{"id":78662,"date":"2019-06-01T12:12:26","date_gmt":"2019-06-01T12:12:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/06\/01\/operationnalite-de-la-nostalgie\/"},"modified":"2019-06-01T12:12:26","modified_gmt":"2019-06-01T12:12:26","slug":"operationnalite-de-la-nostalgie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/06\/01\/operationnalite-de-la-nostalgie\/","title":{"rendered":"Op\u00e9rationnalit\u00e9 de la Nostalgie"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Op\u00e9rationnalit\u00e9 de la Nostalgie<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>1er juin 2019 &ndash; Comme promis par <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-farage-a-la-metaphysique\">d&rsquo;autres<\/a> que moi semble-t-il, je reviens sur le texte en <em>Ouverture Libre <\/em>consacr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9finition du populisme que donne le commentateur radical, excellent saxophoniste de jazz, n\u00e9 Isra\u00e9lien mais ayant abandonn\u00e9 cette nationalit\u00e9, et r\u00e9sidant au Royaume-Uni, Gilad Atzmon. Je cite deux paragraphes de notre pr\u00e9sentation du texte d&rsquo;Atzmon pour bien r<strong>emettre en place le contexte o&ugrave; j&rsquo;aborde ici le probl\u00e8me, la question, le \u00ab\u00a0concept\u00a0\u00bb m\u00eame de \u00ab\u00a0la nostalgie\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; [L&rsquo;explication d&rsquo;Atzmon] <em>est totalement m\u00e9taphysique, opposant la lin\u00e9arit\u00e9 progressiste \u00e0 la transcendance &lsquo;utopique&rsquo; (ou plut\u00f4t, peut-\u00eatre : &lsquo;id\u00e9aliste&rsquo; ?) &hellip; \u00ab\u00a0Dans le contexte de la pens\u00e9e de gauche, le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et l&rsquo;avenir sont chronologiques et se succ\u00e8dent dans un ordre cons\u00e9cutif. Dans la philosophie de l&rsquo;aile droite, les temps changent de position de fa\u00e7on irr\u00e9guli\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&raquo; <em>Pour Atzmon, l\u00a0\u00bbutopie&rsquo; (selon le mot qu&rsquo;il emploie) offerte par la droite dans sa version du populisme se nomme &lsquo;nostalgie&rsquo;. Il est \u00e9vident que  <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/de-la-nostalgie-infinie\">ce mot<\/a>  ne peut que faire r\u00e9agir PhG, dans son &lsquo;Journal-dde.crisis&rsquo;, ce qui ne saurait tarder<\/em>&#8230; &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien entendu, avant m\u00eame de discuter de la signification du mot devenu-concept dans ce cas, et encore si l&rsquo;explication est utile ou n\u00e9cessaire, il y a pour moi cette remarque essentielle que <strong>quelque chose nomm\u00e9 \u00ab\u00a0nostalgie\u00a0\u00bb est consid\u00e9r\u00e9e d&rsquo;un point de vue op\u00e9rationnel, pour une signification politique explicite, d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne absolument d&rsquo;actualit\u00e9 (le populisme)<\/strong> ; donc un ph\u00e9nom\u00e8ne actif, vivant, \u00e9volutif, qui devrait n&rsquo;avoir aucun rapport direct possible avec ce qu&rsquo;on entend en g\u00e9n\u00e9ral comme \u00e9tant la \u00ab\u00a0nostalgie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une conceptualisation op\u00e9rationnelle d&rsquo;un sentiment souvent per\u00e7u comme extr\u00eamement vague, sinon languissant, un sentiment apparent\u00e9 \u00e0 une r\u00eaverie sans aucun aspect utilitaire, et de toutes les fa\u00e7ons jug\u00e9 comme n\u00e9gatif et enferm\u00e9 dans ce-qui-est-d\u00e9j\u00e0-\u00e9crit parce que \u00ab\u00a0pass\u00e9iste\u00a0\u00bb. Bien entendu, je donne l\u00e0 l&rsquo;entendement pratiqu\u00e9 selon la perception de l&rsquo;esprit moderne, \u00e0 laquelle <strong>je suis radicalement oppos\u00e9 et dont j&rsquo;observe le complet naufrage dans la catastrophe civilisationnelle la plus terrible que l&rsquo;histoire et la m\u00e9tahistoire aient connue<\/strong>, &ndash; parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une catastrophe fabriqu\u00e9e des mains, de la technique, de l&rsquo;esprit m\u00eame, je dirais presque en compl\u00e8te lucidit\u00e9 et connaissance de chose, par les architectes et les entrepreneurs du d\u00e9veloppement de cette civilisation. C&rsquo;est dire combien je prends au s\u00e9rieux, au contraire, l&rsquo;apparition de cette cat\u00e9gorisation de la nostalgie dans la politologie, d&rsquo;un facteur qui est traditionnellement (?) consid\u00e9r\u00e9 comme non-action par d\u00e9finition, et qui est utilis\u00e9 pour caract\u00e9riser l&rsquo;action politique, et certainement l&rsquo;action politique la plus dynamique aujourd&rsquo;hui, <strong>qui met tout le Syst\u00e8me sur la d\u00e9fensive<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Par cons\u00e9quent, <strong>l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour moi prodigieux<\/strong>, pour moi surtout qui envisage tout du point de vue de la m\u00e9taphysique historique intervenant directement dans les affaires de l&rsquo;actualit\u00e9 du monde, de lire ce texte o&ugrave; l&rsquo;auteur affiche avec aplomb : &laquo; <em>Contrairement aux commentateurs politiques, mon explication de ce ph\u00e9nom\u00e8ne politique r\u00e9current est de nature m\u00e9taphysique<\/em>. &raquo; (**)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette prise de position est importante, de la part d&rsquo;un homme qui fait partie d&rsquo;une cat\u00e9gorie bien pr\u00e9cise, &ndash; de ce point de vue, tr\u00e8s proche d&rsquo;in Isra\u00ebl Shamir, &ndash; un Isra\u00e9lien, juif, absolument antisioniste et, sur le sujet central de l&rsquo;habituelle attaque de communication, antijuda\u00efste sans nul doute et absolument pas antis\u00e9mite comme le tribunal-lobby de la bienpensance s&rsquo;est aussit\u00f4t empress\u00e9 de le qualifier. Ce qui est important pour nous, dans ce cas et par rapport \u00e0 la th\u00e9orie conceptuelle qu&rsquo;il pr\u00e9sente, c&rsquo;est que Atzmon conna&icirc;t, je