{"id":77879,"date":"2018-04-12T05:41:29","date_gmt":"2018-04-12T05:41:29","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/04\/12\/kubrick-et-la-demence-des-elites-us\/"},"modified":"2018-04-12T05:41:29","modified_gmt":"2018-04-12T05:41:29","slug":"kubrick-et-la-demence-des-elites-us","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/04\/12\/kubrick-et-la-demence-des-elites-us\/","title":{"rendered":"Kubrick et la d\u00e9mence des \u00e9lites US"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Kubrick et la d\u00e9mence des \u00e9lites US<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Armageddon se rapproche et on citera Lincoln qui \u00e9voque &laquo; la fin des Etats-Unis qui ne peut \u00eatre que sous la forme d&rsquo;un suicide &raquo;. Ce suicide avait bien commenc\u00e9 avec la guerre civile qui tua 2% des Am\u00e9ricains et en un sens mit fin \u00e0 la grande civilisation nord-am\u00e9ricaine (j&rsquo;\u00e9crirai un jour l\u00e0-dessus), celle des Edgar Poe, Melville, Thoreau, mais celle aussi des Thomas Cole et des Albert Bierstadt (d\u00e9couvrez ces peintres, Cole surtout qui peignit la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des empires). A la m\u00eame \u00e9poque un certain Jules Verne sent cette violence monstrueuse dans son livre De la terre \u00e0 la lune. Je cite ce ma&icirc;tre (Le Gun-Club, chapitre un) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; On sait avec quelle \u00e9nergie l&rsquo;instinct militaire se d\u00e9veloppa chez ce peuple d&rsquo;armateurs, de marchands et de m\u00e9caniciens (&hellip;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le premier qui inventa un nouveau canon s&rsquo;associa avec le premier qui le fondit et le premier qui le fora. Tel fut le noyau du Gun- Club. Un mois apr\u00e8s sa formation, il comptait dix-huit cent trente-trois membres effectifs et trente mille cinq cent soixante-quinze membres correspondants &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout cela pour dire qu&rsquo;on n&rsquo;a pas attendu les n\u00e9ocons ni Trump. On a affaire \u00e0 un pays de fous adorant les armes, et massacrant pour son plaisir le plus grand nombre. Avis aux bisons, aux russes et aux chinois. En Am\u00e9rique, le g\u00e9nocide indien fut un sport, comme la chasse aux esclaves qui horrifiait Dickens dans ses notes am\u00e9ricaines.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout le monde conna&icirc;t Folamour et a vu Eyes Wide Shut. En \u00e9crivant mon livre sur Kubrick, j&rsquo;ai relev\u00e9 une constante dans cette &oelig;uvre g\u00e9n\u00e9ralement incomprise : une critique radicale, sarcastique et constante des \u00e9lites.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Dans le Baiser du tueur, on est face \u00e0 un tenancier de &laquo; zoo humain &raquo; qui a des pulsions sexuelles incontr\u00f4l\u00e9es et des tendances homicides. Il finira tu\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Dans Spartacus, on est face \u00e0 une \u00e9lite romaine d\u00e9prav\u00e9e. Acteurs britanniques contre acteurs am\u00e9ricains, comme le relevait avec humour Michel Ciment. L&rsquo;\u00e9crivain communiste Howard Fast avait reconnu avoir cibl\u00e9 les \u00e9lites US de son temps maccarthyste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Dans Lolita, on est face \u00e0 un certain as de la t\u00e9l\u00e9 nomm\u00e9 Quilt (quilt, le matelas, qui veut aussi d\u00e9signer le guilt, la culpabilit\u00e9. Le jeu de mots n&rsquo;est pas de moi mais de Nabokov) qui viole m\u00e8re et fille avant de ses voir concurrencer par l&rsquo;universitaire europ\u00e9en y\u00e9y\u00e9 qui \u00e9pouse la m\u00e8re et viole la fille.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Dans Folamour, on a un floril\u00e8ge de la culture US, bas\u00e9e sur le meurtre de masse et l&rsquo;obsession sexuelle. Von Neumann inspira Folamour, Curtis Le May le g\u00e9n\u00e9ral Turgidson (turgescent) sur qui mon ami Raico nous a tout dit. Le tueur de masse est incarn\u00e9 par un certain Jack Ripper, d&rsquo;inspiration londonienne si l&rsquo;on peut dire &ndash;on sait que c&rsquo;\u00e9tait un chirurgien haut plac\u00e9 mais intouchable. Le film de Kubrick compare lib\u00e9ration sexuelle (ann\u00e9es play-boy) et adoration nucl\u00e9aire. Les Barbie qui passent en boucle ces jours-ci sur les cha&icirc;nes US <strong>jouissent<\/strong>en annon\u00e7ant les explosions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; 2001 est &ndash; quand on se frotte enfin les yeux &ndash; une histoire de conspiration. Les responsables de la NASA (le filet en espagnol)  masquent une info \u00e0 leurs rivaux russes et cachent leur d\u00e9couverte du monolithe en nous faisant le coup d&rsquo;une \u00e9pid\u00e9mie (une attaque bact\u00e9riologique ? Chimique ? quels grands enfants de tout m\u00eame !). A la fin on d\u00e9couvre que l&rsquo;ordinateur avait en r\u00e9alit\u00e9 tout loisir pour exterminer l&rsquo;\u00e9quipage.<strong>Il en savait plus que lui.