{"id":77976,"date":"2018-06-02T13:51:52","date_gmt":"2018-06-02T13:51:52","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/06\/02\/alors-lauteur-ou-sontles-ames-a-verdun\/"},"modified":"2018-06-02T13:51:52","modified_gmt":"2018-06-02T13:51:52","slug":"alors-lauteur-ou-sontles-ames-a-verdun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/06\/02\/alors-lauteur-ou-sontles-ames-a-verdun\/","title":{"rendered":"Alors, l&rsquo;Auteur, o\u00f9 sont\u00a0<em>Les \u00c2mes ?\u00a0<\/em>A Verdun ?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Alors, l&rsquo;Auteur, o&ugrave; sont <em>Les &Acirc;mes ? <\/em>A Verdun ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>2 juin 2018 &ndash; Une fois de plus (voir <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/interview-de-lauteur-fn-au-kosovo-cest-sur\"><em>\u00ab\u00a0FN au Kosovo\u00a0\u00bb, c&rsquo;est s&ucirc;r ?<\/em><\/a>), j&rsquo;ai attendu bien longtemps pour consulter l&rsquo;auteur sur le lancement d&rsquo;un livre o&ugrave; il est partie prenante. Cette fois, il est question des &Acirc;mes qui se trouveraient \u00e0 Verdun, dans le cadre incontestable des <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/%C3%82mes-Verdun-Philippe-GRasset\/dp\/2960206215\/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&#038;qid=1520715106&#038;sr=1-2\"><em>&Acirc;mes de Verdun<\/em><\/a>, et non plus de Nietzsche effectivement rep\u00e9r\u00e9 au Kosovo.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette fois, pr\u00e9sentation un peu plus courte, avec reprise pure et simple des citations de d\u00e9part de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/interview-de-lauteur-fn-au-kosovo-cest-sur\">la premi\u00e8re interview<\/a>sur cette sorte de \u00ab\u00a0s\u00e9rie\u00a0\u00bb d&rsquo;articles destin\u00e9e \u00e0 faire, sans fausse honte ni dissimulation de l&rsquo;app\u00e2t du gain. (Pensez ! <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/%C3%82mes-Verdun-Philippe-GRasset\/dp\/2960206215\/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&#038;qid=1520715106&#038;sr=1-2\">&euro;5,80 le prix du volume<\/a>, frais de port compris, il y de quoi se r\u00e9galer, un festin de roi&#8230;) : &laquo; <em>Enfin, jouons le jeu : PhG c&rsquo;est moi, \u00ab\u00a0l&rsquo;Auteur\u00a0\u00bb c&rsquo;est un peu lui-moi, quelque chose dans ce go&ucirc;t-l\u00e0<\/em>&hellip; [&hellip;] <em>Avec<\/em>[&hellip;] <em>mon don peu commun d&rsquo;ubiquit\u00e9, je me suis donc transform\u00e9 en intervieweur de l'\u00a0\u00bbAuteur\u00a0\u00bb, et c&rsquo;est la substance de la chose que je veux vous restituer ici<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;avec l&rsquo;aide de quelques questions et les r\u00e9ponses de l'\u00a0\u00bbAuteur\u00a0\u00bb, nous allons faire la description de la situation \u00e0 laquelle nous sommes arriv\u00e9s. Quelque peu et diablement morose ou d\u00e9senchant\u00e9 par les premiers r\u00e9sultats du lancement du volume, comme d&rsquo;habitude en quelque sorte, au point qu&rsquo;il s&rsquo;agirait presque d&rsquo;un sujet de plaisanterie, sinon de paradoxale bonne sant\u00e9&#8230; (\u00ab\u00a0Moins tu vends plus tu vaux et mieux tu te portes\u00a0\u00bb, quelque chose comme \u00e7a.)  Car l&rsquo;Auteur, contrairement aux pr\u00e9occupations d&rsquo;un lecteur si attentif et bienveillant, reste gaillard parce qu&rsquo;il est l&rsquo;Auteur et qu&rsquo;il doit bien \u00e7a \u00e0 l&rsquo;ouvrage, parce que ce fut pour lui, et je le comprends \u00f4 combien, ce fut un honneur de sa vie d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;Auteur dans la gal\u00e8re nomm\u00e9e <em>Les &Acirc;mes de Verdun.