{"id":77584,"date":"2017-11-04T05:32:03","date_gmt":"2017-11-04T05:32:03","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/11\/04\/lafrique-de-louest-dans-loeil-du-cyclone-us\/"},"modified":"2017-11-04T05:32:03","modified_gmt":"2017-11-04T05:32:03","slug":"lafrique-de-louest-dans-loeil-du-cyclone-us","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/11\/04\/lafrique-de-louest-dans-loeil-du-cyclone-us\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest dans l&rsquo;\u0153il du cyclone US"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">L&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest dans l&rsquo;&oelig;il du cyclone US<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Depuis la mort de quatre soldats des Etats-Unis au Niger, tomb\u00e9s dans une embuscade le 4 octobre dernier, les citoyens am\u00e9ricains d\u00e9couvrent l&rsquo;Afrique et la pr\u00e9sence de leur arm\u00e9e sur ce continent. Cet engagement n&rsquo;est pourtant pas nouveau. Sous les deux mandats de Barack Obama, leur pr\u00e9sence militaire n&rsquo;a cess\u00e9 de cro&icirc;tre. SOFRICA, le commandement des op\u00e9rations sp\u00e9ciales en Afrique dont le si\u00e8ge est \u00e0 Tampa en Floride, et Africom, le commandement des USA pour l&rsquo;Afrique, bas\u00e9 \u00e0 Stuttgart en Allemagne, ont multipli\u00e9 leurs bases et leurs op\u00e9rations (1). Selon Vice News : &laquo; <em>En 2006, seulement 1% de tous les commandos am\u00e9ricains d\u00e9ploy\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger se trouvaient en Afrique. En 2010, ils \u00e9taient 3% ; en 2016, ce nombre avait bondi \u00e0 plus de 17%.<\/em> &raquo; (2). Le Pentagone reste tr\u00e8s discret, secret sur son engagement dans cette partie du monde. Officiellement, ils seraient 6000 G.I. dispatch\u00e9s sur tout le continent, mais ce chiffre est, sans aucun doute, fort \u00e9loign\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 (3). En effet, la base de Djibouti h\u00e9berge 4000 soldats, le Niger en compte, \u00e0 lui seul, 1000 et les militaires am\u00e9ricains sont pr\u00e9sents dans au moins vingt pays (4-5). Le compte n&rsquo;y est pas&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Signe que la politique de Donald Trump s&rsquo;inscrit dans la continuit\u00e9 de celle de son pr\u00e9d\u00e9cesseur en la mati\u00e8re, le 23 octobre dernier, le chef d&rsquo;Etat-major, le g\u00e9n\u00e9ral Dunford a annonc\u00e9 une nouvelle augmentation de ses troupes en Afrique qu&rsquo;il justifie par la pr\u00e9sence accrue de l&rsquo;organisation de l&rsquo;Etat islamique (EI) dans cette zone (6). Ce g\u00e9n\u00e9ral a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 : &laquo; <em>La guerre est en train de se d\u00e9placer. Je ne suis pas s&ucirc;r qu&rsquo;on puisse dire qu&rsquo;elle se d\u00e9place vers l&rsquo;Afrique seulement. Nous sommes confront\u00e9s \u00e0 un d\u00e9fi qui s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest \u00e0 l&rsquo;Asie du Sud-Est<\/em> &raquo; (7). Trois jours plus tard, les s\u00e9nateurs am\u00e9ricains, membres du Comit\u00e9 des arm\u00e9es du S\u00e9nat, avec \u00e0 leur t\u00eate John McCain, lui embo&icirc;taient le pas en annon\u00e7ant que l&rsquo;EI pivotait vers l&rsquo;Afrique : &laquo; <em>Plus nous r\u00e9ussirons au Moyen-Orient, plus nous verrons les serpents se diriger vers l&rsquo;Afrique et nous devrons \u00eatre pr\u00eats \u00e0 conseiller et \u00e0 aider les nations qui sont dispos\u00e9es \u00e0 travailler avec nous<\/em> &raquo;. Et le s\u00e9nateur McCain de r\u00e9clamer un financement accru &laquo; <em>pour mieux \u00e9quiper les forces l\u00e0-bas<\/em> &raquo; (8) &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comment expliquer ce brusque &laquo; <em>pivot africain<\/em> &raquo; de l&rsquo;EI d\u00e9nonc\u00e9 par le S\u00e9nat et le Pentagone ? Ces soudaines d\u00e9clarations alarmistes \u00e9tonnent d&rsquo;autant plus que les groupes d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest affili\u00e9s \u00e0 cette organisation, comme Boko Haram, sont en perte de vitesse et qu&rsquo;al-Qa\u00efda s&rsquo;est renforc\u00e9 depuis la cr\u00e9ation au Mali, en mars 2017, de JNIM (Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin), une alliance qui regroupe plusieurs chefs de guerre [9]. Par ailleurs, l&rsquo;activit\u00e9 des Shebabs de Somalie, \u00e9galement affili\u00e9s \u00e0 al-Qa\u00efda, n&rsquo;est pas nouvelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si le g\u00e9n\u00e9ral Dunford et John McCain sont si affirmatifs, c&rsquo;est parce qu&rsquo;ils d\u00e9tiennent des informations pr\u00e9cises sur les mouvements op\u00e9r\u00e9s par les djihadistes qui occupaient la ville syrienne de Raqqa, capitale de l&rsquo;EI en Syrie, r\u00e9cemment reprise par la coalition et les groupes arabo-kurdes (FDS). Lors de son r\u00e9cent voyage \u00e0 Damas, l&rsquo;IVERIS a appris aupr\u00e8s de diverses sources que ces terroristes ont migr\u00e9 en plusieurs endroits du globe notamment au Myanmar et \u00e0 la fronti\u00e8re de l&rsquo;&Eacute;gypte et de la Libye (10). Les premiers signes de l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un nouveau front confirment ces informations.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Les signes pr\u00e9curseurs<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>En ao&ucirc;t 2017, selon les USA, 2000 combattants de l&rsquo;EI se trouvaient encore \u00e0 Raqqa (11). Le plus grand flou a entour\u00e9 le sort de ces djihadistes : des combattants syriens se seraient rendus aux forces arabo-kurdes (FDS) et des combattants \u00e9trangers aux services de renseignements de leurs pays respectifs ; d&rsquo;autres auraient pu fuir Raqqa pour aller guerroyer dans la province de Deir ez-Zor ; enfin, selon le journal libanais l&rsquo;Orient le Jour, &laquo; <em>Les hauts commandants de l&rsquo;EI auraient quitt\u00e9 Raqqa avant l&rsquo;entr\u00e9e des FDS dans la ville<\/em>. &raquo; (12)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Deux \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents confirment l&rsquo;arriv\u00e9e de ces terroristes en Afrique, notamment \u00e0 la fronti\u00e8re entre l&rsquo;Egypte et la Libye, une zone majoritairement d\u00e9sertique et incontr\u00f4lable de plus de 1000 km. Selon les personnes rencontr\u00e9es en Syrie, le premier signe de cette pr\u00e9sence serait l&rsquo;attentat survenu le 20 octobre en Egypte dans la zone de l&rsquo;oasis de Bahariya tuant 16 policiers. Il est vrai que, m\u00eame si l&rsquo;attaque n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 revendiqu\u00e9e par l&rsquo;EI, les d\u00e9couvertes de la suret\u00e9 nationale \u00e9gyptienne inqui\u00e8tent. Dans le d\u00e9sert occidental, pr\u00e8s de la zone o&ugrave; a eu lieu l&rsquo;affrontement, a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 un camp d&rsquo;entrainement d&rsquo;une centaine d&rsquo;hommes particuli\u00e8rement aguerris et bien \u00e9quip\u00e9s, disposant d&rsquo;armes anti-blind\u00e9s (13). Dans le cas libyen, deux soldats du g\u00e9n\u00e9ral Haftar ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s, dont l&rsquo;un par d\u00e9capitation. Cette attaque, revendiqu\u00e9e par l&rsquo;EI, a eu lieu \u00e0 60 km d&rsquo;Ajdabya, alors que l&rsquo;organisation ne disposait plus dans ce pays que d&rsquo;une enclave pr\u00e8s de la ville de Derna (14). Tout laisse \u00e0 penser que l&rsquo;organisation terroriste s&rsquo;appr\u00eate donc \u00e0 se renforcer dans la zone, engendrant de facto la poursuite et l&rsquo;aggravation, si c&rsquo;est encore possible, du chaos libyen.