{"id":78298,"date":"2018-11-11T16:28:45","date_gmt":"2018-11-11T16:28:45","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/11\/11\/le-tome-iii-a-lhorizon\/"},"modified":"2018-11-11T16:28:45","modified_gmt":"2018-11-11T16:28:45","slug":"le-tome-iii-a-lhorizon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2018\/11\/11\/le-tome-iii-a-lhorizon\/","title":{"rendered":"Le Tome-III \u00e0 l&rsquo;horizon"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Le Tome-III \u00e0 l&rsquo;horizon<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>11 novembre 2018 &ndash; Je sais au moins un lecteur, tr\u00e8s actif sur notre <em>Forum <\/em>et d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s souvent inventive et intrigante, et qui a plus d&rsquo;une fois \u00e9voqu\u00e9 le Tome-III de <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, demandant si l&rsquo;on y trouverait telle pr\u00e9cision, telle \u00e9volution, telle r\u00e9ponse \u00e0 une question \u00e9voqu\u00e9e par l&rsquo;Auteur-PhG. Cela suppose qu&rsquo;il y aura un Tome-III et je lui suis extr\u00eamement reconnaissant de sembler n&rsquo;en pas douter un instant car j&rsquo;avoue platement, et avec une honte que certains pourraient juger \u00ab\u00a0prom\u00e9th\u00e9enne\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il m&rsquo;arrive de conna&icirc;tre, la triste et angoissante pesanteur de l&rsquo;incertitude \u00e0 cet \u00e9gard, &ndash; oh certes dans des moments plus d\u00e9pressifs que d&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une certitude, par contre, est bien celle de savoir que je ne sais pas grand&rsquo;chose de ce que sera ou serait ce Tome-III, s&rsquo;il se fait. Je ne manque ni de mat\u00e9riels ni d&rsquo;id\u00e9es qui pr\u00e9tendent r\u00e9pondre \u00e0 un rangement et \u00e0 une logique, mais pour l&rsquo;instant dans un certain chaos qui ne cesse de discr\u00e9diter rangement et logique ; ce n&rsquo;est pas pour me d\u00e9courager pour autant car je sais que si je fais ce Tome-III (la seule question essentielle), les choses trouveront leur ordre en suivant la plume, &ndash; laquelle, je le soup\u00e7onne, sait d\u00e9j\u00e0&#8230; Quoi qu&rsquo;il en soit, qu&rsquo;on se rassure pour ceux qui s&rsquo;inqui\u00e8teraient, les choses sont d\u00e9j\u00e0 en route. C&rsquo;est \u00e0 ce propos que je mets en page ci-apr\u00e8s un extrait de ce qui est d\u00e9j\u00e0 fait, pour prouver ma bonne foi en quelque sorte&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les choses ont \u00e9trangement \u00e9volu\u00e9, par rapport \u00e0 ce que je pr\u00e9voyais <em>grosso modo<\/em>, et sachant que mes pr\u00e9dictions ne sont que poudre d&rsquo;escampette. (La plume, vous dis-je, guide la main et oriente l&rsquo;esprit : au moment crucial il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0  suivre, c&rsquo;est elle qui d\u00e9cide.) Actuellement, il y a donc l&rsquo;introduction, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-desenchantement-de-dieu\">qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 vue<\/a> (et qui est et sera revue\/relue), et la Premi\u00e8re Partie qui est quasiment termin\u00e9e et en relecture, intensive selon les jours, un peu moins selon les autres. Le curieux est que je voulais commencer sur le langage et que je me suis retrouv\u00e9 avec un travail partant de la conclusion du Tome-II et la d\u00e9veloppant de fa\u00e7on consid\u00e9rable pour en faire cette Premi\u00e8re