{"id":77936,"date":"2018-05-12T13:31:54","date_gmt":"2018-05-12T13:31:54","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/05\/12\/sans-rire-ueversususa\/"},"modified":"2018-05-12T13:31:54","modified_gmt":"2018-05-12T13:31:54","slug":"sans-rire-ueversususa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/05\/12\/sans-rire-ueversususa\/","title":{"rendered":"Sans rire\u00a0: UE\u00a0<em>versus\u00a0<\/em>USA"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Sans rire : UE <em>versus <\/em>USA<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Pour certains, ils n&rsquo;oseront pas, pour d&rsquo;autres ils seront oblig\u00e9s d&rsquo;oser. Ainsi trouve-t-on sur le site <em>TheDuran.com <\/em>, \u00e0 quelques heures d&rsquo;intervalle, un texte affirmant que les Europ\u00e9ens ne r\u00e9agiront pas face aux USA, qu&rsquo;ils n&rsquo;oseront pas (<a href=\"http:\/\/theduran.com\/eu-claims-to-stand-by-jcpoa-with-iran-should-not-be-taken-seriously-heres-why\/\">Alexander Mercouris<\/a>), et un autre disant qu&rsquo;ils le feront pas, qu&rsquo;ils r\u00e9agiront directement contre les USA (<a href=\"http:\/\/theduran.com\/vassals-no-longer-merkel-macron-advocate-european-sovereignty\/\">Frank Sellers<\/a>)&#8230; En l&rsquo;occurrence, <em>TheDuran.com <\/em>ne se contredit pas, <strong>il expose loyalement le d\u00e9bat qui s&rsquo;est imm\u00e9diatement ouvert depuis la d\u00e9cision de Trump de jeudi de sortir du JCPOA<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un des aspects qui n&rsquo;est pas le moins important, tant s&rsquo;en faut, des effets de la d\u00e9cision de Trump de sortir du trait\u00e9 JPOAC avec l&rsquo;Iran, c&rsquo;est de placer <strong>les USA et l&rsquo;UE sur ce qu&rsquo;on nomme dans leur langage transatlantique commun <em>a collision course<\/em><\/strong>. On sait de quoi il s&rsquo;agit : les <strong>exorbitants pouvoirs d&rsquo;exterritorialit\u00e9<\/strong>que s&rsquo;est attribu\u00e9e la justice am\u00e9ricaniste, qui permettent, en l&rsquo;esp\u00e8ce, de punir une soci\u00e9t\u00e9 non-US, essentiellement une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;un pays de l&rsquo;UE puisque c&rsquo;est de cela que nous parlons, qui contreviendrait au <em>diktat <\/em>des USA interdisant tout commerce avec l&rsquo;Iran, et serait lourdement punie par une amende au montant astronomique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On a connu tant et tant de situation de confrontation potentielle entre UE et USA qui, finalement, se r\u00e9glaient \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;amiable\u00a0\u00bb <strong>selon une situation de compromis qui \u00e9tait une capitulation \u00e0 peine d\u00e9guis\u00e9 de l&rsquo;UE<\/strong>, qu&rsquo;on a peine \u00e0 croire qu&rsquo;on puisse aller jusqu&rsquo;\u00e0 une confrontation. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;absence de moyens, d'\u00a0\u00bbarmes\u00a0\u00bb, qui prime en la circonstance, mais <strong>l&rsquo;hypoth\u00e9tique manifestation d&rsquo;une volont\u00e9 politique et d&rsquo;un courage dans l&rsquo;action des Europ\u00e9ens<\/strong>. Les pays de l&rsquo;UE ont tout l&rsquo;arsenal n\u00e9cessaire pour r\u00e9sister, voire r\u00e9pliquer \u00e0 ces actions de piratage juridique des USA, et c&rsquo;est donc bien une affaire de volont\u00e9 politique pour <strong>cette psychologie europ\u00e9enne<\/strong>qui a si souvent montr\u00e9 <strong>son am\u00e9ricanisation et son z\u00e8le pour la vassalisation<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quelles sont les circonstances qui font de ce cas <strong>plus une exception qu&rsquo;un cas routinier de capitulation assur\u00e9e<\/strong>des pays europ\u00e9ens ? <strong>Car c&rsquo;est bien le cas<\/strong>&#8230; L&rsquo;Europe se trouve devant une situation \u00e9conomique, juridico-financi\u00e8re