{"id":78295,"date":"2018-11-10T17:36:20","date_gmt":"2018-11-10T17:36:20","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/11\/10\/castelnau-par-castelnau\/"},"modified":"2018-11-10T17:36:20","modified_gmt":"2018-11-10T17:36:20","slug":"castelnau-par-castelnau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/11\/10\/castelnau-par-castelnau\/","title":{"rendered":"Castelnau par Castelnau"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Castelnau par Castelnau<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;avocat qui tient site ouvert sous le nom de <em>VuduDroit.com<\/em>, R\u00e9gis de Castelnau, qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 sur ce site, prend la plume pour rappeler \u00e0 nos m\u00e9moires la stature de son arri\u00e8re-grand&rsquo;p\u00e8re que tout d\u00e9signait pour \u00eatre parmi les \u00ab\u00a0grands mar\u00e9chaux\u00a0\u00bb de la Grande Guerre, et qui ne le fut pas \u00e0 cause de sa foi. R\u00e9gis de Castelnau fait, \u00e0 cette occasion<strong>, le proc\u00e8s du pr\u00e9sident Macron en m\u00eame temps que celui du mar\u00e9chal P\u00e9tain<\/strong>, auquel il oppose son a\u00efeul, surtout dans son parcours d&rsquo;apr\u00e8s la Grande Guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(La pol\u00e9mique est rude et, surtout, couvre un vaste territoire parcouru par le plus complet d\u00e9sordre o&ugrave; l&rsquo;on rencontre tous les sujets&#8230; Il est vrai que R\u00e9gis de Castelnau n&rsquo;a sans aucun doute pas tort, dans son texte, de juger \u00ab\u00a0sid\u00e9rant\u00a0\u00bb le propos de Macron plaidant pour une arm\u00e9e europ\u00e9enne \u00e0 cause de la pr\u00e9sence de la Russie \u00ab\u00a0sur nos fronti\u00e8res\u00a0\u00bb. Il aurait pu ajouter pour en rajouter dans la sid\u00e9ration que c&rsquo;est aussi pour nous \u00ab\u00a0prot\u00e9ger\u00a0\u00bb de quelque chose de mena\u00e7ant, &ndash; outre de la Chine \u00e9galement cit\u00e9e, &ndash; <strong>venue des USA<\/strong>&#8230;<a href=\"https:\/\/www.rt.com\/usa\/443589-trump-insulting-european-army\/\">&laquo; <em>Very insulting<\/em> &raquo;<\/a>, a tweet\u00e9 <em>The-Donald <\/em>au d\u00e9but de son escapade parisienne : <strong>mais il semble qu&rsquo;il parlait plus gros-sous que trahison<\/strong>, impliquant qu&rsquo;il est \u00ab\u00a0insultant\u00a0\u00bb de vouloir faire une arm\u00e9e europ\u00e9enne quand on participe si peu aux frais de fonctionnement de la superbe OTAN. D&rsquo;ailleurs, deux ou trois heures plus tard, ou un peu plus qui sait, il serrait Macron dans ses bras et l&rsquo;instituait \u00ab\u00a0grand ami \u00e0 la vision tr\u00e8s proche\u00a0\u00bb de la sienne.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quelques-uns des actes de commandement du g\u00e9n\u00e9ral de Castelnau pendant la Grande Guerre sont rappel\u00e9es par son arri\u00e8re-petit-fils, mais pas celui qu&rsquo;il a pos\u00e9 \u00e0 Verdun, dans une s\u00e9quence o&ugrave; le Premier ministre Briand s&rsquo;opposa \u00e0 Joffre qui se d\u00e9sint\u00e9ressait de l&rsquo;attaque allemande contre Verdun. Dans cette occurrence, <strong>Castelnau fut le \u00ab\u00a0complice\u00a0\u00bb de Briand et joua le r\u00f4le central dans l&rsquo;organisation des premiers jours cruciaux \u00e0 Verdun<\/strong>, avant de laisser \u00e0 P\u00e9tain, nomm\u00e9 pour cette t\u00e2che par Joffre, le commandement de la bataille.