{"id":78779,"date":"2019-08-05T06:52:09","date_gmt":"2019-08-05T06:52:09","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/08\/05\/napoleon-et-la-fin-de-lhistoire\/"},"modified":"2019-08-05T06:52:09","modified_gmt":"2019-08-05T06:52:09","slug":"napoleon-et-la-fin-de-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2019\/08\/05\/napoleon-et-la-fin-de-lhistoire\/","title":{"rendered":"Napol\u00e9on et la fin de l&rsquo;Histoire"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Napol\u00e9on et la fin de l&rsquo;Histoire<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il a tout amen\u00e9 : la bureaucratie, l&rsquo;\u00e9galitarisme, l&rsquo;Europe, la fin des fronti\u00e8res, la conversion \u00e0 l&rsquo;islam, le pouvoir des banquiers (Chateaubriand en parle tr\u00e8s bien), le militarisme, le tout-\u00e9tatique au sens tocquevillien, le despotisme doux, le messianisme aveugle et f\u00e9roce. Il, c&rsquo;est Napol\u00e9on, l&rsquo;auteur machiav\u00e9lien de la fin de l&rsquo;histoire qui va prendre fin, au moins en Europe totalitaire bureaucratique au cours de ce si\u00e8cle. Mais nous restons aussi <em>hypnotis\u00e9s<\/em>(Gu\u00e9non) que ses soldats. Alors&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On va relire Taine. Taine avait la patience de lire ce que nous ne lisons plus. Par exemple les souvenirs de la splendide grand-m\u00e8re de George Sand qui \u00e9voque le monde d&rsquo;avant :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <strong>Est-ce qu&rsquo;on \u00e9tait jamais vieux en ce temps-l\u00e0 ! C&rsquo;est la R\u00e9volution qui a amen\u00e9 la vieillesse dans le monde.<\/strong>Votre grand-p\u00e8re, ma fille, a \u00e9t\u00e9 beau, \u00e9l\u00e9gant, soign\u00e9, gracieux, parfum\u00e9, enjou\u00e9, aimable, affectueux et d&rsquo;une humeur \u00e9gale, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure de sa mort&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>On savait vivre et mourir alors ; on n&rsquo;avait pas d&rsquo;infirmit\u00e9s importunes.<\/strong>Si on avait la goutte, on marchait quand m\u00eame, et sans faire la grimace ; on se cachait de souffrir par bonne \u00e9ducation. On n&rsquo;avait pas de ces pr\u00e9occupations d&rsquo;affaires qui g\u00e2tent l&rsquo;int\u00e9rieur et rendent l&rsquo;esprit \u00e9pais. On savait se ruiner sans qu&rsquo;il y par&ucirc;t, comme de beaux joueurs qui perdent sans montrer d&rsquo;inqui\u00e9tude et de d\u00e9pit. <strong>On se serait fait porter demi-mort \u00e0 une partie de chasse. On trouvait qu&rsquo;il valait mieux mourir au bal ou \u00e0 la com\u00e9die que dans son lit entre quatre cierges et de vilains hommes noirs.<\/strong>On \u00e9tait philosophe ; on ne jouait pas l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, on l&rsquo;avait parfois sans en faire montre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>Quand on \u00e9tait sage, c&rsquo;\u00e9tait par go&ucirc;t et sans faire le p\u00e9dant ou la prude. On jouissait de la vie, et, quand l&rsquo;heure \u00e9tait venue de la perdre, on ne cherchait pas \u00e0 d\u00e9go&ucirc;ter les autres de vivre.<\/strong>Le dernier adieu de mon vieux mari fut de m&rsquo;engager \u00e0 lui survivre longtemps et \u00e0 me faire une vie heureuse. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voil\u00e0 pour le vieux monde enfoui et chant\u00e9 par Nerval ou par Stendhal (lui \u00e9tait de gauche mais il a vite compris&hellip;). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>On est loin d&rsquo;Alexandre ou de C\u00e9sar : Napol\u00e9on ne s&rsquo;est jamais pris pour Dieu, ayant toujours pris les hommes pour des outils. Taine poursuit dans ses origines :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Le lendemain du couronnement, il disait \u00e0 Decr\u00e8s : &laquo; <strong>Je suis venu trop tard, il n&rsquo;y a rien \u00e0 faire de grand ; ma carri\u00e8re est belle, j&rsquo;en conviens ; j&rsquo;ai fait un beau chemin. Mais quelle diff\u00e9rence avec l&rsquo;antiquit\u00e9<\/strong>! Voyez Alexandre : apr\u00e8s avoir conquis l&rsquo;Asie et s&rsquo;\u00eatre annonc\u00e9 au peuple comme fils de Jupiter, \u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;Olympias, qui savait \u00e0 quoi s&rsquo;en tenir, \u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;Aristote et de quelques p\u00e9dants d&rsquo;Ath\u00e8nes, tout l&rsquo;Orient le crut. <strong>Eh bien ! moi, si je me d\u00e9clarais aujourd&rsquo;hui le fils du P\u00e8re &Eacute;ternel et que j&rsquo;annon\u00e7asse que je vais lui rendre gr\u00e2ces \u00e0 ce titre, il n&rsquo;y a pas de poissarde qui ne me siffl\u00e2t sur mon passage. Les peuples sont trop \u00e9clair\u00e9s aujourd&rsquo;hui ; il n&rsquo;y a plus rien \u00e0 faire. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les peuples \u00e9clair\u00e9s c&rsquo;est une mani\u00e8re de voir&hellip; Ab\u00eatis, vieillis, assoupis par les Lumi\u00e8res, oui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Napol\u00e9on d\u00e9vore la religion chr\u00e9tienne comme un ogre :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&mdash; Pourtant, m\u00eame dans ce haut domaine r\u00e9serv\u00e9 et que vingt si\u00e8cles de civilisation maintiennent inaccessible, <strong>il empi\u00e8te encore, et le plus qu&rsquo;il peut, par un d\u00e9tour, en mettant la main sur l&rsquo;&Eacute;glise, puis sur le pape ; l\u00e0, comme ailleurs, il prend tout ce qu&rsquo;il peut prendre. &mdash; Rien de plus naturel \u00e0 ses yeux : cela est de son droit, parce qu&rsquo;il est le seul capable.<\/strong>&laquo; Mes peuples d&rsquo;Italie doivent me conna&icirc;tre assez pour ne point devoir oublier que j&rsquo;en sais plus dans mon petit doigt qu&rsquo;ils n&rsquo;en savent dans toutes leurs t\u00eates r\u00e9unies. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cochin \u00e9voquera le rond-de-cuir. Taine \u00e9voque lui <strong>le devenir-fonctionnaire du monde et de la France en particulier :<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; &hellip;tous, depuis le maire de village jusqu&rsquo;au s\u00e9nateur et au conseiller d&rsquo;&Eacute;tat, avaient eu part \u00e0 la R\u00e9volution, soit pour la faire, soit pour la subir, monarchiens, feuillants, girondins, montagnards, thermidoriens, jacobins mitig\u00e9s et jacobins outr\u00e9s, tous opprim\u00e9s tour \u00e0 tour et d\u00e9chus de leurs esp\u00e9rances. &Agrave; ce r\u00e9gime, leurs passions s&rsquo;\u00e9taient aigries ; chacun d&rsquo;eux apportait dans son emploi ses ressentiments et ses partialit\u00e9s, pour qu&rsquo;il n&rsquo;y f&ucirc;t pas injuste et malfaisant, il fallait lui serrer la bride. <strong>&Agrave; ce r\u00e9gime, les convictions s&rsquo;\u00e9taient us\u00e9es ; aucun d&rsquo;eux n&rsquo;e&ucirc;t servi gratis, comme en 1789 ; pour les faire travailler, il fallait les payer ; on s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9go&ucirc;t\u00e9 du d\u00e9sint\u00e9ressement ; le z\u00e8le affich\u00e9 semblait une hypocrisie ; le z\u00e8le prouv\u00e9 semblait une duperie ; on s&rsquo;occupait de soi, non de la communaut\u00e9 ; l&rsquo;esprit public avait fait place \u00e0 l&rsquo;insouciance, \u00e0 l&rsquo;\u00e9go\u00efsme, aux besoins de s\u00e9curit\u00e9, de jouissance et d&rsquo;avancement. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Magnifique conclusion :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; D\u00e9t\u00e9rior\u00e9e par la R\u00e9volution, la mati\u00e8re humaine \u00e9tait moins que jamais propre \u00e0 fournir des citoyens : on n&rsquo;en pouvait tirer que des fonctionnaires. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Celui qui m&rsquo;a fait comprendre ce r\u00f4le sinistre de l&#8217;empereur c&rsquo;est Koj\u00e8ve &ndash; avec d&rsquo;autres russes, qui le m\u00ealent au 666 (Tolsto\u00ef, Gogol, voyez mon livre sur Dosto\u00efevski). Koj\u00e8ve accorde une importance cardinale \u00e0 l&#8217;empereur&hellip; Je me cite :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Sur le plan historique et en pleine guerre froide, Koj\u00e8ve remarque plus tard que finalement Russes et Am\u00e9ricains ne s&rsquo;opposent pas. Or on est en 1959 ! Le but est le m\u00eame, le confort mat\u00e9riel et le bonheur de tous. <strong>Pour lui les jeux sont faits depuis Napol\u00e9on et la R\u00e9volution