{"id":77741,"date":"2018-01-29T05:11:31","date_gmt":"2018-01-29T05:11:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/01\/29\/du-safari-club-au-safari-club-ii\/"},"modified":"2018-01-29T05:11:31","modified_gmt":"2018-01-29T05:11:31","slug":"du-safari-club-au-safari-club-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/01\/29\/du-safari-club-au-safari-club-ii\/","title":{"rendered":"Du Safari Club au Safari Club-II"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Du Safari Club au Safari Club-II<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Le commentateur dissident Wayne Madsen a d\u00e9velopp\u00e9 la description d&rsquo;une initiative originale et d&rsquo;une r\u00e9elle importance politique ; ce faisant, il la compare \u00e0 un mod\u00e8le initial, \u00e9galement original, dont il faut d\u00e9velopper le rappel historique d&rsquo;un point de vue structurel (\u00ab\u00a0structure souple\u00a0\u00bb) en laissant de c\u00f4t\u00e9 pour cet exercice la critique id\u00e9ologique qui va de soi lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;exerce sur le temps long et lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit du combat au profit de l&rsquo;am\u00e9ricanisme comme c&rsquo;est le cas. Les deux d\u00e9marches ont chacune leur int\u00e9r\u00eat et, par cons\u00e9quent et simple math\u00e9matique, le texte de Wadsen est doublement int\u00e9ressant. Il s&rsquo;agit du \u00ab\u00a0Safari Club\u00a0\u00bb, ex-\u00ab\u00a0Mt. Kenya Safari Club\u00a0\u00bb (Safari Club du Mont Kenya), et du \u00ab\u00a0Safari Club-II\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Safari Club constitua, durant sa vie op\u00e9rationnelle (de 1977 \u00e0 quelque part entre 1983 et 1986) une de ces associations informelles et semi-clandestines, form\u00e9e pour une ou des circonstances r\u00e9gionales par des dirigeants de services de renseignement ayant les m\u00eames int\u00e9r\u00eats et les m\u00eames buts, dans tous les cas dans les circonstances donn\u00e9es extr\u00eamement conditionn\u00e9es par des circonstances conjoncturelles et dans un cadre r\u00e9gional bien d\u00e9fini. Par leur caract\u00e8re \u00e0 la fois informel, libre de toute attache contraignante voyante, de toute bureaucratie, et \u00e9voluant plut\u00f4t en apparence dans la sph\u00e8re sociale de l&rsquo;influence avec relais vers des capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles, <strong>ces \u00ab\u00a0structures\u00a0\u00bb sont extr\u00eamement souples et ont une capacit\u00e9 d&rsquo;agir tr\u00e8s vite et tr\u00e8s efficacement<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Autre exemple de la Guerre Froide du m\u00eame type que le Safari Club, <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Le_Cercle\">Le Cercle<\/a>, clairement d&rsquo;ob\u00e9dience britannique et directement li\u00e9 au MI6. Toutes ces \u00ab\u00a0structures souples\u00a0\u00bb ayant des liens \u00e9galement avec d&rsquo;autres structures clandestines d&rsquo;action directe telles les r\u00e9seaux <em>Stay Behind<\/em>\/<em>Gladio<\/em>, <strong>ne sont pas elles-m\u00eames productrices d'\u00a0\u00bbactions directes\u00a0\u00bb<\/strong><em>. <\/em>De ce point de vue, cela contribue \u00e9galement \u00e0 leur souplesse de fonctionnement.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Safari Club initial, qui naquit du rachat d&rsquo;une association de chasseurs au Kenya d\u00e9tenue par trois actionnaires (dont l&rsquo;acteur William Holden), le \u00ab\u00a0Mt. Kenya Safari Club\u00a0\u00bb qui servit de couverture initiale, rassemblait plusieurs pays musulmans anticommunistes et du Moyen-Orient, et la France, bien entendu avec une connexion forte mais non contraignante avec la CIA. Dans la description qu&rsquo;en fait Madsen, le Safari Club est implicitement pr\u00e9sent\u00e9 quasiment comme une cr\u00e9ation de la CIA, et l&rsquo;auteur <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/les-guerres-auto-generatrices-des-etats-unis\">Peter Dale Scott<\/a> en fait m\u00eame une \u00ab\u00a0CIA n&deg;2\u00a0\u00bb. Nous aurions tendance \u00e0 appr\u00e9cier dans ces