{"id":77997,"date":"2018-06-14T05:44:30","date_gmt":"2018-06-14T05:44:30","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/06\/14\/macron-hait-les-pauvres-relisez-swift\/"},"modified":"2018-06-14T05:44:30","modified_gmt":"2018-06-14T05:44:30","slug":"macron-hait-les-pauvres-relisez-swift","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/06\/14\/macron-hait-les-pauvres-relisez-swift\/","title":{"rendered":"Macron hait les pauvres ? Relisez Swift\u00a0!"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Macron hait les pauvres ? Relisez Swift !<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous sommes en 2018. Swift. Ce grand texte est redevenu indispensable dans cette phase agonique et eschatologique du capitalisme-turbo. Sans le vouloir les Fran\u00e7ais ont mis au pouvoir un agent de liquidation, et ils vont \u00eatre servis. J&rsquo;en ai parl\u00e9 dans un r\u00e9cent libre publi\u00e9 aux \u00e9ditions Avatar. Mais je laisse ici au lecteur le soin de red\u00e9couvrir le g\u00e9nie de Swift qui avait remarqu\u00e9 que les puritains anglais, ces adorateurs de la bible, adoraient affamer ou exterminer les Amal\u00e9cites catholiques de l&rsquo;Irlande \u00e9ternelle. A l&rsquo;heure o&ugrave; l&rsquo;on c\u00e9l\u00e8bre les restaurants de viande humaine \u00e0 L.A. ou ailleurs, la prose de Swift vous semblera rafraichissante (Wikisource.org).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>________________________<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Modeste proposition<\/h2>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:1.25em;\">Pour emp\u00eacher les enfants des pauvres en Irlande d&rsquo;\u00eatre \u00e0 charge \u00e0 leurs parents et \u00e0 leur pays et pour les rendre utiles au public<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est une triste chose pour ceux qui se prom\u00e8nent dans cette grande ville<a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Opuscules_humoristiques_(Wailly)\/Modeste_proposition#cite_note-1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>ou voyagent dans la campagne, que de voir les rues, les routes et les portes des cabanes encombr\u00e9es de mendiantes que suivent trois, quatre ou six enfants tous en haillons et importunant chaque passant pour avoir l&rsquo;aum\u00f4ne. Ces m\u00e8res, au lieu d&rsquo;\u00eatre en \u00e9tat de travailler pour gagner honn\u00eatement leur vie, sont forc\u00e9es de passer tout leur temps \u00e0 mendier de quoi nourrir leurs malheureux enfants, qui, lorsqu&rsquo;ils grandissent, deviennent voleurs faute d&rsquo;ouvrage, ou quittent leur cher pays natal pour s&rsquo;enr\u00f4ler au service du pr\u00e9tendant en Espagne, ou se vendent aux Barbades.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tous les partis tombent d&rsquo;accord, je pense, que ce nombre prodigieux d&rsquo;enfants sur les bras, sur le dos ou sur les talons de leurs m\u00e8res, et souvent de leurs p\u00e8res, est, dans le d\u00e9plorable \u00e9tat de ce royaume, un tr\u00e8s-grand fardeau de plus ; c&rsquo;est pourquoi quiconque trouverait un moyen honn\u00eate, \u00e9conomique et facile de faire de ces enfants des membres sains et utiles de la communaut\u00e9, aurait assez bien m\u00e9rit\u00e9 du public pour qu&rsquo;on lui \u00e9rige\u00e2t une statue comme sauveur de la nation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais ma sollicitude est loin de se borner aux enfants des mendiants de profession ; elle s&rsquo;\u00e9tend beaucoup plus loin, et jusque sur tous les enfants d&rsquo;un certain \u00e2ge, qui sont n\u00e9s de parents aussi peu en \u00e9tat r\u00e9ellement de pourvoir \u00e0 leurs besoins que ceux qui demandent la charit\u00e9 dans les rues.