fran\u00e7aise. Ce n&rsquo;est pas pour rien que Kant avait troubl\u00e9 sa promenade \u00e0 l&rsquo;annonce de la prise de la Bastille, ni que Hegel avait parl\u00e9 d&rsquo;\u00e2me du monde \u00e0 la vue de l&#8217;empereur en 1806. <\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Puis nous citerons Koj\u00e8ve :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; En observant ce qui se passait autour de moi et en r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 dans le monde apr\u00e8s la bataille d&rsquo;I\u00e9na,<strong>j&rsquo;ai compris que Hegel avait raison de voir en celle-ci la fin de l&rsquo;Histoire proprement dite. Dans et par cette bataille, l&rsquo;avant-garde de l&rsquo;humanit\u00e9 a virtuellement atteint le terme et le but, c&rsquo;est \u00e0-dire la fin de l&rsquo;\u00e9volution historique de l&rsquo;Homme. Ce qui s&rsquo;est produit depuis ne fut qu&rsquo;une extension dans l&rsquo;espace de la puissance r\u00e9volutionnaire universelle actualis\u00e9e en France par Robespierre Napol\u00e9on. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Koj\u00e8ve relativise alors tout le v\u00e9cu moderne, m\u00eame le plus tragique : la colonisation, les deux guerres mondiales, le nazisme, le communisme, la d\u00e9colonisation, le tourisme, l&rsquo;ONU, le centre commercial, tous ont cr\u00e9\u00e9 la r\u00e9alisation de la Fin de l&rsquo;Histoire. Cette Fin de l&rsquo;Histoire suppose un triomphe du mod\u00e8le am\u00e9ricain, mais pas pour des raisons politiques. Car pour Koj\u00e8ve l&rsquo;Am\u00e9rique est la terre de la Fin de l&rsquo;Histoire et m\u00eame la r\u00e9alisatrice du marxisme. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>Koj\u00e8ve remet \u00e0 leur place la soi-disant r\u00e9sistance russe ou chinoise. Le monstre mondialiste avait simplement deux t\u00eates. Le spectacle est partout :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; On peut m\u00eame dire que, d&rsquo;un certain point de vue, les &Eacute;tats-Unis ont d\u00e9j\u00e0 atteint le stade final du &laquo; communisme &raquo; marxiste, vu que, pratiquement, tous les membres d&rsquo;une &laquo; soci\u00e9t\u00e9 sans classes &raquo; peuvent s&rsquo;y approprier d\u00e8s maintenant tout ce que bon leur semble, sans pour autant travailler plus que leur c&oelig;ur ne le leur dit&hellip;<\/strong>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 port\u00e9 \u00e0 en conclure que l&rsquo;American way of life \u00e9tait le genre de vie propre \u00e0 la p\u00e9riode post historique, la pr\u00e9sence actuelle des &Eacute;tats-Unis dans le Monde pr\u00e9figurant le futur &laquo; \u00e9ternel pr\u00e9sent &raquo; de l&rsquo;humanit\u00e9 tout enti\u00e8re. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On n&rsquo;a pas fini. Cinquante ans avant le smartphone et les r\u00e9seaux sociaux, Koj\u00e8ve \u00e9crit :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; Les animaux de l&rsquo;esp\u00e8ce Homo sapiens r\u00e9agiraient par des r\u00e9flexes conditionn\u00e9s \u00e0 des signaux sonores ou mimiques et leurs soi-disant &laquo; discours &raquo; seraient ainsi semblables au pr\u00e9tendu &laquo; langage &raquo; des abeilles&hellip; Car il n&rsquo;y aurait plus, chez ces animaux post historiques, de connaissance du Monde et de soi. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;esprit lucide doit supporter tout cela :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Mais, finalement, Hegel a surmont\u00e9 cette &laquo; Hypochondrie &raquo;. Et, devenant un Sage par cette acceptation derni\u00e8re de la mort, il se r\u00e9concilie d\u00e9finitivement avec tout ce qui est et a \u00e9t\u00e9, en d\u00e9clarant qu&rsquo;il n&rsquo;y aura jamais plus rien de nouveau sur terre. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur ce devenir-abeille du monde, un autre grand visionnaire-observateur \u00e9crivait (Chateaubriand, dans sa conclusion des M\u00e9moires) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p><strong>&laquo; Nous pourrons \u00eatre de laborieuses abeilles occup\u00e9es en commun de notre miel.