{"id":78227,"date":"2018-10-13T18:12:49","date_gmt":"2018-10-13T18:12:49","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/10\/13\/rome-apres-athenes-cela-va-mal-finir\/"},"modified":"2018-10-13T18:12:49","modified_gmt":"2018-10-13T18:12:49","slug":"rome-apres-athenes-cela-va-mal-finir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/10\/13\/rome-apres-athenes-cela-va-mal-finir\/","title":{"rendered":"Rome apr\u00e8s Ath\u00e8nes\u00a0? \u00ab\u00a0<em>Cela va mal finir<\/em>\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Rome apr\u00e8s Ath\u00e8nes ? &laquo; <em>Cela va mal finir<\/em> &raquo;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Consid\u00e9rant la bataille dont on voit la possibilit\u00e9 et l&rsquo;opportunit\u00e9 \u00e0 propos du budget italien qui est fait pour emplir l&rsquo;UE d&rsquo;une grande fureur, il est fort difficile de ne pas penser \u00e0 la trag\u00e9die grecque des sept premiers mois de 2015. Le symbolisme historique lui-m\u00eame y invite, &ndash; Ath\u00e8nes-Rome, berceau antique de notre civilisation conduite par nos grandes illusions modernistes et postmodernistes \u00e0 son inversion et \u00e0 son simulacre. Mais, comme l&rsquo;\u00e9crit Tom Luongo qui souligne l&rsquo;\u00e9vidence, &laquo; <em>Salvini et Di Maio ne sont pas Varoufakis et Tsipras, et l&rsquo;Italie est beaucoup plus importante que la Gr\u00e8ce<\/em> &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La bataille qui s&rsquo;engage, qui para&icirc;t bien pour ce qu&rsquo;elle semble \u00eatre du point de vue politique, <strong>c&rsquo;est-\u00e0-dire sciemment voulue et calcul\u00e9e par les dirigeants du nouveau gouvernement populiste droite-gauche d&rsquo;Italie (<em>La Liga <\/em>et <em>M5S<\/em>)<\/strong>, n&rsquo;est par cons\u00e9quent pas une improvisation d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d&rsquo;une \u00e9quipe nouvelle mise devant un enjeu qui la d\u00e9passe, dans un contexte institutionnel europ\u00e9en qui lui est totalement hostile. On a plut\u00f4t le sentiment qu&rsquo;il s&rsquo;agirait de la possibilit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9fi calcul\u00e9, de la part d&rsquo;une \u00e9quipe certes nouvelle mais qui a tir\u00e9 la le\u00e7on des \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s, qui entend jouer la partie tactique avec finesse, essentiellement parce qu&rsquo;elle en a les moyens et l&rsquo;ambition. <strong>Rome n&rsquo;est pas Ath\u00e8nes et l&rsquo;Europe d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, en 2018, n&rsquo;est plus du tout celle de 2015<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On lira les deux textes qui se succ\u00e8dent ci-dessous comme tr\u00e8s compl\u00e9mentaires. Jacques Sapir analyse la situation italienne <strong>\u00e0 la fois en \u00e9conomiste et en historien souverainiste<\/strong>, et il nous donne ainsi un aper\u00e7u complet des facteurs impliqu\u00e9s directement dans la bataille. Tom Luongo, commentaire US particuli\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9 par les affaires europ\u00e9ennes, notamment allemandes, situe plut\u00f4t la bataille dans son cadre europ\u00e9en institutionnel, ou anti-institutionnel si l&rsquo;on veut rendre compte de l&rsquo;orientation de ses hypoth\u00e8ses, <strong>notamment au regard du poids et du r\u00f4le de l&rsquo;Allemagne, en fonction de la situation des diff\u00e9rents partis dans la crise que traverse ce pays<\/strong>, notamment la CSU et l&rsquo;AfD dans l&rsquo;\u00e9lection r\u00e9gionale de Bavi\u00e8re <strong>qui a lieu demain<\/strong>. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230;Car enfin, il faut le redire avec force, 2018 n&rsquo;est pas 2015 \u00e0 tous \u00e9gards. Depuis la trag\u00e9die grecque, la situation du Syst\u00e8me, et particuli\u00e8rement de ses courroies de transmission que sont l&rsquo;UE et l&rsquo;Allemagne-de-Merkel, s&rsquo;est singuli\u00e8rement assombrie. Il faut dire que les deux crises (Ath\u00e8nes et Rome) sont directement li\u00e9es dans l&rsquo;encha&icirc;nement catastrophique (pour le Syst\u00e8me) qu&rsquo;elles dessinent puisque <strong>c&rsquo;est indirectement \u00e0 partir de la fin de la crise grecque, et en partie par son biais, que se d\u00e9veloppa la crise migratoire proprement europ\u00e9enne<\/strong> ; laquelle crise migratoire, comme on le sait bien, allait secouer rudement l&rsquo;UE, pr\u00e9cipiter l&rsquo;Allemagne-de-Merkel dans sa situation actuelle et catastrophique, et lever l&rsquo;\u00e9lan \u00e9lectoral qui a port\u00e9 <em>La Liga <\/em>et <em>M5S <\/em>au gouvernement de Rome.