Partie\/Tome-III ; le texte est certainement trois fois plus long et le sujet, tr\u00e8s fortement d\u00e9velopp\u00e9, portant sur la Nostalgie et l&rsquo;&Eacute;ternit\u00e9. Je pense que le sujet du langage viendra en Deuxi\u00e8me Partie, selon l&rsquo;humeur et les plans de la plume, puis d&rsquo;autres questions gigantesques comme celle de la mati\u00e8re (en fait \u00ab\u00a0mati\u00e8re-Mati\u00e8re\u00a0\u00bb), etc. Tout cela, supputations, sujet \u00e0 tous les changements et bouleversements possibles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Parce que je me m\u00e9fie des \u00e9ch\u00e9ances et des promesses de Gascon, &ndash; surtout si le \u00ab\u00a0Gascon\u00a0\u00bb a 75 ans, &ndash; j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de faire des publications interm\u00e9diaires, Partie par Partie, \u00e0 mesure de leur fabrication et de leur inauguration. L&rsquo;ensemble Introduction\/Premi\u00e8re Partie sera donc \u00e9dit\u00e9e en tant que tel.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voil\u00e0&#8230; En attendant, il m&rsquo;a paru de bonne guerre qu&rsquo;un extrait de cette Premi\u00e8re Partie\/Tome-III, portant \u00e9videmment sur Verdun qui est partie prenante de ma nostalgie et de la Nostalgie, de mon \u00e9ternit\u00e9 et de l&rsquo;&Eacute;ternit\u00e9, doive trouver ici sa place, en conclusion de cette s\u00e9rie d&rsquo;articles sur la Grande Guerre. Lisez cette pi\u00e8ce en songeant qu&rsquo;elle s&rsquo;imbrique dans un propos g\u00e9n\u00e9ral et ne se comprend compl\u00e8tement, si c&rsquo;est le cas, qu&rsquo;en fonction du contexte ; qu&rsquo;elle est soumise \u00e0 d&rsquo;ultimes relectures comme le reste, etc., &ndash; bref, avec toutes les restrictions possibles et votre indulgence l\u00e0-dessus. Eh bien, bonne lecture tout de m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>PhG<\/p>\n<\/p>\n<p><p>_______________________<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Extrait : Tome-III, Premi\u00e8re Partie de <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>La for\u00eat de Verdun, rescap\u00e9e et renaissance de l&rsquo;Holocauste du monde que fut la Grande Guerre, est une circonstance unique de la nature du monde, comme l&rsquo;est l&rsquo;univers de cette bataille, ses tombes et ses restes moussus d&rsquo;\u00e9difice de b\u00e9ton et de ferrailles, ces vallonnements de trous d&rsquo;obus radoucis par le temps et adoucis par la tendre nature qui s&rsquo;est mise sur eux comme on prend un enfant mort-n\u00e9 dans ses bras. Je me suis souvenu de cette circonstance qui m&rsquo;avait pouss\u00e9 \u00e0 \u00e9crire un texte sur ma derni\u00e8re visite l\u00e0-bas, qui en t\u00e9moign\u00e2t dans mon souvenir ; il m&rsquo;est alors aussit\u00f4t apparu qu&rsquo;il importait comme un devoir sacr\u00e9 et comme une dette d&rsquo;honneur d&rsquo;en rapporter ici un peu de sa substance, qui contient les derni\u00e8res images que je connus du champ de la bataille, \u00ab\u00a0derni\u00e8res\u00a0\u00bb pour ce moment o&ugrave; j&rsquo;\u00e9cris ces lignes, pour l&rsquo;heure du souvenir de l&rsquo;an 2018, &ndash; et cela, sans prise en compte de l&rsquo;effet catastrophique que la \u00ab\u00a0modernisation\u00a0\u00bb effectu\u00e9e par les zombies-Syst\u00e8me pour le centenaire de la bataille en 2016 a inflig\u00e9 au site. Je dois et je me dois de rapporter ce que fut notre derni\u00e8re visite \u00e0 ce lieu habit\u00e9 de la Grande Nostalgie de