{"id":78400,"date":"2019-01-08T12:55:02","date_gmt":"2019-01-08T12:55:02","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/01\/08\/americanistes-ou-americains\/"},"modified":"2019-01-08T12:55:02","modified_gmt":"2019-01-08T12:55:02","slug":"americanistes-ou-americains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/01\/08\/americanistes-ou-americains\/","title":{"rendered":"\u201cAm\u00e9ricanistes\u201d ou \u201cAm\u00e9ricains\u201d\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">\u00ab\u00a0Am\u00e9ricanistes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Am\u00e9ricains\u00a0\u00bb ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>8 janvier 2019 &ndash; Peut-\u00eatre certains des lecteurs de <em>dedefensa.org <\/em>se sont-ils d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9s la question, ou fait la remarque, d&rsquo;un ton interrogateur un peu impatient, ou bien avec irritation, ou bien avec ironie, ou encore une bienveillance amus\u00e9e (encore un de ces tics\/ces lubies de PhG). La question se divise en fait en deux qui se compl\u00e8tent, successivement :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; \u00ab\u00a0Pourquoi <em>dedefensa.org <\/em>emploie-t-il <strong>le terme &lsquo;am\u00e9ricaniste&rsquo; <\/strong>le plus souvent pour d\u00e9signer des citoyens ou des entit\u00e9s des USA, en g\u00e9n\u00e9ral les plus nocifs, les plus puants, les plus catastrophiques, passant d&rsquo;un Bolton, d&rsquo;un Trump, d&rsquo;un McCain, d&rsquo;un Obama, d&rsquo;un Zuckerberg, de tel directeur de la com&rsquo; ou lobbyiste corrompu, de tel milliardaire du cin\u00e9ma qui couvre d&rsquo;or les progressistes-soci\u00e9taux, au Pentagone ou au &lsquo;syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme&rsquo;, un des fils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s du Syst\u00e8me ?\u00a0\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; \u00ab\u00a0Et l\u00e0-dessus, pourquoi, alors, parfois, tr\u00e8s peu souvent mais tout de m\u00eame, emploie-t-on <strong>le terme &lsquo;Am\u00e9ricain&rsquo; <\/strong>pour d\u00e9signer tr\u00e8s rarement certaines cat\u00e9gorie de citoyens, le plus souvent les pauvres et tr\u00e8s-pauvres, notamment les petits-blancs pauvres honnis, ceux qu&rsquo;on voudrait physiquement \u00e9liminer par les moyens \u00e9conomiques et exp\u00e9ditifs du n\u00e9olib\u00e9ralisme totalitaire et g\u00e9nocidaire, les Afro-Am\u00e9ricains lorsqu&rsquo;ils se r\u00e9voltent contre les pi\u00e8ges grossiers et aguicheurs des soci\u00e9taux-progressistes et autres Soros, voire les <em>Latinos <\/em>paradoxalement lorsqu&rsquo;ils parlent de <em>Reconquista <\/em>? Et \u00e9galement, et surtout dirais-je, les \u00e9crivains subversifs par leur nature d&rsquo;artiste, qu&rsquo;on voudrait corrompre par les moyens habituels de la pluie de dollars ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un ami m&rsquo;a r\u00e9cemment pos\u00e9 la question, ou plut\u00f4t avou\u00e9 sans ambages, car son amiti\u00e9 pr\u00e9cieuse ne recule devant aucune critique fond\u00e9e quoique dite avec pr\u00e9caution et bienveillance, son agacement de mon emploi, comme on l&rsquo;a vu plus haut, tr\u00e8s majoritaire d'\u00a0\u00bbam\u00e9ricaniste\u00a0\u00bb. <strong>J&rsquo;ai trouv\u00e9 bonne l&rsquo;occasion de m&rsquo;en expliquer<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce n&rsquo;est pas gratuit, ce n&rsquo;est pas un slogan, ce n&rsquo;est pas une invective cach\u00e9e, ce n&rsquo;est pas une pose un peu pr\u00e9tentieuse, ce n&rsquo;est pas un tic ou une lubie \u00ab\u00a0\u00e0-la-PhG\u00a0\u00bb enfin. <strong>Cela a un sens