{"id":78027,"date":"2018-06-29T12:46:51","date_gmt":"2018-06-29T12:46:51","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/06\/29\/pfaff-le-visionnaire\/"},"modified":"2018-06-29T12:46:51","modified_gmt":"2018-06-29T12:46:51","slug":"pfaff-le-visionnaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/06\/29\/pfaff-le-visionnaire\/","title":{"rendered":"Pfaff le visionnaire"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Pfaff le visionnaire<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>29 juin 2018 &ndash; Puisque l&rsquo;ami Bonnal a eu l&rsquo;id\u00e9e de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/pfaff-1992-et-le-delire-imperial-americain\">publier la traduction<\/a> d&rsquo;un de ces textes visionnaires et de haute culture que l&rsquo;historien et commentateur William Pfaff avait l&rsquo;habitude d&rsquo;\u00e9crire du temps o&ugrave; la presse US qui se veut de qualit\u00e9 l&rsquo;\u00e9tait encore un peu avant de d\u00e9gringoler dans le marigot pourri et puant de la presseSyst\u00e8me, je m&rsquo;y mets aussi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mon propos est de republier le texte que j&rsquo;\u00e9crivis le 5 mai 2015 pour saluer celui que je crois pouvoir d\u00e9signer comme l'\u00a0\u00bbami pr\u00e9cieux\u00a0\u00bb pour mon esprit qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9, par la lecture de ses articles, pendant au moins deux d\u00e9cennies pour mon compte. Comme on le lira, ou le relira, j&rsquo;avais rencontr\u00e9 Pfaff \u00e0 quelques reprises et si nous avions des relations \u00e9pisodiques assez rares, elles valaient bien, puisque le sens de \u00ab\u00a0rare\u00a0\u00bb d\u00e9signe aussi la haute qualit\u00e9 de certaines choses, d&rsquo;\u00eatre le signe d&rsquo;une \u00ab\u00a0amiti\u00e9\u00a0\u00bb dans le sens de l&rsquo;estime et du respect r\u00e9ciproques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Je signale, par rapport au texte dont Nicolas Bonnal publie la traduction, que le document dont parle Pfaff dans ce tecxte est celui que <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Wolfowitz_Doctrine\">Wolfowitz<\/a> et son \u00e9quipe <a href=\"https:\/\/books.google.be\/books?id=64F6BgAAQBAJ&#038;pg=PT50&#038;lpg=PT50&#038;dq=Wolfowitz+REGT+1992&#038;source=bl&#038;ots=GVehlTwP78&#038;sig=OVySN808ow_SCj1nEQjKXvCui_M&#038;hl=fr&#038;sa=X&#038;ved=0ahUKEwjtx9id0fjbAhXL3KQKHcwRD8UQ6AEIPjAD#v=onepage&#038;q=Wolfowitz%20REGT%201992&#038;f=false\">r\u00e9alis\u00e8rent pour le compte<\/a>du secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense d&rsquo;alors, Dick Cheney, et qui fut ensuite, apr\u00e8s 9\/11, consid\u00e9r\u00e9, aussi bien par les zombie-Syst\u00e8me que par les complotistes, comme la \u00ab\u00a0feuille de route\u00a0\u00bb de la Grande Conqu\u00eate du monde par la Grande R\u00e9publique d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e. Pfaff avait compris la dimension burlesque autant que stupidement tragique de cette entreprise, &ndash; pure <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-la-tragedie-bouffe\">trag\u00e9die-bouffe<\/a> dont on d\u00e9compte religieusement aujourd&rsquo;hui les d\u00e9chets, les erreurs, les massacres inutiles, les d\u00e9monstrations d&rsquo;absurdit\u00e9 et de sottise, dont elle accoucha durant les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es&#8230; [Pour moi, en effet, l&rsquo;actuelle s\u00e9quence a bien commenc\u00e9 en 1989-1991, avec des phases d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration en 1996, puis de r\u00e9alisation op\u00e9rationnelle d\u00e9butant en 1999 avec la guerre de Kosovo, passant en mode <em>turbo-<\/em>hypermaniaque le 11 septembre 2001&#8230;].