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour ma part, ayant tourn\u00e9 mes pens\u00e9es depuis bien des ann\u00e9es sur cet important sujet, et m&ucirc;rement pes\u00e9 les propositions de nos faiseurs de projets, je les ai toujours vus tomber dans des erreurs grossi\u00e8res de calcul. Il est vrai qu&rsquo;un enfant dont la m\u00e8re vient d&rsquo;accoucher peut vivre de son lait pendant une ann\u00e9e solaire, avec peu d&rsquo;autre nourriture, la valeur de deux shillings au plus que la m\u00e8re peut certainement se procurer, ou l&rsquo;\u00e9quivalent en rogatons, dans son l\u00e9gitime m\u00e9tier de mendiante ; et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment lorsque les enfants sont \u00e2g\u00e9s d&rsquo;un an que je propose de prendre \u00e0 leur \u00e9gard des mesures telles qu&rsquo;au lieu d&rsquo;\u00eatre une charge pour leurs parents ou pour la paroisse, ou de manquer d&rsquo;aliments et de v\u00eatements le reste de leur vie, ils contribuent, au contraire, \u00e0 nourrir et en partie \u00e0 v\u00eatir des milliers de personnes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un autre grand avantage de mon projet, c&rsquo;est qu&rsquo;il pr\u00e9viendra ces avortements volontaires et cette horrible habitude qu&rsquo;ont les femmes de tuer leurs b\u00e2tards, habitude trop commune, h\u00e9las ! parmi nous ; ces sacrifices de pauvres petits innocents (pour \u00e9viter la d\u00e9pense plut\u00f4t que la honte, je soup\u00e7onne), qui arracheraient des larmes de compassion au c&oelig;ur le plus inhumain, le plus barbare.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La population de ce royaume \u00e9tant \u00e9valu\u00e9e d&rsquo;ordinaire \u00e0 un million et demi, je calcule que sur ce chiffre il peut y avoir environ deux cent mille couples dont les femmes sont f\u00e9condes ; de ce nombre je soustrais trente mille couples, qui sont en \u00e9tat de pourvoir \u00e0 la subsistance de leurs enfants (quoique je ne pense pas qu&rsquo;il y en ait autant, dans l&rsquo;\u00e9tat de d\u00e9tresse o&ugrave; est ce royaume) ; mais en admettant ceci, il restera cent soixante-dix mille femmes f\u00e9condes. Je soustrais encore cinquante mille pour les fausses couches ou pour les enfants qui meurent d&rsquo;accident ou de maladie dans l&rsquo;ann\u00e9e. Restent par an cent vingt mille enfants qui naissent de parents pauvres. La question est donc : Comment \u00e9lever cette multitude d&rsquo;enfants et pourvoir \u00e0 leur sort ? Ce qui, comme je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit, dans l&rsquo;\u00e9tat pr\u00e9sent des affaires, est compl\u00e8tement impossible par les m\u00e9thodes propos\u00e9es jusqu&rsquo;ici. Car nous ne pouvons les employer ni comme artisans ni comme agriculteurs. Nous ne b\u00e2tissons pas de maisons (\u00e0 la campagne, j&rsquo;entends), et nous ne cultivons pas la terre ; il est fort rare qu&rsquo;ils puissent vivre de vol avant l&rsquo;\u00e2ge de six ans, \u00e0 moins de dispositions toutes particuli\u00e8res, quoique j&rsquo;avoue qu&rsquo;ils en apprennent les rudiments beaucoup plus t\u00f4t, durant lequel temps ils peuvent, n\u00e9anmoins, \u00e0 proprement parler, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme de simples aspirants ; ainsi que me l&rsquo;a expliqu\u00e9 un des principaux habitants du comt\u00e9 de Cavan, qui m&rsquo;a protest\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais rencontr\u00e9 plus d&rsquo;un ou deux cas au-dessous de six ans, m\u00eame dans une partie du royaume si renomm\u00e9e pour sa pr\u00e9cocit\u00e9 dans cet art.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nos n\u00e9gociants m&rsquo;ont assur\u00e9 qu&rsquo;avant douze ans un gar\u00e7on ou une fille n&rsquo;est pas du tout de d\u00e9faite ; et m\u00eame \u00e0 cet \u00e2ge ils ne valent pas plus de trois livres, ou tout au plus trois livres et une demi couronne, \u00e0 la Bourse, ce qui ne saurait indemniser les parents ni le royaume, les frais de nourriture et de guenilles valant au moins quatre fois autant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je proposerai donc humblement mes propres id\u00e9es qui, je l&rsquo;esp\u00e8re, ne soul\u00e8veront pas la moindre objection.