et cela r\u00e9pond \u00e0 une conception qui a \u00e0 voir avec la perception fondamentale <\/strong>que je me fais de l&rsquo;Am\u00e9rique, alias &Eacute;tats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Notez bien que je n&rsquo;utilise par contre pas le termes \u00ab\u00a0&Eacute;tatsuniens\u00a0\u00bb, qui semblerait justifi\u00e9 et logique, et qui a \u00e0 mon sens la cause affich\u00e9e ou secr\u00e8te, ou inconsciente, de rabaisser les USA au rang d&rsquo;une nation comme une autre, et de refuser aux habitants de ce pays une d\u00e9nomination qui leur donne la vertu de puissance imp\u00e9riale d&rsquo;\u00eatre d\u00e9sign\u00e9 par un d\u00e9riv\u00e9 du nom d&rsquo;un continent entier sinon d&rsquo;un continent-double, une exceptionnalit\u00e9 imm\u00e9rit\u00e9e qui leur donnerait <em>in fine <\/em>le droit de s&rsquo;affirmer comme citoyen-propri\u00e9taire du monde entier. Au contraire, je leur laisse une qualit\u00e9 d&rsquo;exceptionnalit\u00e9, parce que le terme \u00ab\u00a0exceptionnel\u00a0\u00bb qui n&rsquo;a pas de connotation de valeur <strong>peut avoir une connotation n\u00e9gative sinon diabolique, autant que dans l&rsquo;autre sens, &ndash; et devinez vers o&ugrave; balance mon jugement<\/strong>&#8230; Apr\u00e8s tout, nul ne songera \u00e0 d\u00e9nier que le III\u00e8me <em>Reich <\/em>ou l&rsquo;URSS stalinienne \u00e9taient sans aucun doute des entit\u00e9s caract\u00e9ris\u00e9e par une situation d&rsquo;exceptionnalit\u00e9.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour moi, l&rsquo;Am\u00e9rique (gardons ce nom) n&rsquo;est pas une nation, pas plus qu&rsquo;elle n&rsquo;est une R\u00e9publique digne de l&rsquo;antique malgr\u00e9 qu&rsquo;elle ait sing\u00e9 l&rsquo;antique \u00e0 ses origines o&ugrave; l&rsquo;on trouve \u00e9galement des personnalit\u00e9s qui n&rsquo;envisageaient pas ce destin qui lui fut finalement donn\u00e9 et que je m&#8217;emploie \u00e0 d\u00e9crire, et qui s&rsquo;en d\u00e9sol\u00e8rent. (Jefferson sur son lit de mort : <strong>&laquo; <em>Tout, tout est perdu<\/em>. &raquo;<\/strong>) C&rsquo;est un pays, puisque le terme a une signification g\u00e9ographique de territoire, dont les composants se f\u00e9d\u00e9r\u00e8rent ou furent f\u00e9d\u00e9r\u00e9s presque ou compl\u00e8tement de force autour <strong>d&rsquo;un non-&Eacute;tat, ou simulacre d&rsquo;&Eacute;tat, dont le vrai statut est d&rsquo;\u00e9carter tout ce qui peut \u00eatre r\u00e9galien <\/strong>dans le sens souverain du bien public, au profit des fortunes personnelles. Sa vocation dite-\u00ab\u00a0imp\u00e9riale\u00a0\u00bb ne l&rsquo;est qu&rsquo;au sens n\u00e9gatif : chercher partout dans son ext\u00e9rieur la d\u00e9structuration, particuli\u00e8rement des entit\u00e9s qui pourraient figurer comme contre-mod\u00e8le et pourraient opposer des r\u00e8gles et des principes \u00e0 ses entreprises de p\u00e9n\u00e9tration (commerciale, a-culturelle, niveleuse, etc.). <strong>L&rsquo;Am\u00e9rique est absolument une production a-historique \u00e0 finalit\u00e9 anti-historique<\/strong>, n\u00e9e de la modernit\u00e9 et partie prenante du \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-dechainement-de-la-matiere\">d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re<\/a>\u00ab\u00a0, install\u00e9e comme garante d&rsquo;une \u00ab\u00a0Fin de l&rsquo;Histoire\u00a0\u00bb dont nul n&rsquo;est autoris\u00e9 \u00e0 douter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il va de soi que dans mon rangement g\u00e9n\u00e9ral, je place l&rsquo;Am\u00e9rique <strong>comme factotum principal du Syst\u00e8me<\/strong>, lui-m\u00eame entit\u00e9 op\u00e9rationnelle