dirais de culture quasiment-inn\u00e9e, la dimension n\u00e9cessairement m\u00e9taphysique du sionisme et <strong>c&rsquo;est \u00e9videmment dans ce cadre conceptuel qu&rsquo;il \u00e9volue pour proposer cette d\u00e9finition du populisme selon une perception qui \u00e9chappe absolument \u00e0 la \u00ab\u00a0politique-r\u00e9duite-\u00e0-la-raison\u00a0\u00bb<\/strong>. Le terme \u00ab\u00a0nostalgie\u00a0\u00bb pr\u00e9sent\u00e9 comme une \u00ab\u00a0utopie\u00a0\u00bb d\u00e9finissant le populisme est une d\u00e9marche qui \u00e9chappe \u00e0 l&#8217;empire de la raison, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire qui use de la raison quand cela importe mais refuse de r\u00e9duire sa pens\u00e9e \u00e0 la seule raison. Il s&rsquo;agit de la diffusion de la conception m\u00e9tahistorique d&rsquo;une pens\u00e9e habitu\u00e9e \u00e0 la m\u00e9taphysique par sa culture, \u00e0 un autre domaine fondamental de notre vie quotidienne. C&rsquo;est l&rsquo;indice <strong>d&rsquo;une \u00ab\u00a0m\u00e9tahistorisation\u00a0\u00bb des \u00e9v\u00e9nements de l&rsquo;actualit\u00e9 pr\u00e9sente, \u00e9chappant ainsi un peu plus \u00e0 la banalisation de cette cat\u00e9gorie<\/strong>&hellip; On sait l&rsquo;importance capitale que j&rsquo;accorde, pour travailler autour de la d\u00e9finition et de la compr\u00e9hension de la crise catastrophique et sans pr\u00e9c\u00e9dent que nous traversons, \u00e0 ce lien direct \u00e9tablit entre m\u00e9taphysique de l&rsquo;Histoire et \u00e9v\u00e9nements-courants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(M\u00eame si c&rsquo;est Atzmon qui m&rsquo;int\u00e9resse ici, je rappelle un autre exemple <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/le-piege-metaphysique-de-bolton\">d&rsquo;il y a trois jours<\/a> de cette tendance du politique vers le m\u00e9taphysique : &laquo; <em>On comprend aussit\u00f4t que cette phrase est donc essentielle dans le texte de Crooke : &laquo; L&rsquo;escalade contre l&rsquo;Iran sert plut\u00f4t de camouflage pour un conflit civilisationnel et m\u00e9taphysique beaucoup plus profond. &raquo; Il ne nous int\u00e9resse pas ici de faire une approche critique, soit du comportement des diff\u00e9rents acteurs, soit de l&rsquo;attitude des Isra\u00e9liens, soit du fondement du sionisme, soit de la perception \u00ab\u00a0complotiste\u00a0\u00bb que l&rsquo;on est \u00e9videmment conduit \u00e0 avoir de ces diff\u00e9rents facteurs et acteurs. Il nous int\u00e9resse ici de constater <strong>combien l&rsquo;analyse op\u00e9rationnelle, fond\u00e9e ou pas, est conduit vers les domaines de la m\u00e9taphysique et de la th\u00e9ologie.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&raquo; &hellip;<em>De plus en plus d&rsquo;analyses sur telle et telle situations sont d\u00e9velopp\u00e9es de fa\u00e7on \u00e0 aboutir \u00e0 des jugements de type-satanique comme explication ultime, qui repr\u00e9sentent une autre fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9chapper au pi\u00e8ge dans lequel nous nous d\u00e9battons et que nous pourrions d\u00e9signer comme <strong>l&rsquo;impuissance d\u00e9sormais totale de rendre compte de la v\u00e9rit\u00e9 du monde<\/strong>, &ndash; sans parler de cette bulle d\u00e9risoire de simulacre que l&rsquo;on nomme r\u00e9alit\u00e9<\/em>. &raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On comprendra par cons\u00e9quence, en fonction de cette remarque cit\u00e9e entre parenth\u00e8ses pour soutenir mon propos, &ndash; &laquo; <em>l&rsquo;impuissance d\u00e9sormais totale de rendre compte de la v\u00e9rit\u00e9 du monde<\/em>&hellip; &raquo;, &ndash; la n\u00e9cessit\u00e9 o&ugrave; l&rsquo;on se trouve de rechercher concepts et cat\u00e9gories hors du seule champ de la politique r\u00e9duite \u00e0 la raison humaine et \u00e0 ses avatars<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une autre remarque importante que je suis conduit \u00e0 faire, c&rsquo;est celle de s&rsquo;interroger sur l&#8217;emploi par Atzmon du terme \u00ab\u00a0utopie\u00a0\u00bb pour d\u00e9finir sa d\u00e9marche. On rappellera ici la d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale que <em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Utopie#cite_note-Rouvillois_1999-1\">Wikip\u00e9dia<\/a>  <\/em>donne du terme \u00ab\u00a0utopie\u00a0\u00bb (**), qui semble correspondre \u00e0 la perception que je serais conduit \u00e0 avoir, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire, <strong>d&rsquo;abord un terme tactique <\/strong>d\u00e9signant un genre qui s&rsquo;appuie sur le fictionnalisme impliquant son impossibilit\u00e9 factuelle, <strong>pour faire mieux passer une critique sociale que les r\u00e9gimes en place n&rsquo;eussent point admise <\/strong>si elle avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e en tant que telle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En observant les divers aspects du mot \u00ab\u00a0utopie\u00a0\u00bb, une seule chose me retient et me fais finalement adopter le terme, mais bien s&ucirc;r une chose fondamentale : son \u00e9tymologie, de ce mot form\u00e9 par Thomas More \u00e0 partir du grec \u00ab\u00a0<em>aucun lieu<\/em>\u00ab\u00a0. Effectivement, et cela est si bien trouv\u00e9 (moi qui ignorais l&rsquo;origine du mot \u00ab\u00a0utopie\u00a0\u00bb), &ndash; songez-y, que la \u00ab\u00a0nostalgie\u00a0\u00bb soit une \u00ab\u00a0utopie\u00a0\u00bb, <strong>c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0aucun lieu\u00a0\u00bb, un nulle part qui repr\u00e9sente une sorte de \u00ab\u00a0partout\u00a0\u00bb<\/strong> ; c&rsquo;est-\u00e0-dire, dirais-je en poursuivant ma perception de la d\u00e9finition, \u00ab\u00a0aucun lieu\u00a0\u00bb dans le pr\u00e9sent, ni n\u00e9cessairement dans le futur que ce pr\u00e9sent pr\u00e9tend imposer, mais <strong>\u00ab\u00a0partout\u00a0\u00bb (tous les lieux) dans le pass\u00e9 dont la nostalgie rend compte en faisant le choix des plus sublimes <\/strong>et donc en substituant au pass\u00e9 m\u00e9canique de nos m\u00e9moires, le v\u00e9ritable pass\u00e9, celui qui sugg\u00e8re des acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 &hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce n&rsquo;est que dans ce sens que la \u00ab\u00a0nostalgie\u00a0\u00bb me para&icirc;t une \u00ab\u00a0utopie\u00a0\u00bb, <strong>mais alors quelle puissance, quelle ampleur, quelle hauteur !