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le contexte g\u00e9n\u00e9ral dans l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;esprit et dans la perception des psychologies est, l\u00e0 aussi bien entendu, catastrophique par rapport \u00e0 2015 ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>avec d&rsquo;une part <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/une-internationale-populiste\">le d\u00e9ferlement populiste<\/a>, particuli\u00e8rement en Europe, qui assure les acteurs italiens d&rsquo;une position psychologique et morale quasiment dominatrice ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>avec d&rsquo;autre part le changement radical de la situation am\u00e9ricaniste qui prive l&rsquo;UE et ses fantassins d&rsquo;une certaine l\u00e9gitimit\u00e9, ou dans tous les cas du soutien de la puissance qui donne du corps \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 qu&rsquo;on pr\u00e9tend avoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut bien entendu insister sur ce dernier point tant toute affaire \u00ab\u00a0europ\u00e9enne\u00a0\u00bb semble ne pouvoir exister dans l&rsquo;esprit des dirigeants qu&rsquo;<strong>en fonction du lien incestueux et transatlantique <\/strong>qui lie (liait ?) l&rsquo;UE aux USA. <strong>On risque et sugg\u00e8re un imparfait plein d&rsquo;esp\u00e9rance parce que le cas a chang\u00e9<\/strong>. Bien \u00e9videmment et au contraire de 2015, la position US vis-\u00e0-vis d&rsquo;une crise \u00e9ventuelle Italie-UE qui se pr\u00e9parerait a de tr\u00e8s fortes chances d&rsquo;\u00eatre bien diff\u00e9rente de la position US vis-\u00e0-vis de la crise grecque de 2015. Certains se font une sp\u00e9cialit\u00e9 de s&rsquo;en alarmer avec gravit\u00e9, pour se faire peur ou pour nous faire peur, en avan\u00e7ant l&rsquo;id\u00e9e que les USA travaillent \u00e0 d\u00e9sunir l&rsquo;Europe pour mieux avoir raison d&rsquo;elle et que, pour cette raison, il faut rester uni et repousser les entreprises d\u00e9structurantes de Trump ; comme si l&rsquo;Europe pr\u00e9tendument unie et z\u00e9l\u00e9e collaboratrice sous les initiales UE <strong>avait \u00e9t\u00e9 jamais, au grand jamais<\/strong>, \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre de son existence, <strong>un obstacle aux entreprises am\u00e9ricanistes<\/strong>, des \u00e9coutes de la NSA aux sanctions antirusses, de la quincaillerie de Lockheed-Martin aux guerres ext\u00e9rieures jouant au n\u00e9o-colonialisme \u00ab\u00a0d\u00e9mocratisant\u00a0\u00bb fa\u00e7on-<em>western<\/em>. Par cons\u00e9quent et tout au contraire, <strong>la conjonction du fantasque Trump et de l&rsquo;extraordinaire d\u00e9sordre de \u00ab\u00a0D.C.-la-folle\u00a0\u00bb constitueraient un excellent environnement pour une \u00e9ventuelle bataille romaine contre l&rsquo;UE<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On lira ci-dessous les deux textes d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9s. Le premier est de Jacques Sapir dans <em>Les Crises <\/em>(<em>RussEurope-En-Exil<\/em>), le <a href=\"https:\/\/www.les-crises.fr\/russeurope-en-exil-budget-italien-le-bras-de-fer-avec-lunion-europeenne-est-engage-par-jacques-sapir\/\">12 octobre 2018<\/a> ; le second, de Tom Luongo, dans <em>Strategic-Culture.org<\/em>, \u00e9galement le <a href=\"https:\/\/www.strategic-culture.org\/news\/2018\/10\/12\/italy-declares-war-merkel-and-eu.html\">12 octobre 2018<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>dedefensa.org<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Budget italien : le bras de fer avec l&rsquo;UE est engag\u00e9<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La pr\u00e9sentation du budget italien est en train de soulever un probl\u00e8me de compatibilit\u00e9 avec les institutions europ\u00e9ennes (sur l&rsquo;ampleur du d\u00e9ficit) ainsi qu&rsquo;une vive pol\u00e9mique en Italie. Il est d\u00e9sormais clair que l&rsquo;on va vers une crise d&rsquo;ampleur entre l&rsquo;Union europ\u00e9enne et l&rsquo;Italie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur italien et Vice-Premier ministre, M. Matteo Salvini, avait d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la fin du mois de septembre qu&rsquo;il soutenait une proposition de &laquo; limiter le d\u00e9ficit &raquo; autour de 2%. Cette d\u00e9claration \u00e9tait importante, car elle \u00e9manait d&rsquo;un dirigeant qui avait fait campagne sur une rupture franche avec les r\u00e8gles de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. De plus, les sondages r\u00e9alis\u00e9s en Italie montraient (et continuent de montrer) que M. Salvini jouit d&rsquo;une incontestable popularit\u00e9 (entre 60% et 75% d&rsquo;opinions favorables) et que son parti, la Lega, semble avoir le vent en poupe. Il a obtenu 17% des suffrages aux derni\u00e8res \u00e9lections, mais il est cr\u00e9dit\u00e9 de plus de 32% actuellement dans les sondages.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette d\u00e9claration avait naturellement suscit\u00e9 de nombreux commentaire. En effet, certains se sont r\u00e9jouis et d&rsquo;autres se sont inqui\u00e9t\u00e9s que M. Matteo Salvini ait fait ce qui appara&icirc;t comme des d\u00e9clarations rassurantes sur un \u00e9ventuel d\u00e9ficit pour 2019 avant la rencontre pr\u00e9vue de longue date entre Giovanni Tria et les membres de l&rsquo;ECOFIN et de l&rsquo;EUROGROUPE. Cela pourrait sembler accommodants pour les autres dirigeants Europ\u00e9ens et les dirigeants de l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce n&rsquo;\u00e9tait pas le cas en r\u00e9alit\u00e9. Tout d&rsquo;abord, il convient de noter que ces d\u00e9clarations n&rsquo;\u00e9taient que le d\u00e9but d&rsquo;une n\u00e9gociation sur les chiffres que l&rsquo;Italie devait mettre dans le document de planification budg\u00e9taire. Qui plus est, cette d\u00e9claration est de plus d\u00e9termin\u00e9e par le cadre d&rsquo;un jeu d\u00e9licat men\u00e9 de part et d&rsquo;autres au sein de l&rsquo;\u00e9lite politique italienne. Les chiffres ont donc \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s, et ils indiquent que le gouvernement italien s&rsquo;oriente bien vers une \u00e9preuve de force avec l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">L&rsquo;ampleur et les causes du d\u00e9ficit<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>De fait, le gouvernement italien a fini par opter pour un seuil de d\u00e9ficit de 3,0% du PIB, ne s&rsquo;arr\u00eatant qu&rsquo;\u00e0 2,4% pour 2019. Cet objectif est en compl\u00e8te contradiction avec le cadre budg\u00e9taire des finances publiques fix\u00e9 par l&rsquo;Union europ\u00e9enne pour l&rsquo;Italie, cadre qui fixe le d\u00e9ficit maximal autour de 0,7%. Plus important encore, il n&rsquo;est fait nullement mention dans les d\u00e9clarations du gouvernement italien d&rsquo;atteindre un budget \u00e9quilibr\u00e9 pour les trois ans qui viennent. Dans les faits, cela signifie qu&rsquo;environ 24 milliards d&rsquo;euros devraient \u00eatre financ\u00e9s si l&rsquo;on s&rsquo;en tenait aux r\u00e8gles budg\u00e9taires de l&rsquo;UE et ne le sont pas dans la r\u00e9alit\u00e9. Sur cette somme, 12,4 milliards seront utilis\u00e9s pour r\u00e9duire fortement la TVA, ce qui correspond \u00e0 une promesse de la campagne \u00e9lectorale ; 1,5 milliard d&rsquo;euros devraient \u00eatre affect\u00e9s \u00e0 la restructuration bancaire afin de compenser les pertes des \u00e9pargnant et, pour financer le rejet de la loi sur les retraites et des d\u00e9parts \u00e0 la retraites plus pr\u00e9coces pour 400 000 travailleurs environ 8 milliards d&rsquo;euros sont pr\u00e9vus. Par ailleurs, 10,0 milliards d&rsquo;euros seront consacr\u00e9s aux revenus de 6,5 millions de personnes sur 10 ans ; enfin il faut compter avec des imp\u00f4ts moins \u00e9lev\u00e9s ce qui \u00e9quivaudra \u00e0 une diminution des recettes fiscales de 3,5 \u00e0 4,5 milliards d&rsquo;euros.