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Pour cela, et bien d&rsquo;autres choses encore, il a sembl\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas d\u00e9plac\u00e9 d&rsquo;\u00e0 nouveau convoquer l&rsquo;Auteur ou de se rendre chez lui je ne sais plus ; le temps de ce qu&rsquo;on appelle \u00ab\u00a0une interview\u00a0\u00bb, quoi.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>Semper Phi <\/em>(*) (PhG)<\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Interview de l&rsquo;Auteur par PhG<\/h2>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Salut l&rsquo;Auteur, les nouvelles sont bonnes ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> : Vous ne pouvez pas commencer une interview par autre chose que de l&rsquo;ironie vacharde, vous !<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> :  Vous m&rsquo;avez dit quasiment la m\u00eame chose lors de notre pr\u00e9c\u00e9dente rencontre, bon&#8230; Entretemps, <em>Les &Acirc;mes de Verdun <\/em>se sont install\u00e9es dans notre <em>Librairie.dde<\/em>. Grand \u00e9v\u00e8nement, non ? <\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> (sur un ton fataliste) : Oui, c&rsquo;est vrai, grand \u00e9v\u00e9nement pour moi, peut-\u00eatre bien pour vous, non ? Grand \u00e9v\u00e9nement pour nous&#8230; Mais rien ne change dans le destin usurp\u00e9 qui nous emporte ; l&rsquo;effet de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement a \u00e9t\u00e9 insignifiant, presque nul&#8230; Oh, vous savez bien, quoi ! Les lecteurs qui se sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 lire ce livre cette fois, et pour ce faire l&rsquo;acheter, je les compte sur les doigts d&rsquo;\u00e0 peine plus que ceux d&rsquo;un manchot. <\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Euh, l&rsquo;image est os\u00e9e&#8230; Dit-on encore \u00ab\u00a0manchot\u00a0\u00bb aujourd&rsquo;hui, dans le langage convenu ? N&rsquo;est-ce pas discriminatoire ? N&rsquo;est-ce pas manquer de respect d\u00e9mocratique et humanitaire pour une communaut\u00e9 ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur <\/strong>; La Fontaine le disait, lui&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Qu&rsquo;on me rende impotent,<\/p>\n<p>Cul-de-jatte, goutteux, <strong>manchot<\/strong>, pourvu qu&rsquo;en somme<\/p>\n<p>Je vive, c&rsquo;est assez, je suis plus que content.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : D&rsquo;accord, vous connaissez votre <em>Wikip\u00e9dia <\/em>par c&oelig;ur &#8230; Il n&#8217;emp\u00eache, hein, eh oui, bien peu de lecteur&#8230; Pourtant, le livre avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 avec <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/les-ames-de-retour\">deux avis de lecteurs<\/a>, ceux de la premi\u00e8re \u00e9dition, qui ont d&ucirc; vous faire bien chaud au c&oelig;ur, non ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> : Je ne suis pas pr\u00e8s de les oublier&hellip; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>(L&rsquo;Auteur en apart\u00e9 : il oublie de dire que l&rsquo;un de ces admirables intervenants \u00e9tait le m\u00eame qui \u00e9tait intervenu la premi\u00e8re fois. Je l&rsquo;ai reconnu et il est comme un ami tr\u00e8s cher&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Eh oui, deux lecteurs&hellip; Euh, c&rsquo;est peu..