{"id":78190,"date":"2018-09-23T16:49:29","date_gmt":"2018-09-23T16:49:29","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/09\/23\/lue-la-crise-et-vite\/"},"modified":"2018-09-23T16:49:29","modified_gmt":"2018-09-23T16:49:29","slug":"lue-la-crise-et-vite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/09\/23\/lue-la-crise-et-vite\/","title":{"rendered":"L&rsquo;UE\u00a0? LA crise, et vite\u00a0!"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;UE ? LA crise, et vite !<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il y a quelques jours, &ndash; trois au moins, peut-\u00eatre quatre, &ndash; il y eut un \u00ab\u00a0sommet\u00a0\u00bb des pr\u00e9sidents et chefs de gouvernement des pays-membres de l&rsquo;UE. Il y eut m\u00eame <a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/monde\/europe\/0302283048886-salzbourg-les-temps-forts-du-sommet-2206888.php\">des \u00ab\u00a0temps forts\u00a0\u00bb<\/a>, comme l&rsquo;on dit dans les grands journaux, et Angela-<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-radeau-de-la-merkel\">sur-son-radeau<\/a> qui, <a href=\"https:\/\/fr.sputniknews.com\/caricatures\/201809211038179454-merkel-snobe-may-salzbourg\/\">ostensiblement<\/a>, consentit \u00e0 ne pas saluer Theresa, lui pr\u00e9f\u00e9rant la tr\u00e8s-importante Lithuanienne. (&laquo; <em><a href=\"https:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/201809211038169213-merkel-snobe-may-salzbourg\/\">En effet<\/a>, Angela Merkel est pass\u00e9e devant Theresa May <\/em>[sans la saluer-er-er] <em>afin de saluer la Pr\u00e9sidente lituanienne Dalia Grybauskaite<\/em>. &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce genre de nouvelles d&rsquo;une si extr\u00eame importance nous rappelle que l&rsquo;UE existe encore et qu&rsquo;elle pr\u00e9tend toujours&#8230; Des commentateurs exc\u00e9d\u00e9s, eux, nous confient qu&rsquo;ils n&rsquo;esp\u00e8rent plus qu&rsquo;une chose : une crise, et vite, et qu&rsquo;on en finisse ! C&rsquo;est le cas de Jacques Sapir qui, \u00e0 la suite d&rsquo;un compte-rendu qui n&rsquo;est qu&rsquo;une addition d&rsquo;impuissances, de chamailleries, de m\u00e9sententes, d&rsquo;hypocrisies et de paralysies, nous confie, \u00e0-la-Chateaubriand, son &laquo; <em>Levez-vous, orages d\u00e9sir\u00e9s<\/em><strong> &raquo;<\/strong> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>La structure des institutions europ\u00e9enne interdit aujourd&rsquo;hui de croire qu&rsquo;un quelconque changement pourra \u00eatre initi\u00e9 du sein des institutions de l&rsquo;UE. Tout discours appelant \u00e0 \u00ab\u00a0changer l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb est vain et illusoire. C&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 la derni\u00e8re d\u00e9fense d&rsquo;un statuquo insupportable. Ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est \u00ab\u00a0changer d&rsquo;Europe\u00a0\u00bb, et &ndash; pour cela &ndash; provoquer une crise suffisamment grave de l&rsquo;UE<strong> <\/strong>pour permettre une recomposition des rapports de forces et des institutions conduisant \u00e0 autre chose. La dissolution de l&rsquo;UE est donc d\u00e9sormais l&rsquo;horizon historique. Ce sera l&rsquo;enjeu r\u00e9el des \u00e9lections europ\u00e9ennes de mai 2019<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Effectivement, nous en sommes l\u00e0. Il ne s&rsquo;agit plus de tenter de sortir de l&rsquo;UE, encore moins de r\u00e9former l&rsquo;UE, il s&rsquo;agit de briser l&rsquo;UE, de la disloquer, de la d\u00e9sint\u00e9grer. Nous nous acheminons, sur ce th\u00e9\u00e2tre crisique comme sur tant d&rsquo;autres, vers les issues ultimes qui