{"id":78075,"date":"2018-07-26T09:24:55","date_gmt":"2018-07-26T09:24:55","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/07\/26\/seneque-et-notre-temps\/"},"modified":"2018-07-26T09:24:55","modified_gmt":"2018-07-26T09:24:55","slug":"seneque-et-notre-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/07\/26\/seneque-et-notre-temps\/","title":{"rendered":"S\u00e9n\u00e8que et notre temps"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">S\u00e9n\u00e8que et notre temps<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>S\u00e9n\u00e8que est par excellence le penseur du pr\u00e9sent perp\u00e9tuel. Toutes les tares de son empire romain, trop romain, sont les n\u00f4tres. Extrait de notre prochain livre : la sagesse transgressive de S\u00e9n\u00e8que, ou comment supporter des temps insupportables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est la fameuse, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9ternelle lettre XCV, cit\u00e9e par Joseph de Maistre dans la deuxi\u00e8me soir\u00e9e de Saint-P\u00e9tersbourg&hellip; d\u00e9nonciation d&rsquo;une civilisation monstrueuse dite romaine et regret du bon vieux temps frugal&hellip; La civilisation proc\u00e8derait en raffinement (comparer la France de Macron \u00e0 celle de Louis XIV), mais alors \u00e0 quel prix&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; <\/strong>Sans doute, comme vous le dites, cette sagesse de nos a\u00efeux \u00e9tait grossi\u00e8re, surtout \u00e0 votre naissance, ainsi que tous les autres arts qui avec le temps se sont raffin\u00e9s de plus en plus. Mais aussi n&rsquo;avait-on pas besoin alors de cures bien savantes. L&rsquo;iniquit\u00e9 ne s&rsquo;\u00e9tait ni \u00e9lev\u00e9e si haut, ni propag\u00e9e si loin : \u00e0 des vices non compliqu\u00e9s encore des rem\u00e8des simples pouvaient r\u00e9sister. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>S\u00e9n\u00e8que regrette bien entendu l&rsquo;av\u00e8nement de la &laquo; grande bouffe &raquo;, de notre &laquo; orgie romaine &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p> &laquo; Aujourd&rsquo;hui il faut des moyens de gu\u00e9rir d&rsquo;autant plus puissants que les maux qui nous attaquent ont bien plus d&rsquo;\u00e9nergie. La m\u00e9decine \u00e9tait autrefois la science de quelques herbes propres \u00e0 \u00e9tancher le sang et \u00e0 fermer les plaies ; depuis, elle est arriv\u00e9e insensiblement \u00e0 cette infinit\u00e9 de recettes si vari\u00e9es. Ce n&rsquo;est pas merveille qu&rsquo;elle ait eu moins \u00e0 faire sur des temp\u00e9raments robustes, non encore alt\u00e9r\u00e9s, nourris de substances digestibles que ne viciaient point l&rsquo;art et la sensualit\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout repose sur l&rsquo;excitation de la faim ; tout, c&rsquo;est-\u00e0-dire le d\u00e9clin physique de l&rsquo;humanit\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Mais d\u00e8s qu&rsquo;au lieu d&rsquo;apaiser la faim, on ne chercha qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;irriter, et qu&rsquo;on inventa mille assaisonnements afin d&rsquo;aiguiser la gourmandise, ce qui pour le besoin \u00e9tait un aliment devint un poids pour la sati\u00e9t\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et S\u00e9n\u00e8que se sert \u00e0 merveille de l&rsquo;accumulation :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; De l\u00e0 cette p\u00e2leur, ce tremblement de nerfs qu&rsquo;a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s le vin, ces maigreurs par indigestion, plus d\u00e9plorables que celles de la faim ; de l\u00e0 cette incertaine et tr\u00e9buchante d\u00e9marche, cette allure, comme dans l&rsquo;ivresse m\u00eame, constamment chancelante ; de l\u00e0 cette eau infiltr\u00e9e partout sous la peau, ce ventre distendu par la malheureuse habitude de recevoir outre mesure ; de l\u00e0 cet \u00e9panchement d&rsquo;une bile jaune, ces traits d\u00e9color\u00e9s, ces consomptions, vraies putr\u00e9factions d&rsquo;hommes vivants, ces doigts retors aux phalanges roidies, ces nerfs insensibles, d\u00e9tendus et priv\u00e9s d&rsquo;action ou mus par soubresauts, et vibrant sans rel\u00e2che. Parlerai-je de ces vertiges, de ces tortures d&rsquo;yeux et d&rsquo;oreilles, du cerveau qui bouillonne comme un fourmillement, et des ulc\u00e8res internes qui rongent tous les conduits par o&ugrave; le corps se d\u00e9barrasse ? &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Comparaison avec le bienheureux temps jadis point marqu\u00e9 