<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(PhG en apart\u00e9 : j&rsquo;ai un peu l&rsquo;impression de rejouer l&rsquo;interview pr\u00e9c\u00e9dente, sauf, c&rsquo;est vrai, que le nombre de lecteurs cit\u00e9s ici a doubl\u00e9.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> (un peu g\u00ean\u00e9 comme \u00e0 l&rsquo;habitude pour cette sorte de remarque) : Comme vous dites&hellip; Apr\u00e8s de tels avis, hein, on n&rsquo;a pas envie de commencer \u00e0 ronchonner&hellip; Eh ! C&rsquo;est vrai, bien peu de lecteurs&#8230; Enfin, je croirais volontiers, pour votre bonne r\u00e9putation et l&rsquo;apaisement de mon \u00e2me, que c&rsquo;est une remarque symbolique, n&rsquo;est-ce pas, c&rsquo;est ce que vous voulez dire, pour me faire avouer que <em>Les &Acirc;mes<\/em>, comme <em>FN au Kosovo<\/em>, comme le reste, attend tant et tant et tant d&rsquo;autres lecteurs et que jamais on ne vit &oelig;uvre si charg\u00e9 de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 spirituelle et de sublime nostalgie int\u00e9resser aussi peu de gens, ou bien \u00ab\u00a0&#8230;se faire conna&icirc;tre de si peu de gens\u00a0\u00bb, ou bien encore si d\u00e9sol\u00e9e dans l&rsquo;attente de ceux qui sont destin\u00e9s \u00e0 la conna&icirc;tre et qui l&rsquo;ignorent encore ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Allons, ne vous moquez pas de vous-m\u00eames, encore moins de votre &oelig;uvre, cela me semble flairer un peu trop l&rsquo;amertume.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> : Non pas l&rsquo;amertume, vous vous trompez, mais la nostalgie, je veux dire la nostalgie du temps o&ugrave; j&rsquo;avais encore toute la vie devant moi pour devenir je ne savais quoi mais qui serait certainement extraordinaire et exaltant&#8230; Vous savez l&rsquo;affection que j&rsquo;ai pour la nostalgie, n&rsquo;est-ce pas, dans laquelle je vois <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-la-nostalgie-infinie\">la marque de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9<\/a> qui nous est adress\u00e9e \u00e0 nous, pauvre <em>sapiens-sapiens<\/em>&#8230; J&rsquo;ai cette nostalgie qui n&rsquo;est ni triste ni abandonn\u00e9e, mais au contraire pleine d&rsquo;une exaltation contenue, tout au fond de soi, \u00e0 la mesure du sentiment et de la vision qu&rsquo;elle reconstitue, qu&rsquo;elle reforme en un sens, qu&rsquo;elle remod\u00e8le en un monde id\u00e9al pour moi, &ndash; tout cela, lorsque je vous dis : \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait une autre \u00e9poque&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;avoir d\u00e9j\u00e0 entendu cela, vous savez, avec un commentaire comme \u00ab\u00a0remarque remarquable, si j&rsquo;ose dire, d&rsquo;originalit\u00e9\u00a0\u00bb. Vous avez une fa\u00e7on bien \u00e0 vous de faire rena&icirc;tre le pass\u00e9 &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur <\/strong>: &#8230; Pour tout dire, comme s&rsquo;il \u00e9tait l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 !<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG <\/strong>: Et bien s&ucirc;r, dans votre chef cela condamne notre \u00e9poque ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> : Comment faire autrement ? Notez bien que, d&rsquo;un certain point de vue et malgr\u00e9 sa puanteur tout \u00e0 fait extraordinaire et sortant d&rsquo;un \u00e9gout d&rsquo;une contenance et d&rsquo;une diversit\u00e9 (mot-tendance) remarquables dans le chef de l&rsquo;odeur de la merde postmoderne extraite de l&rsquo;Art Contemporain et de l&rsquo;\u00e9manation in-su-ppor-ta-ble qui l&rsquo;accompgne, cette \u00e9poque d&rsquo;aujourd&rsquo;hui a du bon, oui oui, malgr\u00e9 tout&#8230; (Apart\u00e9 : Euh, j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;avoir d\u00e9j\u00e0 dit cela, non ?]