et surtout politique, o&ugrave; elle est directement engag\u00e9e du point de vue de ses int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, o&ugrave; elle est directement engag\u00e9e en confrontation directe avec les USA, dans une circonstance qui repr\u00e9sente l&rsquo;un des seuls accomplissements solides et de poids d&rsquo;une pseudo-\u00ab\u00a0diplomatie europ\u00e9enne\u00a0\u00bb ; et encore, jusque dans la possibilit\u00e9 d&rsquo;un encha&icirc;nement pouvant entra&icirc;ner par ailleurs des conditions catastrophiques d&rsquo;affrontements d&rsquo;engagement militaire o&ugrave; elle n&rsquo;aurait aucun poids d&rsquo;influence si elle capitulait aussit\u00f4t devant les USA. A ces exceptions de circonstances objectives de la situation, s&rsquo;ajoutent les exceptions de circonstances disons subjectives qui aggravent les conditions g\u00e9n\u00e9rales et rendent tout arrangement (entre UE et USA), y compris la capitulation avec un peu de cosm\u00e9tique \u00ab\u00a0pour sauver la face\u00a0\u00bb, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire <strong>tout sauf la capitulation sans conditions extr\u00eamement difficile sinon presque impossible<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;Iran est dans une situation juridiquement solide et dans une situation politique loin d&rsquo;\u00eatre isol\u00e9e. (<strong>L&rsquo;isolement,<\/strong><strong>c&rsquo;est plut\u00f4t pour la b\u00eate d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e que sont devenus les USA<\/strong>.) L&rsquo;Iran est \u00e9conomiquement activement soutenu par <a href=\"http:\/\/theduran.com\/russia-eaeu-draft-free-trade-deal-with-iran\/\">la Russie<\/a>et la Chine, et tous les pays de ce bloc hors-bloc-BOA, qui pourraient trouver dans le soutien apport\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Iran un moyen non n\u00e9gligeable de r\u00e9duire la nocivit\u00e9 de l&rsquo;action des USA, voire <strong>d&rsquo;attaquer son statut de superpuissance entr\u00e9e dans une folie d&rsquo;entropisation en activant la crise interne \u00e0 Washington D.C.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Car Washington D.C. est plus que jamais \u00ab\u00a0D.C.-la-folle\u00a0\u00bb. La d\u00e9cision de Trump, si elle est soutenue par les divers extr\u00e9mismes qui pullulent comme des rats dans un \u00e9gout dans la capitale du Syst\u00e8me, <strong>n&#8217;emp\u00eache en rien l&rsquo;hostilit\u00e9 qui se poursuit dans autant de milieux divers contre l&rsquo;actuel pr\u00e9sident<\/strong>. (Par exemple, la conviction de l&rsquo;\u00e9quipe Trump est bien que, si les d\u00e9mocrates emportent les \u00e9lections dites <em>mid-term<\/em>de novembre prochain, pouvant aller jusqu&rsquo;\u00e0 la majorit\u00e9 dans les deux Chambres, <strong>une proc\u00e9dure de destitution sera lanc\u00e9e contre lui<\/strong>, &ndash; pour le motif, on verra le moment venu, n&rsquo;est-ce pas&#8230;) Il ressort de tout cela que Trump reste dans une position d\u00e9licate tout en sachant que l&rsquo;opposition au retrait du JPCOA ne peut s&rsquo;exprimer en tant que tel, &ndash; malgr\u00e9 certaines critiques sur l&rsquo;isolement des USA ; ainsi Trump a-t-il d&rsquo;autant plus tendance \u00e0 \u00eatre intransigeant, y compris avec les Europ\u00e9ens d&rsquo;ailleurs, &ndash; et cette intransigeance rejoignant l&rsquo;une des facettes exub\u00e9rantes de son hypomanie narcissique..