sont de recommander et de choisir, dans les situations g\u00e9n\u00e9rales de d\u00e9sordre que l&rsquo;on rencontre partout, de pousser encore ce d\u00e9sordre vers son extr\u00eame et son destin naturel de crise terminale. C&rsquo;est donc le cas de Jacques Sapir pour l&rsquo;UE : on sent chez ce commentateur \u00e9clair\u00e9, \u00e9conomiste qui ne se sent jamais plus \u00e0 l&rsquo;aise que dans les visions politiques et les raisonnements principiels, une plume exc\u00e9d\u00e9e devant l&rsquo;extraordinaire apathie, le blocage ent\u00eat\u00e9, l&rsquo;arc-boutement sur des \u00ab\u00a0valeurs\u00a0\u00bb rancies et de id\u00e9es-toutes-faites qui ont toutes prouv\u00e9es leur absurdit\u00e9 et leur stupidit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sapir nous donne rendez-vous en mai prochain, esp\u00e9rant au fond de lui que d&rsquo;ici l\u00e0 auront fleuri les listes dissidentes, les populismes divers, les nationalismes et souverainismes furieux, suffisamment pour d\u00e9boucher sur un Parlement Europ\u00e9en r\u00e9volutionnaire et anti-europ\u00e9en (puisqu&rsquo;encore mais pour combien de temps, l&rsquo;UE pr\u00e9tend \u00eatre l&rsquo;Europe). Est-il possible que, pour la premi\u00e8re fois, les \u00e9lections europ\u00e9ennes aient vraiment de l&rsquo;importance ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le texte de Jacques Sapir, du <a href=\"https:\/\/fr.sputniknews.com\/points_de_vue\/201809221038186192-salzbourg-ue-agonie-echec\/\">22 septembre 2018<\/a>, vient de <em>Spoutnik<\/em>-fran\u00e7ais.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dde.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>__________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Salzbourg, ou l&rsquo;agonie de l&rsquo;UE ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Le sommet de Salzbourg des chefs d&rsquo;&Eacute;tat et de gouvernement de l&rsquo;Union europ\u00e9enne pourrait bien avoir \u00e9t\u00e9 celui du d\u00e9but de la d\u00e9sint\u00e9gration de cette institution.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Incapable d&rsquo;aboutir \u00e0 un accord, ne serait-ce que de fa\u00e7ade, sur la question des migrants, participants \u00e0 ce sommet se sont montr\u00e9s profond\u00e9ment divis\u00e9s sur la question du BREXIT, qui constituait l&rsquo;autre sujet important. Cette division, dont Emmanuel Macron, est largement responsable, tourne autour de la question de faire &laquo; payer &raquo; \u00e0 la Grande-Bretagne son vote de 2016. Cette volont\u00e9 de &laquo; punir &raquo; un pays parce qu&rsquo;il entend, d\u00e9mocratiquement, quitter l&rsquo;UE est particuli\u00e8rement r\u00e9v\u00e9latrice de l&rsquo;\u00e9tat de d\u00e9composition de cette derni\u00e8re, et de sa transformation en une institution de r\u00e9pression des volont\u00e9s d\u00e9mocratiquement exprim\u00e9es par les peuples dans chacune des nations la composant.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Migrants: \u00e9chec \u00e0 l&rsquo;UE<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le sommet de Salzbourg devait traiter de deux sujets dont l&rsquo;importance n&rsquo;\u00e9chappera \u00e0 personne: la politique migratoire et la question de la sortie de la Grande-Bretagne de l&rsquo;UE. Sur le premier sujet, les conflits ont \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/europe\/article\/2018\/09\/20\/union-europeenne-un-sommet-sous-tension-a-salzbourg_5357599_3214.html\">\u00e9vidents<\/a>. Non seulement \u00e9tait en cause la politique migratoire de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, mais aussi le projet de cette derni\u00e8re de renforcer FRONTEX, la police