, pour autant, il me sera beaucoup pardonn\u00e9 et qu&rsquo;on me dispensera de l&rsquo;excommunication qui devrait normalement conclure cette hypoth\u00e8se blasph\u00e9matoire. Au fond, je ne suis pas un mauvais type, Votre Saintet\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>PhG<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">La connivence Syst\u00e8me-&Eacute;glise<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230;En effet, ce passage dule r\u00e9cit portant ici sur la \u00ab\u00a0passerelle eschatologique\u00a0\u00bb entre le XVII\u00e8me si\u00e8cle et notre XXI\u00e8me si\u00e8cle, de ce si\u00e8cle au n\u00f4tre selon un rapprochement inattendu alors qu&rsquo;il pla&icirc;t tant \u00e0 l&rsquo;esprit courant de se croire exclusivement enfant du XVIII\u00e8me, il n&rsquo;est pas illogique de mentionner une appr\u00e9ciation succincte sur ce XXI\u00e8me si\u00e8cle, du point de vue du Christianisme comme nous l&rsquo;avons \u00e9voqu\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire par rapport \u00e0 la progression du Mal. Parcourant ces lignes \u00e0 nouveau, avant la premi\u00e8re publication dite \u00ab\u00a0en ligne\u00a0\u00bb, \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2013, puis les ajouts \u00e0 mesure des corrections et relectures successives, la tentation s&rsquo;est ajout\u00e9e \u00e0 la logique d&rsquo;y mettre quelques consid\u00e9rations sur les \u00e9v\u00e9nements les plus r\u00e9cents, les plus conjoncturels, les plus \u00e9loign\u00e9s de la r\u00e9flexion qui cherche profondeur et dur\u00e9e plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e9clat et fugacit\u00e9 ; et ceci, sans nul doute, nullement pour d\u00e9florer cela, bien entendu&#8230; La tentation existe parce que ces \u00e9v\u00e9nements ne contredisent en rien le <strong>fait central<\/strong> du propos de cette partie du r\u00e9cit ; malheureusement, ils le renforcent, l&rsquo;\u00e9clairent d&rsquo;une lumi\u00e8re sinistre et suscitent un jugement de la plus grande bassesse sur le sort de l&rsquo;Eglise de Rome ; et leur \u00e9clairage est d&rsquo;autant plus \u00e0 prendre en consid\u00e9ration que ces temps du XXI\u00e8me si\u00e8cle sont de facture m\u00e9tahistorique, et que les \u00e9v\u00e9nements le sont n\u00e9cessairement avec eux d&rsquo;une fa\u00e7on telle qu&rsquo;ils en ont acquis un autonomie qui les fait grandioses et sublimes..<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Il y a une troublante similitude entre le sort de cette &Eacute;glise emport\u00e9e dans une crise de dissolution qui fait craindre l&rsquo;effondrement, cette situation qui semble \u00eatre devenue finalement sa fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre sinon sa raison d&rsquo;\u00eatre et plus du tout une cause effroyable et d\u00e9testable, et le Syst\u00e8me lui-m\u00eame, lanc\u00e9 sur une course similaire. On ne peut se d\u00e9partir d&rsquo;un malaise, une fois qu&rsquo;il vous a saisi dans ses griffes, devant cette occurrence qui semblerait <strong>rassembler <\/strong>ces deux entit\u00e9s fondamentales, comme si m\u00eame un march\u00e9 pouvait avoir \u00e9t\u00e9 conclu entre les deux, je dirais presque \u00ab\u00a0comme deux marchands de tapis\u00a0\u00bb ; ce march\u00e9, pour tenter de freiner cette chute effrayante en additionnant et combinant ce qui leur reste de forces. L&rsquo;&Eacute;glise apporterait au Syst\u00e8me repr\u00e9sentatif de notre contre-civilisation, ce qu&rsquo;on nomme lestement \u00ab\u00a0un suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e2me\u00a0\u00bb, ou d&rsquo;apparence d&rsquo;\u00e2me, comme on donne une caution, comme pour sembler lui donner un sens ; le Syst\u00e8me offrirait \u00e0 l&rsquo;&Eacute;glise une pseudo-s&ucirc;ret\u00e9 en lui reconnaissant une sorte de magist\u00e8re