{"id":78593,"date":"2019-04-24T08:21:15","date_gmt":"2019-04-24T08:21:15","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/04\/24\/une-grande-dame-quon-assassine\/"},"modified":"2019-04-24T08:21:15","modified_gmt":"2019-04-24T08:21:15","slug":"une-grande-dame-quon-assassine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/04\/24\/une-grande-dame-quon-assassine\/","title":{"rendered":"Une Grande Dame qu&rsquo;on assassine"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Une Grande Dame qu&rsquo;on assassine<\/h2>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Une Dame \u00e9tait n\u00e9e<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Une vieille dame, encore fort vigoureuse, est menac\u00e9e de mort. Accus\u00e9e tour \u00e0 tour d&rsquo;\u00eatre fort d\u00e9pensi\u00e8re, imp\u00e9cunieuse, de n&rsquo;\u00eatre pas assez moderne, elle est jug\u00e9e digne de passer de vie \u00e0 tr\u00e9pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On lui reproche sans am\u00e9nit\u00e9 d&rsquo;avoir un trou. Obsc\u00e8ne ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Oui, l&rsquo;invention de ce tr\u00e9sor s\u00e9mantique promu par le syndicat du patronat fran\u00e7ais est une insulte \u00e0 l&rsquo;intelligence d&rsquo;un enfant en \u00e9cole primaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un trou dans l&rsquo;imaginaire commun est un orifice dangereux, un accroc dans un tissu, une b\u00e9ance sans cause dans un continuum mat\u00e9riel. Une anomalie spatiale dans laquelle on peut choir, dispara&icirc;tre, se faire engloutir. Un hiatus sans cause irr\u00e9parable. Un vide, une fosse, un puits sans fond. Une absence, un endroit perdu et m\u00eame une prison. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pourtant cette dame d&rsquo;une grande dignit\u00e9 est des plus respectables. Elle nous offre des soins, nous r\u00e9mun\u00e8re quand nous \u00e9levons un enfant et veille \u00e0 nous assurer de quoi vivre quand on ne peut pas travailler ou que nous devenons trop vieux pour le faire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Elle est tr\u00e8s riche aussi. Son budget est de loin sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l&rsquo;Etat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Elle pr\u00e9sente un d\u00e9ficit, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il existe un d\u00e9s\u00e9quilibre entre ses recettes et ses d\u00e9penses. Mais l&rsquo;image d&rsquo;une lacune statique inexplicable inqui\u00e8te et se substitue \u00e0 la notion dynamique de flux. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>La S\u00e9curit\u00e9 Sociale fran\u00e7aise institu\u00e9e par d\u00e9cret en octobre 1945 par les communistes et les gaullistes de la R\u00e9sistance a \u00e9t\u00e9 dot\u00e9e du tiers de la richesse produite par le travail. Son budget a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 g\u00e9r\u00e9 par les travailleurs eux-m\u00eames. Cette d\u00e9mocratie fondamentale, la gestion des contributions des travailleurs par les int\u00e9ress\u00e9s, intol\u00e9rable pour le patronat, a \u00e9t\u00e9 rogn\u00e9e progressivement. L&rsquo;ordonnance de Jupp\u00e9 de juin 1996 y a mis fin, elle a introduit une parit\u00e9 entre repr\u00e9sentants des assur\u00e9s sociaux, des employeurs  et des repr\u00e9sentants des salari\u00e9s d\u00e9sign\u00e9s (et non plus \u00e9lus) par les organisations syndicales.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Involution sous la contrainte<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Toujours en 1996, moment aigu de l&rsquo;offensive lib\u00e9rale, avec le triomphe de l&rsquo;OMC, l&rsquo;effondrement du bloc sovi\u00e9tique et l&rsquo;initiation des guerres sans fin des Usa et de l&rsquo;OTAN, l&rsquo;&Eacute;tat acquiert un r\u00f4le de tutelle de la S\u00e9curit\u00e9 Sociale dont le budget pr\u00e9visionnel est vot\u00e9 au Parlement tout en ayant la ma&icirc;trise exclusive du prix des m\u00e9dicaments.