<\/strong>Dans le monde mat\u00e9riel les hommes s&rsquo;associent pour le travail, une multitude arrive plus vite et par diff\u00e9rentes routes \u00e0 la chose qu&rsquo;elle cherche ; des masses d&rsquo;individus \u00e9l\u00e8veront les Pyramides ; en \u00e9tudiant chacun de son c\u00f4t\u00e9, ces individus rencontreront des d\u00e9couvertes, dans les sciences exploreront tous les coins de la cr\u00e9ation physique. <strong>Mais dans le monde moral en est-il de la sorte ? Mille cerveaux auront beau se coaliser, ils ne composeront jamais le chef-d&rsquo;&oelig;uvre qui sort de la t\u00eate d&rsquo;un Hom\u00e8re. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Oui, mais mille cerveaux font la f\u00eate de la musique&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et comme l&rsquo;\u00e9cole traite Hugo de raciste en ce moment, j&rsquo;ajouterai cet extrait des Mis\u00e9rables sur l&#8217;empereur et sa civilisation vus par Jean Valjean :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; Il \u00e9tait absorb\u00e9 en effet.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&Agrave; travers les perceptions maladives d&rsquo;une nature incompl\u00e8te et d&rsquo;une intelligence accabl\u00e9e, il sentait confus\u00e9ment qu&rsquo;une chose monstrueuse \u00e9tait sur lui. Dans cette p\u00e9nombre obscure et blafarde o&ugrave; il rampait, chaque fois qu&rsquo;il tournait le cou et qu&rsquo;il essayait d&rsquo;\u00e9lever son regard, il voyait, avec une terreur m\u00eal\u00e9e de rage, s&rsquo;\u00e9chafauder, s&rsquo;\u00e9tager et monter \u00e0 perte de vue au-dessus de lui, avec des escarpements horribles, une sorte d&rsquo;entassement effrayant de choses, de lois, de pr\u00e9jug\u00e9s, d&rsquo;hommes et de faits, dont les contours lui \u00e9chappaient, dont la masse l&rsquo;\u00e9pouvantait, et qui n&rsquo;\u00e9tait autre chose que <strong>cette prodigieuse pyramide que nous appelons la civilisation. Il distinguait \u00e7\u00e0 et l\u00e0 dans cet ensemble fourmillant et difforme, tant\u00f4t pr\u00e8s de lui, tant\u00f4t loin et sur des plateaux inaccessibles, quelque groupe, quelque d\u00e9tail vivement \u00e9clair\u00e9, ici l&rsquo;argousin et son b\u00e2ton, ici le gendarme et son sabre, l\u00e0-bas l&rsquo;archev\u00eaque mitr\u00e9, tout en haut, dans une sorte de soleil, l&#8217;empereur couronn\u00e9 et \u00e9blouissant. <\/strong>Il lui semblait que ces splendeurs lointaines, loin de dissiper sa nuit, la rendaient plus fun\u00e8bre et plus noire.<strong>Tout cela, lois, pr\u00e9jug\u00e9s, faits, hommes, choses, allait et venait au-dessus de lui, selon le mouvement compliqu\u00e9 et myst\u00e9rieux que Dieu imprime \u00e0 la civilisation, marchant sur lui et l&rsquo;\u00e9crasant avec je ne sais quoi de paisible dans la cruaut\u00e9 et d&rsquo;inexorable dans l&rsquo;indiff\u00e9rence.<\/strong>&Acirc;mes tomb\u00e9es au fond de l&rsquo;infortune possible, malheureux hommes perdus au plus bas de ces limbes o&ugrave; l&rsquo;on ne regarde plus, les r\u00e9prouv\u00e9s de la loi sentent peser de tout son poids sur leur t\u00eate <strong>cette soci\u00e9t\u00e9 humaine, si formidable pour qui est dehors, si effroyable pour qui est dessous. &raquo;<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>A transmettre aux gilets jaunes&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Sources<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Taine, les origines de la France contemporaine, I et V, classiques.uqac.ca<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Bonnal, chroniques sur la fin de l&rsquo;histoire (Amazon.fr) ; Dosto\u00efevski et la modernit\u00e9 occidentale (Amazon.fr)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Hugo, les mis\u00e9rables, Fantine, ebooksgratuits.com, p. 153<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Napol\u00e9on et la fin de l&rsquo;Histoire Il a tout amen\u00e9 : la bureaucratie, l&rsquo;\u00e9galitarisme, l&rsquo;Europe, la fin des fronti\u00e8res, la conversion \u00e0 l&rsquo;islam, le pouvoir des banquiers (Chateaubriand en parle tr\u00e8s bien), le militarisme, le tout-\u00e9tatique au sens tocquevillien, le despotisme doux, le messianisme aveugle et f\u00e9roce. 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