{"id":78265,"date":"2018-10-30T16:10:36","date_gmt":"2018-10-30T16:10:36","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/10\/30\/le-sacrifice-des-elites\/"},"modified":"2018-10-30T16:10:36","modified_gmt":"2018-10-30T16:10:36","slug":"le-sacrifice-des-elites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/10\/30\/le-sacrifice-des-elites\/","title":{"rendered":"Le sacrifice des \u00e9lites"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Le sacrifice des \u00e9lites<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>30 octobre 2018 &ndash; J&rsquo;imagine qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9 chez l&rsquo;auteur de ces lignes une plume particuli\u00e8rement sensible \u00e0 la Grande Guerre, <strong>dans toutes ses nombreuses et exceptionnelles dimensions<\/strong>. On sait que nous approchons \u00e0 grand pas du centi\u00e8me anniversaire de l&rsquo;armistice et que Notre-Pr\u00e9sident, historien fameux et moraliste sans \u00e9gal, <strong>c\u00e9l\u00e9brera la paix et nullement \u00ab\u00a0la victoire\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(&#8230;Dr\u00f4le de paix comme l&rsquo;on dit \u00ab\u00a0la dr\u00f4le de guerre\u00a0\u00bb, selon Keynes et Bainville qui publi\u00e8rent aussit\u00f4t \u00e0 ce propos, presque parall\u00e8lement pour des essais presque parall\u00e8les, et brandirent chacun \u00e0 sa fa\u00e7on leurs proph\u00e9ties des catastrophes que la chose monstrueuse, la paix de Versailles, nous pr\u00e9parait, &ndash; l&rsquo;un <em>Les cons\u00e9quences \u00e9conomiques de la paix<\/em> [1919] et l&rsquo;autre <em>Les cons\u00e9quences politiques de la paix<\/em> [1920].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette proximit\u00e9 fait rena&icirc;tre le prurit de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-laffectivisme-postmoderne\">affectivisme<\/a> qui constitue <strong>le principal moteur de la fabrication constante et en s\u00e9rie du simulacre nomm\u00e9 \u00ab\u00a0r\u00e9criture de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb<\/strong> ; notre \u00e9poque est pass\u00e9e ma&icirc;tresse dans cet art de la manipulation au nom de ses affects charg\u00e9s de vertueux sentiments et de sentiments orient\u00e9s. Ainsi reparle-t-on de tous les lieux communs de cette horrible boucherie que fut la Grande Guerre, des hommes, &ndash; je parle des \u00ab\u00a0poilus\u00a0\u00bb, simples soldats, &ndash; lanc\u00e9s l\u00e0-dedans comme \u00ab\u00a0chair \u00e0 canon\u00a0\u00bb tandis que les g\u00e9n\u00e9raux se gobergent loin du front et que les officiers d&rsquo;en-dessous essuient leurs monocles qu&rsquo;un peu de boue encrasse. M\u00eame des gens aussi intelligents qu&rsquo;un Stanley Kubrick mordent \u00e0 belles dents \u00e0 cet hame\u00e7on si tentant (<em>Les sentiers de la gloire<\/em>), provoquant en retour la stupide attitude censureuse de la bureaucratie fran\u00e7aise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Puisque, en effet, <strong>la r\u00e9alit\u00e9 comptable est toute autre, sinon inverse \u00e0 cette sanglante image d&rsquo;&Eacute;pinal<\/strong>, si l&rsquo;on compare la Grande Guerre aux autres conflits. En paraphrasent une citation qu&rsquo;on verra plus loin, j&rsquo;\u00e9crirais que \u00ab\u00a0le sacrifice des \u00e9lites fran\u00e7aises est un ph\u00e9nom\u00e8ne fran\u00e7ais de la Grande Guerre\u00a0\u00bb. Puisque j&rsquo;ai parl\u00e9, \u00e0 dessein bien entendu, de \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9 comptable\u00a0\u00bb, voici quelques chiffres concernant