{"id":78277,"date":"2018-11-03T17:13:40","date_gmt":"2018-11-03T17:13:40","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/11\/03\/leuro-et-lenfer-de-dante\/"},"modified":"2018-11-03T17:13:40","modified_gmt":"2018-11-03T17:13:40","slug":"leuro-et-lenfer-de-dante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/11\/03\/leuro-et-lenfer-de-dante\/","title":{"rendered":"L&rsquo;euro et l&rsquo;enfer de Dante"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">L&rsquo;euro et l&rsquo;enfer de Dante<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous voici donc en marche pour une nouvelle \u00e9preuve europ\u00e9enne, la r\u00e9ponse que l&rsquo;Italie apportera \u00e0 la Commission europ\u00e9enne qui a rejet\u00e9 son budget 2019 et lui a demand\u00e9 une version r\u00e9vis\u00e9e pour la mi-novembre. Rien ne montre que l&rsquo;Italie s&rsquo;ex\u00e9cutera et certains, comme Olivier Delamarche qui fait partie de la branche antiSyst\u00e8me des \u00e9conomistes, <strong>estiment que ce pays sortira de l&rsquo;euro en faisant porter \u00e0 la Commission la responsabilit\u00e9 de cet acte<\/strong>. Ci-dessous, on trouve un texte de Fabien Buzzanca qui s&rsquo;appuie essentiellement sur une interview de Delamarche expliquant son jugement prospectif sur une possible sortie italienne de l&rsquo;euro.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les diverses circonstances, d\u00e9taill\u00e9es dans le texte, montrent que le cas italien est loin d&rsquo;\u00eatre \u00e9vident, et qu&rsquo;ainsi <strong>se trouve renforc\u00e9e l&rsquo;hypoth\u00e8se que la Commission a d&rsquo;abord agi pour des raisons politiques<\/strong>, pour faire plier le gouvernement populiste, largement eurosceptique, qui dirige l&rsquo;Italie depuis le printemps. On observera que le moment n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement bien choisi, lorsqu&rsquo;on voit les agitations partout autour de cette question du populisme <strong>et les effets qui, g\u00e9n\u00e9ralement, ne font que renforcer le dit-populisme<\/strong>. On observera \u00e9galement qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas finalement d&rsquo;une question de \u00ab\u00a0choix\u00a0\u00bb, que les \u00e9v\u00e9nements sont <strong>tellement pressants et litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0d\u00e9constructeurs\u00a0\u00bb pour l&rsquo;Europe institutionnelle <\/strong>que cette Europe-l\u00e0 vit en \u00e9tat de si\u00e8ge permanent et voit dans n&rsquo;importe quel \u00e9v\u00e9nement sortant de la norme, &ndash; des normes qu&rsquo;elle-m\u00eame impose, &ndash; <strong>une agression contre son ontologie, c&rsquo;est-\u00e0-dire son autorit\u00e9 et sa l\u00e9gitimit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En effet, l&rsquo;Europe institutionnelle, l&rsquo;UE, <strong>vit dans le mythe <\/strong>selon lequel elle constitue une essence propre et que, par cons\u00e9quent, elle dispose d&rsquo;une autorit\u00e9 et d&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9 indiscutables, &ndash; <strong>sorte de \u00ab\u00a0droit divin\u00a0\u00bb postmoderne, d&rsquo;une postmodernit\u00e9 pourtant activement ath\u00e9e<\/strong>. Le probl\u00e8me pour ce cas est bien que cette affirmation implicite, \u00e0 peine \u00ab\u00a0entre les lignes\u00a0\u00bb, se heurte aux conditions de diverses <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-verite-de-situation-verite\">v\u00e9rit\u00e9s-de-situation<\/a> tr\u00e8s d\u00e9favorables, et qui lui sont de plus en plus d\u00e9favorables parce les pr\u00e9ceptes de son autorit\u00e9 ne cessent de s&rsquo;affaiblir, et de ce fait les contestations d&rsquo;augmenter ; et l\u00e0-dessus, plus les contestations augmentent et s&rsquo;\u00e9tendent, plus l&rsquo;UE s&rsquo;estime \u00e0 la fois assi\u00e9g\u00e9e et menac\u00e9e, \u00e0 la fois victime d&rsquo;un complot d&rsquo;imposteur qui veulent s&rsquo;attaquer \u00e0 sa l\u00e9gitimit\u00e9 de \u00ab\u00a0droit divin\u00a0\u00bb, et plus elle trente de riposter plus fort en ne parvenant qu&rsquo;\u00e0 dramatiser la situation \u00e0 son d\u00e9savantage. Cercle vicieux, si l&rsquo;on veut.