{"id":77926,"date":"2018-05-08T09:10:37","date_gmt":"2018-05-08T09:10:37","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/05\/08\/james-fenimore-cooper-et-le-grand-patriarche-indien\/"},"modified":"2018-05-08T09:10:37","modified_gmt":"2018-05-08T09:10:37","slug":"james-fenimore-cooper-et-le-grand-patriarche-indien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/05\/08\/james-fenimore-cooper-et-le-grand-patriarche-indien\/","title":{"rendered":"James Fenimore Cooper et le grand patriarche indien"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">James Fenimore Cooper et le grand patriarche indien <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La dimension initiatique, chevaleresque et m\u00e9di\u00e9vale de Fenimore  Cooper est \u00e9vidente. Parfois on croit aussi lire du Tolkien. Lan\u00e7ons-nous quand le grand auteur pr\u00e9sente un vieux chef \u00e0 la Merlin ou \u00e0 la Gandalf :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le costume de ce patriarche, car son \u00e2ge, le nombre de ses descendants et l&rsquo;influence dont il jouissait dans sa peuplade permettent qu&rsquo;on lui donne ce nom, \u00e9tait riche et imposant. Son manteau \u00e9tait fait des plus belles peaux ; mais on en avait fait tomber le poil, pour y tracer une repr\u00e9sentation hi\u00e9roglyphique des exploits guerriers par lesquels il s&rsquo;\u00e9tait illustr\u00e9 un demi-si\u00e8cle auparavant. Sa poitrine \u00e9tait charg\u00e9e de m\u00e9dailles, les unes en argent et quelques autres m\u00eame en or, pr\u00e9sents qu&rsquo;il avait re\u00e7us de divers potentats europ\u00e9ens pendant le cours d&rsquo;une longue vie. Des cercles du m\u00eame m\u00e9tal entouraient ses bras et ses jambes ; et sa t\u00eate, sur laquelle il avait laiss\u00e9 cro&icirc;tre toute sa chevelure depuis que l&rsquo;\u00e2ge l&rsquo;avait forc\u00e9 \u00e0 renoncer au m\u00e9tier des armes, portait une esp\u00e8ce de diad\u00e8me d&rsquo;argent surmont\u00e9 par trois grandes plumes d&rsquo;autruche qui retombaient en ondulant sur ses cheveux dont elles relevaient encore la blancheur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La poign\u00e9e de son tomahawk \u00e9tait entour\u00e9e de plusieurs cercles d&rsquo;argent, et le manche de son couteau brillait comme s&rsquo;il e&ucirc;t \u00e9t\u00e9 d&rsquo;or massif. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On lit encore sur ce grand homme :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Aussit\u00f4t que le premier mouvement d&rsquo;\u00e9motion et de plaisir<\/p>\n<\/p>\n<p><p>caus\u00e9 par l&rsquo;apparition soudaine de cet homme r\u00e9v\u00e9r\u00e9 se fut un<\/p>\n<\/p>\n<p><p>peu calm\u00e9, le nom de Tamenund passa de bouche en bouche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Magua avait souvent entendu parler de la sagesse et de l&rsquo;\u00e9quit\u00e9<\/p>\n<\/p>\n<p><p>de ce vieux guerrier Delaware. La renomm\u00e9e allait m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 lui attribuer le don d&rsquo;avoir des conf\u00e9rences secr\u00e8tes avec le grand Esprit, ce qui a depuis transmis son nom, avec un l\u00e9ger changement, aux usurpateurs blancs de son territoire, comme celui du saint tut\u00e9laire et imaginaire d&rsquo;un vaste empire. Le chef huron s&rsquo;\u00e9carta de la foule, et alla se placer dans un endroit d&rsquo;o&ugrave; il pouvait contempler de plus pr\u00e8s les traits d&rsquo;un homme dont la voix semblait devoir avoir tant d&rsquo;influence sur le succ\u00e8s de ses projets. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La dimension religieuse ressort de tout ce prodigieux \u00e9pisode :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il serait impossible de donner une id\u00e9e du respect et de l&rsquo;affection que t\u00e9moigna toute la peuplade en voyant arriver inopin\u00e9ment un homme qui semblait d\u00e9j\u00e0 appartenir \u00e0 un autre monde. Apr\u00e8s quelques instants pass\u00e9s dans un silence command\u00e9 par l&rsquo;usage, les principaux chefs se lev\u00e8rent, s&rsquo;approch\u00e8rent de lui tour \u00e0 tour, lui prirent une main et l&rsquo;appuy\u00e8rent sur leur t\u00eate, comme pour lui demander sa b\u00e9n\u00e9diction. Les guerriers les plus distingu\u00e9s se content\u00e8rent ensuite de toucher le bord de sa robe. Les autres semblaient se trouver assez heureux de pouvoir respirer le m\u00eame air qu&rsquo;un chef qui avait \u00e9t\u00e9 si vaillant et qui \u00e9tait encore si juste et si sage. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Face \u00e0 cette humanit\u00e9 elfique, initiatique, la race de la Fin du Monde. Les blancs sont ainsi \u00e9crits dans le Dernier des Mohicans, et par Magua, celui des Indiens qui leur ressemble le plus :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &Agrave; d&rsquo;autres il donna une peau plus blanche que l&rsquo;hermine, il leur commanda d&rsquo;\u00eatre marchands, chiens pour leurs femmes, et loups pour leurs esclaves. Il voulut que, comme les pigeons, ils eussent des ailes qui ne se lassassent jamais ; des petits plus nombreux que les feuilles sur les arbres, un app\u00e9tit \u00e0 d\u00e9vorer la terre. Il leur donna la langue perfide du chat sauvage, le c&oelig;ur des lapins, la malice du pourceau, mais non pas celle du renard, et des bras plus longs que les pattes de la souris ; avec sa langue cette race bouche les oreilles des Indiens ; son c&oelig;ur lui apprend \u00e0 payer des soldats pour se battre ; sa malice lui enseigne le moyen d&rsquo;accumuler pour son usage tous les biens du monde ; et ses bras entourent la terre depuis les bords de l&rsquo;eau sal\u00e9e jusqu&rsquo;aux &icirc;les du grand lac. Sa gloutonnerie la rend insatiable ; Dieu lui a donn\u00e9 suffisamment, et cependant elle veut tout avoir. Tels sont les blancs. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Magua fait ensuite l&rsquo;\u00e9loge de la race indienne \u00e0 la si belle peau rouge :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Ces peaux sont brillantes et plus rouges que le soleil qui nous \u00e9claire, ajouta Magua en montrant par un geste expressif cet astre resplendissant qui cherchait \u00e0 percer le brouillard humide qui couvrait l&rsquo;horizon ; et ceux-l\u00e0 furent ses enfants de pr\u00e9dilection ; il leur donna cette &icirc;le telle qu&rsquo;il l&rsquo;avait faite, couverte d&rsquo;arbres et remplie de gibier. Le vent fit leurs clairi\u00e8res, et le soleil et les pluies m&ucirc;rirent leurs fruits ; quel besoin avaient-ils de routes pour voyager ? ils semaient au travers des rochers ; lorsque les castors travaillaient, ils restaient \u00e9tendus \u00e0 l&rsquo;ombre et regardaient. Les vents les rafra&icirc;chissaient dans l&rsquo;\u00e9t\u00e9 ; dans l&rsquo;hiver, des peaux leur pr\u00eataient leur chaleur. S&rsquo;ils se battaient entre eux, c&rsquo;\u00e9tait pour prouver qu&rsquo;ils \u00e9taient hommes. Ils \u00e9taient braves, ils \u00e9taient justes, ils \u00e9taient heureux. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On pourrait dire que cela rel\u00e8ve du racisme. Plus loin Fenimore Cooper ajoute :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Je sais que les blancs sont une race d&rsquo;hommes fiers et affam\u00e9s. Je sais qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent non seulement poss\u00e9der la terre, mais que le dernier de leur couleur s&rsquo;estime plus que les Sachems de l&rsquo;homme rouge&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s on \u00e9voque un pass\u00e9 mythique comme les elfes chez Tolkien (voyez nos trois livres sur cet auteur !) ; on est dans le monde anim\u00e9 du moyen \u00e2ge ou du romantisme allemand :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il fut un temps o&ugrave; nous dormions dans un lieu o&ugrave; nous pouvions entendre les eaux du lac sal\u00e9 mugir avec fureur. Alors nous \u00e9tions les ma&icirc;tres et les Sagamores du pays. Mais lorsqu&rsquo;on vit les blancs aux bords de chaque ruisseau, nous suiv&icirc;mes le daim