les pertes de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; A propos de l&rsquo;infanterie fran\u00e7aise, &laquo; [&#8230;] <em>arme particuli\u00e8rement consommatrice en vies humaines : les taux de perte <\/em>[&#8230;] <em>s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 29% chez les officiers et \u00e0 22,9 % chez les hommes de troupe mobilis\u00e9s. <\/em>&raquo; D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale dans les unit\u00e9s combattantes, la troupe perd durant la Grande Guerre un homme sur 4, tandis que le corps des officiers perd un homme sur 3.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Durant la Grande Guerre, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Liste_des_g%C3%A9n%C3%A9raux_fran%C3%A7ais_tu%C3%A9s_pendant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale\">42 g\u00e9n\u00e9raux fran\u00e7ais<\/a> sont morts au combat, selon les formules \u00ab\u00a0morts pour la France\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0morts au champ d&rsquo;honneur\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire du fait du feu dde l&rsquo;ennemi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les exemples de volontarisme quasi sacrificiel dans les \u00e9lites sont innombrables, y compris chez les Fran\u00e7ais de confession juive qui trouv\u00e8rent l\u00e0 l&rsquo;occasion de montrer leur attachement \u00e0 la terre de France, &ndash;  &laquo; <em>\u00ab\u00a0Tel Albert L\u00e9vy, professeur du cours de Saint-Cyr \u00e0 Saint-Louis qui, \u00e2g\u00e9 de 47 ans, s&rsquo;est engag\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but de la guerre ; tel Charles Bayet qui, \u00e2g\u00e9 de 65 ans, s&rsquo;est engag\u00e9 comme sous-lieutenant\u00a0\u00bb (Annuaire 1915, p. 2)<\/em>. &raquo; L&rsquo;id\u00e9e est partout pr\u00e9sente, comme cit\u00e9e avec quelle pompe jusqu&rsquo;\u00e0 faire pompier, dans <em>L&rsquo;Annuaire <\/em>que r\u00e9dige Xavier Roques au jour le jour <\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p> &laquo; <em>\u00ab\u00a0Les hommes marchent s&rsquo;ils se sentent entra&icirc;n\u00e9s, s&rsquo;ils voient le chef \u00e0 la place que la d\u00e9cence, \u00e0 d\u00e9faut du r\u00e8glement, lui assigne, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 leur t\u00eate. Nous avons, nous, pour nous soutenir, ce que la plupart n&rsquo;ont pas, une force int\u00e9rieure, une volont\u00e9 faite de notre \u00e9ducation et de notre culture. Nous sommes les riches. C&rsquo;est \u00e0 nous, s&rsquo;il le faut, de payer\u00a0\u00bb. (Annuaire 1916, p. 135).<\/em> &raquo; (Pompier, certes, mais les hommes moururent, et une \u00ab\u00a0gueule cass\u00e9e\u00a0\u00bb galonn\u00e9e valait bien une \u00ab\u00a0gueule cass\u00e9e\u00a0\u00bb de poilu.)<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>C&rsquo;est un peu par le hasard des recherches sur l&rsquo;universel et labyrinthique internet que j&rsquo;ai trouv\u00e9 cette documentation sur ce ph\u00e9nom\u00e8ne jamais dit, ou disons \u00e0 peine chuchot\u00e9 dans des c\u00e9nacles discrets, du \u00ab\u00a0sacrifice des \u00e9lites\u00a0\u00bb durant la Grande Guerre. C&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne que nos esprits affaiblis par la bassesse mal\u00e9fique ont transform\u00e9 en son contraire, dans le plus grand m\u00e9pris pour les morts qu&rsquo;ils feignent pourtant de pleurer \u00e0 grands renforts de larmes humanitaristes et postmodernes. On trouve divers articles de bonne documentation sur cette question (trois pris parmi d&rsquo;autres : <a