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote>\n<p><p>L&rsquo;Europe institutionnelle riposte \u00e0 chaque \u00e9v\u00e9nement qu&rsquo;elle per\u00e7oit comme une attaque par les moyens habituels toujours plus affirm\u00e9s, qui sont <strong>les diverses pressions et <em>narrative <\/em>diffamatoires clam\u00e9es d&rsquo;une posture de toute-puissance et de haute valeur morale compl\u00e8tement fabriqu\u00e9es<\/strong>, et dont l&rsquo;effet principal est d&rsquo;\u00eatre per\u00e7ues par ceux qui les subissent comme des transgressions de plus en plus insupportables des souverainet\u00e9s et des ind\u00e9pendances&#8230; <strong>Elle est comme un boxeur accul\u00e9, qui frappe de plus en plus fort mais de plus en plus dans le vide, en aveugle<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>En fait, plus l&rsquo;UE, l&rsquo;Europe institutionnelle s&rsquo;affaiblit sous les coups qui lui sont port\u00e9s de l&rsquo;int\u00e9rieur de sa sph\u00e8re, plus elle affirme une duret\u00e9 et des exigences qui sont <strong>de plus en plus al\u00e9atoires et infond\u00e9es<\/strong>, et qu&rsquo;elle n&rsquo;a \u00e9videmment <strong>aucun moyen mat\u00e9riel <\/strong>de justifier, encore moins de forcer \u00e0 appliquer. (&laquo; &#8230;<strong><em>Que vont-ils faire ? Envoyer les chars ?<\/em><\/strong> &raquo;, s&rsquo;exclame Delamarche, \u00e9voquant le cas o&ugrave; l&rsquo;Italie refuserait de payer en cas d&rsquo;\u00e9ventuelles sanctions de l&rsquo;UE si son budget est confirm\u00e9.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L\u00e0-dessus, et pour faire sentir combien nous approchons d&rsquo;un nouveau \u00ab\u00a0moment de v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb, de plus en plus mena\u00e7ant, de plus en plus explosif, on comprend ais\u00e9ment que l&rsquo;Italie est un tr\u00e8s gros morceau, une noix d&rsquo;une duret\u00e9 \u00e9pouvantable \u00e0 se mettre sous la dent ; rien \u00e0 voir avec la Gr\u00e8ce, et de m\u00eame pour les dirigeants italiens qui sont d&rsquo;une autre pointure que Tsipras et sa bande. Ces conditions objectives font que le climat psychologique est profond\u00e9ment diff\u00e9rent, qu&rsquo;il n&rsquo;est plus question des postures avantageuses des Juncker, Schultz &#038; Cie du d\u00e9but 2015, lors de l&rsquo;arriv\u00e9e de Tsipras au pouvoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En 2015, l&rsquo;UE, la Commission, les Allemands en cavalerie lourde d&rsquo;appui, les Fran\u00e7ais en moralisateurs si intelligents pour expliquer comment capituler et collaborer, tous parlaient \u00e0 la Gr\u00e8ce comme l&rsquo;on s&rsquo;adresse \u00e0 un mauvais \u00e9l\u00e8ve sans v\u00e9ritable importance, <strong>de toutes les fa\u00e7ons coinc\u00e9 dans son coin, pr\u00e8s du radiateur, sous les yeux m\u00e9prisants du reste de la classe<\/strong>. Aucune possibilit\u00e9 de s&rsquo;\u00e9chapper, le cancre n&rsquo;en avait ni l&rsquo;esprit ni les tripes. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;UE affronte l&rsquo;Italie comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un adversaire autonome, puissant, qu&rsquo;elle tente de rabaisser mais sans gu\u00e8re de succ\u00e8s, <strong>comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un \u00e9l\u00e8ve-chef de bande comme l&rsquo;on a aujourd&rsquo;hui, qui nargue sa prof en agitant un pistolet \u00e0 plomb sous son menton pour la terroriser, et qui y parvient<\/strong>. Pendant ce temps, l&rsquo;Allemagne est tr\u00e8s loin, d\u00e9rivant entre Charybde et Scylla ; la France est repr\u00e9sent\u00e9e par un petit roquet querelleur mais trop petit, d\u00e9sormais en permanence en proc\u00e8s dans son propre pays.