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici donc ce texte sur Pfaff, pour saluer l&rsquo;homme de qualit\u00e9 qui venait de quitter ce monde, suivi de la traduction d&rsquo;un de ses textes publi\u00e9s comme commentateur mais o&ugrave; il se montre sous son vrai jour de philosophe de l&rsquo;Histoire, &ndash; un texte sur \u00ab\u00a0le sens de l&rsquo;Histoire\u00a0\u00bb.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Salut \u00e0 un \u00ab\u00a0gaulliste am\u00e9ricain\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Je l&rsquo;ai rencontr\u00e9 deux ou trois fois je crois, dans les ann\u00e9es 1990, dans un restaurant-club des Champs-Elys\u00e9es discret et \u00e9l\u00e9gant, o&ugrave; il avait ses habitudes. Il \u00e9tait de cette trempe, discret et \u00e9l\u00e9gant, je suppose toujours impeccablement habill\u00e9 comme je l&rsquo;ai vu, presque selon les canons de l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance britannique quand elle se met \u00e0 l&rsquo;\u00eatre vraiment, \u00e9l\u00e9gante&#8230; Mais cela n&rsquo;est que l&rsquo;apparence, qui annon\u00e7ais pourtant la substance de l&rsquo;homme, sage, mesur\u00e9 et cultiv\u00e9, et d&rsquo;un caract\u00e8re pourtant affirm\u00e9 autour de principes essentiels, &ndash; et alors sa discr\u00e9tion se r\u00e9v\u00e9lait, paradoxale, comme celle de celui qu&rsquo;on remarque aussit\u00f4t ; un de ces Am\u00e9ricains comme on n&rsquo;en voit plus, correspondant \u00e0 cette sorte de Fran\u00e7ais comme on n&rsquo;en rencontre plus. Son admiration pour le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, autant pour ses id\u00e9es, pour ses actes que pour l&rsquo;homme, \u00e9tait telle qu&rsquo;il m&rsquo;avait confi\u00e9 qu&rsquo;il jugeait \u00eatre, et au-del\u00e0 qu&rsquo;il s&rsquo;honorait de se d\u00e9finir lui-m\u00eame comme un des rares \u00ab\u00a0gaullistes am\u00e9ricains\u00a0\u00bb. J&rsquo;ignore s&rsquo;il a jamais \u00e9crit ce jugement de lui-m\u00eame sur lui-m\u00eame mais je sais bien qu&rsquo;il me l&rsquo;a dit et que j&rsquo;en fus honor\u00e9 et r\u00e9confort\u00e9 comme lorsqu&rsquo;on croise quelqu&rsquo;un de la m\u00eame famille d&rsquo;esprit que soi-m\u00eame, et que l&rsquo;on se sent moins seul.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(J&rsquo;ai h\u00e9sit\u00e9 : \u00ab\u00a0Am\u00e9ricain gaulliste\u00a0\u00bb ? \u00ab\u00a0gaulliste am\u00e9ricain\u00a0\u00bb ? &ndash; sans consid\u00e9rer une seconde le qualificatif d&rsquo;am\u00e9ricaniste, certes. Finalement, je crois bien qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la formule avec \u00ab\u00a0gaulliste\u00a0\u00bb en t\u00eate, comme si cette famille de l&rsquo;esprit \u00e9tait internationaliste, la nationalit\u00e9 ne venant qu&rsquo;en second, comme qualificatif et ornement sans aucun doute honorables mais secondaires. Ce paradoxe aurait, j&rsquo;esp\u00e8re, bien fait rire \u00ab\u00a0le G\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb puisqu&rsquo;on ne peut imaginer plus patriote fran\u00e7ais que lui. Mais ce n&rsquo;est pas faux, tant la doctrine gaulliste, \u00e0 l&rsquo;image des conceptions d&rsquo;un Talleyrand, n\u00e9cessite un \u00e9quilibre dans l&rsquo;ordre international, tenu par une affirmation g\u00e9n\u00e9rale et conjointe du principe, un respect r\u00e9ciproque de la souverainet\u00e9 pour tous pour que chacun jouisse de sa propre souverainet\u00e9, tout cela finalement comme la marque d&rsquo;un internationalisme qui ne doit rien, absolument rien, aux id\u00e9ologues ni aux doctrinaires, et tout \u00e0 son propre caract\u00e8re et \u00e0 la pens\u00e9e qui en d\u00e9coule. Une pens\u00e9e libre est quelque chose qui s&rsquo;impose et se structure avec des r\u00e9f\u00e9rences fermes, librement choisies.