moral, exprim\u00e9 essentiellement dans le vacarme du syst\u00e8me de la communication, par le prestige de l&rsquo;institution papale, par la fascination \u00e9prouv\u00e9e pour l&rsquo;institution papale, si \u00e9vidente lors de l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;un nouveau pape (cas de mars 2013 justement, apr\u00e8s les circonstances inhabituelles et n\u00e9cessairement troublantes de la d\u00e9mission de Beno&icirc;t XVI)&hellip; Les deux s&rsquo;adoubant ainsi l&rsquo;un l&rsquo;autre feraient de cette hypoth\u00e8se d&rsquo;une sorte de march\u00e9 une chose malheureuse, qu&rsquo;on pourrait juger \u00e0 juste titre d&rsquo;une extr\u00eame bassesse. Il n&rsquo;est pas question d&rsquo;ajouter ici une critique de circonstance port\u00e9e contre le Christianisme ; il est question d&rsquo;observer en approchant par des incidences significatives que le Christianisme, qui a sembl\u00e9 se contracter dans l&rsquo;&Eacute;glise elle-m\u00eame, n&rsquo;oppose aucune r\u00e9sistance s\u00e9rieuse \u00e0 un courant qui met en cause l&rsquo;essence m\u00eame de son origine, &ndash; ce courant qu&rsquo;il a lui-m\u00eame contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er, d&rsquo;une fa\u00e7on si regrettable ; au contraire, il continuerait \u00e0 y contribuer par souci de tactique sans la moindre \u00e9laboration, mais quoi, <em>persevere diabolicum<\/em> quoi qu&rsquo;il en soit. Cela nous conduit \u00e0 une remarque d&rsquo;importance, encore plus en y ajoutant le constat de la longue p\u00e9riode que nous avons observ\u00e9e et en consid\u00e9rant ce qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 le combat constant de l&rsquo;&Eacute;glise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; L&rsquo;hypoth\u00e8se th\u00e9orique et sp\u00e9culative du rapprochement du Christianisme avec la force du Syst\u00e8me qui est n\u00e9cessairement ath\u00e9e par rapport \u00e0 la spiritualit\u00e9 renvoyant au Principe et \u00e0 l&rsquo;Unique, cette hypoth\u00e8se qui devrait \u00eatre qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0satanique\u00a0\u00bb du point de vue de l&rsquo;&Eacute;glise ne se d\u00e9ment pas d&rsquo;elle-m\u00eame parce que nous percevons d&rsquo;une fa\u00e7on assez \u00e9vidente cette chose inattendue et terrible que ce rapprochement n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement contre-nature. De l\u00e0 notre conclusion, pour nos futures r\u00e9flexions, \u00e0 propos de ce destin terrestre de l&rsquo;&Eacute;glise, passant par son manquement \u00e0 l&rsquo;accomplissement de sa Mission au Temps des Ccath\u00e9drales, puis ce qui a suivi, &ndash; conclusion suivant laquelle l&rsquo;&Eacute;glise s&rsquo;est bien plus pr\u00e9occup\u00e9e des croyances, des religions et des particularit\u00e9s y compris et m\u00eame surtout internes concurrentes d&rsquo;elle-m\u00eame telle qu&rsquo;elle se con\u00e7oit, qu&rsquo;elle a constamment soup\u00e7onn\u00e9es, combattues, d\u00e9nonc\u00e9es, tent\u00e9 d&rsquo;amadouer \u00e0 son avantage, etc., que des forces anti-spirituelles et modernistes engag\u00e9es pourtant dans la furieuse et hurlante bataille contre le Principe qui a accompagn\u00e9 le \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re\u00a0\u00bb. On en d\u00e9duirait effectivement que l&rsquo;alliance \u00e9voqu\u00e9e ici est moins \u00ab\u00a0contre-nature\u00a0\u00bb qu&rsquo;elle ne para&icirc;t, et alors son principe (en r\u00e9alit\u00e9 anti-principe, si l&rsquo;on peut dire)  qui ne serait pas rejet\u00e9 accomplirait compl\u00e8tement le destin catastrophique du Christianisme en rendant compte de l&rsquo;acceptabilit\u00e9 des soup\u00e7ons les plus profonds. [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; &hellip; On trouve ais\u00e9ment chez les uns et les