{"id":77856,"date":"2018-04-23T09:46:28","date_gmt":"2018-04-23T09:46:28","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/04\/23\/very-special-relationshipspostmodernes\/"},"modified":"2018-04-23T09:46:28","modified_gmt":"2018-04-23T09:46:28","slug":"very-special-relationshipspostmodernes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/04\/23\/very-special-relationshipspostmodernes\/","title":{"rendered":"<em>Very-Special Relationships\u00a0<\/em>postmodernes"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\"><em>Very-Special Relationships <\/em>postmodernes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>22 avril 2018 &ndash; Que va donc faire Macron \u00e0 Washington ? Question stupide certes, tant elle rec\u00e8le une multitude de r\u00e9ponses, mais nous serions \u00e9galement port\u00e9s \u00e0 penser, &ndash; nous avons la stupidit\u00e9 ent\u00eat\u00e9e, &ndash; que toutes ces r\u00e9ponses sont li\u00e9es dans la possibilit\u00e9 d&rsquo;une course folle \u00e0 l&rsquo;humeur insaisissable et le caract\u00e8re extraordinaire du pr\u00e9sident des &Eacute;tats-Unis. D&rsquo;o&ugrave; ceci que nous maintenons notre question, en d\u00e9pit des haussements de sourcils des salons tr\u00e8s chics de la capitale : \u00ab\u00a0Que va donc faire Macron \u00e0 Washington ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Par ailleurs, on pourrait tout aussi bien consid\u00e9rer que la \u00ab\u00a0multitude de r\u00e9ponses\u00a0\u00bb qu&rsquo;elle pourrait susciter ne rend pas cette question si stupide qu&rsquo;il n&rsquo;y para&icirc;t. <strong>De stupide, elle devient \u00e9nigmatique<\/strong>, selon ce point de vue, et permet les hypoth\u00e8ses les plus \u00e9tonnantes, les plus audacieuses, les plus exotiques&#8230; Eh bien, nous allons nous attarder \u00e0 l&rsquo;une d&rsquo;entre elles qui, <strong>consid\u00e9rant l&rsquo;actuel niveau intellectuel et d&rsquo;originalit\u00e9 de la pens\u00e9e de l&rsquo;<em>establishment <\/em>diplomatique parisien (fran\u00e7ais, par ailleurs), ainsi que l&rsquo;intense libert\u00e9 dont il jouit, nous para&icirc;t tout \u00e0 fait acceptable et extr\u00eamement amusante en m\u00eame temps qu&rsquo;instructive \u00e0 examiner<\/strong>. Cette hypoth\u00e8se a commenc\u00e9 \u00e0 se r\u00e9pandre \u00e0 Washington apr\u00e8s que Macron <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/heureux-comme-un-simulacre-en-france\">ait d\u00e9clar\u00e9<\/a> au tandem Bourdin-Plenel \u00e9bahi et \u00e9bloui qu&rsquo;il avait r\u00e9cemment plusieurs fois t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 au pr\u00e9sident Trump pour, <strong>disons pour employer un mot leste qui rend l&rsquo;esprit de la chose, lui \u00ab\u00a0donner ses instructions\u00a0\u00bb<\/strong> sur quelques points fondamentaux de la politique ext\u00e9rieure. Des articles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits \u00e0 Washington o&ugrave;, pour la premi\u00e8re fois depuis longtemps, la France en \u00e9tait le sujet central.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On donne cet extrait de l&rsquo;un de ceux articles et l&rsquo;on vous d\u00e9fie d&rsquo;en extraire la phrase la plus importante pour notre propos (article de Yasmine Sehan, dans <em>The Atlantic<\/em> le <a href=\"https:\/\/www.theatlantic.com\/international\/archive\/2018\/04\/macron-trump-tony-blair\/558089\/\">18 avril 2018<\/a>) : &laquo; <em>Il est inhabituel d&rsquo;entendre une affirmation selon laquelle la politique de guerre des &Eacute;tats-Unis est en train de se faire en France. Mais encore une fois, la relation de Macron et Trump l&rsquo;est aussi<\/em>[inhabituelle]. <em>En d\u00e9pit d&rsquo;\u00eatre diam\u00e9tralement oppos\u00e9s sur un certain nombre de fronts politiques, les deux dirigeants ont r\u00e9ussi \u00e0 forger quelque chose d&rsquo;une amiti\u00e9 au cours de la derni\u00e8re ann\u00e9e. Au lendemain de la derni\u00e8re attaque pr\u00e9sum\u00e9e contre les armes chimiques en Syrie, c&rsquo;est Macron qui \u00e9tait au t\u00e9l\u00e9phone avec Trump coordonnant \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.whitehouse.gov\/briefings-statements\/readout-president-donald-j-trumps-call-president-emmanuel-macron-france-13\/\">une r\u00e9ponse forte et conjointe<\/a>\u00a0\u00bb \u00e0 ce qu&rsquo;ils consid\u00e9raient tous les deux comme un crime inacceptable de la part d&rsquo;Assad. Moins d&rsquo;une semaine plus tard, les &Eacute;tats-Unis et la France ont ordonn\u00e9 des frappes militaires contre trois cibles gouvernementales syriennes, dont un centre de recherche et deux entrep\u00f4ts d&rsquo;armes chimiques (le Royaume-Uni, dont le premier ministre Theresa May discuta de l&rsquo;op\u00e9ration avec Trump deux jours apr\u00e8s Macron, a \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;attaque)<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>R\u00e9ponse : la phrase