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un jeune am\u00e9ricain de ma connaissance, homme tr\u00e8s-entendu, m&rsquo;a certifi\u00e9 \u00e0 Londres qu&rsquo;un jeune enfant bien sain, bien nourri, est, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;un an, un aliment d\u00e9licieux, tr\u00e8s-nourrissant et tr\u00e8s-sain, bouilli, r\u00f4ti, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tuv\u00e9e ou au four, et je ne mets pas en doute qu&rsquo;il ne puisse \u00e9galement servir en fricass\u00e9e ou en rago&ucirc;t.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;expose donc humblement \u00e0 la consid\u00e9ration du public que des cent vingt mille enfants dont le calcul a \u00e9t\u00e9 fait, vingt mille peuvent \u00eatre r\u00e9serv\u00e9s pour la reproduction de l&rsquo;esp\u00e8ce, dont seulement un quart de m\u00e2les, ce qui est plus qu&rsquo;on ne r\u00e9serve pour les moutons, le gros b\u00e9tail et les porcs ; et ma raison est que ces enfants sont rarement le fruit du mariage, circonstance \u00e0 laquelle nos sauvages font peu d&rsquo;attention, c&rsquo;est pourquoi un m\u00e2le suffira au service de quatre femelles ; que les cent mille restant peuvent, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;un an, \u00eatre offerts en vente aux personnes de qualit\u00e9 et de fortune dans tout le royaume, en avertissant toujours la m\u00e8re de les allaiter copieusement dans le dernier mois, de fa\u00e7on \u00e0 les rendre dodus et gras pour une bonne table. Un enfant fera deux plats dans un repas d&rsquo;amis ; et quand la famille d&icirc;ne seule, le train de devant ou de derri\u00e8re fera un plat raisonnable, et assaisonn\u00e9 avec un peu de poivre et de sel, sera tr\u00e8s-bon bouilli le quatri\u00e8me jour, sp\u00e9cialement en hiver.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai fait le calcul qu&rsquo;en moyenne un enfant qui vient de na&icirc;tre p\u00e8se vingt livres, et que dans l&rsquo;ann\u00e9e solaire, s&rsquo;il est passablement nourri, il ira \u00e0 vingt-huit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;accorde que cet aliment sera un peu cher, et par cons\u00e9quent il conviendra tr\u00e8s-bien aux propri\u00e9taires, qui, puisqu&rsquo;ils ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9vor\u00e9 la plupart des p\u00e8res, paraissent avoir le plus de droits sur les enfants. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>La chair des enfants sera de saison toute l&rsquo;ann\u00e9e, mais plus abondante en mars, et un peu avant et apr\u00e8s, car il est dit par un grave auteur, un \u00e9minent m\u00e9decin fran\u00e7ais, que, le poisson \u00e9tant une nourriture prolifique, il na&icirc;t plus d&rsquo;enfants dans les pays catholiques romains environ neuf mois apr\u00e8s le car\u00eame qu&rsquo;\u00e0 toute autre \u00e9poque : c&rsquo;est pourquoi, en comptant une ann\u00e9e apr\u00e8s le car\u00eame, les march\u00e9s seront mieux fournis encore que d&rsquo;habitude, parce que le nombre des enfants papistes est au moins de trois contre un dans ce royaume ; cela aura donc un autre avantage, celui de diminuer le nombre des papistes parmi nous.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 calcul\u00e9 que les frais de nourriture d&rsquo;un enfant de mendiant (et je fais entrer dans cette liste tous les <em>cottagers<\/em><sup><a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Opuscules_humoristiques_(Wailly)\/Modeste_proposition#cite_note-2\">[2]<\/a><\/sup>, les journaliers et les quatre cinqui\u00e8mes des fermiers), \u00e9taient d&rsquo;environ deux shillings par an, guenilles comprises ; et je crois qu&rsquo;aucun gentleman ne se plaindra de donner dix shillings pour le corps d&rsquo;un enfant bien gras, qui, comme j&rsquo;ai dit, fera quatre plats d&rsquo;excellente viande nutritive, lorsqu&rsquo;il n&rsquo;aura que quelque ami particulier ou son propre m\u00e9nage \u00e0 d&icirc;ner avec lui. Le squire apprendra ainsi \u00e0 \u00eatre un bon propri\u00e9taire, et deviendra populaire parmi ses tenanciers ; la m\u00e8re