autres (Jean Baudrillard, Aude de Kerros) des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 une dimension lucif\u00e9rienne de l&rsquo;AC qu&rsquo;on peut distinguer ais\u00e9ment dans les conditions o&ugrave; il est d\u00e9velopp\u00e9, o&ugrave; il est exploit\u00e9, o&ugrave; il est promu et expos\u00e9, o&ugrave; il se pr\u00e9tend transcendance alors qu&rsquo;il en est l&rsquo;inversion pure. (&laquo; <em>Il y a une forme initiatique du Rien ou une forme initiatique du Mal <\/em>&raquo;, \u00e9crit Baudrillard \u00e0 son propos.) Ce constat n&rsquo;est l&rsquo;enfant d&rsquo;aucune exag\u00e9ration particuli\u00e8re ni m\u00eame de la moindre \u00e9motion emport\u00e9e dans le chef de ceux qui le font ; l&rsquo;\u00e9vidence du regard et de la plume suffit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Sur ce point pr\u00e9cis pris comme un exemple, ne nous attardons pas \u00e0 une approche critique, \u00e0 un jugement, \u00e0 une digression \u00e9ventuellement enflamm\u00e9e ; en v\u00e9rit\u00e9, il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de juger et de critiquer, encore moins de s&rsquo;enflammer comme j&rsquo;ai failli faire dans les lignes qui pr\u00e9c\u00e9daient, barrant et supprimant d\u00e9cid\u00e9ment tel ou tel mot de fureur ; cela n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire tant ce ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;AC avec ses liens avec l&rsquo;&Eacute;glise est <strong>dans la norme d&rsquo;une \u00e9poque<\/strong> et qu&rsquo;il s&rsquo;y inscrit si normalement dans son imposture tranquille. Le point important pour notre int\u00e9r\u00eat dans ce cas est bien que tout se passe comme ce ph\u00e9nom\u00e8ne qu&rsquo;on d\u00e9crit \u00e9tait \u00e9galement <strong>dans la norme de l<\/strong><strong>&lsquo;&Eacute;glise \u00ab\u00a0dans son temps\u00a0\u00bb<\/strong>, et cela d&rsquo;autant plus, il faut le r\u00e9p\u00e9ter, que l&rsquo;AC n&rsquo;est pas l&rsquo;objet et le moyen d&rsquo;une dissidence, d&rsquo;une contestation au sein de l&rsquo;&Eacute;glise mais qu&rsquo;il re\u00e7oit l&rsquo;onction sans r\u00e9serve de la hi\u00e9rarchie. (Ici, il est opportun de signaler que nous parlons de la France, &ndash; encore une fois cas embl\u00e9matique, &ndash; essentiellement parce que l&rsquo;&Eacute;tat joue un r\u00f4le central dans la culture dans ce pays et que le \u00ab\u00a0partenariat\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0sponsoring\u00a0\u00bb &Eacute;tat-&Eacute;glise est un facteur clef du statut de l&rsquo;AC comme ce ph\u00e9nom\u00e8ne que nous voulons d\u00e9crire ici comme exemplaire.) Ainsi l&rsquo;AC dans ses rapports avec l&rsquo;&Eacute;glise, avec la religion catholique en tant qu&rsquo;institution, par cons\u00e9quent avec le Christianisme, constitue une situation arch\u00e9typique de la postmodernit\u00e9, dans un domaine essentiel qui est le sujet de notre r\u00e9flexion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Cette situation postmoderniste de l&rsquo;&Eacute;glise montre que l&rsquo;&Eacute;glise entend plus que jamais, selon l&rsquo;expression d\u00e9j\u00e0 offerte et tant de fois <strong>d\u00e9ploy\u00e9e plut<\/strong><strong>\u00f4t qu&#8217;employ\u00e9e<\/strong> d'\u00a0\u00bb\u00eatre de son temps\u00a0\u00bb, m\u00eame si ce temps pourrait \u00eatre, <strong>devrait \u00eatre d\u00e9fini<\/strong> selon son point de vue et selon son langage \u00e0 la fois th\u00e9ologique et symbolique comme compl\u00e8tement \u00ab\u00a0le temps de Satan\u00a0\u00bb. Cette proposition, sous forme sloganique comme l&rsquo;on serait tent\u00e9 d\u00e9sormais de dire \u00ab\u00a0satanique\u00a0\u00bb, &ndash; \u00ab\u00a0&lsquo;\u00eatre de son temps&rsquo;, c&rsquo;est \u00eatre satanique\u00a0\u00bb, &ndash; si elle r\u00e9pond \u00e0 ce souci