{"id":77958,"date":"2018-05-24T18:20:13","date_gmt":"2018-05-24T18:20:13","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/05\/24\/poesie-et-crepuscule-les-meilleures-pages-de-jmlp\/"},"modified":"2018-05-24T18:20:13","modified_gmt":"2018-05-24T18:20:13","slug":"poesie-et-crepuscule-les-meilleures-pages-de-jmlp","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/05\/24\/poesie-et-crepuscule-les-meilleures-pages-de-jmlp\/","title":{"rendered":"Po\u00e9sie et cr\u00e9puscule\u00a0: les meilleures pages de JMLP"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Po\u00e9sie et cr\u00e9puscule : les meilleures pages de JMLP<\/h2>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p><em>&laquo; &hellip;\u00e0 mesure que je grandissais puis que je prenais une certaine importance, mon pays rapetissait&hellip; &raquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/p>\n<p><p>Mon ami Guillaume de Thieulloy (les4verites.com, o&ugrave; j&rsquo;ai \u00e9crit dix-huit ans) a publi\u00e9 aux \u00e9ditions Muller le tome premier des m\u00e9moires de Jean-Marie Le Pen et bien lui en a pris puisqu&rsquo;il en a vendu beaucoup &ndash; et ce n&rsquo;est pas termin\u00e9&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p> A titre personnel j&rsquo;ai rencontr\u00e9 plusieurs fois Le Pen dans les ann\u00e9es 90 gr\u00e2ce \u00e0 Serge de Beketch (voyez mon livre sur Serge).  Nous avions fait une belle \u00e9mission le 3 janvier 90 sur Radio-courtoisie o&ugrave; je l&rsquo;avais \u00e9tonn\u00e9, tout  &laquo; jeune homme que j&rsquo;\u00e9tais par mes connaissances sur l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme et notre tradition &raquo;  (nous \u00e9voquions les doriphories de Jean Phaure \u00e0 propos des \u00e9v\u00e8nements de Roumanie). Le Pen est un bloc de culture et de sensibilit\u00e9 traditionnelle et fran\u00e7aise, et il me semble d&rsquo;ailleurs que c&rsquo;est comme cela qu&rsquo;il faut lire ses m\u00e9moires, comme un br\u00e9viaire pour maintenir le cap spirituel en ces \u00e2ges sombres o&ugrave; tout a \u00e9t\u00e9 ras\u00e9, religion catholique romaine y compris ! Il ne subsistera que les catholiques parcs que j&rsquo;ai \u00e9voqu\u00e9 dans un conte publi\u00e9 par Philippe Randa, ou ces oasis de tradition dont a parl\u00e9 Benoit XVI (lui aussi remplac\u00e9, et de quelle mani\u00e8re!). La politique \u00e9tait foutue en France comme partout et c&rsquo;est son message de solide menhir celte et enracin\u00e9 qu&rsquo;il faut m\u00e9diter maintenant ; car le Pen est un \u00e9clair\u00e9 et ce n&rsquo;est pas pour rien si ce phare breton (sic) tient depuis si longtemps.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je l&rsquo;ai interview\u00e9 pour la presse russe en 2012 (Pravdareport.com) et il avait \u00e9tincel\u00e9, \u00e9voquant un arc d&rsquo;union bor\u00e9ale qui irait de la Bretagne \u00e0 la Sib\u00e9rie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(nous en sommes loin&hellip;).  Comme Serge, il avait compris que la Russie virerait \u00e0 la tradition d\u00e8s les ann\u00e9es 90.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce chevalier sauvage m&rsquo;a toujours impressionn\u00e9 par ses qualit\u00e9s (culture, phras\u00e9, humour, force, flamme, \u00e9nergie). Son combat \u00e9tait perdu d&rsquo;avance on le sait, mais lui ne chargeait que plus. Souvent trahi, jamais culbut\u00e9. On devient immortel en se sacrifiant, pas en se planquant. Ce qui n&rsquo;a pas tu\u00e9 Le Pen ne l&rsquo;a pas seulement rendu plus fort, il l&rsquo;a rendu plus grand. Et l\u00e0 en \u00e9crabouillant par ses ventes tous les Hollande et petits plumitifs de la plan\u00e8te m\u00e9dia, il montre que le peuple n&rsquo;est pas totalement mort.