<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est bien l\u00e0 notre argument essentiel, de consid\u00e9rer le retrait du JCPOA d&rsquo;un point de vue politique, selon deux perspectives : 1) l&rsquo;extr\u00e9misme de la d\u00e9cision, impliquant la possibilit\u00e9 d&rsquo;un conflit catastrophiste dont personne sauf les extr\u00e9mistes qu&rsquo;on sait, ne veut ; 2) l&rsquo;\u00e9tat de crise \u00e9galement catastrophique o&ugrave; se trouvent les USA, <strong>qui font de cette monstrueuse puissance une tourmenteuse du reste du monde aux abois et au bord de l&rsquo;effondrement<\/strong>. Dans ces conditions, la crise iranienne contient tous les ingr\u00e9dients pouvant conduire au paroxysme d&rsquo;une crise g\u00e9n\u00e9rale, impliquant tous les acteurs, et poussant d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 les uns et les autres \u00e0 assurer des positions aussi fermes que possibles dans la temp\u00eate qui pourrait \u00e9clater. Ce raisonnement vaut \u00e9videmment au premier chef pour les pays europ\u00e9ens. Ils n&rsquo;ont jamais brill\u00e9 ni par leur courage, ni par leur ind\u00e9pendance d&rsquo;esprit et de politique d&rsquo;une part ; ils n&rsquo;ont jamais rencontr\u00e9 de circonstances qui impliquent la possibilit\u00e9 d&rsquo;une criss aussi catastrophique que celle qui se dessine d&rsquo;autre part. <strong>On voit qu&rsquo;il y a assez d&rsquo;incertitude<\/strong>pour envisager que, cette fois, la partie n&rsquo;est pas jou\u00e9e et que les Europ\u00e9ens pourraient \u00eatre oblig\u00e9s de r\u00e9agir, au cas par cas ou collectivement. Nous sommes <strong>dans une \u00e9poque o&ugrave; les \u00e9v\u00e8nements d\u00e9cident<\/strong>, et dans certains cas m\u00eame la couardise et la servilit\u00e9 ne parviennent pas \u00e0 en contenir les effets. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cela ravirait Pierre Lellouche, ce \u00ab\u00a0jeune loup\u00a0\u00bb proam\u00e9ricaniste largement chouchout\u00e9 par les amis de Washington au d\u00e9but de sa carri\u00e8re (fin des ann\u00e9es 1970), devenu, notamment au cours de la pr\u00e9sidence Sarkozy, un sp\u00e9cialiste et un avocat ardent <strong>d&rsquo;une riposte europ\u00e9enne aux entreprises de pressions et de chantage des USA vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Europe<\/strong>. Il donne ici plusieurs avis en r\u00e9ponse \u00e0 une interview de Maxime Perrotin pour <em>Spoutnik<\/em>-fran\u00e7ais, texte publi\u00e9 hier soir, <a href=\"https:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/201805111036326115-usa-sanctions-iran\/\">11 mai 2018<\/a>, et que nous reproduisons ici.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Face \u00e0 l&rsquo;&laquo;Imperium juridique&raquo; des &Eacute;tats-Unis<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Avec le retour des sanctions contre l&rsquo;Iran, l&rsquo;extraterritorialit\u00e9 du droit am\u00e9ricain est \u00e0 nouveau sous les projecteurs. Face \u00e0 cette situation, les hommes politiques fran\u00e7ais multiplient les &laquo;moulinets diplomatiques&raquo;, regrette l&rsquo;ancien Secr\u00e9taire d&rsquo;&Eacute;tat de Nicolas Sarkozy, Pierre Lellouche, auteur d&rsquo;un rapport sur cette \u00e9pineuse question.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&laquo;Il n&rsquo;y a pas vraiment de surprise \u00e0 d\u00e9couvrir que nous avons en fait \u00e0 faire \u00e0 un Imperium juridique am\u00e9ricain, \u00e0 un mur extr\u00eamement complexe de textes de loi que les Am\u00e9ricains n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 faire appliquer aux entreprises \u00e9trang\u00e8res. Ce qui, naturellement, enl\u00e8ve toute souverainet\u00e9 aux pays europ\u00e9ens&raquo;, d\u00e9clare \u00e0 Sputnik Pierre Lellouche, ancien Secr\u00e9taire d&rsquo;&Eacute;tat des Affaires europ\u00e9ennes.