qui fuyait avec vitesse vers la rivi\u00e8re de notre nation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les Delawares \u00e9taient partis ! bien peu de leurs guerriers \u00e9taient rest\u00e9s pour se d\u00e9salt\u00e9rer \u00e0 la source qu&rsquo;ils aimaient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors mes p\u00e8res me dirent : &laquo; <em>C&rsquo;est ici que nous chasserons. Les eaux de la rivi\u00e8re vont se perdre dans le lac sal\u00e9. Si nous allions vers le soleil couchant, nous trouverions des sources qui roulent leurs eaux dans les grands lacs d&rsquo;eau douce. L\u00e0 un Mohican mourrait bient\u00f4t comme les poissons de la mer s&rsquo;ils se trouvaient dans une eau limpide. Lorsque le Manitou sera pr\u00eat et dira : &laquo; Venez &raquo;, nous descendrons la rivi\u00e8re jusqu&rsquo;\u00e0 la mer, et nous reprendrons notre bien. Telle est, Delawares, la croyance des enfants de la tortue, nos yeux sont toujours fix\u00e9s sur le soleil levant, et non sur le soleil couchant ! Nous savons d&rsquo;o&ugrave; il vient, mais nous ignorons o&ugrave; il va. &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>La mort d&rsquo;Uncas et Cora est c\u00e9l\u00e9brer par les Indiens comme personne. Un peu de Tolkien d&rsquo;abord : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8211; Voici la Nimrodel ! Dit Legolas. Sur cette rivi\u00e8re, les Elfes Sylvestres compos\u00e8rent de nombreuses chansons il y a longtemps, et nous les chantons encore dans le Nord, nous souvenant de l&rsquo;arc-en-ciel dans ses cascades et des fleurs d&rsquo;or qui flottaient dans son \u00e9cume. Tout est sombre \u00e0 pr\u00e9sent, et le Pont de la Nimrodel est rompu. Je vais me baigner les pieds, car on dit que l&rsquo;eau est bienfaisante aux gens fatigu\u00e9s. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tolkien \u00e9voque ensuite la puret\u00e9 et le pouvoir thaumaturgique de ces eaux. C&rsquo;est toujours notre elfe qui m\u00e8ne le bal, avec ses longues tresses et ses mocassins :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il s&rsquo;avan\u00e7a, descendit la rive escarp\u00e9e et entra dans la rivi\u00e8re. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8211; Suivez-moi! Cria-t-il. L&rsquo;eau n&rsquo;est pas profonde. Passons \u00e0 gu\u00e9 de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9. Nous pourrons nous reposer sur l&rsquo;autre rive, et le son de la cascade nous apportera Peut-\u00eatre le sommeil et l&rsquo;oubli de notre chagrin. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un par un, ils descendirent \u00e0 la suite de Legolas. Frodon se tint un moment pr\u00e8s du bord, laissant l&rsquo;eau couler sur ses pieds fatigu\u00e9s. Elle \u00e9tait froide, mais le contact en \u00e9tait pur et, \u00e0 mesure qu&rsquo;il avan\u00e7ait et qu&rsquo;elle lui montait aux genoux, il sentit ses membres lav\u00e9s de la souillure du voyage et de toute lassitude. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Revenons \u00e0 Fenimore Cooper qui souligne aussi dans des pages admirables cette dimension initiatique et sacr\u00e9e de l&rsquo;espace de ses chers Indiens :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Six filles Delaware, dont les longues tresses noires flottaient sur leurs \u00e9paules, paraissaient \u00e0 peine avoir le courage de jeter de temps en temps quelques herbes odorif\u00e9rantes ou des fleurs des for\u00eats sur une liti\u00e8re de plantes aromatiques, o&ugrave; reposait sous un po\u00eale form\u00e9 \u00e0 la h\u00e2te avec des robes indiennes tout ce qui restait de la noble, de l&rsquo;ardente et g\u00e9n\u00e9reuse Cora. Sa taille \u00e9l\u00e9gante \u00e9tait cach\u00e9e sous plusieurs voiles de la m\u00eame simplicit\u00e9, et ses traits nagu\u00e8re si charmants \u00e9taient d\u00e9rob\u00e9s pour toujours aux regards des mortels. &Agrave; ses pieds \u00e9tait assis le d\u00e9sol\u00e9 Munro. Sa t\u00eate v\u00e9n\u00e9rable \u00e9tait courb\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 