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je laisse le d\u00e9but du livre bien d\u00e9primant. La mer, les temp\u00eates, la famille orpheline, la guerre, l&rsquo;occupation, la Lib\u00e9ration-\u00e9puration, le rejet du communisme&hellip; La mal\u00e9diction fran\u00e7aise, &laquo; terre du fiasco r\u00e9current &raquo; depuis deux si\u00e8cles comme dit un historien anglais. Quelques phrases magnifiques sur la fin des cath\u00e9drales de voiles :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Mais &laquo; tant que la mer est par-dessous, c&rsquo;est le marin qui tient le bon bout &raquo;. Ces risques, ces souffrances ne tarirent jamais le recrutement tant au moins que la machine laissa survivre ces splendides cath\u00e9drales de voile, marchant &laquo; avec la respiration du bon Dieu &raquo; comme aurait dit ma&icirc;tre Cornille, le meunier d&rsquo;Alphonse Daudet. Quand l&rsquo;\u00e9volution des techniques les condamna \u00e0 la d\u00e9molition, avec eux disparut la race des titans de la mer et fut tourn\u00e9e l&rsquo;une des pages les plus po\u00e9tiques et les plus \u00e9mouvantes de notre histoire maritime. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je prends ces pages du milieu des ann\u00e9es cinquante. Un peu d&rsquo;Indochine et les d\u00e9buts du poujadisme, cette fronde technophobe si sympa quand on voit que nous sommes depuis devenus un camp de concentration \u00e9lectronique et technocratique mondialis\u00e9. Le Pen peut \u00e0 la fois \u00eatre cet &laquo; extr\u00e9miste &raquo; patent\u00e9 et redout\u00e9 (en r\u00e9alit\u00e9 un provo de la corpo&hellip;) ou un humaniste en guerre contre cet inframonde moderne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur de Gaulle :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; J&rsquo;allai voir le 23 juillet le g\u00e9n\u00e9ral De Gaulle \u00e0 Auray. Pour toucher le grand homme. Il n&rsquo;avait pas encore acquis le m\u00e9tier des bains de foule et passait hi\u00e9ratique, un peu exc\u00e9d\u00e9, au milieu de la masse enthousiaste. Je serrai cette main indiff\u00e9rente. Il me parut laid et dit quelques banalit\u00e9s \u00e0 la tribune tendue de tricolore. Il n&rsquo;avait pas une t\u00eate de h\u00e9ros. Un h\u00e9ros doit \u00eatre beau. Comme saint Michel ou le mar\u00e9chal P\u00e9tain. J&rsquo;\u00e9tais \u00e0 nouveau d\u00e9\u00e7u. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur l&rsquo;Indochine coloniale :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Comme tous ceux qui l&rsquo;ont vue alors, l&rsquo;Indochine m&rsquo;avait conquis. Le pays \u00e9tait prenant, le peuple charmant, j&rsquo;en aimais les bruits et les odeurs. Malgr\u00e9 la guerre sauvage, la salet\u00e9, la mis\u00e8re \u00e0 l&rsquo;occasion, ces gens minces et gracieux ne me r\u00e9pugnaient jamais. L&rsquo;amour \u00e9tait simple. Les femmes pas lascives, mais douces, accueillantes. Avec les paysans, les rapports \u00e9taient naturels, ils ressemblaient aux paysans fran\u00e7ais, m\u00eames structures mentales et affectives. En plus petits, plus fr\u00eales. On avait l&rsquo;impression de boy-scouts. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur la fin du monde :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le monde que nous avons connu est mort, je pr\u00e9f\u00e8re garder mes images intactes. Depuis est survenue une catastrophe. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur la catastrophe communiste :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Mon &laquo; boy &raquo; n&rsquo;\u00e9tait ni un &laquo; b\u00e9ni-oui-oui &raquo; ni un &laquo; collaborateur &raquo;, pour reprendre le vocabulaire que parvient \u00e0 comprendre une intelligentsia faisand\u00e9e, c&rsquo;\u00e9tait un homme du peuple qui avait senti au fond de lui-m\u00eame que la moins mauvaise des tutelles qu&rsquo;il pourrait conna&icirc;tre, la moins dictatoriale, la plus \u00e9mancipatrice, \u00e9tait celle de la France. Quand Saigon tomba, je me demandai comment rendre hommage \u00e0 ce monde englouti d&rsquo;un seul coup, \u00e0 ce peuple abandonn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;esclavage, dont la d\u00e9faite bafouait les sacrifices. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur les mensonges \u00e9ternels de la presse-syst\u00e8me qui frappaient tous les g\u00e9nies litt\u00e9raires du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle (Flaubert, Tolsto\u00ef, Nietzsche&hellip;) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Au-del\u00e0 des larmes de rage, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;h\u00e9b\u00e9tude, on touche l&rsquo;horreur de cette presse qui ment. Pour cela aussi, je devais faire de la politique. Pour combattre le mensonge. Fl\u00e9trir non seulement le communisme, mais les mod\u00e9r\u00e9s qui le laissaient faire, les compagnons de route, la sale presse qui s&rsquo;en faisait complice. Pour les morts, pour les vivants, pour la France, pour les enfants \u00e0 na&icirc;tre, il fallait r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur Poujade donc et sa r\u00e9volte contre la technocratie montante qui aboutirait au tr\u00e8s eschatologique bin\u00f4me Macron-Hollande :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le mouvement Poujade \u00e9tait un rassemblement qui mettait en synergie les<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Fran\u00e7ais, quels que soient leurs int\u00e9r\u00eats particuliers, leur r\u00f4le social. &Agrave; l&rsquo;oppos\u00e9 de l&rsquo;id\u00e9ologie marxiste dominant le monde politique, qui op\u00e9rait la division des Fran\u00e7ais par le dogme mortel de la lutte des classes, Poujade dirigeait un mouvement proprement politique, visant le bien commun de la Cit\u00e9 enti\u00e8re, non celui d&rsquo;une seule classe. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur la juste r\u00e9volte contre le fisc :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il n&rsquo;est pas indiff\u00e9rent qu&rsquo;il (le poujadisme) se soit manifest\u00e9 contre les abus du fisc. Ce sont les abus du fisc qui ont jet\u00e9 depuis des si\u00e8cles les braves gens de France dans la r\u00e9volte, des jacqueries \u00e0 Jacquou le croquant, et le terme exaction fut d&rsquo;abord appliqu\u00e9 aux exempts du fisc. Consentir \u00e0 l&rsquo;imp\u00f4t est l&rsquo;une des pr\u00e9rogatives majeures des repr\u00e9sentants du peuple. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Pen note sur le vrai grand remplacement dont j&rsquo;ai parl\u00e9 avec Guitry de la France traditionnelle, et qui allait \u00eatre liquid\u00e9e et extermin\u00e9e par le techno-gaullisme am\u00e9ricanis\u00e9 dans les ann\u00e9es soixante (c&rsquo;est le remplacement des Fran\u00e7ais par les n\u00e9o-fran\u00e7ais, comparez Manon des sources aux Valseuses de Blier pour comprendre) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Au milieu des ann\u00e9es cinquante se d\u00e9roula une r\u00e9volution qui allait faire dispara&icirc;tre assez vite non seulement la plupart des commer\u00e7ants et artisans, mais aussi les paysans, c&rsquo;est-\u00e0-dire la France traditionnelle des travailleurs ind\u00e9pendants, au profit d&rsquo;une arm\u00e9e de salari\u00e9s et de fonctionnaires. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces braves engloutis furent nos koulaks :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; D&rsquo;origine sociale modeste, l&rsquo;homme qui allait dispara&icirc;tre \u00e9tait son propre patron, r\u00e9volt\u00e9 par l&rsquo;outrecuidance des irresponsables qui l&rsquo;interpellaient au nom de l&rsquo;&Eacute;tat joufflu : le choc culturel \u00e9tait palpable, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 les agents du fisc, de vrais pros, et de l&rsquo;autre leurs victimes, des amateurs qui n&rsquo;avaient pas les codes, ni social ni administratif. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s le poujadisme Le Pen entrevoit la catastrophe de la grande distribution et l&rsquo;enlaidissement sid\u00e9rant du pays :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La r\u00e9volution sociale et mentale que les technocrates menaient par l&rsquo;imp\u00f4t devait engendrer, en mati\u00e8re de commerce, les g\u00e9ants de la grande distribution. Pierre Poujade se r\u00e9volta contre l&rsquo;&Eacute;tat qui spoliait les petits au profit des gros. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et on en est rest\u00e9 l\u00e0, au populisme comme on dit. &Ocirc; pr\u00e9sent perp\u00e9tuel (Ortega Y Gasset dit &laquo; d\u00e9finitif &raquo;)&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s \u00e9coutez bien, c&rsquo;est g\u00e9nial, Le Pen h\u00e9ritier de Tocqueville :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; J&rsquo;ajoute que le mouvement Poujade, que l&rsquo;on pr\u00e9sente comme un combat d&rsquo;arri\u00e8re-garde de ploucs ringards, de beaufs men\u00e9s par quelques fascistes, \u00e9tait en fait tr\u00e8s en avance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une part, c&rsquo;est l&rsquo;agriculture industrielle et la grande distribution qui sont aujourd&rsquo;hui obsol\u00e8tes, alors que le bio, le raisonn\u00e9, le commerce de proximit\u00e9, les circuits courts ont montr\u00e9 leur int\u00e9r\u00eat : le co&ucirc;t social de pr\u00e9tendus progr\u00e8s des ann\u00e9es cinquante et soixante n&rsquo;a pas fini d&rsquo;\u00eatre calcul\u00e9. D&rsquo;autre part, le fiscalisme, dont je n&rsquo;ai cess\u00e9 en soixante ans de carri\u00e8re politique de d\u00e9noncer les m\u00e9faits, est non seulement un \u00e9trangloir \u00e9conomique, mais la matrice de l&rsquo;&Eacute;tat policier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;habitude de surveillance, les instruments statistiques qu&rsquo;il cr\u00e9e, ont \u00e9t\u00e9 mis<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\u00e0 profit par le totalitarisme informatis\u00e9 qui s&rsquo;installe. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Encore un peu de Poujade et de pression fiscale :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Poujade avait su rendre leur fiert\u00e9 aux pauvres gens injustement trait\u00e9s,<\/p>\n<\/p>\n<p><p>humili\u00e9s, offens\u00e9s, bafou\u00e9s. Il faut savoir que les polyvalents, arm\u00e9e recrut\u00e9e \u00e0 la va-vite, se croyaient autoris\u00e9s \u00e0 perquisitionner comme des policiers, vidaient les armoires, jetaient les draps par terre, laissant les m\u00e8res de famille en pleurs :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&ndash; Ils nous traitent pire que faisaient les boches, \u00e7a va pas ! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9sultat de cette Gestapo fiscale c&rsquo;est le chiffre donn\u00e9 r\u00e9cemment par M\u00e9lenchon : 32 milliardaires sont plus riches que les vingt-sept millions de Fran\u00e7ais les plus pauvres. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est d&rsquo;ailleurs mondial.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un beau moment d\u00e9mocratique, le triomphe \u00e9lectoral :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Les r\u00e9sultats du scrutin secou\u00e8rent la France et l&rsquo;Europe. Cinquante-trois d\u00e9put\u00e9s poujadistes entraient au Palais Bourbon. Quand j&rsquo;y p\u00e9n\u00e9trai, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 des huissiers \u00e0 cha&icirc;ne, sous le roulement des tambours des gardes r\u00e9publicains, j&rsquo;eus, avec la chair de poule, une pens\u00e9e pour mon p\u00e8re, qui m&rsquo;avait inscrit au coll\u00e8ge de Vannes. C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je votais et j&rsquo;\u00e9tais \u00e9lu. Je n&rsquo;ai pas besoin de d\u00e9crire la fiert\u00e9 de ma m\u00e8re. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La d\u00e9couverte du prodigieux talent oratoire :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &Eacute;tant donn\u00e9 le peu d&rsquo;habitude de la tribune de la plupart de mes coll\u00e8gues poujadistes, je fus amen\u00e9 \u00e0 prendre tr\u00e8s vite la parole, sans respecter le temps de silence et d&rsquo;observation impos\u00e9 traditionnellement aux d\u00e9put\u00e9s novices. J&rsquo;\u00e9tais le plus jeune \u00e9lu de l&rsquo;assembl\u00e9e et je ne me d\u00e9brouillais pas trop mal. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Modeste ! Je l&rsquo;ai vu-entendu parler des heures sans faire tinter la syntaxe une fois, en gardant sa pens\u00e9e bien sauvage (dixit Baudrillard).