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;on se demande qui est le plus seul, le plus isol\u00e9 dans ce combat, de l&rsquo;Italie ou de l&rsquo;Europe institutionnelle ; et si l&rsquo;UE, \u00e0 force d&rsquo;enrager et de d\u00e9noncer \u00e0 mesure qu&rsquo;elle s&rsquo;affaiblit, <strong>ne va pas bient\u00f4t se retrouver elle-m\u00eame l&rsquo;objet de toutes les accusations et de toutes les mises en cause<\/strong>. L&rsquo;affaire italienne est une belle d\u00e9monstration que cette situation crisique europ\u00e9enne continue en acc\u00e9l\u00e9rant sa chute dans le trou noir du tourbillon crisique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le texte ci-dessous, de Fabien Buzzanca pour <em>Spoutnik-<\/em>fran\u00e7ais est du <a href=\"https:\/\/fr.sputniknews.com\/international\/201811021038746285-italie-ue-crise-euro\/\">3 novembre 2018<\/a>, sous le titre complet de &laquo; <em>Crise entre l&rsquo;Italie et l&rsquo;UE: \u00ab\u00a0L&rsquo;Italie fera d\u00e9faut et sortira de l&rsquo;euro\u00a0\u00bb<\/em> <strong>&raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p><em>_________________________<\/em><\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">&laquo; <em>L&rsquo;Italie fera d\u00e9faut et sortira de l&rsquo;euro<\/em> &raquo;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Italie a entam\u00e9 un bras de fer avec Bruxelles. Il lui reste deux semaines pour pr\u00e9senter un budget 2019 qui satisfasse la Commission europ\u00e9enne. Mais les jours passent et Rome ne flanche pas. Pour Olivier Delamarche, membre des &Eacute;conoclastes, le but des dirigeants italiens est de sortir de l&rsquo;euro, tout en rendant l&rsquo;Europe responsable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Tout cela va mal finir. L&rsquo;id\u00e9e derri\u00e8re la t\u00eate des dirigeants italiens, c&rsquo;est au final de sortir de l&rsquo;euro. Le tout en mettant la responsabilit\u00e9 sur l&rsquo;Europe<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Olivier Delamarche, dirigeant de Triskelion Wealth Management, propose une analyse &laquo;&Eacute;conoclaste&raquo; de la crise que traverse Bruxelles et Rome. Depuis que la Commission europ\u00e9enne <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/conjoncture\/2018\/10\/23\/20002-20181023ARTFIG00198-la-commission-europeenne-rejette-le-budget-italien-une-premiere-dans-l-histoire.php?fbclid=IwAR0oKQmTFcsZ5UefTebvMEVq2hWObyALWnIj_XZrRLnMZ4SO-Y0VSJkeQ7k\">a refus\u00e9<\/a>le budget pr\u00e9sent\u00e9 par l&rsquo;Italie pour 2019, une premi\u00e8re, les relations entre les deux parties se sont quelque peu tendues. Bruxelles ne veut rien entendre. Les 2,4% de d\u00e9ficit propos\u00e9s par le projet italien sont loin des 0,8% promis en juin dernier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Du c\u00f4t\u00e9 de Rome, la coalition au pouvoir veut appliquer les r\u00e9formes promises aux \u00e9lecteurs. Cr\u00e9ation d&rsquo;un revenu citoyen de 780 euros pour les plus d\u00e9favoris\u00e9s, r\u00e9duction des imp\u00f4ts, baisse de l&rsquo;\u00e2ge de d\u00e9part \u00e0 la retraite, relance de l&rsquo;investissement public sont autant de points que le Mouvement 5 \u00e9toiles de Luigi Di Maio et la Ligue de Matteo Salvini veulent appliquer. Depuis, la liaison Bruxelles-Romme gr\u00e9sille. La Commission veut une nouvelle mouture d&rsquo;ici mi-novembre. Les Italiens ne souhaitent pas, pour le moment, changer la moindre virgule de leur budget. Le clash est-il in\u00e9vitable et qui portera le chapeau?