{"id":78185,"date":"2018-09-29T16:17:50","date_gmt":"2018-09-29T16:17:50","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/09\/29\/le-trou-noir-des-porte-avions-us\/"},"modified":"2018-09-29T16:17:50","modified_gmt":"2018-09-29T16:17:50","slug":"le-trou-noir-des-porte-avions-us","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/09\/29\/le-trou-noir-des-porte-avions-us\/","title":{"rendered":"Le trou noir des porte-avions US"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Le trou noir des porte-avions US<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>29 septembre 2018 &ndash; Le US Naval Institute (USNI) a publi\u00e9 ce <a href=\"applewebdata:\/\/4359DA30-1CDC-4C93-B1B1-9354660D9B00\/In%20the%20meantime,%20there%20has%20been%20a%20quiet%20shift%20in%20Middle%20East%20naval%20presence.%20There%20hasn%E2%80%99t%20been%20a%20carrier%20in%20the%20Persian%20Gulf%20since%20USS%20Theodore%20Roosevelt%20(CVN-71)%20left%20in%20March.%20%20In%20September,%20almost%20a%20hundred%20Iranian%20Revolutionary%20Guard%20Corps%20Navy%20boats%20exercised%20in%20a%20rehearsal%20to%20block%20merchant%20traffic%20in%20the%20Strait%20of%20Hormuz.%20Instead%20of%20a%20carrier%20strike%20group%20being%20nearby,%20there%20was%20a%20single%20guided-missile%20destroyer%20and%20a%20handful%20of%20coastal%20patrol%20craft%20operating%20in%20the%20Gulf.%20And%20while%20the%20Russians%20conducted%20a%20massive%20naval%20exercise%20in%20the%20Mediterranean%20Sea%20earlier%20this%20month,%20the%20closest%20carrier%20strike%20group%20was%20on%20the%20other%20side%20of%20the%20Atlantic%20operating%20off%20the%20coast%20of%20Canada.\">27 septembre 2018<\/a>un tr\u00e8s long article d&rsquo;un de ses experts, Sam LaGrone, sur la situation actuelle de la flotte de porte-avions US. L&rsquo;article ne porte pas le titre de <strong>\u00ab\u00a0la crise des porte-avions US\u00a0\u00bb (ou \u00ab\u00a0Le trou noir des porte-avions US\u00a0\u00bb), mais l&rsquo;un ou l&rsquo;autre aurait pu ais\u00e9ment \u00eatre choisi<\/strong> ; en fait, le titre choisi dit <strong>la m\u00eame chose <\/strong>sous une forme plus complexe : &laquo; <em>Le d\u00e9ploiement des porte-avions US atteint son niveau le plus bas depuis 25 ans alors que la Navy bataille pour relancer ses capacit\u00e9s.<\/em> &raquo; (C&rsquo;est RT qui a attir\u00e9 notre attention sur ce texte, en publiant une synth\u00e8se de l&rsquo;article <a href=\"https:\/\/www.rt.com\/usa\/439707-us-aircfart-carriers-unavailable\/\">le 28 septembre<\/a>, sous le titre &laquo; <em>Une domination qui s&rsquo;effrite : les porte-avions US dans la pire situation depuis des d\u00e9cennies.<\/em>&raquo;)  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>On mentionnera quelques points d\u00e9crivant cette situation <strong>essentiellement pour 2018 qui semble s&rsquo;av\u00e9rer une ann\u00e9e-charni\u00e8re<\/strong>, en tenant compte de la m\u00e9thodologie employ\u00e9e pour certains d&rsquo;entre eux et des volumes de la flotte de porte-avions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;article annonce que le pourcentage des porte-avions de la Navy \u00e0 la mer en op\u00e9rations (hors missions d&rsquo;entra&icirc;nement et d&rsquo;essais) pour les neuf premiers mois de l&rsquo;ann\u00e9e est le plus bas depuis 1992, soit 15% de la flotte. Curieusement cette affirmation contredit un des sch\u00e9mas montrant les pourcentages de disponibilit\u00e9 op\u00e9rationnelle de la flotte des porte-avions depuis 1965, et que l&rsquo;on tiendra comme la r\u00e9f\u00e9rence la plus rigoureuse : en 1992, on