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tiens, une preuve sur la fin du chant et de la culture traditionnelle. On dirait du Leopardi :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le chant est aussi naturel \u00e0 l&rsquo;homme qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;oiseau. Les deux fonctions de la musique sont compl\u00e9mentaires &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s JMLP s&rsquo;en prend \u00e0 la culture musicale comme arme de destruction massive (de Johnny \u00e0 Lady Gaga&hellip;) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; On se limite aujourd&rsquo;hui \u00e0 la fonction passive d&rsquo;\u00e9coute. On se mutile de la fonction active. Sans doute reste-t-il des gens qui chantent ou jouent d&rsquo;un instrument, mais cela fait partie de la culture savante. La culture populaire ingurgite une soupe toute faite et servie par la t\u00e9l\u00e9, la radio, les concerts, internet. Le peuple a perdu sa voix. Nous chantions \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, le ma&icirc;tre \u00e9tait aussi professeur de chant. Les m\u00e9lodies de mon enfance me sont rest\u00e9es grav\u00e9es dans la t\u00eate et dans le c&oelig;ur. L&rsquo;\u00e9glise \u00e9tait le temple du chant collectif, chants en latin de la liturgie que l&rsquo;on connaissait ou cantiques des processions et des pardons qui se transmettaient de p\u00e8re en fils. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et la conclusion :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Dans les ann\u00e9es soixante, tout a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 ensemble chez nous : la liturgie romaine et le gr\u00e9gorien, la po\u00e9sie classique, la musique. On essaya de remplacer Mozart et Beethoven par la musique s\u00e9rielle, mais cela n&rsquo;a pas tr\u00e8s bien march\u00e9, en m\u00eame temps qu&rsquo;on rempla\u00e7ait la goualante, le musette, la chanson traditionnelle par une pop fa\u00e7onn\u00e9e sur le rock &ndash; et cela a march\u00e9, dans l&rsquo;ensemble. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Pen a raison : le syst\u00e8me fou n&rsquo;a pu remplacer Bach et Vivaldi par Boulez et Stockhausen.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour le reste c&rsquo;est le grand remplacement culturel :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; C&rsquo;est le grand remplacement du chant de la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors l&rsquo;orph\u00e9on de village se rar\u00e9fie et les ouvriers ne chantent presque plus, la soci\u00e9t\u00e9 ne chante plus ensemble. Cela creuse un grand vide. C&rsquo;est peut-\u00eatre une compensation \u00e0 cela que pas mal de jeunes cherchent dans leurs raves-parties d\u00e9jant\u00e9es, ils veulent retrouver un langage commun, un moment o&ugrave; ils s&rsquo;expriment ensemble, ce que les pontifiantes fadaises de la Kultur officielle ne leur donnent pas. Nous, cela nous \u00e9tait donn\u00e9 sans que personne n&rsquo;ait \u00e0 s&rsquo;en occuper. Quand le peuple chantait lors des pardons, on aurait dit la mer, qui revient sans cesse sur elle-m\u00eame, qui ne finit jamais. Mais tout finit. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je trouve qu&rsquo;il y a une certaine grandeur de sa part \u00e0 le reconna&icirc;tre : &laquo; tout finit. &raquo; Et on en restera l\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sources <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Jean-Marie Le Pen &ndash; M\u00e9moires Fils de la nation &#8211; &Eacute;DITIONS MULLER<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Po\u00e9sie et cr\u00e9puscule : les meilleures pages de JMLP &laquo; &hellip;\u00e0 mesure que je grandissais puis que je prenais une certaine importance, mon pays rapetissait&hellip; &raquo; Mon ami Guillaume de Thieulloy (les4verites.com, o&ugrave; j&rsquo;ai \u00e9crit dix-huit ans) a publi\u00e9 aux \u00e9ditions Muller le tome premier des m\u00e9moires de Jean-Marie Le Pen et bien lui en&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[27],"tags":[2640,13084,2711,2742,3314,18313],"class_list":["post-77958","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-carnets-de-nicolas-bonnal-1","tag-bonnal","tag-jean-marie","tag-le","tag-memoires","tag-pen","tag-poujade"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77958","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77958"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77958\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77958"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77958"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77958"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}