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La d\u00e9cision du gouvernement est importante. Cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement valid\u00e9e par le Ministre de l&rsquo;&Eacute;conomie, M. Giovanni Tria, que l&rsquo;on pr\u00e9sentait comme un partisan des r\u00e8gles de l&rsquo;UE. Soit on s&rsquo;est tromp\u00e9 quant aux id\u00e9es de M. Tria, soit il semble avoir c\u00e9d\u00e9 aux volont\u00e9s de MM. Di Maio et Salvini. Ce budget est clairement un budget de relance qui combine un soutien \u00e0 la demande et des diminutions d&rsquo;imp\u00f4ts. Le fait que l&rsquo;essentiel de ces diminutions porte sur la TVA montre bien la dynamique <em>sociale<\/em>de ce budget. Sur les 24 milliards de d\u00e9ficit suppl\u00e9mentaire pr\u00e9vus dans le projet de budget, pr\u00e8s de 20 milliards devraient aller vers les m\u00e9nages les plus pauvres ainsi que les classes moyennes.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Un calendrier charg\u00e9<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Cependant, la pr\u00e9sentation des objectifs budg\u00e9taires n&rsquo;est que le premier pas dans un processus plus complexe. L&rsquo;office public du budget, l&rsquo;UPB, qui est une agence ind\u00e9pendante du gouvernement, doit rendre son avis. Il sera probablement n\u00e9gatif. Mais, le gouvernement peut ne pas tenir compte de cet avis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien plus important sera la r\u00e9action de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. De ce point de vue, il convient d&rsquo;avoir en vue ce que seront les \u00e9ch\u00e9ances des relations entre le gouvernement italien et l&rsquo;UE. D&rsquo;ici le 15 octobre, le gouvernement devra envoyer le projet de loi budg\u00e9taire \u00e0 Bruxelles. Le 20 octobre, le budget sera officiellement d\u00e9voil\u00e9 et non simplement les objectifs de d\u00e9ficit. Le 22 octobre, la Commission enverra une premi\u00e8re lettre au gouvernement italien dans lequel elle se dira probablement pr\u00e9occup\u00e9e par l&rsquo;\u00e9volution de la situation et proposera une semaine de d\u00e9lai pour proc\u00e9der aux ajustements n\u00e9cessaires et soumettre \u00e0 nouveau le projet. Si le gouvernement modifiait alors le budget (comme cela s&rsquo;est pass\u00e9 en 2014), la situation redeviendrait normale et conforme. Si le gouvernement cependant maintient son projet de budget, et les derni\u00e8res d\u00e9clarations vont dans ce sens, le conflit sera in\u00e9vitable. Si, donc, le gouvernement italien ne donne pas suite aux r\u00e9serves de la commission europ\u00e9enne et maintient les objectifs et le budget initiaux, et donc, le 29 octobre, il y aura un rejet officiel par la Commission.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au cours des trois prochaines semaines, le gouvernement aura cependant toujours la possibilit\u00e9 de modifier le budget mais la volont\u00e9 du gouvernement de mettre ses plans \u00e0 ex\u00e9cution quel que soit l&rsquo;avis de l&rsquo; Commission europ\u00e9enne semble ferme. En cons\u00e9quence, le 21 novembre, les avis officiels sur les projets de plans budg\u00e9taires des pays seront pr\u00e9sent\u00e9s au Comit\u00e9 \u00e9conomique et financier, le comit\u00e9 junior de l&rsquo;Ecofin. Le Comit\u00e9 pourrait alors formuler une recommandation formelle sur ce que l&rsquo;on appelle l&rsquo;article 126, paragraphe 3, qui constitue la premi\u00e8re \u00e9tape pour pousser l&rsquo;Italie dans une <em>proc\u00e9dure de d\u00e9ficit excessif<\/em>. D&rsquo;autres d\u00e9marches officielles devraient suivre. En cas de d\u00e9bat politique, et il y aura certainement un d\u00e9bat important car l&rsquo;Italie a des alli\u00e9s au sein du Comit\u00e9 \u00e9conomique et financier, le temps devrait \u00eatre suffisant pour que les ministres prennent leurs d\u00e9cisions au d\u00e9but de d\u00e9cembre, puis au Conseil europ\u00e9en \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e. Mais, la d\u00e9cision devrait \u00eatre la m\u00eame au d\u00e9but de 2019 : une d\u00e9claration de Non-conformit\u00e9, et l&rsquo;engagement probable de la proc\u00e9dure de d\u00e9ficit excessif.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans le m\u00eame temps, le parlement italien approuvera probablement le budget, car le gouvernement b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une majorit\u00e9 suffisante. Le pr\u00e9sident Mattarella, qui a d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 un avertissement devrait alors dire que le budget n&rsquo;est pas compatible avec le cadre budg\u00e9taire national (qui n&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;une photocopie du budget europ\u00e9en) et devrait le rejeter. La proc\u00e9dure pr\u00e9voit cependant que le gouvernement peut demander un nouveau vote au Parlement. Ce dernier devrait alors r\u00e9affirmer son soutien au budget. &Agrave; ce stade, le pr\u00e9sident n&rsquo;aurait d&rsquo;autre choix que de le signer. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 un stade ult\u00e9rieur que la Cour constitutionnelle pourrait bien rejeter le budget comme \u00e9tant inconstitutionnel. Cependant, cela pourrait prendre plusieurs mois pour des raisons pratiques mais surtout cela provoquerait une grave crise politique en Italie avec, \u00e0 la clef, probablement de nouvelles \u00e9lections. Ces derni\u00e8res pourrait, si l&rsquo;on en croit les sondages fait actuellement, voir une victoire massive du <em>M5S<\/em> et de la <em>Lega<\/em> (cr\u00e9dit\u00e9s respectivement de 27% et de 33% des intentions de vote). Cela pourrait se traduire par une majorit\u00e9 des deux-tiers au Parlement et au S\u00e9nat, ce qui permettrait au gouvernement de proc\u00e9der \u00e0 des changements de la Constitution.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">L&rsquo;avenir en suspens<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il faut, bien entendu, ajouter \u00e0 cela le comportement des agences de notation et l&rsquo;envol\u00e9e probables des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eats sur la dette italienne, qui repr\u00e9sente 133% du PIB. Cette envol\u00e9e de la dette pourrait d&rsquo;ailleurs conduire \u00e0 une aggravation de la crise entre l&rsquo;Union europ\u00e9enne et l&rsquo;Italie. Le gouvernement de ce dernier pays pourrait d\u00e9cider d&rsquo;utiliser des bons du Tr\u00e9sor en petite coupure comme monnaie parall\u00e8le, engageant alors un processus de sortie de l&rsquo;Euro.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Italie sera donc soumise \u00e0 une forte pression, tant des autorit\u00e9s de l&rsquo;Union europ\u00e9enne qu&rsquo;en interne (la presse se d\u00e9chaine actuellement contre le gouvernement) et en provenance des march\u00e9s financiers. Mais, le gouvernement italien semble s&rsquo;\u00eatre pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 y r\u00e9sister. Il peut s&rsquo;appuyer sur les pr\u00e9sidents des deux commissions \u00e9conomiques de l&rsquo;Assembl\u00e9e et du S\u00e9nat (Claudio Borghi et Alberto Bagnai) dont les convictions eurosceptiques sont bien connues, sur des membres du gouvernement (de Salvini \u00e0 Savona) mais aussi sur des soutiens ext\u00e9rieurs et, plus important encore, sur une majorit\u00e9 des italiens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le fait que la r\u00e9union annuelle du centre de recherche de l&rsquo;Universit\u00e9 de Pescara (que dirigeait Alberto Bagnai jusqu&rsquo;\u00e0 son entr\u00e9e en politique) qui aura lieu les 10 et 11 novembre s&rsquo;annonce tr\u00e8s suivie (plus de 600 participants payants se sont d\u00e9j\u00e0 inscrits en 5 jours) est une bonne indication aussi du soutien que rencontre le gouvernement italien dans son bras de fer avec l&rsquo;Union europ\u00e9enne<a name=\"_ftnref1\">(1)<\/a>. Le fait que Stefano Fassina, un dirigeant historique de la gauche italienne (2), qui avait d\u00e9missionn\u00e9 du gouvernement et rompu avec le PD de Matteo Renzi et qui \u00e9lu \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e sous la banni\u00e8re de <em>Liberi et Uguali<\/em>, ait annonc\u00e9 sa participation \u00e0 cette r\u00e9union est aussi un signe que ce soutien pourrait bien transcender les divergences politiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Jacques Sapir<\/h4>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Notes<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>(1) Votre serviteur interviendra \u00e0 cette conf\u00e9rence et vous en fera un compte rendu d\u00e9taill\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(2) Stefano Fassina fut l&rsquo;ancien dirigeant des jeunesses communistes. Economiste, apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 trois ans dans des organisations internationales, il fut ministre du gouvernement Letta, avant d&rsquo;en d\u00e9missionner avec fracas \u00e0 cause de son opposition \u00e0 la politique de ce dernier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Italy Declares War on Merkel and the EU<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>If there were ever any doubts that the leaders of the Euroskeptic coalition that now runs Italy has a plan to defy the European Union its proposed budget should quell them. Both Deputy Prime Ministers, Luigi Di Maio of Five Star Movement and Matteo Salvini of The League, were adamant about locking horns with European Union leadership over all issues of sovereignty between now and May&rsquo;s European Parliamentary elections.