du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re\u00a0\u00bb et moteur de la modernit\u00e9. Dans la structuration et la substance que je viens de d\u00e9crire, l&rsquo;Am\u00e9rique est <strong>\u00e0 la fois le bras-arm\u00e9, le notaire, le banquier, le procureur, le pirate et l&rsquo;ex\u00e9cuteur des hautes &oelig;uvres du Syst\u00e8me<\/strong> ; elle n&rsquo;a pas d&rsquo;ontologie propre, elle est irr\u00e9m\u00e9diablement cr\u00e9ature du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Am\u00e9rique est, au niveau fonctionnel, compl\u00e8tement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-lempire-de-la-communication\">cr\u00e9ature de la communication<\/a> ; elle sait que la r\u00e9putation, l'\u00a0\u00bbimage\u00a0\u00bb, comptent \u00e9norm\u00e9ment, dans ce monde \u00ab\u00a0de toc\u00a0\u00bb qu&rsquo;elle contribue \u00e0 installer et \u00e0 faire prosp\u00e9rer sans souci des d\u00e9s\u00e9quilibres autodestructeurs qu&rsquo;elle contribue ainsi \u00e0 cr\u00e9er, comme par automatisme. Par cons\u00e9quent, elle a besoin d&rsquo;une apparence de l\u00e9gitimit\u00e9 (pseudo-l\u00e9gitimit\u00e9). <strong>C&rsquo;est pour la \u00ab\u00a0bonne r\u00e9putation\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour se l\u00e9gitimer (pseudo-l\u00e9gitimation) elle-m\u00eame autant que ses entreprises de d\u00e9structuration ext\u00e9rieure, <strong>l&rsquo;Am\u00e9rique s&rsquo;est \u00ab\u00a0id\u00e9ologis\u00e9e\u00a0\u00bb ; son id\u00e9ologie se nomme naturellement l'\u00a0\u00bbam\u00e9ricanisme\u00a0\u00bb <\/strong>(<em>What else ?<\/em>). C&rsquo;est express\u00e9ment pour cette raison que je parle d'\u00a0\u00bbam\u00e9ricanistes\u00a0\u00bb en d\u00e9signant les acteurs qui sont plut\u00f4t des figurants de ce simulacre, sa politique, ses entreprises, son influence, etc. L&rsquo;Am\u00e9ricaniste est n\u00e9cessairement, peu ou prou, en grande partie ou en passant, un serviteur et un employ\u00e9 du Syst\u00e8me, et si c&rsquo;est un gros calibre il est alors zombieSyst\u00e8me et fait partie des \u00e9litesSyst\u00e8me, &ndash; ou de la presseSyst\u00e8me, cela va de soi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pourtant, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela, je parle aussi, quoique bien moins souvent \u00e0 mesure que la chose se d\u00e9compose, d'\u00a0\u00bbAm\u00e9ricains\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit de <strong>ceux qui r\u00e9sistent, qui refusent<\/strong>, qui ont pour une raison ou une autre d\u00e9couvert le vrai visage de l&rsquo;Am\u00e9rique, sa face immonde, et qui la d\u00e9noncent.  Ces gens qui refusent le simulacre sont \u00e9videmment des marginaux du Syst\u00e8me, <strong>des \u00ab\u00a0dissidents\u00a0\u00bb comme il y avait des \u00ab\u00a0dissidents\u00a0\u00bb en Union Sovi\u00e9tique<\/strong>. Aux USA, c&rsquo;est historiquement dans la litt\u00e9rature que cette sorte de \u00ab\u00a0citoyens\u00a0\u00bb se trouvait en plus grand nombre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(L&#8217;emploi du pass\u00e9 [\u00ab\u00a0se trouvait en plus grand nombre\u00a0\u00bb] est certainement de mise \u00e0 cause de la confusion et du d\u00e9sordre qui caract\u00e9risent aujourd&rsquo;hui le situation g\u00e9n\u00e9rale. La \u00ab\u00a0dissidence\u00a0\u00bb s&rsquo;est donc \u00e9tendue \u00e0 d&rsquo;autres domaines, selon les fluctuations du d\u00e9sordre et les \u00e9v\u00e9nements politiques comme le ph\u00e9nom\u00e8ne Trump et la crise qu&rsquo;il a ouverte. D&rsquo;autre part, le concept de \u00ab\u00a0litt\u00e9rature am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb s&rsquo;est largement d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 cause des conditions de pression du Syst\u00e8me et de tous ses moyens de r\u00e9pression, du d\u00e9veloppement de la posture de censure dans tous les milieux de la communication, de l&rsquo;\u00e9migration des \u00e9crivains vers les milieux alternatifs de la communication et de l&rsquo;\u00e9dition, etc., et enfin d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 cause de l&rsquo;abaissement d\u00e9cisif du niveau de la litt\u00e9rature du fait d&rsquo;une part du d\u00e9clin et de l&rsquo;effondrement de notre civilisation, d&rsquo;autre part de l&rsquo;urgence de la situation qui pousse nombre de ces \u00ab\u00a0dissidents\u00a0\u00bb \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer l&rsquo;activit\u00e9 de la l&rsquo;\u00e9crit politique \u00e0 celle de la litt\u00e9rature pure.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&#8230; Cela signifie que, pour moi, des gens comme Thoreau, Poe, Henry Miller, Jack Kerouac, etc., \u00e9taient de v\u00e9ritables Am\u00e9ricains, de v\u00e9ritables \u00ab\u00a0citoyens\u00a0\u00bb d&rsquo;une nation qui n&rsquo;existait pas et qui existe moins que jamais, dont ils avaient tant cru \u00e0 son existence qu&rsquo;ils auraient tant aim\u00e9 l&rsquo;honorer de leurs \u00e9crits. Au contraire, leurs \u00e9crits ont d\u00e9nonc\u00e9 directement ou indirectement <strong>ce simulacre de nation, ce<\/strong><strong>factotum principal du Syst\u00e8me<\/strong>qui sait utiliser tous les moyens pour tenter de lutter contre cette \u00ab\u00a0dissidence\u00a0\u00bb qu&rsquo;ils repr\u00e9sentent en cherchant \u00e0 la priver de <strong>l&rsquo;arme ultime de l&rsquo;antiSyst\u00e8me<\/strong><strong>et de la raison d&rsquo;\u00eatre de la dissidence : l&rsquo;identit\u00e9, ou l&rsquo;ontologie de l&rsquo;\u00eatre<\/strong>. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voyons le cas de Jack Kerouac.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une h\u00e9ro\u00efne du mouvement <em>Beatnik<\/em>fort peu c\u00e9l\u00e9br\u00e9e, Joyce Johnson qui fut un temps la \u00ab\u00a0petit amie\u00a0\u00bb comme l&rsquo;on disait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, \u00ab\u00a0la compagne\u00a0\u00bb comme l&rsquo;on dit aujourd&rsquo;hui, de Jack Kerouac, nous d\u00e9crit le calvaire que subit le \u00ab\u00a0dissident\u00a0\u00bb lorsque le Syst\u00e8me se saisit de lui, notamment au moyen de <strong>ces armes absolues que sont le succ\u00e8s, la renomm\u00e9e, la c\u00e9l\u00e9bration dans les normes du Syst\u00e8me, produites par la publicit\u00e9, la communication, etc<\/strong>. Ainsi en est-il du mouvement (la <em>Beat Generation<\/em>, ou <em>Beatniks<\/em>) qui, de la fin des ann\u00e9es 1940 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, accoucha de l&rsquo;\u00e9norme vague de r\u00e9volte et de contestation des ann\u00e9es1960.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Johnson \u00e9crit cela dans son magnifique livre <em>Personnages secondaires<\/em>, le bien-nomm\u00e9, montrant combien les femmes tenaient une place effac\u00e9e dans le mouvement <em>Beatnik<\/em>. &laquo; <em>Au mieux, elles furent des comparses. Ce qu&rsquo;\u00e9crivirent Johnson et la femme de Neill Cassady, ce qu&rsquo;aurait pu \u00e9crire Joan Burroughs font regretter qu&rsquo;on les ait cantonn\u00e9es \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan.<\/em> &raquo; Il est possible qu&rsquo;un jour tr\u00e8s-prochain, la <em>Beat Generation <\/em>soit pass\u00e9 au tamis impitoyable et au r\u00e9visionnisme-vertueux des LGTBQ.