aura huit shillings de profit net, et sera en \u00e9tat de travailler jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle produise un autre enfant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ceux qui sont plus \u00e9conomes (et je dois convenir que les temps le demandent) peuvent \u00e9corcher le corps ; la peau, artistement pr\u00e9par\u00e9e, fera d&rsquo;admirables gants pour les dames, et des bottes d&rsquo;\u00e9t\u00e9 pour les beaux messieurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quant \u00e0 notre cit\u00e9 de Dublin, des abattoirs peuvent \u00eatre affect\u00e9s \u00e0 cet emploi dans les endroits les plus convenables, et les bouchers ne manqueront pas assur\u00e9ment ; toutefois je recommande d&rsquo;acheter de pr\u00e9f\u00e9rence des enfants vivants, et de les pr\u00e9parer tout chauds sortant du couteau, comme nous faisons pour les porcs \u00e0 r\u00f4tir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une tr\u00e8s-digne personne, qui aime sinc\u00e8rement son pays et dont j&rsquo;estime hautement les vertus, a bien voulu derni\u00e8rement, en discourant sur cette mati\u00e8re, proposer un amendement \u00e0 mon projet. Elle a dit que nombre de gentlemen de ce royaume ayant d\u00e9truit, depuis peu, leur gros gibier, elle croyait que l&rsquo;on pouvait suppl\u00e9er \u00e0 ce manque de venaison par des corps de jeunes gar\u00e7ons et de jeunes filles, pas au dessus de quatorze ans et pas au dessous de douze, tant d&rsquo;enfants des deux sexes \u00e9tant en ce moment menac\u00e9s de mourir de faim, faute d&rsquo;ouvrage ou de service ; et les parents, s&rsquo;ils sont encore en vie, ou, \u00e0 d\u00e9faut de ceux-ci, leurs plus proches parents \u00e9tant tout dispos\u00e9s \u00e0 s&rsquo;en d\u00e9faire. Mais avec toute la d\u00e9f\u00e9rence due \u00e0 un si excellent ami et \u00e0 un si digne patriote, je ne puis \u00eatre tout \u00e0 fait de son sentiment ; car pour ce qui est des m\u00e2les, l&rsquo;Am\u00e9ricain que je connais m&rsquo;a assur\u00e9, pour en avoir souvent fait l&rsquo;exp\u00e9rience, que leur chair \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement dure et maigre, comme celle de nos \u00e9coliers, et que les engraisser ne paierait pas les frais. Quant aux femelles, ce serait, je pense, en toute soumission, une perte pour le public, parce que bient\u00f4t elles deviendraient f\u00e9condes elles-m\u00eames. Et d&rsquo;ailleurs, il n&rsquo;est pas improbable que des gens scrupuleux seraient port\u00e9s \u00e0 censurer cette mesure (quoique bien injustement, il est vrai), comme frisant un peu la cruaut\u00e9 ; ce qui, je l&rsquo;avoue, a toujours \u00e9t\u00e9, \u00e0 mes yeux, la plus forte objection contre tout projet, quelque bonne qu&rsquo;en soit l&rsquo;intention.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais je dois dire \u00e0 la justification de mon ami, qu&rsquo;il confessa que cet exp\u00e9dient lui avait \u00e9t\u00e9 mis en t\u00eate par le fameux Psalmanazar, natif de l&rsquo;&icirc;le de Formose, qui vint \u00e0 Londres il n&rsquo;y a pas plus de vingt ans, et raconta \u00e0 mon ami que dans son pays chaque fois qu&rsquo;on mettait quelqu&rsquo;un de jeune \u00e0 mort, l&rsquo;ex\u00e9cuteur vendait le corps \u00e0 des personnes de qualit\u00e9, comme une grande friandise ; et que de son temps le corps d&rsquo;une fille dodue de quinze ans, qui avait \u00e9t\u00e9 crucifi\u00e9e pour une tentative d&#8217;empoisonnement sur l&#8217;empereur, fut vendu au premier ministre de Sa Majest\u00e9 imp\u00e9riale, et autres grands mandarins de la cour, par quartiers, au sortir du gibet, pour quatre cents couronnes <a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Opuscules_humoristiques_(Wailly)\/Modeste_proposition#cite_note-p168-3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>. En effet, je ne puis nier que si on tirait le m\u00eame parti de plusieurs dodues jeunes filles de cette ville, qui, sans un sou de fortune, ne peuvent sortir qu&rsquo;en chaise \u00e0 porteurs, et se montrent \u00e0 la com\u00e9die et aux assembl\u00e9es dans des toilettes venues de l&rsquo;\u00e9tranger et qu&rsquo;elles ne payeront jamais, le royaume ne s&rsquo;en trouverait pas plus mal.