pr\u00e9sent\u00e9 comme honorable et n\u00e9cessaire d&rsquo;incarnation qui a toujours caract\u00e9ris\u00e9 le Christianisme \u00e0 partir de son apparition au c&oelig;ur de l&#8217;empire de Rome, d\u00e9montre d\u00e9sormais, dans ces conditions pr\u00e9cis\u00e9ment, le risque r\u00e9alis\u00e9 et \u00e9galement incarn\u00e9 d&rsquo;en accepter, d&rsquo;en int\u00e9grer tous les caract\u00e8res jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inversion finale plut\u00f4t que de les influencer. Le r\u00e9sultat est celui de la fusion et de l&rsquo;int\u00e9gration, ce moment de la chimie intellectuelle de la modernit\u00e9 agissant comme peut le faire la pression d&rsquo;une addiction indescriptible et d&rsquo;une fascination extraordinaire, o&ugrave; la cause devient cons\u00e9quence ; et la cause du \u00ab\u00a0vouloir \u00eatre de son temps\u00a0\u00bb, c&rsquo;est, \u00e0 ce moment accept\u00e9 puis int\u00e9gr\u00e9, d&rsquo;abandonner toute vision critique de son temps pour \u00eatre effectivement \u00ab\u00a0de son temps\u00a0\u00bb ; c&rsquo;est-\u00e0-dire, pour l&rsquo;&Eacute;glise et malgr\u00e9 sa tournure v\u00e9n\u00e9rable et ses ors d&rsquo;au-del\u00e0 du mill\u00e9naire, compl\u00e8tement model\u00e9e par son temps et devenue cons\u00e9quence de son temps et accouch\u00e9e par son temps ; \u00e9videmment, il ne peut \u00eatre question de porter quelque critique que ce soit contre les augustes entrailles desquelles on est n\u00e9. L&rsquo;aventure de l&rsquo;\u00e9trange mariage de fascination entre l&rsquo;&Eacute;glise et l&rsquo;AC vue comme exemplaire montre que nous y sommes, et m\u00eame au-del\u00e0&hellip; M\u00eame si les dimensions des \u00e9v\u00e8nements diff\u00e8rent immens\u00e9ment, l&rsquo;esprit est commun et l&rsquo;on peut avancer l&rsquo;image que l&rsquo;AC est comme une seconde Renaissance pour l&rsquo;&Eacute;glise, une fa\u00e7on postmoderne de jeter sa gourme, sans \u00e9clat certes mais cette fois d\u00e9finitivement&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; D&rsquo;une fa\u00e7on encore plus g\u00e9n\u00e9rale, nous sommes conduits \u00e0 une autre conclusion, certes \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;aventure chr\u00e9tienne mais avec le Christianisme consid\u00e9r\u00e9 comme les autres religions telles qu&rsquo;elles existent au sein du Syst\u00e8me, pour la situation de ce d\u00e9but du XXI\u00e8me si\u00e8cle o&ugrave; la religion d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale est brandie partout comme acteur principal, \u00e0 proscrire et \u00e0 d\u00e9truire, ou \u00e0 magnifier c&rsquo;est selon. Cette conclusion g\u00e9n\u00e9ralenous d\u00e9tourne de l&rsquo;id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale , c&rsquo;est que le fait de la religion consid\u00e9r\u00e9e comme comme force et comme structure dont on a rappel\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e courante qu&rsquo;elles sont celles d&rsquo;un \u00ab\u00a0acteur principal\u00a0\u00bb du temps courant, mais est devenue <strong>au contraire<\/strong> un outil dans un gigantesque \u00e9branlement du monde qui la d\u00e9passe ; et nous disons, certes, <strong>bien plus<\/strong> \u00e9branlement du monde qu&rsquo;affrontement ; et la religion outil et rien d&rsquo;autre, et certainement pas acteur sinon par inversion ; et la religion outil de l&rsquo;\u00e9branlement du monde, c&rsquo;est-\u00e0-dire outil du d\u00e9sordre, au contraire de ce qu&rsquo;elle pr\u00e9tend \u00eatre et de ce qu&rsquo;elle devrait \u00eatre&#8230; &hellip; En un sens, si l&rsquo;on inclut dans notre d\u00e9veloppement sur le Christianisme et dans ce bref coup d&rsquo;&oelig;il sur la situation \u00ab\u00a0actuelle\u00a0\u00bb, les agitations des autres grandes religions monoth\u00e9istes, ce \u00e0 quoi l&rsquo;on