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Prenant pr\u00e9texte de favoriser l&#8217;emploi dans un contexte de ch\u00f4mage structurel consolid\u00e9 depuis des d\u00e9cennies, l&rsquo;&Eacute;tat est intervenu pour exon\u00e9rer les employeurs des cotisations sociales, en particulier sur les bas salaires, devenues charges dans le vocabulaire des m\u00e9diocrates.  Le Comit\u00e9 de suivi des aides publiques aux entreprises et des engagements (COSAPE) dans son  <a href=\"https:\/\/www.strategie.gouv.fr\/publications\/exonerations-generales-de-cotisations-rapport-2017-cosape#https:\/\/www.strategie.gouv.fr\/publications\/exonerations-generales-de-cotisations-rapport-2017-cosape\">rapport de 2017<\/a>  estime \u00e0 pr\u00e8s de vingt cinq milliards d&rsquo;euros le montant de ces exon\u00e9rations. Cette politique mise en place depuis 1993 s&rsquo;est enrichie de nouveaux dispositifs au point que les cotisations patronales pour les salaires du niveau du SMIC sont d\u00e9sormais nulles sans r\u00e9el effet sur la baisse du ch\u00f4mage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En mettant en regard la courbe du d\u00e9ficit au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, le pic le plus important de 23,3 &euro; milliards en 2010, dans le sillage de la crise financi\u00e8re \u00e9tasunienne diss\u00e9min\u00e9e sur toute la plan\u00e8te, reste bien en de\u00e7\u00e0 des 25 milliards dus et  <a href=\"https:\/\/www.gouvernement.fr\/argumentaire\/en-2017-le-deficit-de-la-securite-sociale-sera-resorbe#https:\/\/www.gouvernement.fr\/argumentaire\/en-2017-le-deficit-de-la-securite-sociale-sera-resorbe\">exon\u00e9r\u00e9s<\/a>.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>La S\u00e9cu parvient \u00e0 traquer de mieux en mieux  <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/conjoncture\/2016\/07\/02\/20002-20160702ARTFIG00007-la-secu-detecte-de-plus-en-plus-de-fraudes.php#http:\/\/www.lefigaro.fr\/conjoncture\/2016\/07\/02\/20002-20160702ARTFIG00007-la-secu-detecte-de-plus-en-plus-de-fraudes.php\">les fraudes sociales<\/a>  gr\u00e2ce \u00e0 un ciblage pertinent et \u00e0 r\u00e9aliser des redressements pour un montant de plus d&rsquo;un milliard par an. Cependant, l&rsquo;ACOSS, sa banque, estime entre 6 et 7 milliards le manque \u00e0 gagner d&ucirc; \u00e0 la fraude dans le secteur priv\u00e9. La Cour des Comptes l&rsquo;\u00e9value selon d&rsquo;autres principes de calcul et aboutit au chiffre de 22 &euro; milliards par an. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Reprenons, le d\u00e9ficit de la S\u00e9cu a connu son maximum en 2010, 23,3 &euro; milliards versus 20 &euro; milliards d&rsquo;exon\u00e9rations et au moins 6 de fraudes. La S\u00e9cu n&rsquo;a de plus aucun moyen de d\u00e9cider du prix des m\u00e9dicaments, des dispositifs m\u00e9dicaux ni des actes de biologie m\u00e9dicale. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lorsque l&rsquo;on appr\u00e9cie le d\u00e9ficit selon un rapport sur les recettes (488 &euro; milliards) ou les d\u00e9penses,  <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Comptes_de_la_S%C3%A9curit%C3%A9_sociale_en_France#https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Comptes_de_la_S%C3%A9curit%C3%A9_sociale_en_France\">les comptes pour l&rsquo;ann\u00e9e 2017<\/a>  montrent qu&rsquo;il est inf\u00e9rieur \u00e0 1%. En comparaison, le d\u00e9ficit de l&rsquo;&Eacute;tat sera de  <a href=\"https:\/\/www.challenges.fr\/politique\/budget-le-deficit-de-l-etat-va-se-creuser-en-2019_614885#https:\/\/www.challenges.fr\/politique\/budget-le-deficit-de-l-etat-va-se-creuser-en-2019_614885\">81 &euro; milliards en 