{"id":78081,"date":"2018-07-30T05:31:07","date_gmt":"2018-07-30T05:31:07","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/07\/30\/zola-et-le-conditionnement-des-dames\/"},"modified":"2018-07-30T05:31:07","modified_gmt":"2018-07-30T05:31:07","slug":"zola-et-le-conditionnement-des-dames","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/07\/30\/zola-et-le-conditionnement-des-dames\/","title":{"rendered":"Zola et le conditionnement des dames"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Zola et le conditionnement des dames<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est Philippe Muray qui nous mettait en garde contre la pleurnicherie humanitaire. Car elle d\u00e9clenche des guerres partout.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;expert en contr\u00f4le mental Lucien Cerise a consacr\u00e9 une maigre remarque sur le conditionnement des femmes par la presse f\u00e9minine, la plus monstrueuse de toutes (une page migrante-humanitaire-pleurnicharde \u00e0 droite, un sac Vuitton ou parfum Chanel \u00e0 droite). Roland Barthes avait d\u00e9bout\u00e9 d\u00e9j\u00e0 Marie-Claire et tous les torchons f\u00e9minins dans ses c\u00e9l\u00e8bres Mythologies.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Donc rien de nouveau sous le sommeil ; mais avec des monstresses humanitaires et guerri\u00e8res comme May ou Merkel (guerre contre la Russie et invasion par le sud) au pouvoir il serait temps de se r\u00e9veiller.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 rappel\u00e9 la fantastique phrase de Chesterton : dans le monde f\u00e9ministe la soci\u00e9t\u00e9 sera transform\u00e9e en nurserie et le citoyen n&rsquo;aura pas plus de droits que l&rsquo;enfant. Mais je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 ici. Voyez la Su\u00e8de ou l&rsquo;Allemagne. Les gar\u00e7ons sont transform\u00e9s en filles, les migrants invit\u00e9s \u00e0 les remplacer, et on censure tout le web qui conteste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je retrouve ce texte sur Zola \u00e9crit il y a six ans :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A partir de 1780, l&rsquo;humanit\u00e9 est entr\u00e9e dans un cycle nouveau, dont on peut bien penser qu&rsquo;il sera le dernier, avant la disparition ou la transformation d\u00e9finitive des privil\u00e9gi\u00e9s de notre esp\u00e8ce (le transhumanisme). La r\u00e9volution fran\u00e7aise marque l&rsquo;apparition de l&rsquo;homme m\u00e9tronome, du libre citoyen aveugle et domin\u00e9 par les forces de l&rsquo;id\u00e9e et des constitutions. Comme l&rsquo;\u00e9crit <strong>Augustin Cochin<\/strong>, le plus grand observateur de l&rsquo;histoire du ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9volutionnaire :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Avec le r\u00e9gime nouveau les hommes disparaissent, et s&rsquo;ouvre en morale m\u00eame l&rsquo;\u00e8re des forces inconscientes et de la m\u00e9canique humaine. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cochin explique aussi pourquoi nous partons toujours perdants, nous gens de droite, face \u00e0 la gauche mobilis\u00e9e et ses impr\u00e9cations :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; L&rsquo;anarchie donne des le\u00e7ons de discipline au parti de l&rsquo;ordre en d\u00e9route. En devenant patriote, la masse des Fran\u00e7ais semble s&rsquo;\u00eatre donn\u00e9 un unique et invisible syst\u00e8me nerveux, que le moindre incident fait tressaillir \u00e0 l&rsquo;unisson et qui fait d&rsquo;elle un seul grand corps. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La destruction du syst\u00e8me nerveux, c&rsquo;est bien la cl\u00e9. La destruction cr\u00e9atrice&hellip; Aux forces de l&rsquo;id\u00e9e correspondent les forces du march\u00e9 renforc\u00e9es par une autre r\u00e9volution irr\u00e9sistible, l&rsquo;industrielle. Le march\u00e9 repose sur la vente aux masses. Comment faire pour nous faire acheter ? Un auteur finalement assez peu connu, <strong>Emile Zola<\/strong>, d\u00e9crit dans son roman sur le d\u00e9veloppement darwinien des grands magasins l&rsquo;\u00e9mergence de la nouvelle puissante totalitaire du grand commerce, ce chancre du monde, comme dira C\u00e9line \u00e0 New York.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Avec son lyrisme d&rsquo;accumulation et ses m\u00e9taphores fil\u00e9es, Zola d\u00e9crit ainsi l&rsquo;imparable puissance du <strong><em>Bonheur des Dames<\/em><\/strong> et de la machinerie commerciale :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il y avait l\u00e0 le ronflement continu de la machine \u00e0 l&rsquo;&oelig;uvre, un enfournement de clientes, entass\u00e9es devant les rayons, \u00e9tourdies sous les marchandises, puis jet\u00e9es \u00e0 la caisse. Et cela r\u00e9gl\u00e9, organis\u00e9 avec une rigueur m\u00e9canique, tout un peuple de femmes passant dans la force et la logique des engrenages. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le but est d&rsquo;attirer, de faire vendre, de briser les r\u00e9sistances de l&rsquo;individu : Zola n&rsquo;a pas attendu les centres commerciaux pour \u00e9crire :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; En d\u00e9cuplant la vente, en d\u00e9mocratisant le luxe, ils devenaient un terrible agent de d\u00e9pense, ravageaient les m\u00e9nages, travaillaient au coup de folie de la mode, toujours plus ch\u00e8re. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La femme ? Zola compare la conqu\u00eate de la cliente \u00e0 la s\u00e9duction sexuelle. M\u00eame la modeste h\u00e9ro\u00efne Denise est conquise par la luisante toute-puissance du magasin et de ses marchandises<em>&hellip; <\/em><strong>le Bonheur des Dames achevait de la prendre tout enti\u00e8re<\/strong><em>. <\/em>Elle tombe amoureuse du patron.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bouret est compar\u00e9 \u00e0 un cavaleur :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Et, quand il lui avait vid\u00e9 la poche et d\u00e9traqu\u00e9 les nerfs, il \u00e9tait plein du secret m\u00e9pris de l&rsquo;homme auquel une ma&icirc;tresse vient de faire la b\u00eatise de se donner&hellip; On la connaissait pour sa rage de d\u00e9pense, sans force devant la tentation, d&rsquo;une honn\u00eatet\u00e9 stricte, incapable de c\u00e9der \u00e0 un amant, mais tout de suite l\u00e2che et la chair vaincue, devant le moindre bout de chiffon. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cinquante ans plus tard, le th\u00e9oricien de la propagande sovi\u00e9tique Tchakhotine parla de viol des foules. A la m\u00eame \u00e9poque, dans les ann\u00e9es 20, le neveu de Freud Bernays encourage les femmes \u00e0 fumer en public pour se lib\u00e9rer, avec le succ\u00e8s que l&rsquo;on sait (aujourd&rsquo;hui pourtant on les somme de ne plus fumer au bureau ou ailleurs&hellip;). Mais Zola, excellent observateur de son temps, d\u00e9crit d\u00e9j\u00e0 de bonnes recettes pour le conditionnement de la bonne client\u00e8le.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; La grande puissance \u00e9tait surtout la publicit\u00e9. Mouret en arrivait \u00e0 d\u00e9penser par an trois cent mille francs de catalogues, d&rsquo;annonces et d&rsquo;affiches&hellip; Il professait que la femme est sans force contre la r\u00e9clame, qu&rsquo;elle finit fatalement par aller au bruit. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On sait bien maintenant que l&rsquo;abrutissement du troupeau viendra par la musique de fond, par le bruit, par la noise, comme on disait en vieux fran\u00e7ais. Donc Bouret veut du bruit en bon exp\u00e9rimentateur de la psychologie des foules ch\u00e8re \u00e0 Le Bon.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Partout, il exigeait du bruit, de la foule, de la vie ; car la vie, disait-il, attire la vie, enfante et pullule. De cette loi, il tirait toutes sortes d&rsquo;applications. D&rsquo;abord, on devait s&rsquo;\u00e9craser pour entrer, il fallait que, de la rue, on cr&ucirc;t \u00e0 une \u00e9meute. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Zola joue encore sur une autre m\u00e9taphore, celle de la religion, que l&rsquo;on file \u00e0 propos du sport omnipr\u00e9sent dans nos m\u00e9dias achet\u00e9s et nos cerveaux conditionn\u00e9s, mais il l&rsquo;applique plus au commerce &ndash; comme on le fera plus tard \u00e0 la politique, qui est une autre forme du commerce.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Sous la gr\u00e2ce m\u00eame de sa galanterie, Mouret vendait de la femme \u00e0 la livre : il lui \u00e9levait un temple, la faisait encenser par une l\u00e9gion de commis, cr\u00e9ait le rite d&rsquo;un culte nouveau ; il ne pensait qu&rsquo;\u00e0 elle, cherchait sans rel\u00e2che \u00e0 imaginer des s\u00e9ductions plus grande&hellip; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Zola en \u00e9crivant cela ne pense pas au serpent de la Bible. Dans sa cervelle la\u00efque, le conditionnement du cerveau est le m\u00eame pour la religion ou pour l&rsquo;achat de chiffons &ndash; ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas faux quand on pense au succ\u00e8s plan\u00e9taire des \u00e9vang\u00e9listes. La &laquo; cath\u00e9drale du commerce &raquo; a simplement pris la place de l&rsquo;ancienne ! Il va, parlant toujours de Mouret, jusqu&rsquo;\u00e0 conclure par cette envol\u00e9e :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Sa cr\u00e9ation apportait une religion nouvelle, les \u00e9glises que d\u00e9sertait peu \u00e0 peu la foi chancelante \u00e9taient remplac\u00e9es par son bazar, dans les \u00e2mes inoccup\u00e9es d\u00e9sormais. La femme venait passer chez lui les heures vides, les heures frissonnantes et inqui\u00e8tes qu&rsquo;elle vivait jadis au fond des chapelles : d\u00e9pense n\u00e9cessaire de passion nerveuse, lutte renaissante d&rsquo;un dieu contre le mari, culte sans cesse renouvel\u00e9 du corps, avec l&rsquo;au-del\u00e0 divin de la beaut\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lutte d&rsquo;un nouveau dieu contre le mari ? Avec son g\u00e9nie tranquille, l&rsquo;auteur de <strong><em>J&rsquo;accuse<\/em><\/strong> voit que le divorce viendra avec le commerce. La famille d\u00e9truite ou recompos\u00e9e est plus rentable, tout simplement. Et la femme lib\u00e9r\u00e9e, disait un c\u00e9l\u00e8bre homme d&rsquo;affaires am\u00e9ricain, paiera enfin des imp\u00f4ts !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Conclusion ? Imb\u00e9cile, macho, connard, facho, poutiniste !<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Zola et le conditionnement des dames C&rsquo;est Philippe Muray qui nous mettait en garde contre la pleurnicherie humanitaire. Car elle d\u00e9clenche des guerres partout. 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