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Trois \u00e0 dix-huit mois, c&rsquo;est le d\u00e9lai que le d\u00e9partement du Tr\u00e9sor am\u00e9ricain accorde aux entreprises fran\u00e7aises et europ\u00e9ennes pour quitter l&rsquo;Iran et mettre un terme \u00e0 tout contact avec la R\u00e9publique islamique. Un ultimatum qui fait suite \u00e0 la d\u00e9cision de Donald Trump de claquer la porte de l&rsquo;accord sur le nucl\u00e9aire iranien et de r\u00e9tablir les sanctions am\u00e9ricaines \u00e0 l&rsquo;encontre de T\u00e9h\u00e9ran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une d\u00e9cision unilat\u00e9rale du Pr\u00e9sident am\u00e9ricain de se retirer d&rsquo;un accord n\u00e9goci\u00e9 et avalis\u00e9 par le Conseil de S\u00e9curit\u00e9, paraph\u00e9 en 2015 par son pr\u00e9d\u00e9cesseur, contre laquelle des voix s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 Paris, Berlin, Londres et Bruxelles. Jeudi 10 mai, \u00e0 l&rsquo;occasion du prix Charlemagne, Emmanuel Macron a plaid\u00e9 en faveur d&rsquo;une &laquo;souverainet\u00e9 europ\u00e9enne&raquo;, appelant notamment \u00e0 ne pas \u00eatre &laquo;faibles&raquo; et ne pas &laquo;subir&raquo; les d\u00e9cisions de gouvernements \u00e9trangers.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Vendredi matin, <a href=\"https:\/\/twitter.com\/brunolemaire\/status\/994823830391713792?s=21\" target=\"_blank\">Bruno le Maire<\/a>, affirmant s&rsquo;inscrire dans la ligne du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique d\u00e9clarait sur le plateau d&rsquo;Europe1 qu&rsquo;il &laquo;est temps que l&rsquo;Europe passe des paroles aux actes en mati\u00e8re de souverainet\u00e9 \u00e9conomique&raquo; et se dote des &laquo;m\u00eames instruments dont disposent les &Eacute;tats-Unis&raquo; afin de d\u00e9fendre leurs int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une d\u00e9claration fort louable. Mais pour Pierre Lellouche, les d\u00e9clarations d&rsquo;intention ne suffiront pas, bien au contraire. Pour l&rsquo;ancien d\u00e9put\u00e9 Les R\u00e9publicains, auteur d&rsquo;un <a href=\"http:\/\/www.assemblee-nationale.fr\/14\/rap-info\/i4082.asp\" target=\"_blank\">rapport<\/a> consacr\u00e9 justement \u00e0 la probl\u00e9matique de l&rsquo;extraterritorialit\u00e9 du droit am\u00e9ricain, &laquo;la question d&rsquo;une r\u00e9action europ\u00e9enne est \u00e0 la fois une question \u00e9conomique et politique fondamentale&raquo;:<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&laquo;Si l&rsquo;Europe accepte cette d\u00e9cision sans r\u00e9agir, elle aura montr\u00e9 spectaculairement qu&rsquo;elle n&rsquo;existe pas et qu&rsquo;elle n&rsquo;existera plus sur les questions politiques majeures du monde, m\u00eame quand ces questions soul\u00e8vent directement la s\u00e9curit\u00e9 de 500 millions d&rsquo;Europ\u00e9ens.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Des d\u00e9clarations politiques que l&rsquo;ex-d\u00e9put\u00e9 assimile donc pour l&rsquo;heure \u00e0 de &laquo;faux semblants&raquo;. &laquo;On ne peut pas pr\u00e9tendre que ces sanctions sont une surprise, puisqu&rsquo;elles sont appliqu\u00e9es par les &Eacute;tats-Unis depuis 40 ans&raquo;, insiste-t-il.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Reste \u00e0 savoir de quelle mani\u00e8re r\u00e9agiront les Europ\u00e9ens. Toujours lors de son interview \u00e0 Europe1, le ministre de l&rsquo;&Eacute;conomie pr\u00e9cise avoir &laquo;demand\u00e9 des exemptions ou des d\u00e9lais d&rsquo;application plus longs \u00e0 son homologue am\u00e9ricain.&raquo; Une voie sans issue, estime Pierre Lellouche, qui rappelle que jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, le Pr\u00e9sident am\u00e9ricain n&rsquo;a jamais, en mati\u00e8re de politique ext\u00e9rieure, consid\u00e9r\u00e9 l&rsquo;avis de ses alli\u00e9s europ\u00e9ens.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&laquo;Toutes les visites qui ont \u00e9t\u00e9 faites par les Europ\u00e9ens \u00e0 la Maison-Blanche n&rsquo;ont eu aucun r\u00e9sultat. Il ne faut pas se leurrer, si nous conservons le r\u00f4le de simples qu\u00e9mandeurs, demandant \u00e0 Trump de bien vouloir nous donner des exemptions, on risque d&rsquo;\u00eatre lourdement d\u00e9\u00e7us.