terre, en t\u00e9moignage de la soumission avec laquelle il recevait le coup dont la Providence l&rsquo;avait frapp\u00e9 ; mais l&rsquo;expression de la douleur la plus d\u00e9chirante se lisait sur son front. La Gamme \u00e9tait pr\u00e8s de lui ; sa t\u00eate \u00e9tait expos\u00e9e aux rayons du soleil, tandis que ses yeux expressifs se portaient sans cesse de l&rsquo;ami qu&rsquo;il lui \u00e9tait si p\u00e9nible et si difficile de consoler, sur le livre saint qui pouvait seul lui en donner la force et les moyens. Heyward, appuy\u00e9 contre un arbre \u00e0 quelques pas de l\u00e0, s&rsquo;effor\u00e7ait de r\u00e9primer les \u00e9lans d&rsquo;une douleur contre laquelle venait \u00e9chouer toute sa force de caract\u00e8re. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Encore un peu de Tolkien :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Quand toute la Compagnie fut de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, ils s&rsquo;assirent, se repos\u00e8rent et prirent quelque nourriture, et Legolas leur raconta des histoires de la Lothlorien que les Elfes de la For\u00eat Noire conservaient toujours dans leur c&oelig;ur, des histoires au sujet de la lumi\u00e8re du soleil et des \u00e9toiles sur les prairies au bord du Grand Fleuve avant que le monde ne f&ucirc;t gris. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Finalement, un silence s&rsquo;\u00e9tablit, et ils entendirent la musique de la cascade coulant m\u00e9lodieusement dans les ombres. Frodon imagina presque entendre une voix qui chantait, m\u00eal\u00e9e au son de l&rsquo;eau. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8211; Entendez-vous la voix de la Nimrod? Demanda Legolas. Je vais vous chanter une chanson de la vierge Nimrodel, qui portait le m\u00eame nom que la rivi\u00e8re pr\u00e8s de laquelle elle vivait au temps jadis. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Parfois le chagrin est trop proche (beau moment du film de Jackson) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&laquo; Mithrandir, Mithrandir<strong>, <\/strong><\/em>chantaient les Elfes, O <em>Gris P\u00e8lerin! <\/em>Car c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils se plaisaient \u00e0 le nommer. Mais si Legolas se trouvait avec les compagnons, il ne voulait pas leur interpr\u00e9ter les chants, sous pr\u00e9texte qu&rsquo;il n&rsquo;en avait pas le talent et que pour lui le chagrin \u00e9tait encore trop proche, que c&rsquo;\u00e9tait un sujet de larmes et non encore de chansons. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme Tolkien, Fenimore Cooper \u00e9crit :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Par intervalle les chants \u00e9taient interrompus par des explosions de sanglots et de g\u00e9missements, pendant lesquels les jeunes filles qui entouraient le cercueil de Cora se pr\u00e9cipitaient sur les fleurs qui la couvraient et les en arrachaient dans l&rsquo;\u00e9garement de la douleur. Mais lorsque cet \u00e9lan de chagrin en avait un peu diminu\u00e9 l&rsquo;amertume, elles se h\u00e2taient de replacer ces embl\u00e8mes de la puret\u00e9 et de la douceur de celle qu&rsquo;elles pleuraient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quoique souvent interrompus, ces chants n&rsquo;en offraient pas moins des id\u00e9es suivies qui toutes se rapportaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9loge d&rsquo;Uncas et de Cora. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme une elfe un belle indienne chante :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une jeune fille distingu\u00e9e entre ses compagnes, par son rang et ses qualit\u00e9s, avait \u00e9t\u00e9 choisie pour faire l&rsquo;\u00e9loge du guerrier mort ; elle commen\u00e7a par de modestes allusions \u00e0 ses vertus, embellissant son discours de ces images orientales que les Indiens ont probablement rapport\u00e9es des extr\u00e9mit\u00e9s de l&rsquo;autre continent, et qui forment en quelque sorte la cha&icirc;ne qui lie l&rsquo;histoire des deux mondes. Elle l&rsquo;appela la panth\u00e8re de sa tribu ; elle le montra parcourant les montagnes d&rsquo;un pas si l\u00e9ger que son pied ne laissait aucune trace sur le sable ; sautant de roc en roc avec l\u00e0 gr\u00e2ce et la souplesse du je&ucirc;ne daim. Elle compara son &oelig;il \u00e0 une \u00e9toile brillante \u00e0 travers une nuit obscure, et sa voix au milieu d&rsquo;une bataille au tonnerre du Manitou. Elle lui rappela la m\u00e8re qui l&rsquo;avait con\u00e7u, et s&rsquo;\u00e9tendit sur le bonheur qu&rsquo;elle devait \u00e9prouver d&rsquo;avoir un tel fils ; elle le chargea de lui dire, lorsqu&rsquo;il la rencontrerait dans le monde des Esprits, que les filles Delaware avaient vers\u00e9 des larmes sur le tombeau de son fils, et l&rsquo;avaient appel\u00e9e bienheureuse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;autres lui succ\u00e9d\u00e8rent alors, et donnant au son de leur voix encore plus de douceur, avec ce sentiment de d\u00e9licatesse propre \u00e0 leur sexe, elles firent allusion \u00e0 la jeune \u00e9trang\u00e8re ravie \u00e0 la terre en m\u00eame temps que le jeune h\u00e9ros, le grand Esprit montrant par l\u00e0 que sa volont\u00e9 \u00e9tait qu&rsquo;ils fussent \u00e0 jamais r\u00e9unis. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cooper compare ce chant \u00e0 la litt\u00e9rature m\u00e9di\u00e9vale europ\u00e9enne :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il est curieux de comparer ce chant de mort avec le coronach du jeune Duncan dans la Dame du Lac. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La l\u00e9gende enchant\u00e9e va demeurer d&rsquo;Uncas et Cora :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La sympathie que les m\u00eames infortunes avaient \u00e9tablie entre les simples habitants de ces bois et les \u00e9trangers qui les avaient visit\u00e9s ne s&rsquo;\u00e9teignit pas si ais\u00e9ment. Pendant bien des ann\u00e9es, l&rsquo;histoire de la jeune fille blanche et du jeune guerrier des Mohicans charma les longues soir\u00e9es, et entretint dans le c&oelig;ur des jeunes Delaware la soif de la vengeance contre leurs ennemis naturels. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans ce monde digne de Nerval ou Novalis on identifie les arbres et les hommes :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Pour moi, je ne suis plus qu&rsquo;un tronc dess\u00e9ch\u00e9 que les blancs ont d\u00e9pouill\u00e9 de ses racines et de ses rameaux. Ma race a disparu des bords du lac sal\u00e9 et du milieu des rochers des Delaware ; mais qui peut dire quel serpent de sa tribu a oubli\u00e9 sa sagesse ! Je suis seul&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et puis la fin du monde arrive comme toujours avec le Blanc :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &ndash; C&rsquo;est assez, dit-il. Allez, enfants des Lenapes ; la col\u00e8re du Manitou n&rsquo;est pas apais\u00e9e. Pourquoi Tamenund attendrait-il encore ? Les blancs sont ma&icirc;tres de la terre, et l&rsquo;heure des Peaux-Rouges n&rsquo;est pas encore arriv\u00e9e. Le jour de ma vie a trop dur\u00e9. Le matin j&rsquo;ai vu les fils d&rsquo;Unamis forts et heureux ; et cependant,<\/p>\n<\/p>\n<p><p>avant que la nuit soit venue, j&rsquo;ai v\u00e9cu pour voir le dernier guerrier de l&rsquo;antique race des MOHICANS ! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Reprenons l&rsquo;enseignement sacerdotal forestier (voyez notre paganisme au cin\u00e9ma, notre Tolkien, et notre Perceval et la reine !) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La vo&ucirc;te immense de la for\u00eat s&rsquo;\u00e9tendait jusque sur la rivi\u00e8re, en couvrait les eaux, et donnait une teinte sombre \u00e0 leur surface. Enfin les rayons du soleil commenc\u00e8rent \u00e0 perdre de leur force, et la chaleur excessive du jour se mod\u00e9ra \u00e0 mesure que les vapeurs sortant des fontaines, des lacs et des rivi\u00e8res, s&rsquo;\u00e9levaient comme un rideau dans l&rsquo;atmosph\u00e8re. Le profond silence qui accompagne les chaleurs de juillet dans les solitudes de l&rsquo;Am\u00e9rique r\u00e9gnait dans ce lieu \u00e9cart\u00e9, et n&rsquo;\u00e9tait interrompu que par la voix basse des deux individus dont nous venons de parler, et par le bruit sourd que faisait le pivert en frappant les arbres de son bec, le cri discordant du geai, et le son \u00e9loign\u00e9 d&rsquo;une chute d&rsquo;eau. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et comparons avec Tolkien :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; II y a longtemps qu&rsquo;aucun des miens n&rsquo;est revenu jusqu&rsquo;ici, cette terre d&rsquo;o&ugrave; nous part&icirc;mes \u00e0 une \u00e9poque lointaine, dit Legolas, mais nous avons appris que la Lorien n&rsquo;est pas encore d\u00e9sert\u00e9e, car il existe toujours un pouvoir secret qui tient le pays \u00e0 l&rsquo;abri du mal. Ses habitants se laissent n\u00e9anmoins rarement voir et Peut-\u00eatre demeurent-ils aujourd&rsquo;hui au plus profond des bois, loin de la fronti\u00e8re septentrionale. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Fenimore Cooper insiste sur le caract\u00e8re sacr\u00e9 du bois et la dimension chevaleresque de l&rsquo;Indien qui est reli\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le premier \u00e9tait assis sur une vieille souche couverte de mousse, dans une attitude qui lui permettait d&rsquo;ajouter \u00e0 l&rsquo;effet de son langage expressif par les gestes calmes mais \u00e9loquents d&rsquo;un Indien qui discute. Son corps presque nu pr\u00e9sentait un effrayant embl\u00e8me de mort, trac\u00e9 en blanc et en noir. Sa t\u00eate ras\u00e9e de tr\u00e8s pr\u00e8s n&rsquo;offrait d&rsquo;autres cheveux que cette touffeque l&rsquo;esprit <em>chevaleresque <\/em>des Indiens conserve sur le sommet de la t\u00eate, comme pour narguer l&rsquo;ennemi qui voudrait le scalper, et n&rsquo;avait pour tout ornement qu&rsquo;une grande plume d&rsquo;aigle, dont l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 lui tombait sur l&rsquo;\u00e9paule gauche ; un tomahawk et un couteau \u00e0 scalper de fabrique anglaise \u00e9taient pass\u00e9s dans sa ceinture, et un fusil de munition, de l&rsquo;esp\u00e8ce de ceux dont la politique des blancs armait les sauvages leurs alli\u00e9s, \u00e9tait pos\u00e9 en travers sur ses genoux. Sa large poitrine, ses membres bien form\u00e9s et son air grave faisaient reconna&icirc;tre un guerrier parvenu \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge m&ucirc;r ; mais nul sympt\u00f4me de vieillesse ne paraissait encore avoir diminu\u00e9 sa vigueur. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A l&rsquo;inverse la barbarie peut surgir provenant des Hurons bien s&ucirc;r :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Ces sons affreux \u00e9clat\u00e8rent bient\u00f4t autour d&rsquo;eux de toutes parts ; les uns appelaient leurs compagnons du bord de l&rsquo;eau, et les autres leur r\u00e9pondaient du haut des rochers. Des cris plus dangereux se firent entendre dans le voisinage de la crevasse qui s\u00e9parait les deux cavernes, et ils se m\u00ealaient \u00e0 ceux qui partaient du ravin dans lequel quelques Hurons \u00e9taient descendus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En un mot, ces cris effrayants se multipliaient tellement et semblaient si voisins, qu&rsquo;ils firent sentir mieux que jamais aux quatre individus r\u00e9fugi\u00e9s dans la grotte la n\u00e9cessit\u00e9 de garder le plus profond silence. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et Cooper de d\u00e9noncer cette barbarie qui nous \u00e9voque aussi els orques de Tolkien, des elfes d\u00e9figur\u00e9s comme on sait :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; L&rsquo;air continuait \u00e0 retentir de hurlements f\u00e9roces tels que l&rsquo;homme peut en produire, et seulement quand il est dans l&rsquo;\u00e9tat de la barbarie la plus compl\u00e8te. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La barbarie attaque les pauvres prisonniers anglais (responsabilit\u00e9 fran\u00e7ais ou pas dans ce massacre par les Hurons alli\u00e9s ?) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &Agrave; l&rsquo;instant, et avec la m\u00eame rapidit\u00e9 que des chevaux de course \u00e0 qui l&rsquo;on vient d&rsquo;ouvrir la barri\u00e8re, environ deux mille sauvages sortirent de la for\u00eat, et s&rsquo;\u00e9lanc\u00e8rent avec fureur sur l&rsquo;arri\u00e8re-garde de l&rsquo;arm\u00e9e anglaise encore dans la plaine, et sur les diff\u00e9rents groupes qui la suivaient de distance en distance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous n&rsquo;appuierons pas sur la sc\u00e8ne d&rsquo;horreur qui s&rsquo;ensuivit ; elle est trop r\u00e9voltante. Les Indiens \u00e9taient compl\u00e8tement arm\u00e9s ; les Anglais ne s&rsquo;attendant pas \u00e0 \u00eatre attaqu\u00e9s, leurs armes n&rsquo;\u00e9taient pas charg\u00e9es, et la plupart de ceux qui composaient les derniers groupes \u00e9taient m\u00eame d\u00e9pourvus de tous moyens de d\u00e9fense. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;horreur des \u00e2ges sombres arrive :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La mort \u00e9tait donc partout, et elle se montrait sous son aspect le plus hideux. La r\u00e9sistance ne servait qu&rsquo;\u00e0 irriter la fureur des meurtriers, qui frappaient encore, m\u00eame quand leur victime ne pouvait plus sentir leurs coups. Le sang coulait par torrents, et ce spectacle enflammant la rage de ces barbares, on en vit s&rsquo;agenouiller par terre pour le boire avec un plaisir infernal. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La sagesse sacerdotale revient avec le calumet de la paix (voyez le chapitre sur Schuon et les Indiens) ; le respecte de Cooper pour la race indienne est ici mirifique :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Apr\u00e8s un court intervalle de silence, Chingachgook alluma une pipe dont le godet \u00e9tait une pierre tendre du pays, tr\u00e8s artistement taill\u00e9e, et le tuyau un tube de bois. Apr\u00e8s avoir fum\u00e9 quelques instants, il la passa \u00e0 &OElig;il-de-Faucon, qui en fit autant et la remit ensuite \u00e0 Uncas. La pipe avait ainsi fait trois fois le tour de la compagnie, au milieu du silence le plus profond, avant que personne par&ucirc;t songer \u00e0 ouvrir la bouche. Enfin Chingachgook, comme le plus \u00e2g\u00e9 et le plus \u00e9lev\u00e9 en rang, prit la parole, fit l&rsquo;expos\u00e9 du sujet de la d\u00e9lib\u00e9ration, et donna son avis en peu de mots avec calme et dignit\u00e9. Le chasseur lui r\u00e9pondit, le Mohican r\u00e9pliqua, son compagnon fit de nouvelles objections, mais le jeune Uncas \u00e9couta dans un silence respectueux, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;OEil-de-Faucon lui e&ucirc;t demand\u00e9 son avis. D&rsquo;apr\u00e8s le ton et les gestes des orateurs, Heyward conclut que le p\u00e8re et le fils avaient embrass\u00e9 la m\u00eame opinion, et que leur compagnon blanc en soutenait une autre. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On est en d\u00e9saccord mais on reste tranquille (on sent tr\u00e8s bien cela dans Danse avec les loups par exemple &ndash; le blancs pr\u00e9f\u00e8rent s&rsquo;engueuler ou bombarder) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p> &laquo; La discussion s&rsquo;\u00e9chauffait peu \u00e0 peu, et il \u00e9tait \u00e9vident que chacun tenait fortement \u00e0 son avis. Mais malgr\u00e9 la chaleur croissante de cette contestation amicale, l&rsquo;assembl\u00e9e chr\u00e9tienne la mieux compos\u00e9e, sans m\u00eame en excepter ces synodes o&ugrave; il ne se trouve que de r\u00e9v\u00e9rends ministres de la parole divine, aurait pu puiser une le\u00e7on salutaire de mod\u00e9ration dans la patience et la courtoisie des trois individus qui discutaient ainsi. Les discours d&rsquo;Uncas furent \u00e9cout\u00e9s avec la m\u00eame attention que ceux qui \u00e9taient inspir\u00e9s par l&rsquo;exp\u00e9rience et la sagesse plus m&ucirc;re de son p\u00e8re, et bien loin de montrer quelque impatience de parler, chacun des orateurs ne r\u00e9clamait la parole pour r\u00e9pondre \u00e0 ce qui venait d&rsquo;\u00eatre dit qu&rsquo;apr\u00e8s avoir consacr\u00e9 quelques minutes \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir en silence sur ce qu&rsquo;il venait d&rsquo;entendre et sur ce qu&rsquo;il devait r\u00e9pliquer. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 l&rsquo;initiation ensuite et au rite :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le chasseur paraissait pourtant c\u00e9der, et la question \u00e9tait sur le point d&rsquo;\u00eatre d\u00e9cid\u00e9e contre lui, quand tout \u00e0 coup il se leva, et secouant son apathie, il prit toutes les mani\u00e8res et employa toutes les ressources de l&rsquo;\u00e9loquence indienne. Tra\u00e7ant un demi-cercle en l&rsquo;air, d&rsquo;orient en occident, pour indiquer le cours du soleil, il r\u00e9p\u00e9ta ce signe autant de fois qu&rsquo;il jugeait qu&rsquo;il leur faudrait de jours pour faire leur voyage dans les bois. Alors il tra\u00e7a sur la terre une longue ligne tortueuse, indiquant en m\u00eame temps par ses gestes les obstacles que leur feraient \u00e9prouver les montagnes et les rivi\u00e8res. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La description de l&rsquo;espace forestier d\u00e9veloppe les sens, et on est encore proche ici de Tolkien <em>(always follow your nose<\/em> !) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &ndash; Voil\u00e0 une trace que l&rsquo;odorat seul peut suivre, dit le chasseur en jetant en arri\u00e8re un regard satisfait sur le chemin difficile qu&rsquo;ils venaient de parcourir ; l&rsquo;herbe est un tapis dangereux pour l&rsquo;homme qui y marche en fuyant ; mais le bois et la pierre ne prennent pas l&rsquo;impression du mocassin. Si vous aviez port\u00e9 vos bottes, il aurait pu y avoir quelque chose \u00e0 craindre ; mais quand on a sous les pieds une peau de daim convenablement pr\u00e9par\u00e9e, on peut en g\u00e9n\u00e9ral se fier en toute s&ucirc;ret\u00e9 sur les rochers. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Encore un peu de Tolkien fa\u00e7on Tolkien :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le chasseur ne s&rsquo;aveuglait pas sur les p\u00e9rils et les difficult\u00e9s de son entreprise audacieuse. En approchant du camp des Hurons, il avait calcul\u00e9 tous les moyens d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la vigilance et aux soup\u00e7ons d&rsquo;ennemis dont il savait que la sagacit\u00e9 \u00e9tait \u00e9gale \u00e0 la sienne&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ici le chasseur indien se rapproche encore de son elfe :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; En entrant dans la clairi\u00e8re, il marcha avec plus de pr\u00e9caution et de lenteur, reprenant les allures de l&rsquo;animal dont il portait la peau. Cependant ses yeux vigilants \u00e9taient toujours en mouvement pour \u00e9pier s&rsquo;ils ne d\u00e9couvriraient pas quelques indices qui pussent \u00eatre dangereux ou utiles pour lui. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On \u00e9voque comme un nain ou un elfe la grandeur de la course \u00e0 pied :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &ndash; Oui, oui, reprit OEil-de-Faucon, il y a de la v\u00e9rit\u00e9 dans ce que vous dites. Je suis convaincu qu&rsquo;\u00e0 la course, vous battriez toute leur nation, que vous arriveriez au camp de l&rsquo;autre peuplade, et que vous auriez le temps d&rsquo;y reprendre haleine avant qu&rsquo;on p&ucirc;t seulement y entendre la voix d&rsquo;un de ces coquins. Mais les hommes blancs sont plus forts des bras que des jambes&hellip; &raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>James Fenimore Cooper et le grand patriarche indien La dimension initiatique, chevaleresque et m\u00e9di\u00e9vale de Fenimore Cooper est \u00e9vidente. 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