la plus importante est la derni\u00e8re&#8230; Elle est <strong>entre parenth\u00e8se, vraiment comme un d\u00e9tail oubli\u00e9 et qu&rsquo;il faut bien rajouter<\/strong>, et, soulign\u00e9e par l&#8217;emploi du caract\u00e8re gras, elle indique une chronologie extr\u00eamement significative : <em>(le Royaume-Uni, dont le premier ministre Theresa May discuta de l&rsquo;op\u00e9ration avec Trump <strong>deux jours apr\u00e8s Macron<\/strong>, a \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;attaque)<\/em>. Ainsi tout se passe-t-il comme si, pour cette attaque, le principal interlocuteur, disons l&rsquo;auxiliaire sine qua non, \u00e9tait le Fran\u00e7ais et non le Britt&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quel changement, par exemple avec, cinq ans auparavant, la crise d&rsquo;ao&ucirc;t-septembre 2013. <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/notes-dun-promeneur-au-bord-des-abysses\">Un de nos textes<\/a> le rappelait r\u00e9cemment : c&rsquo;est le vote n\u00e9gatif des Communes \u00e0 Londres pour une participation britannique qui convainquit Obama de laisser tomber l&rsquo;attaque contre la Syrie. Les Fran\u00e7ais, sous le commandement de Hollande, Murat postmoderne et sabre au clair, piaffait d&rsquo;impatience et son d\u00e9sarroi fut immense de s&rsquo;en voir refuser la possibilit\u00e9 d&rsquo;en user contre l&rsquo;im-monde Assad, le \u00ab\u00a0<em>capo di tutti capi<\/em>\u00a0\u00bb ayant d\u00e9cid\u00e9 autrement. En ce temps-l\u00e0, les Britts menaient encore la valse-musette des auxiliaires. Aujourd&rsquo;hui, on les informe \u00ab\u00a0pour info\u00a0\u00bb, <strong>en queue de paragraphe et entre parenth\u00e8ses<\/strong>. La France de Macron a retrouv\u00e9 toute sa gloire <strong>de valet de pied de premi\u00e8re cat\u00e9gorie<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certains jugent que le pr\u00e9sident fran\u00e7ais va \u00e0 Washington pour celer une nouvelle \u00e9tape de cette alliance \u00e9trange, ce ces <em>special relationships <\/em>postmodernes. Le compte de la Syrie \u00e9tant r\u00e9gl\u00e9, \u00e0 la mode de Grande-Bretagne, passons \u00e0 l&rsquo;Iran. C&rsquo;est la th\u00e8se d&rsquo;un journaliste et auteur alg\u00e9rien, Akram Belkaid, ici interview\u00e9 par Ben Norton, de <em>TheRealNews.com<\/em>, le <a href=\"http:\/\/therealnews.com\/t2\/story:21592:France-Joins-US-in-a-%27Poker-Game%2C%27-Targeting-Iran-and-Hezbollah\">17 avril 2018<\/a>, et il nous promet que cela ne sera pas facile du tout&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Ben Norton <\/em><\/strong>: &laquo; <em>Et pouvez-vous \u00e9galement parler du r\u00e9cent appel t\u00e9l\u00e9phonique de Macron avec Trump? C&rsquo;est-\u00e0-dire, dimanche, le 15 avril, Macron s&rsquo;est attribu\u00e9 le m\u00e9rite d&rsquo;avoir convaincu Trump de laisser des troupes am\u00e9ricaines en Syrie. Vous savez, comme je l&rsquo;ai mentionn\u00e9, il \u00e9tait peu probable que les &Eacute;tats-Unis retirent leurs troupes. Les &Eacute;tats-Unis ont au moins dix bases militaires dans le nord de la Syrie, avec au moins 2000 soldats. Alors pourquoi pensez-vous que Macron veut s&rsquo;attribuer le cr\u00e9dit politique de la chose ? Selon vous, quelles sont ses motivations pour essayer de garder les troupes am\u00e9ricaines en Syrie ?<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Akram Belkaid<\/em><\/strong> : &laquo; <em>Je ne sais pas, je ne sais pas si c&rsquo;est vrai. Je veux dire, je ne sais pas s&rsquo;il a convaincu M. Trump de le faire. Je veux dire, mais c&rsquo;est clairement une communication politique, et cette communication politique s&rsquo;adresse au public fran\u00e7ais, \u00e0 l&rsquo;opinion publique fran\u00e7aise. Parce que vous devez savoir que, en France, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 une agitation sociale importante. Nous avons des manifestations, nous avons des gr\u00e8ves, nous avons des gens qui critiquent clairement la politique de M. Macron, la politique sociale. Ses r\u00e9formes sont critiqu\u00e9es. Son taux d&rsquo;approbation n&rsquo;est pas si \u00e9lev\u00e9 qu&rsquo;il l&rsquo;\u00e9tait le mois dernier. Il est clair que M. Macron fait la m\u00eame chose que Fran\u00e7ois Hollande avant, ou m\u00eame Nicolas Sarkozy, utilisant les affaires internationales, utilisant la g\u00e9opolitique internationale pour appara&icirc;tre aussi fort, comme \u00e9tant un pr\u00e9sident fort, comme ayant une grande influence sur les affaires du monde.