assiste aujourd&rsquo;hui ne serait nullement tout ceci qu&rsquo;on agite pour l&rsquo;illusion de l'\u00a0\u00bb\u00eatre de son temps\u00a0\u00bb, rien de tous ces arguments de publiciste, de sp\u00e9cialiste de la communication comme il en pullule, &ndash; ni un affrontement de religions [de \u00ab\u00a0civilisations\u00a0\u00bb, moins encore !], ni une affirmation des religions, &ndash; mais <strong>au contraire une  d\u00e9route compl\u00e8te<\/strong> des religions monoth\u00e9istes qui ont toutes plus ou moins eu un r\u00f4le, et surtout le r\u00f4le exclusif du spirituel, dans l&rsquo;accouchement de notre civilisation devenue contre-civilisation ; et les religions en faisant le pendant et devenant, parall\u00e8lement \u00e0 la civilisation dont elles ont accouch\u00e9 ou qu&rsquo;elles ont accept\u00e9e et du point de vue de la transcendance, rien de moins que contre-religions. Cette d\u00e9route compl\u00e8te accompagne celle du Syst\u00e8me que ces religions ont contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er, sans doute le plus involontairement qui soit, par le seul fait de leur affirmation monoth\u00e9iste ; parce que, selon cette approche, cette affirmation monoth\u00e9iste appara&icirc;t m\u00e9thodologiquement inspiratrice de l&rsquo;exclusivisme herm\u00e9tique du Syst\u00e8me et m\u00eame de la source dont il proc\u00e8de (le d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re grosse de lui d\u00e8s qu&rsquo;elle se manifeste), de leur jaillissement et de leur existence m\u00eame&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Alors, par la nature m\u00eame de la situation que nous d\u00e9crivons, vient \u00e0 l&rsquo;esprit le constat que le sacr\u00e9 a perdu tout droit et tout espace o&ugrave; il pourrait pr\u00e9tendre \u00e0 la hauteur qu&rsquo;on lui pr\u00eate. Conduit \u00e0 \u00eatre l&rsquo;adversaire de l&rsquo;initiation et de la religion qui, s&rsquo;exhibant \u00e0 ciel ouvert dans cette p\u00e9riode qui est celle du triomphe du Mal, ne peuvent \u00eatre par cons\u00e9quent qu&rsquo;initiation et religion tomb\u00e9es sous l&#8217;empire affreux du Mal, le sacr\u00e9 se trouve, comme dans les temps terribles de l&rsquo;occupation des nations envahies, comme la France elle-m\u00eame, dans la n\u00e9cessit\u00e9 devenue glorieuse de prendre le maquis, d&rsquo;entrer dans la clandestinit\u00e9. Ainsi extrait \u00ab\u00a0de son temps\u00a0\u00bb alors que l&rsquo;&Eacute;glise s&rsquo;y compla&icirc;t, le sacr\u00e9 est partout (n\u00e9cessairement, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du sacr\u00e9) et nulle part (sa plong\u00e9e dans la clandestinit\u00e9). <strong>Il peut <\/strong><strong>\u00eatre rencontr\u00e9, par surprise ou par inadvertance, dans les situations et les choses les plus modernes, tout en en \u00e9tant compl\u00e8tement \u00e9tranger<\/strong>. Le sacr\u00e9 peut-\u00eatre rencontr\u00e9 dans la s\u00e9quence d&rsquo;un film, dans un regard \u00e9tranger, dans une connivence de circonstance, parce que l&rsquo;omnipr\u00e9sence du Mal ne laisse d&rsquo;autre possibilit\u00e9 que cette impr\u00e9visibilit\u00e9. Le sacr\u00e9 est diffus, partout et nulle part, et c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;individu qui se trouve dans sa qu\u00eate de le reconna&icirc;tre. Dans ce tableau absolument boulevers\u00e9, qui ne r\u00e9pond \u00e0 aucune coh\u00e9rence ni coh\u00e9sion, la religion n&rsquo;est plus une garantie en rien, elle est devenue une sorte de pi\u00e8ge que l&rsquo;\u00eatre en qu\u00eate de sacr\u00e9 doit \u00e9viter de toutes les fa\u00e7ons. Ainsi en sommes-nous arriv\u00e9s \u00e0 la ruse ultime du Mal qui est de rendre impossible la reconnaissance du sacr\u00e9 selon les voies courantes du sacr\u00e9 ; pire encore, pour aller au bout de cette ruse du Mal