{"id":77717,"date":"2018-01-17T06:37:48","date_gmt":"2018-01-17T06:37:48","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/01\/17\/philippe-muray-face-au-desert-des-barbares\/"},"modified":"2018-01-17T06:37:48","modified_gmt":"2018-01-17T06:37:48","slug":"philippe-muray-face-au-desert-des-barbares","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/01\/17\/philippe-muray-face-au-desert-des-barbares\/","title":{"rendered":"Philippe Muray face au <em>d\u00e9sert des barbares<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Philippe Muray face au <em>d\u00e9sert des barbares<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Chaque d\u00e9faite de cette soci\u00e9t\u00e9 est une victoire de la vie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On va citer Philippe sans trop l&rsquo;interrompre. On ne s&rsquo;est pas rencontr\u00e9s mais correspondus vers l&rsquo;an 2000&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous avions le m\u00eame \u00e9diteur, les Belles Lettres, depuis lors chu dans un d\u00e9sastre obscur. Fid\u00e8le \u00e0 ma m\u00e9thode, je lui avais envoy\u00e9 une lettre pour lui rappeler que Flaubert (Bouvard et P\u00e9cuchet) comme Musil, qu&rsquo;il citait, et Broch (l&rsquo;apocalypse joyeuse) tan\u00e7aient d\u00e9j\u00e0 cette soci\u00e9t\u00e9 festive, humanitaire et querelleuse qu&rsquo;il pourfendait avec une verve perp\u00e9tuelle, aussi remarquable dans ses livres que dans ses interviews : je me demande ce qu&rsquo;il aurait dit de l&rsquo;affaire Trump, Weinstein, Oprah ou Jolie-Otan ! Et il rappelait qu&rsquo;il aimait faire rire, pas jouer au grincheux pour m\u00e9dias PC.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais citons Philippe :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; Le rire est une fa\u00e7on de manifester que l&rsquo;agnosticisme par rapport au r\u00e9el moderne est encore possible<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur le cr\u00e9puscule du rire dans notre monde obsc\u00e8ne (admirez ses phrases) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Ce monde est d\u00e9risoire, mais il a mis fin \u00e0 la possibilit\u00e9 de dire \u00e0 quel point il est d\u00e9risoire ; du moins s&rsquo;y efforce-t-il, et de bons ap\u00f4tres se demandent aujourd&rsquo;hui si l&rsquo;humour n&rsquo;a pas tout simplement fait son temps, si on a encore besoin de lui, etc. Ce qui n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas si b\u00eate, car<strong> le rire, le rire en tant qu&rsquo;art, n&rsquo;a en Europe que quelques si\u00e8cles d&rsquo;existence derri\u00e8re lui (il commence avec Rabelais),<\/strong> et il est fort possible que<strong> le conformisme tout \u00e0 fait neuf mais d&rsquo;une puissance in\u00e9gal\u00e9e qui lui m\u00e8ne la guerre<\/strong> (tout en semblant le favoriser sous les diverses formes bidons du fun, du d\u00e9jant\u00e9, etc.) ait en fin de compte raison de lui. En attendant, mon objet \u00e9tant les civilisations occidentales, et particuli\u00e8rement la fran\u00e7aise, qui me semble exemplaire par son marasme extr\u00eame, par les contradictions qui l&rsquo;\u00e9crasent, et en m\u00eame temps par cette bonne volont\u00e9 qu&rsquo;elle manifeste, <strong>cette bonne volont\u00e9 typiquement et globalement provinciale de s&rsquo;enfoncer encore plus vite et plus irr\u00e9m\u00e9diablement que les autres dans le suicide moderne<\/strong>, je crois que le rire peut lui apporter un \u00e9clairage fracassant. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sa critique du vieux cr\u00e9tin parigot en trottinette :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;Le rire m&rsquo;avait plus durablement saisi cet hiver, pendant pr\u00e8s de six mois, en voyant <strong>des imb\u00e9ciles bien intentionn\u00e9s, sur la dalle de Montparnasse, se rassembler pour faire du roller et ainsi militer pour la lib\u00e9ration de Florence Aubenas et de son guide en portant des tee-shirts<\/strong> o&ugrave; on pouvait lire : &laquo; Ils sont partis pour nous, ils reviendront gr\u00e2ce \u00e0 nous &raquo;. Au fond, nous ne devrions plus traverser ce monde qu&rsquo;en rigolant sans cesse comme des baleines. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans une autre interview, une pens\u00e9e sur la fin du rire :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> Le rire est tr\u00e8s exactement ce que l&rsquo;\u00e9poque ne peut plus du tout tol\u00e9rer, encore moins produire, et qu&rsquo;elle est m\u00eame en passe de prohiber. &laquo;Rire de fa\u00e7on inappropri\u00e9e&raquo;, comme on a commenc\u00e9 \u00e0 dire il y a une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es sur les campus am\u00e9ricains, est maintenant presque un d\u00e9li<\/strong>t. L&rsquo;ironie, la d\u00e9rision, la moquerie, la caricature, l&rsquo;outrance, la farce, la guignolade, toute la gamme du rire, sont \u00e0 mes yeux des proc\u00e9d\u00e9s de description que l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;industrie de l&rsquo;\u00e9loge ne peut \u00e9videmment pas supporter. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis Muray \u00e9voque  la religion du moderne :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; On parle beaucoup de d\u00e9clin des grandes religions, de demande de spirituel ou de retour du religieux, mais \u00e0 mes yeux le XXIe si\u00e8cle commence sous le joug d&rsquo;une religion implacable : le Moderne. Le Moderne pour le Moderne. Le Moderne en soi. C&rsquo;est la plus dure des religions et, contre elle, je ne vois pas d&rsquo;autre d\u00e9livrance que celle du rire. Pour reprendre une formule connue, le rire est un antidestin<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur l&rsquo;homme robotis\u00e9 par la connerie et pas par la technologie, Philippe Muray \u00e9crivait, prononce plut\u00f4t ces lignes hilarantes :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Festivus festivus, qui vient apr\u00e8s Homo festivus comme Sapiens sapiens succ\u00e8de \u00e0 Homo sapiens, est l&rsquo;individu qui festive qu&rsquo;il festive : c&rsquo;est <strong>le moderne de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, dont la m\u00e9tamorphose est presque totalement achev\u00e9e, qui a presque tout oubli\u00e9 du pass\u00e9 (de toute fa\u00e7on criminel \u00e0 ses yeux) de l&rsquo;humanit\u00e9, qui est d\u00e9j\u00e0 pour ainsi dire g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9 sans m\u00eame besoin de faire appel \u00e0 des bricolages techniques comme on nous en promet, qui est tellement poli, \u00e9pur\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;os, qu&rsquo;il en est translucide, d\u00e9j\u00e0 clone de lui-m\u00eame sans avoir besoin de clonage, nettoy\u00e9 sous toutes les coutures, d\u00e9barrass\u00e9 de toute ext\u00e9riorit\u00e9 comme de toute transcendance, jumeau de lui-m\u00eame jusque dans son nom<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur l&rsquo;apr\u00e8s fin de l&rsquo;histoire qui se nourrit d&rsquo;ersatz (de simulacres, dirait notre autre Philippe), d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Apr\u00e8s la fin de l&rsquo;Histoire, donc aussi apr\u00e8s la fin des \u00e9v\u00e9nements, <strong>il faut bien qu&rsquo;il y ait encore quelque chose qui ait l&rsquo;apparence d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements m\u00eame si \u00e7a n&rsquo;en est pas. Eh bien ces ersatz d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements<\/strong>, le Moderne les puisera en lui-m\u00eame, dans un affrontement  perp\u00e9tuel avec lui-m\u00eame qui constituera la mythologie (mais aussi la com\u00e9die) de la nouvelle \u00e9poque. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur la criminalisation proc\u00e9duri\u00e8re du pass\u00e9 ou sur l&rsquo;histoire r\u00e9\u00e9crite (voyez la <em>deuxi\u00e8me consid\u00e9ration<\/em> de Nietzsche) par le storytelling humanitaire, anti-blanc ou LGBTQ :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;maintenant <strong>il est extr\u00eamement difficile de dire ce qu&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;Histoire dans la mesure o&ugrave; nous en avons effac\u00e9 les traces  parce que nous lui avons substitu\u00e9 un ensemble de films de fiction sur lesquels nous portons des jugements moraux<\/strong> et que nous tra&icirc;nons devant des tribunaux r\u00e9trospectifs plus burlesques les uns que les autres. Ce d\u00e9lire proc\u00e9durier r\u00e9trospectif trouve bien entendu son \u00e9quivalent au pr\u00e9sent, dans la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, o&ugrave; la folie proc\u00e9duri\u00e8re en cours se nourrit du ressentiment de tous contre tous, du sentiment d&rsquo;innocence que chacun entretient vis-\u00e0-vis de lui-m\u00eame et de l&rsquo;accusation de culpabilit\u00e9 qu&rsquo;il porte envers tous les autres. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Muray disait d\u00e9j\u00e0 sur la disparition des ennemis (les fachos sont soumis, les musulmans extermin\u00e9s ou contr\u00f4l\u00e9s, surtout les terroristes) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Ce magma, pour avoir encore une ombre de d\u00e9finition, ne peut plus compter que sur ses ennemis, mais il est oblig\u00e9 de les inventer,<\/strong> tant la terreur naturelle qu&rsquo;il r\u00e9pand autour de lui a rapidement an\u00e9anti toute opposition comme toute m\u00e9moire. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur le besoin de se d\u00e9barrasser du fardeau sexuel :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;il faudrait revoir, r\u00e9actualiser et corriger tout cela avec le formidable progr\u00e8s des sciences qui, joint au d\u00e9sarroi g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 l&rsquo;envie sourde de se d\u00e9barrasser du fardeau sexuel, est en train de fusionner dans une esp\u00e8ce d&rsquo;id\u00e9ologie <em>new age <\/em>qui n&rsquo;a m\u00eame plus besoin de dire son nom.<strong> Il y a aujourd&rsquo;hui un n\u00e9o-scientisme mystique qui renouvelle tout ce que j&rsquo;\u00e9crivais, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, sur les danses macabres de l&rsquo;occultisme et du socialisme.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Belle d\u00e9finition de mai 68 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; 68 n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on raconte, mais la contribution la plus efficace jamais apport\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement de la civilisation des loisirs.<strong> Par 68, le dernier homme s&rsquo;est vu gratifier de ce qui lui manquait pour cacher en partie son immense veulerie vacanci\u00e8re <\/strong>: une petite touche de subversion&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Petite d\u00e9finition du pass\u00e9 (\u00e8re des crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9, nous sommes depuis \u00e0 l&rsquo;\u00e8re des primes) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Dans le nouveau monde, on ne retrouve plus trace du Mal qu&rsquo;\u00e0 travers l&rsquo;interminable proc\u00e8s qui lui est intent\u00e9, \u00e0 la fois en tant que Mal historique (le pass\u00e9 est un chapelet de crimes qu&rsquo;il convient de r\u00e9-instruire sans cesse pour se faire mousser sans risque) et en tant que Mal actuel postiche<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur la capacit\u00e9 de chantage et de harc\u00e8lement de cette soci\u00e9t\u00e9 (qui peut aussi d\u00e9porter et exterminer, comme dans le monde arabe) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Cette anecdote, qui vaut pour tant d&rsquo;autres, a la vertu de<strong> r\u00e9v\u00e9ler le moderne en tant que chantage ultra-violent <\/strong>; et de faire entendre la pr\u00e9sence du Mal dans la voix m\u00eame des criminels qui l&rsquo;invoquent pour faire tout avaler. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur les accusations de facho :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Quand ils traitent quelqu&rsquo;un de &laquo;maurrassien&raquo;, par exemple, c&rsquo;est autant de temps de gagn\u00e9 : il est tellement plus avantageux de parler de Maurras, et de le condamner, que d&rsquo;ouvrir les yeux sur le monde concret !<\/strong> Ils n&rsquo;ont plus que ce projet : gagner du temps. Emp\u00eacher que leurs exactions soient connues en d\u00e9tail. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de la gauche (notez le bel usage de l&rsquo;accumulation, un de ses tropes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;mais ils continuent parce que cette doctrine, \u00e0 pr\u00e9sent toute m\u00eal\u00e9e au march\u00e9, <strong>toute fusionn\u00e9e, toute confusionn\u00e9e avec les prestiges de l&rsquo;Europe qui avance sur ses roulettes, avec le festivisme g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et programm\u00e9, avec le turbo-droit-de-l&rsquo;hommisme<\/strong>, avec le porno-business, les raves vandaliques, le d\u00e9ferlement hebdomadaire des n\u00e9o-SA en rollers, et encore avec tant d&rsquo;autres horreurs dont on ne les a jamais entendus dire quoi que ce soit, leur permet de conserver une apparence de pouvoir tout en jouissant dans le m\u00eame temps (\u00e0 leurs seuls yeux maintenant) d&rsquo;une r\u00e9putation de &laquo;rebelles&raquo;.