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Et c&rsquo;est pourquoi, je suppose, Macron pr\u00e9tend qu&rsquo;il a convaincu Donald Trump de ne pas se retirer, de retirer les troupes am\u00e9ricaines de Syrie. Parce que vous savez, cela donne une certaine cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 Macron, comme si la France \u00e9tait encore une grande puissance et que la France avait encore une grande influence dans le monde. C&rsquo;est l&rsquo;une des raisons, je suppose, pour lesquelles nous avions ce genre de d\u00e9tails sur l&rsquo;appel t\u00e9l\u00e9phonique entre M. Macron et M. Trump<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Ben Norton<\/em><\/strong> : &laquo; <em>Et peut-on parler plus g\u00e9n\u00e9ralement de la position de la France sur la guerre en Syrie, et plus particuli\u00e8rement sur l&rsquo;Iran ? La semaine derni\u00e8re, Mohammed bin Salman, le prince h\u00e9ritier saoudien et le dirigeant de facto, a rendu visite \u00e0 Emmanuel Macron. Ils ont eu plusieurs r\u00e9unions. Ils ont sign\u00e9 des milliards de dollars en accords commerciaux. Et sp\u00e9cifiquement, l&rsquo;une des choses qu&rsquo;ils ont d\u00e9termin\u00e9es, c&rsquo;est la collaboration fran\u00e7aise et saoudienne afin d&rsquo;affaiblir l&rsquo;Iran dans la r\u00e9gion. Pourquoi la France prend-elle une position aussi agressive contre l&rsquo;Iran ? Vous savez, il y a clairement une longue histoire de relations entre les &Eacute;tats-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui s&rsquo;allient au Moyen-Orient, en particulier sur la question de l&rsquo;Iran. Mais il me semble que la France aurait des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et politiques diff\u00e9rents de ceux des &Eacute;tats-Unis. Pourquoi Macron adopte-t-il une attitude aussi agressive contre T\u00e9h\u00e9ran ?<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong><em>Akram Belkaid<\/em><\/strong> : &laquo; <em>Eh bien, vous devez savoir que nous sommes confront\u00e9s en ce moment \u00e0 deux forces contradictoires \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la vie politique en France. Je veux dire, au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, il y avait beaucoup de fonctionnaires <\/em>[et de dirigeants]<em>, parmi lesquels le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Laurent Fabius, et m\u00eame Fran\u00e7ois Hollande, ils \u00e9taient contre l&rsquo;accord nucl\u00e9aire avec l&rsquo;Iran. Ils avaient clairement une position tr\u00e8s dure contre l&rsquo;Iran.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Bien s&ucirc;r, quand Macron a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu, il semblait que la France soutiendrait cet accord et qu&rsquo;il essaierait de prot\u00e9ger cet accord nucl\u00e9aire. Aujourd&rsquo;hui, il nous semble que Macron n&rsquo;est pas aussi cat\u00e9gorique \u00e0 propos d&rsquo;une position \u00e9quilibr\u00e9e entre la position am\u00e9ricaine contre l&rsquo;Iran, la position isra\u00e9lienne contre l&rsquo;Iran, alorsque le r\u00f4le traditionnel de la France dans la r\u00e9gion a toujours \u00e9t\u00e9 \u00e9quilibr\u00e9. Je veux dire, m\u00eame quand il y avait des probl\u00e8mes tr\u00e8s importants entre Washington et T\u00e9h\u00e9ran, la France, dans les ann\u00e9es 80, dans les ann\u00e9es 90, a toujours essay\u00e9 de jouer un r\u00f4le \u00e9quilibr\u00e9 entre les deux parties. Aujourd&rsquo;hui, nous pouvons comprendre que peut-\u00eatre quelque chose est en train d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9par\u00e9 dans la r\u00e9gion. Peut-\u00eatre que la France a d\u00e9cid\u00e9 que l&rsquo;Iran est la cible \u00e0 frapper et qu&rsquo;il faut soutenir ce que l&rsquo;Arabie Saoudite veut, ce que l&rsquo;administration Trump veut peut-\u00eatre, ce que veut le gouvernement Netanyahu, c&rsquo;est-\u00e0-dire une action contre l&rsquo;Iran<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Et il faut savoir aussi que la position fran\u00e7aise, et aussi le fait que la France a particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;action militaire contre la Syrie la semaine derni\u00e8re, est clairement et profond\u00e9ment critiqu\u00e9e dans le pays en ce moment. Je veux dire qu&rsquo;il n&rsquo;y pas un accord national sur ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 en Syrie la semaine derni\u00e8re. Beaucoup de gens accusent Macron de jouer le r\u00f4le de la force suppl\u00e9tive des &Eacute;tats-Unis, d&rsquo;essayer d&rsquo;\u00eatre un vassal, une sorte de vassal de Donald Trump. M\u00eame des gens qui sont contre le r\u00e9gime de Mr. Assad sont convaincus que ce n&rsquo;est pas une solution de participer \u00e0 une action ill\u00e9gale. <\/em><em>Et nous avons toujours, nous assistons maintenant \u00e0 une sorte de jeu de poker o&ugrave; la guerre en Syrie, ce qui se passe en Syrie, nous pouvons dire que c&rsquo;est fini. La prochaine \u00e9tape est ce qui va se passer avec l&rsquo;Iran, et peut-\u00eatre avec le Hezbollah. Sans cela, la France aurait jou\u00e9 le r\u00f4le d&rsquo;essayer de faire respecter la paix et de ne pas permettre que la situation soit plus compliqu\u00e9e qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est actuellement.