l&rsquo;Histoire qui me fit la gr\u00e2ce de me sugg\u00e9rer, comme on vous fr\u00f4le, la voie qui importe pour l&rsquo;entr\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&hellip; Quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, il se trouva \u00e9videmment qu&rsquo;au d\u00e9but de ce mois-l\u00e0, parce que c&rsquo;\u00e9tait le mois de novembre et que novembre porte la lourde charge du souvenir de la Grande Guerre, nous f&ucirc;mes quelques-uns \u00e0 nous rendre une fois de plus \u00e0 Verdun. C&rsquo;\u00e9tait une visite qui m\u00e9langeait le souvenir commun et, je l&rsquo;esp\u00e8re, dans tous les cas pour le souvenir de l&rsquo;un qui \u00e9tait des n\u00f4tres lors de notre premi\u00e8re fois \u00e0 Verdun, l&rsquo;initiation \u00e0 une sacralit\u00e9 qui ne se d\u00e9couvre qu&rsquo;\u00e0 ceux qui ont appris \u00e0 rechercher les dimensions cach\u00e9es de l&rsquo;univers. Il avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu, l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, que nous nous y rendrions \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque de novembre 2011, pour saluer symboliquement, pour l&rsquo;occasion du cinqui\u00e8me anniversaire, notre premi\u00e8re visite ; le projet avait \u00e9t\u00e9 contrari\u00e9, puis finalement, en septembre 2011, remis d&rsquo;une ann\u00e9e. Cette d\u00e9cision \u00e9tait tragiquement inspir\u00e9e puisque la visite n&rsquo;aurait pu avoir lieu dans tous les cas, pendant que l&rsquo;un des n\u00f4tres, brutalement pr\u00e9cipit\u00e9 en octobre dans la phase terminale d&rsquo;une horrible maladie, s&rsquo;\u00e9teignait tr\u00e8s vite, en quelques semaines, pour nous quitter d\u00e9but d\u00e9cembre 2011. Ainsi la visite de novembre 2012 avait-elle une cause de plus, qui n&rsquo;\u00e9tait pas des moindres, qui \u00e9tait de saluer une \u00e2me de plus, mise dans l&rsquo;\u00e9crin tragique et apais\u00e9 du domaine de la bataille de Verdun. L&rsquo;\u00e2me de notre ami tra\u00e7ait ainsi comme un lien entre notre petite \u00e9quip\u00e9e et le royaume des \u00e2mes perdues et retrouv\u00e9es de la grande bataille que vous entendez murmurer et fr\u00e9mir lorsque vous allez \u00e0 Verdun, qui chuchotent et qui bruissent comme le bois de l&rsquo;\u00e9trave d&rsquo;un navire caressant en les fendant avec la douceur d&rsquo;une plume les flots nimb\u00e9s de la lumi\u00e8re de toute \u00e9ternit\u00e9 des \u00e9toiles ; vous savez, ces \u00e9toiles qui semblent ouvrir sur l&rsquo;univers la voute de la nuit \u00e9clatante du monde&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Rassemblant tout cela \u00e0 l&rsquo;esprit, il me semble que c&rsquo;est faire bon usage de ce passage, dans ce troisi\u00e8me Tome de <em>La Gr\u00e2ce<\/em>, que de rapporter les sentiments, les \u00e9motions et les r\u00e9flexions qui ont marqu\u00e9 la chose, cette visite de novembre 2012. Il s&rsquo;agit que nulle occasion ne vous \u00e9chappe, o&ugrave; vous pourriez trouver une \u00e9tincelle de plus, un diamant lumineux pour vous renforcer dans votre d\u00e9termination de poursuivre cette qu\u00eate d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Ainsi vais-je vous parler de ce que je sais et de ce que je ressentis, c&rsquo;est-\u00e0-dire de ce que fut cette visite pour mon compte, sans que l&rsquo;intervention n&rsquo;engage en rien mes compagnons. (Peut-\u00eatre m\u00eame l&rsquo;un ou l&rsquo;autre sera-t-il surpris de telle ou impression, tel