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>William Pfaff est mort le 30 avril, \u00e0 86 ans, \u00e0 Paris \u00e9videmment, o&ugrave; il r\u00e9sidait depuis 1971. Il avait fait la guerre (celle de Cor\u00e9e), et sans qu&rsquo;il m&rsquo;en ait dit un mot, on devinait que l&rsquo;exp\u00e9rience devait l&rsquo;avoir fortement marqu\u00e9. Il avait connu, dans son extr\u00eame jeunesse l&rsquo;Am\u00e9rique de la grande D\u00e9pression, ce qui devait l&rsquo;avoir marqu\u00e9 \u00e9galement. Nous nous sommes si peu rencontr\u00e9s, lui qui parlait le fran\u00e7ais \u00e0 peine mieux que je ne parle l&rsquo;anglais. (Lui comme moi je crois, capables de lire tr\u00e8s ais\u00e9ment le fran\u00e7ais et moi l&rsquo;anglais, mais bien moins de le parler.) Nous avions pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la qualit\u00e9 \u00e0 la quantit\u00e9 dans nos rencontres et je crois qu&rsquo;il y avait entre nous cette sorte d&rsquo;estime intuitive : je ne ratai jamais l&rsquo;un de ses <em>Op-Ed<\/em> de l&rsquo;<em>International Herald Tribune<\/em> (IHT) et je crois qu&rsquo;il aimait bien <em>de defensa<\/em> jusqu&rsquo;\u00e0 le lire r\u00e9guli\u00e8rement, sinon assid&ucirc;ment.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans les ann\u00e9es 1980 et 1990, Pfaff \u00e9tait une des premi\u00e8res r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Paris. Son nom surgissait toujours dans une conversation, avec un expert, un chef de cabinet, un sp\u00e9cialiste au Quai d&rsquo;Orsay ou au minist\u00e8re de la d\u00e9fense. Pfaff \u00e9tait appr\u00e9ci\u00e9 comme la meilleure plume ind\u00e9pendante de la grande presse US et transatlantique, le regard le plus lucide d&rsquo;un Am\u00e9ricain sur la politique ext\u00e9rieure de son pays. C&rsquo;\u00e9tait en d&rsquo;autres temps, cela, pour lui comme pour moi, par rapport \u00e0 nos temps pr\u00e9sents o&ugrave; cette sorte d&rsquo;\u00eatre se fait rare. Pfaff fut \u00e9cart\u00e9 de ses meilleures collaborations, du <em>New Yorker<\/em> \u00e0 l&rsquo;IHT, et moi cela fait des lunes que je ne vais plus \u00e0 Paris. Je ne suis s&ucirc;r de rien, je fais l&rsquo;hypoth\u00e8se plut\u00f4t, mais je crois bien qu&rsquo;on l&rsquo;a peu \u00e0 peu mais d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment \u00e9cart\u00e9 de ces grandes tribunes. Ils pr\u00e9f\u00e8rent les Friedman, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-interview_sur_l_tat_de_l_union_22_01_2015.html\">George<\/a> &#038; <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_mots_derri_re_la_stalinienne_moustache_de_thomas_friedman_03_08_2005.html\">Thomas<\/a>, parce que nous sommes au temps de la plume-bulldozer, impeccablement align\u00e9e, accablant furieusement le lecteur languissant de ses impr\u00e9cations contre le <em>Rest Of the World<\/em>, ceux qui ne suivent pas la musique, qui ne collent pas au Syst\u00e8me. Pfaff n&rsquo;\u00e9tait pas de cette plume-l\u00e0, on l&rsquo;aura bien entendu sans h\u00e9siter une seconde. Il \u00e9tait la preuve vivante que nous ne nous battons plus selon nos nationalit\u00e9s, nos propres parti-pris, nos perceptions d\u00e9form\u00e9es, &ndash; mais contre un Syst\u00e8me qui broie aveugl\u00e9ment tout ce qui se trouve sur son chemin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a eu souvent des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 lui, dans <em>dedefensa.org<\/em>, comme il y en avait dans <em>dd&#038;e<\/em>\/Lettre d&rsquo;analyse. L&rsquo;une de celles que j&rsquo;affectionne particuli\u00e8rement, c&rsquo;est sa s\u00e9rie de trois articles dans l&rsquo;IHT sur la \u00ab\u00a0crise d&rsquo;identit\u00e9\u00a0\u00bb de l&rsquo;Am\u00e9rique, en mars 1992, qui passa bien inaper\u00e7ue des publicistes habituels. Il y parlait du fameux rapport Wolfowitz qui nous annon\u00e7ait nos lendemains qui chantent, post-9\/11. Mais lui, Pfaff, il avait compris ; il suffit de lire le titre du dernier article de la s\u00e9rie pour le mesurer, dans l&rsquo;esprit de la chose : &laquo;<em>To Finish in a Burlesque of Empire?