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans <em>Les &Acirc;mes de Verdun<\/em>, PhG rappelle cet \u00e9pisode essentiel o&ugrave; la d\u00e9cision fut prise et appliqu\u00e9e de \u00ab\u00a0tenir\u00a0\u00bb \u00e0 Verdun, face aux Allemands dont l&rsquo;effort initial semblait devoir tout emporter. Avant la citation du passage sur la s\u00e9quence, nous rappelons cette appr\u00e9ciation du professeur Cochet, au Colloque de Verdun du 90<sup>\u00e8me<\/sup>anniversaire de la bataille, en f\u00e9vrier 2006, pour pr\u00e9ciser que c&rsquo;est d&rsquo;abord le soldat fran\u00e7ais qui d\u00e9cida de \u00ab\u00a0tenir\u00a0\u00bb et que Briand-Castelnau comprirent <strong>qu&rsquo;il y avait l\u00e0 une volont\u00e9 collective qu&rsquo;il \u00e9tait vital et sacr\u00e9 de prendre en compte<\/strong> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Force est de constater que l&rsquo;organisation fran\u00e7aise est loin d&rsquo;\u00eatre prise \u00e0 contre-pied mais que, si le discernement de Castelnau n&rsquo;y est pas \u00e9tranger, le premier rempart de Verdun est bien le courage des hommes qui s&rsquo;y battent<\/em>&hellip; &raquo; <\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Extrait des <em>&Acirc;mes<\/em>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Les Fran\u00e7ais, eux, reviennent de loin. S&rsquo;ils ont pris des pr\u00e9cautions, ils n&rsquo;ont rien pr\u00e9par\u00e9 qui montrerait qu&rsquo;ils pr\u00e9voient un affrontement majeur. Les renseignements sur les concentrations des six corps d&rsquo;arm\u00e9e de la V<sup>\u00e8me<\/sup>Arm\u00e9e du Kronprinz ne les ont alert\u00e9s que mod\u00e9r\u00e9ment. Joffre ne croit pas \u00e0 une attaque ou bien il ne s&rsquo;y int\u00e9resse pas parce qu&rsquo;il pense selon une strat\u00e9gie g\u00e9n\u00e9rale qui privil\u00e9gie les arm\u00e9es en campagne et qui ram\u00e8ne l&rsquo;attention vers le centre de gravit\u00e9 de la guerre ; dans cette affaire de Verdun \u00e0 laquelle il doit s&rsquo;int\u00e9resser pour ob\u00e9ir aux \u00e9v\u00e9nements, il aura son attitude habituelle de passivit\u00e9 avant d&rsquo;\u00e9pouser le parti qui s&rsquo;impose. Lorsque l&rsquo;offensive allemande, essentiellement con\u00e7ue autour de l&rsquo;usage massif de l&rsquo;artillerie, s&rsquo;abat sur les lignes fran\u00e7aises, certains d\u00e9comptent (les chiffres varient mais le rapport est bon) que l&rsquo;artillerie fran\u00e7aise est \u00e0 un contre dix et l&rsquo;approvisionnement en obus \u00e0 un contre cent (6 400 obus contre 600 000). La situation est tr\u00e8s grave. La bureaucratie militaire professe qu'\u00a0\u00bbil ne faut pas avoir la superstition du terrain\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;on peut retraiter. Cette attitude se heurte \u00e0 une vigoureuse et solennelle r\u00e9action du Premier ministre, Aristide Briand, venu secouer Joffre \u00e0 son Grand Quartier G\u00e9n\u00e9ral de Chantilly, si loin de Verdun, et proclamant : \u00ab\u00a0Toute perte du territoire national est insoutenable !\u00a0\u00bb. Les rapports sont tendus dans la haute direction fran\u00e7aise. Joffre a des relations ex\u00e9crables avec son ministre de la Guerre, le g\u00e9n\u00e9ral Gallieni, dont on d\u00e9bat d\u00e9j\u00e0 pour savoir s&rsquo;il n&rsquo;est pas le v\u00e9ritable vainqueur de la Marne, plut\u00f4t que Joffre lui-m\u00eame. Les \u00e9tiquettes politiques valsent dans la confusion. Le radical-socialiste et franc-ma\u00e7on Briand a impos\u00e9 au &lsquo;g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9publicain&rsquo;, Joffre, de prendre comme adjoint le g\u00e9n\u00e9ral de Castelnau, qui aime \u00e0 ricaner en r\u00e9p\u00e9tant le surnom de &lsquo;capucin bott\u00e9&rsquo; dont Clemenceau l&rsquo;a affubl\u00e9 comme d&rsquo;une d\u00e9nonciation \u00e9galement sarcastique de sa foi de catholique fervent.