href=\"http:\/\/echoradar.eu\/2014\/07\/26\/des-grandes-ecoles-a-la-grande-guerre-2\/\">ici<\/a>,<a href=\"http:\/\/echoradar.eu\/2014\/07\/26\/des-grandes-ecoles-a-la-grande-guerre-2\/\">ici<\/a> et <a href=\"http:\/\/87dit.canalblog.com\/archives\/2012\/09\/19\/25330874.html\">ici<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je me suis attach\u00e9 essentiellement <a href=\"http:\/\/echoradar.eu\/2014\/07\/26\/des-grandes-ecoles-a-la-grande-guerre-2\/\">\u00e0 celui<\/a> qui prend comme sujet l&rsquo;&Eacute;cole Normale Sup\u00e9rieure (\u00ab\u00a0rue d&rsquo;Ulm\u00a0\u00bb), o&ugrave; les \u00e9l\u00e8ves faisaient une pr\u00e9paration militaire depuis 1905, et une \u00e9cole d&rsquo;officiers pour leur service militaire. Cette prestigieuse \u00e9cole formatrice par essence des \u00e9lites les plus hautes et les plus diverses connut les pertes les plus terribles :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Les promotions qui subissent le plus de pertes sont celles scolaris\u00e9es en ao&ucirc;t 1914, c&rsquo;est-\u00e0-dire les promotions de la p\u00e9riode 1910-1913. Sur les 265 \u00e9l\u00e8ves entr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ENS durant ces 4 ann\u00e9es, 109 ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s soit pr\u00e8s d&rsquo;un \u00e9l\u00e8ve sur deux ! Ces disparitions interviennent en majorit\u00e9 durant les premiers mois du conflit. Pr\u00e8s de 4 normaliens sur 10 d\u00e9c\u00e8dent en 1914<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Du m\u00eame article (dont les citations d\u00e9j\u00e0 faites plus haut sont extraites), je retiens ce passage qui expose ce ph\u00e9nom\u00e8ne du sacrifice des \u00e9lites durant la Grande Guerre, &ndash; exactement le contraire de ce que l&rsquo;esprit id\u00e9ologis\u00e9 et persifleur d&rsquo;aujourd&rsquo;hui retient de la Grande Guerre.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Paul Painlev\u00e9, math\u00e9maticien normalien (1883S), Ministre de l&rsquo;Instruction publique, des beaux-arts et des inventions int\u00e9ressant la d\u00e9fense nationale, prononce un discours le 4 mars 1916 alors que la bataille de Verdun fait rage : \u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, comment parler de l&rsquo;&Eacute;cole normale sup\u00e9rieure sans \u00e9voquer avec une tendresse particuli\u00e8re, avec une pi\u00e9t\u00e9 profonde, tous ces jeunes gens qu&rsquo;elle a form\u00e9s pour penser et qui ont su si bien combattre ? Comment ne pas voir se dresser devant soi cette \u00e9lite de chercheurs, de savants, d&rsquo;\u00e9crivains qui, si vite, se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s des chefs sous la mitraille ?\u00a0\u00bb (Painlev\u00e9, 1916, p. 194).<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>De son c\u00f4t\u00e9, l&rsquo;Allemagne de 1914 fait le choix strat\u00e9gique d&rsquo;affecter une partie de ses ing\u00e9nieurs et scientifiques de haut niveau au d\u00e9veloppement des technologies de l&rsquo;armement. En France \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, l&rsquo;id\u00e9ologie \u00e9galitaire de la troisi\u00e8me r\u00e9publique interdit que les \u00e9lites soient \u00ab\u00a0pr\u00e9serv\u00e9es\u00a0\u00bb et mieux \u00ab\u00a0utilis\u00e9es\u00a0\u00bb. Cette position de principe a certainement conduit \u00e0 l&rsquo;h\u00e9catombe normalienne. Pour autant, les taux de perte des jeunes \u00e9lites en Angleterre, aux &Eacute;tats-Unis et dans une moindre mesure en Allemagne demeurent tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es. <strong>Le