<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est avec ces r\u00e9flexions \u00e0 l&rsquo;esprit qu&rsquo;il me semble int\u00e9ressant et justifi\u00e9 de citer ci-dessous, apr\u00e8s les <em>Notes<\/em>, quelques extraits de ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 pour l&rsquo;instant comme le Tome-III de <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, essentiellement pour montrer l&rsquo;extr\u00eame importance et la place consid\u00e9rable que je donne \u00e0 la nostalgie, qu&rsquo;il m&rsquo;arrive m\u00eame de majuscule (\u00ab\u00a0Nostalgie\u00a0\u00bb, &ndash; mais j&rsquo;ai la majuscule facile). L&rsquo;approche est bien entendu compl\u00e8tement sp\u00e9cifique et certains reprocheront \u00e0 l&rsquo;auteur la complexit\u00e9 de ses phrases, voire leur herm\u00e9tisme. Je me rends bien compte de cette complexit\u00e9 \u00ab\u00a0voire de cet herm\u00e9tisme\u00a0\u00bb et n&rsquo;ai aucunement l&rsquo;intention, ni de m&rsquo;en expliquer, ni de demander qu&rsquo;on m&rsquo;en excuse. Il m&rsquo;appara&icirc;t impossible de traiter le sujet que j&rsquo;ai choisi autrement que je ne l&rsquo;ai fait, tout comme il m&rsquo;appara&icirc;t impossible, dans la d\u00e9marche que je suis, de traiter un autre sujet que celui que je traite. A cet \u00e9gard, je me per\u00e7ois enti\u00e8rement <a href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/ma-verite-de-situation\">comme in logocrate<\/a>, comme si les remarques, les reproches, les souffrances que j&rsquo;imposais \u00e0 mes lecteurs ne d\u00e9pendaient pas vraiment de moi. (***)<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>PhG<\/h4>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Notes<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>(*) Rapide d\u00e9finition originelle de la \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/M%C3%A9taphysique\">m\u00e9taphysique<\/a>\u00ab\u00a0, qui demanderait \u00e0 \u00eatre amend\u00e9e aujourd&rsquo;hui par le fait que la m\u00e9taphysique est mise en contact directement avec des r\u00e9alit\u00e9s d\u00e9pendant de la mati\u00e8re, mais sans en \u00eatre chang\u00e9e en essence pour cela : &laquo; <em>La discipline qui consid\u00e8re les r\u00e9alit\u00e9s enti\u00e8rement s\u00e9par\u00e9es de la mati\u00e8re et la pure activit\u00e9 de l&rsquo;intellect en acte et de l&rsquo;intellect en puissance, celle qui est \u00e9lev\u00e9e \u00e0 lui du fait de l&rsquo;activit\u00e9, tout cela ils l&rsquo;appellent th\u00e9ologie, philosophie premi\u00e8re et m\u00e9taphysique, puisque cela se situe au-del\u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s physiques<\/em> &raquo; (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Simplicius_(philosophe)\" title=\"Simplicius (philosophe)\">Simplicius<\/a>, vers 535 : <em>Commentaire sur la &lsquo;Physique&rsquo; d&rsquo;Aristote<\/em>, I, 21).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(**) Pr\u00e9sentation du concept d&rsquo;utopie dans <em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Utopie#cite_note-Rouvillois_1999-1\">Wikip\u00e9dia<\/a><\/em> :&laquo; <em>L&rsquo;<strong>utopie<\/strong> (mot forg\u00e9 par l&rsquo;\u00e9crivain anglais <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Thomas_More\" title=\"Thomas More\">Thomas More<\/a>, du grec <\/em><em>&omicron;<\/em><em>&#8211;<\/em><em>&tau;&pi;&omicron;&sigmaf;<\/em><em> \u00ab\u00a0en aucun lieu\u00a0\u00bb) est une repr\u00e9sentation d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 id\u00e9ale sans d\u00e9faut contrairement \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. C&rsquo;est un genre d&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Apologue\" title=\"Apologue\">apologue<\/a> qui se traduit, dans les \u00e9crits, par un r\u00e9gime politique id\u00e9al (qui gouvernerait parfaitement les Hommes), une soci\u00e9t\u00e9 parfaite (sans injustice par exemple, comme la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/w\/index.php?title=Callipolis&#038;action=edit&#038;redlink=1\" title=\"Callipolis (page inexistante)\">Callipolis<\/a> de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Platon\" title=\"Platon\">Platon<\/a> ou la d\u00e9couverte de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Eldorado\" title=\"Eldorado\">Eldorado<\/a> dans <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Candide\" title=\"Candide\">Candide<\/a>) ou encore une communaut\u00e9 d&rsquo;individus vivant heureux et en harmonie (l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Abbaye_de_Th%C3%A9l%C3%A8me\" title=\"Abbaye de Th\u00e9l\u00e8me\">abbaye de Th\u00e9l\u00e8me<\/a> dans <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gargantua\" title=\"Gargantua\">Gargantua<\/a> de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fran%C3%A7ois_Rabelais\" title=\"Fran\u00e7ois Rabelais\">Rabelais<\/a> en <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/1534\" title=\"1534\">1534<\/a>), souvent \u00e9crites pour d\u00e9noncer les injustices et d\u00e9rives de leurs temps<\/em>.