<strong> Il leur restait un chapeau \u00e0 manger, un vrai haut-de-forme celui-l\u00e0, celui de l&rsquo;am\u00e9ricanophilie ; c&rsquo;est fait depuis le 11 septembre 2001. <\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur <em>l&rsquo;euph\u00e9misme<\/em> d\u00e9nonc\u00e9 en son temps par Bourdieu (on parle de flexibilit\u00e9 pour payer 500 euros tout le monde) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier, alors que d&rsquo;effrayantes inondations submergeaient l&rsquo;Europe de l&rsquo;est, notamment l&rsquo;Allemagne et la Tch\u00e9coslovaquie, et que l&rsquo;on se demandait si le climat n&rsquo;\u00e9tait quand m\u00eame pas vraiment d\u00e9traqu\u00e9, un hebdomadaire avait tranch\u00e9 avec un titre admirable : &laquo;Le climat ne se d\u00e9traque pas, il change.&raquo; Appliqu\u00e9e au temps, c&rsquo;est <strong>la rh\u00e9torique analg\u00e9sique de l&rsquo;\u00e9poque dans tous les domaines : la famille n&rsquo;est pas en miettes,  elle change ; l&rsquo;homosexualit\u00e9, soudain toute-puissante et pers\u00e9cutrice, n&rsquo;est pas au moins, <em>per se<\/em>, une \u00e9tranget\u00e9 \u00e0 interroger, c&rsquo;est la sexualit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral qui change<\/strong>. Et ainsi de suite. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pointe d&rsquo;humour (la litote \u00e0 rebours) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; Et, le jour de l&rsquo;Apocalypse, ne vous dites pas non plus que c&rsquo;est la fin du monde, dites-vous que \u00e7a change<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est la chanson de Boris Vian ! Sur la fin de la sexualit\u00e9 come h\u00e9ritage de la pseudo-lib\u00e9ration qui a vir\u00e9 comme toujours \u00e0 l&rsquo;\u00e9puration de masse et \u00e0 la chasse aux sorci\u00e8res :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il n&rsquo;y a aucune contradiction entre la pornographie de caserne qui s&rsquo;\u00e9tale partout et l&rsquo;\u00e9tranglement des derni\u00e8res libert\u00e9s par des &laquo;lois antisexistes&raquo; ou r\u00e9primant l&rsquo;&laquo;homophobie&raquo; comme il nous en pend au nez et qui seront, lorsqu&rsquo;elles seront promulgu\u00e9es, de brillantes victoires de la Police moderne de la Pens\u00e9e. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Derri\u00e8re ces pauvres h\u00e8res toutefois, le conglom\u00e9rat des solitudes sans illusions dont parle Guy Debord :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;pour en revenir \u00e0 <strong>cette solitude sexuelle d&rsquo;Homo festivus, qui contient tous les autres traits que vous \u00e9num\u00e9rez, elle ne peut \u00eatre comprise que comme l&rsquo;aboutissement de la pr\u00e9tendue lib\u00e9ration sexuelle d&rsquo;il y a trente ans, laquelle n&rsquo;a servi qu&rsquo;\u00e0 faire monter en puissance le pouvoir <\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>f\u00e9minin <\/strong>et \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler ce que personne au fond n&rsquo;ignorait (notamment gr\u00e2ce aux romans du pass\u00e9), \u00e0 savoir que les femmes ne voulaient pas du sexuel, n&rsquo;en avaient jamais voulu, mais qu&rsquo;elles en voulaient d\u00e8s lors que le sexuel devenait objet d&rsquo;exhibition, donc de social, donc d&rsquo;anti-sexuel. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et pour finir une nouvelle petite accumulation sur le cr\u00e9tinisme du clown m\u00e9diatique et humanitaire :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;l&rsquo;ang\u00e9lisme d&rsquo;Homo festivus, son parler-b\u00e9b\u00e9 continuel, son narcissisme incurable, sa passion des contes de f\u00e9es, son refoulement du r\u00e9el (toujours &laquo;castrateur&raquo;), son illusion de toute-puissance, sa vision confuso-onirique du monde et son incapacit\u00e9, bien s&ucirc;r, de rire. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Source<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Entretiens par Vianney Delourme et Antoine Rocalba<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Philippe Muray face au d\u00e9sert des barbares Chaque d\u00e9faite de cette soci\u00e9t\u00e9 est une victoire de la vie. 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