jugements implicites et explicites<strong> un paradoxal tropisme am\u00e9ricaniste<\/strong>, o&ugrave; m\u00eame des \u00ab\u00a0dissidents\u00a0\u00bb du Syst\u00e8me et adversaires les plus acharn\u00e9s de la CIA <strong>voient la CIA partout en la dotant par cons\u00e9quent de qualit\u00e9 qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas toujours<\/strong>, exactement comme les partisans des USA voient partout des traces d\u00e9cisives de la pr\u00e9sence h\u00e9g\u00e9monique et \u00ab\u00a0bienfaisante\u00a0\u00bb des USA et de leurs divers \u00ab\u00a0organes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous dirions au contraire que <strong>c&rsquo;est l&rsquo;absence de mainmise trop \u00e9crasante de la CIA (voir plus loin) qui a contribu\u00e9 au succ\u00e8s du Safari Club original<\/strong>, en emp\u00eachant la redoutable bureaucratie am\u00e9ricaniste, digne pendant de la bureaucratie sovi\u00e9tique, de contrecarrer tous les avantages du projet. Pendant les ann\u00e9es de mise en route et de fonctionnement \u00e0 plein rendement du Safari Club, de 1977 \u00e0 1981, la CIA se trouvait en effet <strong>emprisonn\u00e9e dans les suites paralysantes de sa crise de 1975<\/strong> (enqu\u00eate de la Commission Church au Congr\u00e8s, nomination d&rsquo;un directeur r\u00e9solument r\u00e9formiste, l&rsquo;amiral Stansfield Turner, par le nouveau pr\u00e9sident US Carter en 1977).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Selon nous, la cheville ouvri\u00e8re du Safari Club fut le directeur du SDECE fran\u00e7ais, <strong>le gigantesque et tonitruant comte Alexandre de Marenches, dit \u00ab\u00a0Porthos\u00a0\u00bb<\/strong>, homme aux multiples contacts et amoureux des man&oelig;uvres d&rsquo;influence par les r\u00e9seaux sociaux d&rsquo;alors, essentiellement les intrigues de salon, la \u00ab\u00a0Haute Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb (pas encore nomm\u00e9e <em>JetSet <\/em>mais sur le point de l&rsquo;\u00eatre), mais aussi certains r\u00e9seaux bancaires, de trafiquants, etc. Marenches, proche des Anglo-Saxons avec une femme d&rsquo;une vieille famille am\u00e9ricaine d&rsquo;origine fran\u00e7aise (huguenote ayant quitt\u00e9 la France \u00e0 la r\u00e9vocation de l&rsquo;Edit de Nantes), proam\u00e9ricaniste et anticommuniste apr\u00e8s une belle guerre (il fut un des chefs d&rsquo;\u00e9tat-major et officier de liaison du g\u00e9n\u00e9ral Juin, futur mar\u00e9chal, qui commanda avec un brio exceptionnel l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise libre durant la campagne d&rsquo;Italie) et une d\u00e9mission des SR fran\u00e7ais en 1962 (d\u00e9saccord avec de Gaulle sur l&rsquo;Alg\u00e9rie) avant d&rsquo;\u00eatre rengag\u00e9 par Pompidou pour diriger le SDECE de 1969 \u00e0 1981.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On verra deux points de vue sur le Safari Club dans les <em>Wikip\u00e9dia<\/em>, le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Safari_Club\">fran\u00e7ais<\/a> et l&rsquo;<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Safari_Club\">anglais<\/a>. Du second, nous extrayons cette appr\u00e9ciation de l&rsquo;un des membres du Safari Club, <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Turki_bin_Faisal_Al_Saud\">Prince Turki<\/a>, chef du SR saoudien, dans une conf\u00e9rence \u00e0 Georgetown University en 2002, &ndash; o&ugrave; l&rsquo;on voit qu&rsquo;il n&rsquo;est pas donn\u00e9 un grand cr\u00e9dit \u00e0 la CIA dans l&rsquo;op\u00e9ration et qu&rsquo;il n&rsquo;est pas fait mention officiellement d&rsquo;Isra\u00ebl, &ndash; mais par contre <strong>l&rsquo;op\u00e9ration \u00e9tant plac\u00e9e dans le contexte qui importe, qui \u00e9tait l&rsquo;\u00e9croulement des capacit\u00e9s de renseignement des USA<\/strong> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>En 1976, apr\u00e8s la crise du Watergate qui avait eu lieu ici m\u00eame, \u00e0 Washington, votre communaut\u00e9 du renseignement avait \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement taill\u00e9e en pi\u00e8ces par le Congr\u00e8s. Elle ne pouvait plus rien faire. Elle