<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Expliquez-moi donc comment cette \u00e9poque, sur laquelle vous d\u00e9versez des torrents de critiques furieuses, expliquez-moi comment, comme vous dites, elle peut \u00ab\u00a0avoir du bon\u00a0\u00bb ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> : Eh bien voil\u00e0, et peut-\u00eatre est-ce que je me r\u00e9p\u00e8te, mais voyez-vous, elle est tellement puante, grossi\u00e8re, pr\u00e9tentieuse, m\u00e9diocre, incroyablement intol\u00e9rante et conformiste jusqu&rsquo;\u00e0 se grimer en excr\u00e9ments de ses excr\u00e9ments, alors vous vous dites bien entendu, comme je fais : \u00ab\u00a0Une telle pourriture, impossible de ne pas succomber \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e du complot de toutes les forces m\u00e9diocres et les plus basses du monde, et en faire la cause de mes \u00e9checs, moi si glorieux avec mon ind\u00e9pendance, mon refus de l&rsquo;all\u00e9geance, de la soumission, et hop ! Passez muscade, voil\u00e0 pourquoi ils ne laissent pas passer mes bouquins&#8230;\u00a0\u00bb. Voil\u00e0, vous vous en sortez avec les honneurs, \u00f4 combien, victimes de leur vindicte, votre insucc\u00e8s est une mesure de votre pugnacit\u00e9 de r\u00e9sistant&hellip; Cela vous \u00e9vite de trop vous attarder \u00e0 cette id\u00e9e beaucoup plus simple de l&rsquo;agr\u00e9ment au jugement du tribunal culturel (\u00ab\u00a0Mon bouquin, impubliable ! Tout simple, la cause de mes \u00e9checs&hellip;\u00a0\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Vous-m\u00eame, que pensez-vous de vos livres, d&rsquo;ailleurs ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> : Ah, quelle question d\u00e9plac\u00e9e, et inutile d&rsquo;ailleurs, et ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois que vous me la posez&#8230; Mes bouquins, ils sont partis, ne sont plus de moi, valent ce qu&rsquo;il leur pla&icirc;t de dire, et vogue la gal\u00e8re ! Mais cette fois, je l&rsquo;avoue, j&rsquo;ai une tendresse si particuli\u00e8re pour <em>Les &Acirc;mes <\/em>(Verdun), car c&rsquo;est pour moi le d\u00e9but d&rsquo;une aventure&#8230; Rendez-vous, compte, \u00e0 64 ans ! Je crois bien que l\u00e0, vraiment, j&rsquo;ai saisi le pass\u00e9 dans ce moment unique o&ugrave; il c\u00f4toie l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, o&ugrave; il l&rsquo;est presque, o&ugrave; il l&rsquo;est compl\u00e8tement le temps d&rsquo;une fulgurance vous savez ! Et pas du tout la fulgurance d&rsquo;un obus qui explose, dans cette campagne du champ de la bataille, devenue si apais\u00e9e, si harmonieuse, si \u00e9quilibr\u00e9e&#8230; Ce livre c\u00f4toie l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 pour mon compte, vous savez. <\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Bon, eh bien est-ce comme \u00e7a que vous croyez en faire un <em>bestseller<\/em>, dix ans apr\u00e8s sa parution !