sacrifice des \u00e9lites durant la Grande Guerre est un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial<\/strong><\/em> &raquo;&#8230; C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9poque, une autre \u00e9poque, o&ugrave; un vice-pr\u00e9sident des USA n&rsquo;aurait jamais pu dire sous peine d&rsquo;infamie, comme Cheney expliquant son absence dans les forces arm\u00e9es au moment du Vietnam : &laquo; <em>J&rsquo;avais d&rsquo;autres priorit\u00e9s<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il n&rsquo;est \u00e9videmment pas dans mon intention de d\u00e9valoriser l&rsquo;horreur et l&rsquo;immensit\u00e9 du sacrifice des soldats, morts par centaines de mille, notamment parce que je r\u00e9pugne \u00e0 la comp\u00e9tition dans l&rsquo;horreur comme pour le reste, pour satisfaire des illusions id\u00e9ologiques. Plus droitement, il m&rsquo;importe de r\u00e9tablir l&rsquo;\u00e9quilibre hi\u00e9rarchique et de montrer que les \u00e9lites fran\u00e7aises tinrent leur place l\u00e0 o&ugrave; il fallait, l\u00e0 o&ugrave; l&rsquo;on mourrait le plus et bien plus qu&rsquo;\u00e0 leur tour. Je r\u00e9pudie absolument cette cassure qu&rsquo;ont institu\u00e9e les commentateurs officieux et id\u00e9ologis\u00e9s de l&rsquo;histoire officielle r\u00e9\u00e9crite selon l&rsquo;id\u00e9ologie courante, c&rsquo;est-\u00e0-dire la cassure entre les pauvres bougres devenus \u00ab\u00a0chair \u00e0 canon\u00a0\u00bb, et les \u00e9lites (les officiers) qui les envoyaient mourir en se gardant bien du moindre risque. Au contraire, la hi\u00e9rarchie fut respect\u00e9e, et les \u00e9lites tinrent leur rang lorsqu&rsquo;il se f&ucirc;t agi de servir, et elles le tinrent d&rsquo;une fa\u00e7on exceptionnelle, jamais vue \u00e0 ce point dans aucune autre guerre : &laquo; <em>Le sacrifice des \u00e9lites durant la Grande Guerre est un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial<\/em> &raquo; (*), <strong>et particuli\u00e8rement un ph\u00e9nom\u00e8ne fran\u00e7ais<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y avait l\u00e0 quelque chose qui les poussait et les \u00e9levait, toutes classes confondues, le peuple et ses \u00e9lites. Bainville l&rsquo;a dit justement, dans son <em>Journal-1914<\/em>, \u00e0 propos de P\u00e9guy mort sur la Marne en septembre 14, et la citation vaut la m\u00e9ditation que l&rsquo;historien \u00e9voque en m\u00eame temps que P\u00e9guy, homme d&rsquo;\u00e9lite qui s&rsquo;est ressenti comme un homme du peuple, comme la guerre allait effectivement les mettre ensemble, le peuple et ses \u00e9lites&#8230; (C&rsquo;est moi-m\u00eame qui signale en caract\u00e8res gras le passage qui importe particuli\u00e8rement \u00e0 mon propos) :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Nous avons appris presque en m\u00eame temps la mort h\u00e9ro\u00efque au champ d&rsquo;honneur de Charles P\u00e9guy et la destruction de la cath\u00e9drale de Reims. Ce P\u00e9guy ! Il \u00e9tait avant-hier une esp\u00e8ce de dreyfusard tout \u00e0 fait vulgaire, un professeur radical-socialiste qui faisait une litt\u00e9rature forcen\u00e9e. Il ressemblait \u00e0 Jean-Jacques Rousseau par l&rsquo;insociabilit\u00e9, par la farouche vertu. Et puis la mystique du nationalisme l&rsquo;a saisi. Il s&rsquo;\u00e9tait retrouv\u00e9 paysan de France, tout pr\u00e8s de la terre, de la gl\u00e8be, du sillon. Cet universitaire s&rsquo;\u00e9tait mis \u00e0 v\u00e9n\u00e9rer sainte Genevi\u00e8ve et sainte Jeanne d&rsquo;Arc avec la ferveur et la simplicit\u00e9 d&rsquo;un homme du