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Tout cela ne va pas \u00eatre un long fleuve tranquille. Une sortie non pr\u00e9par\u00e9e, non organis\u00e9e de l&rsquo;euro, ce n&rsquo;est pas quelque chose qui se fait la fleur au fusil. <\/em>[Les Italiens] <em>ont tout int\u00e9r\u00eat politiquement \u00e0 rendre l&rsquo;Europe responsable pour l&rsquo;opinion publique<\/em>&raquo;, pr\u00e9vient Olivier Delamarche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais la Commission pourrait elle-m\u00eame se retrouver en posture d\u00e9licate. Il lui est difficile de c\u00e9der : cela cr\u00e9erait un dangereux pr\u00e9c\u00e9dent. Si l&rsquo;Italie peut sortir des clous budg\u00e9taires, demain d&rsquo;autres pays en d\u00e9licatesse avec leurs finances pourraient en faire de m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cependant, le Portugal et l&rsquo;Espagne ont d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 pris leurs distances avec les vell\u00e9it\u00e9s d&rsquo;ind\u00e9pendances italiennes, de peur de se faire sanctionner par les march\u00e9s. Ces derniers n&rsquo;ont pas encore mis de pression insurmontable sur l&rsquo;Italie. Le \u00ab\u00a0spread\u00a0\u00bb (diff\u00e9rentiel entre les taux sur les obligations \u00e0 10 ans allemandes et italiennes) n&rsquo;a pas encore atteint le seuil jug\u00e9 critique. V\u00e9ritable boussole qui indique la confiance des march\u00e9s, il \u00e9volue au-dessus de 300 points depuis le d\u00e9but du mois d&rsquo;octobre. C&rsquo;est \u00e0 400 points que la c\u00f4te d&rsquo;alerte serait atteinte.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Vers un d\u00e9faut de l&rsquo;Italie? <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Que se passerait-il si aucun accord n&rsquo;\u00e9tait trouv\u00e9 mi-novembre ? L&rsquo;Italie s&rsquo;exposerait alors \u00e0 l&rsquo;ouverture d&rsquo;une \u00ab\u00a0proc\u00e9dure pour d\u00e9ficit excessif\u00a0\u00bb. Elle pourrait devoir s&rsquo;acquitter d&rsquo;une amende d&rsquo;un montant \u00e9quivalant \u00e0 0,2% de son PIB. En prenant les chiffres de 2017, cela repr\u00e9sente 3,4 milliards d&rsquo;euros. &laquo; <em>&Agrave; ce stade, nous ne sommes pas dans les sanctions. Si, au terme d&rsquo;une proc\u00e9dure pour d\u00e9ficit excessif assez longue et in\u00e9dite, car engag\u00e9e sur le crit\u00e8re de la dette, les Italiens continuaient \u00e0 ne rien changer, alors oui th\u00e9oriquement, il y aurait des sanctions possibles<\/em> &raquo;, souligne un &laquo; <em>tr\u00e8s bon connaisseur des questions budg\u00e9taire<\/em> &raquo; cit\u00e9 par nos confr\u00e8res <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/conjoncture\/2018\/10\/23\/20002-20181023ARTFIG00198-la-commission-europeenne-rejette-le-budget-italien-une-premiere-dans-l-histoire.php?fbclid=IwAR0oKQmTFcsZ5UefTebvMEVq2hWObyALWnIj_XZrRLnMZ4SO-Y0VSJkeQ7k\" target=\"_blank\"><em>du Figaro<\/em><\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Vous pouvez toujours sanctionner, mais il faut que le pays d\u00e9cide de payer. Dans le cas contraire que vont-ils faire ? Envoyer les chars ?&raquo;, s&rsquo;interroge avec ironie Olivier Delamarche.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais c&rsquo;est surtout les march\u00e9s qui pourraient s&rsquo;occuper du travail de sape. L&rsquo;agence de notation Moody&rsquo;s a r\u00e9cemment d\u00e9grad\u00e9 la note de la dette italienne. Elle est pass\u00e9e de \u00ab\u00a0Baa2\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0Baa3\u00a0\u00bb, le dernier \u00e9chelon avant la cat\u00e9gorie sp\u00e9culative.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) pourrait aussi faire pression sur Rome. Et il y a un pr\u00e9c\u00e9dent. En 2015, avant l&rsquo;arriv\u00e9e de Syriza au pouvoir en Gr\u00e8ce, les banques hell\u00e8nes pouvaient se fournir en liquidit\u00e9 aupr\u00e8s de la BCE par la proc\u00e9dure normale. Elles devaient simplement apporter en garantie les obligations de l&rsquo;&Eacute;tat qu&rsquo;elles d\u00e9tenaient. Sauf qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, les obligations grecques n&rsquo;avaient pas le niveau de s\u00e9curit\u00e9 exig\u00e9 d&rsquo;ordinaire par la BCE. Le passe-droit avait pris fin lors de l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Alexis Tsipras au pouvoir. La Gr\u00e8ce avait alors b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du m\u00e9canisme de