<\/p>\n<p>&raquo; <em>Les utopistes situent g\u00e9n\u00e9ralement leurs \u00e9crits dans des lieux imaginaires pour \u00e9viter la censure politique ou religieuse : un pays lointain et mythique (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Les_Aventures_de_T%C3%A9l%C3%A9maque_(F%C3%A9nelon)\" title=\"Les Aventures de T\u00e9l\u00e9maque (F\u00e9nelon)\">Les Aventures de T\u00e9l\u00e9maque<\/a>, Livre 7, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/F%C3%A9nelon\" title=\"F\u00e9nelon\">F\u00e9nelon<\/a>, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/1699\" title=\"1699\">1699<\/a>), &icirc;le inconnue par exemple (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/L%27%C3%8Ele_des_esclaves\" title=\"L'\u00cele des esclaves\">L&rsquo;&Icirc;le des esclaves<\/a>, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pierre_Carlet_de_Chamblain_de_Marivaux\" title=\"Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux\">Marivaux<\/a>, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/1725\" title=\"1725\">1725<\/a>)<\/em>.<\/p>\n<p>&raquo; <em>Une utopie peut d\u00e9signer \u00e9galement une r\u00e9alit\u00e9 difficilement admissible : en ce sens, qualifier quelque chose d&rsquo;utopique consiste \u00e0 le disqualifier et \u00e0 le consid\u00e9rer comme irrationnel. Cette <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Polys%C3%A9mie\" title=\"Polys\u00e9mie\">polys\u00e9mie<\/a>, qui fait varier la d\u00e9finition du terme entre texte litt\u00e9raire \u00e0 vocation politique et r\u00eave irr\u00e9alisable, atteste de la lutte entre deux croyances, l&rsquo;une en la possibilit\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir sur le r\u00e9el par la repr\u00e9sentation fictionnelle, l&rsquo;autre sur la dissociation radicale du r\u00eave et de l&rsquo;acte, de l&rsquo;id\u00e9al et du r\u00e9el<\/em>.<\/p>\n<p>&raquo; <em>Genre oppos\u00e9, la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Dystopie\" title=\"Dystopie\">dystopie<\/a> &mdash; ou contre-utopie &mdash; pr\u00e9sente non pas \u00ab\u00a0le meilleur des mondes\u00a0\u00bb mais \u00ab\u00a0une utopie en sens contraire\u00a0\u00bb, selon F. Rouvillois<\/em>. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(***) Figurez-vous que j&rsquo;ai trouv\u00e9 sur <em>Amazon <\/em>une seule critique sur <em>La Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire <\/em>(Tome-II), en date du 22 d\u00e9cembre 2018 : &laquo; <em>La premi\u00e8re fois que je jette un livre \u00e0 la poubelle tant le style de l&rsquo;auteur ressemble \u00e0 une diarrh\u00e9e c\u00e9r\u00e9brale. Le fond est peut-\u00eatre int\u00e9ressant mais la forme est \u00e9pouvantable<\/em>. &raquo; Curieusement, la seule observation qu&rsquo;attire ce jugement, &ndash; outre mon geste de recul devant ce qui est un sacril\u00e8ge, car on ne jette pas un livre \u00ab\u00a0\u00e0 la poubelle\u00a0\u00bb, n&rsquo;importe quel livre, &ndash; serait de me demander : \u00ab\u00a0Pourquoi &lsquo;diarrh\u00e9e c\u00e9r\u00e9brale'\u00a0\u00bb ? &lsquo;Logorrh\u00e9e&rsquo; eut bien suffi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;&ndash;<\/p>\n<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Extrait-I, p.126 <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;Il me semble alors que quelque myst\u00e8re extraordinaire du monde se trouve \u00e0 ma port\u00e9e. Je n&rsquo;en \u00e9prouve aucune satisfaction personnelle, aucune sensation d&rsquo;accomplissement qui me soit propre, rien de ces vanit\u00e9s humaines qui ne cessent de se pervertir \u00e0 cet <em>hybris <\/em>semblable \u00e0 notre serpent qui persiflait, mais plut\u00f4t le d\u00e9tachement de moi pour p\u00e9n\u00e9trer et me fondre dans un milieu inconnu, un espace certes, &ndash; \u00e0 condition d&rsquo;\u00eatre sans limites, et par cons\u00e9quent sans aucun des caract\u00e8res spatiaux habituels. J&rsquo;y peux ais\u00e9ment reconstituer les instants de ma vie pass\u00e9e qu&rsquo;il m&rsquo;importe de restituer sans le souci des coh\u00e9rences rationnelles, de chronologie, de causes confuses aux effets pervers ; car ils sont diff\u00e9rents, transfigur\u00e9s, ils sont dot\u00e9s d&rsquo;une sorte de perfection tranquille qui les d\u00e9barrasse de nos atours press\u00e9s, anxieux et angoiss\u00e9s, revendicatifs ou satisfaits, orgueilleux ou poseurs. Je m&rsquo;y reconnais moi-m\u00eame, tout entier habit\u00e9 par l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique, avec comme seul d\u00e9sir celui d&rsquo;\u00e9lever cette \u00e2me, de m&#8217;emporter avec elle, d&rsquo;\u00eatre elle et de ne plus exister moi-m\u00eame en tant que tel, et doutant d&rsquo;ailleurs que cette \u00e2me ait elle-m\u00eame un \u00eatre, encore moins qu&rsquo;elle soit mienne en aucune fa\u00e7on, et doutant d\u00e9cisivement qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;objet d&rsquo;une enqu\u00eate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La nostalgie, en v\u00e9rit\u00e9, s&rsquo;exerce sur ce vaste paysage dont nul ne sait les limites, et \u00e0 ce propos dont nul ne conna&icirc;t la suite elle est absolument cr\u00e9atrice dans le sens o&ugrave; elle soul\u00e8ve un voile sur les hauteurs prodigieuses et sans fins du monde, sur ce qui est <strong>fix\u00e9 d\u00e9cisivement et d\u00e9finitivement <\/strong>; elle est l&rsquo;inspiratrice et la nourrici\u00e8re de l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique sortie de notre conscience pour nous lib\u00e9rer des exigences de notre conscience ; et, ainsi harnach\u00e9e, lorsqu&rsquo;elle se retourne sur elle-m\u00eame, l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique dispose de la m\u00e9moire \u00e0 sa guise et elle entend rappeler le souvenir de l&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;elle \u00e9claire depuis les origines ; alors, elle, la nostalgie, illumine ce monde <strong>pass\u00e9 mais nullement d\u00e9pass\u00e9 <\/strong>de toute la grandeur et de toute la beaut\u00e9 de sa gr\u00e2ce&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est dire quelle vision m&rsquo;est donn\u00e9e du pass\u00e9 et de mon pass\u00e9, et les deux fondus intimement, et quelle sensation extr\u00eame j&rsquo;\u00e9prouve \u00e0 y trouver la source de toutes choses et l&rsquo;unit\u00e9 qui nous fait si cruellement d\u00e9faut dans nos habitudes