atteint 16% de la flotte, l&rsquo;autre chiffre le plus bas \u00e9tant 1965 avec 18%. Tous les autres pourcentages ann\u00e9e par ann\u00e9e atteignent ou d\u00e9passent 20%, avec un maximum de 42% en 1973. Il faut aussi tenir compte du nombre de porte-avions : autour de 30 jusqu&rsquo;en 1972, autour de 15 de 1974 \u00e0 1994, autour de 10 de 1996 jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui. Les 15% de la flotte d\u00e9ploy\u00e9e en 2018 sont donc jusqu&rsquo;ici le chiffre le plus bas qu&rsquo;ait connu l&rsquo;US Navy, alors qu&rsquo;elle a de nombreuses missions op\u00e9rationnelles (au contraire de 1992, et avec 10 porte-avions aujourd&rsquo;hui contre 15 en 1992). <strong>Ce chiffre de 15%, qui est une moyenne, a toutes les chances d&rsquo;\u00eatre confirm\u00e9, sinon aggrav\u00e9 d&rsquo;ici la fin de cette ann\u00e9e<\/strong>, notamment du fait de la prolongation de l&rsquo;immobilisation pour entretien du USS <em>Eisenhower <\/em>(voir plus loin). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>L&rsquo;US Navy a d\u00e9ploy\u00e9 op\u00e9rationnellement entre 22 et 25% de porte-avions depuis 2013. Ces pourcentages <\/em>[&#8230;] <em>sont en baisse de 28% en moyenne par rapport au reste de la \u00ab\u00a0guerre contre le terrorisme \u00a0\u00bb <\/em>[depuis 2001]<em>. En 2018, ce nombre a \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9 \u00e0 environ 15% en moyenne des porte-avions de la Navy d\u00e9ploy\u00e9s op\u00e9rationnellement<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Pour la premi\u00e8re fois depuis des d\u00e9cennies, <strong>il n&rsquo;y a plus de porte-avions de l&rsquo;US Navy dans la r\u00e9gion du Golfe Persique (depuis le mois de mars)<\/strong>. En M\u00e9diterran\u00e9e, le USS <em>Truman <\/em>a \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9 apr\u00e8s une immobilisation d&rsquo;entretien pour un tr\u00e8s court s\u00e9jour fin avril au large de la Syrie ; il est rapidement reparti dans l&rsquo;Atlantique avant d&rsquo;\u00eatre \u00e0 nouveau immobilis\u00e9 en juin pour des r\u00e9parations jusqu&rsquo;\u00e0 la fin ao&ucirc;t. La pr\u00e9sence navale US au Moyen-Orient est aujourd&rsquo;hui extr\u00eamement faible alors que des man&oelig;uvres navales iranienne et russe (s\u00e9par\u00e9ment) ont eu lieu en septembre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &#8230; <em>Entretemps, il y a eu un discret basculement dans la pr\u00e9sence navale US au Moyen-Orient. Il n&rsquo;y a plus de porte-avions dans le golfe Persique depuis le d\u00e9part de l&rsquo;USS Theodore Roosevelt (CVN-71) en mars. En septembre, pr\u00e8s d&rsquo;une centaine de navires de la marine des Gardiens de la r\u00e9volution iranienne ont effectu\u00e9 un exercice simulant le blocage de la navigation navale dans le d\u00e9troit d&rsquo;Hormuz. Au lieu du groupe de porte-avions d&rsquo;attaque <\/em>[un porte-avions avec cinq navires de surface et un ou deux sous-marins] <em>habituellement d\u00e9ploy\u00e9, on trouvait une seule fr\u00e9gate lance-missiles et une poign\u00e9e de patrouilleurs c\u00f4tiers de l&rsquo;US Navy dans la zone. Tandis que les Russes conduisaient un exercice naval de grande envergure en M\u00e9diterran\u00e9e orientale \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, le groupe de porte-avions d&rsquo;attaque de l&rsquo;US Navy le plus proche se trouvait de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Atlantique et op\u00e9rait au large des c\u00f4tes du Canada<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Enfin une premi\u00e8re