<\/em>&raquo; (article du 12 mars 1992, &ndash; les trois articles mis en ligne sur ce site le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_de_1992_sur_la_crise_am_ricaine_post-guerre_froide_23_11_2003.html\">23 novembre 2003<\/a>). Quinze ans plus tard, il confirmait, avec \u00ab\u00a0la folie dystopique de l&#8217;empire\u00a0\u00bb (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_folie_dystopique_de_l_empire_02_11_2007.html\">2 novembre 2007<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais la carri\u00e8re de Pfaff, c&rsquo;est bien plus que cela puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un historien qui a laiss\u00e9 une &oelig;uvre. Le New York <em>Times<\/em> a fait son travail et on y trouve un article qui retrace sa carri\u00e8re (le <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2015\/05\/02\/business\/media\/william-pfaff-critic-of-american-foreign-policy-dies-at-86.html\">1er mai 2015<\/a>). On peut le voir et l&rsquo;\u00e9couter aussi, dans une \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9vision de UCTV (<em>University of California Television<\/em>), dans la s\u00e9rie <em>Conversations with History<\/em>, le <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=l_kvOF4zEA8\">12 juin 2008<\/a>. On peut aller voir sur <a href=\"http:\/\/www.williampfaff.com\/\">son site<\/a> \u00e9galement, o&ugrave; sont stock\u00e9es ses chroniques et pr\u00e9sent\u00e9s ses livres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le plus souvent, nous nous r\u00e9f\u00e9rions \u00e0 lui ou citions des extraits de ses articles, mais tr\u00e8s rarement un article en entier, &ndash; simplement, parce que ce [n&rsquo;\u00e9tait pas encore] dans la \u00ab\u00a0politique \u00e9ditoriale\u00a0\u00bb de ce site de reprendre des textes dans leur enti\u00e8ret\u00e9. Nous le faisons un peu plus ces derniers temps et, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_cosse_annexera-t-elle_l_angleterre__23_04_2015.html\">23 avril 2015<\/a>, nous reprenions l&rsquo;article du 22 avril de William Pfaff, consacr\u00e9 aux \u00e9lections au Royaume-Uni. Il se trouve qu&rsquo;il s&rsquo;agit du dernier texte qu&rsquo;ait publi\u00e9 ce grand historien qui \u00e9tait un commentateur du temps pr\u00e9sent, cet homme honorable et d&rsquo;un caract\u00e8re tout pr\u00e9sent dans sa plume d&rsquo;\u00e9crivain, ce \u00ab\u00a0chr\u00e9tien conservateur\u00a0\u00bb qui croyait, je pense, \u00e0 une forte continuit\u00e9 de la Tradition. (John Rielly, pr\u00e9sident du <em>Chicago Council on Global Affairs<\/em> : &laquo;<em>Bien que nombre de commentateurs am\u00e9ricains le consid\u00e8rent comme un lib\u00e9ral-progressiste, il \u00e9tait sous bien des aspects un conservateur chr\u00e9tien classique, &ndash; l&rsquo;un de ces esprits sceptique devant la notion lib\u00e9rale de l&rsquo;in\u00e9vitabilit\u00e9 du Progr\u00e8s et toujours attentifs \u00e0 souligner les limites de l&rsquo;activit\u00e9 humaine.