{"id":77989,"date":"2018-06-10T04:40:46","date_gmt":"2018-06-10T04:40:46","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/06\/10\/balzac-et-la-prophetie-du-declin-de-la-france\/"},"modified":"2018-06-10T04:40:46","modified_gmt":"2018-06-10T04:40:46","slug":"balzac-et-la-prophetie-du-declin-de-la-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/06\/10\/balzac-et-la-prophetie-du-declin-de-la-france\/","title":{"rendered":"Balzac et la proph\u00e9tie du d\u00e9clin de la France"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Balzac et la proph\u00e9tie du d\u00e9clin de la France<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Reparlons de la fin de l&rsquo;histoire&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La catastrophe est arriv\u00e9e avec Louis-Philippe, tout le monde devrait le savoir (cela me rappelle je ne sais quel journaliste royaliste qui me demandait si j&rsquo;\u00e9tais orl\u00e9aniste ou l\u00e9gitimiste. On est l\u00e9gitimiste ou on n&rsquo;est pas monarchiste, voil\u00e0 tout). Depuis, on barbote. Voyez l&rsquo;autre avec sa banque Rothschild et sa soumission aux patrons anglo-saxons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Balzac c&rsquo;est la com\u00e9die humaine et c&rsquo;est aussi la recherche de l&rsquo;absolu qui n&rsquo;aboutit plus &#8211; et on n&rsquo;a rien fait de mieux depuis. Car Balzac a compris mieux que tout le monde le monde moderne, peut-\u00eatre mieux que Gu\u00e9non m\u00eame (\u00e0 savoir que les r\u00e9surrections et recommandations spirituelles seraient des potions, des simulacres).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Extraits de Z. Marcas, petite nouvelle m\u00e9connue, prodigieuse. On commence par la chambre de bonne :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Comment esp\u00e8re-t-on faire rester les jeunes gens dans de pareils h\u00f4tels garnis ? Aussi les \u00e9tudiants \u00e9tudient-ils dans les caf\u00e9s, au th\u00e9\u00e2tre, dans les all\u00e9es du Luxembourg, chez les grisettes, partout, m\u00eame \u00e0 l&rsquo;&Eacute;cole de Droit, except\u00e9 dans leur horrible chambre, horrible s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9tudier, charmante d\u00e8s qu&rsquo;on y babille et qu&rsquo;on y fume. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les \u00e9tudes professionnelles comme on dit au P\u00e9rou, de m\u00e9decin, d&rsquo;avocat, sont d\u00e9j\u00e0 des voies bouch\u00e9es, observe le narrateur avec son ami Juste :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Juste et moi, nous n&rsquo;apercevions aucune place \u00e0 prendre dans les deux professions que nos parents nous for\u00e7aient d&#8217;embrasser. Il y a cent avocats, cent m\u00e9decins pour un. La foule obstrue ces deux voies, qui semblent mener \u00e0 la fortune et qui sont deux ar\u00e8nes&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une observation sur la pl\u00e9thorique m\u00e9decine qui e&ucirc;t amus\u00e9 notre C\u00e9line :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; L&rsquo;affluence des postulants a forc\u00e9 la m\u00e9decine \u00e0 se diviser en cat\u00e9gories : il y a le m\u00e9decin qui \u00e9crit, le m\u00e9decin qui professe, le m\u00e9decin politique et le m\u00e9decin militant ; quatre mani\u00e8res diff\u00e9rentes d&rsquo;\u00eatre m\u00e9decin, quatre sections d\u00e9j\u00e0 pleines. Quant \u00e0 la cinqui\u00e8me division, celle des docteurs qui vendent des rem\u00e8des, il y a concurrence, et l&rsquo;on s&rsquo;y bat \u00e0 coups d&rsquo;affiches inf\u00e2mes sur les murs de Paris. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Oh, le complexe militaro-pharmaceutique ! Oh, le r\u00e8gne de la quantit\u00e9 !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les avocats et l&rsquo;Etat :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Dans tous les tribunaux, il y a presque autant d&rsquo;avocats que de causes. L&rsquo;avocat s&rsquo;est rejet\u00e9 sur le journalisme, sur la politique, sur la litt\u00e9rature. Enfin l&rsquo;&Eacute;tat, assailli pour les moindres places de la magistrature, a fini par demander une certaine fortune aux solliciteurs. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cinquante ans avant Villiers de l&rsquo;Isle-Adam Balzac explique le triomphe de la m\u00e9diocrit\u00e9 qui maintenant conna&icirc;t son apoth\u00e9ose en Europe avec la bureaucratie continentale :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Aujourd&rsquo;hui, le talent doit avoir le bonheur qui fait r\u00e9ussir l&rsquo;incapacit\u00e9 ; bien plus, s&rsquo;il manque aux basses conditions qui donnent le succ\u00e8s \u00e0 la rampante m\u00e9diocrit\u00e9, il n&rsquo;arrivera jamais. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Balzac recommande donc comme Salluste (et votre serviteur sur un plateau t\u00e9l\u00e9) la discr\u00e9tion, l&rsquo;\u00e9loignement :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Si nous connaissions parfaitement notre \u00e9poque, nous nous connaissions aussi nous-m\u00eames, et nous pr\u00e9f\u00e9rions l&rsquo;oisivet\u00e9 des penseurs \u00e0 une activit\u00e9 sans but, la nonchalance et le plaisir \u00e0 des travaux inutiles qui eussent lass\u00e9 notre courage et us\u00e9 le vif de notre intelligence. Nous avions analys\u00e9 l&rsquo;\u00e9tat social en riant, en fumant, en nous promenant. Pour se faire ainsi, nos r\u00e9flexions, nos discours n&rsquo;en \u00e9taient ni moins sages, ni moins profonds. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On se plaint en 2018 du niveau de la jeunesse ? Balzac :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Tout en remarquant l&rsquo;ilotisme auquel est condamn\u00e9e la jeunesse, nous \u00e9tions \u00e9tonn\u00e9s de la brutale indiff\u00e9rence du pouvoir pour tout ce qui tient \u00e0 l&rsquo;intelligence, \u00e0 la pens\u00e9e, \u00e0 la po\u00e9sie. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Liquidation de la culture, triomphe idol\u00e2tre de la politique et de l&rsquo;\u00e9conomie :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Quels regards, Juste et moi, nous \u00e9changions souvent en lisant les journaux, en apprenant les \u00e9v\u00e9nements de la politique, en parcourant les d\u00e9bats des Chambres, en discutant la conduite d&rsquo;une cour dont la volontaire ignorance ne peut se comparer qu&rsquo;\u00e0 la platitude des courtisans, \u00e0 la m\u00e9diocrit\u00e9 des hommes qui forment une haie autour du nouveau tr\u00f4ne, tous sans esprit ni port\u00e9e, sans gloire ni science, sans influence ni grandeur. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comme Stendhal, Chateaubriand et m\u00eame Toussenel, Balzac sera un nostalgique de Charles X :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Quel \u00e9loge de la cour de Charles X, que la cour actuelle, si tant est que ce soit une cour ! Quelle haine contre le pays dans la naturalisation de vulgaires \u00e9trangers sans talent, intronis\u00e9s \u00e0 la Chambre des Pairs ! Quel d\u00e9ni de justice ! quelle insulte faite aux jeunes illustrations, aux ambitions n\u00e9es sur le sol ! Nous regardions toutes ces choses comme un spectacle, et nous en g\u00e9missions sans prendre un parti sur nous-m\u00eames. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Balzac \u00e9voque la conspiration et cette \u00e9poque sur un ton qui annonce Drumont aussi (en prison, Balzac, au b&ucirc;cher !) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Juste, que personne n&rsquo;est venu chercher, et qui ne serait all\u00e9 chercher personne, \u00e9tait, \u00e0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>vingt-cinq ans, un profond politique, un homme d&rsquo;une aptitude merveilleuse \u00e0 saisir les rapports lointains entre les faits pr\u00e9sents et les faits \u00e0 venir. Il m&rsquo;a dit en 1831 ce qui devait arriver et ce qui est arriv\u00e9 : les assassinats, les conspirations, le r\u00e8gne des juifs, la g\u00eane des mouvements de la France, la disette d&rsquo;intelligences dans la sph\u00e8re sup\u00e9rieure, et l&rsquo;abondance de talents dans les bas-fonds o&ugrave; les plus beaux courages s&rsquo;\u00e9teignent sous les cendres du cigare. Que devenir ? &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les Fran\u00e7ais de souche qui en bavent et qui s&rsquo;expatrient ? Lisez Balzac !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &Ecirc;tre m\u00e9decin n&rsquo;\u00e9tait-ce pas attendre pendant vingt ans une client\u00e8le ? Vous savez ce qu&rsquo;il est devenu ? Non. Eh ! bien, il est m\u00e9decin ; mais il a quitt\u00e9 la France, il est en Asie. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La conclusion du jeune grand homme :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; J&rsquo;imite Juste, je d\u00e9serte la France, o&ugrave; l&rsquo;on d\u00e9pense \u00e0 se faire faire place le temps et l&rsquo;\u00e9nergie n\u00e9cessaires aux plus hautes cr\u00e9ations. Imitez-moi, mes amis, je vais l\u00e0 o&ugrave; l&rsquo;on dirige \u00e0 son gr\u00e9 sa destin\u00e9e. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Homo festivus&hellip; Chez Balzac il y a toujours une d\u00e9rision bien fran\u00e7aise face aux \u00e9checs de la vie et du monde moderne et d\u00e9ceptif.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es j&rsquo;avais rappel\u00e9 \u00e0 Philippe Muray que chez Hermann Broch comme chez Musil (g\u00e9nie juif plus connu mais moins passionnant) il y avait une d\u00e9nonciation de la dimension carnavalesque dans l&rsquo;\u00e9croulement austro-hongrois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Chez Balzac d\u00e9j\u00e0 on veut s&rsquo;amuser, s&rsquo;\u00e9clater, f&ucirc;t-ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Il cite m\u00eame Palmyre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Apr\u00e8s nous \u00eatre longtemps promen\u00e9s dans les ruines de Palmyre, nous les oubli\u00e2mes, nous \u00e9tions si jeunes ! Puis vint le carnaval, ce carnaval parisien qui, d\u00e9sormais, effacera l&rsquo;ancien carnaval de Venise, et qui dans quelques ann\u00e9es attirera l&rsquo;Europe \u00e0 Paris, si de malencontreux pr\u00e9fets de police ne s&rsquo;y opposent. On devrait tol\u00e9rer le jeu pendant le carnaval ; mais les niais moralistes qui ont fait supprimer le jeu sont des calculateurs imb\u00e9ciles qui ne r\u00e9tabliront cette plaie n\u00e9cessaire que quand il sera prouv\u00e9 que la France laisse des millions en Allemagne. Ce joyeux carnaval amena, comme chez tous les \u00e9tudiants, une grande mis\u00e8re&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis Balzac pr\u00e9sente son Marcas &ndash; tr\u00e8s actuel comme on verra :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il savait le Droit des gens et connaissait tous les trait\u00e9s europ\u00e9ens, les coutumes internationales. Il avait \u00e9tudi\u00e9 les hommes et les choses dans cinq capitales : Londres, Berlin, Vienne, Petersburg et Constantinople. Nul mieux que lui ne connaissait les pr\u00e9c\u00e9dents de la Chambre. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les \u00e9lites ? Balzac :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Marcas avait appris tout ce qu&rsquo;un v\u00e9ritable homme d&rsquo;&Eacute;tat doit savoir ; aussi son \u00e9tonnement fut-il excessif quand il eut occasion de v\u00e9rifier la profonde ignorance des gens parvenus en France aux affaires publiques. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il devine le futur de la France :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; En France, il n&rsquo;y aura plus qu&rsquo;un combat de courte dur\u00e9e, au si\u00e8ge m\u00eame du gouvernement, et qui terminera la guerre morale que des intelligences d&rsquo;\u00e9lite auront faite auparavant. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les politiques, les s\u00e9nateurs US comme des marionnettes, comme dans le Parrain. Balzac :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; En trois ans, Marcas cr\u00e9a une des cinquante pr\u00e9tendues capacit\u00e9s politiques qui sont les raquettes avec lesquelles deux mains sournoises se renvoient les portefeuilles, absolument comme un directeur de marionnettes heurte l&rsquo;un contre l&rsquo;autre le commissaire et Polichinelle dans son th\u00e9\u00e2tre en plein vent, en esp\u00e9rant toujours faire sa recette. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Corleone Marcas est comme un boss, dira Cochin, qui manipule ses mannequins : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Sans d\u00e9masquer encore toutes les batteries de sa sup\u00e9riorit\u00e9, Marcas s&rsquo;avan\u00e7a plus que la premi\u00e8re fois, il montra la moiti\u00e9 de son savoir-faire ; le minist\u00e8re ne dura que cent quatre-vingts jours, il fut d\u00e9vor\u00e9. Marcas, mis en rapport avec quelques d\u00e9put\u00e9s, les avait mani\u00e9s comme p\u00e2te, en laissant chez tous une haute id\u00e9e de ses talents. Son mannequin fit de nouveau partie d&rsquo;un minist\u00e8re, et le journal devint minist\u00e9riel. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis Balzac explique l&rsquo;homme moderne, \u00e9lecteur, citoyen, consommateur, politicard, et &laquo; ce que Marcas appelait les stratag\u00e8mes de la b\u00eatise : on frappe sur un homme, il para&icirc;t convaincu, il hoche la t\u00eate, tout va s&rsquo;arranger ; le lendemain, cette gomme \u00e9lastique, un moment comprim\u00e9e, a repris pendant la nuit sa consistance, elle s&rsquo;est m\u00eame gonfl\u00e9e, et tout est \u00e0 recommencer ; vous retravaillez jusqu&rsquo;\u00e0 ce que vous ayez reconnu que vous n&rsquo;avez pas affaire \u00e0 un homme, mais \u00e0 du mastic qui se s\u00e8che au soleil. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et comme s&rsquo;il pensait \u00e0 Trump ou \u00e0 nos ex-vingti\u00e8me si\u00e8cle, aux promesses b\u00e2cl\u00e9es des politiciens, Balzac d\u00e9nonce &laquo; la difficult\u00e9 d&rsquo;op\u00e9rer le bien, l&rsquo;incroyable facilit\u00e9 de faire le mal. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et comme s&rsquo;il fallait prouver que Balzac est le ma&icirc;tre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;il y a pour les hommes sup\u00e9rieurs des Shibolet, et nous \u00e9tions de la tribu des l\u00e9vites modernes, sans \u00eatre encore dans le Temple. Comme je vous l&rsquo;ai dit, notre vie frivole couvrait les desseins que Juste a ex\u00e9cut\u00e9s pour sa part et ceux que je vais mettre \u00e0 fin. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et sur l&rsquo;\u00e9ternel pr\u00e9sent de la jeunesse m\u00e9contente :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La jeunesse n&rsquo;a pas d&rsquo;issue en France, elle y amasse une avalanche de capacit\u00e9s m\u00e9connues, d&rsquo;ambitions l\u00e9gitimes et inqui\u00e8tes, elle se marie peu, les familles ne savent que faire de leurs enfants ; quel sera le bruit qui \u00e9branlera ces masses, je ne sais ; mais elles se pr\u00e9cipiteront dans l&rsquo;\u00e9tat de choses actuel et le bouleverseront. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Vingt ans plus tard Flaubert dira que le peuple aussi est mort, apr\u00e8s les nobles, les clercs et les bourgeois, et qu&rsquo;il ne reste que la tourbe canaille et imb\u00e9cile qui a gob\u00e9 le Second Empire, qui marque le d\u00e9but de notre d\u00e9clin litt\u00e9raire. Si on sait pour qui vote la tourbe, on ne sait toujours pas pourquoi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Balzac rajoute :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Louis XIV, Napol\u00e9on, l&rsquo;Angleterre \u00e9taient et sont avides de jeunesse intelligente. En France, la jeunesse est condamn\u00e9e par la l\u00e9galit\u00e9 nouvelle, par les conditions mauvaises du principe \u00e9lectif, par les vices de la constitution minist\u00e9rielle. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est JMLP qui disait un jour \u00e0 notre amie Marie que 80% de nos jeunes dipl\u00f4m\u00e9s fichent le camp. On \u00e9tait en 2012 ! Circulez, y&rsquo;a de l&rsquo;espoir&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le pi\u00e8ge r\u00e9publicain expliqu\u00e9 en une phrase par notre plus garnd esprit moderne (royaliste et l\u00e9gitimiste comme Tocqueville et Chateaubriand et Baudelaire aussi \u00e0 sa mani\u00e8re) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; En ce moment, on pousse la jeunesse enti\u00e8re \u00e0 se faire r\u00e9publicaine, parce qu&rsquo;elle voudra voir dans la r\u00e9publique son \u00e9mancipation. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La r\u00e9publique donnera comme on sait le radical replet, le ma\u00e7on obtus, le lib\u00e9ral Ubu et le socialiste ventru !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Z. Marcas. Lisez cette nouvelle de seize pages, qui \u00e9nonce aussi l&rsquo;opposition moderne entre Russie et monde anglo-saxon !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On laisse le ma&icirc;tre conclure : &laquo; vous appartenez \u00e0 cette masse d\u00e9cr\u00e9pite que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat rend hideuse, qui tremble, qui se recroqueville et qui veut rapetisser la France parce qu&rsquo;elle se rapetisse. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et le patriote Marcas en mourra, proph\u00e8te du d\u00e9clin fran\u00e7ais :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Marcas nous manifesta le plus profond m\u00e9pris pour le gouvernement ; il nous parut douter des destin\u00e9es de la France, et ce doute avait caus\u00e9 sa maladie&hellip;Marcas ne laissa pas de quoi se faire enterrer&hellip;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Balzac et la proph\u00e9tie du d\u00e9clin de la France Reparlons de la fin de l&rsquo;histoire&hellip; La catastrophe est arriv\u00e9e avec Louis-Philippe, tout le monde devrait le savoir (cela me rappelle je ne sais quel journaliste royaliste qui me demandait si j&rsquo;\u00e9tais orl\u00e9aniste ou l\u00e9gitimiste. 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