d\u00e9pendant de Bruxelles. Sur ce sujet aussi, l&rsquo;\u00e9chec a \u00e9t\u00e9 complet. On sait que la Commission europ\u00e9enne avait le projet de renforcer l&rsquo;agence de garde-fronti\u00e8res europ\u00e9ens FRONTEX, et d&rsquo;en porter ses effectifs \u00e0 10 000 agents en 2020. Le chancelier autrichien, M. S\u00e9bastian Kurz, avait commenc\u00e9 la r\u00e9union en \u00e9voquant les r\u00e9serves de la Hongrie, de la Gr\u00e8ce, de l&rsquo;Italie ou de l&rsquo;Espagne \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ce projet. Il est int\u00e9ressant de constater que, parmi les opposants, on trouve deux gouvernement dits &laquo; de gauche &raquo; (Espagne et Gr\u00e8ce), un gouvernement conservateur (Hongrie) et un gouvernement issu d&rsquo;une alliance de forces que l&rsquo;on aime \u00e0 qualifier de &laquo; populistes &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De fait, les lignes de clivage sont multiples au sein de l&rsquo;UE. Elles ne concernent pas seulement ceux que l&rsquo;on voudrait pr\u00e9senter comme des pays &laquo; g\u00e9n\u00e9reux &raquo; pour les migrants (essentiellement l&rsquo;Allemagne et la France) et des pays que l&rsquo;on aime \u00e0 pr\u00e9senter comme &laquo; frileux &raquo;. C&rsquo;est toute la politique migratoire qui divise l&rsquo;Union, non seulement quant \u00e0 ses orientations que quant \u00e0 son financement. L&rsquo;\u00e9chec \u00e0 donc \u00e9t\u00e9 total sur ce point. Cela veut dire que les pays en cause, et qui sont aujourd&rsquo;hui en premi\u00e8re ligne face au flot migratoire (Espagne, Gr\u00e8ce, Italie), n&rsquo;auront pas d&rsquo;autre solution que leurs propres politiques nationales. Sur la question migratoire, il est d\u00e9sormais clair que l&rsquo;UE ne sert plus \u00e0 rien.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">La question du BREXIT<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Mais, il y avait un autre sujet d&rsquo;importance \u00e0 ce sommet: la question du BREXIT. L\u00e0 aussi, on a pu voir l&rsquo;UE se diviser <a href=\"https:\/\/www.afp.com\/fr\/infos\/334\/brexit-lue-et-londres-lancent-le-sprint-final-sous-tension-doc-1994qr4\">en profondeur<\/a>. Pourtant, Londres et Bruxelles ont en r\u00e9alit\u00e9 trouv\u00e9 des compromis sur la plupart des contentieux qui sont n\u00e9s de la rupture programm\u00e9e et, notamment sur la facture \u00e0 la facture \u00e0 r\u00e9gler. Un accord aurait donc d&ucirc; \u00eatre trouv\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il n&rsquo;en a rien \u00e9t\u00e9 parce que certains pays ont voulu faire preuve de &laquo; duret\u00e9 &raquo; face au choix de la Grande-Bretagne, provoquer dans ce pays un second r\u00e9f\u00e9rendum sous la pression de l&rsquo;UE. Et, on a honte ici de l&rsquo;\u00e9crire, parmi ces pays il y eut la France, ou tout du moins le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, M. Emmanuel Macron.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;opposition de la France aux propositions apport\u00e9es par Mme Theresa May <a href=\"https:\/\/www.24heures.ch\/monde\/Nous-sommes-dans-une-impasse-dit-May\/story\/16107994\">a provoqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9chec<\/a>. Cet \u00e9chec a \u00e9t\u00e9 humiliant pour la Premi\u00e8re-ministre britannique, qui avait pourtant fait de notables concessions. Le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais, sans doute ulc\u00e9r\u00e9 de n&rsquo;avoir pu arracher un accord sur la question des migrants face \u00e0 l&rsquo;opposition r\u00e9solue des pays mentionn\u00e9s a-t-il pass\u00e9 ses nerfs sur la Grande-Bretagne ou, tout \u00e0 sa volont\u00e9 de &laquo; d\u00e9fendre &raquo; l&rsquo;UE, a-t-il voulu montrer que toute sortie de l&rsquo;UE serait extr\u00eamement difficile? Quoi qu&rsquo;il en soit, il a pris un risque \u00e9norme. Car, si la Grande-Bretagne a un commerce important avec les pays de l&rsquo;UE, ces derniers ont naturellement un commerce non moins important avec la Grande-Bretagne. La pression montera rapidement sur Mme Merkel, tr\u00e8s attentive aux v&oelig;ux des patrons allemands, car ces derniers font une part non n\u00e9gligeable de leur chiffre d&rsquo;affaires en Grande-Bretagne. Emmanuel Macron pourrait bien se voir d\u00e9savou\u00e9 lors du sommet exceptionnel de novembre sur cette question du BREXIT.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">A quoi sert l&rsquo;UE?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Ces p\u00e9rip\u00e9ties ne doivent pas masquer un fait important: \u00e0 quoi sert donc aujourd&rsquo;hui l&rsquo;UE?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bruxelles entend s&rsquo;opposer au BREXIT, choix pourtant l\u00e9gitime, exprim\u00e9s de mani\u00e8re d\u00e9mocratique, par les \u00e9lecteurs britanniques. Et Emmanuel Macron a pris le parti de la technocratie de l&rsquo;UE contre la volont\u00e9 des peuples. Il faudra s&rsquo;en souvenir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;UE stigmatise aussi des pays comme la Pologne ou la Hongrie qui, quels que soient les jugements que l&rsquo;on peut porter sur leurs politiques, entendent faire respecter des r\u00e8gles et des choix nationaux. Tr\u00e8s clairement, l&rsquo;UE ici usurpe la souverainet\u00e9 nationale et populaire qui, seule, est de nature \u00e0 fonder des choix d\u00e9mocratiques. L&rsquo;UE s&rsquo;av\u00e8re incapable de soutenir des pays qui, comme l&rsquo;Italie ou comme la Gr\u00e8ce, subissent de plein fouet le choc migratoire. Pire, elle encourage ces flux, dont les cons\u00e9quences sur le niveau des salaires en Allemagne est d\u00e9j\u00e0 \u00e9vident. Elle encourage aussi le syst\u00e8me des &laquo; travailleurs d\u00e9tach\u00e9s &raquo; qui permet \u00e0 des entreprises peu scrupuleuses d&#8217;employer des travailleurs des pays &laquo; pauvres &raquo; de l&rsquo;UE dans les pays &laquo; riches &raquo; sans leurs payer le salaire qu&rsquo;ils devraient ni abonder aux cotisations sociales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans le domaine \u00e9conomique, l&rsquo;UE promeut un syst\u00e8me de libre-\u00e9change avec les trait\u00e9s qu&rsquo;elle signe et fait appliquer avant toute ratification dans les pays membres, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du trait\u00e9 avec la Canada ou avec le Japon (CETA et JETA). Elle c\u00e8de constamment, par ailleurs, \u00e0 la pression qu&rsquo;exercent la Chine et les pays qui pratiquent le dumping social et \u00e9cologique et engendrent les d\u00e9localisations. De plus, nous avons au sein de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne le probl\u00e8me pos\u00e9 par la strat\u00e9gie adopt\u00e9e par les pays &laquo; nouveaux entrants &raquo;, qui reproduit, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne, les effets de la strat\u00e9gie \u00e9conomique chinoise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;obsession pour le libre \u00e9change conduit l&rsquo;Union europ\u00e9enne \u00e0 n\u00e9gliger, voire \u00e0 prendre parti contre les int\u00e9r\u00eats vitaux des peuples de l&rsquo;UE, que ce soit sur les glyphosates ou sur les clauses tant \u00e9cologiques que juridiques des trait\u00e9s qu&rsquo;elle signe et pr\u00e9tende imposer. De ce point de vue, l&rsquo;UE est une menace directe pour la sant\u00e9 des fran\u00e7ais.