2019<\/a>  sur un chiffre de recettes \u00e0 291 &euro; milliards soit un rapport de 27% ! Pour autant, les m\u00e9diocrates ne pr\u00e9conisent pas (pas encore ouvertement du moins) de donner la gestion du budget de l&rsquo;&Eacute;tat \u00e0 des firmes priv\u00e9es. <\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Offensive d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e du lib\u00e9ralisme<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Un discours pr\u00e9tendument expert pr\u00e9sente depuis au moins les ann\u00e9es 1990 la S\u00e9curit\u00e9 Sociale, l&rsquo;acquis le plus important des luttes sociales qui a abouti en mati\u00e8re de soins m\u00e9dicaux \u00e0 l&rsquo;application de la r\u00e8gle de mutualisation des risques de sant\u00e9. A chacun selon ses besoins et de chacun selon ses moyens&rsquo; comme &laquo; Le Machin &raquo; vieillot a d\u00e9truire absolument. Le salaire social, c&rsquo;est \u00e0 dire les contributions salariales et patronales qui constituaient l&rsquo;essentiel de ses recettes avant d&rsquo;en repr\u00e9senter les deux tiers en raison de l&rsquo;introduction de la CGS et de la CDRES, est sans cesse \u00e9voqu\u00e9 comme une charge d&rsquo;un co&ucirc;t exorbitant alors qu&rsquo;il est une \u00e9pargne. Ce  discours &lsquo;\u00e9conomique&rsquo; id\u00e9ologis\u00e9 est pass\u00e9 largement comme une \u00e9vidence pour une large part de l&rsquo;opinion publique. Cette mutation r\u00e9sulte du travail fr\u00e9n\u00e9tique de think tanks qui inondent de leurs \u00e9lucubrations tourn\u00e9es vers le seul profit du capital les m\u00e9dias, la litt\u00e9rature scientifique ou non et l&rsquo;universit\u00e9. Il a fallu que du temps soit pass\u00e9 et que l&rsquo;on aide ce peuple r\u00e9tif \u00e0 oublier pour que l&rsquo;on tente aujourd&rsquo;hui de r\u00e9habiliter Renault qui avait travaill\u00e9 avec z\u00e8le pour l&rsquo;occupant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est vrai que pr\u00e8s de 500 milliards qui \u00e9chappent \u00e0 l&rsquo;app\u00e9tit des banques et des mutuelles priv\u00e9es ne peuvent que g\u00e9n\u00e9rer une frustration \u00e0 hauteur des profits potentiels perdus. La <a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/republicain\/blog\/191211\/denis-kessler-il-sagit-de-defaire-methodiquement-le-programme-du-cnr#https:\/\/blogs.mediapart.fr\/republicain\/blog\/191211\/denis-kessler-il-sagit-de-defaire-methodiquement-le-programme-du-cnr\">d\u00e9claration<\/a> de l&rsquo;ancien patron du Medef Denis Kessler, faite \u00e0 la revue <em>Challenge<\/em> en 2007, est tout \u00e0 fait explicite. Il faut d\u00e9truire le programme social issu de 1945, lequel n&rsquo;a pu \u00eatre impos\u00e9 qu&rsquo;en raison de la collaboration patente de la haute banque fran\u00e7aise et des ma&icirc;tres de la sid\u00e9rurgie et de la chimie fran\u00e7aise avec l&rsquo;Allemagne nazie. L&rsquo;\u00e9tude des archives des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant la seconde guerre mondiale montre sans ambigu\u00eft\u00e9 aucune la <a href=\"http:\/\/www.armand-colin.com\/le-choix-de-la-defaite-9782200354916#http:\/\/www.armand-colin.com\/le-choix-de-la-defaite-9782200354916\">choix de la d\u00e9faite<\/a>  des \u00e9lites fran\u00e7aises.