ne pouvait envoyer des agents en mission, elle ne pouvait \u00e9crire des rapports, elle ne pouvait utiliser de l&rsquo;argent pour op\u00e9rer. Pour tenter de r\u00e9tablir cette situation, des pays form\u00e8rent un groupe dans l&rsquo;espoir de combattre le communisme et ils \u00e9tablirent ce qui fut nomm\u00e9 le Safari Club. Il incluait la France, l&rsquo;&Eacute;gypte, l&rsquo;Arabie Saoudite, le Maroc et l&rsquo;Iran <\/em>[jusqu&rsquo;\u00e0 la chute du Shah]<em>. Le but principal de ce club \u00e9tait de partager entre leurs membres leurs informations et de s&rsquo;aider les uns les autres \u00e0 contrer l&rsquo;influence mondiale de l&rsquo;Union Sovi\u00e9tique, particuli\u00e8rement en Afrique&#8230;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces pr\u00e9cisions ne sont pas sans int\u00e9r\u00eat pour introduire le deuxi\u00e8me point de l&rsquo;analyse de Madsen, qui  d\u00e9veloppe la r\u00e9v\u00e9lation que les Houthis qui se battent pr\u00e9sentement au Y\u00e9men contre les Saoudiens sont <strong>au c&oelig;ur d&rsquo;une organisation informelle du m\u00eame type que le Safari Club, que Madsen baptise aussit\u00f4t et fort logiquement Safari Club-II<\/strong>. Il d\u00e9taille cette \u00ab\u00a0structure souple\u00a0\u00bb qui rassemble les services de renseignement de l&rsquo;Iran, du Hezbollah, du Fatah et du Hamas.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Au-del\u00e0 de cette pr\u00e9sentation formelle, il y a la description <strong>de diverses op\u00e9rations r\u00e9alis\u00e9es par les Houthis, o&ugrave; cette association Safari Club-II a jou\u00e9 un r\u00f4le important<\/strong>. Ces op\u00e9rations prennent ainsi une dimension d&rsquo;organisation et d&rsquo;efficacit\u00e9 <strong>qui les font passer du seul plan tactique au plan strat\u00e9gique impliquant la situation de toute la zone du Moyen-Orient<\/strong>, cela qui justifie le concept pr\u00e9sent\u00e9 dans le titre original de l&rsquo;article : &laquo; <em>Ce qu&rsquo;est \u00ab\u00a0Safari Club-II\u00a0\u00bb et comment il peut changer la dynamique politique au Moyen-Orient<\/em> &raquo; (\u00ab\u00a0<em>What Is &lsquo;Safari Club II&rsquo; and How It Can Change Middle East Dynamics<\/em>\u00ab\u00a0).<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>De cette mani\u00e8re, le conflit y\u00e9m\u00e9nite perd son aspect strictement r\u00e9gional sinon local d&rsquo;un affrontement confus provoqu\u00e9 par l&rsquo;agression de l&rsquo;Arabie contre les Houthis et le Y\u00e9men, cette agression \u00e0 la fois ill\u00e9gale, absurde et cruelle, et paraissant pourtant d&rsquo;une importance secondaire pour la situation g\u00e9n\u00e9rale. Au contraire, la composante Houthis, qui se trouve impliqu\u00e9e dans une telle \u00ab\u00a0structure souple\u00a0\u00bb qu&rsquo;est le Club Safari-II, appara&icirc;t comme devant \u00e0 la fois conserver ses capacit\u00e9s d&rsquo;adaptation propres \u00e0 des mouvements s&rsquo;apparentant \u00e0 des gu\u00e9rilla, capacit\u00e9s de souplesse justement, mais aussi <strong>acqu\u00e9rant une dimension politique et strat\u00e9gique importante, effectivement capable de modifier des situations de grande politique et de grande strat\u00e9gie<\/strong>. De ce point de vue, le conflit y\u00e9m\u00e9nite pourrait constituer non seulement une erreur absurde de l&rsquo;Arabie, <strong>mais \u00e9galement une erreur catastrophique<\/strong>, pouvant se transformer en situation politico-militaire o&ugrave; la stabilit\u00e9 et la structure m\u00eame du royaume seraient menac\u00e9es, avec cons\u00e9quences telluriques en cha&icirc;ne pour toute la r\u00e9gion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans ce cas, le Safari Club originel appara&icirc;trait r\u00e9trospectivement comme <strong>une initiative effectivement originale, mais plus encore, une initiative proph\u00e9tique<\/strong> pouvant servir de <strong>mod\u00e8le \u00e0 une organisation qui s&rsquo;adapte parfaitement aux \u00ab\u00a0guerres hybrides\u00a0\u00bb<\/strong> que l&rsquo;on conna&icirc;t aujourd&rsquo;hui, exemple d&rsquo;application effectivement de ce