ou tel propos ; surpris peut-\u00eatre, pein\u00e9 je ne le crois pas&hellip;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici ce qui s&rsquo;est pass\u00e9&hellip; Diverses circonstances, autant que mon go&ucirc;t, d\u00e9j\u00e0 naturellement dispos\u00e9 et grandissant irr\u00e9sistiblement, pour le refus de tout contact avec <strong>la m\u00e9canisation diabolique de notre monde<\/strong>, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec les d\u00e9placements forc\u00e9s et la mobilit\u00e9 forcen\u00e9e des \u00eatres encha&icirc;n\u00e9s \u00e0 la machine, dans des cadres d\u00e9pendant effectivement d&rsquo;un enfermement m\u00e9caniste du monde, dans cet \u00e9pouvantable d\u00e9sordre de contraintes qui nous accable et que nous subissons, tout cela m&rsquo;avait mis dans des dispositions agac\u00e9es, sinon hostiles \u00e0 ce voyage \u00e0 Verdun, &ndash; bien que ce f&ucirc;t Verdun, c&rsquo;est tout dire de mon humeur et des pressions qui s&rsquo;exercent sur elle&hellip; La chose n&rsquo;avait \u00e0 voir qu&rsquo;avec moi-m\u00eame, entre un moi-m\u00eame qui se rebellait contre cette sortie dans la <strong>m\u00e9canique monstrueuse de la m\u00e9canisation <\/strong>de ce monde qui broie l&rsquo;esprit et brise l&rsquo;\u00e2me de tant de chagrins, et l&rsquo;autre moi-m\u00eame qui d\u00e9signait la reconnaissance et le salut au lieu sacr\u00e9 ; comme une sorte d&rsquo;affrontement entre les deux \u00eatres qu&rsquo;on est, entre soi-m\u00eame et le double de soi-m\u00eame, sans qu&rsquo;on sache dans telle ou telle circonstance quel \u00ab\u00a0soi-m\u00eame\u00a0\u00bb n&rsquo;est que le double de l&rsquo;autre, pour se perdre dans une chim\u00e8re d&rsquo;un instant, comme si l&rsquo;on se risquait \u00e0 \u00e9baucher un simulacre. Tous les \u00ab\u00a0soi-m\u00eame\u00a0\u00bb que l&rsquo;on d\u00e9ploie sont susceptibles de chuter et il faut savoir les retenir, et puis si, au contraire, le choix est bon, alors l&rsquo;horizon s&rsquo;illumine : il suffit de trancher&#8230; La chose fut tranch\u00e9e, je crois, comme elle devait l&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Du s\u00e9jour \u00e0 Verdun, je ne dirai rien de lin\u00e9aire selon la logique de l&rsquo;observation, ni de vraiment litt\u00e9raire comme le veut une d\u00e9marche narrative de convention. Cette sorte de d\u00e9marche n&rsquo;a pas sa place pour cette sorte de s\u00e9jour qui est toujours un m\u00e9lange d&rsquo;habitudes qui rassurent mais dont on attend peu, et de fulgurances qui, soudain, et l&rsquo;on en mesure la sublimit\u00e9 <strong>plus tard<\/strong>, surviennent pour rompre le sch\u00e9ma convenu, pour vous enlever et vous \u00e9lever, le temps d&rsquo;un instant comme si l&rsquo;instant pouvait \u00eatre \u00e9ternit\u00e9, et faire par la gr\u00e2ce de cet instant-l\u00e0 l&rsquo;ineffable grandeur de la chose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;agissait pourtant, pour moi, je m&rsquo;en avise apr\u00e8s coup, de quelque chose comme une mise en question qui avait une certaine gravit\u00e9, et peut-\u00eatre cela explique-t-il mieux encore mon conflit initial. Jusqu&rsquo;alors, nos visites \u00e0 Verdun contenaient, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9motion tr\u00e8s grande que nous e&ucirc;mes la gr\u00e2ce de rencontrer, une dimension tr\u00e8s contingente, avec des n\u00e9cessit\u00e9s, &ndash; comment dirait-on : presque \u00ab\u00a0op\u00e9rationnelles\u00a0\u00bb, c&rsquo;est