dans cette \u00e9poque o&ugrave; r\u00e8gne le Mal, le sacr\u00e9 est devenu un hors-du-monde et un hors-du-mode des vies, indigne selon les autorit\u00e9s officielles et les autorit\u00e9s spirituelles non seulement de respect mais d&rsquo;attention, d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, rejet\u00e9 qu&rsquo;il est de la simple citoyennet\u00e9 du monde. Ainsi en est-il de la situation de notre temps, &ndash; notre \u00ab\u00a0temps courant\u00a0\u00bb&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Nous nous en tenons l\u00e0 dans cette incursion dans notre \u00ab\u00a0temps courant\u00a0\u00bb, avec quelques \u00e0 propos de questions et des remarques qui laissent \u00e0 penser, qui nous solliciteront par cons\u00e9quent \u00e0 nouveau, non sans noter combien cette \u00ab\u00a0passerelle eschatologique\u00a0\u00bb qui a fait le th\u00e8me de circonstance de cette partie du r\u00e9cit poss\u00e8de de bien diverses facettes, et diverses fa\u00e7ons de s&rsquo;affirmer. Effectivement, elle vient jusqu&rsquo;\u00e0 nous pour nous interpeller \u00e0 propos de son propre destin.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">&raquo; Justification du propos<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Allons plus avant en retrouvant notre chronologie qui, paradoxalement, nous ram\u00e8ne en arri\u00e8re. Ce qui nous a guid\u00e9 dans cette partie du r\u00e9cit en proposant, comme nous l&rsquo;\u00e9crivons \u00e0 son d\u00e9but, \u00ab\u00a0de penser le Christianisme <strong>comme si<\/strong> la divine origine de ce ph\u00e9nom\u00e8ne constituait une v\u00e9rit\u00e9 acquise et admise sans \u00e9nervement de l&rsquo;esprit\u00a0\u00bb, c&rsquo;est notre inqui\u00e9tude et notre incompr\u00e9hension originelle \u00e0 propos des conditions extraordinaires de ce que nous estimons \u00eatre une catastrophe affectant le destin du Christianisme. Comment une entit\u00e9 de si haute intelligence et de spiritualit\u00e9 si fervente, manifestement inspir\u00e9e par une injonction divine, si puissante, si admirablement construite, si incontestable dans son magist\u00e8re de la civilisation inspir\u00e9e par elle, par cons\u00e9quent \u00e0 la fois ma&icirc;tresse et responsable des \u00e9v\u00e8nements se d\u00e9veloppant sous son empire, comment le Christianisme a-t-il pu laisser se d\u00e9velopper la modernit\u00e9, parfois jusqu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;en r\u00e9jouir pour mieux confondre ses soi-disant adversaires et  ses diffamateurs souvent int\u00e9ress\u00e9s, parfois m\u00eame semblant s&rsquo;y complaire apr\u00e8s tout ? Notre r\u00e9ponse est que le Mal, qui est pour nous \u00e0 la fois la modernit\u00e9 et le d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re qui a obtenu cette transformation (la modernit\u00e9)  l&rsquo;a ranim\u00e9 d\u00e9cisivement sous la forme d&rsquo;une entit\u00e9, le Mal qui a manifestement exerc\u00e9 toute son influence pour permettre cette d\u00e9viation vient pour une part de lui-m\u00eame, du Christianisme ; non pas le Mal comme cr\u00e9ation du Christianisme pr\u00e9cipit\u00e9 dans sa d\u00e9cadence jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inversion certes, mais comme proximit\u00e9 du Christianisme conduisant, pour les \u00e2mes les plus inqui\u00e8tes et contre les esp\u00e9rances sans fin mises dans cette c\u00e9l\u00e9bration du divin, jusqu&rsquo;\u00e0 sa confusion avec le Christianisme lui-m\u00eame. (Plotin : &laquo; &hellip;[M]<em>mais les autres, ceux qui participeraient de lui <\/em>[du Mal]<em> et s&rsquo;y assimileraient, deviennent mauvais, n&rsquo;\u00e9tant pas mauvais en soi<\/em>&raquo;&hellip; LLe Christianisme, conduit par ses errements terrestres \u00e0 s&rsquo;assimiler au Mal, \u00ab\u00a0sans \u00eatre mauvais en soi\u00a0\u00bb mais ayant agi terrestrement de cette fa\u00e7on que tout s&rsquo;est pass\u00e9 comme si le Mal jaillissait de lui-m\u00eame [du Christianisme]. On reconna&icirc;t la ruse centrale du Mal et son efficacit\u00e9 sans cesse renouvel\u00e9e.