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette mise en majuscule d&rsquo;une dette sociale intenable a permis de glisser l&rsquo;autre message majeur qui doit justifier la d\u00e9possession des travailleurs de leur \u00e9pargne collective. Sa gestion est obligatoirement d\u00e9sastreuse et on\u00e9reuse puisqu&rsquo;elle n&rsquo;est pas confi\u00e9e au secteur priv\u00e9 d\u00e9fini selon l&rsquo;axiomatique lib\u00e9rale comme plus performant. La comparaison avec les syst\u00e8me suisse et am\u00e9ricain caract\u00e9ris\u00e9s par l&rsquo;absence de monopole public indique le contraire. Les frais de gestion en France de cette collecte et sa redistribution restent  <a href=\"https:\/\/www.acoss.fr\/home\/lacoss-et-les-urssaf\/reperes\/comprendre-la-securite-sociale\/quels-sont-les-vrais-couts-de-ge.html#https:\/\/www.acoss.fr\/home\/lacoss-et-les-urssaf\/reperes\/comprendre-la-securite-sociale\/quels-sont-les-vrais-couts-de-ge.htm\">inf\u00e9rieurs \u00e0 4%<\/a>  du budget quand ils sont de  <a href=\"https:\/\/lincorrect.org\/comment-economiser-sur-les-frais-de-gestion-de-la-securite-sociale\/#https:\/\/lincorrect.org\/comment-economiser-sur-les-frais-de-gestion-de-la-securite-sociale\/\">l&rsquo;ordre de 20%<\/a>  pour les compl\u00e9mentaires sant\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Une vigueur jamais d\u00e9mentie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Malgr\u00e9 toutes les entailles faites \u00e0 ses ressources toujours amput\u00e9es des exon\u00e9rations, des fraudes non contr\u00f4l\u00e9es et des taxes per\u00e7ues par l&rsquo;&Eacute;tat et non revers\u00e9es, s&rsquo;op\u00e8re le retour progressif \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre des comptes de la S\u00e9curit\u00e9 Sociale en 2019-2020. Il permet un d\u00e9sendettement qui situera la dette  <a href=\"https:\/\/www.economie.gouv.fr\/files\/files\/plfss2018\/PLFSS_2018.pdf#https:\/\/www.economie.gouv.fr\/files\/files\/plfss2018\/PLFSS_2018.pdf\">en dessous de 35 &euro; milliards<\/a>  en 2024 versus les 162 &euro; milliards de 2015. Cette dette plac\u00e9e sur les march\u00e9s financiers  <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/social\/2016\/01\/13\/09010-20160113ARTFIG00214-la-dette-sociale-de-la-france-en-quatre-chiffres.php#http:\/\/www.lefigaro.fr\/social\/2016\/01\/13\/09010-20160113ARTFIG00214-la-dette-sociale-de-la-france-en-quatre-chiffres.php\">est d\u00e9tenue<\/a>  \u00e0 95% par des \u00e9trangers qui en sont tr\u00e8s friands. Les travailleurs fran\u00e7ais leur ont vers\u00e9 des dizaines de &euro; milliards d&rsquo;int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors pourquoi vouloir continuer \u00e0 fermer des lits d&rsquo;hospitalisation et fermer des h\u00f4pitaux g\u00e9n\u00e9raux et de proximit\u00e9 ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le processus d&rsquo;appauvrissement du pays en structures hospitali\u00e8res a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 depuis longtemps. La  <a href=\"https:\/\/journal.lutte-ouvriere.org\/2010\/07\/14\/hopitaux-publics-disparition-des-conseils-dadministration-et-de-tout-controle_22745.html#https:\/\/journal.lutte-ouvriere.org\/2010\/07\/14\/hopitaux-publics-disparition-des-conseils-dadministration-et-de-t\">suppression des Conseils d&rsquo;administration<\/a>  o&ugrave; si\u00e9geaient \u00e9lus, repr\u00e9sentants du personnel et des m\u00e9decins en 2010 pour ne laisser place qu&rsquo;\u00e0 la direction nomm\u00e9e par les directeurs d&rsquo;Agence r\u00e9gionale de sant\u00e9, eux-m\u00eames plac\u00e9s sous les ordres directs du minist\u00e8re a affirm\u00e9 le principe de leur contr\u00f4le vertical et centralis\u00e9. Ainsi a \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9 ce qui pouvait faire obstacle aux d\u00e9cisions de licenciements et de fermetures.