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Qu&rsquo;ils s&rsquo;agissent des r\u00e9centes sanctions mises en place sur l&rsquo;acier et l&rsquo;aluminium, de la relocalisation dans la ville de J\u00e9rusalem de l&rsquo;ambassade am\u00e9ricaine en Isra\u00ebl ou de l&rsquo;accord de Paris, force est de constater que les Europ\u00e9ens n&rsquo;ont pour l&rsquo;heure jamais obtenu gain de cause face \u00e0 Donald Trump,<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&laquo;La seule chose que Trump et le Congr\u00e8s vont respecter, c&rsquo;est un rapport de force avec les Europ\u00e9ens. Donc, il faut absolument que le Pr\u00e9sident Macron obtienne des autres Europ\u00e9ens une position ferme et \u00e0 d\u00e9faut, au moins qu&rsquo;on se fasse respecter, seul, en prenant au plan national les lois de blocages qui s&rsquo;imposent.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Pour Pierre Lellouche, les Europ\u00e9ens doivent &laquo;commencer \u00e0 se faire respecter&raquo; par Washington. Pour ce faire, des solutions existent, tant \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne que nationale, d&rsquo;autant plus que la Commission europ\u00e9enne a d\u00e9j\u00e0 remport\u00e9 des bras de fer avec le Tr\u00e9sor am\u00e9ricain, notamment sur l&rsquo;Iran, gr\u00e2ce \u00e0 un recours devant l&rsquo;Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Une proc\u00e9dure que Pierre Lellouche invite les responsables europ\u00e9ens \u00e0 r\u00e9it\u00e9rer, en publiant la liste des entreprises am\u00e9ricaines qui pourraient \u00eatre vis\u00e9es par des contre-mesures.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour lui, l&rsquo;Europe &laquo;doit envoyer un signal fort \u00e0 l&rsquo;alli\u00e9 am\u00e9ricain. On ne peut pas accepter de subir ce que d\u00e9cident unilat\u00e9ralement les &Eacute;tats-Unis.&raquo; Il rappelle \u00e9galement l&rsquo;existence des lois de blocage qui ont vu le jour lors des pr\u00e9c\u00e9dentes passes d&rsquo;armes entre les deux rives de l&rsquo;Atlantique, au si\u00e8cle dernier, comme en 1996 face \u00e0 la loi Helms-Burton renfor\u00e7ant l&#8217;embargo sur Cuba.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&laquo;Les lois de blocage interdisent aux soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes ou aux soci\u00e9t\u00e9s du pays concern\u00e9 de se soumettre au droit d&rsquo;un pays \u00e9tranger- en l&rsquo;occurrence au droit am\u00e9ricain- sous peine de sanctions fortes. Donc ces lois existent, elles existent m\u00eame dans les codes juridiques fran\u00e7ais, nous avons des lois de blocage depuis 1968.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Preuve que m\u00eame des &Eacute;tats europ\u00e9ens isol\u00e9s peuvent, pour l&rsquo;heure, obtenir des r\u00e9sultats vis-\u00e0-vis des soci\u00e9t\u00e9s am\u00e9ricaines, Pierre Lellouche revient sur son exp\u00e9rience de d\u00e9put\u00e9:<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&laquo;J&rsquo;entends beaucoup de moulinets diplomatiques, mais on demande des exemptions, on va qu\u00e9mander des exemptions aux &Eacute;tats-Unis. La seule fa\u00e7on de les obtenir, c&rsquo;est de cr\u00e9er un rapport de force. Quand les Europ\u00e9ens taxent Apple, je peux vous dire que les Am\u00e9ricains font attention! Quand j&rsquo;ai mis dans la loi Sapin II une clause qui permet de poursuivre les filiales d&rsquo;entreprises am\u00e9ricaines situ\u00e9es en France pour des actes de corruption commis \u00e0 l&rsquo;autre bout du monde, \u00e7a, ils l&rsquo;ont parfaitement not\u00e9. Mais il appartient d&rsquo;\u00e9tablir cette cr\u00e9dibilit\u00e9.