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quelques personnes port\u00e9es au d\u00e9couragement sont fort inqui\u00e8tes de ce grand nombre de pauvres gens, qui sont \u00e2g\u00e9s, malades ou estropi\u00e9s, et j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 pri\u00e9 de chercher dans ma t\u00eate ce que l&rsquo;on pourrait faire pour soulager la nation d&rsquo;une si lourde charge. Mais je ne suis pas le moins du monde embarrass\u00e9 \u00e0 ce sujet, car il est bien connu qu&rsquo;ils meurent et pourrissent chaque jour de froid et de faim, de salet\u00e9 et de vermine, aussi vite qu&rsquo;on peut raisonnablement s&rsquo;y attendre. Et quant aux jeunes journaliers, leur \u00e9tat aujourd&rsquo;hui donne presque autant d&rsquo;esp\u00e9rance : ils ne trouvent pas d&rsquo;ouvrage et par cons\u00e9quent d\u00e9p\u00e9rissent faute de nourriture, \u00e0 un degr\u00e9 tel que si, par hasard, on leur confie le plus simple travail, ils n&rsquo;ont pas la force de le faire ; et ainsi le pays et eux-m\u00eames sont heureusement d\u00e9livr\u00e9s des maux \u00e0 venir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette digression est trop longue, et je reviens \u00e0 mon sujet. Je crois que les avantages de ma proposition sont \u00e9vidents et nombreux, ainsi que de la plus haute importance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Premi\u00e8rement, comme je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 fait observer, elle diminuerait consid\u00e9rablement le nombre des papistes dont nous sommes inond\u00e9s tous les ans, car ce sont les plus grands faiseurs d&rsquo;enfants de la nation, aussi bien que ses plus dangereux ennemis ; et s&rsquo;ils restent au pays, c&rsquo;est afin de livrer le royaume au Pr\u00e9tendant, esp\u00e9rant profiter de l&rsquo;absence de tant de bons protestants, qui ont mieux aim\u00e9 s&rsquo;expatrier que de rester chez eux et de payer la d&icirc;me \u00e0 un cur\u00e9 \u00e9piscopal contre leur conscience.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Deuxi\u00e8mement. Les plus pauvres tenanciers auront quelque chose \u00e0 eux que la justice pourra saisir et affecter au payement de la rente de leur propri\u00e9taire, leur bl\u00e9 et leur b\u00e9tail \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 saisis et l&rsquo;argent une chose inconnue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Troisi\u00e8mement. Attendu que l&rsquo;entretien de cent mille enfants de deux ans et au-dessus ne peut \u00eatre \u00e9valu\u00e9 \u00e0 moins de dix shillings par t\u00eate et par ann\u00e9e, l&rsquo;avoir de la nation s&rsquo;accro&icirc;tra par l\u00e0 de cinquante mille livres par an, outre le profit d&rsquo;un nouveau plat introduit sur les tables de tous les gens riches du royaume qui ont quelque d\u00e9licatesse de go&ucirc;t ; et l&rsquo;argent circulera parmi nous, l&rsquo;article \u00e9tant enti\u00e8rement de notre cr&ucirc; et de notre fabrication.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quatri\u00e8mement. Les producteurs r\u00e9guliers, outre le gain annuel de huit shillings sterling par la vente de leurs enfants, seront quittes de leur entretien apr\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cinqui\u00e8mement. Cet aliment am\u00e8nera aussi beaucoup de consommateurs aux tavernes, o&ugrave; les cabaretiers auront certainement la pr\u00e9caution de se procurer les meilleures recettes pour l&rsquo;accommoder dans la perfection, et, cons\u00e9quemment, auront leurs maisons fr\u00e9quent\u00e9es par tous les beaux messieurs qui s&rsquo;estiment fort justement en raison de leurs connaissances en cuisine ; et un cuisinier habile, qui sait comment ou engage ses h\u00f4tes, saura bien rendre celle-ci aussi co&ucirc;teuse qu&rsquo;il leur plaira.