temporelles (soumises au temps, avec la vie qui passe). Seul le pass\u00e9 d\u00e9tient la clef-du-myst\u00e8re de la fixation de soi dans le Temps comme si le Temps nous appartenait, et alors disposant de tous les atours pour se lib\u00e9rer du temps-courant. Quelle tristesse j&rsquo;\u00e9prouve pour celui qui, prenant sa posture de moderne, me dit qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9prouve \u00e0 songer au pass\u00e9 qu&rsquo;une impression d&rsquo;abaissement et de r\u00e9duction, une impression de trahison de la vie. Quelle tristesse de le voir manquer de si grandioses perspectives, au nom d&rsquo;une vanit\u00e9 toute enti\u00e8re prisonni\u00e8re du temps pr\u00e9sent qui le pousse, qui le tire, qui le contraint et qui l&#8217;emprisonne, &ndash; prisonnier du rien, puisque le temps pr\u00e9sent ne peut exister, puisque chaque instant du pr\u00e9sent est \u00e0 la fois celui de la naissance du pr\u00e9sent et de la mort du pr\u00e9sent. Au contraire, la fixit\u00e9 du pass\u00e9 et les horizons sublimes qu&rsquo;il r\u00e9serve ne peuvent signifier pour moi rien de moins que la p\u00e9rennit\u00e9 \u00e9ternelle ; <strong>ainsi le pass\u00e9 est-il devenu pour moi \u00e9quivalent de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9<\/strong>, et si ce concept sublime et magnifique d'\u00a0\u00bb\u00e9ternit\u00e9\u00a0\u00bb a une signification, une existence et une repr\u00e9sentation, c&rsquo;est dans le pass\u00e9 qu&rsquo;il les trouve.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Vous comprenez alors l&rsquo;accueil intuitif que j&rsquo;ai fait \u00e0 cette expression qui n&rsquo;avait au d\u00e9part pour me s\u00e9duire que la beaut\u00e9 des mots, la sublime gr\u00e2ce de leur assemblage, le rythme apais\u00e9 de leur cadence, &ndash; cette \u00ab\u00a0<strong>nostalgie-infinie<\/strong>\u00ab\u00a0&#8230;  &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Extrait-II, p.129<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>De la d\u00e9finition qui pr\u00e9c\u00e8de on peut d\u00e9duire autre chose, \u00e0 savoir que <strong>le pass\u00e9<\/strong>se trouve<strong>rejet\u00e9 par le futur<\/strong>, mais<strong>assum\u00e9 par l&rsquo;avenir<\/strong><\/em>. &raquo; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Bien entendu, c&rsquo;est moi qui ai pris l&rsquo;initiative d&rsquo;accentuer par un proc\u00e9d\u00e9 typographique les membres de phrase rencontrant la conception que je suis en train de d\u00e9velopper \u00e0 partir d&rsquo;une \u00e9motion qui m&rsquo;est donn\u00e9e, celle de la nostalgie, qui devient une gr\u00e2ce, qui en se d\u00e9veloppant rencontre l&rsquo;essence de ce que je per\u00e7ois comme une intuition haute.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce que nous dit cette phrase, c&rsquo;est toute l&rsquo;essentialit\u00e9 du pass\u00e9, son indispensabilit\u00e9 pour l&rsquo;essence des choses, par cons\u00e9quent sa n\u00e9cessaire immuabilit\u00e9 hors des contraintes du Temps ; lui seul, et nullement le pr\u00e9sent (je veux dire plus encore puisque c&rsquo;est notre \u00e9poque elle-m\u00eame qui fait quotidiennement la d\u00e9monstration <em>a contrario <\/em>de cette V\u00e9rit\u00e9 prodigieuse de l&rsquo;essentialit\u00e9 du pass\u00e9 : \u00ab\u00a0et nullement <strong>notre pr\u00e9sent<\/strong>\u00ab\u00a0) &hellip; Lui seul, le pass\u00e9, est l&rsquo;essence descriptive de l&rsquo;avenir, il en est le ma&icirc;tre d&rsquo;&oelig;uvre et le concepteur. Le pauvre et futile pr\u00e9sent, lui, courant derri\u00e8re sa raison d&rsquo;\u00eatre et sa pseudo-possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;\u00e9voque un syst\u00e8me de communication toujours \u00e0 l&rsquo;aff&ucirc;t d&rsquo;une tromperie \u00e0 monter, est en constante n\u00e9gociation de manifestation avec le futur qu&rsquo;il imagine et esp\u00e8re pour lui, pour le plaisir imm\u00e9diat de son <em>hybris<\/em>, dans l&rsquo;espoir vain d&rsquo;en faire \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb avenir et ainsi, pour lui-m\u00eame, d&rsquo;exister en essence au-del\u00e0 de ce fugace instant o&ugrave; je vous parle, alors qu&rsquo;il est d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9 dans l&rsquo;oubli qui pr\u00e9c\u00e8de les retrouvailles de soi dans son pass\u00e9 ou n\u00e9antise ceux qui ne croient pas qu&rsquo;on puisse se retrouver dans son pass\u00e9. La nostalgie, dans tout cela, est une intuition, et je dirais n\u00e9cessairement \u00ab\u00a0une intuition haute\u00a0\u00bb, qui nous vient du pass\u00e9 dans la seule mesure o&ugrave; le pass\u00e9 est l&rsquo;assurance de l&rsquo;avenir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(La nostalgie nous indique bien plus notre avenir que le pr\u00e9sent puisqu&rsquo;elle est \u00e9ternit\u00e9. Elle ridiculise, dans ses propres intuitions dont on devine la filiation, toute pr\u00e9tention du pr\u00e9sent \u00e0 repr\u00e9senter l&rsquo;avenir. <strong>Elle est notre avenir<\/strong>, &ndash; et je dirais \u00ab\u00a0notre avenir commun et l&rsquo;avenir de chacun de nous en m\u00eame temps\u00a0\u00bb. La nostalgie est \u00e0 la fois \u00e9ducatrice, lib\u00e9ratrice et rassembleuse.) <\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Extrait-III, p.134 : l&rsquo;Alg\u00e9rie-perdue<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Entre \u00ab\u00a0d\u00e9finitivement\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0jamais\u00a0\u00bb, l&rsquo;on comprend qu&rsquo;il y a, pour cet \u00eatre que je fus et que je reste dans ses moments de nostalgie, la transformation pr\u00e9cis\u00e9ment de ces \u00ab\u00a0moments de nostalgie\u00a0\u00bb en \u00ab\u00a0moments d\u00e9cisifs\u00a0\u00bb o&ugrave; se fixent des situations puissantes et des g\u00e9ographies incroyables qui transcendent la question de la ma&icirc;trise qu&rsquo;on croit avoir de son propre destin ; cette ma&icirc;trise existe-t-elle