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Des sanctions, qui ont co&ucirc;t\u00e9es cher \u00e0 la France par le pass\u00e9, \u00e0 BNP Paribas et Alstom pour ne reprendre que les plus m\u00e9diatiques. &Agrave; l&rsquo;\u00e9chelle du vieux continent, ce ne sont pas moins <a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2017\/01\/QUATREPOINT\/56965\" target=\"_blank\">de 38,5 milliards d&rsquo;euros<\/a> qui ont \u00e9t\u00e9 vers\u00e9s &mdash; ces derni\u00e8res ann\u00e9es &mdash; par les entreprises europ\u00e9ennes aux autorit\u00e9s am\u00e9ricaines, d&rsquo;apr\u00e8s Jean-Michel Quatrepoint, auteur d&rsquo;un ouvrage sur le scandale politico-judiciaire du rachat Alstom par son concurrent am\u00e9ricain General Electrics. Des sanctions unilat\u00e9rales am\u00e9ricaines qui, comme le souligne Pierre Lellouche, sont \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable, revenant sur le cas de la banque fran\u00e7aise:<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&laquo;Figurez-vous que Trump a lev\u00e9 les sanctions contre le Soudan. Le G\u00e9n\u00e9ral al-Bashir, qui commande le Soudan et qui est un dictateur \u00e9pouvantable et sanguinaire, qui \u00e9tait soumis \u00e0 des sanctions, brutalement est lib\u00e9r\u00e9 de ces sanctions et devient un alli\u00e9 des &Eacute;tats-Unis. Tr\u00e8s franchement, si j&rsquo;\u00e9tais l&rsquo;avocat de la BNP, je demanderais \u00e0 \u00eatre rembours\u00e9.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Pierre Lellouche, en bon juriste et ancien Secr\u00e9taire d&rsquo;&Eacute;tat charg\u00e9 des Affaires europ\u00e9ennes, tient \u00e0 rappeler, en trois points, les mesures qu&rsquo;il sugg\u00e8re d&rsquo;appliquer afin de sortir du pi\u00e8ge des sanctions am\u00e9ricaines.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>&laquo;1) Une saisine de l&rsquo;OMC, pour une initiative contraire au commerce international<\/p>\n<p>2) une interdiction \u00e0 nos entreprises de s&rsquo;y plier, c&rsquo;est la directive de blocage de 96, qui peut \u00eatre compl\u00e9t\u00e9e, y compris avec des lois de blocages prises au niveau national et <\/p>\n<p>3) il convient de publier la liste des entreprises am\u00e9ricaines qui seraient susceptibles de subir des sanctions dans la mesure o&ugrave; elles b\u00e9n\u00e9ficieraient des probl\u00e8mes caus\u00e9s \u00e0 leurs concurrents europ\u00e9ens.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Reste \u00e0 savoir si de telles mesures, sur le long terme, seront suffisantes. Qui plus est dans une Europe o&ugrave; ses 28 membres n&rsquo;ont pas tous les m\u00eames int\u00e9r\u00eats, ni la m\u00eame volont\u00e9 de s&rsquo;opposer aux d\u00e9cisions am\u00e9ricaines. &Agrave; bon entendeur&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Maxime Perrotin, interview de Pierre Lellouche<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sans rire : UE versus USA Pour certains, ils n&rsquo;oseront pas, pour d&rsquo;autres ils seront oblig\u00e9s d&rsquo;oser. Ainsi trouve-t-on sur le site TheDuran.com , \u00e0 quelques heures d&rsquo;intervalle, un texte affirmant que les Europ\u00e9ens ne r\u00e9agiront pas face aux USA, qu&rsquo;ils n&rsquo;oseront pas (Alexander Mercouris), et un autre disant qu&rsquo;ils le feront pas, qu&rsquo;ils r\u00e9agiront&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[13231,18293,2773,13516,5756,2639],"class_list":["post-77936","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-d-c-la-folle","tag-exterritorialite","tag-iran","tag-jcpoa","tag-lellouche","tag-trump"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77936","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77936"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77936\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77936"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77936"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77936"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}