{"id":78528,"date":"2019-03-19T06:26:52","date_gmt":"2019-03-19T06:26:52","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/03\/19\/quand-ciceron-explique-macron\/"},"modified":"2019-03-19T06:26:52","modified_gmt":"2019-03-19T06:26:52","slug":"quand-ciceron-explique-macron","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/03\/19\/quand-ciceron-explique-macron\/","title":{"rendered":"Quand Cic\u00e9ron explique Macron\u2026"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Quand Cic\u00e9ron explique Macron&hellip;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Pour parler de lui et de ce qu&rsquo;il nous inspire, je ne connais rien de mieux que cet extrait de la Biographie universelle, publi\u00e9e en 1814 et retrouv\u00e9e par votre serviteur gr\u00e2ce \u00e0 Google books :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &Eacute;tonn\u00e9 d&rsquo;entendre une vieille femme prier les dieux de conserver les jours de Denys, il voulut conna&icirc;tre le motif d&rsquo;une pri\u00e8re si extraordinaire, tant il connaissait la haine qu&rsquo;on lui portait. &laquo; Je prie les dieux, lui dit cette femme,  de te donner une longue vie, parce que je crains que celui qui te succ\u00e9dera &raquo; ne soit plus m\u00e9chant que toi, puisque tu es pire que tous ceux qui t&rsquo;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 (1). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Eh oui, certains se plaignaient du pr\u00e9sident Coty, qui eurent la cinqui\u00e8me r\u00e9publique ; de de Gaulle, qui eurent Pompidou et Giscard ; de Mitterrand, qui eurent Chirac ; de Sarkozy et de Hollande, qui eurent Macron. Jusqu&rsquo;o&ugrave; ne descendrons-nous pas ? Mais comme dit un de mes lecteurs commentateurs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, quand on touche le fond, on creuse encore ! Ah Bush, ah Obama, ah Trump en attendant Omar !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et comme on parlait de lui (de Denys donc) et de Cic\u00e9ron, on citera le livre V des magnifiques Tusculanes (un jour, promis, je parlerai du songe de Scipion) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; XX. Denys devint tyran de Syracuse \u00e0 vingt-cinq ans; et pendant un r\u00e8gne de trente-huit, il fit cruellement sentir le poids de la servitude \u00e0 une ville si belle et si opulente. De bons auteurs nous apprennent qu&rsquo;il avait de grandes qualit\u00e9s car il \u00e9tait sobre, actif, capable de gouverner; mais d&rsquo;un naturel malfaisant et injuste; et par cons\u00e9quent, si l&rsquo;on en juge avec \u00e9quit\u00e9, le plus malheureux des hommes. En effet, quoiqu&rsquo;il f&ucirc;t parvenu \u00e0 la souveraine puissance, qu&rsquo;il avait si fort ambitionn\u00e9e, il ne s&rsquo;en croyait pourtant pas encore bien assur\u00e9. En vain descendait-il d&rsquo;une famille noble et illustre; quoique ce point soit contest\u00e9 par quelques historiens. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le caract\u00e8re de Denys est la m\u00e9fiance &ndash; la parano\u00efa !!! &#8211; vis-\u00e0-vis de ses proches et des syracusains :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; En vain avait-il grand nombre de parents et de courtisans, et m\u00eame de ces jeunes amis, dont l&rsquo;attachement et la fid\u00e9lit\u00e9 sont si connus dans la Gr\u00e8ce. Il ne se fiait \u00e0 aucun d&rsquo;eux.<strong>Il avait donn\u00e9 toute sa confiance \u00e0 de vils esclaves, qu&rsquo;il avait enlev\u00e9s aux plus riches citoyens et \u00e0 qui il avait \u00f4t\u00e9 le nom qui marquait leur servitude, afin de se les attacher davantage. Pour la garde de sa personne, il avait choisi des \u00e9trangers f\u00e9roces et barbares. <\/strong>Enfin la crainte de perdre son injuste domination l&rsquo;avait r\u00e9duit \u00e0 s&#8217;emprisonner, pour ainsi dire, dans son palais. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On sait que notre pr\u00e9sident a des gardes du corps du Mossad&hellip; Mais \u00e9vitons les ennuis et revenons \u00e0 Denys. Lui a au moins des filles qui lui font la barbe :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;  Il avait m\u00eame port\u00e9 la d\u00e9fiance si loin, que, n&rsquo;osant confier sa t\u00eate \u00e0 un barbier, il avait fait apprendre \u00e0 raser \u00e0 ses propres filles. Ainsi ces princesses s&rsquo;abaissant par ses ordres \u00e0 une fonction que nous regardons comme indigne d&rsquo;une personne libre, faisaient la barbe et les cheveux \u00e0 ce malheureux p\u00e8re. Encore, dit-on, que quand elles furent un peu grandes, craignant le rasoir jusque dans leurs mains, il imagina de se faire br&ucirc;ler par elles les cheveux et la barbe avec des \u00e9corces ardentes. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Denys adore les perquisitions :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; On raconte de plus, que quand il voulait aller passer la nuit avec l&rsquo;une de ses deux femmes, Aristomaque de Syracuse, et Doris de Locres, il commen\u00e7ait, en entrant dans leur appartement, par les perquisitions les plus exactes, pour voir s&rsquo;il n&rsquo;y avait rien \u00e0 craindre; et comme il avait fait entourer leur chambre d&rsquo;un large foss\u00e9, sur lequel il y avait un petit pont de bois ; il le levait aussit\u00f4t qu&rsquo;il \u00e9tait avec elles, apr\u00e8s avoir pris la pr\u00e9caution de fermer lui-m\u00eame la porte en dedans. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cic\u00e9ron (qui finit les mains et la t\u00eate coup\u00e9es) poursuit son amusante \u00e9num\u00e9ration :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Fallait-il parler au peuple? Comme il n&rsquo;e&ucirc;t os\u00e9 para&icirc;tre dans la tribune ordinaire, il ne haranguait que du haut d&rsquo;une tour. &Eacute;tant oblig\u00e9 de se d\u00e9shabiller pour jouer \u00e0 la paume, qu&rsquo;il aimait beaucoup, il ne confiait son \u00e9p\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 un jeune homme son favori. Sur quoi un de ses amis lui ayant dit un jour en riant : Voil\u00e0 donc une personne \u00e0 qui vous confiez votre vie, et le tyran s&rsquo;\u00e9tant aper\u00e7u que le jeune homme en souriait, il les fit mourir tous deux; l&rsquo;un pour avoir indiqu\u00e9 un moyen de l&rsquo;assassiner; l&rsquo;autre, parce qu&rsquo;il semblait avoir approuv\u00e9 la chose par un sourire. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais Denys est li\u00e9 au mythe de Damocl\u00e8s (pour moi c&rsquo;est un mythe plus qu&rsquo;une histoire). Et cela donne sous la plume ac\u00e9r\u00e9e comme on dit du ma&icirc;tre de la prose latine : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>XXI. Un de ses flatteurs, nomm\u00e9 Damocl\u00e8s, ayant voulu le f\u00e9liciter sur sa puissance, sur ses troupes, sur l&rsquo;\u00e9clat de sa cour, sur ses tr\u00e9sors immenses, et sur la magnificence de ses palais, ajoutant que jamais prince n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 si heureux que lui : Damocl\u00e8s, lui dit-il, puisque mon sort te para&icirc;t si doux, serais-tu tent\u00e9 d&rsquo;en go&ucirc;ter un peu, et de le mettre en ma place? Damocl\u00e8s ayant t\u00e9moign\u00e9 qu&rsquo;il en ferait volontiers l&rsquo;\u00e9preuve, Denys le fit asseoir sur un lit d&rsquo;or, couvert de riches carreaux, et d&rsquo;un tapis dont l&rsquo;ouvrage \u00e9tait magnifique. Il fit orner ses buffets d&rsquo;une superbe vaisselle d&rsquo;or et d&rsquo;argent. Ensuite ayant fait approcher la table, il ordonna que Damocl\u00e8s y f&icirc;t servi par de jeunes esclaves, les plus beaux qu&rsquo;il e&ucirc;t, et qui devaient ex\u00e9cuter ses ordres au moindre signal. Parfums, couronnes, cassolettes, mets exquis, rien n&rsquo;y fut \u00e9pargn\u00e9. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Evidemment il y a un prix \u00e0 payer, ajoute notre sage et sarcastique Cic\u00e9ron :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Ainsi Damocl\u00e8s se croyait le plus fortun\u00e9 des hommes, lorsque tout d&rsquo;un coup, au milieu du festin, il aper\u00e7ut au-dessus de sa t\u00e8te une \u00e9p\u00e9e nue, que Denys y avait fait attacher, et qui ne tenait au plancher que par un simple crin de cheval. Aussit\u00f4t les yeux de notre bienheureux se troubl\u00e8rent : ils ne virent plus, ni ces beaux gar\u00e7ons, qui le servaient, ni la magnifique vaisselle qui \u00e9tait devant lui : ses mains n&rsquo;os\u00e8rent plus toucher aux plats : sa couronne tomba de sa t\u00eate. Que dis-je? Il demanda en gr\u00e2ce au tyran la permission de s&rsquo;en aller, ne voulant plus \u00eatre heureux \u00e0 ce prix (2). &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Peut-\u00eatre que gr\u00e2ce \u00e0 Damocl\u00e8s l&rsquo;autre ne restera pas&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notes<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(1) Biographie universelle, ancienne et moderne. 1814, Google books, tome onzi\u00e8me, p. 120.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(2) Cic\u00e9ron, Tusculanes, V, Remacle.org<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand Cic\u00e9ron explique Macron&hellip; Pour parler de lui et de ce qu&rsquo;il nous inspire, je ne connais rien de mieux que cet extrait de la Biographie universelle, publi\u00e9e en 1814 et retrouv\u00e9e par votre serviteur gr\u00e2ce \u00e0 Google books : &laquo; &Eacute;tonn\u00e9 d&rsquo;entendre une vieille femme prier les dieux de conserver les jours de Denys,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[27],"tags":[2640,2617,9966,10271],"class_list":["post-78528","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-carnets-de-nicolas-bonnal-1","tag-bonnal","tag-macron","tag-rome","tag-tyran"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78528","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78528"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78528\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78528"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78528"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78528"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}