pour une p\u00e9riode aussi cons\u00e9quente depuis la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale (y compris la guerre elle-m\u00eame), et peut-\u00eatre m\u00eame depuis les ann\u00e9es 1930 et l&rsquo;entr\u00e9e en service des porte-avions, <strong>l&rsquo;absence de tout porte-avions US en service op\u00e9rationnel pendant pr\u00e8s d&rsquo;un mois<\/strong> : &laquo; <em>Durant 22 jours cet \u00e9t\u00e9 a confirm\u00e9 l&rsquo;US Navy \u00e0 USNI News, la Navy n&rsquo;a pas eu un seul groupe de porte-avions d&rsquo;attaque d\u00e9ploy\u00e9 op\u00e9rationnellement dans n&rsquo;importe quel point du globe, et disponible pour une mission de s\u00e9curit\u00e9 nationale&#8230;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La principale cause de cette brutale aggravation de la situation de la disponibilit\u00e9 op\u00e9rationnelle des porte-avions et de la flotte en 2018 <strong>tient essentiellement \u00e0 l&rsquo;allongement d\u00e9mesur\u00e9 des p\u00e9riodes d&rsquo;entretien, de r\u00e9parations et de modernisation<\/strong>, \u00e0 cause certes de la v\u00e9tust\u00e9 des cinq chantiers navals pouvant accueillir les porte-avions nucl\u00e9aires, mais surtout et essentiellement de la sophistication en constante augmentation de ces navires. Les pertes de capacit\u00e9s pour l&rsquo;US Navy sont tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res : elles sont de 1 300 jours d&rsquo;op\u00e9rations en mer entre 2000 et 2016, soit l&rsquo;\u00e9quivalent de sept d\u00e9ploiement de six mois d&rsquo;un groupe de porte-avions d&rsquo;attaque. Il y a aussi l&rsquo;exemple tr\u00e8s r\u00e9cent du USS <em>Eisenhower<\/em>, qui devait \u00eatre immobilis\u00e9s six mois et qui l&rsquo;aura \u00e9t\u00e9 pendant dix-huit mois, jusqu&rsquo;en f\u00e9vrier 2019, si rien ne vient encore allonger les d\u00e9lais d&rsquo;ici l\u00e0&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Selon un rapport de 2017 du Government Accountability Office <\/em>[GAO] <em>sur les chantiers navals, les retards dans ces chantiers sont responsables de 1 300 jours de d\u00e9ploiement op\u00e9rationnel perdus pour les porte-avions de 2000 \u00e0 2016. Cela \u00e9quivaut \u00e0 sept d\u00e9ploiements de groupes d&rsquo;un groupe de porte-avions d&rsquo;attaque pendant six mois. Depuis l&rsquo;ann\u00e9e fiscale 2015, la Marine a perdu l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;une ann\u00e9e de disponibilit\u00e9 op\u00e9rationnelle d&rsquo;un porte-avions en raison de d\u00e9passements de maintenance<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Les capacit\u00e9s actuelles en cales s\u00e8che des chantiers navals ne r\u00e9pondent pas aux besoins op\u00e9rationnels futurs\u00a0\u00bb, a \u00e9crit le GAO en 2017. \u00ab\u00a0La Marine pr\u00e9voit que les chantiers navals ne pourront pas assurer 73 des 218 \u00e9pisodes de maintenance pr\u00e9vus pour les chantiers navals au cours des 23 prochaines ann\u00e9es, y compris les \u00e9pisodes de maintenance pour cinq porte-avions et 50 sous-marins\u00a0\u00bb<\/em>. [&#8230;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em><a href=\"https:\/\/news.usni.org\/2018\/09\/24\/eisenhower-carrier-maintenance-will-last-2019-tripling-length-expected-6-month-availability\">Samedi dernier<\/a><\/em> [le 21 septembre]<em>, le commandant du USS Dwight D. Eisenhower (CVN-69) a annonc\u00e9 \u00e0 son \u00e9quipage et aux familles des marins que le porte-avions ne quitterait pas le chantier naval de Norfolk, \u00e0 Portsmouth, en Virginie, o&ugrave; il effectue un s\u00e9jour de maintenance, avant le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e prochaine. La d\u00e9cision triple la longueur de l&rsquo;\u00e9pisode de maintenance, qui devait se terminer en f\u00e9vrier 2018. Le d\u00e9lai a un effet en cascade qui affectera la p\u00e9riode de r\u00e9paration du USS <\/em><em>George H.W. Bush (CVN-77) et pourrait obliger l&rsquo;US Navy \u00e0 revoir ses plans de d\u00e9ploiement. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quelles conclusions tirent l&rsquo;US Navy, et le Pentagone en la personne du ministre Mattis bien entendu ? La r\u00e9ponse est \u00ab\u00a0Emploi Dynamique des Forces\u00a0\u00bb, une id\u00e9e du ministre Mattis \u00e0 propos de laquelle on nous assure qu&rsquo;il est \u00ab\u00a0<em>very serious<\/em>\u00ab\u00a0. Il s&rsquo;agit de remplacer l&rsquo;ancienne formule o&ugrave; l&rsquo;on pouvait pr\u00e9voir (\u00ab\u00a0pr\u00e9visibilit\u00e9\u00a0\u00bb) la position des groupes de porte-avions (puisque leur mission \u00e9tait de se trouver dans tous les lieux strat\u00e9giques de toutes les mers du globe, et d&rsquo;affirmer ainsi la pr\u00e9sence strat\u00e9gique des USA), par une nouvelle formule dite naturellement d'\u00a0\u00bbimpr\u00e9visibilit\u00e9\u00a0\u00bb&#8230; Croit-on que le <em>Truman <\/em>va prendre position dans le Golfe Persique apr\u00e8s son intrusion au large de la Syrie ? Eh bien, non, pas du tout ! Il prend tout le monde \u00e0 contrepied, revient sur ses flots, fait trois petits ronds dans l&rsquo;eau avec les amis franco-britannique et retourne \u00e0 son port d&rsquo;attache pour quelques sparadraps suppl\u00e9mentaires&#8230; Ainsi tout le monde est-il pris de court et l&rsquo;absence de porte-avions US dans le Golfe Persique est une grande surprise qui d\u00e9range tous les plans hostiles et renforce encore plus la supr\u00e9matie US&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quant au USS <em>Dwight D. Eisenhower<\/em> (CVN-69), ceux qui l&rsquo;attendaient en mer pour tel ou tel d\u00e9ploiement \u00e0 partir de f\u00e9vrier 2018 en sont et en seront pour leur frais gr\u00e2ce \u00e0 l'\u00a0\u00bbimpr\u00e9visibilit\u00e9\u00a0\u00bb du plan \u00ab\u00a0Emploi Dynamique des Forces\u00a0\u00bb puisqu&rsquo;il reste \u00e0 quai jusqu&rsquo;en f\u00e9vrier 2019&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em><a href=\"https:\/\/news.usni.org\/2018\/05\/16\/cno-dynamic-force-employment-allow-high-end-training-strike-groups\">En mai<\/a>, le chef des op\u00e9rations navales, John Richardson, a d\u00e9clar\u00e9 aux journalistes que la Marine commen\u00e7ait \u00e0 utiliser un nouveau sch\u00e9ma de d\u00e9ploiement nomme \u00ab\u00a0Emploi Dynamique des Forces\u00a0\u00bb bas\u00e9 sur le nouveau mandat d&rsquo;impr\u00e9visibilit\u00e9 op\u00e9rationnelle d\u00e9fini par le secr\u00e9taire \u00e0 la D\u00e9fense, Jim Mattis, dans le cadre de la Strat\u00e9gie de d\u00e9fense nationale<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Lorsque le groupe du porte-avions d&rsquo;attaque Harry S. Truman a \u00e9t\u00e9 r\u00e9uni en avril, il ne s&rsquo;est pas rendu dans le golfe Persique, o&ugrave; les &Eacute;tats-Unis \u00e9taient constamment pr\u00e9sents depuis des d\u00e9cennies. Le USS Harry S. Truman (CVN-75) et son escorte se sont rapidement rendus en M\u00e9diterran\u00e9e orientale pour frapper les forces de l&rsquo;&Eacute;tat islamique en Syrie, avant de revenir dans l&rsquo;Atlantique Nord rejoindre ses homologues britanniques et fran\u00e7ais, avant de rentrer \u00e0 son port d&rsquo;attache <\/em>[fin juin] <em>de