{"id":77509,"date":"2017-09-25T09:32:35","date_gmt":"2017-09-25T09:32:35","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/09\/25\/simulacre-postmodernite-au-combat\/"},"modified":"2017-09-25T09:32:35","modified_gmt":"2017-09-25T09:32:35","slug":"simulacre-postmodernite-au-combat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/09\/25\/simulacre-postmodernite-au-combat\/","title":{"rendered":"Simulacre &amp; postmodernit\u00e9 au combat"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Simulacre &#038; postmodernit\u00e9 au combat<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>25 septembre 2017 &ndash; Un couple de jeunes gens de ma famille m&rsquo;a confi\u00e9 pour une lecture qui devrait m&rsquo;int\u00e9resser, <em>Vent glacial sur Sarajevo<\/em>, de Guillaume Ancel (Belles-Lettres, mai 2017). L&rsquo;auteur est un ancien saint-cyrien, ancien officier de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise (jusqu&rsquo;en 2005). Affect\u00e9 dans les ann\u00e9es 1990 \u00e0 la Force d&rsquo;Action Rapide, il fut d\u00e9tach\u00e9 dans plusieurs op\u00e9rations de l&rsquo;ONU, notamment \u00e0 Sarajevo en 1995-1997. C&rsquo;est de ce dernier \u00e9pisode que j&rsquo;extrais un passage dont je vous recommande la lecture, ci-dessous.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;y suis tomb\u00e9 par hasard, dans un premier feuilletage ultra-rapide du livre, p.150-151, et j&rsquo;ai retrouv\u00e9 <a href=\"https:\/\/lesbelleslettresblog.com\/2017\/05\/16\/vent-glacial-sur-sarajevo-de-guillaume-ancel-carnet-de-six-mois-dhumiliation\/\">l&rsquo;extrait sur la page<\/a> du site Belles-Lettres consacr\u00e9 au livre. <strong>Le hasard est un compagnon de tr\u00e8s bonne compagnie, qui doit avoir des consignes pr\u00e9cises<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ancel est en position \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport de Sarajevo et c&rsquo;est l\u00e0 o&ugrave; la sc\u00e8ne se passe. Pour votre gouverne et parce que je suis absolument inculte des connaissances de salon et des consignes de l&rsquo;universit\u00e9, sachez que j&rsquo;ignore qui est le philosophe Bernard Michel ; que je suis all\u00e9 sur <em>Wikip\u00e9dia<\/em> et n&rsquo;ai trouv\u00e9 au grade de \u00ab\u00a0philosophe\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0philosophe de la danse\u00a0\u00bb), un monsieur <a href=\"http:\/\/www.danse.univ-paris8.fr\/chercheur.php?cc_id=8&#038;ch_id=22\">Michel Bernard<\/a> avec une biographie qui correspondrait bien ; supposant ainsi qu&rsquo;il pouvait y avoir confusion par inversion nom-pr\u00e9nom d&rsquo;autant plus ais\u00e9e qu&rsquo;en tout \u00e9tat de cause le nom est un pr\u00e9nom ; ou bien enfin s&rsquo;agit-il vraiment de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bernard_Michel_(historien)\">Bernard Michel<\/a>, mais alors c&rsquo;est un historien avec tout de m\u00eame l&rsquo;indice que sa sp\u00e9cialit\u00e9 est l&rsquo;Europe Centrale o&ugrave; l&rsquo;on peut \u00e9videmment fourrer l&rsquo;ex-Yougoslavie &#8230; Qu&rsquo;importe tout cela, il pourrait tout aussi bien <strong>s&rsquo;agir de Michel-Bernard L\u00e9vy ou de Bernard-Michel L\u00e9vy<\/strong>, qui sait. De toutes les fa\u00e7ons, <strong>il s&rsquo;agit des m\u00eames m&oelig;urs et des m\u00eames coutumes<\/strong> <strong>sous l&#8217;empire du simulacre et de la communication<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Extrait, donc, du livre de Guillaume Ancel, vendredi 5 mai 1995 sur l&rsquo;a\u00e9roport de Sarajevo :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Animation inhabituelle sur le tarmac, un nuage de photographes entourent deux hommes descendus d&rsquo;un jet qui n&rsquo;est pas aux couleurs de l&rsquo;ONU. Du toit du terminal, je prends mes jumelles pour essayer de reconna&icirc;tre ces personnalit\u00e9s qui attirent autant d&rsquo;attention, je suis surpris de constater qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;hommes politiques mais du philosophe Bernard Michel, accompagn\u00e9 d&rsquo;un homme qui pourrait \u00eatre son double.