financement d&rsquo;urgence de la BCE (<a href=\"https:\/\/www.ecb.europa.eu\/mopo\/ela\/html\/index.en.html\" target=\"_blank\">Emergency liquidity assistance<\/a>). L&rsquo;institution bas\u00e9e \u00e0 Francfort avait relev\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises le plafond de ce plan d&rsquo;aide, seule source de financement des banques d&rsquo;Ath\u00e8nes pendant un temps. Si Mario Draghi, le pr\u00e9sident de la BCE, reste pour le moment en retrait et parle d'\u00a0\u00bb\u00e9pisode italien\u00a0\u00bb, l&rsquo;op\u00e9ration pourrait tr\u00e8s bien se r\u00e9p\u00e9ter et cette fois avec les banques italiennes dans le viseur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Plus largement, les taux obligataires pourraient s&rsquo;envoler pour la p\u00e9ninsule et rendre son financement trop difficile voire impossible. Dans ce cas, le m\u00e9canisme de l&rsquo;OMT (ou op\u00e9rations mon\u00e9taires sur titres) de la BCE pourrait rentrer en action. Jamais utilis\u00e9 auparavant, il pr\u00e9voit que la BCE ach\u00e8te des obligations d&rsquo;un pays en difficult\u00e9, via les banques centrales nationales, afin de faire baisser les taux d&#8217;emprunt et lui \u00e9viter de devoir sortir de la zone euro. Mais encore une fois, pour b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;un tel m\u00e9canisme, l&rsquo;Italie devrait plier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Si les Italiens sont vraiment pr\u00eats au bras-de-fer, il faudra \u00e0 un moment faire d\u00e9faut sur leur dette, qu&rsquo;ils cessent de rembourser. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il va se passer \u00e0 mon avis. Ils feront d\u00e9faut et sortiront de l&rsquo;euro. De plus, vous avez une bonne partie de la dette italienne qui est d\u00e9tenue par l&rsquo;\u00e9tranger<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette derni\u00e8re, qui culminait fin mars \u00e0 2.302,3 milliards d&rsquo;euros, repr\u00e9sente 132 % de son produit int\u00e9rieur brut (PIB). Seule la Gr\u00e8ce fait pire en Europe. La dette italienne est d\u00e9tenue pour moiti\u00e9 environ par des cr\u00e9anciers \u00e9trangers dont la Banque centrale europ\u00e9enne \u00e0 hauteur de 17%.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le sc\u00e9nario envisag\u00e9 par Olivier Delamarche ferait trembler dans les couloirs de Bruxelles. Troisi\u00e8me \u00e9conomie de la zone euro, l&rsquo;Italie est indispensable \u00e0 la survie de la monnaie unique d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;expert qui en profite pour adresser une pique au Commissaire europ\u00e9en aux affaires \u00e9conomiques et mon\u00e9taires et ancien ministre fran\u00e7ais de l&rsquo;&Eacute;conomie Pierre Moscovici:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Si l&rsquo;Italie sort, l&rsquo;euro \u00e9clate. Et si l&rsquo;euro \u00e9clate, des gens perdront leur boulot. Des boulots tr\u00e8s lucratifs pour des individus incomp\u00e9tents comme monsieur Moscovici. Ils ont \u00e9videmment la trouille que tout d&rsquo;un coup la poule aux &oelig;ufs d&rsquo;or arr\u00eate de pondre. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres alternatives. On voit que l&rsquo;euro a \u00e9chou\u00e9. C&rsquo;est devenu un enfer pour la Gr\u00e8ce, cela a fait reculer le niveau de vie des Espagnols, en Italie c&rsquo;est pareil. Je ne pense pas que l&rsquo;on puisse objectivement dire le contraire. Mais tout ce que l&rsquo;on propose c&rsquo;est plus d&rsquo;euro. Curieux cheminement intellectuel que de vouloir plus d&rsquo;une chose qui a \u00e9chou\u00e9<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le sp\u00e9cialiste souligne notamment que la pr\u00e9vision de d\u00e9ficit de la France pour 2019 est sup\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;italienne et que les transalpins ont d\u00e9gag\u00e9 des exc\u00e9dents budg\u00e9taires primaires (hors service de la dette) de mani\u00e8re