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Le Christianisme, dans son op\u00e9rationnalit\u00e9 terrestre et au contraire de son essence purement accord\u00e9e \u00e0 la transcendance, s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 perm\u00e9able au Mal op\u00e9rant sous sa repr\u00e9sentation de la modernit\u00e9 par\u00e9e des atours du progressisme, o&ugrave; la vertu s\u00e9culi\u00e8re se paie du sacrifice, sinon de la liquidation pure et simple (le mot plus rude est mieux \u00e0 sa place) des principes transcendantaux. Cela fut essentiellement accompli par le biais d&rsquo;une psychologie complexe, imp\u00e9tueuse et s&ucirc;re d&rsquo;elle-m\u00eame, extraordinairement efficace mais trop ma&icirc;tresse de ses effets jusqu&rsquo;\u00e0 la passion pour eux, pour voir que son brio l&rsquo;entra&icirc;nait \u00e0 favoriser les germes de ce qui deviendrait, pour le Christianisme, l&rsquo;inversion de lui-m\u00eame. Ce brio \u00e9tait paradoxalement la faiblesse m\u00eame, et cette psychologie d&rsquo;apparence si puissante dissimulait cette faiblesse effectivement mortelle pour la destin\u00e9e envisag\u00e9e, sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la pression et \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration du Mal. Le Christianisme terrestre se jugeait peut-\u00eatre de trop belle extraction, de trop haute lign\u00e9e et de transcendance trop affirm\u00e9e pour mener \u00e0 bien sa fortune terrestre sans pr\u00eater imprudemment le flanc aux entreprises d&rsquo;un M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s habile \u00e0 se dissimuler ; pour entreprendre ses op\u00e9rations terrestres, c&rsquo;est comme s&rsquo;il \u00e9tait venu de trop haut ; emport\u00e9 par la s&ucirc;ret\u00e9 de son origine, il tr\u00e9bucha. Par cons\u00e9quent et pire encore, le Christianisme chuta&hellip; Sans doute faut-il songer \u00e0 lui pardonner, tant son origine semble marqu\u00e9e de vertus superbes, mais pour autant on se retiendra de le f\u00e9liciter car les grandes vertus ont leurs responsabilit\u00e9s dans la conduite indigne de leur destin o&ugrave; elles se fourvoient parfois, et elles doivent \u00eatre pr\u00eates, s&rsquo;il est n\u00e9cessaire, \u00e0 en r\u00e9pondre d&rsquo;une certaine fa\u00e7on. Le Christianisme reste l&rsquo;enfant de ses origines magnifiques mais l&rsquo;on ne peut s&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;il ne fut pas insensible \u00e0 l&rsquo;orgueil dont il sait pourtant, lui le premier semble-t-il nous dire, qu&rsquo;il est un p\u00each\u00e9. Lui qui sut prendre chez les Anciens ce qui lui importait pour r\u00e9ussir ses entreprises et installer son esprit au plus haut possible, il aurait pu s&rsquo;inspirer d&rsquo;eux en toute confiance, sinon en tout humilit\u00e9, pour se garder de l&rsquo;<em>hybris<\/em>. Il ne l&rsquo;a pas fait et, pour cette raison, il a trahi les Anciens et ses origines, installant une d\u00e9viation catastrophique et unique dans l&rsquo;histoire du monde, unique dans tous les cas pour le cycle en cours de l&rsquo;Histoire-haute, la m\u00e9tahistoire qui nous conduit ; tant pis pour lui&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; D&rsquo;un point de vue plus g\u00e9n\u00e9ral, que l&rsquo;on pourrait qualifier de cyclique justement, ce destin malheureux et fautif du Christianisme doit finir par trouver sa place dans l&rsquo;arrangement g\u00e9n\u00e9ral des choses et du monde. On peut en effet observer que, selon notre approche, le Christianisme prend, <em>volens nolens<\/em>, une part fondamentale au