cela&hellip; Le projet du livre (<em>Les &Acirc;mes de Verdun<\/em>) et tout ce qui s&rsquo;ensuivit formaient un cadre rassurant pour \u00e9carter les doutes qui vous assaillent parfois, \u00e0 se demander si, en sacrifiant quelques instants de vie \u00e0 une cause inexplor\u00e9e et incertaine mais que l&rsquo;on croit grandiose, l&rsquo;on ne risque pas de se retrouver suspendu dans le vide de ce qui n&rsquo;\u00e9tait finalement qu&rsquo;une illusion. Pour mon compte, moi qui avais tant d\u00e9velopp\u00e9 de visions et de perspectives \u00e0 partir de Verdun, il y avait comme une crainte sourde qu&rsquo;une sorte de \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9 apparente\u00a0\u00bb du lieu, oubliant la v\u00e9rit\u00e9 qu&rsquo;il nous avait donn\u00e9s par transcendance et intuition haute, me ramen\u00e2t dans l&rsquo;amertume des illusions perdues en instillant en moi ce doute inutilement pesant et retardataire. Je pense en effet que ces dons de la transcendance et de l&rsquo;intuition haute ne sont jamais des choses assur\u00e9es, qui vous reviennent n\u00e9cessairement, comme on s&rsquo;abonne, une fois qu&rsquo;une rencontre a eu lieu o&ugrave; vous f&ucirc;tes invit\u00e9s ; enfin, qu&rsquo;il existe toujours disons des \u00ab\u00a0rendez-vous manqu\u00e9s\u00a0\u00bb parce que l&rsquo;homme-<em>sapiens <\/em>ne peut pr\u00e9tendre en aucune certitude ni aucune garantie d&rsquo;aucune sorte en ce qui le d\u00e9passe. Ainsi, au gr\u00e9 des souffles divers, se m\u00e9langent l&rsquo;essentiel et le d\u00e9risoire, car cette sorte de crainte, m\u00eame justifi\u00e9e, n&rsquo;en reste pas moins d\u00e9risoire&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette fois, qui \u00e9tait diff\u00e9rente comme chaque occurrence l&rsquo;est toujours, fit qu&rsquo;en v\u00e9rit\u00e9 et bien qu&rsquo;on ne le r\u00e9alis\u00e2t pas aussit\u00f4t, Verdun qui nous \u00e9tait si connu, nous \u00e9tait \u00e9galement une <em>terra incognita <\/em>; ce qui signifiait que l&rsquo;ordre du monde que j&rsquo;esp\u00e9rais tant \u00e9tait au rendez-vous comme s&rsquo;il se f&ucirc;t agi d&rsquo;une V\u00e9rit\u00e9 absolument nouvelle. M\u00eame ceux qui s&rsquo;y \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 rendus, et le sachant ou l&rsquo;ignorant, y allaient \u00e0 nouveau pour une initiation, je dirais une initiation toujours renouvel\u00e9e&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Dans cela, dans cette initiation renouvel\u00e9e, tout compte fait des ann\u00e9es plus tard, j&rsquo;y vois un signe d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Transfigur\u00e9 par cette id\u00e9e venue de mon \u00e2me po\u00e9tique, Verdun qui pouvait n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un souvenir retrouv\u00e9 mais \u00e9pars, nous revient \u00e9clatant de toute sa sublime lumi\u00e8re. Ainsi l&rsquo;esprit avec son \u00e2me po\u00e9tique reconna&icirc;t-il, comme des compagnes indicibles et sans \u00e9gales, les \u00e2mes perdues et retrouv\u00e9es de Verdun.