{"id":77623,"date":"2017-11-24T12:19:42","date_gmt":"2017-11-24T12:19:42","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/11\/24\/tocqueville-et-le-regne-de-la-quantite-litteraire\/"},"modified":"2017-11-24T12:19:42","modified_gmt":"2017-11-24T12:19:42","slug":"tocqueville-et-le-regne-de-la-quantite-litteraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2017\/11\/24\/tocqueville-et-le-regne-de-la-quantite-litteraire\/","title":{"rendered":"Tocqueville et le r\u00e8gne de la quantit\u00e9 litt\u00e9raire"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Tocqueville et le r\u00e8gne de la quantit\u00e9 litt\u00e9raire<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s optimiste sur notre avenir intellectuel, Alexis de Tocqueville, auteur du classique le moins lu (ou relu) de l&rsquo;histoire des id\u00e9es :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;pour quelques grands \u00e9crivains qu&rsquo;on y voit, on y compte par milliers des vendeurs d&rsquo;id\u00e9es. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et Tocqueville pr\u00e9voit et explique ainsi l&rsquo;effondrement du niveau des \u00e9crivains :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Dans les aristocraties, les lecteurs sont difficiles et peu nombreux ; dans les d\u00e9mocraties, il est moins malais\u00e9 de leur plaire, et leur nombre est prodigieux. Il r\u00e9sulte de l\u00e0 que, <strong>chez les peuples aristocratiques, on ne doit esp\u00e9rer de r\u00e9ussir qu&rsquo;avec d&rsquo;immenses efforts, et que ces efforts, qui peuvent donner beaucoup de gloire, ne sauraient jamais procurer beaucoup d&rsquo;argent ; tandis que, chez les nations d\u00e9mocratiques, un \u00e9crivain peut se flatter d&rsquo;obtenir \u00e0 bon march\u00e9 une m\u00e9diocre renomm\u00e9e et une grande fortune.<\/strong> Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire pour cela qu&rsquo;on l&rsquo;admire, il suffit qu&rsquo;on le go&ucirc;te. <strong>La foule toujours croissante des lecteurs et le besoin continuel qu&rsquo;ils ont du nouveau assurent le d\u00e9bit d&rsquo;un livre qu&rsquo;ils n&rsquo;estiment gu\u00e8re. <\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le public est \u00e0 la hauteur des \u00e9crivains :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Dans les temps de d\u00e9mocratie, le public en agit souvent avec les auteurs comme le font d&rsquo;ordinaire les rois avec leurs courtisans ; il les enrichit et les m\u00e9prise. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons parl\u00e9 avec Ortega de la disparition du langage ma&icirc;tre (le latin). La perturbation est la m\u00eame au cours des si\u00e8cles d\u00e9mocratiques-eschatologiques :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Quand, au contraire, les hommes, n&rsquo;\u00e9tant plus tenus \u00e0 leur place, se voient et se communiquent sans cesse, que<strong> les castes sont d\u00e9truites et que les classes se renouvellement et se confondent, tous les mots de la langue se m\u00ealent<\/strong>. Ceux qui ne peuvent pas convenir au plus grand nombre p\u00e9rissent ; le reste forme une masse commune o&ugrave; chacun prend \u00e0 peu pr\u00e8s au hasard.<strong> Presque tous les diff\u00e9rents dialectes qui divisaient les idiomes de l&rsquo;Europe tendent visiblement \u00e0 s&rsquo;effacer ; il n&rsquo;y a pas de patois dans le Nouveau Monde, et ils disparaissent chaque jour de l&rsquo;Ancien<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le langage est tritur\u00e9 et d\u00e9natur\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> Mais c&rsquo;est principalement dans leur propre langue que les peuples d\u00e9mocratiques cherchent les moyens d&rsquo;innover.<\/strong> Ils reprennent de temps en temps, dans leur vocabulaire, des expressions oubli\u00e9es qu&rsquo;ils remettent en lumi\u00e8re, ou bien ils retirent \u00e0 une classe particuli\u00e8re de citoyens un terme qui lui est propre, pour le faire entrer avec un sens figur\u00e9 dans le langage habituel ;<strong> une multitude d&rsquo;expressions qui n&rsquo;avaient d&rsquo;abord appartenu qu&rsquo;\u00e0 la langue sp\u00e9ciale d&rsquo;un parti ou d&rsquo;une profession, se trouvent ainsi entra&icirc;n\u00e9es dans la circulation g\u00e9n\u00e9rale. <\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La Babel d\u00e9mocratique cr\u00e9e la fameuse novlangue :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Non seulement tout le monde se sert des m\u00eames mots, mais on s&rsquo;habitue \u00e0 employer indiff\u00e9remment chacun d&rsquo;eux.