Moyen &Acirc;ge. Il \u00e9tait devenu un des mainteneurs et un des exalteurs de la tradition. Il a \u00e9t\u00e9 de <strong>ce mouvement profond, de ce mouvement de l&rsquo;instinct qui, dans les mois qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la guerre, a repli\u00e9 les Fran\u00e7ais sur eux-m\u00eames, a conduit l&rsquo;\u00e9lite intellectuelle et morale de la nation \u00e0 des m\u00e9ditations, souvent d&rsquo;un caract\u00e8re religieux, sur les origines et l&rsquo;histoire de la nation<\/strong>&#8230;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p><em>&raquo; Chose \u00e9trange que P\u00e9guy soit mort d&rsquo;une balle au front au moment o&ugrave; commen\u00e7ait \u00e0 br&ucirc;ler la cath\u00e9drale o&ugrave; Jeanne d&rsquo;Arc, pour le sacre de Charles VII, avait men\u00e9 son oriflamme \u00e0 l&rsquo;honneur. La guerre de 1914 fait de beaux symboles&hellip; <\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Pour suivre et pr\u00e9venir le persiflage si courant dans notre temps o&ugrave; l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme fait bouffe, \u00e0 d\u00e9faut de rire puisqu&rsquo;on a oubli\u00e9 ce que le mot signifie, &ndash; \u00ab\u00a0il n&rsquo;est certainement pas dans mon intention\u00a0\u00bb d&rsquo;exalter la guerre, ce qui serait absurde et sans aucun sens \u00e0 ce point de la r\u00e9flexion et selon la d\u00e9marche \u00e0 laquelle je me consacre. Il est question de pousser encore plus cette recherche qui m&rsquo;a accompagn\u00e9 de tous les temps o&ugrave; je me suis int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la Grande Guerre, &ndash; <strong>c&rsquo;est-\u00e0-dire justement, la question du sens<\/strong>&#8230; Comment donner du sens \u00e0 cette boucherie, ce carnage insens\u00e9 et ces montagnes de souffrance dont on ne voit pas le sommet ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais c&rsquo;est un autre sujet que celui que je traite ici, et on le retrouve d&rsquo;ailleurs dans divers et de nombreux \u00e9crits sur ce site. (Je devrais dire \u00e9galement : on les [re]trouvera, comme je m&rsquo;en expliquerai demain.) Pour ce qui est des \u00e9lites, je m&rsquo;aper\u00e7ois que cette id\u00e9e nouvelle pour moi du \u00ab\u00a0sacrifice des \u00e9lites\u00a0\u00bb \u00e9claire d&rsquo;une autre lumi\u00e8re un \u00e9pisode personnel. Mon p\u00e8re est n\u00e9 en 1901 dans une famille de petits artisans (peausserie) marseillais ; il \u00e9tait donc de la classe 18, il fut mobilis\u00e9 alors que la guerre se terminait et fit son service dans les chasseurs alpins. Lib\u00e9r\u00e9, il fit une \u00ab\u00a0\u00e9cole d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9\u00a0\u00bb d&rsquo;o&ugrave; il sortit jeune ing\u00e9nieur ; il trouva aussit\u00f4t un emploi exceptionnel pour son \u00e2ge d&rsquo;officier chef-\u00e9lectricien \u00e0 bord d&rsquo;un cargo assurant les liaisons entre Marseille et l&rsquo;Indochine. Son poste de responsabilit\u00e9 \u00e9tait en g\u00e9n\u00e9ral occup\u00e9 par des officiers exp\u00e9riment\u00e9s, dans la quarantaine ; je m&rsquo;\u00e9tais toujours dit que cette opportunit\u00e9 d\u00e9coulait de l&rsquo;h\u00e9catombe qu&rsquo;avait connu la France en 14-18, et d\u00e9sormais je dirais plus pr\u00e9cis\u00e9ment qu&rsquo;elle d\u00e9coulait de l&rsquo;h\u00e9catombe des \u00e9lites fran\u00e7aises.