par le r\u00e8gne de la quantit\u00e9 gastronomique et calorique :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; On \u00e9tait exempt de ces fl\u00e9aux quand on ne s&rsquo;\u00e9tait pas encore laiss\u00e9 fondre aux d\u00e9lices, quand on n&rsquo;avait de ma&icirc;tre et de serviteur que soi. On s&rsquo;endurcissait le corps \u00e0 la peine et au vrai travail ; on le fatiguait \u00e0 la course, \u00e0 la chasse, aux exercices du labour. On trouvait au retour une nourriture que la faim toute seule savait rendre agr\u00e9able. Aussi n&rsquo;\u00e9tait-il pas besoin d&rsquo;un si grand attirail de m\u00e9decins, de fers, de bo&icirc;tes \u00e0 rem\u00e8des. Toute indisposition \u00e9tait simple comme sa cause : la multiplicit\u00e9 des mets a multipli\u00e9 les maladies. Pour passer par un seul gosier, vois que de substances combin\u00e9es par le luxe, d\u00e9vastateur de la terre et de l&rsquo;onde ! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et en effet on d\u00e9vaste le monde. Avant l&rsquo;\u00e8re moderne et industrielle, l&#8217;empire romain fut la cause d&rsquo;une intense d\u00e9vastation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis S\u00e9n\u00e8que s&rsquo;en prend aux femmes modernes et jouisseuses ; en se masculinisant elles attrapent des maladies des hommes ! Comparaison terrible, que reprendra Juv\u00e9nal dans sa sixi\u00e8me satire :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le prince, et tout \u00e0 la fois le fondateur de la m\u00e9decine, a dit que les femmes ne sont sujettes ni \u00e0 la perte des cheveux ni \u00e0 la goutte aux jambes. Cependant et leurs cheveux tombent et leurs jambes souffrent de la goutte. Ce n&rsquo;est pas la constitution des femmes, c&rsquo;est leur vie qui a chang\u00e9 : c&rsquo;est pour avoir lutt\u00e9 d&rsquo;exc\u00e8s avec les hommes qu&rsquo;elles ont subi les infirmit\u00e9s des hommes. Comme eux elles veillent, elles boivent comme eux ; elles les d\u00e9fient \u00e0 la gymnastique et \u00e0 l&rsquo;orgie ; elles vomissent aussi bien qu&rsquo;eux ce qu&rsquo;elles viennent de prendre au refus de leur estomac et rendent toute la m\u00eame dose du vin qu&rsquo;elles ont bu ; elles m\u00e2chent \u00e9galement de la neige pour rafra&icirc;chir leurs entrailles br&ucirc;lantes. Et leur lubricit\u00e9 ne le c\u00e8de m\u00eame pas \u00e0 la n\u00f4tre : n\u00e9es pour le r\u00f4le passif (maudites soient-elles par tous les dieux !), ces inventrices d&rsquo;une d\u00e9bauche<\/p>\n<\/p>\n<p><p>contre nature en viennent \u00e0 assaillir des hommes. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et face au vice la m\u00e9decine devient impuissante. La femme en perd les privil\u00e8ges de son sexe :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Comment donc s&rsquo;\u00e9tonner que le plus grand des m\u00e9decins, celui qui conna&icirc;t le mieux la nature, soit pris en d\u00e9faut et qu&rsquo;il y ait tant de femmes chauves et podagres ? Elles ont perdu \u00e0 force de vices le privil\u00e8ge de leur sexe ; elles ont d\u00e9pouill\u00e9 leur retenue de femmes, les voil\u00e0 condamn\u00e9es aux maladies de l&rsquo;homme. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s c&rsquo;est la formule c\u00e9l\u00e8bre : compte nos cuisiniers. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Nos maladies sont innombrables ; ne t&rsquo;en \u00e9tonne pas ; compte nos cuisiniers. Les \u00e9tudes ne sont plus ; les professeurs de sciences lib\u00e9rales, d\u00e9laiss\u00e9s par la foule, montent dans une chaire sans auditeurs. Aux \u00e9coles d&rsquo;\u00e9loquence et de philosophie r\u00e8gne la solitude ; mais quelle affluence aux cuisines ! Quelle nombreuse jeunesse assi\u00e8ge les fourneaux des dissipateurs ! &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et d&rsquo;\u00e9voquer la p\u00e9dophilie festive de nos romains diners :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Je ne cite point ces troupeaux de malheureux enfants qui, apr\u00e8s le service du festin, sont encore r\u00e9serv\u00e9s aux outrages de la chambre \u00e0 coucher. Je ne cite point ces bandes de mignons class\u00e9s par races et par couleurs, si bien que tous ceux d&rsquo;une m\u00eame file ont la peau du m\u00eame poli, le premier duvet de m\u00eame longueur, la m\u00eame nuance de cheveux, et que les chevelures lisses ne se m\u00ealent point aux fris\u00e9es. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Citons la remarque de Joseph de Maistre sur cette page prodigieuse, immortelle :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Avez-vous pr\u00e9sente par hasard la tirade vigoureuse et quelquefois un peu d\u00e9go&ucirc;tante de S\u00e9n\u00e8que sur les maladies de son si\u00e8cle?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est int\u00e9ressant de voir l&rsquo;\u00e9poque de N\u00e9ron marqu\u00e9e par une affluence de maux inconnus aux temps qui la pr\u00e9c\u00e9d\u00e8rent. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>S\u00e9n\u00e8que \u00e9voque la fr\u00e9n\u00e9sie meurtri\u00e8re de l&rsquo;&Eacute;tat&hellip; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Notre fr\u00e9n\u00e9sie n&rsquo;est pas seulement individuelle, elle est nationale : nous r\u00e9primons les assassinats, le meurtre d&rsquo;homme \u00e0 homme ; mais les guerres, mais l&rsquo;\u00e9gorgement des nations, forfait couronn\u00e9 de gloire ! La cupidit\u00e9, la cruaut\u00e9, ne connaissent plus de frein : ces fl\u00e9aux toutefois, tant qu&rsquo;ils s&rsquo;exercent dans l&rsquo;ombre et par quelques hommes, sont moins nuisibles, moins monstrueux &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et S\u00e9n\u00e8que de souligner que ces massacres sont l\u00e9gaux, politiques, encourag\u00e9s par le s\u00e9nat :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;mais c&rsquo;est par d\u00e9crets du s\u00e9nat, c&rsquo;est au nom du peuple que se consomment les m\u00eames horreurs, et l&rsquo;on commande aux citoyens en masse ce qu&rsquo;on d\u00e9fend aux particuliers. L&rsquo;acte qu&rsquo;on payerait de sa t\u00eate s&rsquo;il \u00e9tait clandestin, nous le pr\u00e9conisons commis en costume militaire. Loin d&rsquo;en rougir, l&rsquo;homme, le plus doux des \u00eatres, met sa joie \u00e0 verser le sang de son semblable et le sien, \u00e0 faire des guerres, \u00e0 les transmettre en h\u00e9ritage \u00e0 ses fils, tandis qu&rsquo;entre eux les plus stupides et les plus f\u00e9roces animaux vivent en paix. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;homme vit et tue en insecte. A c\u00f4t\u00e9 de cela se d\u00e9veloppe l&rsquo;apathie (l&rsquo;anesth\u00e9sie, dit l&rsquo;historien Stanley Payne des citoyens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui). L&rsquo;apathie a suivi comme toujours la lib\u00e9ration sexuelle ou autre ; et elle est dure \u00e0 corriger :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Quant aux esprits \u00e9mouss\u00e9s et obtus ou que leurs habitudes d\u00e9prav\u00e9es dominent, il faut un long travail pour que leur rouille s&rsquo;efface. Au reste, si l&rsquo;on \u00e9l\u00e8ve plus vite \u00e0 la perfection les \u00e2mes qui tendent au bien, on aidera aussi les \u00e2mes faibles et on les arrachera \u00e0 leurs malheureux pr\u00e9jug\u00e9s en leur enseignant les dogmes de la philosophie dont l&rsquo;importante n\u00e9cessit\u00e9 est si visible. Il y a en nous des penchants qui nous font paresseux pour certaines choses, t\u00e9m\u00e9raires pour d&rsquo;autres. On ne peut ni arr\u00eater cette audace, ni r\u00e9veiller cette apathie, si l&rsquo;on n&rsquo;en fait dispara&icirc;tre les causes, qui sont d&rsquo;admirer et de craindre \u00e0 faux. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un rem\u00e8de apr\u00e8s ce constat de d\u00e9sespoir ? Il faut un noble but pour se prot\u00e9ger :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il faut se proposer un but de perfection vers lequel tendent nos efforts et qu&rsquo;envisagent tous nos actes, toutes nos paroles, comme le navigateur a son \u00e9toile pour le diriger dans sa course. Vivre sans but, c&rsquo;est vivre \u00e0 l&rsquo;aventure. Si force est \u00e0 l&rsquo;homme de s&rsquo;en proposer un, les dogmes deviennent n\u00e9cessaires. Tu m&rsquo;accorderas, je pense, que rien n&rsquo;est plus honteux que l&rsquo;homme ind\u00e9cis, h\u00e9sitant et timide, qui porte le pied tant\u00f4t en arri\u00e8re, tant\u00f4t en avant. C&rsquo;est ce qui en toutes choses nous arrivera, si nos \u00e2mes ne se d\u00e9pouillent de tout ce qui nous retient en suspens et nous emp\u00eache d&rsquo;agir de toutes nos forces. &raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00e9n\u00e8que et notre temps S\u00e9n\u00e8que est par excellence le penseur du pr\u00e9sent perp\u00e9tuel. Toutes les tares de son empire romain, trop romain, sont les n\u00f4tres. Extrait de notre prochain livre : la sagesse transgressive de S\u00e9n\u00e8que, ou comment supporter des temps insupportables. 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