que <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-g4g-est-elle-gaulliste\">William S. Lind<\/a> d\u00e9signe <strong>comme la \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/deconstruction-de-la-guerre\">Guerre de 4<sup>\u00e8me<\/sup> G\u00e9n\u00e9ration<\/a>\u00a0\u00bb (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-g4g-et-la-legitimite\">G4G<\/a>)<\/strong>. Manifestement Wayne Madsen a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9, \u00ab\u00a0brief\u00e9\u00a0\u00bb dans ce sens, par une ou des source(s) qui appr\u00e9cie(nt) l&rsquo;association Safari Club-II de ce point de vue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Par cons\u00e9quent, nous sommes conduits \u00e0 observer le conflit y\u00e9m\u00e9nite d&rsquo;un autre point de vue que l&rsquo;habituelle vision d&rsquo;une agression absurde, assorti d&rsquo;un carnage effectu\u00e9 par des forces saoudiennes incapables de ma&icirc;triser leurs capacit\u00e9s de feu contre une population et une organisation qui se d\u00e9fendent comme ils peuvent, avec de faibles moyens. Au contraire pour ce dernier point, les combattants Houthis apparaissent disposer <strong>d&rsquo;une maturit\u00e9, d&rsquo;une organisation et d&rsquo;une efficacit\u00e9 beaucoup plus grandes que suppos\u00e9<\/strong> tandis que se mettent en place des techniques de coop\u00e9ration et d&rsquo;organisation \u00e0 partir d&rsquo;entit\u00e9s que la critique strat\u00e9gique du bloc-BAO jugeait \u00e9galement rel\u00e9gu\u00e9es \u00e0 des formes primitives de guerre incapables de r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;assurance arrogante du maximalisme technologique de la postmodernit\u00e9. <strong>Il est effectivement ironique mais aussi significatif et plein d&rsquo;enseignement logique<\/strong> de constituer pour lutter contre l&rsquo;agression bureaucratique et pr\u00e9datrice du Syst\u00e8me, un \u00ab\u00a0mod\u00e8le\u00a0\u00bb de l&rsquo;aventure du Safari Club qui fut une r\u00e9ussite du Syst\u00e8me essentiellement parce que le poids paralysant de la bureaucratie am\u00e9ricaniste \u00e9tait oblig\u00e9 de rel\u00e2cher son \u00e9treinte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le texte de Wayne Madsen, dont une traduction-adaptation est pr\u00e9sent\u00e9e en ligne ci-dessous, a \u00e9t\u00e9 mis en ligne sur <em>Strategic-Culture.org <\/em><a href=\"https:\/\/www.strategic-culture.org\/news\/2018\/01\/26\/what-is-safari-club-ii-how-it-can-change-middle-east-dynamics.html\">le 26 janvier 2018<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Comment \u00ab\u00a0Safari Club-II\u00a0\u00bb peut changer le Moyen-Orient<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Pendant la guerre froide, la Central Intelligence Agency avait convaincu certains alli\u00e9s d&rsquo;Europe et du Moyen-Orient d&rsquo;\u00e9tablir une alliance informelle de renseignement dont les liens avec les &Eacute;tats-Unis devraient \u00eatre officiellement \u00ab\u00a0contestables de mani\u00e8re plausible\u00a0\u00bb, &ndash; selon le langage typique de la CIA. En 1976, un groupe de directeurs d&rsquo;agences de renseignement pro-occidentaux s&rsquo;\u00e9taient secr\u00e8tement rencontr\u00e9s au \u00ab\u00a0Mt. Kenya Safari Club\u00a0\u00bb(\u00ab\u00a0Safari Club du Mont Kenya\u00a0\u00bb), \u00e0 Nanyuki au Kenya, pour \u00e9laborer un pacte informel visant \u00e0 limiter l&rsquo;influence sovi\u00e9tique en Afrique et au Moyen-Orient. Le groupe s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9uni sous les auspices du marchand d&rsquo;armes saoudien Adnan Khashoggi, du pr\u00e9sident kenyan Jomo Kenyatta et du secr\u00e9taire d&rsquo;&Eacute;tat am\u00e9ricain Henry Kissinger. Si Khashoggi \u00e9tait pr\u00e9sent \u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9union de ce groupe informel qui allait \u00eatre connu sous le nom de \u00ab\u00a0Safari Club\u00a0\u00bb, Kenyatta et Kissinger \u00e9taient absents.