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Castelnau d\u00e9boule \u00e0 Verdun le 25 f\u00e9vrier, sur le front qui craque de partout ; il d\u00e9savoue Langle de Cary qui avait ordonn\u00e9 d&rsquo;\u00e9vacuer la rive droite de Verdun, d&rsquo;ailleurs selon une analyse tactique parfaitement acceptable ; il conserve Herr en attendant mieux, c&rsquo;est-\u00e0-dire en se substituant \u00e0 lui pendant les deux jours o&ugrave; il se trouve \u00e0 Verdun ; il r\u00e9p\u00e8te partout l&rsquo;ordre qui tient en une phrase courte, abrupte, sans r\u00e9plique : il faut tenir. Castelnau a parfaitement accept\u00e9 la dimension politique, voire \u00e9trangement mystique de la d\u00e9cision de Briand et de la direction politique fran\u00e7aise, ainsi r\u00e9sum\u00e9e et transcrite en langage militaire par cette remarque du g\u00e9n\u00e9ral Bern\u00e8de <\/em>[lors du s\u00e9minaire de Verdun du 2006]<em> : \u00ab\u00a0Ainsi, le terrain \u00e9tant d&#8217;embl\u00e9e <strong>sacralis\u00e9<\/strong>, le commandement ne dispose plus d&rsquo;aucune possibilit\u00e9 de man&oelig;uvre et <strong>tenir <\/strong>sera son unique mot d&rsquo;ordre !\u00a0\u00bb Le sens de l&rsquo;&Eacute;tat de Castelnau, c&rsquo;est-\u00e0-dire le respect de la consigne de Briand, mais aussi ses convictions profondes donnent \u00e0 ses ordres le poids d&rsquo;une mission sacr\u00e9e. Pendant deux jours, il court partout pour redresser les \u00e9nergies d\u00e9faillantes par quatre jours d&rsquo;une bataille terrible, depuis le 21 f\u00e9vrier \u00e0 sept heures du matin, et il \u00e9crit en lettres de feu la philosophie de la bataille. Joffre a nomm\u00e9 P\u00e9tain et sa II<sup>\u00e8me<\/sup>Arm\u00e9e pour remplacer Herr et prendre en main la bataille. P\u00e9tain sera sur place le 25 au soir, tra&icirc;nant une double pneumonie, et il y trouve d\u00e9j\u00e0 trac\u00e9e la voie simple qu&rsquo;il va parcourir avec une extr\u00eame alacrit\u00e9 pendant le temps de son commandement. Pendant deux jours cruciaux, Castelnau sera P\u00e9tain avant P\u00e9tain, avant de regagner le GQG et la compagnie d&rsquo;un Joffre boudeur<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Ci-dessous le texte de R\u00e9gis de Castelnau, <a href=\"http:\/\/www.vududroit.com\/2018\/11\/general-edouard-de-castelnau-anti-petain\/\">du 9 novembre<\/a>, qui se place \u00e9videmment directement dans la ligne de la pol\u00e9mique soulev\u00e9e par <strong>Macron parlant ou ne parlant pas c&rsquo;est selon, du mar\u00e9chal P\u00e9tain ou de Philippe P\u00e9tain c&rsquo;est selon<\/strong>. On peut ainsi constater que le \u00ab\u00a0devoir de m\u00e9moire\u00a0\u00bb se trouve aujourd&rsquo;hui automatiquement transmut\u00e9 en \u00ab\u00a0devoir de pol\u00e9mique\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0pol\u00e9mique m\u00e9morielle\u00a0\u00bb d&rsquo;une grande violence, <strong>laquelle violence exprime aux c\u00f4t\u00e9s et avec les courants soci\u00e9taux l&rsquo;extr\u00eame instabilit\u00e9 de l&rsquo;ensemble du Syst\u00e8me<\/strong>. La m\u00e9diocre psychologie des dirigeants et leur vaste inculture accompagnent avec z\u00e8le l&rsquo;effondrement du Syst\u00e8me qui prend ainsi la voie originale des mati\u00e8res soci\u00e9tales et culturelles (comme le notait pr\u00e9cis\u00e9ment <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/effondrement-en-vue-pour-loligarchie\">Orlov<\/a>). Les querelles fran\u00e7aises sur la Grande Guerre et autour de P\u00e9tain renvoient, dans la forme de la pol\u00e9mique, aux divers avatars sur