<\/strong>Ridley Scott s&rsquo;en souvient dans Alien : expendable crew, l&rsquo;\u00e9quipage est consommable et \u00e9liminable, comme les peuples d&rsquo;aujourd&rsquo;hui sous la houlette de Wall Street et de Bruxelles. Il est vrai qu&rsquo;ils hibernent&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je passe sur les films suivants de Kubrick pour ne pas consacrer ce texte qu&rsquo;\u00e0 lui et j&rsquo;en arrive \u00e0 Eyes Wide Shut qui filme les tendances des ann\u00e9es Clinton : obsession sexuelle (pour Clinton comme pour Trump et ses mod\u00e8les), sp\u00e9culation financi\u00e8re, messagerie Illuminati (d\u00e9couvrez Texe Marrs), culte des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes et go&ucirc;t surtout des sacrifices humains. Le film \u00e9tait inspir\u00e9 par Schnitzler et sa Traumnovelle. L&rsquo;Autriche-Hongrie, empire \u00e0 l&rsquo;agonie, d\u00e9clencha la troisi\u00e8me guerre mondiale avec sa cible serbe &ndash;  et nous laissa Hitler en paquet-cadeau.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Chez Kubrick les \u00e9lites anglaises (Barry Lyndon, Orange m\u00e9canique o&ugrave; on s&rsquo;aide des voyous pour tenir les populations) ou fran\u00e7aise (les sentiers de la gloire) ne valent gu\u00e8re mieux. <strong> Il y a, pour reprendre le bon mot de Clint Eastwood, ceux qui creusent et ceux qui tiennent le pistolet<\/strong>. Il y a maintenant ceux qui tiennent la planche \u00e0 billets et ceux qui triment. Ceux qui triment risquent de bient\u00f4t crever pour permettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9lite \u00e9colo US, qui trouve cette terre trop peupl\u00e9e, de respirer (voyez mon texte sur la Nouvelle-Z\u00e9lande).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est quoi le Donald ? Avic en fait un acteur, Philippe (Grasset) un homme de t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9. Moi j&rsquo;en ai fait dans mon livre un associ\u00e9 du diable puisque c&rsquo;est ce qu&rsquo;il est dans le film \u00e9ponyme. Il a pr\u00eat\u00e9 son appartement \u00e0 un acteur qui joue le promoteur immobilier le plus assassin de l&rsquo;histoire ! The Donald est pr\u00e9sent aussi dans le thriller comique Zoolander (un top model mind-programm\u00e9 doit tuer le pr\u00e9sident malais) et dans C\u00e9l\u00e9brit\u00e9 de Woody Allen. Woody Allen a pr\u00e9cis\u00e9 que Trump \u00e9tait un excellent homme de spectacle. Cela pourrait nous rassurer si nous croyions comme Thierry Meyssan que Donald n&rsquo;a pas chang\u00e9 et qu&rsquo;il ne fait que gesticuler militairement pour rassurer les m\u00e9dias n\u00e9ocons, en Am\u00e9rique et \u00e0 Paris.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;en reviens \u00e0 Kubrick. On a dit qu&rsquo;il avait tourn\u00e9 les fausses images de l&rsquo;alunissage (il aurait certainement fait mieux), qu&rsquo;il avait d&ucirc; fuir l&rsquo;Am\u00e9rique, et que m\u00eame il fut peut-\u00eatre assassin\u00e9, 666 jours avant le premier janvier 2001. Dans mon livre je ne conclue pas sur ce sujet (la b\u00eatise revient souvent \u00e0 conclure, disait Flaubert) mais je persiste dans cette affirmation : depuis au moins Lincoln et sa guerre de folie \u00e0 un million de morts (l&rsquo;esclavage fut aboli partout, et sans massacre), les \u00e9lites US sont folles. Elles aiment le d\u00e9tonateur, le d\u00e9clencheur, l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rateur, elles ont la g\u00e2chette facile. Apr\u00e8s, disait le colonel Kurz d&rsquo;Apocalypse now, elles adorent passer des pansements humanitaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quant \u00e0 la presse am\u00e9ricaine, elle a toujours \u00e9t\u00e9 aussi criminelle et<strong>abrutie<\/strong>. Tocqueville ne cesse de souligner sa nullit\u00e9 bavarde (&laquo; le seul moyen de neutraliser les effets des journaux est d&rsquo;en multiplier le nombre &raquo;), et Jules Verne \u00e9crit :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Donc, pendant cette terrible lutte des Nordistes et des Sudistes, les artilleurs tinrent le haut du pav\u00e9 ; <strong>les journaux de l&rsquo;Union c\u00e9l\u00e9braient leurs inventions avec enthousiasme, et il n&rsquo;\u00e9tait si mince marchand, si na\u00eff &laquo; booby &raquo;, qui ne se cass\u00e2t jour et nuit la t\u00eate \u00e0 calculer des trajectoires insens\u00e9es<\/strong>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Bibliographie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Nicolas Bonnal &ndash; Stanley Kubrick et le g\u00e9nie du cin\u00e9ma (Kindle_Amazon) ; Trump et la r\u00e9bellion am\u00e9ricaine<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Thomas J. Di Lorenzo &ndash; The real Lincoln (Mises.org)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ralph Raico &#8211; Great wars and great leaders: a libertarian rebuttal (Mises.org)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Jules Verne &ndash; De la terre \u00e0 la lune (ebooksgratuits.com)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bert Yaeger &#8211; The Hudson River School &ndash; New Line Book Limited<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kubrick et la d\u00e9mence des \u00e9lites US L&rsquo;Armageddon se rapproche et on citera Lincoln qui \u00e9voque &laquo; la fin des Etats-Unis qui ne peut \u00eatre que sous la forme d&rsquo;un suicide &raquo;. 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