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les signataires de la charte originale du Safari Club au Kenya comprenaient le comte Alexandre de Marenches, directeur du Service de Documentation Ext\u00e9rieure et de Contre-Espionnage (SDECE, pr\u00e9d\u00e9cesseur de la DGSE) ; Kamal Adham, le chef d&rsquo;Al Mukhabarat Al A&rsquo;amah, le service de renseignement saoudien ; le g\u00e9n\u00e9ral Kamal Hassan Aly, directeur du service de renseignement \u00e9gyptien ; Ahmed Dlimi, chef du service de renseignement marocain ; enfin, le g\u00e9n\u00e9ral Nematollah Nassiri, chef de l&rsquo;agence de renseignement SAVAK en Iran. Il y a des indications, mais aucune preuve r\u00e9elle, que le chef du Mossad d&rsquo;Isra\u00ebl, Yitzhak Hofi, aurait informellement particip\u00e9 \u00e0 cette premi\u00e8re r\u00e9union du Safari Club.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le \u00ab\u00a0Mt. Kenya Safari Club\u00a0\u00bb, fond\u00e9 en 1959, \u00e9tait la copropri\u00e9t\u00e9 du magnat du p\u00e9trole de l&rsquo;Indiana, Ray Ryan, qui avait des liens avec la CIA et la Mafia ; de Carl W. Hirschmann Sr., le fondateur suisse de Jet Aviation, une soci\u00e9t\u00e9 internationale d&rsquo;aviation d&rsquo;affaires ayant des liens \u00e9troits avec la CIA et qui a \u00e9t\u00e9 vendue \u00e0 General Dynamics en 2008 ; et de l&rsquo;acteur William Holden. Le 18 octobre 1977, apr\u00e8s que le Safari Club ait install\u00e9 son quartier g\u00e9n\u00e9ral op\u00e9rationnel au Caire, Ryan fut tu\u00e9 dans une voiture pi\u00e9g\u00e9e \u00e0 Evansville, Indiana. William Holden est mort dans son appartement de Santa Monica, en Californie, le 12 novembre 1981, apparemment apr\u00e8s avoir tr\u00e9buch\u00e9 sur une table de chevet et s&rsquo;\u00eatre fait une blessure au crane qui entra&icirc;na le d\u00e9c\u00e8s par h\u00e9morragie ; Holden \u00e9tait seul et il agonisa pendant plusieurs heures, son corps n&rsquo;\u00e9tant d\u00e9couvert que trois jours plus tard. Le meurtre de Ryan est une affaire class\u00e9e mais non r\u00e9solue tandis que des questions sans r\u00e9ponses caract\u00e9risent la mort solitaire de Holden.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En 1977, Khashoggi profita des probl\u00e8mes fiscaux de Ryan avec le gouvernement am\u00e9ricain et des difficult\u00e9s financi\u00e8res de Hirschmann pour acqu\u00e9rir le contr\u00f4le total du \u00ab\u00a0Mt. Kenya Safari Club\u00a0\u00bb qui devint simplement le Safari Club, peu de temps avant le meurtre de Ryan. Avec le transfert clandestin de son si\u00e8ge au Caire, le Safari Club devint un \u00e9l\u00e9ment-clef dans le recrutement de combattants irr\u00e9guliers arabes pour lutter contre l&rsquo;Union Sovi\u00e9tique en Afghanistan. Khashoggi a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans le financement de la \u00ab\u00a0L\u00e9gion arabe\u00a0\u00bb en Afghanistan en s&rsquo;appuyant sur le soutien de la famille royale saoudienne et du sultan Hassanal Bolkiah du Brunei.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La couverture du \u00ab\u00a0Mt. Kenya Safari Club\u00a0\u00bb continua \u00e0 jouer un r\u00f4le utile dans les r\u00e9unions clandestines du Safari Club, y compris celle du 13 mai 1982 entre le ministre isra\u00e9lien de la D\u00e9fense, Ariel Sharon ; le pr\u00e9sident du Soudan, Jaafar al-Nimeiri ; Omar al-Tayeb, chef des renseignements soudanais ; le milliardaire am\u00e9ricano-isra\u00e9lien Adolph \u00ab\u00a0Al\u00a0\u00bb Schwimmer, fondateur d&rsquo;Israel Aerospace Industries ; Yaacov Nimrodi, ancien officier de liaison du Mossad \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran du tempsde la SAVAK du Shah ; enfin, le directeur adjoint du Mossad, David Kimche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le chef du Safari Club \u00e9tait George \u00ab\u00a0Ted\u00a0\u00bb Shackley, qui, en tant que directeur adjoint de la CIA pour les op\u00e9rations, \u00e9tait le chef des op\u00e9rations clandestines de la CIA sous la direction de George W. Bush [Bush-p\u00e8re] en 1977-1978. Shackley, dont le surnom \u00e9tait \u00ab\u00a0Blond Ghost\u00a0\u00bb, fut mis \u00e0 pied par le directeur de la CIA de Jimmy Carter, l&rsquo;amiral Stansfield Turner, puis rappel\u00e9 au service par le chef de la CIA de Ronald Reagan, William Casey. Agissant comme un agent de renseignement priv\u00e9, Shackley a jou\u00e9 un r\u00f4le-clef dans la mobilisation de l&rsquo;ancien r\u00e9seau SAVAK du Safari Club en Europe pour contribuer \u00e0 la tristement c\u00e9l\u00e8bre affaire Iran-contra.