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Rationalit\u00e9 et rationnement<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Les diff\u00e9rents politiques affect\u00e9s \u00e0 cette t\u00e2che, des femmes le plus souvent ont \u00e9t\u00e9 les ministres de la Sant\u00e9, Bachelot, Touraine et maintenant Buzyn, recourent \u00e0 l&rsquo;argument de rationalisation des ressources quand les usagers per\u00e7oivent un recul des services publics de proximit\u00e9. Leur &lsquo;communication&rsquo; s&rsquo;articule autour de deux principes au substrat contradictoire. Les petits h\u00f4pitaux p\u00e9riph\u00e9riques sont \u00e0 proscrire car sans ressources ni pratiques suffisantes pour assurer des soins de qualit\u00e9 dans des conditions de s\u00e9curit\u00e9. Les h\u00f4pitaux de plus grande envergure, de haute comp\u00e9tence technique, sont trop nombreux et se font concurrence, il faut en r\u00e9duire le nombre. Une logique qui ne serait pas celle purement comptable \u00e0 court terme envisagerait une redistribution des moyens vers les zones d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9es. Elle renforcerait le maillage et dynamiserait la fonction de sant\u00e9 publique vers un p\u00f4le de soin mais aussi de pr\u00e9vention, meilleur moyen de r\u00e9duire les pr\u00e9valences des maladies chroniques cardiovasculaires et respiratoires, 60% des co&ucirc;ts actuels de la branche maladie de la SS. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>La Direction des statistiques du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 constate une  <a href=\"https:\/\/pressfrom.info\/fr\/actualite\/france\/-190892-les-vrais-chiffres-des-fermetures-d-hopitaux.html#https:\/\/pressfrom.info\/fr\/actualite\/france\/-190892-les-vrais-chiffres-des-fermetures-d-hopitaux.html\">fermeture d&rsquo;entit\u00e9s g\u00e9ographiques<\/a>. Le nombre d&rsquo;h\u00f4pitaux publics est pass\u00e9 de 1458 sites en 2013 \u00e0 1363 en 2017, soit -7%. Les \u00e9tablissements priv\u00e9s \u00e0 but non lucratifs ont connu une baisse de 4% et les sites \u00e0 but lucratif une r\u00e9duction modeste de 2%.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La refonte de la carte sanitaire (encore une) pr\u00e9vue par le gouvernement Macron, c&rsquo;est la r\u00e9duction de la <a href=\"http:\/\/force-ouvriere44.fr\/restructurations-fermetures-dactivite-dhopitaux\/#http:\/\/force-ouvriere44.fr\/restructurations-fermetures-dactivite-dhopitaux\/\">masse salariale d&rsquo;1,2 milliards<\/a>  par le biais de fermetures, red\u00e9ploiements et &lsquo;restructuration&rsquo; pour la p\u00e9riode 2018-2022. Soit une ou un infirmier de moins pour chaque commune de France. La prise en compte de motifs uniquement comptables dans ce plan sant\u00e9 d\u00e9voil\u00e9 par la Section 44 de Force Ouvri\u00e8re va r\u00e9duire l&rsquo;offre de soins et aura pour cons\u00e9quence la mobilit\u00e9 forc\u00e9e du personnel. La masse salariale des h\u00f4pitaux repr\u00e9sente 70% des  d\u00e9penses de fonctionnement des h\u00f4pitaux.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>La d\u00e9sertification m\u00e9dicale ne fera que s&rsquo;aggraver dans les zones peu peupl\u00e9es avec la transformation des h\u00f4pitaux de proximit\u00e9 en dispensaires sans chirurgie ni maternit\u00e9 ni services d&rsquo;urgence. Ainsi  <a href=\"https:\/\/www.bfmtv.com\/economie\/les-petites-villes-s-inquietent-des-futurs-hopitaux-de-proximite-1631894.html#https:\/\/www.bfmtv.com\/economie\/les-petites-villes-s-inquietent-des-futurs-hopitaux-de-proximite-1631894.html\">s&rsquo;inqui\u00e8tent<\/a>  \u00e0 juste titre les maires des petites villes des effets de la loi sant\u00e9 2022. La loi de la concentration a \u00e9t\u00e9 choisie pour d\u00e9structurer ce que le pays a con\u00e7u et construit depuis des d\u00e9cennies. Les sites hospitaliers r\u00e9gionaux amput\u00e9s de leurs services les plus importants seront dans un premier temps consacr\u00e9s \u00e0 de la g\u00e9riatrie avec un petit plateau de radiologie conventionnelle avant d&rsquo;\u00eatre transform\u00e9s en longs s\u00e9jours pour personnes d\u00e9pendantes ou EHPAD, en fait des mouroirs avec un vernis m\u00e9dicalis\u00e9 comme il en existe d\u00e9j\u00e0, voire de dispara&icirc;tre. <\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Moins de m\u00e9decins, moins de