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Their budget proposal which included both tax cuts and universal income blew past the EU budget limit of 2.0% of GDP, coming in at 2.4%. It has put their Finance Minister, Giovanni Tria, in a difficult position because Tria doesn&rsquo;t want to negotiate this budget with Brussels, preferring a less confrontational, read more pro-EU, approach.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Salvini and Di Maio, however, have other plans. And since I began covering this story last year on my blog, I&rsquo;ve said that it was imperative that Salvini force the issue of the Troika&rsquo;s demands &ndash; the EU, European Central Bank and the International Monetary Fund &ndash; back down their throats on debt restructuring\/forgiveness.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>What I meant then, and I was focused on Salvini&rsquo;s emergence as the leader of this fight, was that Salvini and Italy, because they are more than technically insolvent, have all the leverage in the negotiations. The size of their outstanding debt and the liabilities existent on the balance sheets of banks across Europe, most notably the nearly $1 trillion in TARGET 2 liabilities, are something Juncker, Draghi, Merkel and Christine LaGarde at the IMF simply cannot ignore.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>But, to do this Salvini and now Di Maio have to make a good faith effort to negotiate a good deal for Italy with Brussels, Berlin and the IMF. This is why the budget squeaked past the 2.0% limit and then they walked it back to 2.0% but with provisions they knew would anger the EU finance ministers.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The point of this is to push Brussels and paint them as the bad guys to shift public sentiment back towards an <em>Italeave<\/em> position. Italy&rsquo;s problems are not solvable with Germany holding the purse strings for all the EU countries.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>So, the first prong of their assault on the power structure of the EU is this, challenge them on their budget while making strong statements to the rest of Europe that they are not looking to exit the euro. If they do, it will be Germany forcing that situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The other prong of the assault is to remake the EU from within, which Salvini has openly stated is one of his goals.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>It started more than a month ago when he met with Hungarian President Viktor Orban who agreed on a strategy of creating a &lsquo;League of Leagues&rsquo; to unite the opposition to the current technocratic rule on the European Commission.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>They were clear then that the goal was to wrest control of the European Commission Presidency from the coalition backing current President Jean-Claude Juncker.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>With the rise in the polls of Euroskeptic parties across Europe, Salvini and Orban can drive real change in the structure of the parties within the European Parliament. The European People&rsquo;s Party, which Orban&rsquo;s Fidesz party is a member of, is vulnerable to losing its senior position in any coalition because of the huge change in Italy&rsquo;s electoral make-up along with that in Austria with the less radical Sebastian Kurz.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>But, the big swing is on the table in Germany. Alternate for Germany (AfD) is now pushing up towards 20% nationally and the next hurdle for its growth is this weekend&rsquo;s Bavarian state elections. If AfD out polls the Greens and denies the CSU a path to a coalition government without them then that could have spillover effects for Angela Merkel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><a href=\"http:\/\/www.wahlrecht.de\/umfragen\/landtage\/bayern.htm\">The latest polls<\/a>have AfD averaging around 11% versus a strong push up to 18% by the Greens. The CSU has collapsed to just 35%. How accurate these polls are is anyone&rsquo;s guess at this point, but given recent history I would not be surprised to see AfD outperform their polling numbers on Sunday.