<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> : Mais enfin, \u00e0 la fin ! Je vous parle d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, moi, en vous parlant du pass\u00e9 ! Ne comprenez-vous pas qu&rsquo;il nous est imp\u00e9ratif, \u00e0 nous tous, nous qui suivons comme des assoiff\u00e9s perdus dans le <em>D\u00e9sert des Tartares <\/em>la sarabande du tourbillon crisique des \u00e9v\u00e8nements du jour pour tenter d&rsquo;y saisir quelque lumi\u00e8re, ne comprenez-vous pas qu&rsquo;il est imp\u00e9ratif de sacrifier un peu de son temps pour se retourner, consulter ce pass\u00e9 qui rec\u00e8le l&rsquo;humanit\u00e9, pour tenter de d\u00e9couvrir la source qui alimente ce fleuve grondant, cette cataracte diluvienne qui fait d\u00e9ferler ce temps \u00e9trange ce temps si \u00e9trange ! C&rsquo;est l\u00e0 la vertu des <em>&Acirc;mes<\/em>&#8230; Se retourner sur le pass\u00e9, prendre un instant, un moment, un jour de son temps pour tenter de remonter vers cette source claire d&rsquo;o&ugrave; vient cette fantastique trag\u00e9die-bouffe qui secoue notre univers ! Aller vers la trace de l&rsquo;explication fondamentale, originelle, ne comprenez-vous pas cela ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG (<\/strong>un peu d&rsquo;ironie, semble-t-il, dans le ton) : Ne nous f\u00e2chons pas&#8230; Certes, j&rsquo;entends bien, ce qui me conduit \u00e0 me r\u00e9p\u00e9ter, mon jeune ami&#8230; Bon, bon&#8230; Au fait est-ce comme \u00e7a que vous croyez en faire un <em>bestseller<\/em>, dix ans apr\u00e8s sa parution ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> (assez curieusement apais\u00e9, &ndash; d\u00e9fiant et confiant \u00e0 la fois, et puis finalement presqu&rsquo;amical avec comme une tendre ironie) : Et certes ? Et alors ? Et qui sait ? Et qu&rsquo;importe ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Fa\u00e7on de conclure, hein&hellip; Merci l&rsquo;Auteur, \u00e0 la prochaine qui ne saurait tarder.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Puis, me reprenant, pour une question \u00e9trange qui me revient \u00e0 chaque fois que j&rsquo;interroge l&rsquo;Auteur, vraiment \u00e0 chaque fois \ud83d\ude42 <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Attendez, attendez l&rsquo;Auteur, encore une question, oui une derni\u00e8re&hellip; Quel est votre sentiment le plus profond, le plus durable, le plus irr\u00e9fragable, celui qui ne meurt jamais, qui est toujours votre compagnon, de votre vie et d&rsquo;en-de\u00e7a et d&rsquo;au-del\u00e0 de votre vie, tenez qui vous accompagne tout le long de l&rsquo;essence de votre existence, o&ugrave; qu&rsquo;elle se trouve et o&ugrave; qu&rsquo;elle vous m\u00e8ne, comme ces vieux compagnon qui, jamais, jamais ne vous laissent seul, &ndash; ce sentiment l&rsquo;Auteur, ce sentiment qui vous prot\u00e8ge de la solitude, quel est-il ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> (un seul mot, dit comme une lame qui tranche, net, sans retour, sans appel, et dit sans la moindre h\u00e9sitation, une fois apr\u00e8s l&rsquo;autre, comme s&rsquo;il connaissait cette question depuis si longtemps et s&rsquo;en fichait bien parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de question et que sa r\u00e9ponse \u00e0 cette absence de question est toujours la m\u00eame, et qu&rsquo;il ne fait que r\u00e9p\u00e9ter, comme assur\u00e9 de cette unique certitude&#8230;) : La solitude.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Vous&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur <\/strong>: Oui, la solitude, la fid\u00e8le, l&rsquo;exemplaire, celle qui ne vous laisse jamais seul, qui jamais ne vous abandonne \u00e0 la tristesse et qui jamais ne s&rsquo;abandonne. La solitude, oui c&rsquo;est bien elle, qui semble peupler votre monde de multiples interdits et qui en v\u00e9rit\u00e9 vous lib\u00e8re des ignobles contraintes sociales et m\u00eame soci\u00e9tales, &ndash; c&rsquo;est le mot qui vogue aujourd&rsquo;hui, &ndash; d&rsquo;une \u00e9poque absolument in-su-ppor-ta-ble ! Eh bien, cette solitude-l\u00e0 vous permet de supporter, parce que c&rsquo;est le signe, le ralliement, la point de rassemblement des innombrables solitudes que cette \u00e9poque a suscit\u00e9 chez nous, pauvres cr\u00e9atures, et c&rsquo;est bien nos solitudes qui nous mettent ensemble, qui cr\u00e9ent entre nous des liens exceptionnels, qui nous fait fr\u00e8res en mis\u00e8re spirituelle et qui nous donnent, &ndash; paradoxe des paradoxes, &ndash; la force d&rsquo;\u00eatre une communaut\u00e9 de r\u00e9sistance, la seule communaut\u00e9 qui vaille aujourd&rsquo;hui, la communaut\u00e9 des solitudes rassembl\u00e9es&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Et <em>Les &Acirc;mes<\/em>, c&rsquo;est de cette essence-l\u00e0 ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur<\/strong> : C&rsquo;est un livre qui a rassembl\u00e9 des solitudes \u00e9parses, certaines m\u00eame qui s&rsquo;ignoraient, pour faire rena&icirc;tre ces \u00e2mes an\u00e9anties dans la bouillie entropique du progr\u00e8s des hommes, des cr\u00e9tins, des zombies. Allez donc \u00e0 Verdun et \u00e9coutez-les, les \u00e2mes de ceux qui eurent leurs corps hach\u00e9s, tortur\u00e9s, r\u00e9duits \u00e0 l&rsquo;entropie, \u00e9coutez-les : leurs &Acirc;mes ont \u00e9chapp\u00e9 au Diable, et vous qui \u00eates l\u00e0 pour cette mission dont vous ne saviez rien, vous devez les \u00e9couter, les entendre chuchoter, murmurer ; et m\u00eame les entendre chanter pour vous dire qu&rsquo;elles ont triomph\u00e9 de la mort industrielle, de la mort du Progr\u00e8s de la technologie et de tous leurs discours in-su-ppor-ta-bles&#8230; Ces &Acirc;mes sont triomphantes ! <\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>PhG<\/strong> : Pour un peu, vous toucheriez mon \u00e2me, l&rsquo;Auteur&#8230; Question rituelle : \u00ab\u00a0Croyez-vous que cette interview convaincra des lecteurs potentiels nombreux d&rsquo;acheter ce livre\u00a0\u00bb ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>L&rsquo;Auteur <\/strong>: Certes pas, pas une seconde ! Mais je crois, \u00e9galement pour moi-m\u00eame, \u00e0 ce fameux principe d&rsquo;Incertitude qui s&rsquo;applique \u00e0 tout sauf \u00e0 cette fameuse solitude dont je vous ai parl\u00e9 et qui nous lib\u00e8re pour nous retrouver.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et voil\u00e0, il est parti&#8230; Il est d\u00e9j\u00e0 parti et me laissant, pantelant et \u00e9puis\u00e9 car nul ne peut ignorer, moi le premier, que l&rsquo;auteur et moi, l&rsquo;auteur et PhG ne sont pas loin de ne faire qu&rsquo;un et que ce d\u00e9doublement est une d\u00e9marche effectivement \u00e9puisante&hellip; Ce qu&rsquo;il m&rsquo;a dit vaudrait-il pour moi \u00e9galement ? Longtemps cette question r\u00e9sonna en moi et r\u00e9sonnera longtemps encore en moi. C&rsquo;est une question qui n&rsquo;a pas de r\u00e9ponse car la caract\u00e9ristique de la solitude est en ceci que l&rsquo;on est seul, et alors qui pourrait r\u00e9pondre \u00e0 une question que vous vous lancez \u00e0 vous-m\u00eame&hellip; Qui ? Pas de r\u00e9ponse, l&rsquo;Auteur a disparu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Peut-\u00eatre pour en apprendre plus, peut-\u00eatre en deviner plus et remplir de la joie d&rsquo;une nouvelle jeunesse l&rsquo;humeur de l&rsquo;Auteur, voyez les sites de vente de <a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/dp\/1521794618\/ref=sr_1_1?s=books&#038;ie=UTF8&#038;qid=1500295163&#038;sr=1-1&#038;keywords=nietzsche+grasset\"><em>Fr\u00e9d\u00e9ric Nietzsche au Kosovo<\/em><\/a>, de <a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Chroniques-19-courant-dedefensa-org-septembre\/dp\/1520931220\/ref=tmm_pap_title_0?