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Nous devons aussi voir que, bien s&ucirc;r, il y a d&rsquo;\u00e9normes int\u00e9r\u00eats \u00e0 faire des affaires avec l&rsquo;Arabie Saoudite, mais dans le m\u00eame temps la communaut\u00e9 des affaires est vraiment int\u00e9ress\u00e9e par l&rsquo;Iran. Et de toutes les fa\u00e7ons, nous voyons clairement que l&rsquo;Iran est aujourd&rsquo;hui un march\u00e9 tr\u00e8s important pour le monde des affaires fran\u00e7ais, et ils essaient de convaincre le gouvernement fran\u00e7ais de lever les sanctions et d&rsquo;appliquer l&rsquo;accord de 2015.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Et ceci, c&rsquo;est une chose avec laquelle Emmanuel Macron doit compter et il va bien devoir s&rsquo;en occuper&#8230; Il va devoir s&rsquo;en expliquer, si quelque chose se passe, je veux dire, une guerre ou une crise plus importante avec l&rsquo;Iran, car il est clair que beaucoup d&rsquo;entreprises fran\u00e7aises vont perdre des contrats sign\u00e9s en Iran, en \u00e9quipement, en produits alimentaires. C&rsquo;est quelque chose qui est r\u00e9guli\u00e8rement couvert par la presse fran\u00e7aise. Je veux dire, l&rsquo;Iran est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9 comme une sorte de nouvelle fronti\u00e8re pour le business, mais aussi pour le tourisme. De nombreux touristes fran\u00e7ais qui se rendaient au Moyen-Orient se dirigent aujourd&rsquo;hui vers l&rsquo;Iran. Il ne sera pas facile du tout d&rsquo;expliquer \u00e0 l&rsquo;opinion publique fran\u00e7aise que l&rsquo;Iran est le m\u00e9chant que nous devons attaquer&#8230;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces sp\u00e9culations, comme d&rsquo;autres, comme le comportement lui-m\u00eame de Macron, conduisent \u00e0 admettre <strong>que l&rsquo;hypoth\u00e8se des <em>special relationships <\/em>n&rsquo;est nullement \u00e0 rejeter, qu&rsquo;elle doit \u00eatre suivie avec attention<\/strong>. Pour Macron, cela signifie un r\u00f4le privil\u00e9gi\u00e9 en Europe et un r\u00f4le important dans les crises d&rsquo;hors-BAO (hors de la zone d&rsquo;influence directe du bloc-BAO, \u00e0 commencer par la M\u00e9diterran\u00e9e, le Maghreb, le Moyen-Orient). Selon <strong>l&rsquo;esprit \u00e0 la fois comp\u00e9titif et globaliste-interventionniste de Macron<\/strong>, plusieurs facteurs montrent qu&rsquo;on pourrait croire que les occasions font le larron :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le Royaume-Uni est certes toujours dans sa position de suppl\u00e9tif des USA, comme s&rsquo;il d\u00e9pendait d&rsquo;une sorte de r\u00e9flexe pavlovien, mais il n&rsquo;a plus gu\u00e8re de moyens militaires qui le rendent int\u00e9ressant, et encore moins d&rsquo;influence apr\u00e8s le <em>Brexit<\/em>. M\u00eame son maximalisme antirusse finit par \u00eatre embarrassant, dans tous les cas pour Trump qui est variable sur le sujet. Enfin, Trump a eu quelques accrochages personnels avec les Britanniques, notamment une visite d&rsquo;&Eacute;tat abandonn\u00e9e, une hostilit\u00e9 marqu\u00e9e de la famille royale, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;Allemagne et Merkel sont plut\u00f4t dans une p\u00e9riode de basses eaux. Le temps extr\u00eamement long pour la formation du nouveau gouvernement, la position fragile de Merkel, pourtant dans un gouvernement sans la moindre vedette pour \u00e9merger, donc une ternitude germanique et g\u00e9n\u00e9rale sous une surveillance US constante, qui s&rsquo;accompagne d&rsquo;une absence d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de Trump pour l&rsquo;Allemagne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;o&ugrave; cette id\u00e9e lumineuse : pourquoi ne pas jouer le r\u00f4le des Britanniques aupr\u00e8s des USA, en beaucoup plus habiles et beaucoup plus dignes bien entendu, ind\u00e9pendance et souverainet\u00e9 obligent ? (Ne pas oublier que Macron est un pr\u00e9sident \u00ab\u00a0jupit\u00e9rien\u00a0\u00bb)&#8230; Nous avouons, humblement bien entendu, que cette id\u00e9e n&rsquo;est pas de notre exclusivit\u00e9, tant s&rsquo;en faut. Pour reprendre le texte de Yasmine Sehan, dans The Atlantic, cit\u00e9 plus haut :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>La coordination \u00e9troite des deux leaders sur des sujets controvers\u00e9s de guerre &ndash; m\u00eame face au scepticisme de leurs publics &ndash; rappelle une autre relation transatlantique charg\u00e9e d&rsquo;histoire, celle de l&rsquo;ancien Premier ministre britannique Tony Blair et du pr\u00e9sident am\u00e9ricain George W. Bush, qui furent d\u00e9sign\u00e9s \u00e0 une \u00e9poque \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.economist.com\/node\/1632587\">the odd couple<\/a>\u00a0\u00bb  <\/em>[\u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9trange couple\u00a0\u00bb]<em>. Comme Blair, Macron est connu pour son \u00e9nergie juv\u00e9nile lib\u00e9rale et son d\u00e9sir de transcender un