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Because if they do and the CSU\/Green total is less than 50%, the CSU may be forced to form a three-headed coalition to freeze out AfD. And this is assuming that the CSU and the Greens could form any workable coalition in the first place.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>That would truly upset CSU leaders and the cries to break the Union with Merkel&rsquo;s CDU would grow louder.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>And with Merkel dealing with internal CDU disloyalty the possibility rises quickly that her national coalition could collapse amid external pressure from Salvini and Di Maio over budget and debt issues.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The markets are beginning to wake up to the fact that this political battle is not going to go as smoothly for Germany and the Troika as it did for Greece. Salvini and Di Maio are not Varoufakis and Tsipras and Italy is simply way more important than Greece.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>The euro is weakening by the day while Italian bond yields are spiking. Traders do not know what to do as each statement by an official associated with this fight moves Italian debt markets by 20 basis points.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>And, I shouldn&rsquo;t have to say this too many times but 20 basis point moves in sovereign debt markets is the definition of &lsquo;not normal.&rsquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Populist forces within the EU are angry and their power is growing. The technocrats in Brussels still seem to think that the old rules apply but they do not. Scare tactics will not work on these men because they know that the ultimate move is to simply make preparations for a new currency, be it the mini-BOT that has been floated previously by Salvini or a new lira.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>My read on the current state of affairs is as follows. Since the ECB is the only marginal buyer of Italian debt, which has been the case for more than a year now, any sharp rise in bond yields is a result of the ECB simply backing off that buying and market forces taking over.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>This is the ECB&rsquo;s biggest weapon. It will try to scare everyone by allowing Italy&rsquo;s fiscal position to erode quickly making it impossible for them to issue debt at sustainable yields. But, it does so at the expense of the value of the bonds it and other European banks already hold. Because they are dropping in value, undercutting the solvency of those banks.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>If the Italian leadership holds the line and refuse to back down, then they call the ECB&rsquo;s bluff on allowing rates to rise. The ECB has to come back in, begin buying to support the price, and the regroup for the next battle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>That&rsquo;s what we&rsquo;ve been seeing for a few months now in the Italian bond market. That&rsquo;s where this war is being waged as well as the headlines. And Salvini and Di Maio understand it. Because if they didn&rsquo;t they would have already folded.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Instead they have doubled down on their opposition to Brussels and Berlin and added new vectors to their attacks.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>This will not end well.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Tom Luongo<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rome apr\u00e8s Ath\u00e8nes ? &laquo; Cela va mal finir &raquo; Consid\u00e9rant la bataille dont on voit la possibilit\u00e9 et l&rsquo;opportunit\u00e9 \u00e0 propos du budget italien qui est fait pour emplir l&rsquo;UE d&rsquo;une grande fureur, il est fort difficile de ne pas penser \u00e0 la trag\u00e9die grecque des sept premiers mois de 2015. 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