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest dans la ligne de mire&#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Une vaste r\u00e9gion de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest au Tchad risque de s&#8217;embraser traversant des pays d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s affaiblis tant du point de vue s\u00e9curitaire que politique et social. Apr\u00e8s la guerre de 2011 en Libye, des groupes arm\u00e9s ont trouv\u00e9 refuge au Mali qui a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re victime collat\u00e9rale de ce conflit ; ce pays ne s&rsquo;en est toujours pas remis. L&rsquo;intervention fran\u00e7aise Serval en 2013 a r\u00e9ussi \u00e0 repousser momentan\u00e9ment les djihadistes mais n&rsquo;a r\u00e9solu aucun probl\u00e8me de fond. Ce pays peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 aujourd&rsquo;hui comme un Etat failli. L&rsquo;op\u00e9ration militaire fran\u00e7aise Barkhane, qui intervient sur cinq Etats dans toute la zone sah\u00e9lo-saharienne &ndash; Mali, Niger, Tchad, Burkina-Faso et Mauritanie &ndash; a \u00e9chou\u00e9 \u00e0 contenir les groupes terroristes par manque de moyens et de strat\u00e9gie politique. En prime, Barkhane ne b\u00e9n\u00e9ficie plus de la confiance des populations (15). A la mi-octobre, une d\u00e9l\u00e9gation d&rsquo;un mouvement de la jeunesse malienne nomm\u00e9e &laquo; <em>Trop c&rsquo;est trop<\/em> &raquo; s&rsquo;est rendue \u00e0 Kidal et a rapport\u00e9 les faits suivants : &laquo; <em>d\u00e8s votre entr\u00e9e \u00e0 Kidal, vous percevez chez les habitants un tr\u00e8s net sentiment anti-fran\u00e7ais grandissant. Depuis plusieurs mois, les manifestations populaires contre la force Barkhane ne cessent de prendre de l&rsquo;ampleur &ndash; des hangars de la base militaire ont \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9s &ndash; les soldats fran\u00e7ais ne sortent plus de leurs camps <\/em>&raquo; (16). En outre, ce pays comme le Burkina-Faso, sont aujourd&rsquo;hui la proie d&rsquo;attentats terroristes qu&rsquo;ils ne connaissaient pas avant l&rsquo;intervention fran\u00e7aise. A cela, il faut ajouter \u00e9galement une islamisation rampante de la sous-r\u00e9gion. A titre d&rsquo;exemple, au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, pays majoritairement catholique, a construit plus de mosqu\u00e9es et d&rsquo;\u00e9coles coraniques, financ\u00e9es indirectement par l&rsquo;Arabie Saoudite, que d&rsquo;\u00e9glises et d&rsquo;\u00e9coles la\u00efques, selon des informations recueillies aupr\u00e8s des services du Premier ministre de cet Etat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Si, comme l&rsquo;anticipent les strat\u00e8ges du Pentagone, les serpents de Syrie \u00e9tablissaient leurs nids dans cette zone, la sous-r\u00e9gion ne manquerait pas de s&rsquo;enflammer, tous ces Etats connaissant des probl\u00e8mes politiques et sociaux graves. Si l&rsquo;EI, comme il l&rsquo;a fait au Proche-Orient, d\u00e9barquait avec des armes sophistiqu\u00e9es, des v\u00e9hicules flambants neufs et des salaires pour leurs \u00e9l\u00e9ments, la main d&rsquo;&oelig;uvre ne manquerait pas. En prime, aucun pays hormis le Tchad et le Niger, ont une arm\u00e9e capable de faire face. Enfin, les combattants de l&rsquo;EI se retrouveraient en face de ceux du JNIM (al-Qa\u00efda), engendrant des bagarres de leadership mais \u00e9galement de modes op\u00e9ratoires, les groupes arm\u00e9s du Sahel ne s&rsquo;attaquant jamais aux autochtones, contrairement \u00e0 ceux de Syrie ou d&rsquo;Irak qui ont commis les pires atrocit\u00e9s contre les populations civiles.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La France hors-jeu<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Que pourrait faire la France avec laquelle tous les Etats francophones de cette r\u00e9gion ont sign\u00e9 des accords de d\u00e9fense ? En l&rsquo;\u00e9tat de ses forces, du budget des arm\u00e9es et du ressentiment anti-fran\u00e7ais en Afrique, rien, sinon de jouer comme en Syrie et en Irak les suppl\u00e9tifs de l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine. Consciente de l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;op\u00e9ration Barkhane, Paris souhaite se d\u00e9sengager de ce bourbier. Pr\u00e9textant que la France