<\/em>&raquo;) Je crois pouvoir dire que j&rsquo;\u00e9prouve une certaine \u00e9motion apais\u00e9e que le site ait publi\u00e9 ce dernier article de lui, parce que cette occurrence peut-\u00eatre intuitive symboliserait comme un signe du ciel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Enfin, voici, pour le saluer \u00e0 notre mani\u00e8re, avec les moyens du bord &#8230; Le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-william_pfaff_et_la_question_de_la_signification_de_l_histoire_26_07_2006.html\">26 juillet 2006<\/a>, nous reprenions des extraits d&rsquo;un texte de William Pfaff datant du <a href=\"http:\/\/www.williampfaff.com\/modules\/news\/article.php?storyid=143\">20 juillet 2006<\/a> (sur son site personnel <em>WilliamPfaff.com<\/em>). Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un sujet important pour cet historien qui se d\u00e9tachait du quotidien : &laquo;<em>Whose &lsquo;Meaning of History?&rsquo;<\/em>&raquo; Nous pr\u00e9sentions ces extraits de cette fa\u00e7on :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Pfaff est croyant. Il pense que l&rsquo;Histoire a une signification et un sens par cons\u00e9quent, qui lui sont donn\u00e9s par Dieu. Il observe que la grande bataille de la modernit\u00e9, &mdash; depuis la nouvelle que \u00ab\u00a0Dieu est mort\u00a0\u00bb &mdash; est celle d&rsquo;une imposture : comment prendre la place de Dieu pour pr\u00e9tendre conduire l&rsquo;Histoire et lui donner un sens? Sans doute est-ce l&rsquo;accomplissement ultime de la vanit\u00e9 humaine.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons pens\u00e9 que, pour le saluer, nous pourrions publier cette courte chronique qui synth\u00e9tise bien un probl\u00e8me aussi fondamental de la signification de l&rsquo;histoire qu&rsquo;est \u00ab\u00a0le sens de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb. Ce sujet symbolise bien ce qu&rsquo;\u00e9tait Pfaff, chroniqueur mais aussi historien, chroniqueur qui n&rsquo;oubliait jamais qu&rsquo;il \u00e9tait d&rsquo;abord historien. Nous en donnons une traduction-adaptation en fran\u00e7ais. Nous avons beaucoup h\u00e9sit\u00e9 dans la traduction du titre, <em>meaning<\/em> signifiant aussi bien \u00ab\u00a0sens\u00a0\u00bb que \u00ab\u00a0signification\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0sens\u00a0\u00bb signifiant en fran\u00e7ais aussi bien \u00ab\u00a0signification\u00a0\u00bb qu'\u00a0\u00bborientation\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e9volution\u00a0\u00bb. Initialement (en 2007), nous penchions pour \u00ab\u00a0signification\u00a0\u00bb, mais finalement, la pr\u00e9sence des guillemets dans le texte initial peut effectivement renvoyer \u00e0 l&rsquo;expression fran\u00e7aise \u00ab\u00a0sens de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb qui inclus <em>in fine<\/em> les deux \u00ab\u00a0sens\u00a0\u00bb (!) du mot, &ndash; \u00e0 la fois ontologie de l&rsquo;histoire et dynamique signifiante de l&rsquo;histoire, &ndash; et qui contient toute la force pol\u00e9mique autour de cette question, &ndash; justifiant enfin, \u00e0 notre sens, un \u00e9nonc\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral plus neutre pour le titre complet (\u00ab\u00a0A propos du &lsquo;sens de l&rsquo;histoire'\u00a0\u00bb). Dans son texte, Pfaff utilise le mot \u00ab\u00a0<em>story<\/em>\u00a0\u00bb pour indiquer ce qui peut \u00eatre consid\u00e9rer comme des fictions de l&rsquo;histoire ; nous avons employ\u00e9 dans ce cas le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_virtualisme_narrative_27_10_2012.html\">mot<\/a> bien <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-glossairedde_le_d_terminisme-narrativiste_26_02_2015.html\">connu<\/a> de nos lecteurs de <em>narrative<\/em>, ce qui semble tout \u00e0 fait acceptable (<a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Narrative\">voir<\/a> le <em>Wikipedia<\/em> de <em>narrative<\/em> : &laquo;<em>A narrative (or story) is any report of connected events, actual or imaginary, presented in a sequence of written or spoken words, and\/or in a sequence of (moving) pictures.