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Crochy avait entendu parler d&rsquo;un voyage pour montrer son engagement dans le conflit bosniaque. J&rsquo;observe avec curiosit\u00e9 ce cort\u00e8ge anim\u00e9 qui entre dans le terminal, sous nos pieds, et ressort par le parking. Des blind\u00e9s canadiens les attendent avec une escorte militaire. Mais au lieu d&#8217;embarquer dans les v\u00e9hicules, un conciliabule se forme, le groupe fr\u00e9mit. J&rsquo;imagine sans peine que plusieurs personnes avertissent le philosophe de la tension qui r\u00e8gne dans la capitale assi\u00e9g\u00e9e et de leur enthousiasme limit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de s&rsquo;y rendre.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Finalement personne ne monte dans les v\u00e9hicules et le cort\u00e8ge se d\u00e9place \u00e0 pied \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du parking jusqu&rsquo;\u00e0 un mur de sacs de sable. Le groupe ondule comme une vague, puis se fend en deux pour laisser Bernard Michel et son compagnon venir s&rsquo;installer au pied du mur.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>J&rsquo;ai d&rsquo;abord du mal \u00e0 comprendre ce qu&rsquo;ils font : on \u00e9tend une b\u00e2che sur laquelle ils s&rsquo;allongent avec des postures \u00e9tranges, comme s&rsquo;ils se prot\u00e9geaient de tirs intenses, de dangers multiples et imm\u00e9diats. Du groupe, qui leur fait face, sortent plusieurs cameramen. Ils se d\u00e9placent en crabe autour de leurs sujets qui modifient leurs poses, non sans une certaine gr\u00e2ce. Des assistants retirent avec empressement un v\u00e9hicule du champ des cam\u00e9ras et camouflent le panneau indiquant qu&rsquo;il s&rsquo;agit du parking de l&rsquo;a\u00e9roport. Les vedettes, allong\u00e9es sur le sol, se tournent, se retournent, se contorsionnent puis se hissent d\u00e9licatement sur leurs coudes pour dialoguer dans le vide. Sur le c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne improvis\u00e9e, des soldats canadiens observent avec un air r\u00e9sign\u00e9, en fumant une cigarette.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Le tournage se poursuit une petite heure puis quelqu&rsquo;un d\u00e9cide qu&rsquo;il a assez dur\u00e9. Bernard Michel et son compagnon peuvent enfin se relever. La troupe range, se m\u00e9lange, se congratule et prend le chemin inverse pour traverser le terminal. Sans plus attendre leur avion red\u00e9colle de Sarajevo.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Plus tard, j&rsquo;apercevrai quelques images de ce reportage saisissant : le philosophe et son acolyte affrontant la mitraille dans une ville en guerre<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; &Eacute;galement extrait rapide et sympa r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 du m\u00eame site Belles-Lettres, du m\u00eame a\u00e9roport de Sarajevo, p.145-146, du 21 avril 1995 ; Ancel et ses hommes soudain sous le tir de snipers ; prennent leurs dispositions pour riposter, avec des snipers de la L\u00e9gion puis, apr\u00e8s information, attendent l&rsquo;autorisation d&rsquo;ouvrir le feu du PC-ops du bataillon. L&rsquo;ordre arrive, tel que, pour nous montrer que 9\/11 et la suite \u00e9taient pr\u00e9par\u00e9s de longue date, question psychologie &#038; simulacre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&ndash; Disney 02, vos ordres sont <strong>: ripostez-sans-tirer, je r\u00e9p\u00e8te, ripostez-sans-tirer<\/strong>.<\/em> &raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Simulacre &#038; postmodernit\u00e9 au combat 25 septembre 2017 &ndash; Un couple de jeunes gens de ma famille m&rsquo;a confi\u00e9 pour une lecture qui devrait m&rsquo;int\u00e9resser, Vent glacial sur Sarajevo, de Guillaume Ancel (Belles-Lettres, mai 2017). L&rsquo;auteur est un ancien saint-cyrien, ancien officier de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise (jusqu&rsquo;en 2005). 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