{"id":77725,"date":"2018-01-20T14:54:25","date_gmt":"2018-01-20T14:54:25","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/01\/20\/lotan-holistique-plus-on-est-faible-plus-on-est-fort\/"},"modified":"2018-01-20T14:54:25","modified_gmt":"2018-01-20T14:54:25","slug":"lotan-holistique-plus-on-est-faible-plus-on-est-fort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/01\/20\/lotan-holistique-plus-on-est-faible-plus-on-est-fort\/","title":{"rendered":"L&rsquo;OTAN \u201cholistique\u201d\u00a0: \u201cplus on est faible, plus on est fort\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;OTAN \u00ab\u00a0holistique\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0plus on est faible, plus on est fort\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il se trouve que le journaliste Sydney J. Freedberg Jr., du site <em>Breaking Defense <\/em>(voir le <a href=\"https:\/\/breakingdefense.com\/2018\/01\/outgunned-allies-must-contest-baltic-black-seas-nato-admiral\/?utm_source=hs_email&#038;utm_medium=email&#038;utm_content=60106445&#038;_hsenc=p2ANqtz-_K5ei5hM3f0DvwKm4_Cu_ojrHZAQnGHB5sWIcYI_1U1tynHdrCT8oyUmsV_K9of22M2dyMVE5_x9\">19 janvier 2018<\/a>) rencontra le Vice-Amiral Clive Johnstone, commandant le MARCOM de l&rsquo;OTAN, c&rsquo;est-\u00e0-dire les forces navales de l&rsquo;Alliance. Il eut un entretien avec lui et en ressortit, nous semble-t-il, un tantinet \u00e9tonn\u00e9, &ndash; m\u00eame si, en bon journaliste de la presse \u00e0 laquelle il appartient, il est tenu de ne pas trop montrer du tout cette sorte d&rsquo;\u00e9tonnement qui met en cause le bon sens des \u00e9toiles otaniennes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Freedberg a entrepris l&rsquo;amiral sur ses conceptions op\u00e9rationnelles strat\u00e9giques en cas de guerre avec la Russie, puisque, chez les militaires de l&rsquo;OTAN on ne parle que de cela (de guerre avec la Russie). Le raisonnement obtenu de la part de l&rsquo;amiral est assez surprenant : d&rsquo;une part, la reconnaissance que les Russes sont tr\u00e8s sup\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;OTAN dans nombre de mati\u00e8res navales (&laquo; <em>guerre anti-sous-marine, d\u00e9fense antimissile, stocks de munitions, transport maritime, cybers\u00e9curit\u00e9, et m\u00eame dans le domaine des capacit\u00e9s de commandement et de contr\u00f4le de son propre quartier-g\u00e9n\u00e9ral de 300 personnes<\/em> &raquo;) ; d&rsquo;autre part, l&rsquo;affirmation que les forces navales de l&rsquo;OTAN doivent tenir une position tr\u00e8s \u00ab\u00a0en avant\u00a0\u00bb, offensives et qu&rsquo;on devine proches d&rsquo;\u00eatre provocatrices vis-\u00e0-vis d la Russie (&laquo; <em>faire croiser des navires \u00e0 15 miles au large de la base russe de Tartous, en Syrie, par exemple<\/em> &raquo;). D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, on pourrait baptiser cette doctrine de \u00ab\u00a0plus on est faible, plus on est fort\u00a0\u00bb ; l&rsquo;amiral, tr\u00e8s philosophe, la qualifie d'\u00a0\u00bbholistique\u00a0\u00bb (partout et dans tous les domaines) et nous pourrions apporter notre contribution en la compl\u00e9tant par un autre qualificatif, en disant qu&rsquo;elle est d&rsquo;un holisme orwellien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>J&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 l&rsquo;amiral lors d&rsquo;une r\u00e9union du Conseil de l&rsquo;Atlantique si les eaux c\u00f4ti\u00e8res \u00e0 port\u00e9e des missiles terrestres russes &ndash; comme la M\u00e9diterran\u00e9e orientale pr\u00e8s de la Syrie, le nord de la mer Noire et toute la Baltique &ndash; ne devraient pas \u00eatre des zones interdites aux forces navales de l&rsquo;OTAN en cas de guerre ; si un navire de l&rsquo;OTAN se trouvait dans ces zones pendant une crise, ne serait-il pas effectivement pris en otage par les Russes ?