fa\u00e7on inattendue apr\u00e8s seulement trois mois de d\u00e9ploiement. Le Truman a pass\u00e9 deux mois suppl\u00e9mentaire \u00e0 quai et a repris la mer le 28 ao&ucirc;t<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0Le ministre Mattis est extr\u00eamement s\u00e9rieux \u00e0 ce sujet\u00a0\u00bb, explique <\/em>[l&rsquo;adjoint au ministre de la d\u00e9fense Bob] <em>Work. \u00ab\u00a0Il veut \u00eatre plus impr\u00e9visible du point de vue op\u00e9rationnel, et le d\u00e9ploiement de Truman \u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre le mod\u00e8le id\u00e9al pour cela.\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Le technologisme plus mortel que l&rsquo;hypersonique ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Bien entendu, nous nous moquons et ce n&rsquo;est pas tr\u00e8s convenable ; le ministre, ancien g\u00e9n\u00e9ral des Marines, Jim Mattis est un homme respectable et tr\u00e8s s\u00e9rieux. Son plan, qui est de faire circuler, &ndash; m\u00eame \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat et \u00e0 quai, &ndash; les porte-avions l\u00e0 o&ugrave; on ne les attend pas montre bien qu&rsquo;<strong>il lui reste beaucoup de l&rsquo;habilet\u00e9 tactique des Marines<\/strong>. On dira simplement que ce que l&rsquo;on peut faire avec un peloton de Marines attaquant le flanc droit de l&rsquo;ennemi alors que l&rsquo;ennemi l&rsquo;attend sur son flanc gauche, ou \u00e0 la rigueur avec un escadron de chasseurs-bombardiers changeant d&rsquo;objectifs \u00e0 la derni\u00e8re minute et \u00e0 une vitesse d\u00e9passant largement celle du son, on peut difficilement le faire avec un groupe de porte-avions d&rsquo;attaque filant \u00e0 30 n&oelig;uds&#8230; C&rsquo;est-\u00e0-dire que <strong>la surprise tactique n&rsquo;est pas vraiment au rendez-vous, parce qu&rsquo;on a le temps tout de m\u00eame de s&rsquo;habituer \u00e0 cette d\u00e9monstration de la \u00ab\u00a0Dynamique des Forces\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et puis d&rsquo;ailleurs, <strong>exc\u00e9d\u00e9, l&rsquo;adjoint au ministre Work finit par vous dire<\/strong>, se r\u00e9f\u00e9rant aux divers \u00ab\u00a0trous\u00a0\u00bb constat\u00e9s dans le d\u00e9ploiement des porte-avions, et notamment ces fameux 22 jours de cet \u00e9t\u00e9 o&ugrave; il n&rsquo;y eut aucun porte-avions de l&rsquo;US Navy d\u00e9ploy\u00e9, &ndash; eh bien, que le porte-avions ce n&rsquo;est pas si important qu&rsquo;on croit&#8230; &laquo; <em>\u00ab\u00a0Quand les gens disent &lsquo;si vous r\u00e9duisez votre pr\u00e9sence <\/em>[des porte-avions]<em>, quelque chose va arriver&rsquo;, <strong>alors qu&rsquo;on se trouve dans un monde si plein de dynamique et qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un point si mineur <\/strong><\/em>[le porte-avions ?!]<em>, je ne peux vraiment pas imaginer un pays se disant &lsquo;Je vais prendre le risque d&rsquo;une guerre avec les USA simplement parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas un seul porte-avions sur place'\u00a0\u00bb <\/em>[&#8230;] <em>\u00ab\u00a0S&rsquo;ils prennent le risque d&rsquo;une guerre avec les USA, ce sera parce qu&rsquo;ils se seront dit &lsquo;h\u00e9, nous pensons que nous pouvons gagner&rsquo;, et ils choisirons un moment avantageux, mais l&rsquo;absence d&rsquo;un porte-avions n&rsquo;est pas un d\u00e9tonateur \u00e0 mes yeux. Il y a beaucoup de gens qui disent que l&rsquo;absence <\/em>[de porte-avions] <em>envoie un signal f\u00e2cheux ; ce n&rsquo;est pas du tout mon avis. <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Bref, <strong>l&rsquo;absence