{"id":77922,"date":"2018-05-05T06:10:31","date_gmt":"2018-05-05T06:10:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/05\/05\/declin-aristocratique-et-corvee-democratique\/"},"modified":"2018-05-05T06:10:31","modified_gmt":"2018-05-05T06:10:31","slug":"declin-aristocratique-et-corvee-democratique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/05\/05\/declin-aristocratique-et-corvee-democratique\/","title":{"rendered":"D\u00e9clin aristocratique et corv\u00e9e d\u00e9mocratique"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">D\u00e9clin aristocratique et corv\u00e9e d\u00e9mocratique <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On peut s&rsquo;adonner \u00e0 l&rsquo;adoration de la d\u00e9mocratie en ces temps d&rsquo;&Eacute;tat profond et d&rsquo;Europe de Bruxelles, il reste que le mot pl\u00e8be, dont elle marque la triomphe, a \u00e9t\u00e9 balay\u00e9 de tous temps par les g\u00e9nies de l&rsquo;humanit\u00e9, \u00e0 commencer par Platon ou Juv\u00e9nal, jusqu&rsquo;\u00e0 Nietzsche ou Tocqueville. On a \u00e9voqu\u00e9 les transformations soci\u00e9tales (les chiens et les gosses qui parlent aux ma&icirc;tres et aux parents, etc.) du livre VIII de la R\u00e9publique, mais on va revenir ici \u00e0 la d\u00e9mocratie \u00e0 la grecque et \u00e0 sa gestion compliqu\u00e9e&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Fustel de Coulanges dresse un tableau assez terrible de la progression d\u00e9mocratique \u00e0 Ath\u00e8nes et dans la Gr\u00e8ce ancienne, o&ugrave; elle fut plus cruelle qu&rsquo;\u00e0 Ath\u00e8nes, parfois abominable. Mais elle est tellement fatale et in\u00e9vitable &ndash; y compris la d\u00e9cadence qui va avec &ndash; qu&rsquo;on ne va pas la d\u00e9noncer !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La Cit\u00e9 dans l&rsquo;Histoire&hellip; Fustel \u00e9crit, dans un style proche de Tocqueville :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Mais telle est la nature humaine que ces hommes, \u00e0 mesure que leur sort s&rsquo;am\u00e9liorait, sentaient plus am\u00e8rement ce qu&rsquo;il leur restait d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La progression de la pl\u00e8be est bien s&ucirc;r li\u00e9e \u00e0 celle de la tyrannie :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Dans quelques villes, l&rsquo;admission de la pl\u00e8be parmi les citoyens fut l&rsquo;&oelig;uvre des rois ; il en fut ainsi \u00e0 Rome. Dans d&rsquo;autres, elle fut l&rsquo;&oelig;uvre des tyrans populaires ; c&rsquo;est ce qui eut lieu \u00e0 Corinthe, \u00e0 Sicyone, \u00e0 Argos. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Fustel ici nous fait d\u00e9couvrir un po\u00e8te m\u00e9connu et politiquement r\u00e9ac, Th\u00e9ognis de M\u00e9gare. Le passage est passionnant, d\u00e9crivant un d\u00e9clin de l&rsquo;humanit\u00e9 qui nous rappelle celui o&ugrave; Ortega nous explique que l&rsquo;humanit\u00e9 moderne, comme la romaine, est devenue<em>stupide<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le po\u00e8te Th\u00e9ognis nous donne une id\u00e9e assez nette de cette r\u00e9volution et de ses cons\u00e9quences. Il nous dit que dans M\u00e9gare, sa patrie, il y a deux sortes d&rsquo;hommes. Il appelle l&rsquo;une la classe des <em>bons<\/em>, &gamma;&alpha;&theta;&omicron;; c&rsquo;est, en effet, le nom qu&rsquo;elle se donnait dans la plupart des villes grecques. Il appelle l&rsquo;autre la classe des <em>mauvais<\/em>, &kappa;&alpha;&kappa;&omicron;; c&rsquo;est encore de ce nom qu&rsquo;il \u00e9tait d&rsquo;usage de d\u00e9signer la classe inf\u00e9rieure. Cette classe, le po\u00e8te nous d\u00e9crit sa condition ancienne : &laquo; elle ne connaissait autrefois ni les tribunaux ni les lois &raquo; ; c&rsquo;est assez dire qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas le droit de cit\u00e9. Il n&rsquo;\u00e9tait m\u00eame pas permis \u00e0 ces hommes d&rsquo;approcher de la ville ; &laquo; ils vivaient en dehors comme des b\u00eates sauvages &raquo;. Ils n&rsquo;assistaient pas aux repas religieux ; ils n&rsquo;avaient pas le droit de se marier dans les familles des <em>bons<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Th\u00e9ognis