{"id":77533,"date":"2017-10-08T02:58:31","date_gmt":"2017-10-08T02:58:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/10\/08\/nietzsche-et-lavenement-de-la-barbarie-americaine\/"},"modified":"2017-10-08T02:58:31","modified_gmt":"2017-10-08T02:58:31","slug":"nietzsche-et-lavenement-de-la-barbarie-americaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/10\/08\/nietzsche-et-lavenement-de-la-barbarie-americaine\/","title":{"rendered":"Nietzsche et l&rsquo;av\u00e8nement de la barbarie am\u00e9ricaine"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Nietzsche et l&rsquo;av\u00e8nement de la barbarie am\u00e9ricaine<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La Hyre m&rsquo;envoie ce texte riche et serein, dense et fr\u00e9tillant de Nietzsche sur le mal am\u00e9ricain &ndash; l&rsquo;or et la qu\u00eate de l&rsquo;or. Il n&rsquo;y aura plus de temps libre, plus d&rsquo;amour, d&rsquo;art, de libert\u00e9, plus rien que la course au gros dollar et des hommes press\u00e9s :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>I<strong>l y a une sauvagerie tout indienne, particuli\u00e8re au sang des Peaux-Rouges, dans la fa\u00e7on dont les Am\u00e9ricains aspirent \u00e0 l&rsquo;or ; et leur h\u00e2te au travail qui va jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;essoufflement &#8211; le v\u00e9ritable vice du nouveau monde &#8211; commence d\u00e9j\u00e0, par contagion, \u00e0 barbariser la vieille Europe et \u00e0 propager chez elle un manque d&rsquo;esprit tout \u00e0 fait singulier. On a maintenant honte du repos : la longue m\u00e9ditation occasionne d\u00e9j\u00e0 presque des remords. On r\u00e9fl\u00e9chit montre en main, comme on d&icirc;ne, les yeux fix\u00e9s sur le courrier de la Bourse, &#8211; on vit comme quelqu&rsquo;un qui craindrait sans cesse de &laquo; laisser \u00e9chapper &raquo; quelque chose.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Plut\u00f4t faire n&rsquo;importe quoi que de ne rien faire &raquo; &#8211; ce principe aussi est une corde propre \u00e0 \u00e9trangler tout go&ucirc;t sup\u00e9rieur. Et de m\u00eame que toutes les formes disparaissent \u00e0 vue d&rsquo;oeil dans cette h\u00e2te du travail, de m\u00eame p\u00e9rissent aussi le sentiment de la forme, l&rsquo;oreille et l&rsquo;oeil pour la m\u00e9lodie du mouvement. La preuve en est dans la <em>lourde pr\u00e9cision <\/em>exig\u00e9e maintenant partout, chaque fois que l&rsquo;homme veut \u00eatre loyal vis-\u00e0-vis de l&rsquo;homme, dans ses rapports avec les amis, les femmes, les parents, les enfants, les ma&icirc;tres, les \u00e9l\u00e8ve, les guides et les princes, &#8211; <strong>on n&rsquo;a plus ni le temps, ni la force pour les c\u00e9r\u00e9monies, pour la courtoisie avec des d\u00e9tours, pour tout <\/strong><strong><em>esprit <\/em><\/strong><strong>de conversation, et, en g\u00e9n\u00e9ral, pour tout <\/strong><strong><em>otium<\/em><\/strong><strong>. Car la vie \u00e0 la chasse du gain force sans cesse l&rsquo;esprit \u00e0 se tendre jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement, dans une constante dissimulation, avec le souci de duper ou de pr\u00e9venir : la v\u00e9ritable vertu consiste maintenant \u00e0 faire quelque chose en moins de temps qu&rsquo;un autre.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il n&rsquo;y a, par cons\u00e9quent, que de rares heures de loyaut\u00e9 <em>permise <\/em>: mais pendant ces heures on est fatigu\u00e9 et l&rsquo;on aspire non seulement \u00e0 &laquo; se laisser aller &raquo;, mais encore \u00e0 <em>s&rsquo;\u00e9tendre <\/em>lourdement de long en large. C&rsquo;est conform\u00e9ment \u00e0 ce penchant que l&rsquo;on fait maintenant sa correspondance; le style et l&rsquo;esprit des <em>lettres <\/em>seront toujours le v\u00e9ritable &laquo; signe du temps &raquo;. Si la soci\u00e9t\u00e9 et les arts procurent encore un plaisir, c&rsquo;est un plaisir tel que se le pr\u00e9parent des esclaves fatigu\u00e9s par le travail. Honte \u00e0 ce contentement dans la &laquo; joie &raquo; chez les gens cultiv\u00e9s et incultes! Honte \u00e0 cette suspicion grandissante de toute joie ! Le <em>travail <\/em>a de plus en plus la bonne conscience de son c\u00f4t\u00e9 : le penchant \u00e0 la joie s&rsquo;appelle d\u00e9j\u00e0 &laquo; besoin de se r\u00e9tablir &raquo;, et commence \u00e0 avoir honte de soi-m\u00eame. &laquo; On doit cela \u00e0 sa sant\u00e9 &raquo; &#8211; c&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on parle lorsque l&rsquo;on est surpris pendant une partie de campagne.<strong> Oui, on en viendra bient\u00f4t \u00e0 ne plus c\u00e9der \u00e0 un penchant vers la <\/strong><strong><em>vie<\/em><\/strong> <strong><em>contemplative <\/em><\/strong><strong>(c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 se promener, accompagn\u00e9 de pens\u00e9es et d&rsquo;amis) sans m\u00e9pris de soi et mauvaise conscience. <\/strong><strong><em>&#8211;<\/em><\/strong> Eh bien! autrefois, c&rsquo;\u00e9tait le contraire : le travail portait avec lui la mauvaise conscience. <strong>Un homme de bonne origine <\/strong><strong><em>cachait <\/em><\/strong><strong>son travail quand la mis\u00e8re le for\u00e7ait \u00e0 travailler. L&rsquo;esclave travaillait accabl\u00e9 sous le poids du sentiment de faire quelque chose de m\u00e9prisable : &#8211; le &laquo; faire &raquo; lui-m\u00eame \u00e9tait quelque chose de m\u00e9prisable. &laquo; Seul au loisir et \u00e0 la guerre il y a noblesse et honneur &raquo; : c&rsquo;est ainsi que parlait la voix du pr\u00e9jug\u00e9 antique.<\/strong><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nietzsche et l&rsquo;av\u00e8nement de la barbarie am\u00e9ricaine La Hyre m&rsquo;envoie ce texte riche et serein, dense et fr\u00e9tillant de Nietzsche sur le mal am\u00e9ricain &ndash; l&rsquo;or et la qu\u00eate de l&rsquo;or. 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