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Non et non\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Johnstone. \u00ab\u00a0Nous ne c\u00e9dons pas un pouce de terrain et nous n&rsquo;acceptons pas que quiconque soit pris en otages&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Au contraire, a fait valoir l&rsquo;amiral, les forces navales de l&rsquo;OTAN doivent patrouiller de fa\u00e7on assur\u00e9e dans ces r\u00e9gions, en contester le contr\u00f4le et ne pas \u00ab\u00a0c\u00e9der de l&rsquo;espace\u00a0\u00bb aux Russes. Cela signifie, a-t-il dit, qu&rsquo;il faut faire faire croiser des navires \u00e0 15 miles au large de la base russe de Tartous, en Syrie, par exemple. Au lieu de consid\u00e9rer la mer Noire comme un \u00ab\u00a0lac priv\u00e9\u00a0\u00bb de la Russie et y envoyer seulement des navires auxiliaires l\u00e9g\u00e8rement arm\u00e9s, l&rsquo;OTAN doit envoyer des navires de guerre puissants, capables de se d\u00e9fendre contre les attaques a\u00e9riennes et les missiles, comme r\u00e9cemment avec le HMS Duncan. un destroyer britannique de type 45. Cela signifie planifier une campagne a\u00e9rienne et navale \u00ab\u00a0holistique\u00a0\u00bb dans la Baltique pour \u00e9tablir et maintenir une pr\u00e9sence avanc\u00e9e l\u00e0-bas, en commen\u00e7ant bien avant le premier coup de feu.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Une fois la guerre commenc\u00e9e, \u00ab\u00a0progresser et parvenir \u00e0 la pr\u00e9sence n\u00e9cessaire dans ces zones serait militairement tr\u00e8s difficile\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Johnstone avec une sous-estimation typiquement britannique. \u00ab\u00a0Nous avons envisag\u00e9 cela\u00a0\u00bb, a-t-il dit, mais il est pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;avoir des forces sur place d\u00e8s le d\u00e9part<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les d\u00e9tails donn\u00e9s sur les faiblesses de l&rsquo;OTAN par rapport aux Russes sont impressionnants, en nombre et en pr\u00e9cision. Aucun doute l\u00e0-dessus, et sans v\u00e9ritable \u00e9tonnement, l&rsquo;OTAN est tr\u00e8s largement inf\u00e9rieure aux Russes et son renforcement \u00e9ventuel en cas de conflit serait poussif si m\u00eame un consensus politique \u00e9tait atteint \u00e0 cet \u00e9gard (celui de partir en guerre), &ndash; ce qui est vraiment tr\u00e8s loin d&rsquo;\u00eatre acquis. <strong>Mais l&rsquo;amiral s&rsquo;en fiche bien, il navigue comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait, dans \u00ab\u00a0une attitude typiquement britannique\u00a0\u00bb<\/strong> nous dit Freedberg, mais \u00e9galement qui a tout \u00e0 voir a<strong>vec le supr\u00e9macisme anglo-saxon, otanien, et \u00e9ventuellement am\u00e9ricaniste-occidentaliste<\/strong>&#8230; <em>Weak or Wrong, my NATO&#8230;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons en effet la conviction que rien dans tout cette information et cette \u00e9valuation n&rsquo;est faux, ni fabriqu\u00e9, parce que tout cela correspond \u00e0 ce qu&rsquo;on sait et ce que l&rsquo;on voit depuis plusieurs ann\u00e9es des conditions g\u00e9n\u00e9rales, <strong>tant au niveau op\u00e9rationnel qu&rsquo;\u00e0 celui de la perception, et donc des psychologies<\/strong>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une part de la d\u00e9gradation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des forces du bloc-BAO, USA en t\u00eate mais l&rsquo;Europe pas tr\u00e8s loin derri\u00e8re ; il s&rsquo;agit d&rsquo;autre part de la modernisation et du renforcement constants des forces russes depuis 2007-2008, de la sup\u00e9riorit\u00e9 op\u00e9rationnelle et man&oelig;uvri\u00e8re grandissante des Russes, de leurs tr\u00e8s grandes capacit\u00e9s notamment dans les domaines des missiles de d\u00e9fense et d&rsquo;attaque, et de la guerre \u00e9lectronique, en milieu naval, etc.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Tout cela est confirm\u00e9 et r\u00e9affirm\u00e9 par Johnstone. Et l\u00e0-dessus, cette surprenante affirmation : <strong>c&rsquo;est pour cela, parce que nous sommes si faibles<\/strong>, qu&rsquo;il faut \u00eatre sur place, pr\u00eats \u00e0 la guerre, quasiment sous le nez des Russes, en train de les provoquer, \u00ab\u00a0parce que sans cela, nous ne parviendrions pas \u00e0 la zone de combat <strong>o&ugrave;, gr\u00e2ce \u00e0 notre faiblesse, nous an\u00e9antirons les Russes<\/strong>\u00ab\u00a0. Il semble inutile de lui faire remarquer qu&rsquo;avec un tel d\u00e9ploiement, la flotte s&rsquo;offre, d\u00e8s le d\u00e9but d&rsquo;un conflit, aux coups des Russes dans la plus faible position possible, <strong>qu&rsquo;elle va au-devant de son an\u00e9antissement<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il semble inutile de dire cela, interviendrait une raison normale, simplement parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question de guerre, que les Russes n&rsquo;y tiennent en aucune fa\u00e7on, et qu&rsquo;ils repoussent depuis