d\u00e9veloppement des choses de cette fa\u00e7on que le Mal sous la forme du Syst\u00e8me prenne sa place en pleine lumi\u00e8re et nous apparaisse dans toute sa puissance mal\u00e9fique, avec le \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re\u00a0\u00bb, sans plus rien dissimuler de sa surpuissance de dissolution et ainsi pr\u00e9parant sa course autodestructrice ; en favorisant involontairement mais d\u00e9cid\u00e9ment le d\u00e9veloppement du modernisme, qui donne un cadre historique coh\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution consid\u00e9r\u00e9e avec le \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re\u00a0\u00bb ; en imposant par les conditions de sa propre Chute une dimension m\u00e9tahistorique promise \u00e0 transformer le destin que nous vivons de l&rsquo;apparente promesse moderniste transform\u00e9e en impasse de la modernit\u00e9, en l&rsquo;in\u00e9luctable issue eschatologique que nous devinons ; enfin, en nous d\u00e9livrant, par sa d\u00e9viation sinon son inversion m\u00eame, de son exclusivit\u00e9 parfois dictatoriale de la repr\u00e9sentation terrestre des accointances divines par lui-m\u00eame, et en ouvrant le champ par cons\u00e9quent \u00e0 une nouvelle libert\u00e9 dans la qu\u00eate de l&rsquo;ineffable, du moins pour ceux que la chose int\u00e9resse. Pour admettre ce sch\u00e9ma, effectivement, il faut admettre d\u00e9cid\u00e9ment la s\u00e9paration du Christianisme de ses origines glorieuses et si hautes, pour consid\u00e9rer sa branche terrestre devenue tronc central, son aventure purement exot\u00e9rique et s\u00e9culi\u00e8re, comme un destin promis \u00e0 se g\u00e2ter au contact des aventures terrestres, un destin sacrifi\u00e9 \u00e0 la mise en \u00e9vidence du Mal, pour assurer son identification puis sa destruction. <strong>A la lumi\u00e8re de notre enqu\u00eate, il nous semble que le Christianisme accomplit parfaitement <\/strong><strong>cette<\/strong><strong> mission<\/strong><strong>-l\u00e0 (qui n&rsquo;a tout de m\u00eame nul besoin de majuscu<\/strong><strong>le). P<\/strong><strong>lus qu&rsquo;aucune autre dynamique <\/strong><strong>historique, <\/strong><strong>il a <\/strong><strong>su mettre en \u00e9vidence les ambitions du Mal autant que le Mal lui-m\u00eame, avec sa repr\u00e9sentation principale qu&rsquo;est la mod<\/strong><strong>erni<\/strong><strong>t\u00e9<\/strong><strong>, et y r\u00e9pondant par sa propre Chute conduisant \u00e0 l<\/strong><strong>&lsquo;issue eschatologique<\/strong>&#8230; &raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre-Pape rock&rsquo;n&rsquo;roll 27 ao&ucirc;t 2017 &ndash; Je ne consacre que tr\u00e8s moyennement de mon int\u00e9r\u00eat aux choses de l&rsquo;&Eacute;glise, pour diverses raisons dont la plupart sont tr\u00e8s banales et pour la cause centrale qui r\u00e9sume le tout que l&rsquo;orientation de ma r\u00e9flexion n&rsquo;avait et n&rsquo;a nul besoin d&rsquo;accorder une grande place \u00e0 cette question, sinon&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[13314,3281,2963,3282,2631,4484,2653,3969,8386,2622,12744,2660,3309,12560,6906],"class_list":["post-77450","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-ac","tag-art","tag-christianisme","tag-contemporain","tag-de","tag-eglise","tag-francois","tag-grace","tag-lhistoire","tag-la","tag-migrants","tag-pape","tag-postmodernite","tag-progressisme-societal","tag-refugies"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77450","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77450"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77450\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77450"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77450"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77450"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}