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Safari Club \u00e9tait responsable de la plupart des op\u00e9rations clandestines de l&rsquo;Occident contre l&rsquo;Union sovi\u00e9tique dans les zones de conflit s&rsquo;\u00e9tendant de l&rsquo;Afghanistan \u00e0 la Somalie et de l&rsquo;Angola au Nicaragua. Il est ironique qu&rsquo;un groupe d&rsquo;agences de renseignement et de groupes de gu\u00e9rilla soutenant les Houthis au Y\u00e9men reprenne aujourd&rsquo;hui le mod\u00e8le de l&rsquo;ancien Safari Club pour combattre les Etats-Unis, l&rsquo;Arabie Saoudite, Isra\u00ebl et leurs mandataires au Y\u00e9men, la Corne de l&rsquo;Afrique, et le grand Moyen-Orient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le mouvement Houthi anti-Saoudien au Y\u00e9men, dont les membres adh\u00e8rent \u00e0 la secte Zaidi-Shi&rsquo;a de l&rsquo;Islam, s&rsquo;oppose aux pratiques fondamentalistes rigides du Wahhabisme saoudien. Les Houthis, qui sont align\u00e9s religieusement et politiquement avec l&rsquo;Iran chiite, ont \u00e9tabli un service de renseignement externe sous la direction d&rsquo;Abdelrab Saleh Jerfan. S&rsquo;inspirant de la formule du Safari Club, les services de renseignement Houthi ont conclu des accords informels avec le Corps des gardiens de la r\u00e9volution islamique (IRGC) ou Pasdaran ; le Service de s\u00e9curit\u00e9 pr\u00e9ventive (PSS) de Palestine ; les trois branches du renseignement du Hezbollah libanais, y compris l&rsquo;Unit\u00e9 1800, la branche du renseignement des op\u00e9rations sp\u00e9ciales du Hezbollah ; enfin, avec le service de renseignement du Hamas, bas\u00e9 \u00e0 Gaza mais dont les agents sont r\u00e9partis dans tout le Moyen-Orient. Maintenant que le pr\u00e9sident syrien Bashar al-Assad a mis en d\u00e9route la plupart des arm\u00e9es de gu\u00e9rilla djihadistes de son pays, notamment avec l&rsquo;aide du personnel des forces exp\u00e9ditionnaires houthi, la Syrie est mieux plac\u00e9e pour fournir une assistance militaire \u00e0 la coalition Houthi au Y\u00e9men. Ensemble, cette alliance de forces antisionistes et anti-wahhabites, que l&rsquo;on pourrait surnommer \u00ab\u00a0Safari Club-II\u00a0\u00bb, peut lancer des op\u00e9rations de p\u00e9n\u00e9tration de la fronti\u00e8re saoudienne du Y\u00e9men et mener des op\u00e9rations militaires contre des cibles militaires et gouvernementales saoudiennes dans la province d&rsquo;Asir en Arabie saoudite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La coalition suscit\u00e9e et men\u00e9e par l&rsquo;Arabie saoudite, qui comprend des troupes des &Eacute;mirats arabes unis, du Pakistan, de l&rsquo;&Eacute;gypte, du Kowe\u00eft, du Maroc, du Soudan, de Jordanie et de Bahre\u00efn, est intervenue dans le guerre civile y\u00e9m\u00e9nite en 2015, sous l&rsquo;impulsion de sa direction saoudienne. Cette intervention a conduit les Houthis \u00e0 riposter et, d\u00e8s 2016, ils ont \u00e9tendu leur action en territoire saoudien. Les forces houthies sont entr\u00e9es dans trois r\u00e9gions frontali\u00e8res saoudiennes, notamment Asir, Jizan et Najran. Avec l&rsquo;appui des services de renseignements des Pasdaran et du Hezbollah, les Houthis ont cr\u00e9\u00e9 un groupe s\u00e9cessionniste saoudien, Ahrar al-Najran, ou \u00ab\u00a0les Ind\u00e9pendants de la r\u00e9gion de Najran\u00a0\u00bb. Najran faisait partie jusqu&rsquo;en 1934 du royaume de Mutawakkilite au Y\u00e9men, gouvern\u00e9 par la dynastie Zaidi jusqu&rsquo;en 1962, lorsque le roi a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9. Les irr\u00e9dentistes du c\u00f4t\u00e9 saoudien de la fronti\u00e8re veulent la r\u00e9unification avec le Y\u00e9men. La tribu y\u00e9m\u00e9nite Hamdanid, qui avait \u00e9t\u00e9 le principal soutien de la dynastie Zaidi, a pr\u00eat\u00e9 serment d&rsquo;all\u00e9geance \u00e0 la coalition men\u00e9e par les Houthis au Y\u00e9men, marquant ainsi un succ\u00e8s consid\u00e9rable du Safari Club-II.