<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>PhG<\/h4>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">A propos du \u00ab\u00a0sens de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On trouve, sous-jacent \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 tout ce qui est dit et \u00e9crit \u00e0 propos de l&rsquo;histoire, &ndash; en Occident, dans tous les cas, &mdash; la croyance que l&rsquo;histoire a un sens. C&rsquo;est une pens\u00e9e intol\u00e9rable que tout cela puisse n&rsquo;avoir aucune signification, et que toutes les souffrances et cruaut\u00e9s de l&rsquo;existence soient subies en vain. C&rsquo;est pourquoi la pens\u00e9e moderniste occidentale se caract\u00e9rise par l&rsquo;obsession pour l&rsquo;id\u00e9ologie, qui procure un substitut s\u00e9culaire pour l&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;existence humaine jusqu&rsquo;alors fournie par les religions du Livre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La pens\u00e9e europ\u00e9enne a conclu aux XVIII\u00e8me et XIX\u00e8me si\u00e8cles qu&rsquo;il \u00e9tait d\u00e9raisonnable de croire \u00e0 l&rsquo;existence de Dieu et, par cons\u00e9quent, \u00e0 la connexion divine, d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre, de l&rsquo;intelligence humaine. Ainsi la raison humaine a-t-elle pour t\u00e2che de distinguer le but de l&rsquo;histoire, une notion qui conduisit \u00e0 l&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re existence, durant la R\u00e9volution Fran\u00e7aise, du Culte de la Raison, accompagn\u00e9 d&rsquo;un c\u00e9r\u00e9monial qui \u00e9tait une \u00e9mulation (ou une caricature) du rituel catholique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le culte disparut rapidement mais la croyance demeura. Si nous n&rsquo;existons pas au-dedans d&rsquo;une structure divine, ce qui est l&rsquo;opinion de nombre d&rsquo;intellectuels aujourd&rsquo;hui, les \u00eatres humains se doivent de d\u00e9terminer leur propre fa\u00e7on de \u00ab\u00a0penser l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb, et doivent affirmer eux-m\u00eames une ambition ou un syst\u00e8me de valeurs qui servira de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 leur existence. L&rsquo;alternative, qui est une vie sans valeurs de r\u00e9f\u00e9rence, &ndash; le nihilisme, l&rsquo;\u00e9go\u00efsme absolu, l&rsquo;acceptation sto\u00efque de l&rsquo;arbitraire (qui fut plus ou moins la d\u00e9finition de la philosophe de l'\u00a0\u00bbexistentialisme\u00a0\u00bb de l&rsquo;imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre en Europe), &ndash; est difficile sinon insupportable. D\u00e8s lors, un vague \u00ab\u00a0scientisme\u00a0\u00bb ath\u00e9e s&rsquo;est impos\u00e9 comme la croyance par d\u00e9faut que pratiquent la plupart des esprits \u00e0 propos de toutes ces choses. Cela rassemble \u00e0 une religion parce que cela est habituellement li\u00e9 \u00e0 une croyance \u00e9galement vague dans un progr\u00e8s s\u00e9culaire qui est suppos\u00e9 \u00eatre produit par la science.