la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale et le r\u00f4le de la Russie, ou bien aux vagues d&rsquo;attaques contre les monuments historiques aux USA au nom d&rsquo;un r\u00e9visionnisme radical, et ainsi de suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette \u00ab\u00a0voie originale\u00a0\u00bb de l&rsquo;effondrement <strong>n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas que d\u00e9risoire<\/strong>, si elle est tr\u00e8s souvent et avec empressement <strong>trait\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9risoire par des esprits qui sont une bonne mesure de la d\u00e9rision de cette \u00e9poque de la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-la-tragedie-bouffe\">trag\u00e9die-bouffe<\/a><\/strong>. La crise de l&rsquo;effondrement se r\u00e9alise mieux, ici et maintenant, dans la d\u00e9vastation et la d\u00e9structuration de la culture et des m&oelig;urs que dans l&rsquo;\u00e9conomie, la g\u00e9ostrat\u00e9gie ou la ferraille technologique. Quant \u00e0 la politique, <strong>c&rsquo;est le nom que l&rsquo;on donne \u00e0 ce qui importe pour le destin d&rsquo;une civilisation<\/strong>, &ndash; ici et maintenant, il s&rsquo;agit du culturel et du soci\u00e9tal.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dedefensa.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">G\u00e9n\u00e9ral &Eacute;douard de Castelnau : comme un anti-P\u00e9tain<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Parlons de moi, il n&rsquo;y a que \u00e7a qui m&rsquo;int\u00e9resse<\/em> &raquo; disait Pierre Desproges. Cette citation me revient \u00e0 l&rsquo;esprit \u00e0 ce moment o&ugrave; s&rsquo;ach\u00e8ve la comm\u00e9moration du centenaire de la Tr\u00e8s Grande Guerre. Je mesure dans l&rsquo;agitation qui accompagne cette marche vers le 11 novembre \u00e0 quel point ce que nous vivons depuis maintenant un peu plus de quatre ans, me touche bien au-del\u00e0 de ce que j&rsquo;aurais imagin\u00e9. Cela entre en r\u00e9sonance de fa\u00e7on parfois douloureuse, toujours \u00e9mouvante avec ce qui rel\u00e8ve de l&rsquo;intime, de l&rsquo;enfance, de l&rsquo;\u00e9ducation et du rapport \u00e0 la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je m&rsquo;en suis expliqu\u00e9 et l&rsquo;on trouvera ci-dessous les liens qui renvoient aux articles o&ugrave; je l&rsquo;ai fait. Et \u00e0 l&rsquo;approche de ce 11 novembre 2018 qui allait cl\u00f4turer ces quatre ann\u00e9es de comm\u00e9moration, je n&rsquo;\u00e9prouvais pas l&rsquo;envie ni le besoin d&rsquo;intervenir \u00e0 nouveau. Consid\u00e9rant que la fa\u00e7on dont ces comm\u00e9morations \u00e9taient conduites \u00e9tait peut-\u00eatre discutable -comment pouvait-elle ne pas l&rsquo;\u00eatre- mais que cela ne justifiait pas de participer \u00e0 des d\u00e9bats ou des pol\u00e9miques aussi justifi\u00e9es soient-elles pour certaines. Pour ma part la conviction de l&rsquo;importance de la place de la trag\u00e9die dans la m\u00e9moire de notre peuple, me rassure sur les ressources de celui-ci. Et c&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais il se trouve que l&rsquo;actualit\u00e9 imm\u00e9diate produit divers t\u00e9lescopages par lesquels la dimension et le v\u00e9cu familial reviennent au premier plan. Emmanuel Macron, avec cette capacit\u00e9 presque grandiose \u00e0 \u00eatre syst\u00e9matiquement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque, a d\u00e9clench\u00e9 une r\u00e9action contre lui en forme de tsunami et transform\u00e9 son itin\u00e9rance m\u00e9morielle en chemin de croix. Faisant r\u00e9f\u00e9rence au \u00ab\u00a0grand soldat\u00a0\u00bb il a rendu au militaire Philippe P\u00e9tain un hommage du type de ceux de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Il a ramass\u00e9 la foudre, et pour plusieurs raisons. Tout d&rsquo;abord sa parole de chef de l&rsquo;&Eacute;tat est compl\u00e8tement disqualifi\u00e9e, et sa faiblesse politique et son narcissisme l&#8217;emp\u00eachent de sortir de la nasse. Il pourrait dire : \u00ab\u00a0Il fait jour \u00e0 midi\u00a0\u00bb que ce serait aussit\u00f4t une temp\u00eate qui lui r\u00e9pondrait : \u00ab\u00a0non il fait nuit, \u00e0 cause des heures sombres\u00a0\u00bb. Ensuite, le probl\u00e8me P\u00e9tain est insoluble, car le s\u00e9parer en deux parties comme l&rsquo;avait fait Charles De Gaulle, est aujourd&rsquo;hui impossible. Sa place dans la m\u00e9moire collective est d\u00e9sormais d&rsquo;abord et avant tout celle de ce qu&rsquo;il est, un tra&icirc;tre antis\u00e9mite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour ma part Philippe P\u00e9tain est &laquo; <em>la triste enveloppe d&rsquo;une gloire pass\u00e9e port\u00e9e sur le pavois de la d\u00e9faite pour endosser la capitulation et tromper le peuple stup\u00e9fait<\/em> &raquo; (Charles De Gaulle, 18 juin 1941). Il est ensuite et aussi le tra&icirc;tre qui fera d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment le choix de l&rsquo;ennemi y compris dans ses aspects les plus ignobles. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un tarif pour cette trahison, un poteau dans les foss\u00e9s de Vincennes et 12 balles, fussent-elles symboliques comme ce sera le cas pour lui. Mais la question de ses m\u00e9rites militaires dans la premi\u00e8re guerre mondiale rel\u00e8ve aujourd&rsquo;hui du d\u00e9bat et de la recherche historique. Emmanuel Macron aurait d&ucirc;, \u00e9viter de se prendre pour de Gaulle et ne pas s&rsquo;en m\u00ealer, mais nous savons maintenant d&rsquo;exp\u00e9rience qu&rsquo;il ne comprend pas grand-chose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lorsque je parle du retour de la dimension familiale, je pense au surgissement dans l&rsquo;opinion publique \u00e0 ce moment de la figure de mon arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, &Eacute;douard de Castelnau qui m\u00e9ritait plus que tout autre d&rsquo;\u00eatre \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la dignit\u00e9 de mar\u00e9chal de France. Et ce surgissement se fait comme le symbole contraire de celui de P\u00e9tain. <a href=\"https:\/\/twitter.com\/askolovitchC\/status\/1060235371613732864\">Claude Askolovitch<\/a>(!!) le r\u00e9sume tr\u00e8s bien dans un tweet en forme de commentaire sur la pol\u00e9mique P\u00e9tain :&laquo; <em>Pens\u00e9e au g\u00e9n\u00e9ral de Castelnau, qui sauva en 14 l&rsquo;arm\u00e9e de Lorraine, qui perdit trois fils dans la Grande guerre, dont la R\u00e9publique ne f&icirc;t pas un mar\u00e9chal car il \u00e9tait trop catholique, et qui condamna P\u00e9tain en 1940 et encouragea la R\u00e9sistance. A propos de \u00ab\u00a0grands soldats\u00a0\u00bb<\/em>&hellip;&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et l&rsquo;aspect \u00e9tonnant de cette forme d&rsquo;intronisation comme contre mod\u00e8le de celui qu&rsquo;il avait nomm\u00e9 \u00e0 Verdun le 23 f\u00e9vrier 1916, c&rsquo;est qu&rsquo;elle est absolument justifi\u00e9e. Les historiens s&rsquo;accordent \u00e0 consid\u00e9rer \u00e0 la fois sa stature, l&rsquo;importance de son r\u00f4le, l&rsquo;ampleur de ses sacrifices, et le caract\u00e8re injuste de la mesquinerie politicienne dont il eut \u00e0 souffrir. Mais il y a