face au verdict de la grande Histoire qui a impos\u00e9 son puissant <em>diktat<\/em>\u00e0 votre destin et l&rsquo;a enferm\u00e9 dans une origine catastrophique ? Ou bien, au contraire, cette catastrophe n&rsquo;est-elle pas, au bout du terme, lorsque l&rsquo;exp\u00e9rience s&rsquo;est faite, tout simplement lib\u00e9ratrice de ces contingences qui tiennent le commun des <em>sapiens<\/em> ? Car justement, dans ces \u00e9v\u00e8nements-l\u00e0, mon enfance alg\u00e9rienne est apparue peu \u00e0 peu dans mon \u00e2me po\u00e9tique comme un de ces souvenirs que les circonstances \u00e9l\u00e8vent \u00e0 la hauteur d&rsquo;une \u00e9ternit\u00e9. L&rsquo;Alg\u00e9rie-perdue, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;Alg\u00e9rie qui n&rsquo;existe plus \u00e0 jamais, et \u00e0 jamais fix\u00e9e dans le temps comme si elle seule pouvait emp\u00eacher le Temps de se perdre, l&rsquo;Alg\u00e9rie-perdue s&rsquo;\u00e9vade de la prison du Temps pour donner au souvenir une gr\u00e2ce que soulignera plus tard la nostalgie, qui n&rsquo;est pas sans rappeler l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 ; puisqu&rsquo;elle n&rsquo;existe plus dans le temps historique courant (l&rsquo;histoire-Syst\u00e8me) et qu&rsquo;elle existe toujours en moi, c&rsquo;est qu&rsquo;elle existe dans mon \u00e2me po\u00e9tique, l&rsquo;Alg\u00e9rie-perdue, comme un souvenir qui s&rsquo;est affranchi du Temps et pr\u00e9tend \u00e0 rien moins qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire une repr\u00e9sentation sublim\u00e9e et sans rival possible du Temps lui-m\u00eame. Ainsi le d\u00e9fil\u00e9 du souvenir de mon enfance alg\u00e9rienne a-t-il une gr\u00e2ce envol\u00e9e, comme quelque chose d&rsquo;a\u00e9rien, quelque chose de prot\u00e9g\u00e9e des atteintes du temps comme on s&rsquo;en joue, et prot\u00e9g\u00e9e comme on s&rsquo;en moque des commentaires de ceux d&rsquo;aujourd&rsquo;hui qui pr\u00e9tendent reconstituer ce temps \u00e0 leur image ; ainsi parce qu&rsquo;hors du Temps, le souvenir de mon Alg\u00e9rie-perdue contre leurs mis\u00e9rables d\u00e9marches \u00ab\u00a0m\u00e9morielles\u00a0\u00bb, et souvenir ench\u00e2ss\u00e9 de nostalgie \u00ab\u00a0qui n&rsquo;est pas sans rappeler l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9\u00a0\u00bb ; retrouvant l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de garantir le Temps de toute perte possible&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Mais comment puis-je parler ainsi, comme si j&rsquo;\u00e9tais ma&icirc;tre de l&rsquo;&Eacute;ternit\u00e9, reconnaissant son &oelig;uvre ? Discourant peut-\u00eatre d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e9nigmatique qui \u00e9veillerait le soup\u00e7on, susciterait la moquerie, justifierait l&rsquo;incompr\u00e9hension ? Le vrai, vous dirais-je sans trop m&rsquo;attarder aux d\u00e9tails, est que ce n&rsquo;est <strong>pas moi<\/strong>qui parle ; cela, on l&rsquo;entend sans h\u00e9siter puis on le comprend et tout est bien. Mon souvenir, cette \u00ab\u00a0exp\u00e9rience transfigur\u00e9e\u00a0\u00bb, se parle de lui-m\u00eame ; il sait ce qu&rsquo;il est et ce qu&rsquo;il nous donne sans jamais faillir ; il n&rsquo;ignore pas ce qu&rsquo;il \u00e9veille en moi ; au bout du compte, je lui suis redevable infiniment, et nul ne peut plus en ignorer. Le souvenir est le ma&icirc;tre du Temps, la nostalgie est sa messag\u00e8re, l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique son havre de paix, d&rsquo;harmonie, d&rsquo;\u00e9quilibre et d&rsquo;ordre. De cela, je suis comptable infiniment, comme pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, et la nostalgie ainsi transmut\u00e9e en cette \u00ab\u00a0nostalgie infinie\u00a0\u00bb qui transporte mon \u00e2me po\u00e9tique.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Extrait-IV, p.148 : l&rsquo;intuition de Verdun<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; De fa\u00e7on je crois tr\u00e8s significative pour l&rsquo;importance que je distingue dans ces  \u00e9v\u00e9nements accord\u00e9s \u00e0 ces souvenirs, j&rsquo;accorde \u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode de ce que je nommerais pour la sublimit\u00e9 de la chose \u00ab\u00a0l&rsquo;intuition de Verdun\u00a0\u00bb une place d&rsquo;intensit\u00e9 \u00e9gale \u00e0 celle qu&rsquo;occupe mon-Alg\u00e9rie ; comme elle, \u00ab\u00a0l&rsquo;intuition de Verdun\u00a0\u00bb doit tout \u00e0 cette nostalgie n\u00e9e du temps-courant mais rapidement \u00e9chappant \u00e0 son flux, et par cons\u00e9quent lib\u00e9r\u00e9e de sa fluidit\u00e9 trompeuse, de la temporalit\u00e9 du temps-courant \u00e9rig\u00e9e en simulacre comme l&rsquo;on porte un masque. Il en a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 beaucoup question, &ndash; de Verdun, dans tous les cas, &ndash; dans le Premier Tome de <em>La Gr\u00e2ce<\/em>, notamment dans sa conclusion o&ugrave; la manifestation op\u00e9rationnelle de cette intuition est d\u00e9crite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Un autre livre, <em>Les &Acirc;mes de Verdun<\/em>, publi\u00e9 apr\u00e8s plusieurs visites du site de la bataille qui va au-del\u00e0 des champs habituels, donne encore plus les d\u00e9tails des circonstances de la chose. \u00ab\u00a0L&rsquo;intuition de Verdun\u00a0\u00bb est, pour moi, une construction nostalgique hors du commun, quelque chose qui d\u00e9passe les moments que le temps-courant lui a accord\u00e9s, quelque chose qui s&rsquo;inscrit directement dans le Temps m\u00e9tahistorique ; plus encore et pour rester dans ce que mon t\u00e9moignage a de plus vif, quelque chose qui d\u00e9passe mon destin tel que je le concevais jusqu&rsquo;\u00e0 mes soixante ans pass\u00e9s puisque c&rsquo;est \u00e0 62-64 ans que cette intuition m&rsquo;a accord\u00e9 sa gr\u00e2ce&#8230; Je n&rsquo;ai rien vu venir de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement mais je suis all\u00e9 au-devant de lui, avec quelques compagnons, comme pouss\u00e9 par une force secr\u00e8te et ext\u00e9rieure \u00e0 moi. [Et \u00ab\u00a0\u00e0 nous\u00a0\u00bb, dirais-je, car je sais que certains de mes compagnons ont ressenti une intervention de cette sorte, &ndash; peut-\u00eatre pas tous, peut-\u00eatre tous dont certains \u00e0 leur insu, je ne sais&hellip; ] Pour moi, pour mon compte, il s&rsquo;agit d&rsquo;une architecture des circonstances \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la gloire de l&rsquo;&Eacute;ternit\u00e9 avant m\u00eame que je n&rsquo;entre dans les d\u00e9dales inou\u00efs de la chose, et ainsi importe-t-il d&rsquo;en fixer la grandeur et la gloire d&rsquo;une fa\u00e7on que certains jugeraient peut-\u00eatre trop \u00ab\u00a0terre-\u00e0-terre\u00a0\u00bb, ou en auraient jug\u00e9 ainsi s&rsquo;il n&rsquo;y avait eu ces pr\u00e9cisions.