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sixi\u00e8mement. Ce serait un grand stimulant au mariage, que toutes les nations sens\u00e9es ont encourag\u00e9 par des r\u00e9compenses ou impos\u00e9 par des lois et des p\u00e9nalit\u00e9s. Cela augmenterait le soin et la tendresse des m\u00e8res pour leurs enfants, lorsqu&rsquo;elles seraient s&ucirc;res d&rsquo;un \u00e9tablissement pour ces pauvres petits, soutenus en quelque chose aux frais et au profit du public. Nous verrions une honn\u00eate \u00e9mulation entre les femmes mari\u00e9es \u00e0 qui apporterait au march\u00e9 l&rsquo;enfant le plus gras <a href=\"https:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Opuscules_humoristiques_(Wailly)\/Modeste_proposition#cite_note-4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>. Les hommes deviendraient aussi aux petits soins pour leurs femmes en \u00e9tat de grossesse qu&rsquo;ils le sont aujourd&rsquo;hui pour leurs juments, leurs vaches et leurs truies pr\u00eates \u00e0 mettre bas, et ils ne les menaceraient plus ni du poing ni du pied (comme ils en ont trop souvent l&rsquo;habitude), de peur d&rsquo;avortement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On pourrait \u00e9num\u00e9rer bien d&rsquo;autres avantages. Par exemple, l&rsquo;addition de plusieurs milliers d&rsquo;animaux \u00e0 notre exportation de b&oelig;uf en baril, la consommation plus abondante de la chair de porc, et un perfectionnement dans la mani\u00e8re de faire de bon lard, dont nous manquons si fort, par suite de la grande destruction des cochons de lait, qui se servent trop souvent sur notre table, et qui ne sont nullement comparables, comme go&ucirc;t et comme magnificence, \u00e0 un enfant d&rsquo;un an, gras et d&rsquo;une belle venue, qui, r\u00f4ti tout entier, fera une figure consid\u00e9rable \u00e0 un repas de lord-maire, ou \u00e0 tout autre festin public. Mais cela et beaucoup d&rsquo;autres choses, je n&rsquo;en parle pas, tenant \u00e0 \u00eatre bref.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En supposant qu&rsquo;un millier de familles de cette ville ach\u00e8teraient r\u00e9guli\u00e8rement de la viande d&rsquo;enfant, ind\u00e9pendamment de ce qui s&rsquo;en consommerait dans les parties de plaisir, particuli\u00e8rement aux noces et bapt\u00eames, je calcule que Dublin en prendrait environ vingt mille par an, et le reste du royaume (o&ugrave; probablement il se vendrait un peu meilleur march\u00e9), les quatre-vingt mille autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je ne pr\u00e9vois aucune objection possible \u00e0 ma proposition, \u00e0 moins qu&rsquo;on n&rsquo;all\u00e8gue que le chiffre de la population en sera fort abaiss\u00e9. Ceci, je l&rsquo;avoue franchement, et c&rsquo;est m\u00eame une des principales raisons pour lesquelles je l&rsquo;ai faite. Je prie le lecteur d&rsquo;observer que mon rem\u00e8de n&rsquo;est destin\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 ce seul et unique royaume d&rsquo;Irlande, et \u00e0 aucun autre qui ait jamais exist\u00e9 ou qui puisse, je crois, jamais exister sur la terre. Qu&rsquo;on ne me parle donc pas d&rsquo;autres exp\u00e9dients : de taxer nos <em>absentees<\/em> \u00e0 cinq shillings par livre ; de n&rsquo;acheter ni v\u00eatements, ni meubles qui ne soient de notre cr&ucirc; et de nos fabriques ; de rejeter compl\u00e8tement les mati\u00e8res et instruments qui encouragent le luxe \u00e9tranger ; de gu\u00e9rir nos femmes des d\u00e9penses qu&rsquo;elles font par orgueil, par vanit\u00e9, par oisivet\u00e9 et au jeu ; d&rsquo;introduire une veine d&rsquo;\u00e9conomie, de prudence et de temp\u00e9rance ; d&rsquo;apprendre \u00e0 aimer notre pays, ce qui nous manque bien plus qu&rsquo;aux Lapons m\u00eame et aux Topinambous ; de cesser nos animosit\u00e9s et nos factions, et de ne plus faire comme les Juifs, qui s&rsquo;\u00e9gorgeaient les uns les autres au moment m\u00eame o&ugrave; on prit leur ville ; de prendre un peu plus garde de ne pas vendre notre