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a eu beaucoup de progr\u00e8s dans les sciences, la technologie et l&rsquo;organisation humaine depuis la mort pr\u00e9sum\u00e9e de Dieu il y a plus de deux cents ans. Mais toutes ces ann\u00e9es nous ont \u00e9galement donn\u00e9 la mise en &oelig;uvre de la notion d&rsquo;id\u00e9ologie totalitaire, les deux guerres mondiales et de nombreuses guerres sanglantes de moins grandes dimensions, des g\u00e9nocides en Europe, en Afrique et en Asie, et enfin la \u00ab\u00a0guerre des civilisations\u00a0\u00bb que George W. Bush prend plaisir aujourd&rsquo;hui \u00e0 d\u00e9signer comme la \u00ab\u00a0Longue Guerre\u00a0\u00bb contre la terreur globale et la tyrannie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voil\u00e0 la production r\u00e9cente du progr\u00e8s humain au travers de la raison, m\u00eame si certains pourraient objecter que ce n&rsquo;est pas vraiment pire que beaucoup des \u00e9v\u00e8nements et des \u00e9poques qui pr\u00e9c\u00e9d\u00e8rent. Mais l&rsquo;&Acirc;ge de la Raison \u00e9tait suppos\u00e9 nous donner quelque chose d&rsquo;infiniment sup\u00e9rieur. La Raison et la Science devaient nous conduire \u00e0 une allure soutenue vers la solution des grands probl\u00e8mes de l&rsquo;histoire. Au lieu de cela, l&rsquo;Europe d&rsquo;apr\u00e8s les Lumi\u00e8res a recours aux philosophies s\u00e9culaires de l&rsquo;histoire, qui sont des <em>narrative<\/em> de la raison pour justifier notre existence, comme substitut des religions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La derni\u00e8re de ces <em>narrative<\/em> \u00e0 avoir acquis une faveur internationale est, bien entendu, la doctrine Bush, la \u00ab\u00a0doctrine de la libert\u00e9\u00a0\u00bb (<em>freedom doctrine<\/em>), qui dit que n&rsquo;importe qui, n&rsquo;importe o&ugrave;, d\u00e9sire jouir des bienfaits de la d\u00e9mocratie \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb, et que, lorsque tout le monde l&rsquo;aura effectivement, alors l&rsquo;histoire prendra fin. (Ou bien le monde lui-m\u00eame sera \u00e0 son terme, si l&rsquo;on veut l&rsquo;interpr\u00e9tation religieuse de la politique ext\u00e9rieure de Bush telle que la proposent certains de ses partisans, et partisans \u00e9galement d&rsquo;Isra\u00ebl, de confession protestante \u00e9vang\u00e9liste.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La \u00ab\u00a0doctrine Bush\u00a0\u00bb est une version na\u00efve de la <em>narrative<\/em> la plus importante de l&rsquo;histoire d&rsquo;apr\u00e8s les Lumi\u00e8res. Le marxisme fut une religion s\u00e9culaire se dissimulant derri\u00e8re une interpr\u00e9tation scientifique de l&rsquo;histoire, d\u00e9busquant dans l&rsquo;histoire une <em>narrative<\/em> de la lutte des classes qui produirait finalement la soci\u00e9t\u00e9 humaine parfaite, un paradis terrestre s\u00e9culaire. Il fallut \u00e0 peu pr\u00e8s un si\u00e8cle pour que cette croyance s&rsquo;effondr\u00e2t sous le poids de ses propres contre-v\u00e9rit\u00e9s, \u00e0 cause de la cruaut\u00e9 et de l&rsquo;inhumanit\u00e9 des m\u00e9thodes de direction et des contraintes qu&rsquo;elle imposa.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le marxisme fut la plus importante des religions s\u00e9culaires modernes, avec des millions de fid\u00e8les, et parmi eux nombre d&rsquo;esprits de tr\u00e8s grande qualit\u00e9, et elle tint du milieu du XIX\u00e8me si\u00e8cle jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Union Sovi\u00e9tique dans les ann\u00e9es 1980. Le marxisme a encore une existence nominale, vide de tout contenu intellectuel, en Chine, et une demi-vie plus ou moins clandestine sur certains campus de certaines universit\u00e9s occidentales, mais \u00e0 part cela sa disparition est compl\u00e8te et rien n&rsquo;est venu la remplacer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le fascisme fut son seul rival de poids au cours du XX\u00e8me si\u00e8cle, mais le fascisme fut toujours intimement connect\u00e9 au nationalisme, ce qui