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ici, enfin, je dois rompre le r\u00e9cit, le d\u00e9barbouiller de ses incertitudes, de cette fa\u00e7on qu&rsquo;a l&rsquo;esprit, non pas tant de refuser l&rsquo;obstacle mais de le discuter et de le discutailler, de le d\u00e9tailler, de le contester, de le mesurer, de le soup\u00e7onner, de le soupeser avec l&rsquo;aide trompeuse du pour et du contre, le soutien simulacre de la logique&hellip; Je dois rompre car, enfin, il s&rsquo;av\u00e8re que la grande chose s&rsquo;est accomplie, et cela passe tout, et cela intronise la gloire finalement red\u00e9couverte. La fusion magique du lieu et du monde, du souvenir et de l&rsquo;\u00e9motion transcend\u00e9e, de ce qui pr\u00e9tend rester dans la m\u00e9moire et de ce qui peut s&rsquo;ouvrir et s&rsquo;installer dans la tradition lorsque le temps a rendu son arr\u00eat, &ndash; cette fusion s&rsquo;est faite. L&rsquo;&Eacute;ternit\u00e9 est en place.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre s\u00e9jour eut donc lieu sans circonstances particuli\u00e8res, en reconnaissance de lieux d\u00e9j\u00e0 connus, en retrouvailles de moments pr\u00e9serv\u00e9s par le temps ; sans pr\u00e9cipitation, sans exclamation, le c&oelig;ur apais\u00e9 et l&rsquo;esprit reconnu ; un peu selon les normes, selon nos habitudes&hellip; Et puis il y eut tel et tel moments, des fulgurances comme je disais plus haut, qui nous assur\u00e8rent que nous nous trouvions l\u00e0 o&ugrave; l&rsquo;on nous attendait. Il y eut cet instant, lorsque nous nous retrouv\u00e2mes, sur les ouvrages et les tourelles des restes du Fort de Douaumont, dans l&rsquo;atmosph\u00e8re humide mais d&rsquo;une clart\u00e9 rare jusqu&rsquo;\u00e0 la translucidit\u00e9, d&rsquo;une journ\u00e9e battue par les grands vents et les averses press\u00e9es d&rsquo;un novembre profond et gros d&rsquo;une renaissance, devant le spectacle de l&rsquo;espace en-dessous de nous, par o&ugrave; l&rsquo;envahisseur a coutume de se pr\u00e9cipiter ; puis, nous tournant sur notre Ouest, et soudain contemplant ces d\u00e9chirures franches et apais\u00e9es dans les nuages furieux, pour laisser percer la plus tragique et grandiose, la plus flamboyante fin du jour sur la terre du champ de bataille de Verdun, solitaire, humide, abandonn\u00e9e et pourtant fermement rassembl\u00e9e, haletante, et comme redress\u00e9e soudain d&rsquo;une vie \u00e9tourdissante de rythme sous ce dernier et superbe rayon du soleil, cet \u00e9clair de feu, cette flamme ultime qui ne faiblit jamais et qui se moque du vent tout en \u00e9tant sa complice.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le lendemain au soir, veille de notre d\u00e9part, le brouillard se posa sur Verdun, comme une plume caressante, comme le fr\u00f4lement d&rsquo;un r\u00eave chuchotant, comme le chant lointain et silencieux de l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique. Les quais de la Meuse \u00e9taient \u00e0 la fois fantomatiques et f\u00e9\u00e9riques, le cours puissant du fleuve chuintant sans un bruit dans l&rsquo;atmosph\u00e8re suspendue. Le brouillard persista et, le lendemain d&rsquo;apr\u00e8s, saluant pour notre d\u00e9part le grand champ de la bataille, nous le trouv\u00e2mes dans cet \u00e9crin du cama\u00efeu des gris incertains, dans ce clair-obscur de la nature du monde et de l&rsquo;automne de notre destin, \u00e0 la fois silencieux, solennel, assur\u00e9 du temps et de sa dur\u00e9e, devant le grand champ de ses tombes align\u00e9es, sous le regard \u00e9nigmatique de la tour de l&rsquo;Ossuaire dont on perdait les d\u00e9dales dans ce m\u00eame brouillard fermant ainsi le tableau dont il \u00e9tait le ma&icirc;tre d&rsquo;&oelig;uvre. Il me semble que l&rsquo;instant convenait \u00e0 la circonstance et que notre salut fut, \u00e0 cet instant, parfaitement celui qui convenait. Le champ de la bataille nous parla de sa voix grave et chuchotant et il nous dit que nous reviendrions, au terme de longues batailles qui nous attendent encore, car l&rsquo;on revient toujours dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 de Verdun.