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En m\u00eame temps que je vous l&rsquo;expose, \u00e0 vous lecteurs, je d\u00e9couvre cette v\u00e9rit\u00e9-de-situation de l&rsquo;aspect qualitatif de l&rsquo;h\u00e9catombe fran\u00e7aise de la Grande Guerre, en plus de son aspect quantitatif. Cela ouvre des perspectives car ainsi s&rsquo;impose plus pr\u00e9cis\u00e9ment, pour mon compte, une hypoth\u00e8se \u00e0 propos du climat d\u00e9l\u00e9t\u00e8re qui r\u00e9gnait en France dans les ann\u00e9es de l&rsquo;imm\u00e9diat avant-guerre (avant la Deuxi\u00e8me Guerre mondale), et, dans cette dynamique terrible, \u00e0 propos du formidable effondrement de 1940 ; c&rsquo;est l&rsquo;hypoth\u00e8se de <strong>l&rsquo;affaiblissement castastrophique des structures de la nation fran\u00e7aise du fait de l&rsquo;h\u00e9catombe de ses \u00e9lites<\/strong>, en plus de l&rsquo;h\u00e9catombe elle-m\u00eame de ces centaines de milliers de morts, et de la terrible cohorte de bless\u00e9s et d&rsquo;handicap\u00e9s \u00e0 vie, de psychologies d\u00e9truites, pour ces deux cas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>J&rsquo;ignore si on a \u00e9tudi\u00e9 le cas fran\u00e7ais aboutissant \u00e0 1940 de ce point de vue ; je pense qu&rsquo;il est de la plus grande f\u00e9condit\u00e9 et, <strong>\u00e0 le m\u00e9diter, on devrait parvenir \u00e0 des r\u00e9flexions du plus grand int\u00e9r\u00eat<\/strong>. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;architecture de la nation, o&ugrave; les \u00e9lites tiennent une place centrale qui est comme une poutre-ma&icirc;tresse. La poutre-ma&icirc;tresse avait \u00e9t\u00e9 bris\u00e9e, comme le reste des structures affreusement bless\u00e9es, dans la terrifiante catastrophe qu&rsquo;impos\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;Europe m\u00e8re de la modernit\u00e9 les technologies modernes (l&rsquo;artillerie, les mitrailleuses, etc., &ndash; le Progr\u00e8s en un mot). <\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Notes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>(*) Effectivement, le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne toucha d&rsquo;autres bellig\u00e9rants, et notamment les Britanniques. Geoffrey Wheatcroft \u00e9crivit dans L&rsquo;<em>International Herald Tribune <\/em>du <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/2006\/06\/30\/opinion\/edwheat.php\">30 juin 2006<\/a>, \u00e0 propos de la bataille de la Somme d\u00e9clench\u00e9e le 1<sup>er <\/sup>juillet 1916, ce jour terrible pour l&rsquo;Angleterre o&ugrave; l&rsquo;arm\u00e9e britannique eut 20 000 tu\u00e9s et 40 000 bless\u00e9s :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Apr\u00e8s la guerre, un mythe a germ\u00e9 : des officiers irresponsables, voire l\u00e2ches, avaient envoy\u00e9 leurs hommes \u00e0 la mort. En fait, les officiers subalternes \u00e9taient trois fois plus susceptibles d&rsquo;\u00eatre tu\u00e9s que les soldats, non pas n\u00e9cessairement parce qu&rsquo;ils \u00e9taient plus courageux mais parce qu&rsquo;ils \u00e9taient cens\u00e9s donner l&rsquo;exemple et, selon une expression d&rsquo;une ironie sinistre, s&rsquo;en aller se faire descendre les premiers. Et ce ne fut pas seulement des officiers subalternes : ce premier jour de la Somme, 30 officiers britanniques du grade de lieutenant-colonel et au-dessus furent tu\u00e9s<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>\u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de sacrifice\u00a0\u00bb est parfois une phrase commode, mais personne ne pourrait en contester la v\u00e9racit\u00e9 pour cette guerre. Au d\u00e9but du conflit, le premier ministre \u00e9tait le lib\u00e9ral H. H. Asquith et le chef conservateur de l&rsquo;opposition \u00e9tait Andrew Bonar Law. Les deux hommes perdirent des fils \u00e0 la guerre. Lord Salisbury \u00e9tait un ancien Premier ministre ; cinq de ses petits-fils furent tu\u00e9s. Plusieurs jeunes parlementaires, dont William Gladstone, petit-fils d&rsquo;un autre Premier ministre, s&rsquo;engag\u00e8rent et furent tu\u00e9s<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>________________________<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Annexe coloniale<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il est un autre sujet \u00ab\u00a0sensible\u00a0\u00bb sur lequel l&rsquo;id\u00e9ologisation du temps a tranch\u00e9 brutalement et dans le vif, par r\u00e9criture p\u00e9remptoire, pour nourrir la soif de repentance de la nation fran\u00e7aise : les soldats de \u00ab\u00a0colonies\u00a0\u00bb servant, eux aussi, de \u00ab\u00a0chair \u00e0 canon\u00a0\u00bb \u00e0 leurs exploiteurs. Le nombre d&rsquo;imposture \u00e9dit\u00e9, dite et soutenue par toutes les autorit\u00e9s, les \u00e9lites-Syst\u00e8me (celles qui ne meurent pas \u00e0 Verdun) et la presseSyst\u00e8me, audio et \u00e9crite, ce nombre est prodigieux, selon le penchant de la verve postmoderne. Puisque je suis dans ce sujet, j&rsquo;introduis cette annexe, venue d&rsquo;un long communiqu\u00e9 de l&rsquo;historien Bernard Lugan, sp\u00e9cialiste de l&rsquo;Afrique, historien absolument dissident, honni de toutes les interventions-Syst\u00e8me, que vous ne verrez gu\u00e8re sur <em>Arte <\/em>et ne lirez que fort rarement dans <em>Le Monde<\/em> ; et donc que je consid\u00e8re, moi, comme s\u00e9rieux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout ce qui suit concernant les statistiques des forces dans l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise selon leurs origines. Le texte a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 par communiqu\u00e9 par Lugan (il publie son site <em><a href=\"http:\/\/bernardlugan.blogspot.fr\/p\/abonnement-reabonnement.html\">L&rsquo;Afrique r\u00e9elle<\/a><\/em>) le 13 mai 2016, \u00e0 l&rsquo;occasion de diverses pol\u00e9miques accompagnant les comm\u00e9morations de la bataille de Verdun &#8230;. &laquo; <em>Dans la grande entreprise de r\u00e9\u00e9criture de l&rsquo;histoire de France par les partisans du \u00ab\u00a0grand remplacement\u00a0\u00bb, la Premi\u00e8re Guerre mondiale, et plus particuli\u00e8rement la bataille de Verdun, constitue un argument de poids. Son r\u00e9sum\u00e9 est clair : les Africains ayant permis la victoire fran\u00e7aise, leurs descendants ont donc des droits sur nous<\/em>&#8230; &raquo;. Lugan riposte par des chiffres qu&rsquo;il accompagne de commentaires qui sont cit\u00e9s ci-dessous ; il signale que les r\u00e9f\u00e9rences de ces chiffres sont donn\u00e9es dans son livre <em>Histoire de l&rsquo;Afrique du Nord des origines \u00e0 nos jours<\/em>, Le Rocher, 2016.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">&laquo; 1) Effectifs fran\u00e7ais (m\u00e9tropolitains et coloniaux)<\/h3>\n<\/p>\n<p><p> &bull; Durant le premier conflit mondial, 7,8 millions de Fran\u00e7ais furent mobilis\u00e9s, soit 20% de la population fran\u00e7aise totale. &bull; Parmi ces 7,8 millions de Fran\u00e7ais, figuraient 73 000 Fran\u00e7ais d&rsquo;Alg\u00e9rie, soit environ 20% de la population \u00ab\u00a0pied-noir\u00a0\u00bb. &bull; Les pertes fran\u00e7aises furent de 1 300 000 morts, soit 16,67% des effectifs. &bull; Les pertes des Fran\u00e7ais d&rsquo;Alg\u00e9rie furent de 12 000 morts, soit 16,44% des effectifs.