quasi-ininterrompu depuis 1992 (+1,7% en 2017):<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>C&rsquo;est tout de m\u00eame extraordinaire. L&rsquo;UE est en train de dire aux Italiens: \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas bien ce que vous faites, vous proposez un d\u00e9ficit de 2,4%\u00a0\u00bb. En France on est \u00e0 2,8%. De plus, je rappelle que l&rsquo;Italie a un exc\u00e9dent budg\u00e9taire primaire. Il faut arr\u00eater, tout ceci est purement politique. Les dirigeants europ\u00e9ens n&rsquo;acceptent pas que les Italiens aient vot\u00e9 pour des eurosceptiques voire europhobes. Il n&rsquo;y a pas de consid\u00e9ration \u00e9conomique l\u00e0-dedans<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Reste que les dirigeants Italiens ont r\u00e9cemment dit leur attachement \u00e0 l&rsquo;euro, Matteo Salvini et Luigi Di Maio compris. De l&rsquo;enfumage pour Olivier Delamarche: &laquo; <em>C&rsquo;est de la com\u00e9die. Cela leur permettra une fois sortis de l&rsquo;euro de dire: &quot;Ce n&rsquo;est pas de notre faute, nous \u00e9tions attach\u00e9s \u00e0 l&rsquo;euro&quot;<\/em>.&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais concr\u00e8tement, que signifierait pour l&rsquo;Italie de faire d\u00e9faut sur sa dette et de sortir de la monnaie unique? Les europ\u00e9istes promettent l&rsquo;enfer au pays de Dante et des march\u00e9s qui n&rsquo;accepteront plus de financer l&rsquo;\u00e9conomie. Encore une fois, Olivier Delamarche est en d\u00e9saccord total et cite l&rsquo;exemple argentin:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>L&rsquo;Italie r\u00e9cup\u00e8rera sa souverainet\u00e9 \u00e9conomique et sa propre monnaie. Cependant, cela ne va pas r\u00e9gler tous les probl\u00e8mes. Mais pour ce qui est des march\u00e9s, que croyez-vous qu&rsquo;ils vont faire ? Ils vont pouvoir pr\u00eater \u00e0 un pays qui n&rsquo;a pas de dette. &Eacute;videmment qu&rsquo;ils vont foncer. Au lendemain du d\u00e9faut de l&rsquo;Argentine en 2001, les investisseurs faisaient la queue. C&rsquo;est pour essayer de faire peur que les europ\u00e9istes vous disent: \u00ab\u00a0Vous vous rendez compte, s&rsquo;ils font d\u00e9faut, plus personne ne va leur pr\u00eater d&rsquo;argent\u00a0\u00bb. C&rsquo;est faux. Le but aujourd&rsquo;hui est d&rsquo;effrayer au maximum pour que personne n&rsquo;ait l&rsquo;id\u00e9e de se poser la moindre question sur les bienfaits de l&rsquo;euro. L&rsquo;euro c&rsquo;\u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre la croissance et moins de ch\u00f4meurs. En Europe, on a peu de croissance et beaucoup de ch\u00f4meurs<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Fabien Buzzanca<\/h4><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;euro et l&rsquo;enfer de Dante Nous voici donc en marche pour une nouvelle \u00e9preuve europ\u00e9enne, la r\u00e9ponse que l&rsquo;Italie apportera \u00e0 la Commission europ\u00e9enne qui a rejet\u00e9 son budget 2019 et lui a demand\u00e9 une version r\u00e9vis\u00e9e pour la mi-novembre. Rien ne montre que l&rsquo;Italie s&rsquo;ex\u00e9cutera et certains, comme Olivier Delamarche qui fait partie de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[7287,1463,16708,18651,5252,3397,3079,7865,3841,3442,3555,18370,18652],"class_list":["post-78277","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-autorite","tag-commission","tag-defaut","tag-delamarche","tag-dette","tag-euro","tag-europeenne","tag-faire","tag-grece","tag-italie","tag-legitimite","tag-salvini","tag-souiverainete"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78277","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78277"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78277\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78277"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78277"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78277"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}