pays et notre conscience pour rien ; d&rsquo;enseigner aux propri\u00e9taires \u00e0 avoir au moins un degr\u00e9 de mis\u00e9ricorde pour leurs tenanciers ; enfin, de faire entrer un peu d&rsquo;honn\u00eatet\u00e9, d&rsquo;industrie et de savoir-faire dans l&rsquo;esprit de nos boutiquiers qui, si la r\u00e9solution pouvait \u00eatre prise de n&rsquo;acheter que nos marchandises, s&rsquo;entendraient imm\u00e9diatement pour nous tromper et nous ran\u00e7onner sur le prix, la mesure et la qualit\u00e9, et n&rsquo;ont jamais pu encore se d\u00e9cider \u00e0 faire une honn\u00eate proposition de trafic loyal, malgr\u00e9 de fr\u00e9quentes et vives invitations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est pourquoi, je le r\u00e9p\u00e8te, que personne ne me parle de ces exp\u00e9dients et autres semblables, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il ait au moins quelque lueur d&rsquo;espoir qu&rsquo;on essayera de tout c&oelig;ur et sinc\u00e8rement de les mettre en pratique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais, quant \u00e0 moi, las de voir offrir, depuis maintes ann\u00e9es, une foule de futiles et oiseuses visions, je d\u00e9sesp\u00e9rais enti\u00e8rement du succ\u00e8s, lorsque je suis tomb\u00e9 par bonheur sur cette proposition, qui, outre qu&rsquo;elle est tout \u00e0 fait neuve, a quelque chose de solide et de r\u00e9el, n&rsquo;entra&icirc;ne aucune d\u00e9pense et exige peu de soins, est tout \u00e0 fait dans nos moyens, et ne nous expose nullement \u00e0 d\u00e9sobliger l&rsquo;Angleterre. Car cette sorte de denr\u00e9e ne supporte pas l&rsquo;exportation, cette viande \u00e9tant d&rsquo;une consistance trop tendre pour rester longtemps dans le sel, quoique peut-\u00eatre je puisse nommer un pays qui ne demanderait pas mieux que de manger notre nation tout enti\u00e8re sans cet assaisonnement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s tout, je ne suis pas tellement coiff\u00e9 de mon id\u00e9e que je rejette toute proposition, faite par des hommes sens\u00e9s, qui serait jug\u00e9e aussi innocente et peu co&ucirc;teuse, aussi facile et efficace. Mais avant qu&rsquo;on en mette une de cette esp\u00e8ce en concurrence avec la mienne, et qu&rsquo;on en pr\u00e9sente une meilleure, je d\u00e9sire que son auteur, ou ses auteurs, veuillent bien consid\u00e9rer m&ucirc;rement deux points : premi\u00e8rement, dans la condition o&ugrave; sont les choses, comment ils seront en \u00e9tat de trouver le vivre et le couvert pour cent mille bouches et dos inutiles ; et, deuxi\u00e8mement, comme il existe dans ce royaume un million de cr\u00e9atures \u00e0 figure humaine que tous leurs moyens de subsistance mis en commun laisseraient en dette de deux millions de livres sterling, ajoutant ceux qui sont mendiants de profession \u00e0 la masse de fermiers, <em>cottagers<\/em> et journaliers avec femmes et enfants, qui sont mendiants de fait, j&rsquo;invite les hommes politiques \u00e0 qui mon ouverture d\u00e9plaira, et qui auront peut-\u00eatre la hardiesse de tenter une r\u00e9ponse, \u00e0 demander d&rsquo;abord aux parents de ces mortels, si, \u00e0 l&rsquo;heure qu&rsquo;il est, ils ne regarderaient pas comme un grand bonheur d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 vendus pour \u00eatre mang\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;un an, de la fa\u00e7on que je prescris, et d&rsquo;avoir \u00e9vit\u00e9 par l\u00e0 toute la s\u00e9rie d&rsquo;infortunes par lesquelles ils ont pass\u00e9, et l&rsquo;oppression des propri\u00e9taires, et l&rsquo;impossibilit\u00e9 de payer leur rente sans argent ni commerce, et le manque de moyens les plus ordinaires de subsistance ainsi que d&rsquo;un toit et d&rsquo;un habit pour les pr\u00e9server des intemp\u00e9ries du temps, et la perspective in\u00e9vitable de l\u00e9guer un tel sort, ou des mis\u00e8res encore plus grandes, \u00e0 leur post\u00e9rit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la consommation des