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le renseignement Houthi effectue \u00e9galement une surveillance et des reconnaissances des bases navales isra\u00e9liennes en mer Rouge dans l&rsquo;archipel des Dahlak, en &Eacute;rythr\u00e9e et dans le port de Massawa. Les Houthis ont \u00e9galement surveill\u00e9 les op\u00e9rations militaires saoudiennes et \u00e9miraties dans la ville portuaire d&rsquo;Assab en &Eacute;rythr\u00e9e. En 2016, les forces houthies auraient attaqu\u00e9 le quartier g\u00e9n\u00e9ral de la marine \u00e9rythr\u00e9enne \u00e0 Assab apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e des forces saoudiennes dans la ville portuaire. Les Houthis ont peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 aid\u00e9s par un autre alli\u00e9 du Safari Club-II, le groupe d&rsquo;opposition \u00e9rythr\u00e9en, l&rsquo;Organisation d\u00e9mocratique Afar de la mer Rouge (RSADO), qui re\u00e7oit \u00e9galement le soutien de l&rsquo;&Eacute;thiopie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En 2016, les Houthis ont men\u00e9 avec succ\u00e8s une incursion dans Asir et captur\u00e9 une base militaire saoudienne, ainsi qu&rsquo;une cache d&rsquo;armes am\u00e9ricaines et canadiennes. Le parrainage par Safari Club-II d&rsquo;un mouvement s\u00e9cessionniste en Arabie Saoudite ressemble au soutien que le Safari Club originel avait apport\u00e9 \u00e0 divers groupes insurg\u00e9s, dont l&rsquo;UNITA en Angola, la RENAMO au Mozambique et les contras au Nicaragua.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les bouleversements politiques au Y\u00e9men et en Arabie Saoudite ont d\u00e9bouch\u00e9 sur de nouvelles alliances entre la coalition saoudienne et les membres du Safari Club-II. Le 4 novembre 2017, le prince h\u00e9ritier saoudien, Mohammed bin Salman, a entrepris de consolider son pouvoir politique en arr\u00eatant plusieurs princes de la Maison des Saoud, ainsi que d&rsquo;\u00e9minents ministres, dignitaires religieux et hommes d&rsquo;affaires. Un h\u00e9licopt\u00e8re transportant le prince Mansour bin Muqrin, le vice-gouverneur de la province d&rsquo;Asir, et sept autres hauts responsables saoudiens, s&rsquo;est \u00e9cras\u00e9 pr\u00e8s d&rsquo;Abha, dans la province d&rsquo;Asir, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re avec le nord du Y\u00e9men contr\u00f4l\u00e9 par les Houthis. Selon plusieurs rapports, l&rsquo;h\u00e9licopt\u00e8re aurait \u00e9t\u00e9 abattu par les Saoudiens apr\u00e8s qu&rsquo;ils aient eu appris qu&rsquo;il volait vers le Y\u00e9men contr\u00f4l\u00e9 par les Houthis o&ugrave; le prince et son parti avaient re\u00e7u l&rsquo;assurance de l&rsquo;asile politique. Un prince saoudien se joignant aux Houthis aurait constitu\u00e9 un coup symbolique et de communication majeur pour le Safari Club-II. Dans tous les cas, cette intervention signale que les Houthis ont pris position dans la lutte pour le pouvoir au sein de la maison des Saoud.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans le m\u00eame temps, les services secrets Houthis, aid\u00e9s par les impressionnantes capacit\u00e9s de renseignement de communication du Hezbollah, ont intercept\u00e9 des communications t\u00e9l\u00e9phoniques entre le pr\u00e9sident y\u00e9m\u00e9nite Ali Abdullah Saleh, ancien alli\u00e9 des Houthis, avec les EAU et la Jordanie, alli\u00e9s des Saoudiens. Ces \u00e9coutes ont permis de d\u00e9couvrir que Saleh n\u00e9gociait un accord s\u00e9par\u00e9 avec la coalition saoudienne-\u00e9miratie, une orientation qui a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e par les Houthis comme la trahison ultime. Les Houthis ont pris d&rsquo;assaut la r\u00e9sidence de Saleh dans la capitale y\u00e9m\u00e9nite de Sanaa et l&rsquo;ont ex\u00e9cut\u00e9 sur place.