foss\u00e9 gauche-droite. Alastair Campbell, directeur de la com&rsquo; de Blair <\/em>[et ma&icirc;tre \u00e8s-<em>spin doctor<\/em>]<em>, a not\u00e9 la ressemblance en janvier, qualifiant Macron de \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.theneweuropean.co.uk\/top-stories\/alastair-campbell-macron-heir-to-blair-1-5369270\">v\u00e9ritable h\u00e9ritier de Tony Blair<\/a>\u00ab\u00a0. La fa\u00e7on dont Macron a facilit\u00e9 l&rsquo;intervention de Trump contre Assad &ndash; en accusant publiquement le r\u00e9gime syrien d&rsquo;attaques chimiques alors m\u00eame que d&rsquo;autres alli\u00e9s h\u00e9sitaient, &ndash; rappelle comment Blair aida Bush \u00e0 mobiliser le soutien international pour la guerre en Irak<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les <em>special relationships <\/em>ont <strong>toujours exerc\u00e9 une fascination profonde<\/strong>, au moins sur une partie de la diplomatie fran\u00e7aise (et des \u00e9lites correspondantes), jusques et y compris pendant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. On y trouve p\u00eale-m\u00eale des p\u00e9tainistes comme Ren\u00e9 de Chambrun, gendre de Laval mais aussi descendant de La Fayette et lointainement li\u00e9 au pr\u00e9sident Th\u00e9odore Roosevelt par sa m\u00e8re (am\u00e9ricaine), aussi bien que des antivichystes d&rsquo;intensit\u00e9 moyenne, mais surtout violemment antigaulistes comme le diplomate Alexis L\u00e9ger, Saint-John Perse pour la po\u00e9sie. A cette vieille garde s&rsquo;est agglom\u00e9r\u00e9e une foule consid\u00e9rable de proam\u00e9ricanistes form\u00e9s durant la Guerre froide et jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, par les diff\u00e9rents r\u00e9seaux US qui pullulent en France, anticommunistes et antigaullistes sans autre perspective, id\u00e9ologues lib\u00e9raux tent\u00e9s par le n\u00e9oconservatisme, mais tous gardant n\u00e9anmoins l&rsquo;atavisme fran\u00e7ais d&rsquo;une certaine m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis des Britanniques \u00e0 cause de leur isolationnisme anti-europ\u00e9en, renforc\u00e9e de la jalousie du r\u00f4le qu&rsquo;ils (les Britanniques) jouaient aupr\u00e8s des USA. <strong>Tout cela s&rsquo;appuie sur une transversale qui va de Jean Monnet \u00e0 Jacques Attali et leur globalisme anti-souverainiste pour accoucher des m\u00eames cr\u00e9atures, dont la g\u00e9n\u00e9ration Sarko-Hollande-Macron est la parfaite illustration<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nul parmi ces nombreuses intelligences fran\u00e7aises mais prom\u00e9ricanistes ne s&rsquo;est avis\u00e9 que les <em>special relationships <\/em>ont toujours \u00e9t\u00e9 un jeu de dupes manipul\u00e9 par la nature m\u00eame de leur m\u00e9pris de la souverainet\u00e9 par la communaut\u00e9 am\u00e9ricaniste de Washington, et dissimul\u00e9 par l&rsquo;arrogance supr\u00e9maciste stupide que l&rsquo;intelligence britannique a su man\u00e9ger tout au long de son histoire. On pourra, on devra r\u00e9p\u00e9ter ici ce que sont v\u00e9ritablement les <em>special relationships <\/em>selon l&rsquo;historien britannique John Charmley. (reprise du texte de PhG du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/heureux-comme-un-simulacre-en-france\">18 avril 2018<\/a>) : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Derri\u00e8re la politique am\u00e9ricaine de Churchill, on trouve la proposition que le cr\u00e9dit moral de l&rsquo;action du Royaume-Uni en 1940-41 pouvait \u00eatre converti en influence sur la politique am\u00e9ricaine. Comme nombre d&rsquo;am\u00e9ricanophiles, Churchill imaginait que l&rsquo;Am\u00e9rique survenant sur la sc\u00e8ne mondiale aurait besoin d&rsquo;un guide sage et avis\u00e9, et il se voyait fort bien lui-m\u00eame, avec le Royaume-Uni, dans ce r\u00f4le. Cela para&icirc;t aujourd&rsquo;hui une curieuse fantaisie mais c&rsquo;est bien le principe qui guida la diplomatie britannique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;Am\u00e9rique pendant la p\u00e9riode que nous \u00e9tudions dans ces pages. En tentant d&rsquo;exposer \u00ab\u00a0l&rsquo;essence d&rsquo;une politique am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb en 1944, un diplomate d\u00e9finit parfaitement cette attitude <\/em>[dans une note interne du <em>Foreign Office<\/em>]<em>. La politique traditionnelle du Royaume-Uni de chercher \u00e0 emp\u00eacher qu&rsquo;une puissance exer\u00e7\u00e2t une position dominante \u00e9tait \u00e9cart\u00e9e : \u00ab\u00a0Notre but ne doit pas \u00eatre de chercher \u00e0 \u00e9quilibrer notre puissance contre celle des &Eacute;tats-Unis, mais d&rsquo;utiliser la puissance am\u00e9ricaine pour des objectifs que nous consid\u00e9rons comme b\u00e9n\u00e9fiques\u00a0\u00bb. La politique britannique devrait \u00eatre d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9e comme un moyen d'\u00a0\u00bborienter cette \u00e9norme