des ann\u00e9es les accusations du bloc-BAO qui vient conforter l&rsquo;OTAN dans ce sens. Mais ce n&rsquo;est pas si simple. Nous parlons \u00e0 nouveau \u00e0 partir de notre conviction intuitive, aliment\u00e9e par une exp\u00e9rience d\u00e9j\u00e0 solide \u00e0 cet \u00e9gard de la d\u00e9monstration faite par les \u00e9v\u00e9nements, les d\u00e9clarations, les attitudes, etc. : <strong>notre conviction est bien que, parvenus au degr\u00e9 de simulacre o&ugrave; nous nous trouvons<\/strong>, et qu&rsquo;a fameusement d\u00e9montr\u00e9 le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/russiagate-simulacre-extreme\"><em>Russiagate<\/em><\/a> mabufactur\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0D.C.-la-folle\u00a0\u00bb, tout ce beau monde \u00e9toil\u00e9 de l&rsquo;OTAN, pouss\u00e9 par les hyst\u00e9riques les plus \u00e0 l&rsquo;Est, <strong>croit vraiment \u00e0 des intentions agressives des Russes<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On se trouve alors devant un territoire \u00e9trange, une \u00e9nigme si l&rsquo;on veut, qui renvoie \u00e0 une psychologie o&ugrave; l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-laffectivisme-postmoderne\">affectivisme<\/a> et l&rsquo;hyst\u00e9rie brouillent tout ce qui pourrait permettre \u00e0 la raison d&rsquo;op\u00e9rer. <strong>Un cloisonnement existe entre les constats des faits et les attitudes dict\u00e9es par ce que l&rsquo;on ne peut m\u00eame plus nommer \u00ab\u00a0pr\u00e9jug\u00e9s\u00a0\u00bb<\/strong>, mais qui est devenu une v\u00e9ritable v\u00e9rit\u00e9-de-situation faussaire, <strong>une v\u00e9rit\u00e9-de-simulacre<\/strong>. Comme il existe la conviction que les Russes veulent la guerre, &ndash; et voyez comment et combien ils s&rsquo;arment, jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre bien plus forts que nous ; il existe \u00e9galement la conviction de la supr\u00e9matie assur\u00e9e du bloc-BAO, une sorte d&rsquo;arrogance d&rsquo;au-del\u00e0 de l&rsquo;arrogance, qui transforme la forme de la pens\u00e9e et mod\u00e8le une autre v\u00e9rit\u00e9 de sa fa\u00e7on (\u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9-de-simulacre\u00a0\u00bb). <strong>Ainsi, en m\u00eame temps qu&rsquo;on affirme \u00eatre le plus faible face \u00e0 un adversaire qui pr\u00e9pare la guerre et frappera donc \u00e0 son heure<\/strong>, on entend se d\u00e9ployer devant lui, jusqu&rsquo;\u00e0 le fr\u00f4ler, le toucher, <strong>l&rsquo;insulte \u00e0 la bouche et les yeux mena\u00e7ants, comme si l&rsquo;on disposait d&rsquo;une puissance infiniment sup\u00e9rieure.<\/strong>.. Mais, bien entendu et dans tous les cas, et pour nous rassurer, tonnerre !  &ndash; il s&rsquo;agit d&rsquo;une puissance et d&rsquo;une sup\u00e9riorit\u00e9 morales, o&ugrave; le bloc-BAO est imbattable, inatteignable et inarr\u00eatable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a sans aucun doute un domaine o&ugrave; le supr\u00e9macisme am\u00e9ricaniste-occidentaliste est sans aucun doute incontestable : c&rsquo;est celui de l&rsquo;autosuggestion, du simulacre. Au-del\u00e0, et sans contestation possible, il (le supr\u00e9macisme) ne fait apr\u00e8s tout que suivre la description gu\u00e9nonienne du Diable, <strong>et d&rsquo;autant plus juste qu&rsquo;avec notre \u00e9tat d&rsquo;esprit, nous sommes quasiment dans le champ du religieux, donc qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien de th\u00e9ologie<\/strong>, &ndash; et, par cons\u00e9quent, citation d&rsquo;autant plus justifi\u00e9e : &laquo; <em>On dit m\u00eame que le diable, quand il veut, est fort bon th\u00e9ologien ; il est vrai, pourtant, qu&rsquo;il ne peut s&#8217;emp\u00eacher de laisser \u00e9chapper toujours <strong>quelque sottise<\/strong>, qui est comme sa signature<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Le vice-amiral Johnstone, h\u00e9ritier d&rsquo;Horatio Nelson<\/strong>, pourrait en faire son miel : le voil\u00e0, \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;\u00eatre gu\u00e9nonien, fort justement camp\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mis en ligne le 20 janvier 2018 \u00e0 15H53<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;OTAN \u00ab\u00a0holistique\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0plus on est faible, plus on est fort\u00a0\u00bb Il se trouve que le journaliste Sydney J. 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