de porte-avions, ce n&rsquo;est pas grave parce que ce n&rsquo;est pas grave<\/strong> ; et ce n&rsquo;est m\u00eame pas un \u00ab\u00a0moment avantageux\u00a0\u00bb si on veut attaquer les USA, ce n&rsquo;est pas un \u00ab\u00a0d\u00e9tonateur\u00a0\u00bb, pas du tout et rien du tout&#8230; On comprend l&rsquo;exercice de <em>narrative<\/em>, il faut bien continuer \u00e0 affirmer l&rsquo;\u00e9crasante sup\u00e9riorit\u00e9 US, et Mattis, outre d&rsquo;\u00eatre un dur-\u00e0-cuire puisqu&rsquo;ex-Marine, est aussi un magicien qui sort des lapins de son chapeau : au moins on a de porte-avions disponibles, au plus leur puissance est redoubl\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la \u00ab\u00a0Dynamique des Forces\u00a0\u00bb, et <em>idem<\/em> pour la puissance exceptionnelle et am\u00e9ricaniste. L&rsquo;affirmation est tellement bouffe, &ndash; comme dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-la-tragedie-bouffe\">trag\u00e9die-bouffe<\/a>s&rsquo;entend, &ndash; qu&rsquo;elle nous conduirait \u00e0 oublier de songer au principal.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>Le principal ? C&rsquo;est moins le nombre r\u00e9duit de porte-avions (c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas au d\u00e9but du si\u00e8cle, par exemple lors des attaques de l&rsquo;Afghanistan et de l&rsquo;Irak), que les probl\u00e8mes qui s&rsquo;accumulent d\u00e9sormais au niveau de l&rsquo;entretien, des r\u00e9parations, des mises \u00e0 niveau, etc. <strong>A mesure que les grands porte-avions deviennent de plus en plus sophistiqu\u00e9s<\/strong>, ce qu&rsquo;ils sont avec chaque radoub et chaque mise \u00e0 niveau, les interventions ext\u00e9rieure de logistique <strong>s&rsquo;allongent et bousculent gravement les plans de l&rsquo;US Navy<\/strong>, qui tombe cette ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;effarant pourcentage de disponibilit\u00e9 de 15% de sa flotte de porte-avions. On comprend en effet que les diff\u00e9rents porte-avions de la classe <em>Nimitz<\/em>, depuis le mod\u00e8le de base (le USS <em>Nimitz <\/em>date de la fin des ann\u00e9es 1970) <strong>n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0am\u00e9lior\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 chaque entretien et modernisation pour s&rsquo;approcher de plus en plus de la classe USS <em>Gerald Ford<\/em><\/strong>, dont le premier exemplaire est en train de conna&icirc;tre <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/uss-ford-et-f-35-etat-de-la-catastrophe\">la catastrophe qu&rsquo;on sait<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9sultat, c&rsquo;est que tous les porte-avions en service deviennent de plus en plus fragiles comme des pauvres <em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lame_duck\">lame ducks<\/a> <\/em>bloqu\u00e9s sur l&rsquo;eau de leur quai, et comme paralys\u00e9s par les n\u00e9cessit\u00e9s de leur entretien. Le technologisme qui frappe tous les aspects des forces arm\u00e9es de plus en plus \u00ab\u00a0lourdes\u00a0\u00bb technologiquement parlant, en plus d&rsquo;\u00eatre couteux et d\u00e9licat \u00e0 l&#8217;emploi, <strong>implique, surtout bien entendu dans le cas des porte-avions, des op\u00e9ration de logistique de plus en plus envahissantes et incapacitantes<\/strong>, l&rsquo;ensemble pouvant conduire sur un rythme endiabl\u00e9 <strong>jusqu&rsquo;\u00e0 de possibles et catastrophiques impasses<\/strong>. C&rsquo;est ce que Mattis nomme sans doute la \u00ab\u00a0Dynamique des