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">2) Effectifs africains<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;Afrique fournit dans son ensemble 407 000 hommes, soit 5,22 % de l&rsquo;effectif global de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise. &bull; Sur ces 407 000 hommes, 218 000 \u00e9taient des \u00ab\u00a0indig\u00e8nes\u00a0\u00bb originaires du Maroc, d&rsquo;Alg\u00e9rie et de Tunisie, soit 2% de la population de ces trois pays.  &bull; Sur ces 218 000 hommes, on comptait 178 000 Alg\u00e9riens, soit 2,28 % de tous les effectifs fran\u00e7ais. &bull; L&rsquo;Afrique noire fournit quant \u00e0 elle, 189 000 hommes, soit 1,6% de la population totale et 2,42% des effectifs fran\u00e7ais. &bull; Les pertes des unit\u00e9s nord africaines furent de 35 900 hommes, soit 16,47% des effectifs. &bull; Sur ces 35 900 morts, 23 000 \u00e9taient Alg\u00e9riens. Les pertes alg\u00e9riennes atteignirent donc 17,98 % des effectifs mobilis\u00e9s ou engag\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les chiffres des pertes au sein des unit\u00e9s compos\u00e9es d&rsquo;Africains sud-sahariens sont impr\u00e9cis. L&rsquo;estimation haute est de 35 000 morts, soit 18,51% des effectifs ; l&rsquo;estimation basse est de 30 000 morts, soit 15,87%. Pour importants qu&rsquo;ils soient, ces chiffres contredisent donc l&rsquo;id\u00e9e-re\u00e7ue de \u00ab\u00a0chair \u00e0 canon\u00a0\u00bb africaine. D&rsquo;ailleurs, en 1917, aucune mutinerie ne se produisit dans les r\u00e9giments coloniaux, qu&rsquo;ils fussent compos\u00e9s d&rsquo;Europ\u00e9ens ou d&rsquo;Africains. Des Africains ont donc courageusement et m\u00eame h\u00e9ro\u00efquement particip\u00e9 aux combats de la Grande Guerre. Gloire \u00e0 eux. Cependant, compte tenu des effectifs engag\u00e9s, il est faux de pr\u00e9tendre qu&rsquo;ils ont permis \u00e0 la France de remporter la victoire. Un seul exemple : le 2<sup>\u00e8me<\/sup>Corps colonial engag\u00e9 \u00e0 Verdun en 1916 \u00e9tait compos\u00e9 de 16 r\u00e9giments. Les 2\/3 d&rsquo;entre eux \u00e9taient form\u00e9s de Fran\u00e7ais mobilis\u00e9s, dont 10 r\u00e9giments de Zouaves compos\u00e9s tr\u00e8s majoritairement de Fran\u00e7ais d&rsquo;Alg\u00e9rie, et du RICM (R\u00e9giment d&rsquo;infanterie coloniale du Maroc), unit\u00e9 alors tr\u00e8s majoritairement europ\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Autre id\u00e9e-re\u00e7ue utilis\u00e9e par l&rsquo;id\u00e9ologie dominante : ce serait gr\u00e2ce aux ressources de l&rsquo;Afrique que la France fut capable de soutenir l&rsquo;effort de guerre. Cette affirmation est \u00e9galement fausse car, durant tout le conflit, si la France importa six millions de tonnes de marchandises diverses de son Empire, elle en importa 170 millions du reste du monde<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Conclusion : durant la guerre de 1914-1918, l&rsquo;Afrique fournit \u00e0 la France 3,5% de toutes ses importations et 5,22 % de ses soldats. Ces chiffres sont respectables et il n&rsquo;est naturellement pas question de les n\u00e9gliger. Mais pr\u00e9tendre qu&rsquo;ils furent d\u00e9terminants est un mensonge doubl\u00e9 d&rsquo;une manipulation. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le sacrifice des \u00e9lites 30 octobre 2018 &ndash; J&rsquo;imagine qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9 chez l&rsquo;auteur de ces lignes une plume particuli\u00e8rement sensible \u00e0 la Grande Guerre, dans toutes ses nombreuses et exceptionnelles dimensions. 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