soins<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La rar\u00e9faction de l&rsquo;offre de soins aboutira n\u00e9cessairement \u00e0 une moindre consommation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;indisponibilit\u00e9 des services comme la chirurgie r\u00e9duira fatalement les actes les plus co&ucirc;teux. Un autre volet de la diminution de l&rsquo;offre a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;instauration d&rsquo;un num\u00e9rus clausus avec contingentement des places dans les \u00e9tudes m\u00e9dicales d\u00e8s 1971. A l&rsquo;\u00e9poque l&rsquo;inflation des \u00e9tudiants en m\u00e9decine devait \u00eatre jugul\u00e9e par un concours d&rsquo;entr\u00e9e qui validait les postulants sur leurs comp\u00e9tences scientifiques. Cette mesure semblait justifi\u00e9e par la g\u00e9n\u00e9ralisation de l&rsquo;enseignement secondaire qui avait charri\u00e9  des centaines de milliers de bacheliers \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9. Quelques d\u00e9cennies plus tard, le maintien de ce numerus clausus relevait davantage d&rsquo;un r\u00e9flexe corporatiste (fermer la porte \u00e0 de nouveaux arrivants) sans r\u00e9pondre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la d\u00e9mographie m\u00e9dicale. L&rsquo;int\u00e9gration de m\u00e9decins \u00e0 dipl\u00f4me \u00e9tranger a permis de r\u00e9gler \u00e0 moindre co&ucirc;t une certaine p\u00e9nurie, tout en privant bien s&ucirc;r par ailleurs les pays d&rsquo;origine de cadres ch\u00e8rement form\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Richesse et acc\u00e8s aux soins in\u00e9gal<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Dans les pays de l&rsquo;OCDE les soins de sant\u00e9 sont en accroissement constant. Ils d\u00e9passent dans leur progression quelquefois celui du PIB, comme c&rsquo;est le cas pour la France qui leur consacre environ 12% du PIB. Les causes de cette augmentation sont multifactorielles et un nombre tr\u00e8s important d&rsquo;\u00e9tudes lui a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9. Esp\u00e9rance de vie plus \u00e9lev\u00e9e avec depuis quelques ann\u00e9es r\u00e9duction de l&rsquo;esp\u00e9rance en bon \u00e9tat de sant\u00e9, innovations th\u00e9rapeutiques et diagnostiques on\u00e9reuses et dont la tarification n&rsquo;est pas ma&icirc;tris\u00e9e par l&rsquo;instance politique. Ind\u00e9niablement, la courbe de r\u00e9gression montre une  <a href=\"https:\/\/www.contrepoints.org\/2015\/03\/15\/201247-depenses-de-sante-et-pib-par-tete-les-lecons-dune-comparaison-internationale#https:\/\/www.contrepoints.org\/2015\/03\/15\/201247-depenses-de-sante-et-pib-par-tete-les-lecons-dune-comparaison-international\">corr\u00e9lation \u00e9troite<\/a>  positive entre PIB par habitant et d\u00e9penses consacr\u00e9es aux soins de sant\u00e9. En revanche, il n&rsquo;existe pas d&rsquo;indicateur sur la corr\u00e9lation entre bonne sant\u00e9 et d\u00e9penses de soins de sant\u00e9, m\u00eame si intuitivement, elle semble \u00eatre n\u00e9gative. Cette courbe ne rend pas compte d&rsquo;une allocation tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne des soins. Les  <a href=\"https:\/\/www.chairesante.dauphine.fr\/fileadmin\/mediatheque\/chaires\/chaire_sante\/pdf\/diaposjusot_01.pdf#https:\/\/www.chairesante.dauphine.fr\/fileadmin\/mediatheque\/chaires\/chaire_sante\/pdf\/diaposjusot_01.pdf\">in\u00e9galit\u00e9s sociales de sant\u00e9<\/a>  sont bien identifi\u00e9es en France. Plus on est travailleur manuel, plus on vit en p\u00e9riph\u00e9rie des grandes villes, moins on vit longtemps, plus on est en mauvaise sant\u00e9 et moins on a acc\u00e8s \u00e0 des soins de qualit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La cr\u00e9ation des Agences r\u00e9gionales pour la sant\u00e9 n&rsquo;a en rien fait avancer le chantier