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je cite ci-dessous un passage <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-soleil-noir-de-la-beat-generation\">d&rsquo;un article<\/a>de ce site, o&ugrave; je d\u00e9cris, sous l&rsquo;inspiration de la plume de Johnson, le calvaire de Kerouac \u00e0 l&rsquo;occasion du ph\u00e9nom\u00e9nal succ\u00e8s de son livre <em>On the Road<\/em>, en 1957. On voit bien que la d\u00e9marche du Syst\u00e8me est bien la compl\u00e8te \u00e9radication de l&rsquo;identit\u00e9 : <strong>puisque le \u00ab\u00a0dissident\u00a0\u00bb rechigne \u00e0 devenir un Am\u00e9ricaniste, il sera donc un Am\u00e9ricain r\u00e9duit \u00e0 la n\u00e9antisation<\/strong>&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Extraits : <em>Le soleil noir de la Beat Generation<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le mouvement de la <em>Beat Generation<\/em>, dont le jeune Morphet nous dit qu&rsquo;il fut aussit\u00f4t \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb par Hollywood, tient dans le projet que je voudrais conduire \u00e0 terme de mon r\u00e9cit du myst\u00e8re am\u00e9ricain, une place centrale et essentielle. Le mouvement de la <em>Beat Generation<\/em> nous est n\u00e9cessaire dans sa puret\u00e9 et dans son impuret\u00e9. C&rsquo;est dans cette complexit\u00e9 contradictoire, \u00e0 la fois path\u00e9tique et indigne, qu&rsquo;il est compl\u00e8tement historique, et c&rsquo;est la cause de mon int\u00e9r\u00eat pour lui. Il restitue l&rsquo;histoire de l&rsquo;Am\u00e9rique dans le r\u00e9cit que j&rsquo;en fais et il rend compte par antith\u00e8se, presque d&rsquo;une mani\u00e8re glac\u00e9e et dans tous les cas irr\u00e9vocable, de la nature m\u00eame de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. Ces jeunes gens (et ces jeunes femmes, apr\u00e8s tout) qui enflamm\u00e8rent les jeunesses du monde occidental, qui firent passer le frisson de la libert\u00e9 et qui firent na&icirc;tre l&rsquo;espoir, qui inspir\u00e8rent les r\u00e9voltes en en d\u00e9couvrant les fondements, ces enfants \u00e9gar\u00e9s \u00e9taient fils et filles de la trag\u00e9die, promis au destin absurde de l&rsquo;autodestruction et de l&rsquo;amertume. Ils ne furent heureux \u00e0 aucun moment. Ils furent tr\u00e8s malheureux quand ils parvinrent au seuil de la r\u00e9alisation de leurs ambitions artistiques et spirituelles. Il faut lire cette explication superbe dans sa v\u00e9rit\u00e9 de Joyce Johnson, d\u00e9crivant la brutale crise du caract\u00e8re de Jack Kerouac lorsqu&rsquo;il est investi avec tant de brutalit\u00e9 par la \u00ab\u00a0c\u00e9l\u00e9brit\u00e9\u00a0\u00bb, en 1957. Kerouac a publi\u00e9 son grand livre, celui qui fera date. <em>On the Road<\/em> est aussit\u00f4t accueilli pour ce qu&rsquo;il est, &ndash; une &oelig;uvre inspir\u00e9, une &oelig;uvre de rupture, aussit\u00f4t et justement comprise hors du champ litt\u00e9raire, \u00e9v\u00e9nement politique de description d&rsquo;une \u00e9volution sociologique et psychologique de rupture, &ndash; une &oelig;uvre aussit\u00f4t conquise, annex\u00e9e, broy\u00e9e, r\u00e9duite parce que finalement dangereuse, st\u00e9rilis\u00e9e selon la m\u00e9thode g\u00e9n\u00e9rale, port\u00e9e aux nues et ainsi r\u00e9duite \u00e0 volont\u00e9, et l&rsquo;auteur avec. La \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9ration\u00a0\u00bb est si parfaitement accomplie que Kerouac en est abasourdi, psychologiquement h\u00e9b\u00e9t\u00e9. \u00ab\u00a0<em>La c\u00e9l\u00e9brit\u00e9<\/em>,\u00a0\u00bb \u00e9crit Joyce Johnson, \u00ab\u00a0<em>\u00e9tait un pays aussi inconnu que le Mexique, et j&rsquo;\u00e9tais son seul et unique