n&rsquo;a pas vocation \u00e0 devenir &laquo; <em>la garde pr\u00e9torienne de pays africains souverains<\/em> &raquo; selon les termes de la ministre de la D\u00e9fense, Emmanuel Macron a initi\u00e9 la mise en place d&rsquo;une force africaine autonome appel\u00e9e G5 Sahel qui comprend cinq Etats : Mali, Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina-Faso (17). Probl\u00e8me, cette force, dont le budget s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 423 millions d&rsquo;euros, n&rsquo;est pas financ\u00e9e et malgr\u00e9 les nombreux appels du pied de la France \u00e0 l&rsquo;ami am\u00e9ricain, ce dernier bloque depuis des mois la r\u00e9solution sous le chapitre 7 des Nations Unies qui permettrait un financement onusien. Le 30 octobre, Nikki Haley, l&rsquo;ambassadrice des Etats-Unis \u00e0 l&rsquo;ONU, a une nouvelle fois refus\u00e9 de voter la r\u00e9solution et a justifi\u00e9 sa position ainsi : &laquo; <em>Nous comptons sur les pays du G5 pour prendre pleinement les commandes de la force d&rsquo;ici trois \u00e0 six ans avec l&rsquo;aide continue des Etats-Unis<\/em> &raquo;. La position du Pentagone semble paradoxale : d&rsquo;une part, il s&rsquo;inqui\u00e8te du danger imminent, s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 augmenter ses troupes et ses moyens ; d&rsquo;autre part, il peut attendre trois \u00e0 six ans avant que cette force ne soit op\u00e9rationnelle. En r\u00e9alit\u00e9, la strat\u00e9gie am\u00e9ricaine est limpide. En refusant que cette arm\u00e9e africaine soit mandat\u00e9e par l&rsquo;ONU, le Pentagone s&rsquo;octroie la haute main militaire, sans supervision internationale, sur la r\u00e9gion sah\u00e9lo-saharienne et sur l&rsquo;ancienne zone d&rsquo;influence fran\u00e7aise. Dans leur grande bont\u00e9, les USA ont, tout de m\u00eame, conc\u00e9d\u00e9 une aide de 60 millions de dollars, l&rsquo;Union europ\u00e9enne s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9e \u00e0 verser 50 millions d&rsquo;euros et la France 8 millions d&rsquo;euros. Le compte n&rsquo;y est pas&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Le double pivot<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Si le pivot asiatique instaur\u00e9 par Barack Obama, qui visait essentiellement \u00e0 contrecarrer la mont\u00e9e en puissance de la Chine, a \u00e9t\u00e9 public et largement comment\u00e9, le pivot africain, dessin\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but du mandat de l&rsquo;ex-pr\u00e9sident en 2008, a, lui, \u00e9t\u00e9 occult\u00e9. Pourtant, l&rsquo;administration am\u00e9ricaine n&rsquo;a pas m\u00e9nag\u00e9 ses efforts tant dans le soft power en finan\u00e7ant de nombreuses associations de la soci\u00e9t\u00e9 civile africaine que dans le hard power en d\u00e9ployant des troupes sur le continent (18). L\u00e0 encore, il s&rsquo;agissait de faire obstruction \u00e0 la Chine dans le cadre de la guerre \u00e9conomique f\u00e9roce que se livrent ces deux &Eacute;tats. En ao&ucirc;t 2017, Steve Bannon, qui \u00e0 cette \u00e9poque \u00e9tait encore conseiller strat\u00e9gique de Donald Trump, r\u00e9sumait l&rsquo;angoisse am\u00e9ricaine &laquo; <em>Selon moi, la guerre \u00e9conomique avec la Chine, c&rsquo;est la question num\u00e9ro 1. Nous devons nous concentrer sur cette question, de fa\u00e7on maniaque<\/em> (&#8230;) <em>Et si nous continuons \u00e0 perdre cette guerre, nous sommes \u00e0 cinq ans, dix ans au maximum, du point de non-retour <\/em>&raquo; (19). En Asie comme en Afrique, les &Eacute;tats-Unis ont d\u00e9j\u00e0 perdu cette guerre, ils ont \u00e9t\u00e9 incapables de contenir l&rsquo;expansion de l&#8217;empire du Milieu (20). Mieux au lieu de s&rsquo;affaiblir, la Chine s&rsquo;est renforc\u00e9e tant sur son volet asiatique avec son projet &laquo; <em>One Belt, one Road<\/em> &raquo;, qu&rsquo;en Afrique o&ugrave; les \u00e9changes commerciaux sont pass\u00e9s de 10 milliards de dollars en 2009 \u00e0 300 milliards de dollars en 2015 (21). Et ils ne cessent d&rsquo;augmenter, plus 16% pour le premier trimestre 2017 (22). Compte tenu des conditions particuli\u00e8rement attrayantes offertes par les Chinois en mati\u00e8re d&rsquo;investissements, notamment dans les infrastructures, ces \u00e9changes ne sont pas pr\u00eats de se tarir. C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;aune de cette guerre \u00e9conomique qu&rsquo;il faut lire les r\u00e9centes sanctions inflig\u00e9es par l&rsquo;administration am\u00e9ricaine \u00e0 plusieurs Etats africains : Tchad, Erythr\u00e9e, Sierra L\u00e9one et Guin\u00e9e Conakry. Cette derni\u00e8re ayant m\u00eame eu l&rsquo;outrecuidance de s&rsquo;afficher, en septembre dernier, au sommet des BRICS qui se tenait \u00e0 Xiamen (23). Dans le m\u00eame mouvement, Washington a lev\u00e9 les sanctions qui pesaient sur le Soudan, alors que son Pr\u00e9sident Omar el-B\u00e9chir est toujours sous le coup d&rsquo;un mandat d&rsquo;arr\u00eat de la Cour P\u00e9nale Internationale. Mais si ce pays a toujours des relations \u00e9conomiques importantes avec la Chine, il a op\u00e9r\u00e9 r\u00e9cemment un changement d&rsquo;alliances et s&rsquo;est align\u00e9 sur le camp am\u00e9ricain et saoudien (24).<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;oeuf et la poule<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Est-ce \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;aune de cette guerre \u00e9conomique qu&rsquo;il faut interpr\u00e9ter la phrase du g\u00e9n\u00e9ral Dunford ? &laquo; <em>La guerre est en train de se d\u00e9placer. Je ne suis pas s&ucirc;r qu&rsquo;on puisse dire qu&rsquo;elle se d\u00e9place vers l&rsquo;Afrique seulement. Nous sommes confront\u00e9s \u00e0 un d\u00e9fi qui s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest \u00e0 l&rsquo;Asie du Sud-Es<\/em>t &raquo;. Qui pivote ? L&rsquo;EI ou les Etats-Unis ?<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Leslie Varenne<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>Directrice de l&rsquo;IVERIS (<a href=\"http:\/\/www.iveris.eu)\/\">www.iveris.eu)<\/a>. Article publi\u00e9 sur le site de l&rsquo;IVERIS le <a href=\"https:\/\/www.iveris.eu\/list\/notes_danalyse\/290-le_pivot_africain\">1<sup>er <\/sup>novembre 2017<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Notes<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>(1) https:\/\/www.iveris.eu\/list\/notes_danalyse\/281-tendance_automnehiver_2017__french_bashing_en_afrique<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(2) https:\/\/news.vice.com\/story\/the-u-s-is-waging-a-massive-shadow-war-in-africa-exclusive-documents-reveal<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(3) Officiellement, il n&rsquo;y aurait qu&rsquo;une seule base de drone \u00e0 Djibouti alors que le journaliste, Nick Turse, a en d\u00e9nombr\u00e9 60, dont une tr\u00e8s importante au Niger. http:\/\/www.truth-out.org\/news\/item\/42385-the-us-africa-and-a-new-century-of-war <\/p>\n<\/p>\n<p><p>(4) http:\/\/www.bbc.com\/afrique\/region\/2015\/06\/150619_djibouti_base<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(5) http:\/\/reseauinternational.net\/les-100-missions-des-forces-speciales-us-en-afrique\/<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(6) https:\/\/www.rt.com\/usa\/407588-niger-dunford-africa-troops\/  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>(7) http:\/\/www.africa1.com\/spip.php?article81992<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(8) http:\/\/www.washingtonexaminer.com\/isis-is-pivoting-to-africa-senators-say\/article\/2638711<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(9) Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin ou Groupe des partisans de l&rsquo;islam et des musulmans. https:\/\/jamestown.org\/program\/aqims-alliance-mali-prospects-jihadist-preeminence-west-africa\/<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(10) Avec le d\u00e9put\u00e9 honoraire, G\u00e9rard Bapt, l&rsquo;IVERIS a accompagn\u00e9 une d\u00e9l\u00e9gation de m\u00e9decins invit\u00e9s au congr\u00e8s de la Soci\u00e9t\u00e9 syrienne de radiologie qui se tenait du 20 au 23 octobre \u00e0 Damas et Alep. La d\u00e9l\u00e9gation fran\u00e7aise \u00e9tait compos\u00e9e de trois m\u00e9decins radiologues Anas Alexis Chebib, et V\u00e9ronique Bout\u00e9, \u00e9galement pr\u00e9sidente de l&rsquo;association Astarte, ainsi que la gyn\u00e9cologue obst\u00e9tricienne et radiologue Jocelyne Chopier, praticienne \u00e0 l&rsquo;Assistance publique des H\u00f4pitaux de Paris.