Forces\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Les radoubs de six-mois se transforment en pensions de famille jusqu&rsquo;\u00e0 dix-huit mois avec promenades de sant\u00e9 si n\u00e9cessaire (le <em>Eisenhower <\/em>et le <em>Truman<\/em>, en attendant l&rsquo;entr\u00e9e en service du catastrophique <em>Ford<\/em>) <strong>et toute la strat\u00e9gie de la flotte en est de plus en plus boulevers\u00e9e <\/strong>jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus \u00eatre capable de remplir bient\u00f4t qu&rsquo;un tiers, bient\u00f4t une moiti\u00e9 de ses missions et ainsi de suite. La flotte des porte-avions, <strong>qui vont passer les sept ou huit dixi\u00e8mes de leur vie op\u00e9rationnelle \u00e0 quai ou en radoub, et bient\u00f4t plus pourquoi pas<\/strong>, devient comme une couverture trop petite qu&rsquo;on tire dans un sens pour couvrir un pied qui d\u00e9passait et qui d\u00e9couvre l&rsquo;autre pied et la jambe attenante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le technologisme, &ndash; cela d\u00e9sign\u00e9 par nous comme une pathologie qu&rsquo;aucun m\u00e9dicament ne parvient plus \u00e0 gu\u00e9rir, &ndash; qui frappe tous les aspects des forces arm\u00e9es d\u00e9velopp\u00e9es selon les conceptions am\u00e9ricanistes, est en train de mettre <strong>en p\u00e9ril grave l&rsquo;un des outils essentiels du maillage de ce que les USA jugent encore \u00eatre leur h\u00e9g\u00e9monie mondiale<\/strong>. Le probl\u00e8me des porte-avions, en effet, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne peut faire avec eux comme on fait avec les JSF\/F-35 : faire semblant qu&rsquo;ils fonctionnent. Quand ils sont \u00e0 Norfolk ou \u00e0 San Diego, ils ne sont pas dans le Golfe Persique ou au large de la Chine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Cela \u00e9crit, un Russe un peu vicieux vous dirait : \u00ab\u00a0J&rsquo;esp\u00e8re tout de m\u00eame qu&rsquo;il en restera un ou deux en op\u00e9rations, de fa\u00e7on \u00e0 montrer comment nos missiles hypersoniques peuvent les effacer au-del\u00e0 de toute possibilit\u00e9 de radoub\u00a0\u00bb. Mais qui songerait une seconde que l&rsquo;US Navy puisse conclure un jour que ses \u00e9normes \u00ab\u00a0titans des mers\u00a0\u00bb ont fait leur temps et qu&rsquo;ils deviennent comme des boulets qui vous entra&icirc;nent vers le fond&#8230; ? A chacun son trou noir.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le trou noir des porte-avions US 29 septembre 2018 &ndash; Le US Naval Institute (USNI) a publi\u00e9 ce 27 septembre 2018un tr\u00e8s long article d&rsquo;un de ses experts, Sam LaGrone, sur la situation actuelle de la flotte de porte-avions US. L&rsquo;article ne porte pas le titre de \u00ab\u00a0la crise des porte-avions US\u00a0\u00bb (ou \u00ab\u00a0Le trou&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[2604,5734,2744,3460,4244,6363,3723,13764,11900,13610,5220,3611,7736],"class_list":["post-78185","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-des","tag-dynamique","tag-eisenhower","tag-forces","tag-ford","tag-gerald","tag-golfe","tag-hypersonique","tag-mattis","tag-nimitz","tag-persique","tag-truman","tag-uss"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78185","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78185"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78185\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78185"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78185"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78185"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}