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans ce qu&rsquo;il nous reste, de cette visite et de nous-m\u00eames, l\u00e0 se trouve l&rsquo;essentiel pour ce propos. Je crois qu&rsquo;une telle visite, dans de telles conditions, portait effectivement l&rsquo;enjeu entre, d&rsquo;une part, l&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, m\u00eame de la qualit\u00e9 la plus haute, qui fixe vos souvenirs en-dedans de vous-m\u00eame, dans un pass\u00e9 qui n&rsquo;est v\u00f4tre que dans une sorte de r\u00e9duction progressive, m\u00eame s&rsquo;il est avantageux, jusqu&rsquo;au risque de la dissolution ; et, d&rsquo;autre part, la p\u00e9rennit\u00e9 qui vous assure vous-m\u00eame comme elle assure la destin\u00e9e du monde, et vous assure du contraire, &ndash; que le pass\u00e9 du monde est bien le v\u00f4tre \u00e9galement, o&ugrave; vous avez votre place dans le chant collectif, gr\u00e2ce aux images fulgurantes qui enflamme votre \u00e2me po\u00e9tique de l&rsquo;enchantement de la Nostalgie. Nous sommes all\u00e9s \u00e0 Verdun et, l\u00e0-bas, le champ de la bataille, et aussi les \u00e2mes qui s&rsquo;y reposent, et en plus l&rsquo;\u00e2me de notre ami disparu, nous ont chuchot\u00e9s que le temps-courant pour devenir le Temps peut, non pas \u00eatre vaincu comme s&rsquo;il \u00e9tait un ennemi, ni \u00eatre apprivois\u00e9 comme s&rsquo;il \u00e9tait un sauvage, mais \u00eatre honor\u00e9 et convaincu de nous accueillir en son sein quand on le reconna&icirc;t comme le rythme qui compose la perspective d&rsquo;une certaine \u00e9ternit\u00e9 et de l&rsquo;&Eacute;ternit\u00e9 dans sa certitude. D\u00e9sormais, Verdun est entr\u00e9 dans notre tradition, cette chose qui veut bien sembler \u00eatre du pass\u00e9 pour satisfaire nos vanit\u00e9s pr\u00e9sentes, parce qu&rsquo;elle sait que le pass\u00e9 est une accolade fraternelle faite \u00e0 l&rsquo;&Eacute;ternit\u00e9, pour l&rsquo;assurer de sa fid\u00e9lit\u00e9 sans fin.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Tome-III \u00e0 l&rsquo;horizon 11 novembre 2018 &ndash; Je sais au moins un lecteur, tr\u00e8s actif sur notre Forum et d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s souvent inventive et intrigante, et qui a plus d&rsquo;une fois \u00e9voqu\u00e9 le Tome-III de La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire, demandant si l&rsquo;on y trouverait telle pr\u00e9cision, telle \u00e9volution, telle r\u00e9ponse \u00e0 une question&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[2631,12322,3969,2891,2645,8386,2622,5639,9185,5231,6161],"class_list":["post-78298","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-ddecrisis-de-philippe-grasset","tag-de","tag-eternite","tag-grace","tag-grande","tag-guerre","tag-lhistoire","tag-la","tag-nostalgie","tag-partie","tag-premiere","tag-verdun"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78298","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78298"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78298\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78298"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78298"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78298"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}