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le Myst\u00e8re et la Beaut\u00e9 de \u00ab\u00a0l&rsquo;intuition de Verdun\u00a0\u00bb sont que ce souvenir prend la m\u00eame consistance d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 que celui de ma jeunesse alors qu&rsquo;il est tellement plus vieux et plus proche \u00e0 la fois, et somme toute dans le cadre d&rsquo;une \u00e9poque dont on n&rsquo;attendrait plus de souvenir parce que c&rsquo;est une \u00e9poque qui ne sait plus ce qu&rsquo;est le souvenir, qui s&rsquo;est amput\u00e9e volontairement du pass\u00e9 pour mieux pouvoir affirmer qu&rsquo;\u00e0 chaque instant tout commence avec elle, \u00e0 l&rsquo;instant pr\u00e9sent et rien d&rsquo;autre. A vrai dire, que m&rsquo;importe cette affaire d&rsquo;une \u00e9poque si complaisamment \u00e9tal\u00e9e dans la d\u00e9rision de son <em>hybris <\/em>r\u00e9duit \u00e0 lui-m\u00eame, compar\u00e9e \u00e0 la grandeur du souvenir d\u00e8s lors qu&rsquo;il appara&icirc;t \u00e9vident, comme premier et \u00e9clatant enseignement de la chose, que le souvenir grandi et magnifi\u00e9 en un signe de l&rsquo;&Eacute;ternit\u00e9 n&rsquo;accorde gu\u00e8re d&rsquo;importance \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o&ugrave; il surgit ; cette \u00e9poque qui n&rsquo;est qu&rsquo;un lieu de passage, une porte aussi vite ferm\u00e9e qu&rsquo;elle s&rsquo;est ouverte, une porte ouverte \u00e0 tous les vents et \u00e0 tout-va&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Je l&rsquo;avoue, cela ne m&#8217;emp\u00eache nullement de consid\u00e9rer qu&rsquo;apr\u00e8s tout l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de \u00ab\u00a0l&rsquo;intuition de Verdun\u00a0\u00bb ressemble \u00e9galement \u00e0 un regard d&rsquo;une acuit\u00e9 sans pareille, charg\u00e9 de m\u00e9pris, adress\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque dont je parle, qui est singuli\u00e8re et elle-m\u00eame \u00e0 nulle autre pareille dans sa fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre, par son absence d&rsquo;ontologie, par son n\u00e9ant, par son rien ; du m\u00e9pris sans aucun doute dans ce regard si profond, de la d\u00e9rision \u00e9galement, cet antidote impitoyable pour la n\u00e9antisation que nous offre l&rsquo;\u00e9poque&hellip; Puisque cette \u00e9poque n&rsquo;est rien sinon du n\u00e9ant, nous all\u00e2mes \u00e0 Verdun et, l\u00e0-bas, nous v&icirc;mes un signe du Ciel qui nous parut ainsi plus \u00e9clatant encore. Par ce qu&rsquo;elle est et au moment o&ugrave; elle se produit, par mon \u00e2ge et par l&rsquo;\u00e2ge du monde plong\u00e9 dans ses convulsions ultimes, &lsquo;\u00a0\u00bbintuition de Verdun\u00a0\u00bb d\u00e9montre comme l&rsquo;on fait d&rsquo;un th\u00e9or\u00e8me, et d\u00e9monte comme l&rsquo;on fait d&rsquo;un simulacre que cette \u00e9poque est maudite, qu&rsquo;elle n&rsquo;est que le labyrinthe ultime qu&rsquo;a dessin\u00e9 le D\u00e9mon pour tenter d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la confrontation \u00e9galement ultime. L'\u00a0\u00bbintuition de Verdun\u00a0\u00bb, outre ce qu&rsquo;elle est, tranche \u00e9galement comme si elle \u00e9tait la transversale du monde.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On voit bien, pour tout dire et le dire simplement, et bri\u00e8vement enfin, que \u00ab\u00a0le temps ne fait rien \u00e0 l&rsquo;affaire\u00a0\u00bb ; qu&rsquo;en v\u00e9rit\u00e9 la Nostalgie, si je l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve au rang qui lui est d&ucirc; en l&rsquo;ornant d&rsquo;une majuscule, est ce qu&rsquo;elle est dans mon \u00e2me po\u00e9tique parce qu&rsquo;elle est l&rsquo;incontestable et inoubliable triomphatrice du temps-courant&#8230; Hors cela qui n&rsquo;est pas rien puisque c&rsquo;est l&rsquo;essentiel certes, on comprend, pour le domaine plus terrestre de la chose, tous les aspects favorisant la manufacture d&rsquo;un souvenir qui prend cette dimension d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 telle que je la ressens. Je veux dire par l\u00e0 que, parfois, les circonstances terrestres, ce qu&rsquo;ils nomment \u00ab\u00a0circonstances historiques\u00a0\u00bb, deviennent dans certaines dispositions des circonstances g\u00e9n\u00e9rales de la manufacture du souvenir des outils essentiels, comme l&rsquo;est le burin de Rodin pour tordre la mati\u00e8re selon la m\u00e9taphysique qu&rsquo;il veut lui inspirer. En effet, la bataille de Verdun, la place de cet \u00e9v\u00e9nement dans l&rsquo;histoire et la place que je lui assigne dans ma conception de l&rsquo;Histoire, l&rsquo;interpr\u00e9tation que j&rsquo;en offre, l&rsquo;origine de cette d\u00e9marche qui est un <strong>contact physique <\/strong>avec la nature et la nature devenue comm\u00e9moration de Verdun, dans le silence et la solitude d&rsquo;une nature grave et d&rsquo;une harmonie tr\u00e8s grande, et alors d&rsquo;une beaut\u00e9 \u00e0 ne pas croire, et alors me revient \u00e0 l&rsquo;esprit ce que disait Daniel-Rops de Rodin encore lui (&laquo; <em>Dans cette lutte prodigieuse entre la <strong>mati\u00e8re r\u00e9tive<\/strong>et la volont\u00e9 cr\u00e9atrice&#8230;<\/em> &raquo; ).