<strong> Les r\u00e8gles que le style avait cr\u00e9\u00e9es sont presque d\u00e9truites. On ne rencontre gu\u00e8re d&rsquo;expressions qui, par leur nature, semblent vulgaires, et d&rsquo;autres qui paraissent distingu\u00e9es.<\/strong> Des individus sortis de rangs divers ayant amen\u00e9 avec eux, partout o&ugrave; ils sont parvenus, les expressions et les termes dont ils avaient l&rsquo;usage, l&rsquo;origine des mots s&rsquo;est perdue comme celle des hommes, et <strong>il s&rsquo;est fait une confusion dans le langage comme dans la soci\u00e9t\u00e9. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Surtout, on aime les grands mots et les grandes id\u00e9es (nous sommes les hommes creux, dira T.S. Eliot) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Cet amour des id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales se manifeste, dans les langues d\u00e9mocratiques, par <strong>le continuel usage des termes g\u00e9n\u00e9riques et des mots abstraits, et par la mani\u00e8re dont on les emploie. C&rsquo;est l\u00e0 le grand m\u00e9rite et la grande faiblesse de ces langues. Les peuples d\u00e9mocr<\/strong>atiques aiment passionn\u00e9ment les termes g\u00e9n\u00e9riques et les mots abstraits, parce que ces expressions agrandissent la pens\u00e9e et, permettant de renfermer en peu d&rsquo;espace beaucoup d&rsquo;objets, aident le travail de l&rsquo;intelligence. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De l\u00e0 un d\u00e9clin de la pens\u00e9e (le penseur traditionnel Schuon en parle \u00e0 propos de Sartre et m\u00eame de Heidegger) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Ces mots abstraits qui remplissent les langues d\u00e9mocratiques, et dont on fait usage \u00e0 tout propos sans les rattacher \u00e0 aucun fait particulier, agrandissent et voilent la pens\u00e9e<\/strong> ; ils rendent l&rsquo;expression plus rapide et l&rsquo;id\u00e9e moins nette. Mais, en fait de langage,<strong> les peuples d\u00e9mocratiques aiment mieux l&rsquo;obscurit\u00e9 que le travail. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>La disparition de la po\u00e9sie est ainsi expliqu\u00e9e (le penseur australien Pearson y reviendra brillamment \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Dans les soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques, o&ugrave; les hommes sont tous tr\u00e8s petits et fort semblables, chacun, en s&rsquo;envisageant soi-m\u00eame, voit \u00e0 l&rsquo;instant tous les autres. Les po\u00e8tes qui vivent dans les si\u00e8cles d\u00e9mocratiques ne sauraient donc jamais prendre un homme en particulier pour sujet de leur tableau ; car un objet d&rsquo;une grandeur m\u00e9diocre, et qu&rsquo;on aper\u00e7oit distinctement de tous les c\u00f4t\u00e9s, ne pr\u00eatera jamais \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al. <strong>Ainsi donc l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, en s&rsquo;\u00e9tablissant sur la terre, tarit la plupart des sources anciennes de la po\u00e9sie. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tocqueville explique l&rsquo;indigeste po\u00e9sie de la nature alors :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Quand le doute eut d\u00e9peupl\u00e9 le ciel, et que les progr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 eurent r\u00e9duit chaque homme \u00e0 des proportions mieux connues et plus petites, les po\u00e8tes, n&rsquo;imaginant pas encore ce qu&rsquo;ils pouvaient mettre \u00e0 la place de ces grands objets qui fuyaient avec l&rsquo;aristocratie, tourn\u00e8rent les yeux vers la nature inanim\u00e9e. <strong>Perdant de vue les h\u00e9ros et les dieux, ils entreprirent d&rsquo;abord de peindre des fleuves et des montagnes. Cela donna naissance, dans le si\u00e8cle dernier, \u00e0 la po\u00e9sie qu&rsquo;on a appel\u00e9e, par excellence, descriptive.