urgent de la pr\u00e9vention. Rappelons que les maladies chroniques, particuli\u00e8rement les m\u00e9taboliques et les cardio-vasculaires, sont celles qui gr\u00e8vent le plus les ressources de la S\u00e9curit\u00e9 sociale. Elles sont \u00e9vitables car ce sont des maladies li\u00e9es au mode de vie affectant la population s\u00e9dentaire et expos\u00e9e \u00e0 une alimentation industrielle diab\u00e9tog\u00e8ne et hyper-cholest\u00e9rol\u00e9miante. Les habitudes alcoolo-tabagiques devraient \u00e9galement \u00eatre combattues si l&rsquo;on voulait abaisser les affections de longue dur\u00e9e et les morts pr\u00e9matur\u00e9es. Les efforts ne sont pas port\u00e9s l\u00e0 o&ugrave; il le faudrait, l&rsquo;objectif n&rsquo;\u00e9tant pas de d\u00e9velopper les conditions d&rsquo;une bonne sant\u00e9 de la population en g\u00e9n\u00e9ral mais de complaire \u00e0 des fabricants de m\u00e9dicaments tout en r\u00e9duisant la possibilit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 des soins de qualit\u00e9 et de proximit\u00e9 pour la majorit\u00e9 la plus d\u00e9munie.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Soigner moins et appauvrir<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La gestion d&rsquo;une politique de sant\u00e9 invariable depuis deux d\u00e9cennies au moins est conditionn\u00e9e par sa fascination pour la seule variable manipulable ais\u00e9ment, la d\u00e9pense, particuli\u00e8rement celle affect\u00e9e aux salaires. Elle reste pi\u00e9g\u00e9e dans une comptabilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9picier des si\u00e8cles derniers, d\u00e9penser moins, au d\u00e9triment de la recette et du b\u00e9n\u00e9fice social global qui am\u00e9liore la qualit\u00e9 de vie d&rsquo;une population et la prosp\u00e9rit\u00e9 en retour du pays o&ugrave; elle vit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Elle induit de plus un autre (faux) paradoxe. Baisser les engagements financiers consacr\u00e9s aux soins de sant\u00e9 va affecter directement et indirectement le niveau et la croissance du PIB, l&rsquo;outil de mesure f\u00e9tiche des \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>A terme, se profile un futur o&ugrave; l&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique sera resserr\u00e9 autour de grandes villes avec peu d&rsquo;unit\u00e9s hospitali\u00e8res performantes, r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 quelques cat\u00e9gories sociales privil\u00e9gi\u00e9es. Le reste du territoire sera parsem\u00e9 de centres g\u00e9riatriques et de dispensaires. La s\u00e9curit\u00e9 sociale sera progressivement financ\u00e9e par l&rsquo;imp\u00f4t et non plus  par des cotisations li\u00e9es au travail. Elle fera la part belle aux compagnies d&rsquo;assurance priv\u00e9e auxquelles il est devenu <a href=\"https:\/\/www.ffa-assurance.fr\/infos-assures\/le-contrat-assurance-complementaire-sante#https:\/\/www.ffa-assurance.fr\/infos-assures\/le-contrat-assurance-complementaire-sante\">obligatoire<\/a>de s&rsquo;affilier depuis le premier janvier 2016. Au fur et \u00e0 mesure que les d\u00e9remboursements p\u00e8seront sur le syst\u00e8me priv\u00e9, la Dame n\u00e9e en octobre 1945, en \u00e9tat d&rsquo;asphyxie et d&rsquo;an\u00e9mie entretenu, finira d&rsquo;agoniser et rendra l&rsquo;\u00e2me.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une Grande Dame qu&rsquo;on assassine Une Dame \u00e9tait n\u00e9e Une vieille dame, encore fort vigoureuse, est menac\u00e9e de mort. Accus\u00e9e tour \u00e0 tour d&rsquo;\u00eatre fort d\u00e9pensi\u00e8re, imp\u00e9cunieuse, de n&rsquo;\u00eatre pas assez moderne, elle est jug\u00e9e digne de passer de vie \u00e0 tr\u00e9pas. On lui reproche sans am\u00e9nit\u00e9 d&rsquo;avoir un trou. Obsc\u00e8ne ? 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