compagnon<\/em>  [de Kerouac] <em>en cette terre \u00e9trang\u00e8re. <strong>Il avait tr\u00e8s vite compris que les fronti\u00e8res de ce pays \u00e9taient herm\u00e9tiques. On ne pouvait le quitter quand on avait assez de lui, mais il pouvait vous chasser quand il en avait assez de vous<\/strong>. Il vous ligotait, vous lapidait, vous flattait et se moquait de vous, &ndash; parfois, dans la m\u00eame journ\u00e9e. Il vous extorquait tous vos secrets, chuchotait des insinuations blessantes derri\u00e8re votre dos. Ses miroirs aux alouettes corrompaient votre existence. Il envahissait vos r\u00eaves&hellip;.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; Nous voici au c&oelig;ur de l&rsquo;acte central de la <em>Beat Generation<\/em>, de son effet, de sa force m\u00eame, qui est l&rsquo;apparition du livre qui en porte toute la signification r\u00e9volutionnaire, et nous sommes en m\u00eame temps au c&oelig;ur de son d\u00e9sarroi, de sa trag\u00e9die et de son d\u00e9sespoir, de son \u00e9chec compl\u00e8tement in\u00e9luctable comme la fatalit\u00e9 de la trag\u00e9die pure. Jack est transport\u00e9 d&rsquo;une interview \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;un cocktail \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;une \u00e9mission \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;une provocation \u00e0 l&rsquo;autre ; soumis \u00e0 des journalistes trompeurs, \u00e0 des pr\u00e9sentateurs hautains, \u00e0 des femmes voraces dont l&rsquo;une dit \u00e0 Joyce : \u00ab\u00a0<em>Tu n&rsquo;as que vingt et un ans. Moi j&rsquo;en ai vingt neuf. Il faut que je baise tout de suite avec lui.<\/em>\u00a0\u00bb Lui, \u00e9cras\u00e9, saoul, mal peign\u00e9, le regard empli de terreur par instants, r\u00e9pondant au pr\u00e9sentateur John Wingate de &lsquo;<em>Nightbeat&rsquo; <\/em>(fameux programme t\u00e9l\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque) qui l&rsquo;interroge d\u00e9daigneusement mais sans ostentation, comme cela se fait : \u00ab\u00a0<em>Dites-moi, Jack, que cherchez-vous au juste ?<\/em>\u00ab\u00a0, &ndash; lui, ing\u00e9nu, perdu, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 : \u00ab\u00a0<em>J&rsquo;attends que Dieu me montre Son visage.<\/em>\u00a0\u00bb On entend d&rsquo;ici les \u00e9clats de rire et les ricanements, devant les t\u00e9l\u00e9viseurs et les petits fours. Plus tard, il fait faux bond \u00e0 une soir\u00e9e organis\u00e9e pour lui par Gilbert Millstein ; il reste au lit, sans forces, \u00ab\u00a0<em>tremblant de tous ses membres<\/em>\u00ab\u00a0. Joyce doit t\u00e9l\u00e9phoner pour l&rsquo;excuser. Mais John Clellon Holmes, le po\u00e8te et critique qui \u00e9crivit le premier article sur la <em>Beat Generation<\/em> (le 16 novembre 1952 : \u00ab\u00a0<em>This Is the Beat Generation<\/em>\u00ab\u00a0), est venu sp\u00e9cialement du Connecticut pour le voir. Jack lui fait demander, toujours par Joyce, de venir le retrouver. Holmes arrive. Selon Joyce, Jack \u00ab\u00a0<em>dit \u00e0 Holmes <strong>qu&rsquo;il ne savait plus qui il \u00e9tait<\/strong>\u00a0\u00bb <\/em>&raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Am\u00e9ricanistes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Am\u00e9ricains\u00a0\u00bb ? 8 janvier 2019 &ndash; Peut-\u00eatre certains des lecteurs de dedefensa.org se sont-ils d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9s la question, ou fait la remarque, d&rsquo;un ton interrogateur un peu impatient, ou bien avec irritation, ou bien avec ironie, ou encore une bienveillance amus\u00e9e (encore un de ces tics\/ces lubies de PhG). 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