plus. On sait peu aujourd&rsquo;hui, compte tenu de l&rsquo;importance de cette fin des hostilit\u00e9s sonn\u00e9e sur la terre de France en cette 11<sup>e<\/sup> heure du 11<sup>e<\/sup> jour du 11<sup>e<\/sup>mois de cette ann\u00e9e 1918, que le 13 novembre la IIe arm\u00e9e fran\u00e7aise command\u00e9e par &Eacute;douard de Castelnau devait lancer en Lorraine l&rsquo;offensive pour permettre de rentrer sur la terre de l&rsquo;ennemi. Et le mettre compl\u00e8tement \u00e0 genoux. Je suis de ceux qui pensent que l&rsquo;armistice du 11 novembre \u00e9tait in\u00e9vitable pour mettre fin au cauchemar et qu&rsquo;il est difficile d&rsquo;en faire le reproche \u00e0 ceux qui l&rsquo;ont voulu. Mais l&rsquo;Histoire a montr\u00e9 ensuite, comme l&rsquo;avait analys\u00e9 Castelnau d\u00e8s ce moment-l\u00e0 que c&rsquo;\u00e9tait une erreur strat\u00e9gique majeure. Son territoire inviol\u00e9, son arm\u00e9e rentrant \u00e0 peu pr\u00e8s en bon ordre, la l\u00e9gende du coup de poignard dans le dos pouvait na&icirc;tre en Allemagne et amener aux cons\u00e9quences funestes que l&rsquo;on sait. 20 ans plus tard cette erreur allait co&ucirc;ter les 60 millions de morts et les horreurs de la deuxi\u00e8me guerre mondiale. Entre les deux guerres, chaque fois qu&rsquo;il appelait \u00e0 la m\u00e9fiance et \u00e0 la vigilance vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Allemagne on le traita de Cassandre et de belliciste. Un parlementaire lui lancera m\u00eame \u00e0 la face : &laquo; <em>Trois fils, mon g\u00e9n\u00e9ral ce n&rsquo;est pas assez ?<\/em> &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lorsque surviendra l&rsquo;effondrement de 40, \u00e2g\u00e9 de 90 ans, il d\u00e9savouera l&rsquo;armistice et l&rsquo;instauration de l&rsquo;&Eacute;tat fran\u00e7ais, auquel il refusera son soutien. Deux de ses petits-fils et deux de ses petits-neveux en \u00e2ge de porter les armes rejoindront, avec son approbation les arm\u00e9es de la France combattante et participeront aux combats pour la Lib\u00e9ration. No\u00ebl de Mauroy sera tu\u00e9 dans les Vosges en  d\u00e9cembre 1944, Jean de Castelnau dans son char, Le 23 novembre en rentrant dans Strasbourg, Urbain de La Croix le petit-fils orphelin qu&rsquo;&Eacute;douard avait \u00e9lev\u00e9 sera tu\u00e9 le 9 avril 1945 au passage du Rhin. G\u00e9rald de Castelnau, mon p\u00e8re, le dernier des quatre sera gri\u00e8vement bless\u00e9. Eh oui, il faut croire que le destin avait d\u00e9cid\u00e9 que pour le service de ce pays, trois fils ce n&rsquo;\u00e9tait pas assez. Pendant ce temps, Philippe P\u00e9tain poursuivait jusqu&rsquo;au bout, jusque tout en bas, le chemin de ses trahisons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors, &Eacute;douard de Castelnau, l&rsquo;anti-P\u00e9tain, le contre-exemple ? C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9vidence, et Claude Askolovitch l&rsquo;a bien senti. Voyez-vous, Monsieur le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique, une fois de plus vous avez voulu faire le malin, en \u00e9talant maladroitement votre absence de sens politique et votre ignorance historique. Mais la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce &laquo; grand soldat &raquo; l\u00e0, dont vous n&rsquo;aviez probablement pas la moindre connaissance, n&rsquo;appara&icirc;t pas seulement \u00e0 cause de vos errances m\u00e9morielles, mais aussi \u00e0 cause de ce que vous voulez faire \u00e0 la France. Ce rappel intervient alors m\u00eame que vous annoncez votre projet d&rsquo;arm\u00e9e europ\u00e9enne avec l&rsquo;Allemagne avec cette <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/flash-actu\/2018\/11\/06\/97001-20181106FILWWW00034-macron-propose-une-vraie-armee-europeenne-europe-1.php\">justification sid\u00e9rante<\/a>&laquo; pour faire face \u00e0 la Russie qui est \u00e0 nos fronti\u00e8res &raquo; . Pardon ? On rappellera pour mesurer l&rsquo;inanit\u00e9 de cette formule que Paris et Moscou sont s\u00e9par\u00e9s par 2800 km et pas moins de quatre grands pays. Et pendant que vous vous moquez ainsi du monde, on apprend l&rsquo;existence de discussions pour une mise en commun de la dissuasion nucl\u00e9aire fran\u00e7aise et du partage du si\u00e8ge de la France au conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;ONU. &Ecirc;tes-vous inconscient au point de faire ainsi de la France une cible privil\u00e9gi\u00e9e de la Russie, qui n&rsquo;a rien demand\u00e9 et qui ne nous menace en rien ? Pour faire plaisir \u00e0 l&rsquo;Allemagne avec laquelle nous avons des int\u00e9r\u00eats \u00e0 ce point divergents. Vous entendez donc pousser encore un peu plus loin la soumission \u00e0 l&rsquo;Union Europ\u00e9enne sous direction allemande ? Mettre en cause dans ces proportions l&rsquo;ind\u00e9pendance de la France ? Philippe P\u00e9tain trahissait sa patrie en promulguant ses ordonnances antijuives avant m\u00eame que les Allemands l&rsquo;aient demand\u00e9. Et il faisait tout pour mettre les ressources de son pays au service de l&rsquo;Allemagne nazie dans la guerre immonde qu&rsquo;elle menait. Mais il ne faut pas l&rsquo;oublier, il avait un projet politique, celui d&rsquo;une France abaiss\u00e9e dans une Europe domin\u00e9e par l&rsquo;Allemagne. Ce projet l\u00e0, serait-ce donc aussi le v\u00f4tre ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais ce sera non, Monsieur Macron ! Comment voulez-vous que nous l&rsquo;acceptions ? Nous le refuserons d&rsquo;abord parce que c&rsquo;est l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de notre pays alors que vous m\u00eame, \u00eates en train de l&rsquo;ab&icirc;mer et de lui faire prendre des risques inconsid\u00e9r\u00e9s. Mais nous le refuserons aussi parce que nous avons de la m\u00e9moire et en particulier celle des sacrifices de ceux de 14\/18 et de 39\/45, et de la raison de ceux-ci.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et que cette m\u00e9moire aussi, nous oblige.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>R\u00e9gis de Castlenau<\/h4>\n<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Castelnau par Castelnau L&rsquo;avocat qui tient site ouvert sous le nom de VuduDroit.com, R\u00e9gis de Castelnau, qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 sur ce site, prend la plume pour rappeler \u00e0 nos m\u00e9moires la stature de son arri\u00e8re-grand&rsquo;p\u00e8re que tout d\u00e9signait pour \u00eatre parmi les \u00ab\u00a0grands mar\u00e9chaux\u00a0\u00bb de la Grande Guerre, et qui ne le fut pas&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[3228,2631,10949,2891,2645,4636,3138,11925,6161],"class_list":["post-78295","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-crise","tag-de","tag-devoir","tag-grande","tag-guerre","tag-memoire","tag-petain","tag-societal","tag-verdun"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78295","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78295"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78295\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78295"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78295"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78295"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}