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est remarquable et ironique \u00e0 la fois que le Safari Club-II se bat contre de nombreux membres du Safari Club original. &Agrave; l&rsquo;exception de l&rsquo;Iran, membre du Safari Club-II mais sous un r\u00e9gime compl\u00e8tement diff\u00e9rent, il s&rsquo;agit de l&rsquo;Arabie saoudite, d&rsquo;Isra\u00ebl, de la France, de l&rsquo;&Eacute;gypte, du Maroc et d&rsquo;autres satellites des Etats-Unis, et du Soudan. Henry Kissinger, un des parrains du Safari Club originel, conseille maintenant le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, relais du Mossad \u00e0 la Maison Blanche, sur ses contacts fr\u00e9quents avec les dirigeants saoudiens et d&rsquo;autres acteurs r\u00e9gionaux de la m\u00eame clique, y compris les Isra\u00e9liens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Safari Clb-II dispose de ce dont manquait le Safari Club originel : un soutien populaire. La coalescence des int\u00e9r\u00eats des populations opprim\u00e9es du Y\u00e9men, du Liban et de la Palestine (Cisjordanie et Gaza), ainsi que les pr\u00e9occupations g\u00e9opolitiques de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;Iran, expliquent ce soutien populaire. Plus r\u00e9cemment l&rsquo;\u00e9volution du Qatar \u00e0 la suite de la querelle de cet &Eacute;mirat avec l&rsquo;Arabie, a fait profiter le Safari Club-II d&rsquo;un nouvel avantage de communication et sans doute plus. Le Safari Club-II b\u00e9n\u00e9ficie d\u00e9sormais d&rsquo;une oreille sympathique \u00e0 Doha, capitale du Qatar, membre \u00e0 l&rsquo;origine de la coalition saoudienne au Y\u00e9men mais d\u00e9sormais cible du boycott \u00e9conomique par les Saoudiens, les Bahre\u00efnis, les Kowe\u00eftiens et les Emiratis. La Chine, qui a coop\u00e9r\u00e9 avec le Safari Club d&rsquo;origine en Afghanistan et en Angola, a re\u00e7u des d\u00e9l\u00e9gations Houthi \u00e0 Beijing. Cette puissance fournirait \u00e9galement des armes \u00e0 la coalition Houthi au Y\u00e9men via l&rsquo;Iran. Oman, qui est rest\u00e9 neutre dans la guerre civile y\u00e9m\u00e9nite, est devenu en 2016 un relais pour fournir des armes aux Houthis dans des camions portant des plaques d&rsquo;immatriculation omanaises. Le gouvernement irakien dirig\u00e9 par les chiites est \u00e9galement connu pour apporter son soutien aux Houthis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La CIA et ses alli\u00e9s de la guerre froide ont fourni, avec la Safari Club originel, un mod\u00e8le inestimable pour les peuples assi\u00e9g\u00e9s et menac\u00e9s du Y\u00e9men, de la Corne de l&rsquo;Afrique et de l&rsquo;ensemble du Moyen-Orient. Le Safari Club-II donne aux Saoudiens, aux Isra\u00e9liens, aux Am\u00e9ricains, aux &Eacute;gyptiens, aux Marocains et \u00e0 d&rsquo;autres, y compris l&rsquo;&Eacute;tat islamique financ\u00e9 par l&rsquo;Arabie saoudite et les gu\u00e9rillas d&rsquo;Al-Qa\u00efda au Y\u00e9men, un avant-go&ucirc;t amer de leur propre m\u00e9decine.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Wayne Madsen<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du Safari Club au Safari Club-II Le commentateur dissident Wayne Madsen a d\u00e9velopp\u00e9 la description d&rsquo;une initiative originale et d&rsquo;une r\u00e9elle importance politique ; ce faisant, il la compare \u00e0 un mod\u00e8le initial, \u00e9galement original, dont il faut d\u00e9velopper le rappel historique d&rsquo;un point de vue structurel (\u00ab\u00a0structure souple\u00a0\u00bb) en laissant de c\u00f4t\u00e9 pour cet&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[2791,3626,3259,3104,2631,5701,2773,4811,18058,12682,18060,18059,2626,4400,9076],"class_list":["post-77741","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-alexandre","tag-anticommunisme","tag-arabie","tag-cia","tag-de","tag-g4g","tag-iran","tag-madsen","tag-marenches","tag-modle","tag-savak","tag-sdece","tag-watergate","tag-wayne","tag-yemen"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77741","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77741"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77741\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77741"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77741"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77741"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}