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>(11)http:\/\/www.lefigaro.fr\/flash-actu\/2017\/08\/05\/97001-20170805FILWWW00026-2000-combattants-de-l-ei-retranches-a-raqqa.php<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(12)https:\/\/www.lorientlejour.com\/article\/1079089\/lei-a-perdu-son-bastion-de-raqqa-mais-ou-sont-passes-les-jihadistes.html<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(13)http:\/\/hebdo.ahram.org.eg\/NewsContent\/0\/10\/124\/26064\/La-riposte.aspx<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(14)http:\/\/koaci.com\/libye-deux-soldats-marechal-haftar-tues-dans-attaque-daech-deux-decapite-114323.html<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(15)https:\/\/www.iveris.eu\/list\/entretiens\/268deux_ans_apres_laccord_dalger_le_mali_en_danger<\/p>\n<\/p>\n<p><p> https:\/\/www.iveris.eu\/list\/articles_dactualite\/84-lafrique_de_louest_dans_loeil_du_cyclone <\/p>\n<\/p>\n<p><p>(16) http:\/\/togouna.mondoblog.org\/trop-mali-kidal\/<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(17)http:\/\/www.boursorama.com\/actualites\/les-etats-unis-promettent-60-millions-de-dollars-au-g5-sahel-b952653a15a7a3acd0e0a01ca46509b4<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(18)https:\/\/www.iveris.eu\/list\/notes_danalyse\/281-tendance_automnehiver_2017__french_bashing_en_afrique<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(19)http:\/\/www.lefigaro.fr\/flash-eco\/2017\/08\/17\/97002-20170817FILWWW00013-les-etats-unis-sont-en-guerre-economique-avec-la-chine-soutient-bannon.php <\/p>\n<\/p>\n<p><p>(20) http:\/\/www.iris-france.org\/82973-quel-bilan-pour-le-pivot-asiatique-de-barack-obama\/<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(21)http:\/\/geoconfluences.ens-lyon.fr\/informations-scientifiques\/dossiers-regionaux\/la-chine\/articles-scientifiques\/les-chinois-en-afrique<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(22)http:\/\/www.jeuneafrique.com\/436887\/economie\/forte-reprise-echanges-commerciaux-sino-africains-premier-trimestre-2017\/<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(23)http:\/\/afrique.latribune.fr\/politique\/leadership\/2017-09-04\/sommet-des-brics-alpha-conde-vante-le-potentiel-economique-de-l-afrique-748942.html <\/p>\n<\/p>\n<p><p>(24) http:\/\/orientxxi.info\/magazine\/le-soudan-s-aligne-sur-le-camp-saoudien,2060 <\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest dans l&rsquo;&oelig;il du cyclone US Depuis la mort de quatre soldats des Etats-Unis au Niger, tomb\u00e9s dans une embuscade le 4 octobre dernier, les citoyens am\u00e9ricains d\u00e9couvrent l&rsquo;Afrique et la pr\u00e9sence de leur arm\u00e9e sur ce continent. Cet engagement n&rsquo;est pourtant pas nouveau. Sous les deux mandats de Barack Obama, leur pr\u00e9sence&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[14],"tags":[7119,12797,13583,4063,13584],"class_list":["post-77584","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-africom","tag-dunford","tag-leslie","tag-mccain","tag-varenne"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77584","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77584"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77584\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77584"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77584"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77584"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}