appara&icirc;t comme un nostalgique du temps jadis, le <em>laudator temporis acti<\/em>, fa\u00e7on Bonald par exemple qui \u00e9crit au lendemain de la brutale R\u00e9volution dite fran\u00e7aise (comme disait Debord, <em>une bourgeoisie habill\u00e9e&hellip; \u00e0 la romaine<\/em>). Il ajoute :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Mais que tout cela est chang\u00e9 ! les rangs ont \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9s, &laquo; les mauvais ont \u00e9t\u00e9 mis au-dessus des bons &raquo;. La justice est troubl\u00e9e ; les antiques lois ne sont plus, et des lois d&rsquo;une nouveaut\u00e9 \u00e9trange les ont remplac\u00e9es. <strong>La richesse est devenue l&rsquo;unique objet des d\u00e9sirs des hommes, parce qu&rsquo;elle donne la puissance. L&rsquo;homme de race noble \u00e9pouse la fille du riche pl\u00e9b\u00e9ien et &laquo; le mariage confond les souches &raquo;. <\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et Fustel d\u00e9crit le noble destin de Th\u00e9ognis :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Th\u00e9ognis, qui sort d&rsquo;une famille aristocratique, a vainement essay\u00e9 de r\u00e9sister au cours des choses. Condamn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exil, d\u00e9pouill\u00e9 de ses biens, il n&rsquo;a plus que ses vers pour protester et pour combattre. Mais s&rsquo;il n&rsquo;esp\u00e8re pas le succ\u00e8s, du moins il ne doute pas de la justice de sa cause ; il accepte la d\u00e9faite, mais il garde le sentiment de son droit. <strong>A ses yeux, la r\u00e9volution qui s&rsquo;est faite est un mal moral, un crime. Fils de l&rsquo;aristocratie, il lui semble que cette r\u00e9volution n&rsquo;a pour elle ni la justice ni les dieux et qu&rsquo;elle porte atteinte \u00e0 la religion. &laquo; Les dieux, dit-il, ont quitt\u00e9 la terre ; nul ne les craint. La race des hommes pieux a disparu ; on n&rsquo;a plus souci des Immortels. <\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis, comme Mirc\u00e9a Eliade, mais bien avant, Fustel explique que Th\u00e9ognis comprend qu&rsquo;<strong>on oubliera m\u00eame le souvenir de la nostalgie<\/strong> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Ces regrets sont inutiles, il le sait bien. S&rsquo;il g\u00e9mit ainsi, c&rsquo;est par une sorte de devoir pieux, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il a re\u00e7u des anciens &laquo; la tradition sainte &raquo;, et qu&rsquo;il doit la perp\u00e9tuer. <em>Mais en vain la tradition m\u00eame va se fl\u00e9trir, les fils des nobles vont oublier leur noblesse ; bient\u00f4t on les verra tous s&rsquo;unir par le mariage aux familles pl\u00e9b\u00e9iennes<\/em>, &laquo; ils boiront \u00e0 leurs f\u00eates et mangeront \u00e0 leur table &raquo; ; ils adopteront bient\u00f4t leurs sentiments. Au temps de Th\u00e9ognis, le regret est tout ce qui reste \u00e0 l&rsquo;aristocratie grecque, et<em>ce regret m\u00eame va dispara&icirc;tre. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et comme on ne descend jamais assez bas, cette semaine j&rsquo;ai d\u00e9couvert que ma libraire ne savait pas \u00e9crire <em>Shakespeare<\/em>, ma femme que son imprimeur de partitions ignorait qui \u00e9tait <em>Mozart<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le culte religieux, li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aristocratie (la marque de l&rsquo;aristocrate c&rsquo;est la pi\u00e9t\u00e9, dit Bonald) disparait donc :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; En effet, apr\u00e8s Th\u00e9ognis, la noblesse ne fut plus qu&rsquo;un souvenir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les grandes familles continu\u00e8rent \u00e0 garder pieusement le culte domestique et la m\u00e9moire des anc\u00eatres ; mais ce fut tout. Il y eut encore des hommes qui s&rsquo;amus\u00e8rent \u00e0 compter leurs a\u00efeux ; mais on riait de ces hommes. On garda l&rsquo;usage d&rsquo;inscrire sur quelques tombes que le mort \u00e9tait de noble race ; mais nulle tentative ne fut faite pour relever un r\u00e9gime \u00e0 jamais tomb\u00e9. Isocrate dit avec v\u00e9rit\u00e9 que de son temps les grandes familles d&rsquo;Ath\u00e8nes n&rsquo;existaient plus que dans leurs tombeaux (La cit\u00e9 antique, pp.388-389). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Arrive la d\u00e9mocratie dont on oublie qu&rsquo;elle fut surtout une corv\u00e9e compliqu\u00e9e (comme dit Cochin, il faut se coucher tard pour conspirer longtemps&hellip;). Le peuple gagne peu \u00e0 devenir d\u00e9mocrate. Il en devient esclave, explique Fustel dans des chapitres <strong>justement ignor\u00e9s<\/strong>&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; A mesure que les r\u00e9volutions suivaient leur cours et que l&rsquo;on s&rsquo;\u00e9loignait de l&rsquo;ancien r\u00e9gime, le gouvernement des hommes devenait plus difficile. <strong>Il y fallait des r\u00e8gles plus minutieuses, des rouages plus nombreux et plus d\u00e9licats. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on peut voir par l&rsquo;exemple du gouvernement d&rsquo;Ath\u00e8nes. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ici on croirait du Tocqueville. Peut-\u00eatre que la sensibilit\u00e9 aristocratique de nos deux grands historiens&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais Fustel d\u00e9crit la corv\u00e9e d\u00e9mocratique au jour le jour (pp.451-452) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; On est \u00e9tonn\u00e9 aussi de tout le travail que cette d\u00e9mocratie exigeait des hommes. C&rsquo;\u00e9tait un gouvernement fort laborieux. Voyez \u00e0 quoi se passe la vie d&rsquo;un Ath\u00e9nien. <\/strong>Un jour il est appel\u00e9 \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e de son d\u00e8me et il a \u00e0 d\u00e9lib\u00e9rer sur les int\u00e9r\u00eats religieux ou financiers de cette petite association. Un autre jour, il est convoqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e de sa tribu ; il s&rsquo;agit de r\u00e9gler une f\u00eate religieuse, ou d&rsquo;examiner des d\u00e9penses, ou de faire des d\u00e9crets, ou de nommer des chefs et des juges. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s c&rsquo;est du Pr\u00e9vert :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<strong> Trois fois par mois r\u00e9guli\u00e8rement il faut qu&rsquo;il assiste \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du peuple ; il n&rsquo;a pas le droit d&rsquo;y manquer. Or, la s\u00e9ance est longue ; il n&rsquo;y va pas seulement pour voter : venu d\u00e8s le matin, il faut qu&rsquo;il reste jusqu&rsquo;\u00e0 une heure avanc\u00e9e du jour \u00e0 \u00e9couter des orateurs<\/strong>. Il ne peut voter qu&rsquo;autant qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent d\u00e8s l&rsquo;ouverture de la s\u00e9ance et qu&rsquo;il a entendu tous les discours. Ce vote est pour lui une affaire des plus s\u00e9rieuses ; tant\u00f4t il s&rsquo;agit de nommer ses chefs politiques et militaires, c&rsquo;est-\u00e0-dire ceux \u00e0 qui son int\u00e9r\u00eat et sa vie vont \u00eatre confi\u00e9s pour un an ; tant\u00f4t c&rsquo;est un imp\u00f4t \u00e0 \u00e9tablir ou une loi \u00e0 changer ; tant\u00f4t c&rsquo;est sur la guerre qu&rsquo;il doit voter, sachant bien qu&rsquo;il aura \u00e0 donner son sang ou celui d&rsquo;un fils. Les int\u00e9r\u00eats individuels sont unis ins\u00e9parablement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;&Eacute;tat. L&rsquo;homme ne peut \u00eatre ni indiff\u00e9rent ni l\u00e9ger. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout est pr\u00e9f\u00e9rable au r\u00e8gne des Agathoi (les &laquo; bons &raquo; de Th\u00e9ognis)&hellip; Fustel ajoute :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le devoir du citoyen ne se bornait pas \u00e0 voter. Quand son tour venait, il devait \u00eatre magistrat dans son d\u00e8me ou dans sa tribu. Une ann\u00e9e sur deux en moyenne, il \u00e9tait h\u00e9liaste, c&rsquo;est-\u00e0-dire juge, et il passait toute cette ann\u00e9e-l\u00e0 dans les tribunaux, occup\u00e9 \u00e0 \u00e9couter les plaideurs et \u00e0 appliquer les lois. Il n&rsquo;y avait gu\u00e8re de citoyen qui ne f&ucirc;t appel\u00e9 deux fois dans sa vie \u00e0 faire partie du S\u00e9nat des Cinq cents ; alors, pendant une ann\u00e9e, il si\u00e9geait chaque jour, du matin au soir, recevant les d\u00e9positions des magistrats, leur faisant rendre leurs comptes, r\u00e9pondant aux ambassadeurs \u00e9trangers, r\u00e9digeant les instructions des ambassadeurs ath\u00e9niens, examinant toutes les affaires qui devaient \u00eatre soumises au peuple et pr\u00e9parant tous les d\u00e9crets. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Avec sa m\u00e9ticulosit\u00e9 et sa soif de taxes et de r\u00e8glements, la d\u00e9mocratie exige d\u00e9j\u00e0 un job \u00e0 temps plein qui va cr\u00e9er une bureaucratie fonctionnaris\u00e9e<\/strong>. Et on retombe in\u00e9vitablement sur l&rsquo;importance de l&rsquo;argent d\u00e9j\u00e0 d\u00e9nonc\u00e9e par Th\u00e9ognis :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;  Enfin il pouvait \u00eatre magistrat de la cit\u00e9, archonte, strat\u00e8ge, astynome, si le sort ou le suffrage le d\u00e9signait. On voit que c&rsquo;\u00e9tait une lourde charge que d&rsquo;\u00eatre citoyen d&rsquo;un &Eacute;tat d\u00e9mocratique, qu&rsquo;<strong>il y avait l\u00e0 de quoi occuper presque toute l&rsquo;existence, et qu&rsquo;il restait bien peu de temps pour les travaux personnels et la vie domestique. Aussi Aristote disait-il tr\u00e8s-justement que l&rsquo;homme qui avait besoin de travailler pour vivre ne pouvait pas \u00eatre citoyen.<\/strong> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>N&rsquo;oublions que <strong>la R\u00e9volution Fran\u00e7aise accoucha de la plus formidable arm\u00e9e de fonctionnaires au monde<\/strong>, celle qui \u00e9merveillait aussi bien Taine que<strong>le pauvre Karl Marx qui inspira les totalitarismes r\u00e9volutionnaires<\/strong>(&laquo; dans un pays comme la France, o&ugrave; le pouvoir ex\u00e9cutif dispose d&rsquo;une arm\u00e9e de fonctionnaires de plus d&rsquo;un demi-million de personnes et tient, par cons\u00e9quent, constamment sous sa d\u00e9pendance la plus absolue une quantit\u00e9 \u00e9norme d&rsquo;int\u00e9r\u00eats et d&rsquo;existences, o&ugrave; l&rsquo;&Eacute;tat enserre contr\u00f4le, r\u00e9glemente, surveille et tient en tutelle la soci\u00e9t\u00e9 civile&hellip; &raquo;).<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>On n&rsquo;est pas ici pour transformer le cours de l&rsquo;histoire humaine, et on s&rsquo;en gardera<\/strong>, vu que ce d\u00e9sir malheureux est si souvent promis \u00e0 un sort malheureux ! Mais on ne s&rsquo;\u00e9tonnera alors pas, et<strong>j&rsquo;inviterai \u00e0 d\u00e9couvrir l&rsquo;&oelig;uvre du philosophe libertarien Hoppe \u00e0 ce propos<\/strong>, en affirmant que le grand av\u00e8nement d\u00e9mocratique, avec son cort\u00e8ge de guerres imp\u00e9riales-humanitaires-messianiques, de contr\u00f4les \u00e9tatiques et d&rsquo;inflation fiscale,  marque souvent la fin d&rsquo;une civilisation en fait &ndash; y compris et surtout sur le plan culturel. Que le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9mocratique ait d\u00e9bouch\u00e9 sur le c\u00e9sarisme ici, le fascisme ou le communisme l\u00e0, et sur la cr\u00e9ation maintenant d&rsquo;une caste mondialis\u00e9e de bureaucrates belliqueux ne devra bouleverser personne.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Sources cit\u00e9es <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Th\u00e9ognis &ndash; El\u00e9gies (Remacle.org)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Fustel &ndash; La cit\u00e9 dans l&rsquo;histoire (classiques.uqac.ca)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Marx &ndash; Le dix-huit Brumaire<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9clin aristocratique et corv\u00e9e d\u00e9mocratique On peut s&rsquo;adonner \u00e0 l&rsquo;adoration de la d\u00e9mocratie en ces temps d&rsquo;&Eacute;tat profond et d&rsquo;Europe de Bruxelles, il reste que le mot pl\u00e8be, dont elle marque la triomphe, a \u00e9t\u00e9 balay\u00e9 de tous temps par les g\u00e9nies de l&rsquo;humanit\u00e9, \u00e0 commencer par Platon ou Juv\u00e9nal, jusqu&rsquo;\u00e0 Nietzsche ou Tocqueville. 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