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La \u00ab\u00a0mati\u00e8re r\u00e9tive\u00a0\u00bb, nous y sommes, est dans ce cas de Verdun la nature originellement d\u00e9natur\u00e9e de la plus affreuse fa\u00e7on par la bataille, accomplie comme l&rsquo;on commet un forfait capital qui est proche du p\u00each\u00e9, cette nature furieusement tortur\u00e9e, d\u00e9form\u00e9e, pulv\u00e9ris\u00e9e, an\u00e9antie par la mal\u00e9diction du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re\u00a0\u00bb, du Verdun de l&rsquo;ann\u00e9e 1916 ; puis, depuis ce Temps terrible et diabolique, et jusqu&rsquo;\u00e0 nous, et comme nous invitant \u00e0 d\u00e9passer le temps courant, la nature de Verdun peu \u00e0 peu apais\u00e9e, ren\u00e9e comme dans un printemps que lui offre la gr\u00e2ce du Ciel, sublim\u00e9e par elle-m\u00eame, \u00e9clatante, triomphante, la nature qui chante enfin la gloire du monde ; et d\u00e9veloppant comme un asile d&rsquo;une nature si harmonieuse offerte aux \u00ab\u00a0volont\u00e9s cr\u00e9atrices\u00a0\u00bb, o&ugrave; je me suis ressenti si parfaitement moi-m\u00eame, comme l&rsquo;on retrouve les perspectives et les envol\u00e9es de son temps pass\u00e9, o&ugrave; j&rsquo;ai trouv\u00e9 mon aire et mon harmonie du monde ; et de ma \u00ab\u00a0volont\u00e9 cr\u00e9atrice\u00a0\u00bb transformant la \u00ab\u00a0mati\u00e8re r\u00e9tive\u00a0\u00bb, et faisant d&rsquo;un monde physique une m\u00e9taphysique sans lui \u00f4ter ses caract\u00e8res fondamentaux, sublimant la mati\u00e8re, l&rsquo;\u00e9levant, la faisant \u00ab\u00a0antimati\u00e8re po\u00e9tique\u00a0\u00bb en la faisant m\u00e9taphysique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(O&ugrave; l&rsquo;on voit, comme sugg\u00e9r\u00e9 plus haut et ici avec n\u00e9cessit\u00e9 de redite pour que l&rsquo;insistance donne forme \u00e0 la d\u00e9marche, que rien n&rsquo;est dit sur la mati\u00e8re ; o&ugrave; l&rsquo;on voit, en d&rsquo;autres mots plus d\u00e9cisifs, que la Mati\u00e8re-majuscul\u00e9e que nous-m\u00eames avons propos\u00e9e comme institu\u00e9e dans notre terrible \u00e9poque est le Mal  jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre le Tout de cette terrible \u00e9poque ; o&ugrave; l&rsquo;on voit alors, et cela est d\u00e9cisif, que la Mati\u00e8re-majuscul\u00e9e, si elle est le Tout de cette terrible \u00e9poque, <strong>n&rsquo;est pas toute la mati\u00e8re<\/strong>. Encore et encore, avec toute la force qui me reste, que me laisse le fond de mon \u00e2ge finissant, je proclame cette fondamentale distinction comme \u00e9tant l&rsquo;un des ph\u00e9nom\u00e8nes les plus importants de la conception g\u00e9n\u00e9rale que je me fais du monde. Il me faudra bien revenir sur cette probl\u00e9matique, sur le fond, &ndash; je l&rsquo;esp\u00e8re, plus loin dans ce Tome III de <em>La <\/em>Gr\u00e2ce si le Temps me laisse un peu de sa gr\u00e2ce ; il faudra bien se plonger dans l&rsquo;\u00e9preuve incroyable et inestimable de la d\u00e9finition de la mati\u00e8re dans toutes ces nuances essentielles que je ne fais que survoler. Au bout du compte, le Tout de cette ambition d\u00e9pendra du temps qui m&rsquo;est encore laiss\u00e9&hellip;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Verdun o&ugrave; nous all\u00e2mes, Verdun comme nous le v&icirc;mes, Verdun comme nous l&#8217;embrass\u00e2mes, mes compagnons et moi qui, apr\u00e8s cela, ne furent plus jamais les m\u00eames ; m\u00eame si certains l&rsquo;ignorent, qu&rsquo;importe, ce ne fut rien de moins que notre propre bataille de Verdun, sans la brutalit\u00e9 du bruit de l&rsquo;explosion, sans la violence du fer qui jaillit, et coupe, et tranche, sans le grondement du feu qui n\u00e9antise, qui ram\u00e8ne le monde \u00e0 l&rsquo;origine de sa vacuit\u00e9 ; ce fut notre propre bataille de Verdun pour y installer notre souvenir, pour justifier notre nostalgie&hellip; Qu&rsquo;importe si tous n&rsquo;ont pas ressenti la chose de cette fa\u00e7on unique, il se trouve que tous nous \u00e9tions, chacun pour tous, appel\u00e9s \u00e0 faire notre part de besogne et cela fut fait. Je vous rapporte la mienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;impose alors \u00e0 moi le constat que Verdun est un havre, une \u00e9pop\u00e9e fix\u00e9e et apais\u00e9e dans les plis et les m\u00e9andres du Temps, qui s&rsquo;est pos\u00e9e et repose dans la douceur infinie de l&rsquo;\u00e2me po\u00e9tique. Verdun est une mati\u00e8re unique, qui ne s&#8217;embarrasse d&rsquo;aucune majuscule tant elle est ouverte sur des horizons inesp\u00e9r\u00e9s, qui n&rsquo;est absolument plus r\u00e9tive en rien, qui est l&rsquo;accommodement m\u00eame du monde et qui se fond dans l&rsquo;univers devenu cosmos comme l&rsquo;entendait les Grecs, comme l&rsquo;harmonie principielle ennemie du chaos ; une mati\u00e8re absolument d\u00e9sincarn\u00e9e et ainsi sortie de sa bassesse m\u00eame de mati\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour Verdun la lib\u00e9ration par l&rsquo;envol sortie de la catastrophe qui s&rsquo;\u00e9tait manifest\u00e9e par la substance pulv\u00e9ris\u00e9e et par l&rsquo;informit\u00e9 de la mati\u00e8re tortur\u00e9e, d\u00e9structur\u00e9e, pulv\u00e9ris\u00e9e et devenue entropie de la bataille&#8230;&raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Op\u00e9rationnalit\u00e9 de la Nostalgie 1er juin 2019 &ndash; Comme promis par d&rsquo;autres que moi semble-t-il, je reviens sur le texte en Ouverture Libre consacr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9finition du populisme que donne le commentateur radical, excellent saxophoniste de jazz, n\u00e9 Isra\u00e9lien mais ayant abandonn\u00e9 cette nationalit\u00e9, et r\u00e9sidant au Royaume-Uni, Gilad Atzmon. 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