limita n\u00e9cessairement son attraction internationale. La combinaison mussolinienne de nationalisme et de socialisme eut tout de m\u00eame une certaine influence dans de nombreux pays jusqu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9faite des puissances fasciste en 1945 ; quoi qu&rsquo;il en soit, la mise en lumi\u00e8re des abus et des crimes qu&rsquo;elle suscita para&icirc;t avoir discr\u00e9dit\u00e9 cette doctrine d\u00e9finitivement (bien que, sur ce point on doive admettre qu&rsquo;il faut \u00ab\u00a0attendre et voir\u00a0\u00bb avant de trancher d\u00e9finitivement).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le fascisme poss\u00e9dait \u00e9galement un style intellectuel et politique qui suscita une fascination constante sur un certain nombre d&rsquo;intellectuels, y compris des Am\u00e9ricains contemporains, et sur nombre d&rsquo;hommes politiques. Ce style consiste en l&rsquo;utilisation agressive et expansionniste de la puissance militaire pour l&rsquo;expansion et la \u00ab\u00a0gloire\u00a0\u00bb nationales, une affirmation \u00e9litiste et la croyance dans la puissance et les privil\u00e8ges de cette \u00e9lite, la d\u00e9shumanisation et la d\u00e9gradation des ennemis, et l&rsquo;usage peu scrupuleux de la d\u00e9magogie et de la propagande.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il ne fait gu\u00e8re de doute que cela ne sera pas la derni\u00e8re religion s\u00e9culaire \u00e0 se manifester sous le masque de l&rsquo;id\u00e9ologie politique ou d&rsquo;une conception historique du monde. De tels caract\u00e8res sont n\u00e9cessaires pour la mobilisation populaire pour la bataille, &ndash; et, comme on l&rsquo;affirme sous une forme qu&rsquo;on veut plausible \u00e0 Washington, le monde est seulement au tout d\u00e9but de la Longue Guerre contre le D\u00e9mon (cet argument \u00e9tant lui-m\u00eame une r\u00e9interpr\u00e9tation th\u00e9ologique de l&rsquo;ambition politique du contr\u00f4le du Moyen-Orient).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour mon compte, je ne crois pas que Dieu est mort, et je pense que seul Lui conna&icirc;t le sens et la signification de l&rsquo;histoire. Les probl\u00e8mes naissent d\u00e8s lors que les hommes et les femmes tentent de se substituer \u00e0 l&rsquo;intelligence divine, &ndash; une tentative dont on peut \u00eatre s&ucirc;r qu&rsquo;elle se poursuivra encore, pour notre infortune et notre malheur.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>William Pfaff<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pfaff le visionnaire 29 juin 2018 &ndash; Puisque l&rsquo;ami Bonnal a eu l&rsquo;id\u00e9e de publier la traduction d&rsquo;un de ces textes visionnaires et de haute culture que l&rsquo;historien et commentateur William Pfaff avait l&rsquo;habitude d&rsquo;\u00e9crire du temps o&ugrave; la presse US qui se veut de qualit\u00e9 l&rsquo;\u00e9tait encore un peu avant de d\u00e9gringoler dans le&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[2640,868,2631,3466,8386,3246,4321,1131,6088,3865,1448],"class_list":["post-78027","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-bonnal","tag-bush","tag-de","tag-dieu","tag-lhistoire","tag-moyen-orient","tag-narrative","tag-pfaff","tag-sens","tag-william","tag-wolfowitz"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78027","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78027"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78027\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78027"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78027"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78027"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}