p\u00e9niche maladroite <\/em>[les USA] <em>vers le port qui convient\u00a0\u00bb. L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;utiliser \u00ab\u00a0la puissance am\u00e9ricaine pour prot\u00e9ger le Commonwealth et l&rsquo;Empire\u00a0\u00bb avait beaucoup de charme en soi, en fonction de ce que l&rsquo;on sait des attitudes de Roosevelt concernant l&rsquo;Europe. Elle \u00e9tait \u00e9galement un parfait exemple de la fa\u00e7on dont les Britanniques parvenaient \u00e0 se tromper eux-m\u00eames \u00e0 propos de l&rsquo;Am\u00e9rique. On la retrouve avec la fameuse remarque de MacMillan, en 1943, selon laquelle les Britanniques devraient se consid\u00e9rer eux-m\u00eames comme \u00ab\u00a0les Grecs de ce nouvel Empire romain\u00a0\u00bb. L&rsquo;image de la subtile intelligence des Britanniques guidant l&rsquo;Am\u00e9rique avec sa formidable musculature et son cerveau de gringalet \u00e9tait flatteuse pour l&rsquo;\u00e9lite dirigeante britannique ; apr\u00e8s l&rsquo;horrible g\u00e2chis qu&rsquo;elle avait r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 tenter de pr\u00e9server son propre imperium, elle avait l&rsquo;arrogance de croire qu&rsquo;elle pourrait s&rsquo;occuper de celui de l&rsquo;Am\u00e9rique. M\u00eame un B\u00e9otien aurait pu se rappeler que, dans l&#8217;empire romain, les Grecs \u00e9taient des esclaves<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Peut-on \u00ab\u00a0flatter noblement\u00a0\u00bb <em>The-Donald<\/em> ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L\u00e0-dessus, redevenons s\u00e9rieux, &ndash; ou plut\u00f4t redevenons \u00ab\u00a0officiel\u00a0\u00bb tendance-<em>narrative<\/em>. Tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de est de la sp\u00e9culation selon un point de vue sans aucun doute orient\u00e9 que nous ne dissimulons pas une seconde. Si nous adoptons le point de vue officiel, nous dirons que le pr\u00e9sident Macron est venu \u00e0 Washington pour convaincre le pr\u00e9sident Trump que l&rsquo;accord nucl\u00e9aire avec l&rsquo;Iran est une bonne chose qu&rsquo;il importe, de prot\u00e9ger et de poursuivre, et qu&rsquo;\u00e0 cela il n&rsquo;y a pas d&rsquo;alternative. En gros, Macron <strong>dit qu&rsquo;il n&rsquo;y a \u00ab\u00a0pas de Plan-B\u00a0\u00bb pour l&rsquo;Iran<\/strong>, particuli\u00e8rement hier dans <a href=\"http:\/\/www.foxnews.com\/politics\/2018\/04\/22\/frances-macron-speaks-to-very-special-relationship-with-trump.html\">une interview \u00e0 <em>FoxNews<\/em><\/a>, &ndash; entre autres affirmations sonnantes et triomphantes, et dites en un anglais impeccable, <strong>comme <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/2018\/04\/22\/01003-20180422ARTFIG00230-emmanuel-macron-sur-fox-news-i-ll-make-france-great-again.php\">par exemple<\/a>&laquo; <em>I&rsquo;ll Make France Great Again ! <\/em>&raquo;<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p> (<strong>Habile <em>sapiens<\/em>-pr\u00e9sident<\/strong>, que nous admirons de notre claque joyeuse et sur commande : les majuscules, de notre cru on le comprend, lui permettant de le rapprocher encore plus de son ami <em>The-Donald<\/em>et de son triomphant MAGA [\u00ab\u00a0<em>Make America Great Again<\/em>\u00ab\u00a0], mot d&rsquo;ordre de cette superbe campagne \u00e9lectorale de 1976. Macron nous avait d\u00e9j\u00e0 fait le coup, du temps o&ugrave; il conchiait tr\u00e8s officiellement Trump pour avoir sorti les USA de l&rsquo;accord de Paris : &laquo; <em>Make the Earth Great Again <\/em>&raquo; [MEGA]<em>.<\/em>) <\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Macron se fait fort de convaincre son ami, sur lequel <strong>il laisse entendre qu&rsquo;il a, gr\u00e2ce \u00e0 des affinit\u00e9s multiples et des estimes particuli\u00e8res, une tr\u00e8s grande et tr\u00e8s excellente influence<\/strong>, sur divers terrains et notamment sur celui de l&rsquo;accord nucl\u00e9aire avec l&rsquo;Iran. C&rsquo;est ce que nous dit le compte-rendu de <em>FoxNews<\/em>, dans un passage o&ugrave;, apr\u00e8s tout, <strong>l&rsquo;on peut ais\u00e9ment consid\u00e9rer que notre hypoth\u00e8se a bien des similitudes avec la version \u00ab\u00a0officielle\u00a0\u00bb <\/strong>dont nous consid\u00e9rerions alors, d&rsquo;ailleurs tout \u00e0 fait en accordance avec les pratiques du temps, <strong>qu&rsquo;elle a \u00e9minemment un caract\u00e8re de <em>narrative<\/em><\/strong>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un passage o&ugrave; Macron explique pourquoi <em>The-Donald <\/em>est \u00ab\u00a0son ami\u00a0\u00bb et qu&rsquo;il a avec lui, &ndash; cela tombe bien, &ndash; des \u00ab\u00a0relations sp\u00e9ciales\u00a0\u00bb. Pour le cas, il faut laisser ce passage du texte de <em>FoxNews <\/em>en pur anglais, tel qu&rsquo;on nous l&rsquo;offre, car l&rsquo;on peut mieux saisir <strong>l&rsquo;apologie ainsi offerte <\/strong>de deux personnalit\u00e9s que les circonstances, <strong>les croyances de circonstance et le flou du reste<\/strong>, la singularit\u00e9 de leurs destins politiques doivent rapprocher en une sorte de n\u00e9o-<em>special relationships<\/em>. (L&#8217;emploi du caract\u00e8re gras est de notre cru.)