_encoding=UTF8&#038;qid=&#038;sr=\"><em>Chroniques du 19 courant&hellip;<\/em><\/a>, de <a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/TRUMP-I-Philippe-Grasset\/dp\/1521476500\/ref=pd_sbs_14_1?_encoding=UTF8&#038;psc=1&#038;refRID=Q0N2FEQD1KVAEW3V97YJ\"><em>Trump-USA (I)<\/em><\/a>, de <a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Glossaire-DDE-Philippe-Grasset\/dp\/2960206207\/ref=sr_1_1?s=books&#038;ie=UTF8&#038;qid=1507991661&#038;sr=1-1&#038;keywords=Glossaire.dde\"><em>Glossaire.dde (I)<\/em><\/a>, &ndash; et, bien entendu, des <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/%C3%82mes-Verdun-Philippe-GRasset\/dp\/2960206215\/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&#038;qid=1520715106&#038;sr=1-2\"><em>&Acirc;mes de Verdun<\/em><\/a>. Les prix de vente sont calcul\u00e9s au plus juste possible, au plus bas que le permettent les co&ucirc;ts d&rsquo;impression et d&rsquo;exp\u00e9dition, pour permettre le plus d&rsquo;acc\u00e8s possible. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais laissons l\u00e0 ces consid\u00e9rations mercantiles, il se fait tard.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>PhG (<em>Semper Phi<\/em>) (*)<\/h4>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Note<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>(*) Cette dr\u00f4le de signature vaut quelques explications avec les implications ainsi sugg\u00e9r\u00e9es : nous nous en sommes enquis aupr\u00e8s du chroniqueur &#8230; Il nous conta donc ceci : dans sa fougueuse jeunesse, il \u00e9tait, comme tout un chacun, compl\u00e8tement phagocyt\u00e9 par l&rsquo;am\u00e9ricanisme et particuli\u00e8rement fascin\u00e9 par le bruit des armes, ses exploits hollywoodiens et ses coutumes. Ainsi \u00e9tait-il fascin\u00e9 par les fameux <em>Marines<\/em>, dont John Wayne (qui se garda bien de s&rsquo;engager) nous vantait la gloire imp\u00e9rissable. Ainsi apprit-il que la devise du Corps des Marines, par ailleurs cr\u00e9atrice d&rsquo;une v\u00e9ritable tradition qu&rsquo;il importe de saluer, se dit <em>Semper Fidelis<\/em> en latin, soit \u00ab\u00a0Toujours fid\u00e8les\u00a0\u00bb ; et les Marines en vadrouille ou en vir\u00e9e lors des escales ont coutume de se reconna&icirc;tre entre eux par l&rsquo;abr\u00e9g\u00e9 de \u00ab\u00a0<em>Semper Fi<\/em>\u00ab\u00a0. Utilisant son pr\u00e9nom qui faisait l&rsquo;affaire, notre chroniqueur a pris l&rsquo;habitude de signer parfois d&rsquo;un ironique <em>Semper Phi<\/em>, qui n&rsquo;indique pas le retour \u00e0 ses fascinations d&rsquo;origine mais plut\u00f4t la volont\u00e9 d&rsquo;affirmer une fid\u00e9lit\u00e9 qui lui importe. Par l&rsquo;utilisation de la chose, il entend conclure son propos par une affirmation de plus de la fid\u00e9lit\u00e9 de <em>dedefensa.org <\/em>\u00e0 lui-m\u00eame et \u00e0 tous ceux qui lui sont proches, &ndash; et donc \u00e0 vous, ses lecteurs. <em>Semper Fi<\/em>&#8230;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors, l&rsquo;Auteur, o&ugrave; sont Les &Acirc;mes ? A Verdun ? 2 juin 2018 &ndash; Une fois de plus (voir \u00ab\u00a0FN au Kosovo\u00a0\u00bb, c&rsquo;est s&ucirc;r ?), j&rsquo;ai attendu bien longtemps pour consulter l&rsquo;auteur sur le lancement d&rsquo;un livre o&ugrave; il est partie prenante. 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