si\u00e8cles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je d\u00e9clare, dans la sinc\u00e9rit\u00e9 de mon c&oelig;ur, que je n&rsquo;ai pas le moindre int\u00e9r\u00eat personnel \u00e0 poursuivre le succ\u00e8s de cette &oelig;uvre n\u00e9cessaire, n&rsquo;ayant d&rsquo;autre motif que le bien public de mon pays, que de faire aller le commerce, assurer le sort des enfants, soulager les pauvres, et procurer des jouissances aux riches. Je n&rsquo;ai plus d&rsquo;enfant dont je puisse me proposer de tirer un sou, le plus jeune ayant neuf ans, et ma femme n&rsquo;\u00e9tant plus d&rsquo;\u00e2ge \u00e0 en avoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:1.25em;\">Notes<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>1) Dublin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>2). Ceux qui ont une chaumi\u00e8re \u00e0 eux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>3). Cette anecdote est emprunt\u00e9e \u00e0 la <em>Description de l&rsquo;&icirc;le Formose<\/em>, par ce tr\u00e8s-extraordinaire imposteur George Psalmanazar, qui passa pendant quelque temps pour un natif de cette lointaine contr\u00e9e. Il publia plus tard une r\u00e9tractation de ses mensonges, avec beaucoup de t\u00e9moignages de contrition, mais o&ugrave; per\u00e7ait une rancune fort naturelle contre ceux qui l&rsquo;avaient d\u00e9masqu\u00e9. Voici la traduction du passage auquel il est fait allusion dans le texte : &laquo; Nous mangeons aussi la chair humaine, ce qui, j&rsquo;en suis convaincu maintenant, est une coutume barbare, quoique nous ne la pratiquions que sur nos ennemis d\u00e9clar\u00e9s, tu\u00e9s ou pris sur le champ de bataille, ou bien sur les malfaiteurs l\u00e9galement ex\u00e9cut\u00e9s. La chair de ceux-ci est notre plus grande friandise, et quatre fois plus ch\u00e8re que la viande la plus rare et la plus d\u00e9licieuse. Nous l&rsquo;achetons de l&rsquo;ex\u00e9cuteur, car les corps de tous les condamn\u00e9s \u00e0 la peine capitale sont ses profits. Aussit\u00f4t que le criminel est mort, il coupe son corps en morceaux, en exprime le sang et fait de sa maison un \u00e9tal pour la chair d&rsquo;homme et de femme, o&ugrave; viennent acheter tous ceux qui en ont le moyen. Je me souviens qu&rsquo;il y a une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, une grande, fra&icirc;che, jolie et grasse jeune fille d&rsquo;environ dix-neuf ans, dame d&rsquo;atours de la reine, fut reconnue coupable de haute trahison, pour avoir voulu empoisonner le roi ; en cons\u00e9quence, elle fut condamn\u00e9e \u00e0 subir la plus cruelle mort qu&rsquo;on pourrait inventer, et sa sentence fut d&rsquo;\u00eatre mise en croix et tenue vivante aussi longtemps que possible. La sentence fut mise \u00e0 ex\u00e9cution ; lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9vanouissait de douleur, le bourreau lui donnait des liqueurs fortes, etc., pour la ranimer. Le sixi\u00e8me jour elle mourut. Ses longues souffrances, sa jeunesse et sa bonne constitution rendirent sa chair si tendre, si d\u00e9licieuse et d&rsquo;un tel prix, que l&rsquo;ex\u00e9cuteur la vendit pour plus de huit tailles, car il y avait une telle presse \u00e0 ce march\u00e9 inhumain, que des gens du grand monde s&rsquo;estimaient heureux s&rsquo;ils parvenaient \u00e0 en acheter une ou deux livres. &raquo; Londres, 1705, p. 112.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>4). Cela s&rsquo;est vu derni\u00e8rement aux &Eacute;tats-Unis. Il est vrai que c&rsquo;\u00e9tait dans un but plus frivole.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>Les notes sont du traducteur, L\u00e9on de Wailly.<\/em><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Macron hait les pauvres ? Relisez Swift ! Nous sommes en 2018. Swift. Ce grand texte est redevenu indispensable dans cette phase agonique et eschatologique du capitalisme-turbo. Sans le vouloir les Fran\u00e7ais ont mis au pouvoir un agent de liquidation, et ils vont \u00eatre servis. 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