<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&laquo; <em>He <\/em>[Macron] <em>said he and Trump \u00ab\u00a0have a <strong>very special relationship<\/strong>because both of us are probably the maverick of the systems on both sides. <\/em><em>I think President Trump&rsquo;s election was unexpected in your country, and probably my election was unexpected in my country. And we are not part of the classical political system. &hellip; We are very much attached to the same values  &hellip;. especially liberty and peace,\u00a0\u00bb he said.  \u00ab\u00a0And I think the U.S. today has a very strong role to play for peace in different regions of the world and especially the Middle East.\u00a0\u00bb <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Connaissant les psychologies des uns et des autres, les formes d&rsquo;arrogances diff\u00e9rentes mais tout aussi intenses qui r\u00e8gnent \u00e0 Washington et dans les salons parisiens (&laquo; <em>le m\u00e9lange continuel de trag\u00e9die et de calembours qui fait la conversation \u00e0 Paris<\/em> &raquo;, dit Talleyrand), il est manifeste qu&rsquo;il existe dans plus d&rsquo;un esprit diplomatique et communiquant autour de l&rsquo;Elys\u00e9e, et \u00e0 l&rsquo;Elys\u00e9e m\u00eame, dans le bureau symboliquement ovale du cru, <strong>quelque esprit pour refaire du Charmley en d\u00e9finissant de tr\u00e8s<em>-special relationships  <\/em>selon l&rsquo;esprit du temps, &mdash; c&rsquo;est-\u00e0-dire postmodernes<\/strong> : &laquo; <em>L&rsquo;image de la subtile intelligence des <\/em>[Fran\u00e7ais]<em>guidant l&rsquo;Am\u00e9rique avec sa formidable musculature et son cerveau de gringalet \u00e9tait flatteuse pour l&rsquo;\u00e9lite dirigeante <\/em>[parisienne]&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi se trouvent r\u00e9concili\u00e9e l&rsquo;hypoth\u00e8se d\u00e9velopp\u00e9e dans la premi\u00e8re partie du texte et ce qui appara&icirc;t clairement comme la partie <em>narrative <\/em>d&rsquo;une version \u00ab\u00a0officielle\u00a0\u00bb dont on devine la flexibilit\u00e9. Il n&rsquo;est pas s&ucirc;r que Merkel, qui a \u00e9t\u00e9 fort peu inform\u00e9e des d\u00e9tails cruciaux de l&rsquo;aventure France-UK-USA en Syrie, boive du petit lait bruxellois en imaginant son partenaire favori arguer de cette &laquo; <strong><em>very special relationship<\/em><\/strong> &raquo; comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une sorte de \u00ab\u00a0rencontre des deux Empereurs\u00a0\u00bb, &ndash; celui des USA et celui de l&rsquo;Europe, pas moins&#8230; Quant \u00e0 la pauvre Theresa May, laissons-l\u00e0 \u00e0 son <em>Brexit.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le probl\u00e8me de Macron, comme des Fran\u00e7ais en g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est que, malgr\u00e9 tout leur exercice de maniement de la postmodernit\u00e9, ils comprennent bien peu de choses du fonctionnement du pouvoir \u00e0 Washington D.C., &ndash; pardon, \u00e0 \u00ab\u00a0D.C.-la-folle\u00a0\u00bb. Hier, peu apr\u00e8s son \u00e9lection, Trump \u00e9tait vilipend\u00e9, m\u00e9pris\u00e9, ridiculis\u00e9, et on le tenait \u00e0 l&rsquo;Elys\u00e9e pour rien sinon comme un rebut faussaire, une ordure relaps destituable dans les mois \u00e0 venir. Aujourd&rsquo;hui, puisqu&rsquo;il est toujours l\u00e0, on tendrait \u00e0 croire \u00e0 l&rsquo;Elys\u00e9e qu&rsquo;il est devenu le pr\u00e9sident dans toute sa splendeur et ses pouvoirs, et que le convaincre en le s\u00e9duisant, \u00e9ventuellement par la flatterie et l&rsquo;exub\u00e9rance, c&rsquo;est s&rsquo;assurer l&rsquo;avantage d&rsquo;une alliance sp\u00e9ciale (&laquo; <strong><em>very special relationship<\/em><\/strong> &raquo;) avec &laquo; <em>cette \u00e9norme p\u00e9niche maladroite<\/em> &raquo; qu&rsquo;il convient d&rsquo;&laquo; <em>orienter <\/em>[&#8230;] <em>vers le port qui convient<\/em>&#8230; &raquo;. On se contentera ici de rappeler en quelques mots les v\u00e9ritables conditions du \u00ab\u00a0pouvoir\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0D.C.