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et Tocqueville rappelle comme Gustave Beaumont que les Am\u00e9ricains ont autre chose \u00e0 faire que de la po\u00e9sie (remarquez, cela sonne comme le &laquo; je vis de bonne soupe et non de beau langage &raquo; de l&rsquo;autre !) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Je conviendrai ais\u00e9ment que les Am\u00e9ricains n&rsquo;ont point de po\u00e8tes ; je ne saurais admettre de m\u00eame qu&rsquo;ils n&rsquo;ont point d&rsquo;id\u00e9es po\u00e9tiques.<strong> On s&rsquo;occupe beaucoup en Europe des d\u00e9serts de l&rsquo;Am\u00e9rique, mais les Am\u00e9ricains eux-m\u00eames n&rsquo;y songent gu\u00e8re<\/strong>. Les merveilles de la nature inanim\u00e9e les trouvent insensibles et ils n&rsquo;aper\u00e7oivent pour ainsi dire les admirables for\u00eats qui les environnent qu&rsquo;au moment o&ugrave; elles tombent sous leurs coups. Leur &oelig;il est rempli d&rsquo;un autre spectacle.<strong> Le peuple am\u00e9ricain se voit marcher lui-m\u00eame \u00e0 travers ces d\u00e9serts, dess\u00e9chant les marais, redressant les fleuves, peuplant la solitude et domptant la nature. <\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Or Beaumont \u00e9crivait :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Absorb\u00e9 par des calculs, l&rsquo;habitant des campagnes, aux &Eacute;tats-Unis, ne perd point de temps en plaisirs ; les champs ne disent rien \u00e0 son c&oelig;ur ; le soleil qui f\u00e9conde ses coteaux n&rsquo;\u00e9chauffe point son \u00e2me.<strong> Il prend la terre comme une mati\u00e8re industrielle ; il vit dans sa chaumi\u00e8re comme dans une fabrique.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tocqueville :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> On ne saurait rien concevoir de si petit, de si terne, de si rempli de mis\u00e9rables int\u00e9r\u00eats, de si antipo\u00e9tique, en un mot, que la vie d&rsquo;un homme aux &Eacute;tats-Unis<\/strong> ; mais, parmi les pens\u00e9es qui la dirigent, il s&rsquo;en rencontre toujours une qui est pleine de po\u00e9sie, et celle-l\u00e0 est comme le nerf cach\u00e9 qui donne la vigueur \u00e0 tout le reste. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre g\u00e9nie annonce m\u00eame notre art contemporain, moderne, indicible et incompr\u00e9hensible:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Je n&rsquo;ai pas peur que la po\u00e9sie des peuples d\u00e9mocratiques se montre timide ni qu&rsquo;elle se tienne tr\u00e8s pr\u00e8s de terre.<strong> J&rsquo;appr\u00e9hende plut\u00f4t qu&rsquo;elle ne se perde \u00e0 chaque instant dans les nuages, et qu&rsquo;elle ne finisse par peindre des contr\u00e9es enti\u00e8rement imaginaires.<\/strong> Je crains que les &oelig;uvres des po\u00e8tes d\u00e9mocratiques n&rsquo;offrent souvent des<strong> images immenses et incoh\u00e9rentes, des peintures surcharg\u00e9es, des compos\u00e9s bizarres,<\/strong> et que les \u00eatres fantastiques sortis de leur esprit ne fassent quelquefois regretter le monde r\u00e9el. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le th\u00e9\u00e2tre annonce ici le cin\u00e9ma comme art de la manipulation mondiale :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Les pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre forment d&rsquo;ailleurs, chez les nations aristocratiques elles-m\u00eames, la portion la plus d\u00e9mocratique de la litt\u00e9rature. Il n&rsquo;y a pas de jouissance litt\u00e9raire plus \u00e0 port\u00e9e de la foule que celles qu&rsquo;on \u00e9prouve \u00e0 la vue de la sc\u00e8ne. <\/strong>Il ne faut ni pr\u00e9paration ni \u00e9tude pour les sentir. Elles vous saisissent au milieu de vos pr\u00e9occupations et de votre ignorance. Lorsque l&rsquo;amour encore \u00e0 moiti\u00e9 grossier des plaisirs de l&rsquo;esprit commence \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans une classe de citoyens, il la pousse aussit\u00f4t au th\u00e9\u00e2tre. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le public imposera sa bassesse par le th\u00e9\u00e2tre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; C&rsquo;est au th\u00e9\u00e2tre que les \u00e9rudits et les lettr\u00e9s ont toujours eu le plus de peine \u00e0 faire pr\u00e9valoir leur go&ucirc;t sur celui du peuple, et \u00e0 se d\u00e9fendre d&rsquo;\u00eatre entra&icirc;n\u00e9s eux-m\u00eames par le sien. Le parterre y a souvent fait la loi aux loges&hellip; <strong>Les go&ucirc;ts et les instincts naturels aux peuples d\u00e9mocratiques, en fait de litt\u00e9rature, se manifesteront donc d&rsquo;abord au th\u00e9\u00e2tre, et on peut pr\u00e9voir qu&rsquo;ils s&rsquo;y introduiront avec violence<\/strong>. Dans les \u00e9crits, les lois litt\u00e9raires de l&rsquo;aristocratie se modifieront peu \u00e0 peu d&rsquo;une mani\u00e8re graduelle et pour ainsi dire l\u00e9gale. Au th\u00e9\u00e2tre, elles seront renvers\u00e9es par des \u00e9meutes. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le syndrome Hernani&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le &laquo; r\u00e8gne de la quantit\u00e9 &raquo; r\u00e8gnera avec la liquidation des r\u00e8gles :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; L&rsquo;amour du th\u00e9\u00e2tre \u00e9tant, de tous les go&ucirc;ts litt\u00e9raires, le plus naturel aux peuples d\u00e9mocratiques, le nombre des auteurs et celui des spectateurs s&rsquo;accro&icirc;t sans cesse chez ces peuples comme celui des spectacles.<strong> Une pareille multitude, compos\u00e9e d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments si divers et r\u00e9pandus en tant de lieux diff\u00e9rents, ne saurait reconna&icirc;tre les m\u00eames r\u00e8gles et se soumettre aux m\u00eames lois. <\/strong>Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;accord possible entre des juges tr\u00e8s nombreux qui, ne sachant point o&ugrave; se retrouver, portent chacun \u00e0 part leur arr\u00eat. Si l&rsquo;effet de la d\u00e9mocratie est en g\u00e9n\u00e9ral de rendre douteuses les r\u00e8gles et les conventions litt\u00e9raires,<strong> au th\u00e9\u00e2tre elle les abolit enti\u00e8rement, pour n&rsquo;y substituer que le caprice de chaque auteur et de chaque public. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ceux qui ne s&rsquo;accordent pas avec cet aristocrate de la pens\u00e9e s&rsquo;\u00e9nerveront avec l&rsquo;anarchiste Mirbeau :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&laquo; Tout l&rsquo;effort des collectivit\u00e9s tend \u00e0 faire dispara&icirc;tre de l&rsquo;humanit\u00e9 l&rsquo;homme de g\u00e9nie, parce qu&rsquo;elles ne permettent pas qu&rsquo;un homme puisse d\u00e9passer de la t\u00eate un autre homme, et qu&rsquo;elles ont d\u00e9cid\u00e9 que toute sup\u00e9riorit\u00e9, dans n&rsquo;importe quel ordre, est, sinon un crime, du moins une monstruosit\u00e9, quelque chose d&rsquo;absolument antisocial, un ferment d&rsquo;anarchie. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Source<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>De la d\u00e9mocratie en Am\u00e9rique, II, premi\u00e8re partie, chapitre XIII et XIV<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tocqueville et le r\u00e8gne de la quantit\u00e9 litt\u00e9raire Il n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s optimiste sur notre avenir intellectuel, Alexis de Tocqueville, auteur du classique le moins lu (ou relu) de l&rsquo;histoire des id\u00e9es : &laquo; &hellip;pour quelques grands \u00e9crivains qu&rsquo;on y voit, on y compte par milliers des vendeurs d&rsquo;id\u00e9es. &raquo; Et Tocqueville pr\u00e9voit et explique&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[27],"tags":[17917,17418,17918,3098],"class_list":["post-77623","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-carnets-de-nicolas-bonnal-1","tag-beaumont","tag-eliot","tag-mirbeau","tag-tocqueville"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77623","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77623"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77623\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77623"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77623"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77623"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}