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">La zone Euro est un \u00e9chec dangereux<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le probl\u00e8me principal est aussi la strat\u00e9gie allemande qui s&rsquo;impose au travers des institutions europ\u00e9ennes. Celle-ci mine l&rsquo;Union Europ\u00e9enne et la zone Euro. Ce pays utilise aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Union europ\u00e9enne pour r\u00e9aliser un exc\u00e9dent commercial monstrueux (plus de 8% du PIB) car sa balance commerciale avec les pays \u00e9mergents, comme la Chine, devient d\u00e9ficitaire. Cet exc\u00e9dent commercial est largement li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Euro, et donc \u00e0 l&rsquo;Union &Eacute;conomique et Mon\u00e9taire inscrite au c&oelig;ur de l&rsquo;UE par le trait\u00e9 de Maastricht, car l&rsquo;Euro engendre une forte sous-\u00e9valuation de la monnaie allemande alors que <a href=\"http:\/\/www.imf.org\/en\/Publications\/Policy-Papers\/Issues\/2017\/07\/27\/2017-external-sector-report\">la monnaie<\/a>des <a href=\"http:\/\/www.imf.org\/en\/Publications\/Policy-Papers\/Issues\/2016\/12\/31\/2016-External-Sector-Report-PP5057\">autres pays<\/a>, et en particulier de la France, de l&rsquo;Italie, de l&rsquo;Espagne est fortement sur\u00e9valu\u00e9e. Non seulement l&rsquo;Allemagne obtient ainsi un avantage commercial indu au sein de l&rsquo;UE mais elle profite de cet avantage au d\u00e9triment des pays indiqu\u00e9s dans le commerce hors de l&rsquo;UE \u00e9vin\u00e7ant les exportations fran\u00e7aises ou italiennes des march\u00e9s non-UE.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Euro, a \u00e9t\u00e9 construit pour que l&rsquo;Allemagne puisse obtenir l&rsquo;ouverture des march\u00e9s des pays membres aux exportations allemandes sans risque d&rsquo;une soudaine d\u00e9valuation. Telle est bien la raison d&rsquo;\u00eatre profonde de l&rsquo;Euro, et non la th\u00e9orie des zones mon\u00e9taires (1).<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Un pr\u00e9lude aux \u00e9lections europ\u00e9ennes de mai 2019?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La structure des institutions europ\u00e9enne interdit aujourd&rsquo;hui de croire qu&rsquo;un quelconque changement pourra \u00eatre initi\u00e9 du sein des institutions de l&rsquo;UE. Tout discours appelant \u00e0 &laquo; changer l&rsquo;Europe &raquo; est vain et illusoire. C&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 la derni\u00e8re d\u00e9fense d&rsquo;un statuquo insupportable. Ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est changer d&rsquo;Europe, et &mdash; pour cela &mdash; provoquer une crise suffisamment grave de l&rsquo;UE pour permettre une recomposition des rapports de forces et des institutions conduisant \u00e0 autre chose. La dissolution de l&rsquo;UE est donc d\u00e9sormais l&rsquo;horizon historique. Ce sera l&rsquo;enjeu r\u00e9el des \u00e9lections europ\u00e9ennes de mai 2019.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Jacques Sapir<\/h4>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Note<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>(1) J. Sapir, &laquo; La Crise de l&rsquo;Euro: erreurs et impasses de l&rsquo;Europ\u00e9isme &raquo; in Perspectives R\u00e9publicaines, n&deg;2, juin 2006, pp. 69-84.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;UE ? LA crise, et vite ! Il y a quelques jours, &ndash; trois au moins, peut-\u00eatre quatre, &ndash; il y eut un \u00ab\u00a0sommet\u00a0\u00bb des pr\u00e9sidents et chefs de gouvernement des pays-membres de l&rsquo;UE. 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