-la-folle\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire <strong>cette n\u00e9buleuse \u00e9clat\u00e9e dansant une gigue d\u00e9mente dont aucune musique ne peut pr\u00e9tendre rendre compte du rythme et du sens<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le pr\u00e9sident Trump est un homme qui promet \u00e9norm\u00e9ment et ne tient gu\u00e8re, parce qu&rsquo;il a la m\u00e9moire extr\u00eamement courte sinon l&rsquo;esprit ailleurs. Il ne conna&icirc;t pas la diff\u00e9rence entre le mensonge et ce qui n&rsquo;est pas mentir. Il adore les coups, les contrepieds, les formules twitteuses, les menaces sans lendemain et les alliances sans raison d&rsquo;\u00eatre, et il est ligot\u00e9 de diverses fa\u00e7ons par tant de factions du <em>DeepState <\/em>qu&rsquo;il en est moins le prisonnier qu&rsquo;une esp\u00e8ce de \u00ab\u00a0fou-du-roi\u00a0\u00bb tendant \u00e0 accentuer encore plus ses traits de caract\u00e8res les plus \u00e9tranges pour pouvoir exister. Quelle que soit la flatterie et les relations excellentes mais de circonstances, on saisit autant Trump qu&rsquo;une savonnette mouill\u00e9 sous une pluie de mousson. Cela n&rsquo;interdit pas de tenter d&rsquo;avoir des relations assez bonnes avec lui, voire de tenter de l&rsquo;utiliser \u00e0 son profit, <strong>mais cela interdit toute certitude dans une entreprise qui d\u00e9passerait le d\u00e9lai d&rsquo;une semaine<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;entourage de Trump, son \u00e9quipe, son administration, sont d&rsquo;une certaine fa\u00e7on aussi fous que lui, insaisissables et incompr\u00e9hensibles selon la seule raison cart\u00e9sienne, avec des personnalit\u00e9s aussi suspectes qu&rsquo;un fou de Bolton ; des forteresses aussi cadenass\u00e9es que le Pentagone de Mattis, nageant dans $<em>trillions <\/em>que sa comptabilit\u00e9s ne juge pas n\u00e9cessaire de prendre en compte ; des situations aussi extravagantes qu&rsquo;un minist\u00e8re de la Justice quasiment en \u00e9tat de r\u00e9bellion permanente o&ugrave; le ministre Sessions <a href=\"http:\/\/blogues.lapresse.ca\/hetu\/2018\/04\/20\/sessions-a-menace-de-demissionner\/\">menace de d\u00e9missionner<\/a> si Trump touche \u00e0 un cheveu de son adjoint h\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9quipe Obama, Rod Rosenstein, soutien et informateur privil\u00e9gi\u00e9 et subversif du procureur sp\u00e9cial Mueller qui s&rsquo;est jur\u00e9 d&rsquo;avoir la t\u00eate du pr\u00e9sident.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; \u00ab\u00a0D.C.-la-folle\u00a0\u00bb n&rsquo;a que trois buts : la guerre, la guerre et la guerre, avec un antirussisme rabique pour couronner le tout. On conna&icirc;t bien cette situation et l&rsquo;on sait que l&rsquo;Iran est tr\u00e8s, tr\u00e8s haut sur la <em>hit list<\/em>, avec la Syrie et le Hezbollah, et pas tr\u00e8s loin, la Russie elle-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce qui attend Macron, s&rsquo;il veut r\u00e9ellement \u00e9tablir des &laquo; <strong><em>very-special relationships<\/em><\/strong> &raquo; durables, &ndash; disons au moins quelques semaines, peut-\u00eatre un-deux mois, &ndash; <strong>c&rsquo;est un exercice de g\u00e9nuflexion habile sinon dissimul\u00e9 mais bien r\u00e9el<\/strong>, notamment sur l&rsquo;exercice de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 morale pr\u00e9parant des exp\u00e9ditions guerri\u00e8res contre ceux de l'\u00a0\u00bbAxe du Mal\u00a0\u00bb revu \u00e0 la lumi\u00e8re postmoderne de l&rsquo;aventure syrienne. M\u00eame s&rsquo;il obtient l&rsquo;une ou l&rsquo;autre forme de promesse de Trump concernant l&rsquo;accord nucl\u00e9aire ou telle ou telle autre g\u00e2terie, il aura du mal \u00e0 s&rsquo;en relever tant <strong>\u00ab\u00a0D.C.-la-folle\u00a0\u00bb n&rsquo;aura per\u00e7u l&rsquo;exercice que comme une acceptation d\u00e9guis\u00e9e et empress\u00e9e des inalt\u00e9rables conditions d&rsquo;ob\u00e9issance aveugle que la \u00ab\u00a0nation exceptionnelle\u00a0\u00bb impose \u00e0 ses \u00ab\u00a0amis\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lors de la rencontre des \u00ab\u00a0deux Empereurs\u00a0\u00bb de 1807 pour le pseudo-\u00ab\u00a0partage du monde\u00a0\u00bb auquel Alexandre Ier et Napol\u00e9on faisaient semblant de proc\u00e9der, \u00e0 Erfurt o&ugrave; il commit sa fameuse \u00ab\u00a0trahison\u00a0\u00bb dont il y a tant \u00e0 dire, Talleyrand, encore lui, disait \u00e0 propos de la multitudes de princes allemands qui s&rsquo;agitaient autour de Napol\u00e9on pour obtenir quelques miettes: &laquo; <em>Cette id\u00e9e m&rsquo;est venue qu&rsquo;il y a des secrets de flatterie r\u00e9v\u00e9l\u00e9s aux seuls princes, non pas descendus du tr\u00f4ne, mais qui ont soumis leur tr\u00f4ne \u00e0 un protectorat toujours mena\u00e7ant ; ils savent en faire l&#8217;emploi le plus habile, lorsqu&rsquo;ils se trouvent plac\u00e9s autour de la puissance qui les domine et qui peut les d\u00e9truire. <\/em>[&#8230;] <em>Les petits princes ne savent que se jeter \u00e0 terre, et ils y restent jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la fortune vienne les relever. Je n&rsquo;ai pas vu, \u00e0 Erfurt, une seule main passer noblement sur la crini\u00e8re du lion. <\/em>&raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Very-Special Relationships postmodernes 22 avril 2018 &ndash; Que va donc faire Macron \u00e0 Washington ? 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